Chapitre où on voit moins Paul et Bella, je vais avancer les choses pour les autres, mais ne vous inquiétez pas, ils reviennent dans le prochain!

Toujours merci pour vos encouragement de tous ordres.^^

Bonne lecture.

Biz à toutes


- Alors Bella, je suppose que tu vas rester à Forks maintenant ?

- Il semblerait que oui. Je repartirai plus tard et j'emmènerai Paul, pour lui faire visiter les coins que j'ai aimés.

- Faudra que tu nous conseilles aussi Bella. Dit soudain Sam.

- Bien sur, dites moi ce que vous aimez et ce que vous attendez de ce voyage.

- Oh, ce serait pour un voyage de noce... Répondit-il en enlaçant Leah dont les yeux brillaient.


Assise devant mon bol de café, je souriais aux anges à vrai dire, j'aurais aimé que Paul soit là et qu'il partage ma joie. Mais il était au poste, et en fait, il devait être content d'échapper pendant quelques heures à mes cris limite hystériques.

- Leah et Sam vont se marier ! Tu te rends compte, ils vont se marier ! C'est génial, je suis tellement contente pour eux…

Après le départ de nos invités, je l'avais répété un nombre de fois incalculable, apparemment trop pour Paul qui, agacé, avait fini par grogner, en enfonçant sa tête dans l'oreiller.

- Je te rappelle que j'étais là moi aussi ! Dis, tu ne voudrais pas dormir ?

- Je ne vais pas y arriver, je suis trop excitée !

- Excitée… ? Mais ça change tout… et à vrai dire je préfère ça…

Il s'était retourné et avait glissé sa main sous mon tee-shirt, à la conquête de ma peau. J'avais grogné que je ne parlais pas de ce genre d'excitation, mais il m'avait fait taire d'un baiser. Et je m'étais abandonnée, victime consentante de ses caresses grisantes. Il avait su rapidement enflammer mes sens et j'avais oublié le mariage prochain de Leah et Sam, en me frottant contre lui, en provoquant son désir de mes mains avides de sa peau. Nos corps épuisés par le manque de sommeil s'étaient consumés très vite dans un plaisir toujours aussi intense.

Peu après je m'étais endormie dans ses bras, non sans lui avoir reproché d'user de manière illégale de son pouvoir sur mon corps. Il avait sombré dans les bras de Morphée, son sourire moqueur plaqué aux lèvres.

Et ce matin, je repensais aux larmes émus de Sue, au sourire éclatant de Billy, à celui plus discret mais tout aussi sincère de Charlie et aux cris d'incrédulité de Quil face à la nouvelle. Leah affichait un visage radieux et serein, elle semblait sur une autre planète. Je n'aurais jamais pensé que l'idée d'épouser Sam puisse la transformer à ce point, elle était restée d'un calme olympien alors je sautais dans ses bras.

- Je ne m'attendais pas à ça ! Félicitations à tous les deux. Vous avez fixé une date ?

- Oui, le premier week-end de septembre.

- Mais c'est dans à peine plus de deux mois… c'est vachement rapide, dis donc.

- Pourquoi attendre ? Avait répondu Sam en la regardant tendrement.

- Tu… enfin… vous… avez une raison d'aller aussi vite ? demanda Sue.

J'avais regardé, légèrement perplexe à mon tour, le jeune couple qui visiblement ne saisissait pas le sens caché de la question. Puis le regard de Leah s'illumina et elle pouffa.

- Non maman, je ne suis pas enceinte… enfin pas que je sache… Rajouta-t-elle en rosissant.

- Mais si c'était le cas, ce ne serait pas un problème, au contraire… Annonça doucement Sam, ce qui acheva la coloration du visage de sa fiancée.

J'avais noté que Paul était resté calme face à la nouvelle, il n'avait pas eu l'air surpris, comme s'il était déjà au courant.

- Tu le savais ! Je suis sure que tu le savais déjà ! Et tu ne m'as rien dit ! L'accusai-je alors qu'il m'avait suivie dans la cuisine pour m'aider à rapporter le dessert et le champagne.

- Je te jure que je ne savais rien avant qu'ils arrivent tout à l'heure. Se défendit-il en sortant du réfrigérateur la bouteille que les futurs mariés avaient apportée.

- Sam te l'a dit quand ? Accusai-je.

- Sam ne m'a rien dit… mais j'ai remarqué la jolie bague au doigt de Leah, elle ne l'avait pas quand on a mangé chez eux, et elle n'arrête pas de la tourner et de l'admirer, donc j'en ai conclu que c'était une bague de fiançailles…

- C'est ton boulot de flic qui te rend aussi observateur ? Questionnai-je, amusée.

- Peut être… ou l'inverse. Ma mère disait que toujours que je remarquai les choses que les autres ne voyaient pas, même quand on leur mettait sous les yeux.

Je lui avais volé un baiser en passant avec la tarte aux pommes entre les mains.

- Je reconnais que ne t'as pas les yeux dans ta poche... Faudra que je me méfie...

Il avait grimacé et murmuré en m'emboîtant le pas.

- Et pourquoi ça ? T'as des choses à cacher ?

J'avais haussé les épaules et la discussion s'était arrêtée là. J'avais passé le reste de la soirée à poser des tas de questions à Leah sur l'organisation de son mariage, Sue prenant le relais quand je manquais d'inspiration. Les hommes de leur côté commentaient les actualités nationales et les faits divers locaux. Je sortis de ma rêverie et filai me préparer, je devais retrouver Billy dans moins d'une demi-heure et j'étais encore en tee-shirt.

En arrivant devant la petite maison des Black, je n'eus pas le temps de couper le moteur, Billy m'attendait sur le perron, le regard réprobateur.

- Je suis désolée, je ne suis levée un peu tard. Tentai-je de m'excuser.

Il me lança un peu sourire crispé.

- Je ne t'en veux pas, ce qui m'énerve, c'est de ne pas être autonome. C'est tellement frustrant de ne pas pouvoir se déplacer où on veut, quand on veut. Et ça me rend agressif, j'essaie de le cacher les gens qui m'aident n'ont pas à subir mes états d'âme.

- C'est bien la première fois depuis qu'on se connaît que je t'entends te plaindre d'être dans un fauteuil…

- Ça ne sert à rien de s'apitoyer sur son sort. En général, je le vis assez bien, mais aujourd'hui… ce n'est pas pareil.

- Tu es un peu nerveux ? Demandai, légèrement amusée.

- Complètement stressé tu veux dire ! Mais surtout, ça me gêne un peu de t'imposer ça…

- Tu ne m'imposes rien, Elisabeth et toi, je vous aime beaucoup tous les deux alors je suis heureuse de t'accompagner chez elle.

- Je t'en remercie, mais… j'aurais préféré y aller tout seul... enfin tu comprends ce que je veux dire... je voudrais ne pas avoir besoin de toi...

Sa nervosité grandissante me contaminait et je tournai la tête vers lui, donnant ainsi un coup de volant imprévu qui faillit nous envoyer dans le décor.

- Oups ! Je dois rester concentrée sur ce que je fais. Grommelai-je pour moi-même.

- Bella, j'aimerais bien que tu ne parles pas de cette rencontre autour de toi. Jeta-t-il sans prêter attention à ma conduite désastreuse.

Je réfléchis à toute vitesse, je n'avais encore parlé à personne de son souhait de revoir Elisabeth, même pas à Paul. Heureusement.

- Bien, je garderai le silence. Énonçai-je en espérant que Paul ne me poserait pas de question sur mon emploi du temps de la matinée.

- Merci Bella. Je crains un peu les réactions de certaines personnes...

- Comme Sue et la mère d'Embry par exemple...

- Oui mais pas qu'elles.

Il pensait sûrement à Rachel et à tous ceux qui pourraient la prévenir de ce qu'elle considérerait comme une trahison de la part de son père. Je me garai devant la villa Masen en soupirant, Billy posa sa main sur la mienne et rajouta.

- Je ne te demande pas de mentir pour moi, simplement de rester discrète, d'accord ?

Je hochai la tête sans répondre, trop occupée à regarder Elisabeh devant sa porte, elle se tordait les doigts de manière convulsive, les traits crispés, elle n'osait pas bouger, mais ses yeux brillaient comme jamais.

Quand nous fumes à l'intérieur, ils ne s'étaient pas encore adressés la parole, seuls leurs regards communiquaient intensément. Je me sentais vraiment en trop, ils seraient mieux en tête-à-tête, mais je ne voyais pas quelle excuse inventer pour me sauver. Mon ange gardien m'entendit et mon téléphone vibra, je m'enfuis dans le jardin à toute vitesse.

- Bonjour Bella.

- Salut papa, comment vas-tu ? Questionnai-je avec un entrain forcé, j'étais nerveuse et je ne comprenais pas pourquoi.

- Heu… bien depuis hier soir. Ricana-t-il.

- Oui, c'est vrai ! T'es bien rentré ?

- Ben oui, c'est pas le bout du monde non plus… mais toi, t'es sûre que ça va ? T'as l'air bizarre…

Il fallait que je trouve très vite une raison plausible à mon comportement étrange, n'oublions pas que je parlai à mon père, flic de surcroît !

- Je suis encore sous le coup de la nouvelle du mariage de Leah et Sam, ça doit être ça.

- Ben dis donc, qu'est ce que ce sera le jour où Paul va te demander de l'épouser ! S'esclaffa-t-il.

Un grognement roula dans ma gorge, si mon père s'y mettait aussi, ça n'allait pas le faire !

- Mais je t'appelle pas pour ça, tu as reçu du courrier. Je dois retourner au poste, tu veux que je le donne à Paul ou tu passes le chercher ?

- Donne-le à Paul. Répondis-je sans hésiter, je n'avais rien à cacher et il serait content que je lui fasse confiance.

Nous raccrochâmes peu après, nous n'avions rien d'autre de nouveau à nous raconter et Charlie n'avait pas l'habitude de papoter pour ne rien dire. Je me dandinai en te demandant quoi faire, je n'osais pas retourner dans la maison et je n'allais pas rester là à attendre sans rien faire. Pour la deuxième fois, je fus sauvée de mon embarras par le téléphone.

- Ah quand même tu décroches ! Jamais tu écoutes tes messages ! Hurla la voix irascible de Rosalie.

Oups, elle m'avait laissé cinq messages que j'avais écoutés d'une oreille distraite, l'esprit parasité par toutes ces autres choses.

- Salut Rose, désolée, j'ai été un peu occupée, j'allais te rappeler. Mentis-je avec aplomb.

- Mouais, on va dire que je te crois ! Bon alors tu viens avec moi ou pas ?

Elle m'avait demandé de l'accompagner à Port Angeles pour rencontrer Esmée et son petit garçon, j'avais bien envie d'aller avec elle, mais ça voulait dire ne pas passer l'après-midi avec Paul, et j'hésitai. Elle soupira dans mon oreille.

- Bon alors Bella, c'est quoi le problème ?

- Ben Paul ne travaille pas cet après-midi et je …

- Quoi ? Tu ne vas pas me dire que tu es libre uniquement quand monsieur travaille ? T'es pas accro à ce point, si ?

- Ben… heu… je crois que si. Bafouillai-je en rougissant, ce qu'elle ne saurait pas.

- C'est pas vrai ! T'es vraiment amoureuse alors ! Bon, ça veut pas dire non plus que tu ne dois plus voir tes copines ! Je savais bien que ce mec était pire qu'un homme de Neandertal ! Finit-il en marmonnant entre ses dents.

- Mais il n'a rien dit, c'est moi qui aie envie de passer du temps avec lui.

Je défendais Paul, bec et ongles, pas question de la laisser croire qu'il m'imposait quoique ce soit, il n'était pas comme ça.

- Ben alors, y'a pas de problème, tu viens avec moi ! Tu le verras ce soir. Décida-t-elle.

- Je ne sais pas, faut que je vois avec lui, s'il n'a pas prévu autre chose.

- Bah, il sera peut être content lui aussi de faire un truc sans toi, en dehors du boulot. Il a bien des copains ou une activité non ? Regarder la télé, c'est sympa aussi…

- Rosalie ! Arrête de dire du mal de mon mec ou je ne viens pas avec toi ! Sifflai-je.

Elle éclata de rire en criant « Yes »

- Je savais qu'en te titillant, ça allait te faire réagir. Bon je passe te prendre à 2h, tu seras prête ?

- Heu… je ne suis pas chez mon père et j'ai un truc à faire avant. Écoute c'est moi qui passe chez toi, je t'envoie un SMS quand je pars de la Push.

Elle céda de bonne grâce, trop heureuse que j'ai capitulé aussi facilement. Tout à coup elle rajouta en rigolant.

- Hé Bella… J'ai traité Lahote de Neandertal pour t'embêter, tu sais. Par contre faudra que tu me racontes tout, d pour que je comprenne ce que tu lui trouves ! Se contredit-elle.

- Hé ! Est ce que je te demande pourquoi tu es toujours avec Emmett, moi ? Non, alors respecte mon choix !

Cette conversation commençait à me déplaire fortement et je n'étais pas certaine de supporter ce genre de remarques tout l'après-midi, le trajet jusqu'à Port Angeles risquait d'être long, très long.

- Houla ! On se calme ! Écoute, pour te prouver que je n'ai rien contre lui, je vous invite tous les deux ce soir à la maison, t'es partante ?

- Si c'est pour lui envoyer des vannes toute la soirée, non merci Rose.

- Promis, je serais sage comme une image, et Emmett aussi. Allez… ça nous permettra de faire vraiment connaissance avec un quileute, il serait peut être temps, tu crois pas ?

Elle avait raison, après tout, j'avais toujours souhaité qu'ils oublient leurs différences et se décident à s'apprécier, ou éventuellement se détester mais pour des raisons valables pas à cause de leurs origines.

- Ok pour moi, je vois avec Paul et je te rappelle.

- Tu me diras ça quand tu passeras me chercher, j'enverrai Emmett commander des plats chez le traiteur, j'aurai pas le temps de cuisiner de toute façon. A tout à l'heure.

Le portable toujours collé à l'oreille, je composai le numéro de Paul qui répondit avant la fin de la première sonnerie.

- Salut jolie demoiselle. Que me vaut l'honneur cet appel ? Je te manque ? Tu sais que je rentre dans une petite heure ? Dit-il d'une traite, sans respirer.

- Waouh, t'es à fond ! Alors pour répondre à toutes tes questions, oui tu me manques, oui, je sais que tu rentres dans une heure et c'est pour cela que je t'appelle. Je pars à Port Angeles avec Rosalie et ce soir on est invité à manger chez elle avec Emmett.

J'avais tout balancé moi aussi d'un seul coup et inconsciemment je rentrai la tête dans les épaules, comme s'il allait hurler ou m'engueuler.

- Oh.

Ce fut sa seule réaction et j'attendais la suite, mais rien ne venait, je commençais à penser qu'il avait raccroché, mais sa respiration me parvenait, un peu hachée comme s'il venait de piquer un sprint.

- Juste Oh ? Pas de question ? Pas de hurlement ? Questionnai-je en essayant de rendre mon ton plus joyeux que mon état d'esprit.

- Pardon… Que veux tu que je dise ? Je ne suis pas sûr d'avoir compris ce que tu as dit.

- Tu as très bien compris, on est invité, ce soir, nous... tous les deux... toi et moi...à manger chez Rosalie Hale avec son copain Emmett McCarty.

- C'est bien ce que je craignais. Murmura-t-il.

- Tu ne veux pas y aller ? T'as le droit de refuser… mais

- Tu voudrais que j'aille avec toi… Finit-il ma phrase à ma place.

- Ben oui, mais je ne t'oblige à rien, tu es libre de faire comme tu veux.

Il ricana et je n'aimai pas ce son grinçant. Je pris une grande respiration pour calmer la colère qui pointait son nez, classique et étonnant même qu'on ait réussi à passer plus de 24 heures sans s'engueuler.

- On ne va pas se prendre la tête au téléphone. Je vais à Port Angeles avec Rosalie et on se retrouve chez toi à mon retour. On décidera à ce moment ok ?

- Comme tu veux...

Et il coupa, sans un mot de plus, sans un baiser. Je rangeai le cellulaire, furieuse de la tournure des événements. Je me dirigeai vers la maison et je m'avachis lourdement sur une chaise en rotin qui craqua mécontente de mon assaut. Et je regrettai de m'être approchée de la fenêtre ouverte, je devenais indiscrète et je n'osai pas bouger de peur de les déranger.

- ...Edward n'en sait rien et je ne veux pas qu'il le sache. Il souffre déjà de ne pas pouvoir être à côté de moi, tu sais, il a beaucoup mûri. Mais ça ne change rien au passé, et je ne veux pas que tu te crois obligé de faire quoique ce soit... contre ta volonté.

Billy poussa une sorte de rire étouffé et répondit d'une voix douce.

- Beth, tu sais très bien que je n'ai jamais rien fait contre ma volonté et je ne vais pas commencer aujourd'hui... mais j'ai très envie de faire quelque chose pour toi. Tu as besoin de ton fils, alors je vais donner mon accord...

La mère d'Edward émit un hoquet incrédule avant de de mettre à sangloter doucement. Billy continua.

- Je ne le fais pas pour lui, je ne peux pas lui pardonner, c'est au dessus de mes forces. Mais si c'est la dernière chose que je peux faire pour toi, alors ça en vaut la peine. Ce n'est pas parce que j'ai perdu mes trois enfants que je dois t'infliger la même souffrance. Tu as besoin de lui.

- Merci, ô Billy... mais tu es certain ? Je ne sais pas quoi dire à part merci.

- Ne me remercie pas, tu sais que mon avis n'a qu'un rôle consultatif, ce sont les rouages de la justice qui feront le reste. Comme me l'a rappelé l'avocat de ton fils, même si je refuse, il peut être libéré, mais si j'accepte, ça n'assure pas sa sortie en conditionnelle, tu en es consciente ?

- L'avocat de mon fils ? Comment ça se fait que tu lui ais parlé ?

- J'ai reçu un courrier de sa part où il plaidait la cause de son client. Je ne voulais pas y répondre, pas plus que les autres années, mais c'était avant que Bella me montre la lettre de... enfin qui parlait de ta maladie. Alors j'ai téléphoné à l'avocat pour savoir si je devais me présenter au cas où je donnerais un avis positif.

Je plaquai ma main sur ma bouche pour retenir un gémissement, je ne pouvais pas imaginer Billy face à Edward, surtout dans ses circonstances.

- Tu ne peux pas faire ça, même pour moi... Geignit Elisabeth en accord avec moi.

- Je n'aurai pas à le faire, un courrier de ma part suffira. Et j'espère, sincèrement qu'il sera libre et que tu pourras profiter de lui. Et que je n'entendrai plus jamais parlé de lui. Ajouta-t-il dans un murmure, comme s'il demandait pardon à Elisabeth pour ces propos.

- On s'installera ailleurs et jamais on ne t'importunera. Je te le promets. Tu me crois ?

- Oui, je sais que tu ne feras rien pour me faire souffrir volontairement.

Il y eut un blanc puis la voix basse de l'indien reprit, hésitante et tellement basse que je crus avoir mal compris.

- Tu sais combien de temps...

- Les médecins me donnent au maximum un an dans le meilleur des cas. Je vais tout faire pour tenir le coup jusqu'à ce qu'il soit dehors, j'aimerais qu'il soit près de moi à ce moment. Il est tout ce qui me reste... Pardon Billy, pardon.

Et elle recommença à sangloter tandis qu'il lui murmurait qu'elle n'était en rien responsable de tout cela, qu'il comprenait ce qu'elle ressentait. Et moi, je me demandai pourquoi elle disait qu'elle n'avait qu'un an devant elle, ce n'était pas ce qu'elle m'avait révélé. Pourquoi m'avait-elle menti ? Ou alors elle mentait à Billy, mais dans quel but ? Les questions se bousculaient dans ma tête.

- Mais toi, tu ne peux compter sur personne... je me trouve tellement égoïste, et cruelle. Pardonne moi, c'est plus fort que moi, j'ai besoin de mon fils.

- C'est normal. Je ne t'en voudrais jamais pour ça. Et détrompe toi, je ne suis pas seul, il est vrai que mes enfants ne font plus partie de ma vie, la seule qui me reste, vit dans un monde où je n'ai pas accès, mais elle est encore là et qui sait, un jour peut être, elle retrouvera la raison, je ne perds pas espoir...

Je souris, je retrouvai le Billy fort et optimiste que j'avais appris à connaître lors de mes visites ces dernières années.

- … et puis, à la réserve je suis entouré, il y a mes amis du conseil, Charlie et les copains de Jacob, Jared, Embry et Angela, Quil et surtout Paul. Il est toujours là pour moi, je le considère un peu comme mon enfant. Et puis maintenant qu'il est avec Bella, je sais qu'ils ne me laisseront pas tout seul. Tu vois, je ne suis pas un vieux loup solitaire, je suis juste un vieil handicapé bien entouré.

Il souriait, je le savais, il disait cela pour la réconforter mais tout était vrai, Billy ne serait jamais seul, tant que nous serions là

- Paul ? Le petit-ami de Rachel ? Celui que je voyais chez toi ?

- Oui celui-là, tu sais, il a fait tout ce qu'il a pu pour ma fille mais leur couple n'a pas résisté à tout ça, peut être même qu'il n'aurait pas résisté de toute manière. Il n'y a pas longtemps qu'il est avec Bella, c'est sûrement pour cela qu'elle ne t'en pas encore parlé.

- Elle m'a dit qu'elle était avec un quileute mais apparemment elle ne voulait me dire qui. Je crois deviner qu'elle ne veut pas qu'Edward le sache, mais pourquoi ? Il serait soulagé de savoir qu'elle est enfin heureuse.

Je serrai les poings à m'enfoncer les ongles dans la paume en attendant la réponse de Billy.

- C'est peut être ça le truc, elle ne veut pas qu'il soit heureux. Je ne sais pas, elle n'en parle pas.

- Je n'arrive pas à croire que Bella puisse souhaiter que mon fils souffre jusqu'à la fin de ses jours. Ça ne lui ressemble pas...

Et pourtant, Billy avait vu juste, Edward ne devait pas savoir que j'avais trouvé le bonheur, je me souvenais de ce qu'il m'avait dit quand il était dans sa cellule à Forks, ses mots étaient gravé en moi « Bella, jure moi qu'un jour tu rencontreras quelqu'un et que tu lui donneras ton amour » Et aujourd'hui je ne voulais pas qu'il le sache, j'étais bien incapable d'en comprendre la raison. Était-ce pour le faire souffrir ou au contraire pour ne pas lui infliger cette peine supplémentaire, je n'en savais absolument rien mais c'était comme ça.

- Tiens en parlant de Bella, où est elle passée ? Demanda Billy.

Je me levai d'un bond, tentai de me coller un visage impassible et passai la tête dans l'encadrement de la porte.

- On me cherche ? Et bien me voilà ! Annonçai-je comme si j'arrivais juste à cet instant.

- On a cru que tu étais repartie à la Push. Dit madame Masen en me souriant.

- Tu ne m'aurais pas abandonné comme ça, hein ? Rigola Billy.

- Bah, Elisabeth ne t'aurait pas mis à la porte... Plaisantai-je.

Ils échangèrent un regard gêné, puis la mère d'Edward nous proposa de manger avec elle. Billy me fixa, attendant mon avis. J'espérais le raccompagner chez lui pour pouvoir rejoindre Rosalie, mais je sentais qu'il préférait rester encore un peu avec la femme qu'il aimait malgré tout.

- Je dois aller à Port Angeles cet après-midi. Je propose que vous restiez tous les deux, vous avez sûrement encore plein de choses à vous dire et je récupère Billy en revenant...

Leurs yeux brillaient et répondirent à leur place, mon offre leur convenait. Alors je les embrassai et filai retrouver mon amie blonde.

Emmett s'étirait devant la grande maison, son tee-shirt trempé de sueur, collait à sa peau, je reluquai ses muscles impressionnants qui se gonflaient sous les mouvements souples. C'était vraiment un beau mec, le petit ourson de Rosalie.

- Quand t'auras fini de mater mon homme, tu bougeras de ta caisse. Hurla la blonde qui sortit de la maison en ricanant férocement.

Prise en flag, je ne pouvais rien dire pour ma défense, je me contentai de rire bêtement en espérant ne pas être trop rouge. Emmett voulut me prendre dans ses bras, mais je reculai.

- Ne me touche pas, primo tu pues et tu es trempé ! Et deuzio, ta meuf va me sauter dessus.

- C'est sur ! Alors Bella, t'es en manque ? Ton Paul n'assure pas ? Siffla-t-elle en me serrant contre elle.

Cette fois, j'étais sure d'être rouge pivoine, Emmett se marrait comme un idiot en s'essuyant avec la serviette que Rose lui avait lancée.

- Paul est parfait ! Grognai-je en repoussant celle qui se prétendait mon amie.

- Tu dis ça, mais c'est parce que tu m'as pas essayé ! Affirma le pompier.

- Pas besoin de t'essayer, je sais ce que je dis. Et puis t'es trop blanc, trop grand, trop baraqué pour moi, je...

- Bref, je suis trop ! Ça me plaît bien d'être trop !

Il rentra en se marrant toujours. Rosalie leva les yeux au ciel et m'entraîna derrière lui.

- Bon alors, c'est ok pour ce soir ?

- J'en sais rien, je lui ai laissé un message. Mentis-je.

- Bon on va faire comme s'il était d'accord. Emmett ! Tu t'occupes du repas de ce soir pour 4 ! Hurla-t-elle à celui qui était sous la douche.

Il poussa un cri qui pouvait passer pour un assentiment et je suivis Rose dans sa voiture parce qu'elle refusait de mettre ses précieuses fesses dans mon tas de boue, c'était elle qui le disait pas moi. Elle démarra comme une dingue, je crus même que la voiture allait se cabrer et avancer sur les roues arrières ! Je retins mon souffle et m'accrochai au siège en priant pour qu'on arrive à bon port sans provoquer d'accident. Quand nous eûmes rejoints la 4voies, Rose ralentit et tourna rapidement la tête vers moi.

- Alors c'est Lahote que tu as choisi finalement... Après tout ça, j'aurais jamais cru que tu finirais avec un mec de la région... Bon je dois avouer que je ne pensais pas que tu reviendrais à Forks, je me suis bien plantée. Maintenant tu me racontes tout, depuis ton départ du club l'autre soir.

Je rigolai et accédai à sa demande. Tout le trajet se déroula comme ça, je lui expliquai ce qui s'était passé entre Paul et moi depuis mon retour. Elle posa peu de questions, me laissant dire ce que j'avais envie et comme je le souhaitais. Quand elle se gara dans une petite rue aux bâtiments vétustes, j'étais en train de parler de Rachel et de son message sur le répondeur.

- C'est pour elle que tu voulais le numéro de James... là aussi, j'aurais dû le savoir. Je suis vraiment pas très perspicace !

Je souris, elle avait raison, Rosalie ne savait pas lire entre les lignes, elle ne faisait pas de rapprochement entre les événements, non pas qu'elle soit idiote, loin de là, mais elle aimait que les choses soient dites clairement. Les allusions, trop peu pour elle et c'était sûrement pour cela qu'elle aimait Emmett, il disait toujours ce qui lui passait par la tête et ne cherchait pas à faire passer des messages autres que ce qu'il disait.

- Je comprends mieux pourquoi vous vous êtes battues au club. Combat de poules pour le coq ! S'esclaffa-t-elle.

- C'est un peu plus compliqué que ça... n'oublie pas que c'est la sœur de Jacob.

- Tss tss... Cherche pas à m'embrouiller ! Même si elle est plus avec Lahote, elle veut le garder pour elle, pour qu'il soit toujours là à répondre à ses appels au secours... elle a un sacré sens de la propriété et c'est pas d'hier... déjà au lycée, elle était comme ça.

Nous étions devant la porte d'un appartement quand elle ajouta.

- En tout cas, je dois dire que j'apprécie un peu plus ton Paul, je ne le pensais pas capable de faire tout ça, je crois qu'il mérite que je revoie mon jugement sur lui.

J'embrassai sa joue et elle me repoussa en grognant qu'elle n'aimait pas le sentimentalisme. Esmée ouvrit la porte, le sourire qu'elle amorça en voyant la jolie blonde se fana quand elle découvrit ma présence. Elle n'avait pas tellement changé, si ce n'était les cernes qui mangeaient son visage. Ses cheveux coupés courts lui donnaient un air plus mature.

- Bella Swan. Murmura-t-elle.

- Salut Esmée. Allez, pousse toi et laisse nous entrer. Grommela Rosalie en forçant le passage.

- Rose ! Pourquoi... ?

- Parce qu'au moins avec elle, tu ne pourras pas me dire qu'elle va prendre la défense de Carlisle ou au contraire en dire du mal, Bella ne vous aimait pas donc elle ne va pas réagir par rapport au passé. Et puis, j'ai décidé que tu devais sortir de ton isolement et Bella est là pour m'aider à te convaincre.

Je ne voyais pas bien ce que Rosalie espérait de cette rencontre, mais j'avais promis de tout faire pour qu'Esmée accepte son idée de créer un salon de beauté avec coiffeuse et esthéticienne dans les mêmes locaux, et je le ferai. Un petit garçon arriva en courant et se jeta dans les bras de Rosalie.

- 'jour Rosie !

- Bonjour bonhomme. Hé, je vois que tu as ton tee-shirt Flash MacQueen ! C'est toujours ton héros ?

- Vi, c'est le plus fort !

Puis il remarqua ma présence et fronça les sourcils.

- T'es une copine à ma maman, comme Rosie ?

- J'étais aussi au lycée avec ta maman, comme Rosalie. Je m'appelle Bella et toi ?

- Jordan. Dis tu veux bien regarder Cars avec moi ? Maman elle dort quand on le regarde et Rosie, elle parle tout le temps. Dit-il avec l'innocence propre aux enfants.

- Je veux bien, si tu es d'accord pour que je ne le regarde pas en entier, je dois parler avec Rose et ta maman.

- D'accord, tu viens ?

Il prit ma main et m'emmena devant la télé. Comme tout était simple quand on était un enfant, pourquoi en grandissant les relations avec les autres devenaient si compliquées ? Il alluma le lecteur DVD et le dessin animé commença, je regardai les aventures de Flash et son ami Mack le camion sans vraiment m'y intéresser, j'écoutai la conversation entre les deux filles derrière moi. Esmée ne semblait pas enchantée par l'idée de Rosalie et la blonde commençait à perdre patience. Je demandai au blond garçon blond comme son père si je pouvais le laisser pour aller discuter avec sa maman, il hocha la tête sans me regarder, captiver par les images de son héros.

J'arrivai à mettre mon grain de sel dans leur face à face et Esmée promit de venir à Forks pour voir les locaux que Rose avait trouvés. Elle me raconta sa vie avec Jordan et me posa quelques questions timides sur la mienne depuis mon départ.

- Pourquoi tu ne nous aimais pas ? Lâcha-t-elle soudain.


Bon je coupe là, la suite est écrite en partie, mais ça ferait un chapitre bien trop long, alors vous devrez attendre vendredi prochain... Bizzz