Hello, hello ! :) J'espère que vous allez bien !

Ne pouvant pas vous laisser longtemps avec le suspens de fin du 20ème chapitre, voici la suite qui j'espère vous plaira ! *w*

Petit rappel habituel : Fiction LawxAce, UA /!/ YAOI /!/ One Piece est la propriété d'Oda-sama !

Je profite de ce petit mot d'introduction pour répondre à l'une des questions de Yuri-yo concernant le nombre de chapitres à venir ! Le chapitre 25 marquera la fin... non pas de la fiction x) mais de sa première partie. L'histoire entrera alors dans une nouvelle phase qui n'est pas la dernière :) Alors disons que notre séjour au cottage n'est pas prêt de se terminer ! ;) J'espère que l'évolution de l'histoire vous plaira et que nous serons de plus en plus nombreux *w* En tout cas, je vous remercie de me lire et de m'encourager ! :)

Un merci spécial aux nouvelles venues Aqualish et Lawiki à qui je souhaite la bienvenue ! :) Merci à toutes celles qui me laissent des reviews ! C'est un plaisir de lire vos commentaires, vos encouragements et vos théories ! ;) Enfin, un merci doux et chocolaté à Yuto-chan et ma Valkyrie A-Harlem *w* Votre soutien constant est juste adorable !

Sur une nuée de bises, je vous souhaite à tou(te)s une Très Bonne Lecture ! :)

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21

Chute libre


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« Il n'y a parfois aucune différence entre le salut et la damnation. »
Stephen King, La ligne verte, 1996.

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POV Law

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Il reste une poignée de kilomètres avant la citerne. Je puise dans mes restes de patience.
Mes mains sont crispées sur mon volant, douloureuses.
Ma gorge est sèche. Ma tête, vide. Et pourtant, pleine d'images que je m'efforce d'ignorer.
Je suis éreinté. Énervé. Toujours pas arrivé.

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Les immenses champs de citrouilles ont laissé place à la forêt et la distance se réduit, mais je ne suis pas calmé. Impossible. C'est impossible tant que je suis loin du cottage, tant que cette incertitude persiste, tant que je n'ai pas démonté la face de Spandam. Alors seulement je pourrais souffler. Et encore, à condition qu'il n'ait rien fait, car sinon...

Un tic nerveux étire mes lèvres et j'accélère, le pied collé à la pédale quand deux véhicules apparaissent en sens inverse du mien, ralliant le village à toute vitesse. J'étais tellement absent, hermétique aux choses extérieures qu'ils me semblent sortir de nulle part, mais à l'instant où je les croise, mon sang ne fait qu'un tour. Le peu de contrôle qu'il me reste explose quand je reconnais le décoloré sur le siège passager du 4X4 conduit par Blueno, fusant comme s'ils avaient le diable aux trousses. Trop tard... Est-ce que j'arrive trop tard ?

En moins de deux, mes pensées s'entrechoquent. La possibilité qu'ils fuient après avoir touché au cottage me file la nausée et je braque mon volant vers la gauche pour les prendre en chasse, mon pick-up changeant de direction dans un crissement de pneus fracassant. Je m'apprête à les poursuivre mais à peine lancé je freine. Le moteur s'étouffe alors, faisant caler ma bagnole au milieu de la route. Plongé dans un silence soudain, les rayons du soleil qui frappent le pare-brise m'insupportent et je rabats la visière d'un coup sec, pris de doutes et enragé, tiraillé entre deux décisions. D'un côté, l'envie de faire payer Spandam incendie mes veines comme un poison mais de l'autre, j'ai cet appel intérieur, cette sensation obsédante de faire une erreur, de perdre un temps précieux alors que seul le cottage compte.

Nulle part ailleurs. C'est là-bas que je dois être.

Instantanément, je saisis mon levier de vitesses et fait une nouvelle manœuvre, mon cœur tambourinant à chaque mètre avalé, s'arrêtant presque lorsque j'arrive à destination. Derrière son muret en pierres, entouré par son voile de mystère et ses franges de lierre, l'habitation est enfin sous mes yeux, quasiment intacte, n'ayant pour dommage qu'un carreau de fenêtre brisé. Néanmoins, je ne suis pas rassuré. Il dégage des alentours une atmosphère lugubre, oppressante et c'est tendu et anxieux que je déserte mon pick-up, ouvrant la porte à la volée. Son grincement revêche fait alors écho au bourdonnement qui me hante, et que je ne sais pas arrêter.

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Suis-je inquiet ?
Pour quoi je le serais ? Pour qui ?

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Écartant cette pensée ridicule, je balaye la pièce d'un regard hâtif, notant que rien n'a changé. C'est en me tournant vers l'encadrement de la cuisine que je croise ce regard sombre. Celui que je cherchais.

Ace...
Il est là, comme promis.

Un poids énorme semble me quitter, une seconde avant que je ne lise sur ses traits, dans ses yeux une détresse qui me tord l'estomac et me remet les nerfs à vif. D'un seul coup je me sens contrarié, plus encore lorsqu'il recule, sa main gauche serrant la droite comme pour la cacher. Je l'ai rarement vu aussi nerveux, troublé. Sans compter qu'il semble extrêmement fatigué. Mais ce qui me frappe le plus, c'est ce mélange de peur et d'incertitude que je devine dans ses prunelles, d'ordinaire indéchiffrables. J'ai l'impression que ses barrières défensives se sont écroulées et le voir aussi vulnérable me déplait. Ne supportant pas son silence je le rejoins et attrape sa main droite. Aussitôt il résiste mais je force davantage, la découvrant blessée. Avisant la coupure récente et nette sur sa paume, je réalise la tension de son corps, le manque de chaleur de sa peau, autant de signes qui achèvent de m'agacer. Faisant claquer ma langue, je lui jette un regard nerveux, intraitable.

« C'est quoi ça ? Qu'est-ce qui t'arrive ?! »

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POV Ace

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C'est... Law...

Il est là, juste devant moi avec son odeur brute et suave d'arabica, sa voix autoritaire et ses iris orageux qui me mitraillent... Il est là et j'ai terriblement envie de craquer… De pleurer les larmes que je me force à ravaler, mais c'est impossible. Je ne dois pas, surtout pas faiblir. Il me poserait des questions auxquelles je serais contraint de mentir. Quant à dire la vérité… ce serait aggraver ma situation et l'entraîner dans cet enfer avec moi. Non… Je ne dois rien laisser paraître, encore une fois.

Droit comme un "i" et inflexible, il attend ma réponse. Je lis dans ses yeux qu'il est à court de patience. Pourtant, mes mots ne sortent pas.

« Portgas ! »

Trafalgar s'énerve. Ses sourcils se froncent et sa mâchoire se contracte, cependant qu'il serre mon poignet pour me forcer la main. Je marmonne alors sans réfléchir, d'une voix blanche et mal assurée.

« Tu... T'es là... »

Une profonde interrogation se formant dans son regard, je prends conscience de la connerie que je viens de dire. Quel imbécile bon sang... C'est minable... Je veux ajouter quelque chose, le baratiner, mais il me dévisage avec un sérieux effroyable avant de gronder, sans pour autant élever la voix.

« Évidemment qu'je suis là. Qu'est-ce que tu croyais ? »

Ne pas dire de bêtise.
Ne pas dire de bêtise.
Ne pas...

« C'est que... T'étais pas là, hier soir... ni ce matin et... »

Merde... Je m'enfonce là… Pourtant, Law semble savoir de quoi je parle car il se tend davantage, une colère noire prenant possession de ses prunelles, la trempe de sa voix me faisant frissonner.

« …des gens sont venus ici. Il s'est passé quoi ? Ils savent que tu es là ?! »

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POV Law

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Mais répond bordel !

« Hey ! »

« Non ! » Lance-t-il enfin, revenant à lui comme après un cauchemar. « Un groupe de villageois est venu ici, c'est vrai... L'un d'eux gueulait qu'ils allaient faire sauter le cottage... Ils ont lancé une pierre sur la fenêtre et... »

Brusquement, le gamin s'arrête et déglutit. Le coup d'œil qu'il jette à sa blessure confirme qu'il s'est coupé en ramassant les morceaux de vitre brisée. Néanmoins, son interruption ne me plaît pas du tout. J'ai la désagréable sensation que quelque chose le tourmente et qu'il cherche les mots pour le passer sous silence, ce qui est hors de question. Je vois bien qu'il est perturbé, alors qu'il n'essaye pas de me faire avaler des couleuvres. Ce serait un aller simple pour une engueulade sauf que là, ni lui ni moi ne sommes parés. A bout comme je suis, les choses pourraient vite dégénérer et vu son état piteux, il vaut sacrément mieux l'éviter.

Décidé à lui remettre les idées en place, je relève son visage vers le mien.

« Et après ? Arrête de tourner autour du pot ! »

Ancrés aux miens, ses yeux sont rouges et cernés. Ses paupières paraissent si lourdes qu'il peine à me regarder lorsqu'il souffle, mordillant ses lèvres avec nervosité.

« J'ai cru qu'ils allaient balancer la dynamite par le carreau brisé... Ils étaient sur l'point d'le faire... J'les voyais d'où j'étais... »

« Qu'est-ce qui les a arrêtés ? Ils t'ont vu ? »

« Non... »

Disant cela, Ace se braque à nouveau. Il n'en faut pas plus pour m'excéder.

« Si tu oses me mentir, ça va mal aller. »

« J'mens pas... »

« Alors quoi ?! Dis-le ! »

Mon œillade ferme se heurte à ses prunelles, de nouveau illisibles. Il soupire avant de poursuivre.

« C'était Hiken... Il n'était pas très loin et son hurlement les a effrayés... Au même moment, un 4X4 est arrivé. Le type qui conduisait a empoigné celui qui donnait les ordres... Il lui a dit qu'il n'avait pas le droit d'faire ça... qu'il devait rentrer. Comme il était mort de trouille, il a accepté et ils sont partis... » Il marque alors une pause, me toisant comme pour lire au-dedans de moi. « …un peu après, tu es arrivé... »

Ça colle. Pourtant, le gamin est toujours aussi stressé, confus...

Un autre point me dérange.

« Pourquoi Hiken n'est pas là ? Il n'est pas venu s'assurer qu'tu allais bien ? »

A ces mots, Ace ouvre de grands yeux, abasourdi.

« C'est… c'est bizarre qu'tu parles de lui comme ça... »

Son sourire léger et songeur s'efface rapidement, mais il a eu l'effet d'une bouffée d'oxygène pour lui, et d'un étrange calmant pour moi. Pendant ce court instant, j'ai cessé de jouer les inquisiteurs, appréciant juste de le voir penser à autre chose qu'à ce qui l'affecte. Néanmoins, ne pas savoir de quoi il retourne m'exaspère. Et il le sait.

Secouant la tête, il reprend.

« Hiken reste un animal sauvage, tu l'as dit toi-même... Nous avons un lien, mais il ne me materne pas non plus. Il a dû voir les villageois s'en aller et faire de même... »

Hn. Ça se tient.

Plissant l'œil, je l'observe encore un moment avant d'accepter ses explications. Il cherche alors à se libérer, ce dont je l'empêche en l'entraînant vers le canapé pour m'occuper de sa blessure. Je pourrais penser qu'il est à plaindre, pas fichu d'ramasser deux bouts de verre sans s'abîmer à son âge, mais pour en avoir été témoin dans la forêt, je sais qu'Ace est débrouillard. Il devait avoir la tête ailleurs... comme en ce moment.

« J'peux savoir comment t'as fait ton compte ? »

Ma petite provocation fait mouche.

« Si c'est pour m'faire engueuler gratuitement, j'préfère rester avec ma coupure. » Lâche-t-il en tentant de se lever, ma poigne le maintenant assis sur le canapé.

De plus en plus fatigué, il fronce aussitôt les sourcils. Mais je compte bien l'asticoter.

« D'une, c'est pas "gratuitement". Et de deux, tu restes ici. »

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POV Ace

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Bien sûr... Law qui me soigne sans rien dire... c'était trop beau.

En vrai, Monsieur a son mode dictateur enclenché, sauf que moi, j'ai plus d'jus pour le supporter. Tenir une discussion où il va me poser les questions que je ne veux pas entendre et auxquelles je ne peux pas répondre, c'est au-dessus de mes forces. Ça va finir en clash et à la façon dont il me fixe, je sens qu'il le sait.

« T'es complètement à côté d'tes pompes, hein... » Constate-t-il froidement. « Que ce soit clair, j'ai pas envie d'me prendre la tête avec toi, encore moins après la journée d'merde que j'ai eu hier. Mais justement... De quoi t'as peur ? Qu'est-ce qui t'tracasse autant ? » Là-dessus il s'arrête, serrant une nouvelle fois mon poignet. « Est-ce que c'est lié à l'agression d'un villageois ? L'un d'eux a été attaqué près de la forêt et t'étais pas au cottage cette nuit-là... C'était toi ? »

Putain... Je m'attendais à tout... Mais ça...

« J'ai rien fait ! » Je brame en me levant. « Lâche-moi ! Tu vas pas m'accuser d'tous les maux du monde ! J'ai rien fait ! RIEN DU TOUT ! »

Nullement enclin à me laisser partir, Law se lève aussi. Il veut m'imposer sa volonté, je le sais. Il ne fait que ça depuis qu'il a débarqué au cottage, dans ma vie déjà fracassée, mais je ne compte pas le laisser faire. Pas aujourd'hui. Pas cette fois. Ce qu'il veut, je m'en fous ! Ce type n'a aucun droit sur moi ! Ses exigences de grand manitou, il peut se les mettre où je pense !

Piqué à vif et épuisé, je lui assène un regard féroce tandis que les souvenirs que j'essayais de combattre remontent à la surface, telle une vase empoisonnée dans laquelle je me noie. Ma gorge se serre. Ma colère augmente. J'ai pas les idées claires, encore moins lorsque mon enfance me revient en pleine tête comme un boomerang, les mots de cet homme se confondant aux siens. A leur seule pensée, la bile me monte aux lèvres. Un frisson glacé me taillade la peau et je me libère violemment de Law, qui ne s'attendait pas à un tel déchaînement.

Abasourdi, il est sur le point de perdre son calme également. Pour ma part, j'en ai plus qu'assez. De ses questions. De lui. De cette forêt. De cette merde qui me pèse, que je garde sur la conscience et avec laquelle je suis censé vivre comme si de rien n'était. Je ne supporte plus ce manque de perspective… D'être sans cesse traité comme ça… Toujours ! Toujours ! Quand est-ce que ça s'arrêtera ? Quand ?! Est-ce que ça s'arrêtera un jour ?! Ne parvenant plus à me maîtriser, je perds pied et laisse éclater ma fureur contre le brun, le poussant comme s'il était la cause de mon désespoir.

« T'es comme lui putain ! Comme mon faux-père ! Toujours à m'accuser ! Mais j'vous emmerde ! J'porterais pas la responsabilité d'crimes que j'ai pas commis ! J'suis pas un chien bordel ! Tu m'fais chier ! Lâche-moi ! »

Le brun ayant agrippé mon bras, je riposte quand son autre main saisit le col de mon T-shirt pour me plaquer contre lui, ses prunelles aux reflets d'ouragan tentant de dompter les miennes. Sa poigne est si dure que je peine à me débattre, d'autant que mon excès de rage m'a épuisé. Au même moment, Law approche son visage du mien. Je m'attends à la pire remontrance du siècle et serre les dents, quand sa voix grave s'élève.

« J'suis pas ton père. » Martèle-t-il, me forçant à l'écouter. « Alors regarde-moi dans les yeux et jure que tu n'as rien fait. »

Mes yeux s'élargissent, tandis que mon cœur rate un battement.

La main soudaine qu'il me tend me fait tellement de bien que j'en ai mal. Je n'arrive pas à retenir mes larmes.

« J'le jure... j'rien fait... »

« Alors ça va. Je te crois. »

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POV Law

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Oui, j'en suis certain.
Le gamin est en pleurs. Je sais qu'il ne triche pas.

Poussé par une force inconnue, ma main s'est posée sur tête, la tapotant comme s'il était un chiot perdu. Mais tout aussi étrangement, il retrouve peu à peu son calme. Ses hurlements laissent place à des reniflements qu'il s'efforce de stopper, cependant que la tension qui avait imprégné les lieux retombe. Une atmosphère d'après bataille nous enveloppe alors, mais elle est différente aujourd'hui. En effet, pour la première fois, j'ai le sentiment d'avoir vu la facette la plus vraie et sombre de lui. J'ai entendu des cris qui venaient du profond de son âme. J'ai vu une douleur que je ne pourrais pas oublier. Il a évoqué son père, encore une fois... mais pourquoi "faux" ? Comment était cet homme avec lui ? Je ressens presque le besoin de demander mais ne pourrons pas essuyer une nouvelle dispute, alors autant oublier. Du moins, pour le moment.

« Arrête de pleurnicher. »

Tirant sur une mèche, j'attire son attention ainsi qu'un regard fâché. Bien que fatigué, l'animal farouche se réveille et je réitère mon geste pour le faire grogner, sa main tiède se posant sur la mienne pour l'arrêter. Loin de rendre les armes, j'enroule mes doigts autour d'une mèche plus épaisse, menaçant de recommencer, me délectant de sa mine alerte et renfrognée. Au moins avec ça, le gamin ne perd plus son temps à pleurer. Il essaye de me marcher sur le pied quand je remarque quelque chose de fin dans ses boucles, que je retire lentement.

Toute petite.
De couleur noire et blanche.

« C'est quoi ? »

« Tu avais une plume dans les cheveux. »

Je l'agite sous son nez avant de souffler dessus, la faisant s'envoler au loin. Au même moment, le contrecoup de son emportement l'accable de plein fouet. Passant une main sur son front il se laisse tomber dans un fauteuil, les traits tirés, se mordant les lèvres et fermant les yeux. Le sentant à deux doigts de vomir, je le laisse un instant, revenant avec un verre d'eau et des cachets qu'il avale sans protester. Un lourd silence s'installe alors pendant de longues minutes auxquelles je mets un terme en rejoignant ma cafetière, faisant couler un café serré, idéal pour ordonner mes idées et requinquer le gamin. Celui-ci accueille d'ailleurs sa tasse avec une franche gratitude, buvant cul sec quitte à se cramer.

« Il fallait l'dire, si tu voulais picoler. »

« Parce que tu m'aurais donné d'quoi faire ? »

« A voir. »

A vrai dire, j'ai tellement pris l'habitude de boire un coup au Pumpkin que je n'ai plus une goutte d'alcool ici mais à l'occasion, je devrais ramener deux ou trois bouteilles. Saoul, Ace pourrait avouer certaines choses… ou me faire encore plus chier. Hum. Pas sûr que ce soit le meilleur plan. Avalant une nouvelle gorgée, je savoure le goût prononcé du breuvage quand mon esprit s'égare, me faisant songer à quelque chose que je m'entends proposer, d'un ton détaché qui ne l'est pas.

« Tu devrais prendre une douche, ça te ferait du bien. »

Contre toute attente, il lève un œil farouche vers moi.

« Je dis juste que ça peut t'aider. Qu'est-ce qui s'passe ? »

« Rien... T'as raison... »

Avisant sa tasse vide, il acquiesce et comme la dernière fois, j'ai le sentiment qu'il a mal interprété mes mots. J'en suis à me demander ce que ça cache quand il se lève. A cet instant précis, une part de moi m'ordonne de ne rien ajouter, mais déjà je quitte le canapé, m'emparant du sac contenant mes achats d'il y a deux jours. Ace n'étant pas rentré de la nuit, je l'avais balancé dans un coin où il se trouve encore, signe que le gamin n'y a pas touché. Je surprends son regard interrogateur lorsque je m'approche, lui présentant l'une des choses achetées.

« Tiens. Pour toi. »

« Un gel... douche? »

« Pour qu't'arrêtes de piquer le mien. »

Tombant des nues, il s'empare néanmoins du flacon en me remerciant d'un bref signe de tête.

Je le regarde alors monter les marches menant à l'étage, serrant le sac d'une main nerveuse, incertaine. Dans ma tête, la joute entre le Bien et la Folie bat son plein, me rappelant à quel point l'enfer est pavé de bonnes intentions. Les miennes n'étaient pas mauvaises, mais je ne peux m'empêcher de me sentir coupable de ce que j'ai pensé... et de ce que je vais faire.

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POV Ace

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Debout dans la baignoire de la petite salle de bain envahie de vapeur, je savoure la brûlure de l'eau sur mon corps, respirant à pleins poumons le parfum frais et citronné du gel douche offert par Law.

Un "cadeau" quoi… J'en reviens toujours pas. Mais il avait raison... Ça fait du bien.

Mes muscles se détendent l'un après l'autre. Pourtant dans ma tête, c'est une autre histoire. Un vrai ravage.

J'ai beau me concentrer sur le bien-être physique que je ressens, mon esprit reste bloqué. Enchaîné à ce que je tente d'oublier. Une à une, les mêmes images se bousculent dans ma mémoire, jetant de l'huile sur le feu qui me ronge et sentant que j'étouffe, je pose une main sur mes colliers, le rouge en perles que j'aime tant et l'autre, à deux doigts de crier. Bon sang... Pourquoi je n'arrive pas à enfouir ça loin ? Est-ce que le placard dans lequel j'enferme tout depuis mon arrivée serait plein ? J'ai mal au ventre... au cœur… Merde...

Refoulant mes larmes, je dirige le jet d'eau vers mon visage et ferme les yeux. Immédiatement coupé de la réalité, je me laisse envahir par la seule sensation de l'eau, par son bruit, par cette buée tiède qui m'entoure et les minutes s'égrènent quand le son du rideau de douche que l'on pousse m'interpelle. Sursautant malgré moi, je me tourne aussitôt, mon cœur bondissant comme une balle projetée contre un mur.

Encore habillé et les yeux bandés, Law finit de tirer la bâche et tend ses mains vers moi. Il est retranché dans son "monde à part" et je devine ce qu'il me propose mais... je ne suis pas prêt pour le refaire... encore moins là... maintenant... Je ne peux pas… Comment refuser, alors que ses règles ne me le permettent pas ? J'ai l'impression qu'il attend mon premier pas... Je ne sais pas quoi faire. Déboussolé, je panique quand l'une de ses mains se pose sur ma hanche, me faisant frémir. Sa peau si froide sur ma peau brûlante... c'est tellement étrange que je déglutis. Son visage à lui est tendu. Dans l'attente. Bouillant d'impatience.

Je pose ma main sur la sienne sans réfléchir.

Une impulsion stupide. Insensée.
Et pourtant, dans l'imbroglio de ma conscience, une question démente émerge.

Une folie peut-elle combattre un cauchemar et le chasser ? Puis-je trouver mon salut ainsi, en sautant les pieds joints vers la damnation ? Chuter avec lui dans l'abîme pourrait m'empêcher de penser... noyer mes hantises... me sauver un instant de cette amertume qui me mange de l'intérieur... Est-ce que ce n'est pas un risque à prendre ? Oui... Ça peut m'aider à oublier... Juste un peu...

Doucement, je laisse ma main caresser la sienne avant de le tirer vers moi. Exaucé, il soupire.

Mon sang chauffe. Ma tête se vide.

L'instant suivant, Law entre sans se départir de ses vêtements dans la baignoire où nous sommes de suite à l'étroit, mon corps nu collé à ses habits de plus en plus mouillés. L'eau chaude s'écoulant sur nous révèle lentement ses formes athlétiques et perdu dans mes pensées embrouillées, je réponds à sa sollicitation muette, plaquant mes mains sur son débardeur noir pour l'en débarrasser. Je me retrouve alors face à la musculature de son torse, à son tatouage qui comme toujours me trouble. Intimidé, je suis les circonvolutions du cœur qui habille sa peau quand une de ses mains empoigne ma nuque, son nez se nichant sous mon oreille. Je l'entends alors respirer mon parfum, enfiévré, savourant l'instant tel un prédateur qui vient de trouver sa proie. Malgré moi je m'agite, presque effrayé mais déjà, un mince sourire fleurit sur ses lèvres et je frissonne, mordant mes lèvres lorsqu'il palpe ma hanche avec avidité. J'ai comme de l'électricité dans le corps... Les lèvres de Law me frôlent.

« J'suis épuisé et j'meurs de faim... J'crois que... j'vais te dévorer... »

Une bête... Trafalgar est une bête affamée... mais si ça me fait tout oublier, peu importe...

Fermant les yeux, j'approche mon visage du sien, chassant mes doutes et malgré la douleur, le visage de Luffy. L'eau qui ruisselle incendie nos chairs, mais j'aime ça. Cette moiteur ambiante me donne l'impression d'être dans une dimension parallèle où nos actes n'ont aucune conséquence et je saisis son cou brusquement, faisant glisser ma langue sur sa clavicule, retrouvant ce goût corsé, épicé qui lui va si bien. C'est suicidaire, mais je veux jouer avec ses règles, lui signifier qu'il devra être mon amuse-gueule avant que je ne sois son dessert. Une idée qui ne semble pas lui déplaire.

Du coin de l'œil, je vois sa mâchoire trembler, sa respiration devenant de plus en plus lourde, saccadée quand il grogne, guidant mon visage pour que je n'arrête pas. Pris dans mon élan et poussé par les sensations qu'il éprouve, je taquine sa pomme d'Adam. L'effet est immédiat, mais trop pour lui. Dans un sursaut de plaisir il me pousse contre le mur, plaquant ma main libre contre les carreaux tièdes. La pression de son corps contre le mien me donne le tournis et il fond sur mon épaule, la dévorant de baisers, mordant parfois si fort que je m'entends couiner, lui donnant encore plus d'ardeur.

Rancunière, sa langue effectue le même trajet que la mienne, m'arrachant une plainte désespérée, mon bassin commençant à bouillir. Il fait chaud... l'eau... la façon dont il serre ma main... son genou qui s'insinue lentement entre mes cuisses... Bordel... J'ai mal... J'en peux plus... Il ne peut pas rester ainsi... Sentir l'épaisseur de son jean trempé et non sa peau... la pression et les frictions qu'il m'impose... Mon cœur tambourine, mes veines s'embrasent... Ne pas le sentir lui est insupportable... Mais Law s'en fout. Il me croque le cou, l'oreille et souffle dedans lorsque je m'entends exiger, les yeux fermés, impuissant à me raisonner.

« Enlève-le... ton pantalon... »

Hélas, il ne répond pas. Pire, il m'attire vers lui, comprimant mon membre de plus en plus dur, la texture âpre du vêtement me mettant hors de moi. Énervé et frustré, je fonds alors sur lui, défaisant moi-même un bouton avant qu'il ne fasse le reste, mon empressement mettant le feu aux poudres. En un instant, son jean et son boxer gorgés d'eau échouent bruyamment dans la baignoire et il reprend possession de mes hanches, les collant aux siennes, le contact de nos désirs éveillés me coupant le souffle. Perdant mes moyens, je me retiens de crier en mordant son épaule, savourant la fournaise de sa peau d'ordinaire si froide. Mais je ne peux pas tout retenir... Un gémissement avide m'échappe et il soupire d'aise, me tournant d'un trait vers le mur sur lequel je plaque violemment mes mains.

Brûlante, l'eau s'écoule sur mon dos et mes reins courbés.

La vapeur m'avale tout entier lorsqu'il me prépare puis s'empare fermement de moi en nouant ses doigts aux miens, murmurant que notre plaisir ne fait que commencer.

Chaud... Je crève de chaud... Ce qui va venir... Il va me dévorer...

L'instant qui suit, le brun me prend dans un rythme chaotique tandis que ma voix devient impétueuse, indécente.

Mes pensées s'enchevêtrent autant que nos corps et je ne pense plus qu'à ses lèvres sur ma nuque, à ses mouvements vifs et impatients, à cette jouissance irraisonnée et non raisonnable que je refuse de juger.

Pas maintenant. Je ne veux pas y penser.

Je veux que cet écart détruise mes souvenirs, cette peur qui m'enchaîne.

Je veux devenir ivre, éperdument ivre du plaisir bas et malsain qu'il me procure.

« Hnnn... Law... Plus fort... Là... »

Haletant, serrant mes poings je me courbe davantage, collant mes fesses contre lui, m'offrant entièrement à cet acte qui est en train d'exaucer mon souhait.

Son râle fiévreux se joint au mien... Enfin, je ne pense plus à rien...

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POV Law

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Bon sang... Tu as balayé ma colère, mon exaspération, mes tensions si vite...
Tu me fais tellement perdre la tête que j'en suis presque assommé, mon ange...

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Tremblant encore de plaisir, je me retire doucement, caressant ton dos et t'attirant à moi, appréciant le parfum d'agrume qui a imprégné ta peau, le contact de tes mèches mouillées contre mon cou. L'eau chaude a fait tellement de ravages que la pièce est envahie de vapeur. Je le sens, même en ayant les yeux bandés. La chaleur ambiante nous enveloppe tel un cocon, mais nous ne devons pas y rester trop longtemps. Pourtant, tu ne sembles pas de cet avis et te laisses aller contre moi, ce qui ne me déplaît pas jusqu'à ce que tes jambes cèdent et que tu ne manques de tomber, une chute que j'évite en m'accroupissant dans la baignoire, te serrant dans mes bras.

« Hey... Qu'est-ce qui a ? »

Devant le silence qui seul me répond, je ne parviens pas à me contrôler et retire mon bandeau, agrippant une serviette pour la jeter sur ce corps que je refuse de voir, au risque de bousiller l'illusion à laquelle je tiens tant. Ce n'est qu'une fois recouvert que je le regarde enfin, écartant les boucles trempées de son visage, déglutissant face à la candeur dont il fait preuve à cet instant précis avec ses yeux clos, ses traits apaisés, ses lèvres entrouvertes... légèrement rosées... Mon pouce sur le point de s'y poser je m'arrête, réalisant qu'il s'est tout bêtement endormi, tel un crétin narcoleptique. De longues et interminables secondes se perdent alors avant que je ne décide de me lever, nouant la serviette autour de ses hanches pour l'emmener jusqu'au lit. Avec les ennuis qui se pressent à la porte depuis hier, je préfère me garder le canapé. Pour cette fois du moins...

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Deux jours plus tard...

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POV Ace

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A travers les branches et les feuillages verts et ocres, les rayons du soleil vont et viennent, me réchauffant la peau à chaque contact. Ce sont autant de caresses légères que j'apprécie en respirant profondément, attentif aux bruits de la forêt, à ses odeurs, à cette vie qui grouille dans le plus parfait silence. Ici, tout est si pur, si harmonieux que je me sens presque jaloux de ne pas faire partie intégrante de cet écosystème, loin des horreurs et des misères que les Hommes se font subir entre eux. Une part de moi aurait aimé naître... loup, tient. Libre, fier et respecté comme Hiken.

A quel point ma vie aurait été différente ainsi ? Hélas, je ne le saurais jamais.

Secouant la tête pour ne pas laisser le champ libre à mes idées noires, je reprends ma route improvisée. Une petite balade sans but et éloignée du cottage. L'occasion d'être seul avec moi-même. Pourtant, Trafalgar n'est jamais loin. Avec ce qu'il s'est passé dans la salle de bain, je réalise avoir entièrement accepté de jouer les substituts, de renier qui je suis, encore une fois. Law s'est clairement servi de moi et je le soupçonne de ne pas avoir choisi ce gel douche par hasard. La façon dont il humait ma peau, dont il l'embrassait... c'était similaire à la fois où je portais le "Heart Majesty" de Corazon. C'était le même égarement, la même dévotion... Je l'ai parfaitement senti.

Il était ailleurs, dans les bras invisibles de son ange, totalement ignorant des miens. Mais après... quand je pense que je me suis endormi debout... juste après avoir jouit... Est-ce qu'on peut faire plus honteux ? C'est à peine si j'ai osé croiser son regard depuis. Heureusement, Law n'a pas objecté face à mon silence. En même temps, il n'était pas souvent là. Occupé au village... Je n'ai pas demandé pour quoi. Tout ce que j'espère, c'est que personne là-bas n'ai abordé un certain sujet avec lui. A la simple pensée qu'il découvre le point sur lequel j'ai menti, un frisson glacé me griffe le dos et je m'arrête. Au même moment, des craquements de brindilles et de feuilles mortes m'alertent sur la présence d'un individu avançant dans ma direction. D'un pas vif, je me précipite aussitôt derrière une rangée de buissons, de la bourdaine assez dense et fournie pour me camoufler correctement. Les sons deviennent alors plus intenses, une silhouette se détachant à quelques mètres derrière les chênes et les ifs. Immobile et concentré, j'observe sa progression quand mon corps se met à vibrer.

Un bon mètre quatre-vingt-dix, bien bâti et la peau mate, l'homme en plein footing dans la forêt n'est pas un inconnu. Son visage est en partie dissimulé par sa capuche grise, ce qui lui donne un air ombrageux, presque dangereux et je ravale ma salive, me demandant si je devrais profiter de l'occasion pour lui jouer un petit tour. Bon, je prends le risque de me faire engueuler, mais pourquoi pas ? Voyons voir comment il réagit en entendant le grommellement sauvage d'un sanglier. Esquissant un petit sourire, j'attends qu'il se rapproche pour imiter le cri gras et féroce de l'animal.

Le brun s'arrête alors, prudent et attentif. Il rabat sa capuche et observe les alentours, aux aguets. Pourtant, il n'a pas l'air effrayé. Pour ma part, le voir sans être vu me plait. Je cède donc à l'envie de le malmener un peu plus et renouvelle l'expérience, attirant son attention vers le buisson où je suis caché. Le bon sens devrait le conduire à s'éloigner mais il s'approche lentement, une initiative inconsciente à laquelle je réponds en faisant bouger les branches, histoire de l'en dissuader. Mal m'en a pris. Un peu trop emporté, ma main dépasse brusquement des feuilles. En moins de deux, le regard de Law vire au noir. Il gronde mon nom cependant que je me lève, penaud et contrarié. Quitte à lui faire face, je choisis d'argumenter.

« Ben quoi ? Tu peux t'estimer heureux qu'ce soit moi ! T'aurais fait quoi si c'était un vrai sanglier ? Te battre avec ? »

« Et toi ? T'as rien de mieux à faire ?! »

A croire qu'on finit toujours par se disputer.

Je grimace.

« C'était une petite farce... Rien d'méchant. »

Insensible à ses commentaires irrités comme quoi il déteste les farces, je contourne le buisson et le devance, préférant l'ignorer et continuer mon petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était. Je suis persuadé qu'il préfère rester seul lui aussi, quand au détour d'un if immense il agrippe mon bras, me collant au tronc. Son corps épouse alors le mien, sa respiration chaude se mêlant à la mienne, étranglée. Je l'interroge du regard lorsqu'il me murmure à l'oreille, provocateur.

« Je préfère de loin les jeux aux farces, tu devrais le savoir... »

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POV Law

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Et voilà. Tel est pris qui croyait prendre, Portgas.

Sentant son corps se tendre contre le mien, j'humidifie mes lèvres tandis qu'il mord les siennes, désarçonné.

« Fais le rossignol... »

Impérieux et narquois, mon ordre se perd dans le silence des bois mais il ne lui a pas échappé. Il relève le menton et fronce les sourcils, un brin fâché.

« J't'ai dit qu'j'étais pas une boîte à meuh ! »

« T'as imité un sanglier pour m'emmerder. Tu peux imiter un rossignol pour te racheter, non ? »

Bien entendu, le "non" n'est pas une option et il le sait.

Je sens pourtant qu'il résiste, pour bien me faire chier. Mon regard a beau se faire plus dur, il joue à l'ignorer, pinçant ses lèvres et croisant les bras tel un gamin capricieux.

« Pas si tu gardes les yeux ouverts. »

Tss. N'importe quoi.

Mais si c'est tout ce qui le gêne... Lentement, je me coupe de la réalité, de ses prunelles noires pour une autre obscurité où tous mes sens semblent décuplés. Les parfums terreux et humides de la forêt se mêlent à la fraîcheur de l'air, à la chaleur douce des rayons du soleil, au frémissement des feuilles et je me sens transporté. C'est alors qu'il résonne. Le chant agréable et mélodieux d'un rossignol qui me fait frissonner. Sans mal, j'imagine le petit oiseau sur une branche et ouvre les yeux, croisant le visage calme et rêveur d'Ace, ses paupières closes, ses mains entourant sa bouche pendant qu'il chantonne. Je ne peux qu'admirer son don, tant le rendu est parfait.

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Sublime.

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Alors que la mélodie s'achève, je cède à une pulsion soudaine et réduis l'espace entre nous.

Mes lèvres se nichent près de son oreille, lui faisant ouvrir des yeux étonnés. Je souffle alors, tel un drogué.

« Parle-moi... Je veux entendre sa voix... »

Ce don est une clef ouvrant le coffre de mes désespoirs pour les transformer. Même si c'est illusoire et mensonger, je ne peux y résister.

Sous mon regard enivré, Ace semble confus et nous nous regardons un court instant, tentant de comprendre ce qui chez l'autre nous échappe. Coupés de tout, nous ne sommes cependant pas assez prudents et lorsqu'ils nous parviennent, les bruits de pas sont déjà bien trop proches. Réalisant cela, le gamin se tend complètement, plaquant une main sur sa bouche, désespéré. Plus les pas avancent, plus il tremble et je m'écarte du large tronc qui le dissimule pour croiser le regard des nouveaux arrivants. L'air de rien, les deux énergumènes me saluent comme s'ils n'avaient pas joué à m'intoxiquer lors de la battue et je sens mes veines chauffer, mon sang bouillir.

Je n'arrive pas à croire que nous soyons dans une situation aussi foireuse pour avoir eu la tête ailleurs. Mais tel est le cas. Ni lui ni moi n'avons rien vu venir.

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« Quand l'esprit est attiré par une feuille, l'œil ne voit pas l'arbre.
Quand l'esprit est attiré par l'arbre, l'œil ne voit pas la forêt. »
Eiji Yoshikawa, Musashi, 1935.

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Réponse à Katym :

Coucou ! :) J'espère que tu vas bien ! Avant toute chose, je te remercie de tes théories ! :) C'est super de voir que tu te poses des questions et que essayes de découvrir ce qui se trame ! *w* Malheureusement, City 44 se passe dans un UA où le Haki n'existe pas, de même pour les fruits du démon et les Smiles... Désolée x) Par ailleurs, quand Barbe Brune dit que les travaux de Decken ont porté des fruits, il parle au sens figuré :) En prenant ces éléments en compte, j'ai hâte de voir ta nouvelle théorie ! :) N'hésites pas à me dire à quoi tu penses au fil des chapitres ! En te remerciant encore de l'intérêt que tu portes à l'histoire, j'espère que la suite t'a plu et te dis à bientôt ! ;)


Voililou ! Ça se termine un peu mieux cette fois, non ? *s'enfuit dans la forêt* Law et Ace sont dans une situation délicate... j'espère que ce chapitre légèrement en montagnes russes vous a plu ! :) Dans l'attente de vos commentaires, je vous remercie encore de me lire ! *w*

Cordialement,

Ever, le Bichon Mystérieux.