Avant de me démonter les dents à coups de manche de pioche parce que ce chapitre a un retard impardonnable, souvenez-vous que je vous aime.
Bonne lecture.
...
-Elle te manque.
Ron ferma les yeux brutalement, comme si ce geste futile pouvait lui permettre de ne plus entendre les paroles de la jeune femme nue à ses côtés. Il lâcha un soupir audible, et se tourna vers la fenêtre de sa chambre, présentant le dos à sa maîtresse. Il pouvait sentir le matelas s'affaisser alors qu'elle s'approchait de son dos.
-Violette...l'avertit-il.
-Je peux l'imiter, mais je ne serai jamais elle, rappela d'une voix douce la blonde. Je suis Violette avant tout. Mais tu le sais, n'est-ce pas ?
Il l'ignora. Oui, il savait qu'elle n'était pas Hermione. Il savait également qu'il était malsain de prétendre être avec elle, de faire avaler du Polynectar à son amante et de s'oublier dans les bras d'une illusion. Il savait qu'il manquait de respect à la jeune femme que d'exiger qu'elle adopte une identité qui n'était pas la sienne, et qu'il ne méritait pas l'affection que Violette lui témoignait. Elle méritait un homme qui l'aimerait pour elle-même, pas un homme qui l'utilisait parce qu'elle était assez docile pour le laisser poursuivre d'amers fantasmes. Il n'avait en rien officialisé leur relation, se contentant d'appeler la blonde lorsqu'il désirait une femme, pâle imitation de celle qu'il aimait, dans son lit.
Et elle venait toujours, invariablement, faisant semblant de ne pas remarquer la culpabilité dans les yeux de Ron, ne relevant pas lorsqu'il la regardait à peine en lui tendant le flacon de Polynectar. Lorsqu'elle devenait Hermione, il était tout à elle. La passion supplantait le regret dans son regard bleu clair, et elle se consumait d'amour. Il avait été un coup de foudre, et elle était son coup de grâce.
Car ils savaient l'un comme l'autre que les choses ne pourraient continuer en l'état. Un jour, le dégoût et l'infamie de leur relation surpasserait le désir, et ils se haïraient. Violette ne voulait pas voir cet homme la quitter, jamais, et elle était déterminée à le garder.
Il fallait qu'elle remplace Hermione définitivement dans le cœur de Ron, sinon il s'éloignerait. Une telle pensée lui arrachait le cœur à vif.
-Tu ne penses qu'à elle...
-Parce que le connard qui est parti avec ta cousine, tu n'y penses pas ?
La réponse avait fusée avec la sécheresse d'une balle de fusil, et Violette eut un haut-le-corps. Elle sentit Ron se tendre, regrettant déjà son moment de colère.
-Violette, je suis dé...
-Non. Je ne pense pas à lui. Du moins, lorsque tu ne me le rappelles pas, rétorqua-t-elle avec un sarcasme mordant.
Violette sentit avec dépit les larmes lui monter aux yeux. Se maudissant à voix basse, elle rejeta les draps et se leva d'un bond, tentant de ne pas frissonner alors qu'elle ramassait ses vêtements éparpillés. À nouveau, Ron laissa échapper un soupir, mais il ne bougea pas et ne dit rien.
Levant sa baguette, Violette transplana, et Ron resta seul. Merlin, qu'il se répugnait. Mais il savait qu'il ne pouvait pas se passer de la petite blonde et de la tolérance que celle-ci lui témoignait. Il devrait s'excuser le lendemain et s'assurer qu'elle revienne. Il devait prendre un peu mieux soin de Violette pour elle-même, et non pour ce qu'il voulait qu'elle soit.
…
Hermione sursauta lorsque sa cheminée flamboya d'un émeraude étincelant, lui faisant lever les yeux de son livre. Elle manqua gémir. Depuis ses fiançailles avec Malefoy, elle avait l'impression que son appartement était devenu un lieu de passage aussi fréquenté que le festival de Cannes. De plus, pour la première fois depuis des mois, elle avait décidé de s'octroyer un week-end seule, sans voir quiconque. Elle avait interdit à tous les hiboux de pénétrer dans les lieux le matin même. Cependant, elle fut surprise de voir qui était son visiteur.
-Mademoiselle Granger, salua d'un ton pincé Lucius Malefoy en s'époutissant avec dédain.
-Il me semble que vous vous soyez trompé de cheminée, Monsieur Malefoy, répliqua-t-elle en baissant à nouveau les yeux sur son livre. Je ne vous raccompagne pas.
Lucius renifla, comme si la plaisanterie cinglante de la jeune femme empoisonnait l'air ambiant, et s'avança d'un pas.
-A dire le vrai, c'était bien vous que je désirais voir.
-Malheureusement, il me semble avoir envoyé un hibou à votre épouse la semaine passée décrétant que je ne voulais pas être dérangée ni aujourd'hui ni demain. Aussi vous prierai-je de quitter mon appartement.
Au lieu de l'écouter, les yeux de Lucius fouillèrent vivement le salon avant de se poser sur un fauteuil face au canapé sur lequel sa jeune bru était installée. Il prit place dans dit fauteuil, main agrippant toujours sa canne à tête de serpent, et son regard incisif et calculateur parcourut le visage de Hermione.
-Mais je vous en prie, installez-vous, lança-t-elle avec un sarcasme brûlant. Un petit verre tant que vous y êtes ?
-Non merci, répondit froidement Lucius. Je détesterais devoir boire quelque chose de moldu.
Les sourcils de la brunette se haussèrent violemment, mais le patriarche Malefoy ne lui laissa pas le loisir de lui répondre.
-J'aimerais savoir ce que vous projetez, déclara-t-il simplement.
-Ce que je projette ?
Une image ridicule d'une salle de cinéma vint à l'esprit de Hermione, et elle cacha un sourire narquois avant de s'ôter la plaisanterie de l'esprit.
-Oui, c'est bien ce que j'ai dit, railla Lucius d'une voix traînante. Que complotez-vous ? Vous semblez avoir accepté la situation...or, je sais bien que vous voudriez nous combattre jusqu'à votre dernier souffle. Alors, ma fille ?
-Je ne prévois rien, répondit-elle d'une voix limpide. De plus, je ne vous vois presque pas, Narcissa et vous-même, à présent que votre épouse est convaincue que je suis capable de me vêtir sans son aide. Cependant, si vous demandez à votre fils, je suis persuadée qu'il n'aura de cesse de se lamenter de ma conduite à son égard, comme la petite fille qu'il est.
Les lèvres de Lucius devinrent un fin trait blanc au milieu de son visage, et ses yeux flamboyèrent de colère.
-Faites attention, Granger, siffla-t-il. Vous parlez de mon fils et de mon héritier. En outre, je sais pertinemment que vous prévoyez quelque chose et je vous assure, ma chère Sang-de-Bourbe, que je découvrirai de quoi il s'agit.
Lucius se leva.
-Veuillez m'accompagner, lança-t-il. Mon épouse m'envoie vous dire que finalement, l'essayage de votre robe de mariée aura lieu aujourd'hui.
-Mais je...
Le regard glacial de Lucius la réduisit au silence. Elle n'avait pas le choix. Avec un soupir, la sorcière posa son livre, saisit sa baguette et son manteau, et suivit son futur beau-père dans les flammes vertes de la cheminée.
…
Hermione grommela en posant un pied devant l'autre, descendant les escaliers du Manoir Malefoy. Narcissa l'avait accueillie sans un mot, et l'avait jetée dans les bras d'une poignée de professionnelles de la mode afin que celles-ci prennent ses mesures et bavardent entre elles à voix basse. Elle avait perdu son après-midi à écouter les idiotes vanter les mérites du tulle et de la dentelle.
Le bruit sec et répété de talons claquant contre la pierre du couloir arriva jusqu'à ses oreilles, et Hermione leva la tête, s'attendant à voir Narcissa surgir pour lui indiquer qu'elle n'en avait pas terminé avec les stylistes.
Cependant, ce fut une autre personne qui parut. Astoria Greengrass leva les yeux, et se figea un instant, pied sur la première marche qu'elle s'apprêtait à monter tandis que sa rivale descendait. Puis, avec tout le superbe d'une princesse impériale, elle reprit son ascension. La lèvre de Hermione se retroussa de dégoût et de haine, et ses doigts se glissèrent dans la poche de sa cape, agrippant sa baguette.
Lorsqu'elles se croisèrent dans l'escalier, Astoria s'arrêta, se tournant vers la née-moldue avec un éclat malveillant dans les yeux. Hermione la toisa, méprisante, et il y eut un bref silence que la voix cristalline de la maîtresse de Drago interrompit.
-Je monte, et tu descends, déclara avec morgue l'ancienne Serpentard. Voilà un présage particulièrement heureux pour moi.
Hermione la dévisagea froidement.
-Il faut être bien stupide pour prêter foi à la Divination, surtout lorsqu'elle provient de la bouche d'une personne aussi mauvaise, répondit-elle.
-Je rejoins Drago, clama Astoria en jetant une mèche foncée par-dessus son épaule. Et toi, tu pars.
Hermione ne put s'en empêcher. Un sourire éclatant fendit ses lèvres, et elle répondit d'un ton joyeux,
-Oui. Je viens de finir le premier essayage pour ma robe de mariée. Tu sais, celle que je porterai lorsque je descendrai l'allée pour rejoindre ton amant devant l'autel ?
La mâchoire d'Astoria se contracta brutalement.
-Fais attention, Granger, siffla-t-elle. Un de ces jours, tu pourrais malencontreusement avoir un petit accident.
-J'en tremble de peur, rétorqua Hermione d'une voix lente en observant ses ongles. Et maintenant, si tu veux bien m'excuser, certaines d'entre nous ont une vie en dehors des draps de l'élévation sociale.
Avec un dernier rictus, elle tourna sur son talon et finit de descendre les marches, sentant le regard furieux d'Astoria dans son dos.
…
Astoria pénétra dans la chambre de Drago en claquant violemment la porte, sa cape voletant autour d'elle comme celle d'une reine, et son regard noir se fixa sur le blond qui était installé devant la cheminée ronflante, sirotant un verre de whisky.
-Te voilà enfin, dit-il sans la regarder, yeux perdus dans les flammes.
-J'ai croisée ta charmante fiancée en arrivant ici, rétorqua la jeune femme en jetant sa cape de côté avec un feulement de chatte enragée. Il serait grand temps que tu lui enseignes le respect à grands coups de bâton.
La tête de Drago se leva enfin, ses yeux se posant sur sa maîtresse, admirant la longueur des jambes qu'il devinait sous sa robe émeraude.
-Granger était ici ?
-De toute évidence, siffla Astoria d'une voix coupante.
Drago renversa la tête en arrière et vida son verre d'une traite.
-Pourquoi ?
-Un essayage de robe de mariée, je crois, mais sachant qu'il s'agit d'une sale petite Sang-de-Bourbe, il est également possible qu'elle soit venue voler les armoiries.
Drago se resservit un verre, langue claquant contre son palais.
-Granger est beaucoup de choses, mais elle n'est pas une voleuse, répondit-il simplement. Je ne l'aime pas plus que toi, ma belle, mais il faut que tu acceptes la situation si tu veux être la mère de l'héritier Malefoy un jour.
Astoria se radoucit à l'évocation, et elle sourit doucement. Ses doigts vinrent saisir les boutons de sa robe, et elle les fit sauter lentement, un à un, sous les yeux appréciateurs de son amant, avant de laisser tomber la robe à ses pieds, se retrouvant nue hormis ses talons.
-Lorsque tu n'auras plus besoin d'elle, je me ferai un plaisir de la torturer avant que ta famille dispose de son cadavre, promit Astoria en s'avançant d'une démarche féline vers son compagnon.
Il sourit et posa son verre sur la table basse à ses côtés avec un claquement sec, l'invitant à monter sur ses genoux. Il saisit sa taille doucement et l'embrassa avec force, glissant sa main dans les cheveux de sa maîtresse qui ronronna de plaisir.
Soudain, il tira brutalement la chevelure de la jeune femme, exposant sa gorge, lui faisant mal. Elle laissa échapper un hurlement de douleur et de panique mêlées, et put constater que le visage de son amant était aussi glacial que dur.
-Je t'ai déjà dit que je n'aimais pas que l'on touche à mes jouets, Tori, et Hermione Granger m'appartient.
Elle lâcha un cri à nouveau alors qu'il tirait plus fort encore.
-Si quelqu'un doit la torturer, ce sera moi et moi seul. Si j'apprends que tu as osé lever un seul doigt contre ma fiancée, je te le ferai payer amèrement. Me suis-je bien fait comprendre ?
Elle gémit, et il tira encore.
-Ou...oui ! Dé...désolée...
Il la relâcha aussitôt, satisfait, et elle le regarda, apeurée.
-Bonne fille, siffla-t-il avant de capturer ses lèvres avec les siennes.
…
Hermione lâcha un soupir ennuyé dans son verre de vin rouge et regarda autour d'elle. La Baguette d'Or, restaurant sorcier gastronomique dans lequel le Tout-Londres se précipitait, était bondé, comme d'ordinaire. C'était l'endroit où l'on venait pour les derniers potins, et c'était la raison pour laquelle Narcissa avait décidée de l'envoyer dîner avec Drago dans cet endroit maudit.
Sentant tous les regards sur elle, l'héroïne de guerre et la fiancée d'un Mangemort richissime, la jeune femme soupira et fixa son regard sur la table.
-Arrête de faire cette tête, lança Drago d'une voix traînante. On pourra croire que je te bats.
Pour toute réponse, Hermione fixa la nappe blanche encore plus intensément.
-Très drôle, Granger.
Elle soupira à nouveau et leva le regard vers lui. Il la détaillait pensivement.
-Il me semble que tu as encore neuf secrets à me révéler à ton propos, chérie, déclara-t-il.
-Tu en veux un maintenant ?
-Autant donner un minimum de sens à un dîner qui n'en a aucun.
Hermione se rabattit lentement contre le dossier de son fauteuil. Le ton ennuyé de son fiancé était démenti par la lueur vive dans ses yeux gris.
-Bien, souffla-t-elle.
Une serveuse vint leur apporter leur entrée, et elle se tut en attendant que la jeune femme s'éloigne, avant de prendre une bouchée d'asperges sauce mousseline. Elle sentait le regard orage de son fiancé sur elle. Redressant la tête, Hermione s'essuya délicatement les lèvres sur sa serviette et contempla son verre de vin un instant.
-Mon arrière-grand-mère était une sorcière, déclara-t-elle.
Pour son compagnon, on eut dit qu'une bombe venait d'exploser sur la table. Il lâcha sa fourchette dans ses gambas flambées, et se raidit. Avec sécheresse, il lança,
-Ne mens pas, Granger. Tu es une sale petite Sang-de-Bourbe. Tu n'as pas une goutte de sang magique dans les veines.
Calmement, Hermione le dévisagea. Elle pouvait sentir les vagues de fureur radier du Sang-pur pour la brûler.
-Je suis de parents moldus, oui, confirma-t-elle d'un ton pincé, et j'en suis fière. Mais ma grand-mère maternelle était une Cracmolle, fille d'une sorcière et d'un moldu. Ceci explique cela, n'est-ce pas ?
Les doigts de Malefoy se serrèrent brusquement autour de son couteau, et elle supposa qu'il s'imaginait qu'il s'agissait de sa gorge.
-Tu mens, affirma-t-il brutalement. Tu mens, Granger. C'est impossible que tu sois une sorcière...que tu descendes d'une famille de sorciers. Tu es la Sang-de-Bourbe par excellence.
-Je te le répète, je suis née-moldue, rétorqua-t-elle. Mais cela n'empêche pas qu'il y ait effectivement eu des sorciers dans ma famille. Ma grand-mère me l'a révélée peu avant de mourir, l'année dernière, et les recherches que j'ai entreprises ont confirmé ses aveux.
Malefoy lâcha à voix basse un chapelet de jurons qui fit rougir la jeune femme.
-Cependant, reprit-elle d'une voix claire, même si j'avais su cela avant, du temps de l'école par exemple, cela n'aurait rien changé. J'aurais tout de même été la Sang-de-Bourbe à tes yeux, et née-moldue aux miens.
Il jura encore une fois et repoussa son assiette, l'appétit visiblement coupé.
-Tu es la Sang-de-Bourbe par excellence, répéta-t-il. Et tu le resteras toujours à mes yeux. Cette révélation ne change rien.
-J'en suis consciente, répondit-elle avec élégance en avalant une gorgée de vin. Et toi, tu resteras toujours à mes yeux un Malefoy.
Elle avait lancée la remarque comme une insulte, mais elle fut surprise de voir le sourire calculateur qui vint jouer sur les lèvres de son fiancé.
-Tu détestes tant ce nom, se réjouit-il. Tu haïras le porter. Après notre mariage, je ne m'adresserai plus à toi que comme madame Malefoy.
-Va te faire voir, répondit-elle d'une voix égale avant de lui retourner le sourire, espèce de traître à ton sang.
Elle sursauta et lâcha un petit cri en sentant quelque chose lui brûler la cuisse, et aussitôt la serveuse fut à ses côtés.
-Madame... ?
-Ce n'est rien, assura Hermione avec un sourire tremblant. Je...je me suis versé un peu de sauce dessus.
La serveuse hocha la tête et s'éloigna, et la brunette tourna un regard empli de rage sur son fiancé, qui sirotait son vin, air innocent démenti par la froideur de ses yeux.
-Je rêve, ou est-ce que tu viens de me jeter un sort sous la table, au beau milieu d'une salle de restaurant ?
-Mais bien sûr que non, chérie, répondit-il d'une voix menaçante. Tu t'es simplement renversé un peu de sauce dessus.
Hermione le foudroya du regard.
-Deux peuvent jouer à ce petit jeu-là, chéri, rétorqua-t-elle sur le même ton.
Une lueur amusée parut dans les yeux de Malefoy.
-C'est aussi ce que tu as dit à Astoria, avant-hier, en la croisant chez moi ?
Hermione cligna des yeux.
-Comment... ?
-Elle m'a dit que vous vous étiez affrontées, sans échange de tirs toutefois. Je dois avouer être étonné.
-Je suis ravie de constater que vos discussions sur l'oreiller tournent autour de moi, remarqua la jeune femme d'une voix indiquant qu'elle n'était pas ravie du tout.
Elle se massa les tempes doucement.
-J'ignore ce qui me retient de te tuer, Malefoy.
-Le fait que tu en sois totalement incapable ? Je ne suis pas Charles Weasley, après tout. Je sais où se trouve la tête et où se trouve la queue d'une baguette. Mais je dois t'avouer être curieux.
L'excitation à peine masquée dans la voix du Mangemort repenti fit lever brusquement la tête de la jeune femme. Les yeux d'orage la dévisageaient avec intensité, et son corps s'était légèrement tendu, prouvant qu'il se concentrait sur elle et sur rien d'autre. Pour quelqu'un d'aussi détaché que le blond, c'était étonnant.
-Qu'est-ce qui a poussé la petite princesse de Potter au meurtre, Granger ? susurra-t-il. Comment l'as-tu tué ? Quand ? Pourquoi ?
Elle ouvrit la bouche, prête à clore la conversation, mais il écarta son geste d'un mouvement des doigts, impatient.
-Ces questions-là, bien qu'intéressantes, ne sont pas essentielles. Mais y as-tu pris du plaisir, Granger ? As-tu senti le pouvoir que tu possédais sur lui, la décision de vie ou de mort ? Aurais-tu désiré recommencer ? Est-ce que...
-Arrête, souffla-t-elle, yeux écarquillés. Je...il ne s'agit pas de cela. Contrairement à toi, je n'ai pas le meurtre dans les veines. Je l'ai fait, sans plaisir...pour le plus grand bien...
-Tu seras bientôt une Malefoy, princesse, souffla-t-il à voix si basse qu'elle dut tendre l'oreille pour l'entendre. Bien sûr que tu as le meurtre dans tes veines.
Hermione était horrifiée.
-Non ! Je serai une Malefoy par alliance et contre mon gré. Je ne...je ne suis pas comme toi. Comme vous.
Il se leva, balayant la table encore pleine du regard, tirant sa cape devant lui.
-Tu nous ressembles plus que tu voudrais bien le croire, Granger. Nous partons.
Jambes flageolantes, Hermione n'attendit pas qu'il lui tende son manteau et l'enfila, se glissant derrière lui. L'air froid de la nuit fouetta ses joues, lui éclaircissant les idées. Sans un regard de plus pour l'homme de ses cauchemars, elle leva sa baguette, s'apprêtant à transplaner. Néanmoins, il lui saisit le poignet avec un regard pointu.
-Oh, non, Granger. Il va falloir cesser ce petit manège de tenter de me fausser compagnie. Il se trouve que nous avons de la visite au Manoir ce soir.
-Pansy et Blaise ?
-Oui. Ainsi que les Greengrass.
La bouche de Hermione s'ouvrit de manière peu distinguée.
-Les Greengrass, répéta-t-elle lentement.
-Monsieur et Madame Greengrass et leurs filles, Daphné et Astoria, expliqua-t-il avec un geste de la main.
-Je refuse d'assister à-
-Tu ne peux rien me refuser, Granger. Tu as renoncé à cette liberté lorsque tu as accepté de m'épouser. À moins que tu préfères Azkaban ?
Elle serra les dents.
-Pourquoi dois-je assister à cette réunion, au juste ?
Drago détourna les yeux, comme gêné.
-Daphné va se marier. La tradition exige que ses trois demoiselles d'honneur soient choisies parmi les familles les plus éminentes du pays.
-Et cela me regarde parce que... ?
-Les trois familles sorcières les plus éminentes d'Angleterre, et comportant des femmes, sont à l'heure actuelle les familles Malefoy, Parkinson et Greengrass.
Ne comprenant toujours pas où il voulait en venir, Hermione fronça les sourcils.
-Attends. Si je comprends bien, Pansy et Astoria seront ses demoiselles d'honneur...mais la famille Malefoy n'a pas de filles. Même par cousinage.
Elle capta soudain le regard intense de son fiancé et secoua vivement la tête, comprenant enfin, ses boucles rebondissant sur ses épaules.
-Oh, non, non, non, non, non. Non, Malefoy. Il en est hors de question.
-Tu n'as pas le choix, asséna-t-il sèchement. La tradition...
-Je me moque éperdument de la tradition. Je ne suis pas une Malefoy-
-Tu le seras bientôt.
- -et je refuse d'être demoiselle d'honneur au mariage de la sœur de ta maîtresse.
Drago soupira, et plutôt que d'entendre les supplications de sa fiancée, lui saisit soudainement le bras, les faisant transplaner tous les deux en direction du Manoir.
...
Avant d'éclater d'un rire méprisant en vous disant "tout ce retard pour si peu?" et de me lapider sur la place publique, veuillez vous souvenir que je vous aime.
A très bientôt,
DIL.
