Et voilà un nouveau drabble... Il n'est pas forcément joyeux mais il me tenait à coeur... J'espère qu'il vous plaira quand même ! Surtout que j'ai failli ne pas pouvoir le poster (vacances en famille avec accès à internet pas facile... horrible !)

Réponse à la review :

manganiark : oui, pauvre Io... et ben pour Noël, j'ai commandé des mangas et des livres... comme tous les ans XD

Merci à tou(te)s pour vos idées de drabbles, je les garde sous le coude !

Bonne lecture !


Sorrento, général de la Sirène Maléfique, aristocrate autrichien, musicien, amateur d'art et marina survivant était en train de se frotter les poignets. C'était un tic chez lui qu'il trainait depuis l'adolescence. Depuis qu'il avait commencé à s'ouvrir les veines en fait. Pour quoi ? Pour diverses raisons. Mais toujours pour appeler au secours. Ses parents absents ou ses amis. Amis qui avaient, pour la plupart, péris durant la bataille contre le Sanctuaire. Il n'arrivait pas à en vouloir aux chevaliers. Ils avaient fait ce qu'il fallait pour sauver la Terre et tutti quanti.

Cependant, ses amis lui manquaient. Tous.

Kasa des Lymnades de l'Antarctique. Véritable psychologue. Fidèle aux amis, traitre aux ennemis. Ancien pickpocket par nécessité qui s'amusait parfois à montrer comment forcer une serrure ou vider les poches de quelqu'un. Bien entendu, il rendait ses trouvailles ensuite.

Io de Scylla du Pacifique Sud. Le frère aîné, le débrouillard. Sa mort avait été la plus douloureuse. Vicente son frère était resté muet d'horreur face au corps sans vie de son frère. Mais Lola… Lola avait hurlé jusqu'à ce que sa voix se brise. Et tous deux avaient pleuré. C'était leur faute si leur aîné était mort. Il voulait les éloigner des combats et avait tenté de faire durer le combat pour leur laisser le temps de fuir.

Baian du Cheval des Mers du Pacifique Nord. Le médecin détestant faire du mal aux gens s'il pouvait l'éviter. Pas son rôle selon lui. Il terminait ses études en médecine quand son écaille l'avait appelé. Trainant toujours des pieds pour venir s'entrainer. Mais bon, il fallait bien le faire…

Isaak du Kraken de l'Atlantique Nord. Le rat de bibliothèque, le taciturne. Leur cadet mais le plus fort de tous après Kanon. Il frigorifiait ceux qui le dérangeaient dans sa lecture mais il parlait volontiers de la Sibérie et de son mentor. Dans ces moments-là, il oubliait d'être froid et distant comme le faisait son maitre…

Kanon du Dragon des Mers de l'Atlantique Nord. L'ami, le mentor. Ses actes ignobles formaient le respect. Manipuler un dieu… Désormais tous comprenaient son rictus à l'annonce de la bataille. Il savait que ses amis allaient mourir et qu'il ne pouvait plus faire demi-tour. Le monde dont il rêvait, il serait sans doute le seul à pouvoir le voir.

Krishna du Chrysaor de l'océan Indien. L'artiste, le solitaire. Sans sa lance il ne valait pas grand-chose au combat. Tout le monde le savait. Tout le monde pensait qu'elle était indestructible. Personne n'avait prévu de plan de secours si on la cassait.

Sorrento frottait toujours ses poignets. Six cicatrices les barraient. Six amis perdus.

Oh ! Kanon était toujours en vie. Seulement… Ce n'était plus un marina. Il était revenu voir Sorrento, prendre de ses nouvelles, l'engueuler un bon coup pour s'être ouvert les veines, l'avait trainé aux urgences en lui faisant la morale (tout en reconnaissant être mal placé pour le faire) puis l'avait aidé à laver le sang. Ensuite… Athéna l'avait appelé et il était parti. En promettant de donner des nouvelles.

Et puis il y avait eu la guerre contre Hadès. Les marinas survivants s'étaient contentés du rôle de spectateurs pendant que d'autres se battaient. Ce n'était pas leur guerre. Ce n'était plus leur guerre.

Sorrento avait été l'unique témoin du réveil temporaire de leur dieu. Depuis, Hadès avait perdu, de nombreux mois étaient passés et voilà que Poséidon se manifestait de nouveau. Va au Sanctuaire sous-marin qu'il disait. Au début, le musicien avait cru qu'il s'agissait d'une blague. Le Sanctuaire sous-marin était noyé sous les eaux, les piliers avaient été détruits… Et ben non. Tout était comme neuf, comme si rien ne s'était passé.

Les cicatrices aux poignets de Sorrento, elles, n'avaient pas disparu. Au contraire, elles s'étaient mises à le démanger à le rendre fou et plus il grattait, pire c'était. Il avait déjà fait sauter deux points de suture et les autres commençaient à lâcher. Par chance, les blessures étaient assez cicatrisées pour ne pas se rouvrir.

Et puis voilà qu'on le faisait attendre dans le salon qui servait à accueillir les invités. Quand il y en avait. Tout était fait pour impressionner les gens. Des beaux meubles, des beaux tableaux, des beaux bibelots… Sorrento aurait donné tout ça et plus encore si ça lui avait rendu ses amis.

-Sorrento.

Il fit presque un bond au plafond quand Poséidon entra dans la pièce. C'était lui, c'était bien le dieu qui avait envoyé les armures d'ors aux chevaliers de bronze pendant la bataille contre Hadès. Physiquement, c'était Julian Solo. Mais en plus charismatique, il se dégageait de lui quelque chose de… divin. Le flûtiste s'agenouilla immédiatement, un réflexe. Il se releva sur un signe de son dieu (dans tous les sens du terme) puis le suivit jusqu'à l'infirmerie. Le domaine de Baian qu'on l'appelait.

A l'intérieur, six lits, vides mais pas faits. Et dans cette même pièce… Six personnes qui semblaient déboussolées. Pendant un instant, il ne comprit pas. Puis son cerveau reçu les informations que ses yeux lui envoyaient et les comprenait.

Kanon, à genoux, tête contre le sol qui se fondait en excuses devant cinq personnes. Io mort de rire qui lui demandait s'il avait besoin d'aide pour se relever. Baian qui regardait ses mains, l'air de ne pas croire ce qu'il voyait. Isaak qui tâtait sa cicatrice, une expression d'incrédulité unique sur son visage d'habitude inexpressif. Krishna qui regardait Kanon avec des yeux ronds. Kasa qui faisait mine de vouloir mettre son pied sur la tête de Kanon pour faire semblant de ne pas vouloir lui accorder son pardon.

-Ich träume, murmura Sorrento.

Six regards se braquèrent sur lui. Io fut le premier à lui sauter dessus, dans tous les sens du terme et manqua de l'étouffer dans son étreinte. Suivi par Baian qui le serra brièvement dans ses bras, Kasa qui lui donna l'accolade, un immense sourire aux lèvres, Isaak qui prenait un air « ouais ben ça va, ce genre de choses arrive vous croyez quoi ? » qui ne trompait personne, Krishna avec les larmes aux yeux, Kanon qui souriait comme un imbécile… Ils étaient là, vivants, en pleine forme…

-J'y crois pas, répétait Sorrento en les regardant tous, l'un après l'autre.

Mais n'étaient-ils pas censés être morts ? Tous ? Et enterrés ?

-C'te blague, lâcha Baian avec un sourire qui semblait partager son incertitude.

Ca y est, il rêvait. Il était devenu fou. Ses amis ne pouvaient pas être là vu qu'ils étaient morts. Et pourtant… Ou alors il était mort, lui aussi.

-Arrête de faire cette tête de poisson hors de l'eau, lâcha Io en agitant un doigt sérieux sous son nez. Pour un marina c'est pas classe. On est là, tu n'hallucines pas. Même si on n'arrive toujours pas à se faire à l'idée d'être de nouveau en vie. Hein toubib ?

Baian marmonna quelque chose qui parut être du français à Sorrento. Sans doute des insultes à l'encontre d'un chilien crétin. C'était même fort probable.

-Bon on s'en fout, trancha Io qui n'avait toujours pas sa langue dans sa poche. Hé So', t'as oublié un truc ! Qu'est-ce qu'on dit aux gens qu'on connait quand ils reviennent après une longue absence ?

Sorrento dû déglutir et s'y reprendre à trois fois avant de réussir à bafouiller, pendant que les larmes coulaient :

-Bon retour à la maison les gars.


Ich träume = je rêve en allemand (c'est ce qu'on m'a dit, vu que je ne parle pas un mot d'allemand, on va dire que c'est ça)


J'avais dit que c'était pas forcément joyeux... Mais ça me tenait à coeur... J'espère quand même que la fin vous aura plu ! Et joyeux Noël !