Crawford ouvrit lentement les yeux, une douleur lancinante lui vrillant le crâne.

Il était en nage, une nuée de gouttes glacées coulait lentement le long de son épine dorsale. Il avait la chair de poule, les poils dressés le long de ses avant-bras.

Avant-bras qui étaient d'ailleurs maintenus dans son dos par une corde, très serrée. Trop serrée. Et ses épaules, poussées vers l'arrière, le faisaient souffrir.

Pour faire bref, il n'était pas dans une position agréable du tout. Il roula légèrement ses muscles, tentant vainement de les détendre. La douleur s'intensifia, il préféra donc stopper ses efforts.

Un bref soupir s'échappa de ses lèvres, tandis qu'il portait une plus grande attention à l'endroit où il se trouvait.

Son propre bureau, dans un état lamentable soit dit en passant. La large table en bois était jonchée de papiers en désordre, de stylos ouverts et de différentes lacrimas. L'armoire murale derrière le bureau avait subi le même sort. Les fenêtres étaient grandes ouvertes, les rideaux sombres, et maintenant déchiquetés, flottant au vent. Le sol était souillé part du sang, sans doute le sien, et peut-être celui des mages. Un sourire fit lentement son apparition sur ses lèvres fines.

Mais ce n'était pas le sourire en coin satisfait qu'il montrait d'habitude, non. C'était un sourire qui fit briller ses yeux de haine.

Ils avaient profané son bureau. Ils avaient été à deux doigts de mourir, sauf que ce mage brun, qui avait été emprisonné la dernière fois, était arrivé. Oh, Crawford aurait pu maîtriser ce sale gamin, mais il avait été vite suivi d'une adolescente aux cheveux roses et d'un homme avec une marque rougeâtre étrange sur le visage. Et ces deux nouveaux arrivants s'étaient révélés bien plus durs à anéantir que prévu.

Crawford Seam était hors de lui, son âme brûlant d'une haine sans fin. Son regard se fit noir, terrible, ses iris tremblaient à l'intérieur de ses orbites qui ressortaient légèrement sous la colère. Il ne blâmait pas uniquement les mages, mais aussi lui-même.

Parce que c'était sa faute, presque entièrement sa faute. Non, il ne regrettait pas le fait d'avoir tué tous ces hommes d'affaires. Pas le moins du monde, ça devait bien être la seule chose qu'il ne regrettait pas d'ailleurs.

Il regrettait le fait d'avoir laissé la gamine Heartfilia s'enfuir. Il regrettait le fait de ne pas avoir fait assez attention en mettant tous ces corps dans la forêt. Il regrettait le fait de ne pas avoir assez sécurisé sa prison, pour que ces sales mages n'en réchappent pas. Il regrettait surtout le fait de s'être amusé avec eux, alors qu'il aurait pu, il aurait dû, les tuer sur le champ.

S'il n'avait pas été lui, il se serait sûrement frappé, voir même tué.

Mais se débarrasser de sa personne, à savoir se suicider, ne lui servirait pas. Et il n'était pas en position de le faire, il n'en avait pas les moyens. Et puis, il était toujours attaché, bâillonné, rendu impuissant, sur son propre fauteuil.

La porte s'ouvrit doucement, sans aucun bruit. Il fut fier de voir le luxe qui émanait de sa pièce personnelle, malgré le fait qu'elle ait été la victime d'un véritable carnage.

-M. Crawford…

Une voix calme, sans la moindre once de haine. Une voix féminine. Il releva légèrement le visage vers la personne qui venait de prendre la parole.

Une femme aux longs cheveux blancs se tenait devant lui. Une belle femme, il devait l'avouer, bien qu'il n'aurait jamais touché à une demoiselle ayant autant l'air d'un ange du bon Dieu. Les gentilles petites filles ne lui convenaient pas. Il ricana en la voyant s'approcher, sans aucun sourire envers lui.

Elle se tourna vers la porte derrière elle, tandis qu'une flopée de ses camarades arrivait.
Il reconnu aisément la petite Heartfilia, qui tenait la main du gamin brun. Tiens, les deux personnes qu'il voulait tuer le plus semblaient proches… Il eut un rictus mi-amusé, mi-dégoûté.

Une grande femme rousse, un jeune homme aux cheveux roses, et un papi, minuscule.

Makarof Drear. Makarof Drear ?

Dans sa cave sombre il n'avait même pas remarqué le vieil homme, le prenant pour un retraité quelconque. Mais voilà qu'il se révélait être une personne bien plus intéressante que prévu. Crawford ferma les yeux, fatigué.

Il ne voulait pas savoir les raisons de leur venue. Il ne les connaissait que trop bien.

Il avait perdu, même si il avait du mal à le reconnaître. Il soupira, entendant des pas se rapprocher.

Il rouvrit lentement les paupières, déglutissant avec difficulté.

-Que voulez-vous ? demanda-t-il d'une voix acerbe à souhait.

Makarof eut un léger tressautement dans son sourcil droit. Un mouvement infime que Crawford n'eut aucun mal à remarquer, et à identifier.

Il savait que ses dernières heures arrivaient, alors il souhaitait être le plus désagréable possible envers ses ennemis.

Makarof s'avança de quelques pas, se rapprochant du directeur de la prison.

-Premièrement, pourquoi avez vous souhaité vous débarrasser d'autant d'hommes d'affaires, bien qu'ils ne travaillent pas dans le même milieu que vous ?

La femme rousse s'assit sur le bord du bureau, pianotant impatiemment du bout de ses doigts sur le plan de travail en bois. Il pouvait sentir la colère et la frustration brûlantes qui s'échappaient d'elle.

Il ricana. Il appréciait, en quelque sorte, le fait que Makarof ne tourne pas autour du pot. Qu'il pose directement les questions auxquelles il voulait des réponses.

Mais Crawford n'allait pas se laisser faire aussi facilement.

-Ils étaient des menaces.

Une simple phrase, qui resterait énigmatique pour les mages.

-Expliquez-vous ! demanda aussitôt le garçon aux cheveux roses, son poing s'enflammant littéralement. Crawford fut heureux de voir les contusions sur le visage de ce sale gosse.

Il ne l'aimait déjà pas.

-Ils étaient des menaces pour mon industrie, j'ai été clair, non ? déclara le directeur d'une voix nonchalante.

La plupart des gens, dans une situation pareille, se seraient faits tout petit. Il ne l'aurait pas ramené comme le faisait Crawford à ce moment.

Natsu grogna, rapprochant dangereusement son poings du visage pâle et couvert d'une fine pellicule de sueur froide de Crawford.

-Fais gaffe à ce que tu dis, enfoiré, sinon-

-Natsu.

Makarof avait levé la main, faisant taire dans l'immédiat le dragon slayer.

-Bien, reprit le vieil homme. Aurais-je l'honneur de connaître l'industrie dans laquelle vous travailliez ?

Crawford soupira, rejetant lentement la tête en arrière.

-Je travaillais dans tout ce qui était le rachat de terres, de biens. J'achetait des terrains à de grandes familles. Je les utilisais pour des trafics plutôt… Mal vus par l'État.

-Trafics de stupéfiants, maisons closes, et j'en passe… déclara rapidement la petite Heartfilia.

Le coupable releva rapidement la tête vers la jeune femme blonde qui venait de parler. Elle plissa légèrement les yeux en le voyant la fixer. Crawford feignait la légèreté pour cacher sa colère.

-Tout juste, Mlle Heartfilia… souffla-t-il avec un léger sourire moqueur aux coins des lèvres.
Il vit les poings de la jeune femme se convulser, ses jointures blanchissant à vue d'oeil.

Makarof reprit la parole, n'ayant pas remarqué cet échange rapide.

-En quoi ces hommes d'affaires menaçaient-ils votre industrie… ?

Le doyen de Fairy Tail, fatigué, s'assit sur une petite chaise en tartan burberry, qui craqua légèrement sous son poid pourtant plume.

-Elle est très sensible, ricana Crawford.

-Répondez, déclara froidement Erza.

Crawford soupira, rejetant une nouvelle fois la tête en arrière. Il posa enfin la question qui lui brûlait les lèvres.
-Qu'allez vous faire de moi après cet interrogatoire ?

Erza soupira, se massant l'arête du nez avec vigueur.

-Mirajane vous… éliminera. Nous détestons avoir à tuer nos ennemis, mais il me semble que vous le méritez largement, n'est-ce pas ?

Le directeur de la prison fronça les sourcils.

-Mirajane ?

La femme aux longs cheveux blancs se redressa.

-C'est moi…

Crawford ricana, pas du tout persuadé qu'une jeune femme aussi frêle puisse lui faire le moindre mal.

Le brun, qui était resté silencieux jusqu'à maintenant, lâcha la main de la petite Heartfilia et se rapprocha du centre de la pièce. Il croisa les bras sur son torse.

-Porla non plus ne pensait pas que Mira puisse être dangereuse, il s'en ai mordu les doigts…

-Porla est mort grâce à moi, ne tentez pas de m'impressionner en l'utilisant comme référence, sourit légèrement Crawford.

Grey se crispa, un coin de sa bouche s'affaissant légèrement.

Mira eut un petit rire de gorge, attirant toute l'attention sur elle.

-Vous n'y croirez sans doute pas avant de l'avoir vu, mais je suis du même monde que vous, M. Crawford… Je suis même mille fois plus dangereuse que vous…

Elle avait chuchoté ces quelques mots, ses yeux d'un bleu céruléen s'assombrissant imperceptiblement. Une expression beaucoup plus ténébreuse s'installa quelques millièmes de secondes sur le visage de la blanche, avant qu'elle ne sourisse.

Mais Crawford avait vu. Et c'était suffisant. Il avait sentit, dans une rapidité fulgurante, la prédatrice mortelle qui se cachait sous cette longue robe sage, et cette petite couette innocente.

Et soudainement, il aurait donné n'importe quoi pour que ça soit cette rousse à l'air sadique, ou ce grand guignol aux cheveux en barbe à papa qui l'achèvent.

Il soupira silencieusement, cachant au mieux son trouble.

Porla ne lui avait jamais parlé de sa rencontre avec la blanche. Et ce que ce misérable cloporte la lui avait caché ?

-En quoi ces hommes d'affaires menaçaient-ils votre industrie ? demanda calmement Makarof pour la seconde fois.

Crawford ricana simplement, se redressant pour s'étirer malgré l'entrave autour de ses mains. Il fallait qu'il détende ses muscles qui allaient tétaniser définitivement sinon.

Il déglutit, cherchant une réponse appropriée, qui apporterait la pitié des mages devant lui.

Mais il savait aussi que ces derniers ne le croiraient pas devant une réplique trop mièvre de sa part.

Il devait choisir ses mots avec précaution. Pour qu'ils soient le moins cruels possible avec lui lors de sa mise à mort. Dans le meilleur des cas, il espérait même qu'ils ne le tueraient pas, puisque apparemment ils détestaient ça.

Il s'humecta rapidement les lèvres avant de répondre.

-Ils découvraient mon business… obscur. Et ne voulais pas de ça sur ce qui leur appartenait autrefois… Sauf qu'ils n'avaient aucun droit sur mes terres.

Il eut un hoquet quasi-inaudible en se rendant compte que sa réponse était beaucoup plus mesquine et hautaine que ce qu'il aurait souhaité.

C'était sûr, ces sales mages allaient le tuer.

-Pourquoi avoir tué ma famille dans ce cas ? Nos terres nous appartenaient. Vous n'y aviez aucun droit.

La voix de la jeune fille blonde tentait d'être froide, ferme. Sans succès. On y sentait le tremblement de la colère, et de la peur. Et rien n'était pire que la peur dans des situations comme celle-là.

Porla ricana.

-Oooh… Je voulais les terres Heartfilia… Je les voulais tellement… Je me lançais dans un nouveau business, les armes magiques, qui étaient normalement impossibles à importer dans Earthland…

Crawford perdait le contrôle de lui-même, la peur de mourir, qu'il ne pensait jamais ressentir, faisait son chemin lentement dans ses veines, intoxicant son coeur un peu plus.

Et il commença à tout débiter, laissant les mages pantelants dans la pièce.

-Je n'avais plus de terrain libre, tout était prix par mes autres activités illicites, comment aurais-je pu supprimer ne serait-ce qu'une seule de ces bases ? Jamais. Des clients mécontents, des prêts impossibles à rembourser, des vendettas contre moi… Je n'était pas assez puissant à l'époque pour endurer tout ça. Alors j'ai cherché de nouveaux terrains en vente par des grandes familles ruinées. Mais rien ne m'intéressait. Souvent trop cher pour ce que c'était, ou trop petit, ou mal situé… J'avais besoin d'un terrain grand, lisse, proche de la ville, mais bien caché… Un endroit facile d'accès mais qui ne sauterait pas aux yeux pour autant.

Les mages retenaient leur souffle, le silence dans la pièce était lourd, puissant, complet. Tous voulaient savoir comme Crawford en était arrivé à dépouiller et assassiner les Heartfilia. Lucy semblait sur le point de s'évanouir. Ses yeux chocolat grands ouverts, la bouche fermée en une ligne mince, le teint pâle presque cadavérique. Natsu allait se rapprocher d'elle pour la soutenir, et passer un bras autour de ses épaules, mais Grey fit un bruit très significatif avec sa langue, lui jetant un regard noir. Le petit bruit, minuscule claquement, résonna pourtant longtemps dans l'air, sans pour autant briser le moment, au contraire.

Le rendant seulement plus vivant.

Et Crawford continua d'expliquer.

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-J'ai continué mes recherches, cherchant encore et encore un terrain… Et un jour, en rentrant à Magnolia, je suis tombé sur le lieu parfait pour mon trafic florissant. J'ai d'ailleurs failli ne pas voir le portail luxueux qui composait l'entrée du domaine, rit doucement Crawford.

Son regard était exorbité, il fixait le sol, à la recherche de ses souvenirs. Il savait qu'après cela, il ne lui resterait plus que quelques minutes à vivre.

Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il avait perdu. Il ne réalisait pas.

Mais il voulait que son dernier acte soit le pire. Pas forcément quelque chose de violent, ni quelque chose qui fasse un effet instantané, et sûrement pas quelque chose de physique si on prenait en considération ses capacités actuelles.

Mais quelque chose qui resterait. Quelque chose qui laisserait une empreinte, une cicatrice. Le genre de cicatrice qui ne s'efface jamais, et fait encore souffrir des années et des années après l'avoir reçue. Un souvenir inoubliable. Et Mlle Heartfilia pouvait être sûre d'en être la victime.

-J'ai demandé à mes assistants à qui appartenait ce domaine, et ils m'ont répondu que c'était la demeure principale du groupe Heartfilia, et de la famille prospère du même nom. Je leur ai demandé si cette famille pourrait me vendre ce terrain… Ils ont tous rit en me disant que jamais le moindre membre de cette lignée ne me laisserait prendre ne serait-ce que le moindre brin d'herbe…

Mirajane se leva lentement, décidant de sortir de la pièce quelques instants. Makarof la regarda avec de grands yeux. La jeune femme s'attacha rapidement les cheveux en une queue de cheval haute, puis quitta la pièce sans faire de bruit.

Crawford s'arrêta soudainement de parler, se demandant pourquoi son bourreau partait si soudainement. En croisant le regard du mage aux cheveux bruns il comprit. Son bourreau se préparait à… et bien, à l'exécuter.

Il déglutit, avant de rouler légèrement ses yeux vers l'arrière, tentant vainement de se détendre, à la perspective de sa propre mort.

Il n'était pas vraiment stressé, ou horrifié. Il savait que les mages le laisserait finir, ils étaient trop curieux de la vérité. Et, oh oui, Crawford allait leur donner la vérité. La vérité sur le compte des Heartfilia. Il soupira. Encore quelques minutes et tout serait fini. Il n'avait qu'un léger pincement à l'estomac, comme du trac… Légèrement en sueur, il reprit son récit.

-Je me décidais donc à revenir le lendemain, pour marchander son terrain avec le doyen Heartfilia. À peine avais-je commencé à lui expliquer mon projet qu'il me vira de son bureau, me faisant clairement comprendre qu'il n'était pas intéressé. Je suis revenu, chaque jour. Demandant, encore et encore, à avoir accès à son bureau, mais plus jamais on ne me laissa entrer. Alors j'ai commencé à rechercher les points faibles de cette famille, recherchant des informations sur eux, les emmagasinant… J'engageais même des détectives et des espions pour tout savoir sur eux.

Crawford reprit lentement son souffle, respirant par le nez, pour se calmer. L'excitation de raconter toute son histoire à des gens le grisait. Il n'avait jamais pu en parler, puisque cela devait rester secret. Mais il expliquait tout… Absolument tout. Et pour qu'enfin il se livre, il avait fallu que des ennemis le menacent de mort. Excellent, ça en disant long sur sa personnalité.

-Entre temps, j'était parvenu à obtenir un poste dans la haute-hiérarchie du conseil magique. Ce poste apportait à la fois des bénéfices et des inconvénients. J'avais beaucoup plus de pouvoir, ce qui me permettait de faire quasiment ce que je voulais mais, de l'autre côté du miroir, je devais contrôler tous mes actes pour que personne au sein du conseil n'ait de doutes quand à ma bonté, et ma lutte acharnée pour le bien, et l'égalité, gna gna gna…

Il eut une moue dégoûtée rien qu'à parler d'actes bénéfiques à la société. Rien qu'à parler du fait d'être une bonne personne. Lucy eut la nausée.

-J'eut donc l'obligation d'utiliser, par la suite, des sous-fifres… Porla fut le premier d'entre eux, le meilleur, celui en lequel j'avais le plus confiance. Celui qui allait chercher l'argent quand des clients rechignaient à payer… Celui qui vérifiait que l'image public du grand Crawford Seam restait parfaitement blanche, propre de tout soupçon, celui qui embauchait aussi, que ce soit des putes, des macs, des hommes de mains, des dealers, ou quoi que ce soit. Le meilleur. Peu de temps après l'avoir embauché, j'apprenais ce qu'il me fallait pour faire tomber les Heartfilia, légalement qui plus est : Jude Heartfilia n'était pas un innocent et adorable homme d'affaires, d'ailleurs tous les hommes d'affaires sont toujours impliqués dans des activités sales, ne croyez jamais un homme d'affaires qui vous dit le contraire, il ment… Je disais donc, Jude Hearfilia détournait de l'argent, une énorme fraude fiscale, effectuée de façon très fine, je dois l'admettre, en temps que professionnel.

Crawford rit à nouveau, d'un rire légèrement hystérique. Ses yeux étaient ronds, et ressortaient affreusement de son visage qui prenait une teinte d'un rouge de plus en plus soutenu au fu et à mesure de son récit.

Mirajane n'était toujours pas revenue, et les mages étaient silencieux, tandis que Lucy encaissait calmement ce qu'elle venait d'apprendre. Ce qu'elle savait déjà, en fait. Dans son rêve, à l'époque elle n'avait pas compris lorsque les mots ''argent détourné'' avait été prononcé… Mais à chaque fois qu'elle cauchemardait…
Elle ne le cautionnait pas, détournant le regard de ce détail à chaque fois, comme si elle refusait de voir une tâche sur une nappe d'un blanc immaculé, en apparence.
-J'ai donc prévenu le chef du conseil de cette époque, uniquement guidé par mon sentiment de bienfaisance, bien entendu… Et on m'a décerné l'honneur de faire moi même la prise du domaine Heartfilia ! La suite, vous la connaissez demoiselle… J'ai eu ordre de tout brûler, et de saisir tous les biens… J'ai ensuite fait bilan que vos parents s'étaient suicidés, et vous avez été confiée à la responsabilité du conseil. Cette histoire s'est dissolue rapidement, faisant un scandale de quelques semaines à peine. Le domaine tout entier m'est revenu, et il était déjà tout propre ! Lavé des grands bâtiments d'un style royal qui le salissait quelques mois auparavant à peine… Et après cela, je suis encore et encore et encore monté dans l'estime du conseil, et de la population…

Le visage rouge de Crawford redevint de plus en plus pâle à mesure qu'il arrêtait de parler. Il reprit son souffle une dernière fois, pour terminer sa vengeance, une dernière phrase.

- Sauf que je ne supportais pas le fait qu'il y ait une dernière survivante à cette boucherie… Comme un dernier symbole de la puissance des Heartfilia, fait pour me narguer… J'ai appris que vous aviez rejoint une guilde de mages, en étant une vous-même. Alors, j'ai lancé la motion de La chasse aux fées, qui a été adoptée à la quasi-totalité des voix.

Juste. Pour. Vous. Éliminer. Vous. Et. Les. Êtres. Qui. Vous. Sont. Chers.

Il sourit de façon arrogante, sournoise, hautaine et fière. Un sourire à vomir. Un sourire à donner envie de le frapper jusqu'à ce que mort s'en suive pour n'importe qui. Makarof se leva, satisfait des réponses, et frappa à la porte du bureau, laissant Mirajane, changée en Satan Soul, rentrer.

Les mages sortir un à un, sans bruit.

Seule Lucy, sonnée, resta là. À regarder cet homme qui l'avait haï dès le premier regard. Cet homme qui avait amputé le monde magique et moderne juste pour la voir morte. Elle papillonna des yeux rapidement, se demandant si elle voulait rester là, le voir mourir dans d'atroces souffrances.

Puis, faible, elle sortit, sans le quitter du regard jusqu'à ce que la porte se referme dans un bruit soyeux.

Mirajane sortit ses griffes dans un bruit métallique, tandis que Crawford rejetait la tête en arrière.

Fier.

Voilààààà ! This is the end u.u

Ce dernier chapitre est assez spécial, je sais xD

Mais j'espère qu'il vous aura plu ^^

N'hésitez pas à reviewer, et dites moi si vous voulez un épilogue sur le GreyLu ou paaas ^3^

Merci à tous ceux qui ont suivi cette fic, et ceux qui ont reviewé, et aux anonymes aussi bien sûr ! ^^

I looooooove you ! xD

Bye-