Trois mois sans poster c'est tout simplement un manque de respect de ma part. Je m'en excuse platement, j'ai eu un été occupé par un stage à l'étranger mais aucune raison valable pour vous avoir lâché aussi longtemps.
Pour ceux qui sont toujours là, voilà un chapitre bien plus long que les autres - c'est le moins que je pouvais faire. Comptez sur ma régularité future. Pas toutes les semaines, je suis en M2 et je ne peux pas, mais plus jamais autant de délai. Promis.
En attendant, voilà Lunacy et Loki de retour.
Après plusieurs heures de vol et un changement sur le tarmac de Sydney, l'avion en direction d'Alice Springs se posa sur la piste brûlante de la ville du Territoire du Nord. Quand le flux des passagers se dirigea en direction de la douane, Lunacy fit signe à Loki de la suivre. Elle le vit serrer les poings à l'idée de la laisser encore décider, mais il devait se faire une raison : elle connaissait la planète sur laquelle ils se trouvaient mille fois mieux que lui, et il n'avait aucune raison de se plaindre de son guide, qui ne rechignait pas à l'aider dans sa quête destructrice. Il la suivit à l'écart de la foule et déverrouilla une porte avant qu'elle n'ait le temps de sortir de quoi la forcer. Elle lui lança un sourire auquel il ne répondit pas et tous deux s'engagèrent dans un dédale de couloirs. Il la laissa saluer un agent comme si elle faisait partie du service, et ils continuèrent leur course jusqu'à ce qu'elle pousse une porte et qu'ils ne se retrouvent à l'extérieur. Il fit semblant de ne pas remarquer le regard victorieux qu'elle lui jeta. D'un geste, elle enleva le pull gris qu'elle arborait. Autour d'eux, des dizaines de touristes, eux aussi surpris par la chaleur soudaine, badaient et s'organisaient pour prendre les bus de découverte qui les amèneraient vers le reste du désertique « outback ». La jeune femme ravala son sourire et se dirigea vers un parking en traversant l'attroupement.
« Vous feriez bien de piquer une voiture pour qu'on ne s'attarde pas ici. » la,ça-t-elle en attrapant nonchalamment un sac à dos qui ne lui appartenait pas sur un porte-bagage. Loki, silencieux et visiblement concentré, désigna une voiture du menton et quelques minutes plus tard, tous deux quittaient l'aéroport de Santa Teresa. Lunacy régla le GPS de la voiture sur Hugh, la ville la plus proche, et le dieu à côté d'elle entra en transe. Elle roula presque une heure qui en parut mille sur Stuart Highway et ils passèrent la jonction de Hugh.
Connue comme une jonction très importante du Territoire du Nord, la jonction se matérialisait simplement avec un panneau rouillé par le sable et le temps : Uluru était annoncé à 460 km. Cinq heures de traversée dans un désert sec, aride et immense. A perte de vue, il n'y avait que poussière. Quelques rochers traînaient sur les bords d'une route mal définie. Tous les cinquante kilomètres environ, des panneaux faisaient office de signes de civilisation. Les yeux de Lunacy lui piquèrent et elle commença à conduire par automatisme. Le paysage, bien qu'à couper le souffle, était monotone et passablement inquiétant. Le gros SUV volé par Loki passa à toute vitesse devant un parking de caravane et Lunacy ne fut pas surprise de constater qu'il n'y avait que deux carcasses, abandonnées depuis des années. Ils coupèrent ensuite une rivière asséchées, et elle n'arriva pas à décider si elle avait rêvé ou non la vision de deux aborigènes courant dans le sable, lances à la main. Pendant deux heures, le voyage se déroula sur ce rythme traînant.
Quand ils arrivèrent près d'un complexe de motel annoncé comme Erlunda, ils quittèrent Stuart Highway pour continuer vers l'Ouest, sur Lasseter Highway. Elle aperçut enfin Uluru. L'étendue désertique était si vaste que le Mont pouvait aussi bien se trouver à quelques centaines de mètres qu'à des milliers de kilomètres. Chaleur et sable faussaient sa perception des perspectives, et Lunacy en eut le vertige.
A ses côtés, Loki avait toujours les yeux fermés. Il semblait apaisé, comme si son esprit avait quitté son corps pour le laisser enfin en paix. Il était probablement auprès des Caeliferis. Certainement en train de redéfinir les termes d'un contrat qui avait été violé quand les extraterrestres les avaient attaqués en Amazonie. Sur plusieurs kilomètres, Lunacy conduit en regardant tour à tour la route et le visage fascinant de Loki. Il s'était montré plus taciturne qu'à son habitude depuis qu'ils avaient la dernière Pierre. Plus grave. Elle ne saisissait probablement pas la portée de l'invasion, mais elle regrettait presque qu'il ne l'insulte pas plus fréquemment. Elle avait l'impression de voyager seule depuis qu'ils s'étaient téléportés dans l'avion pour l'Australie.
D'un seul coup, elle fut sortie de ses réflexions pas ce qui semblait être un troupeau d'animaux immenses et rouges. Elle freina brusquement, mais les créatures, contre toute attente, ne bougèrent pas et elle ne put en éviter une, qu'elle renversa violemment. L'arrière du 4x4 dérapa et ils s'arrêtèrent après quelques mètres de glisse.
« Qu'as-tu-encore fait, misérable mortelle ? » siffla Loki entre ses dents, sans ouvrir les yeux. Lunacy lâcha un rire nerveux et descendit du véhicule.
« Oh merde. J'ai tué un kangourou. Un kangourou, Loki ! Venez voir ! »
A travers le parebrise, le dieu lui jeta un regard glacial, mâchoires serrées.
« Dépêche-toi de remonter dans cette voiture avant que je te mette dans le même état que cette pauvre bête. » grinça-t-il pour lui-même.
« Il est énorme ! Je ne savais pas que c'était aussi gros ! Vous avez vu ses muscles ?! Il faudrait que Bane voie ça, il verrait ce que c'est que la muscu ! » rigola-t-elle en ignorant la rage du dieu.
D'un mouvement fluide, ce dernier se glissa hors de la voiture. Il s'approcha de Lunacy et se planta entre elle et le kangourou, si près d'elle qu'elle sentit son souffle sur son visage quand il la menaça encore.
« Notre temps est compté, nous redémarrons. » siffla-t-il en lui attrapant méchamment le bras.
Lunacy si renfrogna et devint à son tour agressive.
« Lâchez-moi. » grogna-t-elle. « Immédiatement. »
Le dieu durcit encore son regard et remonta sa main pour attraper le cou de la jeune femme. Il ne serra pas sa prise, caressant presque la gorge de la criminelle. Cela eut l'effet escompté. De rage d'être tenue ainsi au respect, Lunacy se calma. Elle dégagea sa tête d'un geste mais ne recula pas. Lentement, le dieu baissa sa garde et retourna vers la voiture, soulevant la poussière avec la toge qu'il avait remise. En silence, Lunacy se réinstalla au volant. Avec une rage difficilement maîtrisée, elle tourna la clé sans succès. Le moteur toussa, pour finalement s'étouffer.
« La voiture refuse de redémarrer. Va trouver un garage dans ce désert… Vous ne voudriez pas me donner un coup de main ?! » pesta-t-elle après plusieurs tentatives infructueuses.
« J'aurais besoin de trop d'énergie. Nous serions forcément repérables. »
« Donc on reste là et on attend que quelqu'un passe ? Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de monde qui se rende à Uluru par là. On peut toujours manger le kangourou, mais nous aurons un problème d'eau d'ici peu. Enfin… J'aurai.» se renfrogna-t-elle.
« Nous devons continuer à pied pour ne pas nous faire repérer. Si la Pierre est prisonnière de cette montagne, alors nous devons nous en approcher discrètement. La nuit sera notre gardienne. » répondit Loki d'une voix basse.
Le soleil disparaissait derrière le Mont Uluru qu'ils voyaient déjà depuis plusieurs heures, et Lunacy se laissa lourdement tomber du 4x4.
« Y'en a pour des heures de marche. » fit-elle remarquer, en sachant déjà que le dieu allait crisper les mâchoires sans répondre. Elle le regarda se mettre en marche et attrapa le sac à dos en toile qu'elle avait volé à Sydney, avant de le suivre. Quand le soleil disparut, ils avaient perdu la voiture de vue depuis un moment, mais le Mont ne s'était pas beaucoup approché. Lunacy traînait toujours à quelques mètres derrière Loki. Elle tenait ses baskets à la main, et ses pieds nus avançaient automatiquement. Elle avait laissé ses pensées vagabonder, ce qu'elle ne s'autorisait presque jamais.
Elle pensait au Chechen. Serait-il fier de la voir aux ordres d'un dieu arrogant, prête à l'aider à détruire l'univers ? Et Bruce Wayne… combattait-il toujours le crime à Gotham ? Elle ne se renseignait jamais sur ce qu'il se passait là-bas –malgré ce qu'elle voulait laisser croire, elle n'était pas sans attache. Et si elle ne l'était pas, c'est que peu de personnes l'étaient, pensa-t-elle. Le Joker lui-même était revenu à Gotham City après l'avoir abandonnée. Reviendrait-elle, elle ? L'immensité du désert et le froid glacial qui commençait à les envelopper ne la rassuraient pas.
Soudain, cette idée de périple avec un dieu sorti de nulle part et qui voulait ouvrir une brèche dans l'univers lui parut absurde. Jusqu'alors, sa vie désordonnée suivait une certaine logique : elle tuait des gens, négociait des quartiers, introduisait des marchés illégaux là où elle pouvait faire du profit et passait d'un coin à l'autre de la planète sans réfléchir, lames en poche. Tout était rationnel. L'arrivée de Loki, de ces Avengers, des Pierres, tout cela n'était pas logique. Tout cela n'avait aucune explication. Rien qui ne puisse s'acheter, se marchander, se troquer ou se voler. Elle n'était plus la reine du monde, elle n'était plus libre. Sa liberté lui avait été volée par quelque chose de plus grand. Par de la magie, par des dieux. Son destin n'était pas entre ses mains à elle, elle n'était qu'une infime partie d'un processus qui la dépassait. C'était sûrement pour ça qu'elle avait préféré être actrice, finalement. Parce que si elle survivait à cette aventure-là, elle passerait ensuite le reste de sa vie prisonnière d'une destinée qui avait été écrite pour elle.
Une vive douleur au pied droit la ramena à la réalité et elle poussa un cri qui alerta Loki. Ce denier dégaina son sceptre et la lumière bleutée qui en émanait leur permis d'apercevoir un serpent au moment où il s'enfuyait. La tête de Lunacy se mit à tourner et elle s'accrocha au bras de Loki avant de s'affaler sur le sol. La douleur était à la limite de l'insoutenable et le venin brûlant remontait jusqu'à sa hanche. Elle aurait aimé s'évanouir mais elle restait désespérément consciente. Agenouillé et penché sur elle, Loki s'affairait, le visage fermé. Il déchira le bas de la chemise qu'elle lui avait demandé d'enfiler dans l'avion, et en fit un garrot autour de la cheville qui avait déjà doublé de volume. Puis, il planta la pointe de son sceptre à l'endroit de la morsure. Il appuya avec force et déchira la peau, tâchant le sable déjà rouge avec du sang. Il maintint le sceptre dans la plaie avec sa main droite et se tourna vers Lunacy.
La jeune femme se mordait la lèvre jusqu'au sang et se retenait de hurler. Le venin enflammait désormais son ventre et remontait le long de son bras droit. Fermement, Loki saisit sa nuque de la main gauche et lui lança un regard qui se voulait rassurant. Puis il activa le sceptre et la jeune femme hurla de douleur. Le venin venait d'atteindre sa tête et un sentiment d'angoisse s'empara d'elle. Autour d'elle apparurent les cadavres ramenés à la vie, des Inferis. Comme quand Jonathan Crane, l'Epouvantail, l'avait attaquée*, ces créatures de l'Enfer, à l'apparence de personnes qu'elle avait tuées, sortaient de nulle part pour la hanter. Elle en vit une creuser la terre pour en sortir et elle chercha à l'esquiver mais une main invisible la maintenait immobile. Elle sentit Nekhen se serrer autour de son cou, affolée par la crise d'angoisse, et commença à suffoquer. Elle entendit un Inferi l'appeler encore et encore, comme pour l'attirer à lui.
Petit à petit, la voix devint familière. Le sceptre toujours fermement planté dans la plaie, Loki regardait avec impuissance la jeune femme dont le corps était secoué de frissons et les yeux s'étaient révulsés se battre contre des démons invisibles. Elle pleurait et hurlait, et il essayait désespérément de la maintenir allongée de sa main libre. Il sentit soudain une décharge dans le sceptre, et le venin quitta doucement de corps de la jeune femme pour se transformer en énergie dans l'arme de Loki. Lunacy se calma peu à peu, toujours haletante, et finalement, sembla perdre connaissance. Penché au-dessus de son corps inanimé, Loki s'autorisa enfin à respirer. D'un geste de la main, il fit disparaître la plaie qu'il avait causée, puis il balança le sac à dos de la jeune femme par-dessus son épaule avant de la soulever. Il était un guerrier Asgardien et pour lui elle semblait ne rien peser, aussi entama-t-il silencieusement sa marche vers les montagnes. Ils ne pouvaient rester à découvert.
Autour de lui, le calme du désert contrastait avec la folie de la scène à laquelle il venait d'assister. Lunacy Crack était visiblement plus hantée que lui ne l'avait jamais été, et, un instant plus tôt, il l'avait prise en pitié et avait eu envie de la protéger. Pas après pas, il s'approcha des montagnes.
Plusieurs heures plus tard, il la déposa sans ménagement sur le sol poussiéreux, à l'abri de rochers. Le Mont Uluru les surplombait enfin, et le soleil émergeait face à eux, de là où ils venaient, révélant l'immensité du Désert Rouge. La tête lourde, Lunacy s'éveilla enfin. A quelques mètres au-dessus d'elle, Loki se tenait en tailleur et semblait méditer. Sa crise de folie lui revint en tête comme un mauvais rêve. Le dieu ouvrit les yeux pour la fixer d'un regard vide auquel elle répondit avec un sourire timide avant de détourner le regard en attrapant son sac à dos. Elle en sortit une bouteille d'eau et la vida d'un trait. Elle fouilla davantage pour en sortir une barre chocolatée qui avait fondu et l'avala. Elle avait désormais fini ses provisions et elle se détesta de ne pas avoir pensé à ça. La fatigue l'empêcha cependant de s'inquiéter et elle sortit le poignard que Loki avait récupéré sur Thor qui était accrochée à sa ceinture pour commencer à l'aiguiser, d'un mouvement las. Chaque chose en son temps, et si elle devait mourir dans ce désert, elle préférait que ce soit de soif qu'en se faisant dévorer par une bête sauvage.
« La Pierre est de l'autre côté du Mont. Si nous nous mettons en marche maintenant, nous y serons dans deux heures. » lança Loki depuis son perchoir.
« Alors qu'attendons-nous ? » sourit la jeune femme en rangeant soigneusement le poignard Asgardien et en se levant.
Loki lui lança un regard soucieux que la jeune femme pris pour un jugement sur sa condition d'humaine, aussi elle passa devant lui le menton haut et en l'ignorant. Elle allait bien, elle avait été empoisonnée mais la crise était passée. Elle avait vécu pire.
L'ascension dura une heure durant laquelle elle haleta en silence en grimpant de rocher en rocher, et, comme Loki l'avait prédit, ils arrivèrent deux heures plus tard de l'autre côté du Mont. Ils contournaient un gros rocher surplombant un éboulis quand Loki lui fit signe de se cacher. Elle s'agenouilla en cachette. En contrebas, au pied de l'éboulis se tenaient des hommes en tenue de combat. Tous semblaient surveiller une cavité dans la roche.
« Des soldats Asgardiens ! » s'exclama-t-il dans un souffle.
« Au moins, ce n'est pas de la magie qui retient la Pierre ici… » murmura Lunacy en fronçant les sourcils.
« Dès que nous apparaitrons pour les attaquer, mon frère en sera prévenu. Il est probable que les Avengers concentrent leurs efforts pour nous retrouver et nous tuer, aussi il reste peu d'espoir pour que l'on récupère la Pierre… et encore moins pour que l'on quitte ce territoire sans avertir le SHIELD de notre passage. »
« Sauf si on les tue assez rapidement. Si on s'y prend bien, ils n'auront même pas le temps de riposter. »
« Ils sont cinq et nous sommes deux. S'ils ont de quoi envoyer un signal instantanément, nous devrons les tuer exactement au même moment. Je ne peux en tuer que deux avec mon sceptre. »
« Je me charge des trois autres. » déglutit Lunacy.
« Avec tes couteaux ? » railla Loki avec un rictus nerveux. « Quand comprendras-tu que ce n'est pas un jeu ? »
« Ce n'est rien d'autre qu'un jeu. Je ne l'ai jamais fait mais je pense en être capable. Laissez-moi essayer… »
« Et si tu échoues ? »
« Vous pouvez en tuer trois ? »
En contrebas, l'un des gardes leva le regard vers eux et ils s'immobilisèrent. Le garde haussa les épaules et reporta son regard sur la grotte qu'il surveillait.
« Une onde pour les éradiquer tous avertirait le SHIELD. Je crains qu'ils n'aient trouvé le moyen de nous avoir, cette fois-ci. » avoua le dieu à mi-voix.
« Alors jouons le tout pour le tout. » décida la jeune femme en saisissant deux shekens et le poignard de Thor. Loki se tourna et fit apparaître son sceptre, résigné à attaquer.
« Quand j'en donne l'ordre… » prévint-il à mi-voix. Lunacy se concentra et respira profondément. Au moment où elle visait, la vision d'un Inferi lui brouilla la vue mais elle se ressaisit, le souffle court. A ses côtés, Loki n'avait pas remarqué son malaise. Elle se releva légèrement. Désormais accroupie, elle rajusta le poignard de Thor dans sa main droite, agrippant la lame jusqu'à se tailler. De l'autre main, elle maintint les shekens. Voilà des mois qu'elle n'avait pas tiré plusieurs lames d'un mouvement, et elle regretta amèrement de ne pas s'être entraînée. Elle entendit le signal de Loki et ferma lentement les yeux. Quand elle les rouvrit, elle lança les trois lames avec force. Le poignard se nicha entre les omoplates d'un soldat tandis que deux autres gardes tombaient, abattus par Loki. Les deux shekens tranchèrent l'air. Dans un même mouvement, les deux derniers soldats s'effondrèrent, inanimés.
« Pas mal ! » commenta Loki d'un ton qui se voulait blasé.
« Votre regard vous a trahi, je vous ai clairement impressionné ! » rétorqua Lunacy avec un grand sourire de soulagement et non sans fierté. Elle se redressa et sortit de derrière le rocher. Elle descendit l'éboulis sans aucune prudence et récupéra ses armes qu'elle essuya vulgairement sur son pantalon noir déjà tâché de sable et de son sang de la veille. Sans attendre Loki qui arrivait derrière elle, elle attrapa une branche sèche de Rhagodia, un buisson australien, et commença à entrer dans la grotte, jusqu'alors si bien protégée. Elle avança dans une semi obscurité, et sentit le dieu la rattraper quand il se planta derrière elle. Elle sentait le corps droit et l'allure fière de Loki alors même qu'il ne la touchait pas : le charisme du dieu était d'une puissance surhumaine. Quand ils se furent trop éloignés de l'entrée pour que la lumière leur parvienne encore, elle sortit son briquet et enflamma le bout de la branche ramassée plus tôt. Loki lui emboîta le pas et, d'un geste, vola la flamme du bois pour en faire une boule de feu, qu'il tint dans sa main sans aucune douleur apparente.
« Ton bois n'aurait pas tenu plus de quelques secondes. Apprivoiser ton feu plutôt qu'en créer m'évite d'utiliser beaucoup d'énergie. Nous restons impossibles à localiser. » expliqua-t-il d'une voix monocorde en avançant sans un regard pour elle.
La grotte autour d'eux n'avait rien de confiné. Ils se trouvaient dans une grande salle à la lumière orangée, creusée dans la roche depuis des milliers d'années.
« La pierre est là. Nekhen le sent. » murmura Lunacy. Contre sa poitrine, le talisman chauffa progressivement. Sous son débardeur, la Pierre se mit à luire, créant un fort halo violet.
« Essaie de l'enlever. Tout de suite. » ordonna-t-il en dévisageant la jeune femme. Lunacy éclata d'un rire insouciant.
« Même pas en rêve. Bien essayé ! »
Le dieu ne répondit pas mais son regard se fit inquiet. D'un coup, la jeune femme écarquilla les yeux.
« Elle me brûle. » lâcha-t-elle d'une voix étranglée avant de tomber à genoux, haletante.
Loki ne bougea pas. A ses pieds, Lunacy fixait le sol et respirait de plus en plus fort. Sa torture, semblable à celle infligée par la morsure du serpent, dura quelques longues secondes. Puis, elle leva son regard vers Loki. Ses yeux s'étaient révulsés et quand elle ouvrit la bouche, une voix caverneuse d'homme remplaça la sienne.
*cf Associations Douteuses à Gotham
Des avis ?
Je vous embrasse
