Chers lecteurs et lectrices,
Après plusieurs mois d'absence, j'ai repris ma plume électronique, mis un peu d'ordre dans ma vie (même si je n'ai pas la sensation que tout va mieux). Du moins, j'ai validé ma deuxième année de lettres, ne pouvant pas me présenter à la première session, j'ai fini mes cours plus tard.
Pendant tous ces mois, je n'ai pas oublié vos encouragements, vos commentaires qui m'ont fait énormément plaisir. Une autre idée de fiction a germé dans mon esprit, cela a donné ma seconde fiction « Pierre de résurrection » un HP/SS, une fiction père/fils, voilà pourquoi Sous le masque de Rogue a pris du retard...
Aussi, parmi les derniers commentaires, j'en ai eu un d'Amandine, ma collègue de latin, une amie géniale avec qui j'ai été en classe, avec qui j'ai passé le bac. Bref, je n'oublierai jamais les délires de la série L, les cours de latin, de spé maths, les cours d'anglais avec toi, les quelques fois où j'ai mangé à la cantine et où j'ai dû me battre avec un pamplemousse :)
Donc, en toute logique, je voudrais lui dédier ce chapitre, un peu comme un cadeau d'anniversaire avec beaucoup de retard (mais on dit souvent mieux vaut tard que jamais!)
Dans ce chapitre, pas de scène citronnée, surtout avec la nouvelle politique de Fanfiction ! J'espère que ce chapitre vous plaira !
Enjoy !
Pour ma petite Didou,
Chapitre 21 : Libre !
-Enervate ! Enervate ! lançait avec acharnement Hermione, la baguette brandie sur le corps inanimé de Severus.
Deux grosses larmes coulaient le long de ses joues. Ils avaient réussi à le délivrer, mais cela l'avait tué ! Elle s'affala sur le fauteuil, la tête dans les mains. Harry et Drago s'approchèrent du maître des cachots, Harry lui prit le poignet pour prendre son pouls. Il battait lentement, mais pas trop doucement. Drago se précipita dans la salle de bain pour mouiller un tissu. Il revint le passer sur le visage de Rogue. Hermione était complètement dépassée par les événements, elle avait envie de hurler de rage.
- Il va se réveiller, Mione, dit Harry en lui tapotant l'épaule.
- Mais non, il ne bouge plus, lui répondit-elle la voix cassée.
Severus se demanda s'il était mort, si tout était blanc lorsque l'on meurt. Il avait l'impression de flotter, d'être léger comme l'air. C'était comme si on l'avait délivré de toutes ses douleurs, comme s'il avait rajeuni d'une vingtaine d'années. Il commençait à prendre pied dans ce monde paradoxal et son esprit critique revenait. Il voulut savoir où il se trouvait, il avança dans le brouillard qui semblait se dissiper plus il marchait. Soudain, il distingua une figure féminine qui se tenait près d'un arbre. Son cœur manqua un battement lorsqu'il reconnut la chevelure rousse de Lily.
- Lily ? demanda-t-il.
- Bonjour Severus, lui dit-elle en tendant les mains vers lui.
Il se jeta dans ses bras et Lily répondit à son étreinte. Il sentait son parfum, si différent de celui d'Hermione. Que c'était bon de la serrer dans ses bras ! Au bout d'un moment, ils se séparèrent, les lèvres fines de Severus s'étiraient, il souriait de bonheur.
- Où est-on ?
- Où penses-tu que nous sommes, interrogea-t-elle.
- Dans le jardin où nous jouions quand nous étions petits, je reconnais la balançoire là-bas.
Il montrait de la main un endroit avec des jeux pour enfants, derrière Lily. Ils se mirent à marcher vers la balançoire, l'un à côté de l'autre. Severus passa son bras dans le dos de la jeune femme et il la rapprocha de lui. Elle posa tendrement sa tête sur son épaule. Ils arrivèrent au terrain de jeux, Lily s'assit sur la balançoire comme lorsqu'ils étaient enfants, Severus resta devant elle et lui prit les mains.
- Me pardonnes-tu ?
- Il y a longtemps que je t'ai pardonné, Severus, lui dit-elle de sa voix douce.
- Vraiment ? demanda-t-il, incrédule.
- Bien sûr !
Il affermit la pression de ses mains. Pendant des années, il avait espéré obtenir son pardon, mais depuis la mort de Lily tout espoir s'était évanouit, c'était comme si on lui redonnait espoir.
- Je suis mort ?
- Non, pas encore.
- Mais où sommes-nous ? redemanda-t-il.
- Dans ton esprit.
- Alors ce n'est pas réel ?
- Cela ne veut pas dire que ce n'est pas réel, éluda-t-elle.
Elle se releva en le lâchant pas la main de son ami, ils marchèrent quelques minutes en silence, savourant chaque seconde de cette rencontre. Lily brisa le silence la première, ses traits s'étaient soudainement tendus.
- Qu'éprouves-tu pour moi à présent ?
Severus hésita un moment avant de répondre, ses sentiments pour Lily avaient beaucoup évolué depuis qu'il avait rencontré Hermione et pendant de nombreuses semaines il s'était interrogé sur ses sentiments pour ces deux femmes.
- Je t'aime beaucoup, peut-être plus comme une amie que comme une amoureuse, sourit-il. Potter a gagné ton cœur, je n'ai pas su le faire. Je crois que je suis tombé amoureux d'une autre jeune fille.
- Hermione, murmura la rousse.
- Oui, elle est à Gryffondor comme toi ! Elle est brillante, si jolie et un vrai tempérament de feu !
- Que veux-tu, une bonne petite lionne !
Severus éclata de rire devant le ton à moitié sérieux de Lily. Que c'était bon de la revoir ! Il n'avait pas retrouvé la femme qu'il aimait éperdument, mais sa meilleure amie. Il sentit une pointe de tristesse, il comprit la place qu'Hermione avait pris dans son cœur, elle avait réussi à gagner son amour et elle avait presque réussi à éclipser la rouquine en quelques mois.
- Suis-je mort ?
- Non, pas encore, mais ton cœur est extrêmement faible. Tu as le choix tu peux rester ici ou revenir parmi les vivants.
- Je … je … je ne sais pas quoi faire, murmura Severus les sourcils froncés.
- Écoute ton cœur, lui conseilla la mère d'Harry. Estimes-tu avoir vécu tout ce que tu avais à vivre ? Veux-tu t'attacher aux morts ou retrouver ceux qui comptent pour toi ? C'est l'heure de faire ton choix, tu ne disposes désormais que de peu de temps avant que ton cœur cesse de battre. En ce moment, Hermione, Harry et leurs amis t'ont transporté à l'infirmerie, ils sont en train de te réanimer. Hermione est effondrée, elle pensait te sauver en t'enlevant la Marque et tu es en train de mourir.
Severus blanchit soudainement, il avait oublié pourquoi il se trouvait dans ce monde parallèle. Il releva la manche de sa cape noire pour découvrir son bras gauche, il fit glisser le tissu avec appréhension, redoutant de revoir la marque noire. Il n'y avait plus rien, plus de tatouage sombre sur sa peau blafarde. Hermione avait trouvé le moyen de le sauver ! Lui, qui pensait ne compter pour personne, était à l'instant le centre de toutes les préoccupations. Contrairement à ce qu'il pensait il y a quelques mois encore, des gens tenaient à lui, il y avait Hermione, Drago, Narcissa, Lucius, Albus, Minerva et même Harry Potter. Il avait tant d'amour à vivre ! Il avait tant d'amour à donner à Hermione et à ses autres proches ! Il pensa aussi à son rôle d'espion, s'il décidait de mourir, que ferait Minerva ? Qui remplacerait le directeur ? Qui protègerait le fils de Lily ?
- Je veux y retourner ! déclara-t-il fermement.
Lily le prit dans ses bras pour une dernière étreinte. Il respira profondément le parfum acidulé de sa meilleure amie. Il embrassa Lily sur le front et remit quelques boucles rousses derrière les oreilles de la jeune femme. Il s'écarta d'elle, le moment de la quitter était venu.
- Veux-tu que je dise quelque chose à ton fils ?
- Dis-lui que je suis fière de lui et que je l'aime de toutes mes forces, chuchota-t-elle à son oreille.
Tandis qu'il hochait la tête, la silhouette de la jeune femme disparaissait dans le brouillard. Il voulut aller à sa poursuite, mais plus il se rapprochait, plus elle s'éloignait. Il étendit la main pour la retenir, mais il ne saisit que de la fumée.
- Madame Pomfresh ! Faites quelque chose, pour l'amour de Merlin ! hurlait Hermione, totalement hystérique.
L'infirmière s'affairait autour de Severus, lançait des charmes sur le corps inerte sans résultat. Poppy était aussi rouge qu'un coquelicot en fleur, elle respirait fort, essoufflée de courir dans tous les sens pour chercher des potions. Ron et Harry étaient restés éloignés pour ne pas déranger les mouvements de mMdame Pomfresh. Minerva était livide, Severus l'avait prévenue pendant le repas et elle n'avait pas pensé un seul instant que le plan pouvait mal tourner. De son côté, Hermione ne cessait de se morigéner, c'était elle qui avait eu l'idée d'utiliser le lien entre Voldemort et Harry pour délivrer son amour, pas pour le tuer.
Severus percevait des bruits de tissu frôlé qui n'avaient pas lieu d'être dans le jardin. Les bruits devenaient plus clairs tandis que Lily évanouissait dans la fumée blanche. C'était comme si son cerveau sortait d'une longue période d'engourdissement. Les voix venaient désormais à lui, il les reconnut : Hermione, Minerva et Poppy. Il ouvrit les deux yeux en même temps.
- Severus ! s'écria l'infirmière. Vous nous avez fait une belle peur !
Les yeux noirs de Severus dévisageait tour à tour Poppy et Hermione qui se tenait à sa gauche.
- Sev ! J'ai eu tellement peur ! sanglota la jeune Gryffondor en lui serrant la main.
- Ça va, je vais bien, croassa le maître des Potions.
Il essaya de se lever, mais c'était sans compter sur madame Pomfresh qui ne l'entendait pas de cette oreille.
- Au lit, Severus ! ordonna-t-elle d'un ton sévère.
- Mais je vais parfaitement bien ! répliqua l'homme en portant sa main à sa tête.
- Avec le mal de tête que vous avez, je suis dubitative, se moqua-t-elle.
- Laissez-moi partir ! Vielle femme, ce n'est pas pour un petit malaise que vous allez faire toute une histoire ! enchaina-t-il en relevant le drap.
Poppy Pomfresh le repoussa avec fermeté dans le lit et rabattit immédiatement le drap. C'était encore elle qui commandait dans son infirmerie !
- Severus vous êtes peut-être la terreur dans vos cachots, mais moi, je fais ce que je veux ici ! beugla-t-elle. C'est bien compris ? Ou un maléfice du saucisson pourrait vous convaincre ?
N'importe qui aurait été effrayé par l'air menaçant de Poppy Pomfresh, mais qui aurait pensé que l'infirmière avait une quelconque influence sur Severus Rogue, chauve-souris des cachots et bâtard graisseux à ses heures ? Toujours est-il que le Directeur des Serpentard s'empressa d'acquiescer. Il était certain que la Médicomage était capable de l'attacher à son lit pour lui donner des potions inutiles, aussi il préféra faire profil bas.
- Pauvre folle ! murmura-t-il.
- Je vous demande pardon ? demanda-t-elle d'un ton doucereux qui pouvait aisément rivaliser avec celui de Rogue.
- Rien, claqua-t-il.
Ron et Harry qui étaient toujours dans l'embrasure de la porte ricanaient, ils n'avaient jamais vu quelqu'un clouer le bec à l'homme et ils n'étaient pas près d'oublier une telle scène. Minerva n'étaient pas en reste non plus, elle essayait de dissimuler un sourire sans grand succès. Severus détestait être le centre de l'attention, il sentait peser sur lui le regard moqueur de Minerva, entendait les deux Gryffondor glousser et sentait qu'Hermione était sur le point d'éclater de rire.
- Potter, Weasley, gronda-t-il.
- Euh, on va y aller, suggéra Ron à Harry.
- Excellente idée, on va à la bibliothèque … compléter notre devoir de métamorphose pour demain, bafouilla le Survivant.
Ils allaient sortir de l'infirmerie, quand Minerva McGonagall se retourna vers eux et leur dit :
- Vous n'avez pas de devoir de métamorphose pour demain.
Les joues de Ron virèrent au rouge carmin – ce qui jurait avec sa chevelure rousse – tandis qu'Harry tentait de s'en sortir avec une autre explication.
- Euh, ça devait être des potions. Hein, Ron ?
- Oui, potions !
- Weasley, Potter, cessez de vous enfoncer dans des explications gryffondoriennes ! Je sais pertinemment que vous n'allez jamais à la bibliothèque, surtout pas pour vos devoirs de potion ! lança l'homme en noir.
Severus, sans doute parce qu'il était fatigué par les derniers bouleversements, prit en pitié les deux Gryffondor qui se tenaient devant la porte avec une attitude penaude.
- Je voudrais vous remercier, Monsieur Potter, dit-il en montrant son bras vierge. Passez à mon bureau demain matin à dix heures.
Severus n'avait eu aucune difficulté à remercier le fils de son ennemi juré, il ressentait réellement de la reconnaissance. Potter l'avait sauvé et il avait sauvé son avenir. Finalement, il n'était pas aussi obtus que son père, il avait su oublier son aversion pour l'aider il savait aussi que le garçon ne s'opposerait pas à sa relation avec Hermione. En quelque sorte, il lui offrait une seconde vie.
OooOoO
Severus se réveilla enfin, cela faisait une éternité qu'il n'avait pas si bien dormi ! Dans l'obscurité de la chambre, il ne savait pas quelle heure il était et en réalité il s'en fichait complètement. C'était samedi matin et il n'avait pas de cours. Il se remémora les événements de la veille, il toucha avec un certain émerveillement son avant-bras à nouveau immaculé. Plus de tatouage, plus de tête de serpent ! Il en oublierait presque la guerre.
Hermione était allongée sur lui, encore profondément endormie, ses boucles brunes étaient librement lâchées sur ses épaules. Le souffle léger d'Hermione chatouillait le cou de Severus, c'était une sensation très plaisante. Il caressa les cheveux, passa les mains dans entre les boucles, il adorait cette douceur. Hermione respira plus fort, elle n'allait pas tarder à se réveiller. Il suspendit tout mouvement pour la laisser dormir.
La veille, il avait quand même fait fléchir Pomfresh. Elle l'avait ridiculisé devant le Trio d'Or, mais après avoir retrouvé ses esprits, il avait repris son rôle de terreur de Poudlard. Avec la bénédiction de Minerva, il avait quitté l'antre de Poppy, avec un sourire complice, la directrice des Gryffondor avait insisté pour qu'Hermione le raccompagne aux cachots. Son sourire s'élargit en repensant à la soirée qu'il avait passée avec son amour. Les yeux de son amour se mirent à papillonner, il l'entoura de ses bras et déposa des baisers légers sur ses cheveux.
- B'jour, murmura une Hermione pas encore réveillée.
- Bonjour, mon amour, dit-il d'une voix douce.
Hermione s'étira avant de s'effondrer de nouveau dans les bras de Severus.
- Il va falloir se lever ma petite lionne.
- Pas envie, grommela-t-elle.
Il regarda sa montre posée sur la table de nuit.
- Ton ami, Potter sera là dans dix minutes, annonça-t-il tranquillement.
- Dix minutes ! Dix minutes ! Mais on n'est même pas habillés ! s'écria Hermione en se levant brusquement.
Hermione s'extirpa hors du lit, entourée des draps et couvertures, abandonnant Severus à moitié dévêtu. Elle marcha avec peine, Severus éclata de rire à la vue d'une Hermione qui ressemblait à un rouleau de printemps. Son rire redoubla quand Hermione trébucha.
- Au lieu de rire, tu ferais mieux de venir m'aider ! cingla-t-elle.
- Oh, ma petite lionne est de mauvaise humeur en sortant du lit, murmura l'homme d'une voix grave.
- Tu peux parler, tu ne t'es pas vu le matin quand tu entres dans la Grande Salle comme si tous les malheurs du monde allaient te tomber sur la tête !
- J'arrive !
Il sauta aussitôt hors du lit, il attrapa la brune et la souleva. Il la prit dans ses bras et la dévisagea avec un sourire carnassier.
- Tu sais que tu ressembles à un paquet cadeau ? Il ne manque plus qu'un petit nœud sur la tête. Tiens, je pourrais arranger ça, proposa-t-il en faisant venir sa baguette d'un Accio informulé.
- Il n'en est pas question !
Hermione essaya vainement de se dégager de la prise de l'homme, mais il était plus fort. Au lieu d'agrémenter la chevelure d'Hermione d'un nœud ridicule, il la porta jusqu'à la salle de bain et claqua vivement la porte. Leurs rires parvenaient jusqu'à la chambre, on pouvait aussi distinguer le bruit de l'eau qui coule.
Severus et Hermione sortirent enfin de la salle de bain une demi-heure plus tard, l'homme, en bon Serpentard, avait menti sur l'heure à la jeune fille. Severus avait les cheveux parfaitement propres pour une fois et affichait un sourire radieux, ce qui était assez inhabituel. Hermione finissait de boutonner son chemisier lorsque Severus entendit des coups légers frappés à la porte.
- Je crois que Potter est là, lui annonça-t-il.
Hermione l'attrapa par le cou pour lui voler encore un baiser.
- Il faut vraiment que j'y aille, ma lionne adorée, susurra-t-il à son oreille.
Lorsqu'il eut refermé la porte de la chambre, Hermione soupira de joie. Elle se laissa tomber sur le lit dépouillé de ses draps et couvertures, elle se sentait comme chez elle. C'était donc ça l'amour, ces papillons qui volent dans l'estomac, cette douce euphorie...
À suivre...
Voilà pour nos retrouvailles ! J'espère que cet heureux chapitre vous a plu. Je vous dis à dans une semaine !
Bisous,
C.
