Bonjour tout le monde.

Me revoilà avec un nouveau chapitre qui, je l'espère, vous plaira autant qu'il m'a plu de l'écrire. Les reviews d'abord :

HeliosDeNoierie : eh bien, je te souhaite la bienvenue alors ^^ Alors, non, je compte pas l'abandonner. Ca m'embêterai fortement XD Concernant les fautes, merci de me l'avoir dit, je ferai plus attention à l'avenir ^^ Et merci beaucoup pour ta review.

Elisalef : Je ne pouvais pas ne pas parler de l'Esplanie (et si j'y arrive, y aura peut-être du Kenny).

Pandora60 : oui, je sais que c'était assez court mais je me sentais coupable de vous faire autant attendre donc c'était une petite suite en attendant le reste. Et comme je m'y suis remise à fond, les chapitres risquent d'être assez longs (enfin, je l'espère).

Saluki8 : merci pour ta review ^^

Voilà le chapitre. Enjoy ^^

Chapitre 19

- Papa ! Cria joyeusement la jeune fille, avant de sauter vite fait bien fait sur le lit.

- Hum, pumpkin, doucement, s'il te plait.

- Désolée papa, fit-elle, avant de s'asseoir à côté de son père.

Il s'assit et enlaça sa fille.

- Hum, quelle heure il est ?

La rouquine tiqua. Elle n'avait pas remarqué que la trapéziste était juste là, dans le même lit que son père.

- 9 heures passés, fit une voix en entrant dans la caravane.

- Mère ! Que fais-tu ici ?

- J'ai a te parler.

Elle avait un air sérieux et presque triste. Elle ne devait pas être très à l'aise avec la future discussion.

- Bien. Je t'écoute, déglutit-il difficilement, se frottant les yeux, retirant ainsi les derniers remparts d'une nuit courte mais profiteuse.

- Pas ici. Enfin, tout du moins, en privé.

- Tu peux tout dire devant Kate. Je n'ai rien à lui cacher.

- Je sais. Mais pour l'instant, j'aimerai que l'on discute seule à seul.

- Mais …

- T'inquiètes pas, Rick. Ca va, je peux comprendre, fit la jeune femme à côté de lui, lui prenant la main. Je vais m'occuper d'Alexis pendant ce temps-là.

- Tu es sûre ?

- Oui, répondit-elle avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres.

- Ça te va, pumpkin ?

La petite secoue la tête de haut en bas, signifiant qu'elle acceptait. Même si elle n'était pas, aux premiers abords, contente de cette situation, elle s'imaginait discuter enfin avec Kate. Une discussion entre filles, pouvoir lui poser toutes les questions qu'elle se pose et qu'elle n'osait pas demander, avec son père à côté d'elle.

- D'accord, je t'attends dehors, fit la matriarche avant de sortir.

oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Quelques minutes plus tard et un baiser volé, Kate partit avec Alexis, main dans la main. Rick, quant à lui, se posta devant sa mère, un air entre colère et surprise, tristesse et curiosité. Il était si bien dans ce lit, avec elle qu'il aurait pu rester comme ça toute la matinée, si ce n'est toute la journée. Mais l'heure semblait être aux confidences et à la réalité bien triste.

- Alors, pourquoi ce cirque ?

Si on ne connaissait pas son métier, on aurait pu dire qu'il avait mangé un clown ou un humour significatif, tant le jeu de mot est bancal.

- Rick …

Les mains jointes posées sur sa bouche, elle semblait ne pas savoir par où commencer. Elle n'était pas à l'aise avec ce qu'elle savait et ne voulait surtout pas le brusquer ni lui cacher cette vérité.

- C'est à propos de Meredith …

- Oula ! Attends ! Fit-il, les yeux écarquillés.

- Quoi ?

- Toi parler de Meredith ? Tu ne crois pas qu'il y a un problème ?

- Je sais ce que tu penses, je ne l'ai pas apprécié quand vous étiez ensemble mais elle m'a offert … enfin vous m'avez offert un beau cadeau.

- Alexis.

- Oui. Mais ce n'est pas le sujet de cette discussion.

Ils se regardèrent et elle respira profondément avant de reprendre la parole.

- Elle a été arrêtée. Pour meurtre.

- Pardon ?

- Apparemment, une enquête a été bâclée il y a quelques mois et il y a quelques jours, des nouveaux indices sont apparus. La victime …

- C'est la mère de Kate, c'est ça ? C'est pour ça que tu ne voulais pas qu'elle soit à nos côtés. Pour qu'elle ne l'entende pas de cette façon.

- C'est ça.

- Et tu attends de moi que je lui dises ?

- Tu la connais mieux que quiconque ici et toi seul peux lui faire entendre raison.

- Mère, je … Je l'aime, ça c'est certain mais … on a jamais parlé de tout ça. Elle m'a bien fait comprendre qu'elle n'était pas encore prête pour en parler. Comment veux-tu que je lui annonce ?

- A toi de trouver les mots, mon fils. Les policiers vont sûrement venir lui en parler. Autant qu'elle le sache par quelqu'un à qui elle fait confiance.

- Et comment …

- Je l'ai su ?

Il acquiesça silencieusement.

- Les nouvelles vont vite, tu sais. Ce genre de choses dramatiques n'est pas bonne pour les affaires, surtout pour la grande troupe Davidson.

- Grande, cela reste à voir, grogna-t-il dans sa barbe.

- Rick !

- Pardon mère, je laisse mes émotions parler pour moi.

Il marqua une pause.

- Je ne sais pas quoi penser de tout ça. Comment se fait-il qu'un drame, aussi tragique soit-il, soit la conséquence des actes de mon ex-femme et mère de ma fille ?

- Seule la nouvelle enquête nous le dira.

- Je ne la pensais pas capable de tuer.

- On ne connaît jamais réellement les gens. Parfois, ils sont si désespérés qu'ils ont des réactions qui vont à l'encontre de ce que l'on sait d'eux.

- Mais de là, à commettre un tel crime, Mère.

- Je sais, finit-elle, en se saisissant des mains de son fils.

D'un air compatissant, elle lui sourit timidement. Il avait l'air si abattu par la nouvelle, si désespéré et sans force qu'il resta là, sans bouger.

- Il n'y a pas qu'elle à qui je dois en parler. Tu as pensé un peu à Alexis. Comment je peux lui expliquer que sa mère part en prison parce qu'elle a fait du mal à quelqu'un ?

- J'y ai pensé aussi …

- Et même si Alexis ne porte pas sa mère dans son cœur, elle va être dévastée.

- Je sais.

Il faisait maintenant les cent pas, se demandant comment il pouvait faire pour leur expliquer cette situation. Le bilan était catastrophique. Il ne l'avait pas prévu dans ses plans. Tout ce qu'il voulait venait de s'envoler à jamais. Leur faire oublier leur peine, vivre heureux. Envolés.

- Meredith, dans quoi tu t'es encore fourrée ? murmura-t-il.

- Peu importe pourquoi elle l'a fait, elle doit répondre de ses actes.

- Je sais.

Il avait beau retourner le problème dans tous les sens, il devait leur dire, coûte que coûte. Quitte à ce que sa compagne lui en veuille et se referme telle une huître. Quitte à ce que sa fille ne lui parle plus pendant des lustres. Il s'en faisait un devoir. Elles le seront de sa propre bouche.

oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Elles étaient presque arrivées à destination. Aucune ne parla, mes des regards en coin de la part de la plus jeune. Elle ne cessait de se demander ce à quoi la jeune femme pense. Elle lui semblait si triste et en manque de repère. Jusqu'à maintenant, elle n'avait jamais fait gaffe, plus attentionnée à bouder son père pour cette intrusion dans leur vie fusionnelle. Mais, de ses yeux d'enfant, elle avait compris. Elle n'avait peut-être que six ans mais elle déchiffrait assez vite. La jeune femme à côté d'elle, de son regard qui en disait long, avait dû vivre quelque chose de grave.

- Ils te manquent ? Demanda-t-elle, très légèrement qu'elle crût que Kate ne l'ait pas entendu.

- Qui ?

Ils s'installèrent autour d'une table. La trapéziste la regarda.

- Ben tes parents ?

- Oui beaucoup.

- Ils sont comment ?

Comment répondre à une fillette aussi que la perte d'un parent peut changer sa vie ? Comment lui expliquer qu'elle ne reverra jamais sa mère ? Voulait-elle vraiment prendre cette voie ? Était-elle prête à franchir le pas ? Résolument non. C'était encore trop tôt pour elle. Elle allait devoir ruser et modifier la réalité pour ne pas sombrer. Pas maintenant. Elle commençait vraiment à revivre à leurs côtés, elle ne pouvait pas passer à côté de la guérison. Quand le moment sera venu, elle lui expliquera, essayera de se faire pardonner d'avoir omis une telle tragédie.

- Formidables. J'ai appris plein de choses avec eux.

- Comme mon papa.

- Oui.

- T'étais heureuse avec eux ?

- Oui.

- Alors pourquoi t'es si triste ? T'es pas contente d'être avec nous ?

- Si je le suis mais disons que la vie a fait que nous nous sommes éloignés et qu'être auprès d'eux me faisait très mal.

- C'est comme avec maman. Elle me laisse toujours de côté quand je vais la voir. Elle passe tout son temps avec son copain … Josh, je crois qu'il s'appelle.

« Quoi ? » pensa la jeune femme. Comment se fait-il qu'il soit venu ici, lui demander une seconde chance alors qu'il est en couple avec la préférée du groupe Davidson ? Pourquoi faire cela alors qu'il a quelqu'un ? Voulait-il encore lui faire du mal ? La prenait-il encore pour un de ces fameux jouets ? Le genre de fille qu'on prend, qu'on utilise jusqu'à satisfaction et que l'on jette après. Il n'en était pas arrivé à ce point-là la première fois mais pourquoi pas la seconde ? Il avait réussi à avoir ce qu'il voulait d'elle. Voulait-il retenter la même chose ? Elle déglutit difficilement en réfléchissant à tout ce qu'il aurait pu faire de nouveau.

- Elle est toujours en train de me crier. Pourtant, je suis toujours gentille.

Une larme coula le long de ses joues.

- Alexis, dit la jeune femme tendrement. Ton père sait tout ça ?

Elle répondit négativement.

- Tu sais, ton père sait tout entendre. Et puis, on dit toujours que dans une relation, l'honnêteté et la confiance doivent exister. Si elles n'existent pas, la relation n'existe pas.

- C'est quoi l'honnêteté et la confiance ?

- Être honnête, c'est dire la vérité. Ne rien cacher à l'autre. Si tu ne te sens pas bien avec ta mère …

- Mais je l'aime quand même. (1)

- Je le sais bien, mais toutes les relations ne sont pas faites pour durer. Parfois, la meilleure chose à faire est de prendre du recul et de te donner une chance de respirer. (1)

L'appel d'une petite fille de 6 ans. Une fillette en manque de repère maternel, se demandant ce qu'elle pouvait faire dans ce monde où les grands s'aiment, se grondent, se séparent pour recommencer inlassablement. Elle se demande comment elle va pouvoir grandir dans un monde aussi gangreneux de mauvaises ondes, de mauvaise foi, de liberté sentimentale.

- Toi aussi, tu vas partir un jour ?

La question fut dure, cash. La jeune femme réfléchit, cherche les bons mots, ceux qui expliqueront une enfant de 6 ans ce qu'est la vie.

- Alexis, tu sais, la vie, c'est comme une boite de chocolat. On ne sait jamais sur quoi on va tomber.

La petite fronca les sourcils d'incompréhension.

- Ce que je veux dire, c'est qu'on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Les gens vont et viennent. Certains restent, pour toujours. D'autres sont là, de passage. Je ne peux pas te promettre d'être toujours là, tout comme je ne peux pas te dire si un jour je partirai. Tout ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, je me sens bien avec vous tous et tout particulièrement avec ton père. Alors, je sais que ce n'est pas facile pour toi mais je te promets de te respecter, tout comme je respecte ton père.

- Tu vas prendre la place de ma maman ? Tu va devenir ma maman ?

Prise de panique. Elle se sentit stressée, prise à la gorge. Elle ne s'attendait pas à cette question.

- Non, Alexis ta mère restera ta maman. Tu pourrais me considérer comme … une amie ou une grande sœur, si tu veux.

La petite baissa les yeux. Au fond d'elle-même, elle n'avais jamais vraiment détester la trapéziste. C'était même tout le contraire. Au fil des quelques discussions avec cette dernière, elle l'appréciait de plus en plus, jusqu'à se demander ce qu'elle ferait si Kate n'était plus là. Même à la considérer comme une mère.

- Mais les grandes sœurs ne font pas des bisous beurk à leur papa.

- C'est vrai, ria la jeune femme. Amie devrait faire l'affaire alors.

Petite fille de 6 ans, elle se sentait juste un peu délaissée et elle venait de trouver quelqu'un sur qui compter et qui, elle l'espérait, ne la décevrait pas. Une figure féminine, en plus de celle de sa grand-mère et des filles . Mais oserait-elle lui avouer ?

(1) Paroles tirées de Pretty Little Liar