21.

- Algie !

Doc Surlis et Warius se penchèrent sur le grand brun balafré, le retenant sur son lit d'hôpital.

- Oui, ce gamin tient totalement de toi, vieux fou furieux ! Et je ne te dis pas ce qu'il peut faire avec un gravity saber dans chaque main ! grogna l'ancien Colonel de la République Indépendante.

- Algie…

- Il fait ce qu'il peut, assura Warius en rallongeant son ami. Et toi, tu pars au bloc opératoire. Tu es vraiment mal en point. Cette Nagd t'aurait tué, même si ce n'était pas son objectif premier !

- Alguérande…

- Il va s'en sortir, mentit Warius alors que le Doc Mécanoïde finissait d'anesthésier son patient. Doc ?

- Je lui pose un stimulateur cardiaque, je le relance pour cinquante ans ! Il va bien aller !

- Si seulement je pouvais en avoir la certitude pour le petit, soupira Warius. Je l'ai laissé là-bas…

- Il reviendra… s'il le peut, souffla Surlis.

Et Warius ne put dès lors que se ronger les sangs, en une interminable attente, pour tous ses amis.


Du sang, partout, giclant, le recourant et faisant tomber ceux qui s'approchaient.

A bras raccourcis, Alguérande frappant encore et toujours, sans relâche, sans discernement.

- Pouchy, Amarance, dites-moi que vous avez évacué !

- Nous sommes saufs, répondit télépathiquement son cadet blond. Et les prisonniers Militaires, Norys et son époux, sont en sécurité ! Reviens, mon frère !

- Je ne peux pas, souffla Alguérande, continuant machinalement à massacrer à tours de bras les sbires de la Reine Pirate qui continuaient de déferler dans la salle.


Bien que n'en menant pas large, Warius se pencha sur un jeune homme à la crinière fauve que lui avait ramené un étrange et inquiétant papillon décharné.

- Quelgann, c'est vous ?

- Oui. J'ai récupéré votre ami au sein d'une boucherie. Mais là c'est lui qui a besoin de vos soins d'Humains !

- Algie a réussi ?

- Oui. Les pirates de cette Reine folle ont mordu la poussière. Algie a tenu bon, le temps de votre évacuation à tous. Mais maintenant, il est épuisé et vous lui êtes nécessaire. Ce gamin Humain a été au-delà de toutes ses forces possibles. Je ne pensais pas assister à cela à jour, pas avec cet enfant… Il aime donc son père à ce point ?

- Alguérande aime son père plus que sa propre vie ! jeta Warius. Jusque-là ça me semblait juste une expression… Je viens d'en avoir la démonstration, comme si j'en doutais, comme si Albator n'aurait pas fait de même, la situation inversée, et mon ami s'est déjà sacrifié à plus d'une reprise pour son fils aux boucles fauves !

Warius jeta un regard affolé au Doc Mécanoïde de l'Arcadia.

- Surlis ?

- Je vais poser une perf à Alguérande, pour calmer les battements affolés de son cœur, je vais lui filer un complexe de calmants pour apaiser son état général. Ensuite, j'aviserai, s'il va mieux… ou pas. Colonel Zéro, il y a bord de jeunes Militaires que vous devriez apaiser eux aussi.

- J'y vais.


Norys Kholm salua impeccablement le visiteur.

- Colonel Zéro !

- Je ne suis plus un Militaire.

- Vous êtes toujours celui que vous avez été, l'homme dont Alguérande m'a tant parlé, l'ami dont il est si fier ! A vos ordres, Colonel !

Norys soupira.

- Comment vont mes amis, s'il vous plaît ?

- Albator est aux Soins Intensifs, mais stable. Alguérande dort, très profondément, pour des jours encore. Je vous ramène tous au bercail.

- Mes ordres…

- … n'ont plus lieu d'être. Les balafrés sont dans un état d'épuisement absolu, ils ne sont plus une menace pour cette tarée de Reine. Ils rentrent, eux aux aussi à la maison !

- Mon mari va bien ! glissa Terswhine avant de quitter les deux hommes, pour rejoindre l'appartement de son époux

- Ils vont bien, conclut Léllanya avant de disparaitre.