De grands remerciements pour leurs passages à Wizzette, Grain de Sable, AhZed Hulk, Marjane et Silva ! Vos reviews sont nos plus beaux cadeaux...

Il semblerait que les chapitres estivaux soient titrés comme de la chanson française... Quant aux personnages, ils appartiennent à une Anglaise.

Il arrive... Il arrive parfois que les quatre mains s'emmêlent... Tallia était persuadée que je devais écrire ce chapitre, j'étais persuadée que c'était à elle. Résultat, comme elle est encore plus occupée que moi, elle n'a même pas pu relire ce chapitre, que je poste quand même parce que c'est le jour dit... Mais sur lequel elle repassera. Tout ça pour vous demander encore plus d'indulgence que d'habitude, le chapitre risque de connaître quelques menus changements dans les jours qui viennent. ^^


Dois-je vraiment rappeler qui est Driana ? Une camarade de chambre et amie de Lily. Elle est d'origine Kenyanne (par sa mère, Wanjiru, qui a épousé un anglais) et a deux soeurs et quatre frères. Elle est la plus jeune. Seul l'un d'eux est allé à Gryffondor, et on a croisé un autre de ses frères, Corto, qui est le commentateur des matchs de Quidditch.

Le Précis d'animagi en toute simplicité est un livre, trouvé par James, qui prétend expliquer très simplement les étapes pour trouver sa forme animagus, un gros problème pour nos futurs Maraudeurs...


Est-ce que tu viens pour les vacances ?

La soirée se préparait et Kreatur, affairé, suivait Mère dans toutes les pièces de la maison. Cette année, pas de Rocamadour, pas de France, pas d'orages enragés sur les pierres du Manoir. Après s'être d'abord réjoui, la nouvelle avait vite plongé Sirius dans le marasme.

Ses cousines et sa tante passaient presque toutes leurs journées au numéro 12. Elles et Mère se perdaient dans des détails avec Grand-Mère, tandis que Père et Grand-Père tenaient de longs conciliabules avec Seth Malefoy. Sirius et Regulus, eux, étaient la plupart du temps relégués dans leurs chambres, puisqu'ils salissaient leurs robes dans le jardin, ou appelés pour des thés qui n'en finissaient pas et pendant lesquels ils s'ennuyaient mortellement.

L'officialisation de la nouvelle avait vu le premier éclat de Sirius depuis le début des vacances, une quinzaine de jours après son retour. Lors d'un énième dîner familial et pompeux, Oncle Agrippa avait annoncé les fiançailles de Narcissa avec Lucius Malefoy. Sirius avait lâché son verre qui s'était brisé avec bruit, abattant le silence sur la tablée.

- Sirius ? Vous avez un commentaire ? demanda froidement Grand-Père.

- Mais… pourquoi ? Ce type est insupportable !

Narcissa ouvrit la bouche pour répondre mais Grand-Père ne lui en laissa pas l'occasion.

- Les Malefoy sont une excellente famille, presque aussi ancienne que la nôtre et tout aussi pure. Nous sommes alliés et amis depuis fort longtemps, ma propre mère était une Malefoy. C'est une union que j'approuve, et vous devriez vous réjouir, Sirius. Les Malefoy sont de bien meilleures fréquentations que les Potter.

- Je ne suis pas d'accord, répliqua Sirius en se renfrognant.

- Vous êtes jeune, assena Grand-Père d'un ton péremptoire. Vous changerez d'avis. Vous êtes l'Héritier, les Potter ne sont rien.

- Mangez donc, renchérit Mère, devinant qu'il allait répondre.

La rage au cœur, Sirius prit une fourchetée de haricots. Comment Grand-Père pouvait-il affirmer cela ? Il ne connaissait même pas James !

Les jours suivants, tout alla de mal en pis. Entraînant Regulus avec lui, il entreprit de dévaler tous les escaliers de la maison à califourchon sur la rampe, renversant les têtes d'elfes et abîmant la peinture des murs. Mère entra dans une rage folle et il fut puni, enfermé dans sa chambre pendant plusieurs jours. Il n'en sortit que pour faire exploser la théière sur la robe de Galathea Malefoy en visite ce jour-là.

Finalement, ce fut une lettre de James qui mit fin aux bêtises de Sirius. James racontait les cache-cache avec Peter dans Godric's Hollow et le sort qu'ils avaient fait subir au chat de la voisine, recouvert de peinture rose… Avant d'attaquer les choses sérieuses.

Côté projet fourrure, c'est pas la joie. Tu t'en sors, toi ? Peter pense à un petit animal, moi, je n'arrive toujours pas à voir quoi que ce soit.

Oh, autre chose. Remus nous invite à passer le mois d'août chez lui. Il a dit à ses parents qu'on savait, et apparemment, ils sont ravis. Ils ont dit à ma mère qu'ils préfèrent qu'on vienne chez eux, parce qu'ils aiment bien avoir Remus avec eux, ou je ne sais quoi. Mais tu peux peut-être venir chez moi avant, non ? Comme ça, pas obligé de dire à tes parents, pour Remus…

Avec une grimace, Sirius dût admettre que l'idée de James était parfaite. L'été précédent, ses parents n'avaient accepté que du bout des dents qu'il aille chez les Potter. Les Lupin étaient des Sangs-Mêlés, ils n'auraient jamais voulu.

L'invitation, relayée au repas suivant, ne recueillit d'abord qu'un silence pesant. Puis Père donna son autorisation, en exigeant de Sirius une obéissance et une tenue à toute épreuve jusque là. D'un simple hochement de tête tant sa gorge était serrée, il acquiesça.

oOoOoOoOo

- Je déteste ce bouquin, affirma James.

Avec force, il jeta son exemplaire du Précis à travers la pièce puis se leva pour arpenter la pièce avec fureur.

- C'était simple, au début, pourtant ! Pourquoi c'est pas comme ça ? Pourquoi il faut se concentrer et imaginer et se perdre dans des trucs aussi ridicules que « où vous voyez-vous dans dix ans ? »

- James, fit calmement Peter, toujours assis par terre, tu le sais bien. L'animagus est unique, il nous représente. On peut pas le trouver comme ça… Ce serait trop simple, sinon, tout le monde serait un animagus…

- Oui ben c'est quand même pénible ! fit James en croisant les bras.

Sans plus rien dire, Peter se replongea dans l'ouvrage. Imaginer l'avenir, se perdre dans les détails de sa potentielle vie future, lui, ça lui plaisait bien. Il voyait le tableau d'ici. Il reprendrait la boutique de ses parents et s'occuperait des animaux mieux que quiconque. Il augmenterait encore les ventes, ce qui lui permettrait d'engager une employée pour les trucs embêtants et les jours où il ne voudrait pas travailler. James deviendrait Auror, comme son père, et ils se verraient tous les soirs. Sirius… Sirius ne travaillerait pas. Ou alors, il serait Auror, comme James, soupira Peter.

C'était toujours là que son rêve coinçait.

Oh, il aimait beaucoup Sirius. Il avait hâte qu'il arrive, et qu'ils puissent tous parler de leurs animagi et de leurs vacances, avant d'aller chez Remus. Mais parfois, Peter aurait voulu que James lui parle à lui, plutôt qu'à Sirius.

Il leva les yeux, observant son ami qui avait repris son livre avec un long soupir. James n'avait aucune patience. Il ne serait jamais un lion, en tout cas !

oOoOoOoOoOo

- Lily, ça va ?

La petite rousse hocha la tête et tenta d'approcher sa fourchette de sa bouche, après qu'elle ait été suspendue dans les airs pendant plusieurs minutes. Peine perdue : elle rata l'orifice de deux bons centimètres, barbouillant sa joue de purée. Rougissante, elle reposa l'ustensile et s'essuya le visage, fixant toujours le spectacle devant elle.

La famille Langton valait son pesant de gallions. Ethan et Washuma, les jumeaux, passaient leur temps à se piquer de la nourriture et à discuter, s'interrompant, finissant les phrases l'un de l'autre, et intervenant dans la conversation générale sans jamais s'arrêter pour respirer. Driana parlait simultanément avec sa mère, Lily, et sa sœur aînée, rentrée la veille des Etats-Unis où elle faisait ses études. Les autres membres de la famille étaient à l'avenant, parlant, mangeant, se levant dans un ballet étrangement désorganisé.

La jeune Evans raffermit sa prise sur sa fourchette, bien décidée à finir son assiette. Elle avait enfourné sa bouchée lorsque Corto lui demanda à la volée à quelle heure ses parents venaient la chercher. Avalant à toute vitesse pour lui répondre, Lily s'étrangla et se mit à tousser. Ils éclatèrent tous de rire tandis que Driana, leur jetant un regard noir, tapait dans le dos de son amie tout en lui tendant un verre d'eau.

- Ca va vite, hein ? demanda Wanjiru, la mère, compatissante.

Lily hocha la tête.

- Que veux-tu, nous sommes nombreux, c'est la lutte pour la survie ! plaisanta Corto. On a appris depuis tout petit à ne pas attendre qu'on nous laisse la parole.

- Et résultat, c'est le bazar, gronda le patriarche.

Ses enfants levèrent simultanément les yeux au ciel, preuve s'il en était qu'ils ne prenaient pas ces paroles au sérieux.

- Ils viennent à quinze heure, dit Driana à son frère, avant d'ajouter pour Lily : mange, va, ne nous écoute pas. Sinon, tu y seras encore demain.

La jeune fille hocha à nouveau la tête et entreprit de suivre les conseils de son amie. Chez elle, les repas n'étaient pas particulièrement silencieux, mais à quatre, tout le monde était écouté, avait son temps de parole – et le temps de manger ! Alors qu'ici… Qu'est-ce que ce devait être quand ils étaient tous réunis ! se dit-elle avec un léger sentiment de vertige.

Elle apprécia d'autant plus le calme, quand elle retrouva la voiture de ses parents. Elle avait passé une semaine formidable avec Driana, ses frères étaient sympathiques, même quand ils les embêtaient un peu, et Wanjiru était la femme la plus gentille que Lily ait jamais rencontré. Elle avait, pendant une semaine, cuisiné spécialement des plats moins épicés pour son invitée, et répondu à ses nombreuses questions sur le Kenya. Mais Lily était néanmoins ravie à l'idée de retrouver le calme de sa chambre, sa sœur, et Severus.

Elle ne s'était pas attendue, cependant, à le retrouver aussi rapidement. Il avait fait la tête quand elle lui avait dit qu'elle allait chez Driana, et il ne lui avait pas écrit de la semaine. Elle avait donc pensé qu'il la bouderait un jour ou deux avant de réapparaître, le visage fermé et une recette de potion entre les mains. Or il avait sonné moins d'une demi-heure après son retour, comme un fait exprès.

En le voyant, Lily grimaça. Il avait la lèvre du bas fendue et un œil au beurre noir qui commençait tout juste à s'estomper.

- Merlin, Sev ! Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

Il haussa les épaules, refusant de répondre.

- Je peux rester ici quelques jours ?

- Bien sûr, souffla-t-elle.

Il ne desserra pas davantage les dents devant la mère de Lily, qui accepta immédiatement de le garder, promettant de prévenir madame Rogue. Severus parût enfin se détendre un peu pour la remercier et eut même l'ébauche d'un sourire avant de suivre Lily à l'étage.

- Tu… Tu as essayé de nouvelles potions ?

Il hocha la tête, le regard brillant. Les potions étaient toujours le meilleur moyen de mettre Severus de bonne humeur.

Il était en train de lui expliquer que peler des oranges était bien plus efficace avec un couteau en argent qu'avec un couteau classique lorsque Petunia entra dans la chambre sans frapper, avant de se figer à la vue du garçon.

- Qu'est-ce qu'il fait là ?

- Il va rester ici quelques jours, fit Lily d'un ton neutre.

- Ah, non ! explosa Petunia en tapant du pied. J'ai invité des amies, moi, demain ! Je veux pas qu'il soit là !

- C'est mon ami ! s'exclama Lily en se plantant devant sa sœur, les bras croisés. Il va pas bien et il reste ici si je veux. Maman a dit oui.

- On va voir ça, répliqua l'aînée en tournant les talons.

Au dîner, Petunia boudait visiblement, et Severus était toujours là. Lily, enflammée, racontait la famille Langton à ses parents amusés, oubliant à nouveau de manger. Comme quoi, ça semblait devenir une habitude…

Le lendemain, Lily et Severus avaient décidé de tenter une potion de récurage à base de produits moldus, se promettant une belle rigolade, quand Petunia entra dans la cuisine vêtue d'une longue jupe blanche à fleurs bleues et d'un haut dans les mêmes tons. Elle retroussa le nez devant l'odeur.

- Vous n'avez pas l'intention de faire vos horreurs ici, j'espère ?

Devant leur air interloqué, elle continua.

- J'attends des amies, je vous l'ai dit hier ! Vous écoutez jamais quand je parle, ou quoi ? Elles ne savent pas que tu es… Tu sais…

- Une sorcière, compléta Lily avec un grand sourire.

Petunia grimaça.

- C'est ça. Enfin peu importe. Et elles ne doivent pas savoir. A vrai dire, si vous pouviez ne pas être là, ce serait même mieux. Je n'aurais pas besoin d'expliquer qui il est, fit-elle en pointant Severus.

Lily serra les dents, regrettant un instant que toute magie soit formellement interdite en-dehors de Poudlard. Par moments, sa sœur aurait bien mérité un petit sortilège…

- Viens, Sev, on a qu'à aller au cinéma.

- Bonne idée, renifla Petunia. Allez donc voir American Graffiti, vous verrez ce qu'est vraiment le monde, quand on sort de vos horreurs magiques.

oOoOoOoOoOoOo

Si les fiançailles étaient toujours aussi pénibles, pas étonnant qu'Andromeda se soit enfuie, pensa un instant Sirius, avant de s'efforcer d'oublier cette idée. Il avait le droit de s'ennuyer, pas celui de penser à celle qui avait été sa cousine.

Avec un nouveau soupir, il tenta d'écouter ce que disait Seth Malefoy. Dans sa robe rouge et noir, le patriarche avait pourtant belle allure, et son fils, pour une fois, semblait jeune et presque timide. Il regardait Narcissa en souriant doucement, et la jeune femme, toute vêtue de beige et de noir, était perdue dans la contemplation de son fiancé. Sirius ne pensait pas avoir jamais vu Tante Callisto et Oncle Agrippa aussi heureux qu'en ce jour, et même Grand-Père arborait un fin sourire. Mère était impassible, comme à son habitude, mais le jeune Black savait qu'elle était contente – elle ne lui avait pas pincé le cou une seule fois, malgré ses nombreux soupirs et son agitation.

Enfin, le vieux Malefoy se tut, et Lucius passa un fin anneau doré au doigt de Narcissa.

- Par cet anneau, je te fais ma promise, et te promets de t'épouser l'heure venue. Que Merlin nous guide vers ce jour et que Mélusine veille sur nos amours.

Narcissa s'abîma dans une profonde révérence, et Lucius la releva, souriant toujours. Sirius poussa un soupir de soulagement. C'était fini !

- Pour fêter ce très heureux jour et cette promesse solennelle, je vous invite tous à me suivre dans la salle de réception où nous attend le banquet.

Gambadant presque, Sirius allait se diriger vers la pièce d'à côté lorsque sa mère le retint par la manche.

- Sirius. Tenez-vous donc, la soirée ne fait que commencer. Si vous souhaitez toujours aller chez votre ami Potter la semaine prochaine, tâchez de ne vous attirer aucun reproche. Et soyez donc aimable avec nos invités, parlez-leur, écoutez-les. Ce sont vos amis.

C'était une affirmation, bien plus qu'un conseil. Toujours les mêmes. Certains étaient ses amis parce qu'on lui disait qu'ils l'étaient, et ceux qui l'étaient parce qu'il l'avait choisi, il ne devait même pas en parler. C'était injuste, pensa-t-il une nouvelle fois en réprimant une bouffée de colère.

D'un pas bien plus mesuré, il alla vers le banquet. Mère avait raison au moins sur un point. Ce n'était pas encore fini…

Comme prévu, il s'ennuya prodigieusement. Regulus avait la paix, lui, il était petit, mais tout le monde voulait parler à Sirius. Tout le monde voulait savoir comment se passait Poudlard, s'il travaillait bien, et lui promettre d'excellentes notes en Arithmancie. C'était pire encore que lorsqu'il devait manger à la table des Serpentard, et rapidement, il se força à penser à James, Peter et Remus pour ne pas piaffer d'impatience.

Lorsque, bien tard dans la nuit, les derniers invités partirent enfin, il s'effondra sur son lit avec soulagement, plongeant dans un sommeil peuplé de ses amis et de petits fours.

Il eut l'impression d'avoir à peine dormi lorsque les cris de Mère l'éveillèrent, rapidement suivis par Kreatur, qui lui annonça que Père voulait le voir séance tenante dans son bureau. Tout en s'habillant, Sirius se demanda frénétiquement ce qui avait bien pu se passer : il avait pourtant été irréprochable, la veille… Madame Potter avait-elle vendu la mèche, pour les Lupin ?

L'enveloppe déchirée sur le bureau, cependant, infirma cette idée dès qu'il mit un pied dans la pièce. Poudlard…

- Jeune homme, pourriez-vous m'expliquer ?

Sirius grimaça. Debout devant lui, le visage fermé, Orion Black était l'image même de la fureur froide.

- Expliquer quoi ? demanda-t-il le plus poliment possible.

- Vous avez reçu votre liste d'ouvrages pour la rentrée. Les animaux fantastiques et Nos voisins les Moldus ? Me prenez-vous pour un Cracmol ?

Le silence tomba sur la pièce tandis que Sirius faisait fonctionner son cerveau à toute allure. Il s'était inscrit sans prévenir ses parents, sachant qu'ils désapprouveraient. Mais il n'avait pas pensé qu'il serait chez lui quand ils l'apprendraient et qu'il devrait se justifier face à son père.

- Je…

- Est-ce que nous ne vous avons pas dit que vous deviez prendre Arithmancie et Runes ? Quelle est cette fantaisie ? Je vais écrire immédiatement au Professeur McGonagall.

- Non ! s'exclama Sirius.

Son Père se figea, et le garçon rentra la tête dans les épaules. Sous le regard de pierre, il inspira un grand coup.

- Je… Je me suis dit… Je veux dire, je suis à Gryffondor, Père. Les Moldus… Certains de mes camarades ont des parents moldus, et… Ils sont très différents de nous, Père. Je voudrais en savoir plus. Pour… Je veux dire… On, heu… On peut plus facilement maîtriser ce que l'on connait, non ?

Il tenta un coup d'œil vers la figure paternelle, qui n'avait pas bougé un muscle. S'enhardissant, il continua.

- Les animaux… Père, je voudrais devenir naturaliste, inventa-t-il. J'aimerais découvrir de nouvelles espèces, comme mon Oncle Alphard. J'ai besoin d'aventures, et c'est une carrière honnête pour un Black, non ? C'est l'un de mes ancêtres qui est à l'origine de la distinction entre les hypogriffes et les simples griffons.

- Comment sais-tu cela ?

- C'est… Oncle Alphard m'a donné un livre, quand j'étais en première année, expliqua-t-elle en bénissant son oncle mentalement.

Père l'observa longuement en silence, Sirius osant à peine respirer. Puis il parût prendre une décision et s'assit.

- Bien, fit-il, beaucoup plus calmement. Une carrière d'explorateur que te vaut sans doute l'entrain de ta maison… Et une curiosité un peu malsaine mais potentiellement intéressante. Soit. Sort, maintenant. Et évite ta mère.

Sirius fit demi-tour, soupirant de soulagement intérieurement. Il avait posé la main sur la porte lorsque la voix d'Orion retentit à nouveau.

- Sirius, vous m'enverrez une lettre chaque mois en me racontant ces cours. Je tiens à suivre de près votre éducation sur ces sujets.

Sirius hocha la tête. Il s'en sortait bien mieux qu'il n'avait osé l'espérer dans ses rêves les plus fous.

oOoOoOoOoOoOo

Lorsqu'il arriva chez les Potter avec son père, il dû se retenir de toutes ses forces pour ne pas se jeter dans les bras de James. Son ami avait d'ailleurs fait un geste en ce sens, avant d'être arrêté par le regard d'Orion Black. Harry Potter lui proposa un thé en lui indiquant le salon, puis dit aux deux garçons de filer. Ils ne se le firent pas dire deux fois.

A peine arrivé dans la chambre de James – et après avoir balancé négligemment la malle allégée de Sirius dans un coin, le jeune Potter demanda :

- Alors, ton animagus ? Il t'est « apparu » ? demanda-t-il en singeant des guillemets avec ses doigts.

- Non. Tout ce à quoi j'arrive à penser, c'est à me rouler dans l'eau.

James le regarda fixement quelques secondes avant d'exploser de rire.

- Si ça se trouve, t'es un castor…

Il s'effondra en riant sur son lit devant le regard horrifié de Sirius.

- Un castor ? Quelle idée ! Ca n'a aucun charisme, un castor, c'est nul ! Je veux pas être un castor !

- Ouais, mais Peter dit qu'on choisit pas, remarqua malicieusement James.

Sirius croisa les bras, vexé. Peter ou pas Peter, il refusait d'être un castor, c'est tout. Pour la peine, il verrait son animagus avant James, voilà !

Ils n'eurent néanmoins que peu de temps pour leurs recherches, tout occupés qu'ils furent à jouer et à discuter dans le grand parc qui entourait le domaine des Potter. Tous les jours après le déjeuner, Peter les rejoignait pour jouer au Quidditch – James prétendait avoir besoin d'entraînement – ou aux explorateurs.

Et avant même qu'ils s'en soient rendu compte, le jour fut venu d'aller retrouver Remus. Helen Potter les emmena en voiture jusque chez les Lupin, qui habitaient une petite maison à l'entrée d'un village perdu au cœur de la campagne anglaise et qui portait le joli nom d'Averby Stone – enfin, joli, tout était une question de point de vue, pensa James après le commentaire de sa mère.

La voiture venait de s'arrêter lorsque Tallis sortit sur le pas de la porte, rapidement suivie par Remus. Il sourit largement en voyant ses amis se précipiter vers lui, sans plus se préoccuper des salamalecs des adultes. Ils ne s'étaient pas vus depuis plus d'un mois, autant dire qu'ils avaient l'éternité à se raconter.

De fait, c'est à peine si James dit au revoit à sa mère. Laquelle soupira devant l'ingratitude des enfants, et lui fit promettre d'écrire souvent de Poudlard. James promit de bonne grâce, avant de revenir aux choses importantes : la victoire annoncée du Club de Flaquemare sur les Catapultes de Caerphilly. Du moins, c'était l'opinion que James et Peter défendaient avec ardeur contre Remus et Cassandra, farouches partisans des Catapultes.

L'ambiance se ternit cependant lorsque Tallis rappela à Remus que le soleil était sur le point de se coucher. L'accompagnant à la cave, ses amis le virent s'enfermer solidement derrière des barreaux, avant que Tallis ne jette un sort renforçant dessus. Ils remontèrent le cœur lourd, et accueillirent monsieur Lupin avec un entrain largement amoindri.

Au moment du repas, l'atmosphère était même pesante, malgré les tentatives de Cassandra. De temps en temps, montant du sol, des cris interrompaient la conversation, et les trois garçons échangeaient des regards gênés. Dans un silence que même la faux de la Mort n'aurait pu couper, Sirius prit soudain une grande inspiration :

- Bon… Quelqu'un a un jeu de carte ? Avec le boucan qu'il fait, on n'est pas prêts d'aller se coucher.

La tension se relâcha dans un éclat de rire. Avec une curiosité de conspiratrice, Tallis demanda aux amis de son fils comment ils avaient appris sa lycanthropie, les indices qui les avaient mis sur la voie.

- Ma brillante intelligence, se rengorgea James.

Le regard navré que lui lancèrent Sirius et Peter acheva de faire périr Cassandra de rire.

Le lendemain, en se réveillant douloureusement sous ses traits humains, Remus fut heureux de voir que ses amis et ses parents avaient l'air de bien s'entendre. C'était tout ce qu'il avait souhaité. Et il accueilli d'un regard reconnaissant le chocolat chaud que sa mère déposa devant lui avec un baiser.

Quelques soirs plus tard, alors que la nuit avançait de plus en plus sans que James ait seulement fait mine d'arrêter de parler, Peter l'écoutait discuter sans y prêter trop attention. La tête posée sur ses bras croisés et les yeux fermés, il était tout simplement bien, bercé par la voix de son ami. Il était au chaud, entouré de gens qu'il aimait, et la rentrée paraissait loin… Il ne pensait pas avoir jamais été aussi heureux. Ses pensées vaquaient à leurs propres occupations, et il les laissait faire, se contentant de les observer.

Sortilège d'attraction et fourrure noire, disait James. Du moins, Peter croyait. Il voyait sous ses paupières Star se balader entre des pieds, reniflant l'air environnant de son petit nez sensible. Il avançait et serpentait entre les jambes de James, attiré par la bonne odeur des bonbons qui s'échappait de la poche de Remus. Sirius l'attrapa et le cala contre sa poitrine, répétant à l'envie qu'il était beau et tout doux et vraiment très intelligent, ce rat… Ca énerva Peter qui le mordit.

Il leva la tête en criant, faisant sursauter les autres qui se tournèrent vers lui. Peter se regarda attentivement, étonné d'être humain… Avant de réaliser.

- Je crois que j'ai trouvé mon animagus.


Vouàààlààà ! J'espère que ça vous a plu, et que vous n'êtes pas trop dégoûtés : ne vous inquiétez pas, pour eux aussi c'est bientôt la rentrée !

Eut égard aux moldus que l'on voit un peu plus dans ce chapitre, et aux références mode et cinéma, je comptais vous faire un bonus LJ sur le contexte anglais dans les années 70. Mais avec votre permission... Ca attendra demain !

Sur ce, j'attends vos théories sur les aventures et nouveautés de la rentrée dans les reviews !