A/N: l'incomparable Stephenie Meyer possède tous les droits sur les personnages de la saga Twilight. Je suis quant à moi l'auteure de cette fiction surréaliste qui mêle allégrement tous les genres pour votre plus grand plaisir, du moins je l'espère.
Merci encore une fois pour tous vos commentaires. Ils sont une très grande source de réconfort pour moi, même si leur nombre n'est pas vraiment représentatif de mon lectorat (si toutes celles d'entre vous qui ont mis Indomptable esclave dans leurs fics favorites se donnaient la peine de me laisser un petit mot pour expliquer les raisons de leur engouement pour cette histoire, je réussirais peut-être à rejoindre ma copine et betareader Just4ALE de San Diego qui a désormais au dessus de 1000 reviews, lol). Allez, puisque l'écriture est une forme de drogue pour moi, je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin, même qu'il se pourrait que j'aie besoin d'écrire quelques chapitres supplémentaires pour boucler la boucle… enfin, on verra.
Bonne lecture.
Chapitre vingt-et-unième: Retour au sérail.
BPOV
« Tanya a essayé de s'enlever la vie… »
Cette phrase sortie de la bouche de Rosalie me fit d'abord l'effet d'une douche glaciale. Après les confidences d'Edward au sujet de l'esclave d'origine russe, je m'attendais à devoir affronter une jeune femme jalouse et colérique, pas une éclopée sentimentale qui ne trouvait plus de sens à sa vie si l'homme qu'elle aimait lui échappait. Ah! L'ironie de cette pensée me sauta en pleine figure juste comme elle me traversait l'esprit. La vie des esclaves des Volturi n'avait déjà aucun sens dans les circonstances actuelles, en dépit du fait que bientôt cela pourrait changer… Et puis, qu'Edward m'ait choisie plutôt qu'elle, était-ce vraiment la raison derrière son geste drastique? Était-elle même au courant de ce qui s'était passé entre le comte de Morvalle et moi? Je manquais d'information. D'ailleurs, si Tanya avait tenté de se suicider, pourquoi n'avait-elle pas été emmenée chez Carlisle?
« Mais enfin, Rosalie, comment se fait-il qu'elle n'ait pas été vue par Carlisle? » Questionnai-je, perplexe.
« C'est ce que je m'apprêtais à te dire, Bella, » poursuivit la duchesse. « Elle a avalé du poison à rat et en ce moment elle se tord de douleur dans son lit, mais elle refuse catégoriquement de se faire transporter chez le docteur. »
« Est-ce que tu sais quelle quantité de poison elle a ingurgité, Rosalie? » Demanda alors Edward qui se tenait à quelques mètres de nous car il n'avait pas le droit d'entrer dans le gynécée.
Je notai qu'il ne s'était pas adressé à mon amie sur un ton formel. On aurait même dit qu'il parlait à un membre se sa famille. Étrange…
« Je n'en sais foutrement rien, Edward. Et je ne sais pas non plus quelle mouche l'a piquée, » répliqua Rosalie tout aussi familièrement.
« Écoute, je vais aller prévenir Carlisle, mais j'ai besoin de connaître plus de détails. Peux-tu au moins me dire combien ça fait de temps qu'elle s'est empoisonnée? » Continua Edward.
Kate était momentanément disparue dans une autre pièce, mais je la vis réapparaître dans le hall peu après. Elle semblait hésiter à se joindre à nous.
« Demande à Kate, » fit Rosalie en pointant dans sa direction. « C'est elle qui a trouvé Tanya dans la réserve. »
Edward fit signe à la jeune femme de s'approcher.
« Dis-moi, Kate, ça fait combien de temps que tu as trouvé Tanya? » S'enquit-il en essayant de paraître impassible.
« C'était il y a environ une heure. Irina et moi l'avons installée dans son lit mais elle n'arrête pas de vomir et de baver en plus de hurler que son ventre va éclater. »
« Bon, si elle vomit elle est probablement en train de se débarrasser du poison, mais il faut malgré tout que vous parveniez à la convaincre de se laisser transporter chez Carlisle. Et j'aimerais bien savoir pourquoi elle a voulu mettre fin à ses jours. Elle n'était pas dépressive, à ma connaissance… »
Kate observa Edward comme s'il était le dernier des crétins.
« Merde, Edward! Nous prends-tu vraiment toutes pour une bande de poulettes sans cervelle juste bonnes à sauter quand ça te chante? Ne sais-tu pas qu'au moins la moitié des captives du harem sont entichées de toi? Tanya s'est toujours vantée d'être ta favorite en plus d'être celle d'Aro. Comment crois-tu qu'elle s'est sentie lorsqu'elle a appris que tu gardais la nouvelle prisonnière chez toi après son châtiment au lieu de la faire prendre en charge par le bon docteur? » S'emporta la belle esclave blonde.
« Comment se fait-il que vous soyez au courant de ce qui s'est passé après le châtiment d'Isabella? » Questionna naïvement Edward.
Je dus me retenir pour ne pas rire nerveusement. Edward avait beau avoir vécu dans le palais des Volturi depuis les cinq dernières années, il semblait totalement ignorer que tout ce qui se passait à l'intérieur du château parvenait tôt ou tard aux oreilles des captives du harem, et ce surtout grâce à Kate qui aimait espionner un peu partout dans l'enceinte du sérail mais qui portait aussi attention aux dialogues échangés autour d'elle lorsqu'elle était demandée chez ses maîtres.
« C'est bien ce que je disais, » rétorqua Kate les dents serrées. « Tu penses que nous n'avons rien entre les deux oreilles et que, par conséquent, nous n'avons aucune idée de ce qui se passe en dehors du sérail… Ma foi, Edward, est-ce que tu crois qu'il a été difficile pour moi de connecter les points ensemble quand Isabella a disparu durant des heures après que j'aie clairement entendu de ta bouche même qu'Aro voulait la voir? Ce n'est pas toi qui es venu chercher les filles hier soir, et ce matin j'ai entendu Rosalie dire à Esme qu'elle avait fini par savoir ce qui était arrivé à la marquise, tout ce qui était arrivé… Tu n'es définitivement qu'un sale fumier d'avoir fait ça à Tanya! »
« Ce n'est pas le moment de faire mon procès, Kate, » se défendit le comte. « Tu sauras que je n'ai jamais rien promis à Tanya. Et je sais déjà à quel point j'ai agi en salaud à bien des égards par le passé, mais justement il faut se tourner vers l'avenir à partir de maintenant… »
« Ah! Il est fantastique notre avenir, Edward, merci de nous le rappeler! » Coupa Kate avec sarcasme, ne laissant pas à Edward le temps d'élaborer.
« Ça suffit comme ça! » Fulmina le dresseur d'esclaves. « Si tu n'es pas prête à écouter ce que j'ai à dire, va au moins t'occuper de Tanya pendant que je vais avertir mon père. Figure-toi que Bella est revenue au sérail pour discuter avec le reste des esclaves de ce qui se prépare à l'insu de vos maîtres. Et j'espère sincèrement que vous daignerez toutes l'écouter attentivement, car il en va de votre avenir, comme je viens de tenter de l'expliquer sans succès. »
Sur ce, Edward tourna les talons dans un geste brusque et disparut à l'autre bout du couloir.
« Connard d'enculé, » marmonna encore la blonde esclave en s'éloignant à nouveau, mais en direction du dortoir cette fois-ci. Il était clair qu'elle cherchait à m'éviter, malgré ce que le comte venait de lui demander.
Je ne lui en voulais pas d'être en colère contre Edward; il m'en avait fait voir de toutes les couleurs à mon arrivée ici avant de laisser tomber son masque de salopard et je l'avais détesté avant d'en tomber follement amoureuse. Kate sympathisait avec Tanya et c'était tout naturel. Et je pouvais comprendre jusqu'à un certain point comment Tanya devait se sentir en ce moment. Après tout, elle adorait le comte de Morvalle comme un dieu; elle lui avait offert son cœur sur un plateau d'argent et avait accepté les pires caprices de la part de ses maîtres car cela signifiait qu'elle devait d'abord passer par les mains expertes d'Edward dont elle raffolait. Apparemment son instinct lui avait fait comprendre que cette époque était révolue aussitôt que Kate l'avait mise au courant de la conversation entre Rosalie et Esme.
Je me tournai vers la duchesse d'Essanges. « Rosalie, je vais aller tenter de raisonner Tanya moi aussi. Peux-tu aller chercher les autres captives qui ne sont pas déjà dans le dortoir pendant ce temps-là? »
« J'espère que tu auras plus d'influence que moi sur elle, Bella. Encore que si tu veux mon avis, nous devrions nous y mettre à plusieurs et la trimballer de force chez Carlisle. La pauvre fille fait vraiment pitié en ce moment. »
Elle se dirigea vers la salle à manger tandis que je réintégrais le dortoir. J'y fus accueillie par Jessica et Angela. « Ah, Bella! Te voilà enfin de retour, » s'exclama cette dernière. « Est-ce vrai que tu t'es fait battre par Aro et que tu as failli y rester? »
« C'est vrai, Angela, mais on s'est bien occupé de moi. De toute façon ce n'est pas ça qui est important pour le moment. »
Je fis un signe de tête vers le fond de la salle où je distinguais nettement Tanya assise dans un lit, en train de vider le contenu de son estomac dans une bassine que lui tendait Irina. Kate lui épongeait le front entre chaque crise de nausée.
« Voilà où ça vous mène de tomber amoureuse du beau et ténébreux Edward Cullen, » soupira Jessica en réalisant à quoi je faisais allusion.
Je décidai de jouer la carte de l'innocence pour voir exactement ce que les autres captives savaient à propos de ma relation avec le dompteur d'esclaves. Après tout, peut-être qu'il n'y avait qu'Irina et Kate qui connaissaient l'ampleur exacte du drame de Tanya.
« Tanya aurait dû savoir dès le début qu'Edward n'est qu'un profiteur, » renchérit Angela en regardant elle aussi dans la direction des trois esclaves russes.
« Mais elle a bien profité de lui aussi, quand même, » fis-je remarquer un peu froidement.
« Ah oui, ça c'est bien vrai! Elle plus que toutes les autres filles réunies, sans aucun doute, » approuva Jessica avec une moue désabusée.
Ma parole, toutes les filles semblaient être jalouses de cette Tanya… Qu'allaient-elles penser de ma situation, alors?
« Et… pourquoi a-t-elle tenté de s'enlever la vie maintenant? Pourquoi pas le mois dernier, ou même l'année passée? »
Les deux prisonnières me dévisagèrent comme si soudainement j'avais un troisième œil au milieu du front.
« Voyons, Bella, le sexe avec Edward à lui seul vaut la peine de rester en vie dans ce foutu harem. Mais si nous n'y avons plus droit, ou aux jeux sensuels avec Emmett pour celles dont c'est lui qui a la charge, tu peux être sûre que Tanya ne sera pas la seule à tenter de se suicider, » répondit Jessica.
« Mais pourquoi donc Edward et Emmett arrêteraient-ils de vous satisfaire sexuellement? » Demandai-je encore, essayant d'avoir l'air ahurie.
Cependant je me doutais bien que mes talents de comédienne étaient plutôt limités.
« Tu nous prends pour des idiotes ou quoi, Bella? » Interrogea Jessica, commençant à perdre patience. « Toutes les esclaves sexuelles des Volturi savent parfaitement que la duchesse d'Essanges et toi avez mis le grappin sur les deux gardiens du harem. Et je ne crois pas me tromper en affirmant que tu ne laisseras pas le beau Edward faire joujou avec nous à présent que tu peux l'avoir pour toi toute seule, n'est-ce pas? »
Je n'aimais pas la manière dont cette fille s'adressait à moi, mais là encore je ne pouvais pas la blâmer. Néanmoins, il fallait que je remette les pendules à l'heure à propos de ma position dans le sérail. Mes deux interlocutrices avaient l'air de croire que j'étais la nouvelle favorite d'Edward et que je le menais par le bout du nez. En fait j'étais beaucoup plus que ça…
« Ce n'est pas du tout ce que vous semblez croire. Ce n'est pas moi qui me suis appropriée Edward, foutue merde. Je n'ai aucune expérience en matière d'hommes! Ce sont les circonstances qui ont créé un rapprochement entre lui et moi. J'avoue que c'est vrai que je suis amoureuse de lui et que l'idée de le partager avec les autres filles du harem me fait horreur, mais cette décision ne tient pas entre mes mains. Je ne pense pas que je pourrais empêcher le dresseur d'esclaves de baiser toutes les captives sous sa responsabilité si tel était son désir. Mais c'est que lui aussi est amoureux de moi, et c'est lui qui m'a juré fidélité… »
« Comment va-t-il s'y prendre avec le boulot qu'il doit accomplir ici? » Questionna Angela en fronçant les sourcils.
« C'est justement de ça qu'il faut que je discute avec vous et toutes les autres captives, » répondis-je. « Voyez-vous, il se trouve qu'au cours des derniers jours, Aro et ses frères ont commis des actions qui ont décidé Edward à intervenir et prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à leur régime de terreur actuel. Il veut déclencher une révolte des esclaves. »
Jessica et Angela écarquillèrent les yeux.
« Hein? Déclencher une rébellion? » S'exclama Angela.
« Chut, pas si fort! Si Jane est dans les parages et qu'elle nous entend, notre plan risque de tomber à l'eau, » dis-je en mettant un doigt sur mes lèvres.
« Pourquoi Edward ne tente-t-il pas tout bonnement de se sauver d'ici avec toi? Ce serait beaucoup plus simple, » remarqua alors Jessica.
« Edward n'est pas aussi salaud qu'il l'a laissé paraître jusqu'à maintenant, Jessica, » répliquai-je. « Son intention initiale était de me mettre à l'abri des Volturi, mais il se soucie également du bien-être de toutes les captives, et il sait que s'il n'était plus là pour vous surveiller, Aro vous ferait passer de biens pires moments en sa compagnie et celle de ses frères. Alors il veut libérer toutes les femmes du harem. Et pour faire bonne mesure, il va s'arranger pour que tous les autres esclaves du château et ceux qui travaillent aux champs retrouvent leur liberté aussi. »
Sur ces entrefaites, Rosalie entra dans le dortoir avec les captives qui n'avaient pas encore commencé à se préparer pour la nuit. À cause du médicament de Carlisle que j'avais bu en trop grande quantité, j'avais été inconsciente du matin jusqu'au soir, et c'était maintenant l'heure où l'éclairage commençait à diminuer dans toutes les salles du gynécée. Je pris mon courage à deux mains et me dirigeai vers le lit dans lequel Tanya reposait. Elle avait enfin cessé de vomir à toutes les deux minutes et s'était recalée dans les oreillers supplémentaires à la tête du lit. Kate et Irina me regardèrent approcher avec suspicion.
« Tanya, » dis-je, hésitante, « est-ce que c'est à cause de moi que tu as essayé d'attenter à tes jours? Je n'ai jamais voulu te faire de tort, je t'assure… »
« Si tu ne t'étais pas retrouvée ici en premier lieu, Edward voudrait encore de moi, sale petite vipère! » Me lança-t-elle vivement, malgré le fait qu'elle devait être très faible en ce moment.
« Cette accusation est injuste et tu le sais autant que moi, » poursuivis-je en essayant d'ignorer son ton hargneux et ses insultes. Finalement elle ne me faisait pas du tout l'effet d'une écorchée vive, sentimentalement parlant. « Je n'ai tout de même pas demandé à devenir l'esclave sexuelle des Volturi, et en plus, tu n'as jamais eu d'avenir avec Edward puisqu'il n'était pas amoureux de toi! »
Tanya avait eu l'attention d'Edward pendant cinq ans, nom de Dieu! Était-elle si à plaindre que ça? Par ailleurs, il était clair qu'elle allait très bien se remettre de sa bêtise antérieure. Elle n'était plus pliée en deux à cause de la douleur.
« Ma vie est foutue, » se lamenta-t-elle.
« Ça c'est vrai! Et la mienne aussi, » renchérit Kate, découragée.
N'avait-elle donc rien compris lorsque Edward avait laissé entendre que les choses allaient changer pour les esclaves?
Les autres captives s'étaient toutes rapprochées du lit de Tanya. La situation ne manquait pas d'ironie, si je songeais que ce matin j'avais dit à Edward que s'il le fallait j'allais m'aliter pour parler aux prisonnières du harem. Cette pensée me fit en outre réaliser que mon dos avait recommencé à être douloureux, mais pas de la même façon que la veille. C'était comme si ma peau tirait dans tous les sens simultanément.
« C'est tout de même bête, » soupira Jessica à la suite de Kate. « Avec Tanya et Irina réassignées aux cuisines, peut-être qu'Edward aurait fini par vouloir passer plus de temps avec moi, alors que maintenant je n'ai même plus cet espoir là… »
Angela haussa les épaules en entendant Jessica s'apitoyer sur son sort. « Tu n'as peut-être plus d'espoir de recevoir davantage d'attention de la part d'Edward, Jessica, mais si vraiment le plan qu'il mijote fonctionne, dans quelques jours nous serons libres et nous pourrons avoir l'attention de plein d'autres hommes qui en valent la peine. »
« De quoi parlez-vous, au juste? » Questionna Irina, quittant momentanément son air mortifié. Je ne l'avais jamais entendue prononcer un seul mot avant cet instant. « Qu'est-ce qu'il pourrait bien planifier, ce minable briseur de cœurs? »
« Apparemment il se soucie de notre avenir à présent, » railla Kate, toujours aussi furieuse contre le dresseur d'esclaves. « Tu parles! N'aurait-il pas pu se décider à faire quelque chose à propos des Volturi avant aujourd'hui? »
« Mieux vaut tard que jamais, » fit remarquer Rosalie. « Et je vais vous dire un autre truc, les filles. Au lieu d'en vouloir à Bella parce qu'Edward est amoureux d'elle, vous devriez être bien contentes qu'elle se soit retrouvée ici. C'est grâce à elle si les Cullens envisagent le sort des esclaves du harem sous un jour différent et qu'ils sont enfin prêts à y remédier de manière définitive. »
Chère Rosalie, elle me donnait beaucoup plus de crédit que je n'en méritais réellement. En vérité, c'est le comportement ignominieux d'Aro qui était le catalyseur de ce qui allait se produire bientôt.
« Ça alors, la situation actuelle ne manque pas de piquant! » Persifla Tanya. « J'ai tenté pendant des années de convaincre Edward de faire quelque chose pour nous soustraire à l'emprise des trois pourritures qui gouvernent ce domaine, et voilà qu'une petite aristocrate à peine sortie de l'adolescence réussit à y parvenir à l'intérieur de quatre jours! Alors, marquise de Courville, vas-tu nous dire ce que ce cher comte de Morvalle a en tête pour nous libérer de cet endroit de malheur? »
« Je vais le dire à tes compagnes, Tanya, mais toi tu dois aller à l'infirmerie au plus pressant. Tu y seras d'ailleurs en très bonne compagnie avec mes amis Jacob Black et Alice Brandon… »
Tout à coup une expression de colère traversa le visage de l'esclave russe sans que je sache pourquoi.
« Il est hors de question que j'aille à l'infirmerie! » M'interrompit-elle. « Je risquerais d'y croiser cette brute de Jasper Whitlock et alors je ne sais pas ce qui pourrait me retenir de l'achever après ce qu'il a fait subir à ce pauvre Jacob! »
Sa réaction me laissa songeuse, et Rosalie la contempla avec une moue offusquée.
« Si tu m'avais laissée te parler tout à l'heure, Tanya, j'aurais pu t'expliquer que Jasper est sorti du coma et qu'il a perdu une partie de sa mémoire, sans quoi je lui aurais réglé son compte moi-même, tu peux me croire, » dit-elle. « Dorénavant il est aussi doux qu'un agneau. Et d'ailleurs il est retourné dans ses appartements, alors tu ne risques pas de te retrouver face à face avec lui. »
« Ah ça, ça reste à voir, » rectifiai-je.
« Comment ça? Qu'est-ce que tu veux dire, Bella? » Interrogea la duchesse.
De toute évidence personne ne l'avait mise au courant des derniers développements entre Alice et Jasper.
« Eh bien, c'est vrai qu'il commence à se faire tard, alors peut-être qu'il est retourné chez lui, mais il a passé toute la journée chez Carlisle pour s'occuper d'Alice, » expliquai-je.
Rosalie releva un sourcil et elle aurait peut-être passé un commentaire, mais Jane pénétra dans la pièce à cet instant précis et toutes les esclaves se tournèrent vers elle et cessèrent de parler dans la même seconde.
Sans préambule, l'intendante du sérail lança d'un ton sec, « Heidi, Renata et Gianna, Emmett vous attend pour vous mener chez vos maîtres. Et toi aussi Rosalie. C'est ce soir que tu vas y goûter… Ah, j'allais oublier! Edward attend à l'entrée lui aussi, pour amener Tanya à l'infirmerie, et il exige que ce soit de gré ou de force, si vous comprenez ce qu'il veut dire… »
Et elle disparut aussitôt.
Ma dame de compagnie haussa les épaules.
« Si cette conne s'imagine que c'est moi qui vais y goûter, elle se met un doigt dans l'œil jusqu'au coude, » dit-elle en se levant de la montagne de coussins sur laquelle elle avait pris place.
Avec un empressement presque exagéré, elle s'éloigna vers la sortie du dortoir à la suite des trois autres jeunes femmes qui allaient passer la nuit avec Aro et ses frères. Kate et Irina réussirent à convaincre Tanya qu'il valait mieux qu'elle soit vue par le docteur pour s'assurer que sa condition n'allait pas empirer. Suite aux révélations de Rosalie, elles n'eurent pas autant de difficulté à la motiver. Elles l'aidèrent à se lever pour aller au devant du comte puis elles revinrent afin de prendre connaissance du fameux plan que j'avais pour mission d'expliquer aux captives.
ooooo
EPOV
J'aurais dû me douter que Tanya apprendrait très vite que je n'étais plus disponible pour elle. Par contre, je ne m'attendais vraiment pas à ce que cela la pousse à vouloir se suicider. À moins qu'elle ait agi ainsi dans une ultime tentative pour attirer mon attention. Les femmes avaient parfois des façons bizarres d'exprimer leurs sentiments…
Je me dépêchai de remonter chez mon père pour lui confier le drame de Tanya. Esme était retournée à la cuisine et Jasper était redescendu chez lui en vue de se reposer un peu avant la rencontre qui allait avoir lieu dans ses appartements un peu plus tard dans la soirée. Nous avions décidé de tous nous réunir chez lui pour discuter plus en détails de comment nous allions procéder pour amorcer la révolte. Les autres membres du personnel des Volturi ne se douteraient pas que nous complotions contre les trois régents car ils ignoraient que Jasper avait changé de comportement depuis qu'il était sorti du coma. Emmett était allé raconter aux trois idiots engagés par Jasper que ce dernier avait besoin de récupérer avant de reprendre les commandes mais que tout allait bientôt rentrer dans l'ordre.
Demain, pendant qu'Emmett et Jasper allaient faire la chasse aux mercenaires, Jacob allait retourner aux champs et parler aux esclaves mâles à propos de mon plan.
Carlisle discutait tranquillement avec Alice et Jacob lorsque je fis irruption dans l'infirmerie.
« Alice est légère comme une plume, Jacob. Tu n'auras aucune difficulté à la porter jusque chez Jasper. »
« Je suis déjà somnolente, docteur Cullen, et je risque d'être profondément endormie dans très peu de temps. À quoi bon me faire participer à la réunion? » Demanda la comtesse de Marillac.
« Il n'y aura plus personne ici, mademoiselle Brandon, et après ce qui est arrivé à Isabella hier soir pendant que mon fils se trouvait en ces lieux, je m'en voudrais de vous laisser sans surveillance, » répondit mon père.
« Je pourrais demander à Emmett d'envoyer plus de filles que d'habitude en haut tout à l'heure pour tenir les trois vieux libidineux très occupés, » suggérai-je. « Et je pourrais aussi mettre Rosalie à contribution. Je crois que ça lui plairait bien, d'ailleurs… »
« Tu m'as l'air soucieux, Edward. Quelque chose ne va pas? » S'enquit Jacob en me jetant un regard inquisiteur.
Rien ne lui échappait à celui-là…
« On ne peut rien te cacher, à ce que je vois, » marmonnai-je.
« Vaudrait mieux pas me faire de cachotterie, en effet, » répliqua le domestique de Bella, qui n'avait pas l'air de saisir que ma remarque se voulait sarcastique.
« Vous deviez retourner directement chez vous après avoir reconduit Bella au sérail, comte. Pourquoi êtes-vous revenu? » Demanda Alice avec de l'inquiétude dans la voix.
Je soupirai et me tournai vers Carlisle. « C'est à propos de Tanya. Elle a voulu attenter à ses jours en avalant du poison à rat. Et pour une raison que j'ignore, elle refuse de sortir du dortoir…»
« Malheureusement je ne peux pas faire grand-chose si Tanya ne veut pas venir ici pour se laisser examiner. Sais-tu au moins il y a combien de temps qu'elle a avalé ce poison? Est-ce qu'elle vomit? » Questionna le médecin des Volturi.
« C'était il y a environ une heure. Et oui elle vomit, du moins s'il faut en croire Kate qui s'occupe d'elle en ce moment. Et elle se tord de douleur, apparemment, » répondis-je.
« Mais c'est épouvantable! » S'exclama la comtesse de Marillac. « Pourquoi diable a-t-elle fait ça? »
« C'est une longue histoire, Alice, et sans entrer dans les détails je dois bien admettre que je suis probablement en grande partie responsable de son geste… »
« Ah! Si c'est ce que je crois, alors il risque d'y avoir pas mal d'autres victimes! » M'interrompit le palefrenier de Bella sur un ton cynique.
« Je sais ce que tu penses, Jacob. Tu t'imagines que toutes les prisonnières du harem sont folles de moi et n'acceptent pas que je ne m'occupe plus d'elles sous prétexte que désormais mon cœur appartient à Bella. C'est peut-être vrai, je te l'accorde, mais si c'est le cas, cela constitue une raison de plus de les libérer afin qu'elles puissent refaire leur vie ailleurs au lieu de broyer du noir et de vouloir mettre fin à leurs jours parce que je ne suis plus disponible pour elles. »
« On voit bien que ce n'est pas toi qui aura à endurer ces filles une fois qu'elles seront libres, Edward. Elles ne voudront peut-être rien savoir de la seconde partie de ton plan, tu sais, » poursuivit Jacob, obstiné.
« Tout dépend de comment tu te débrouilles pour leur présenter les choses, » rétorquai-je un peu sèchement.
« Bon, pour l'instant c'est de Tanya qu'on discutait, » finit par intervenir Carlisle avant que la conversation entre Jacob et moi ne dégénère une fois encore. « Je ne crois pas que sa vie soit menacée, Edward, sans quoi la pauvre ne serait pas en état de se plaindre en ce moment. Mais il faut absolument que je la voie pour confirmer qu'elle va s'en remettre. L'ennui, c'est que nous étions tous sur le point de descendre chez Jasper. Pourras-tu la persuader et l'emmener chez lui à la place, mais n'en rien dire à Jane? Il ne faut vraiment pas que le personnel des Volturi se doute que nous avons une réunion spéciale de prévue ce soir. »
« Je suppose que ce n'est pas impossible. J'ai aussi expliqué à Bella qu'elle devait venir nous rejoindre en catimini lorsqu'elle aurait fini d'exposer mon plan aux captives. Bon, on se retrouve dans une vingtaine de minutes, le temps que j'aille parler à Emmett à propos des filles à envoyer chez Aro. Par contre pour Tanya, je ne peux rien promettre… »
Je redescendis jusqu'aux soubassements pour aller discuter avec Emmett. Il y avait belle lurette qu'il était rentré des champs avec les cinquante esclaves mâles et ses trois idiots d'assistants. Il s'apprêtait à sortir de chez lui lorsque je l'interceptai.
« Emmett, quelles filles comptes-tu envoyer aux Volturi pour la nuit? » Demandai-je sans détour, même si je n'avais pas revu mon frère depuis la veille.
« Décidément, il ne t'a pas fallu de temps pour perdre le compte, cher frangin. Ou bien serait-ce la belle marquise qui t'a complètement fait perdre la notion de ce qui se passe ailleurs dans le palais? » Me nargua-t-il en refermant sa porte.
« J'ai l'esprit accaparé par beaucoup de choses en ce moment, Emmett, au cas où tu l'aurais oublié, » fis-je remarquer en me dirigeant avec lui vers l'escalier qui menait à l'étage du harem.
« Eh bien voyons voir… hier je leur ai envoyé Kachiri et Zafrina. Cette nuit ce devrait être le tour de Renata et Heidi, » répondit-il après quelques secondes de réflexion.
« Ça ne sera pas suffisant, mon vieux. Je désire que ces trois porcs aient les mains pleines cette nuit, si tu vois ce que je veux dire. Envoie-leur également Gianna et… pourquoi pas la duchesse, pour montrer notre bonne volonté à obéir aux ordres? »
Emmett m'observa avec une expression outrée.
« Il n'est pas question que je laisse ces trois abrutis poser leurs sales paluches sur ma Rosalie, Edward! Comment oses-tu même évoquer l'idée? »
« Parce que je suis convaincu que ta Rosalie, comme tu dis, est capable de tenir tête aux Volturi. Même que je suis certain que si tu lui demandes d'estropier nos trois employeurs, elle trouvera un moyen créatif d'y parvenir. En outre, Aro m'avait accordé jusqu'à hier pour lui présenter les nouvelles filles. Si tu ne lui présentes pas la duchesse ce soir, il risque d'être très mécontent et de se douter que nous nous sommes retournés contre lui, » argumentai-je.
« Mais si tu veux que Rosalie règle leur compte à ces trois monstres, c'est elle qui va se retrouver dans l'eau chaude sous peu… »
« Emmett, » dis-je pour essayer de le raisonner, « si Jasper et toi réussissez à venir à bout de toute la bande de mercenaires demain, nous allons pouvoir quitter le domaine avant vendredi matin. Ce que je souhaite c'est que Rosalie, avec l'aide des trois autres filles, parvienne à blesser les Volturi assez sérieusement pour qu'ils soient forcés de recourir aux services de Carlisle. »
« Okay, et comment cela va-t-il servir notre cause, exactement? » Questionna mon frère.
Il ne semblait pas du tout comprendre où mes manigances allaient nous mener. Pourtant, cela me paraissait évident.
« Si les Volturi ont besoin de se faire traiter par Carlisle, il va pouvoir en profiter pour les droguer, Emmett, voilà l'idée que j'ai en tête. »
Un sourire de compréhension éclaira son visage.
« Putain de merde, pourquoi n'ai-je pas pensé à ça moi-même? »
« Peut-être parce que tu as le cerveau entre les deux jambes, » me moquai-je à mon tour.
Nous éclatâmes de rire alors que nous parvenions à l'entrée du harem. Jane vint à notre rencontre, l'air encore plus hautaine qu'à l'accoutumée. Elle ne devait pas apprécier de nous voir rigoler. Elle devait trouver notre bonne humeur déplacée étant donné qu'elle-même de se laissait jamais aller à plaisanter. « Lequel d'entre vous est en charge d'amener les filles en haut, ce soir? » S'enquit-elle sur un ton glacial.
« C'est moi, Jane, » répondit Emmett en essayant de retrouver un semblant de sérieux, « et quand je serai revenu de chez nos chers régents, j'aurais bien envie de te convier dans mon donjon pour t'apprendre à te décoincer. M'est avis qu'une petite séance sur ma croix de Saint-André te ferait le plus grand bien… »
« Garde donc tes réflexions d'obsédé sexuel pour toi, Emmett Cullen de Morvalle. Si j'ai envie de me détendre, tu es la dernière personne que j'irais voir! »
« Ne le prends pas si mal, poupée! Je voulais juste te rendre service, c'est tout, » s'excusa Emmett sans grande conviction.
« Dis-moi donc quelles esclaves tu veux que j'aille chercher à la place de perdre ton temps à dire des âneries! »
« Ce soir c'est au tour de Renata, Heidi, Gianna et Rosalie de servir leurs maîtres. Il paraîtrait qu'Aro se meurt d'envie d'essayer une nouvelle recrue, bien que j'aie entendu dire, comme tout le monde ici d'ailleurs, qu'il serait difficilement en état d'accomplir quoi que ce soit en ce moment… »
« Je ne suis pas inquiète pour lui, » le coupa Jane. « Je suis certaine qu'il trouvera d'autres façons de tirer profit de sa situation actuelle. Et toi, Edward, » poursuivit-elle en s'adressant à moi, « qu'est-ce que tu viens faire ici à pareille heure? Ce n'est pas dans tes habitudes de venir chercher une esclave pour tes propres besoins quand toutes les filles s'apprêtent à se mettre au lit. »
« Aro m'a toujours donné carte blanche quant aux heures où je peux venir quérir une captive pour mon divertissement, Jane. Mais contrairement à mon frangin qui a une libido insatiable, je suis très bien capable de me passer de sexe lorsque mon devoir m'appelle ailleurs. En fait je suis ici à cause de Tanya, que je dois conduire à l'infirmerie. Elle a besoin de se faire examiner par mon père et je ne quitterai pas ces lieux tant qu'elle ne se présentera pas devant moi, de gré ou de force, » répliquai-je.
Jane haussa les épaules et se dirigea vers le dortoir d'un pas nonchalant. J'en profitai pour chuchoter à mon frère, « Tu aurais été dans de sales draps si Jane t'avait pris aux mots avec ta proposition, frérot. »
« Nah, je ne suis définitivement pas son genre. Je faisais juste jouer la comédie pour qu'elle ne se doute pas que j'ai jeté mon dévolu sur la duchesse d'Essanges. »
« Mais heureusement que cette dernière ne t'a pas entendu non plus, mon vieux, car elle, elle pourrait t'en faire voir de toutes les couleurs si tu oses tenir ce genre de discours à une autre femme en sa présence… »
« Ma parole, est-ce que j'ai l'air d'un con ou quoi? » S'offusqua Emmett. « Depuis que j'ai goûté à Rosalie Hale, c'est comme si toutes les autres gonzesses étaient devenues transparentes et insipides, putain de bordel! Elle seule compte désormais pour moi, Edward. »
Comme il prononçait ces paroles, Rosalie sortit du dortoir à la suite des trois esclaves qu'Emmett avait fait demander. « Eh bien, mon chéri, » dit-elle d'entrée de jeu en soupirant, « il semblerait que je ne pourrai pas passer cette prochaine nuit avec toi et continuer là où on avait dû s'arrêter ce matin. J'espère que tu ne t'ennuieras pas trop de moi et que tu vas pouvoir survivre à la pensée que je serai là-haut avec trois maniaques sexuels. »
Sa voix sonnait comme les roucoulements d'un pigeon, et ce malgré l'utilisation abondante de sarcasme.
« Ah! Je t'en prie, Rose. Tu sais à quel point ta voix à elle seule peut me faire bander comme un étalon, » geignit mon frère. « Et il se trouve que je ne peux pas me permettre de fantasmer sur toi en ce moment car je dois assister à la réunion chez Jasper tout à l'heure. »
Les trois autres captives demeuraient plantées là, se sentant visiblement de trop à cet instant précis, mais se contentant d'échanger des regards réprobateurs entre elles.
« Écoute, ma toute belle, » poursuivit Emmett en faisant mine de ne pas les remarquer, « Edward a un service à te demander… »
Rosalie ne laissa pas Emmett terminer sa phrase et me regarda en relevant un sourcil. « Qu'est-ce que tu veux que je fasse subir à cet enculé d'Aro et à ses frères, Edward? »
La perspicacité de la duchesse me laissa bouche bée pendant quelques secondes, si bien qu'elle crut bon de continuer elle-même. « Ne prends pas cet air ahuri, voyons. Je suis assez clairvoyante pour savoir qu'Emmett a dû te mettre au parfum de ma propension à aimer contrôler mon entourage. Et je suis certaine que tu veux profiter de ce fait pour me proposer une mission spéciale ce soir. Est-ce que je me trompe? »
« Tu as tout à fait raison, Rosalie, » répondis-je. « Je suis au courant de tes penchants de dominatrice, et j'aimerais en effet que tu les mettes à profit cette nuit. J'ai pensé qu'avec l'aide de ces trois charmantes jeunes femmes qui vont t'accompagner dans la chambre de débauche, tu pourrais donner une bonne correction à Aro et ses frères, de sorte qu'il leur faudrait par la suite recourir aux soins de leur médecin privé, qui profiterait de leur vulnérabilité pour les droguer… »
Rosalie parut réfléchir quelques secondes avant de déclarer, « Je vois où tu veux en venir, Edward, et crois-moi ce n'est pas l'envie qui me manque de m'amuser à mutiler les bijoux de famille de ces trois monstrueux personnages ou quelque chose du genre. Mais à bien y songer, si je parvenais à immobiliser les Volturi sans faire couler de sang, rien n'empêcherait Carlisle de venir faire une petite visite impromptue à ses employeurs et leur faire avaler sa drogue de force. S'ils décidaient de ne pas obtempérer, alors là je pourrais les menacer de manière plus éloquente… »
« Comme tu voudras, Rosalie. Par ailleurs, tu trouveras tout ce dont tu as besoin dans la grande armoire à côté du lit dont les trois pervers de servent pendant leurs orgies, » expliquai-je. Je me tournai à nouveau vers mon frère, « Emmett, n'oublie pas de laisser la porte déverrouillée de l'extérieur pour que les filles puissent venir nous avertir quand elles en auront terminé avec leur besogne. » Puis, m'adressant à Renata et ses compagnes, « Vous ne voyez pas d'inconvénient à donner un coup de main à la duchesse d'Essanges, n'est-ce pas mesdemoiselles? »
C'est Heidi qui prit la parole. « Tu plaisantes, Edward? Après tout ce que ces trois sales vicieux nous ont fait endurer pendant des années? Je regrette seulement que l'occasion de se venger se présente aussi tard. Car si vraiment tu parviens à toutes nous faire quitter ce domaine maudit et que je rencontre enfin un homme respectable, qui sait s'il voudra de moi sachant que je ne suis plus vierge? »
La jeune femme s'était exprimée avec plein d'amertume, et à cet instant j'éprouvai un sentiment de culpabilité énorme. Pourquoi ne m'étais-je jamais questionné sur les conséquences éventuelles que cette servitude sexuelle pourrait avoir sur les esclaves des Volturi?
Tu as beau vouloir te racheter, mon vieux, tu ne peux pas effacer l'enfer que ces filles ont vécu ni redonner leur virginité à celles qui l'ont perdue aux mains de ces détraqués avant que tu ne mettes les pieds ici…
Il fallait bien que j'avoue qu'avant l'arrivée de Bella à Volterra le sort des esclaves sexuelles d'Aro m'avait toujours laissé totalement indifférent. Je n'imaginais pas, alors, que ces filles auraient la possibilité d'un avenir meilleur…
Emmett s'éloigna avec les quatre captives pendant que je demeurais immobile dans l'entrée. Pourvu que Bella ait réussi à convaincre Tanya de se faire examiner, et pourvu que cette dernière ne veuille pas me sauter à la figure en m'apercevant. Je la vis finalement apparaître, escortée par Kate et Irina qui la soutenaient fermement; elle semblait dans un état de faiblesse extrême, mais tout de même loin d'être à l'article de la mort. Kate lâcha son bras et retourna précipitamment d'où elle venait sans m'adresser la parole.
Irina ne voulait pas lâcher Tanya elle aussi, de peur sans doute de la voir s'effondrer. « Je pense qu'il vaudrait mieux que tu la prennes dans tes bras, Edward, » commenta-t-elle. « Elle vient juste d'arrêter de vomir et elle tient à peine debout. »
Je m'avançai vers la convalescente. Merde, elle avait le regard perdu dans le vide. Ça n'augurait rien de bon. « Tu peux aller rejoindre les autres, Irina, j'ai la situation sous contrôle, » dis-je en soulevant Tanya dans mes bras.
Irina regagna le dortoir à son tour et je quittai l'enceinte du sérail. Tandis que je marchais en direction de l'escalier qui descendait dans les entrailles du château, je réalisai que le regard de Tanya n'était plus du tout amorphe; la jeune femme m'observait à présent avec une lueur de… de concupiscence, ma foi. Foutu bordel, ne manquait plus que ça!
Je pris une grande inspiration. « Tanya, il faut qu'on se parle… »
Je n'eus pas le temps d'en dire plus parce que l'esclave qui m'avait paru si faible la minute précédente serra ma nuque qu'elle entourait déjà de ses bras et attira prestement mon visage vers le sien. Elle s'empara impétueusement de mes lèvres et commença simultanément à passer une de ses mains dans mes cheveux.
Putain de merde, elle a un sacré culot la Tanya…
Je me demande quelle est cette deuxième partie du plan que Jacob a mentionnée…
Prochain chapitre dans deux semaines.
En passant, est-ce que quelqu'un pourrait me donner des nouvelles d'Edwardienne100? J'aimerais bien savoir pourquoi elle me boude…
Aussi, une lectrice faisait remarquer que la septième n'existe pas en France. Chère amie qui ne m'a pas laissé de lien pm, je suis québécoise et j'ai fait toutes mes études, de la maternelle à l'université, à Montréal. Je n'ai qu'une vague idée du système lycéen tel qu'établi en France…
Un bonjour particulier à erika shoval et un gros merci à Fleur.
Milk
