Percy retint une grimace lorsque l'ascenseur déboucha à destination. Au sommet de l'olympe. Tout était en ruine à l'horizon. Percy devinait que cela avait été des temples en l'honneur des dieux. Percy n'avait jamais vu cette partie de l'Olympe dans son monde d'origine. Toutefois, il imaginait très bien que cela avait été magnifique. En temps ordinaire, en temps de paix, tout l'Olympe était splendide et paisible ! Aujourd'hui, l'Olympe était sombre et en ruine. Il ne restait plus que des vestiges de la grandeur des Olympiens. Cronos avait veillé à détruire chaque bâtiment qui témoignait de leur règne. L'Olympe reflétait le monde des mortels. Il était silencieux et solitaire. De lourds et sombres nuages d'orage s'amoncelaient au-dessus de leur tête, menaçants. Parfois, un éclair crépitait sans signe avant coureur, faisant sursauter les intrus et s'assombrir, un peu plus, Zeus à chaque fois.
Chacun d'entre était dévasté par le spectacle qui s'offrait à eux. Ils étaient, tous, apeurés par ce qui les attendait. Aujourd'hui, ils n'étaient pas en position de force ici. Cronos avait conquis ce lieu, il y a longtemps déjà ! Et bien que les Olympiens avaient récupéré en puissance en se regroupant, ils étaient loin d'avoir atteins leur ancienne puissance. Pour cela, ils devraient abattre Cronos. Ce qui était loin d'être fait !
Percy activa son arme favorite et s'avança, ses yeux dardant autour de lui avec méfiance. Il percevait la puissance de Cronos d'ici ! Elle était, malheureusement, bien trop familière au goût de Percy. Il aurait préféré se tenir loin du Titan ! Cependant, ce n'était pas une option… Pas s'il ne voulait pas revivre l'apocalypse et la perte de toutes les personnes chères à son cœur. Il n'avait pas d'autres choix que d'entrer au cœur du combat dans le mince espoir de mettre Cronos hors d'état de nuire.
Percy prit une profonde inspiration visant à être stabilisatrice. Il savait déjà à quoi il devrait faire face. Dans son propre monde, il en avait eu un mince aperçu. Il est vrai que Cronos était loin d'être à pleine puissance, alors. Il n'avait pas le plein contrôle du corps de Luc, un ingrédient essentiel pour la prise de contrôle du monde. Dans ce monde-ci, c'était la chose faite ! Luc n'existait plus... Ce n'était plus qu'un corps familier avec un monstre aux commandes. Un corps de la taille d'un immeuble ! Mais Percy savait qu'il n'en serait pas moins difficile de faire face à Cronos.
Il n'y avait aucune animation... C'était étrange et effrayant ! Percy n'avait jamais vu ce lieu aussi terne et silencieux. Il n'avait connu l'Olympe qu'animé, cela l'attristait de le voir ainsi.
Bientôt, le palais fut en vue. L'ensemble des Olympiens se figèrent pour quelques instants. Leur maison, comme le reste du monde, était dévastée. L'ainé du groupe, Hadès, fut le premier à se reprendre. Il prit une profonde inspiration et déclara :
« Restez concentré. La moindre seconde d'inattention et s'en sera fini de nous ! »
Plusieurs Olympiens hochèrent la tête alors que les autres se contentaient de resserrer leur emprise sur leur arme de prédilection, avec une détermination renouvelée.
L'instant était arrivé ! Le grand jour où tout se jouerait. Aujourd'hui, le destin des Olympiens mais aussi du monde serait dévoilé. Cela pouvait être tout aussi bien la fin des dieux de l'Olympe ou le début d'une nouvelle ère pour eux.
Il ne fut pas difficile de pénétrer dans le palais. Que Cronos soit conscient ou non de leur présence et les laisse approcher n'avait pas d'importance. Ils étaient là où ils devaient être ! Ils se dirigeaient au lieu même où leur présence était exigée pour garantir leur survie et celle des mortels.
La réalité de la situation devint claire à l'instant précis où ils pénétrèrent dans la salle du trône.
Son état dévasté ne surprit même pas Percy. Il s'y attendait ! Bien sûr que le lieu symbolisait le mieux la grandeur des Olympiens n'aurait pas pu échapper à la fureur de Cronos ! Il ne restait rien des douze trônes… en dehors d'un tas de poussières. Les magnifiques dalles qui ornaient, autrefois, la salle du Conseil n'étaient plus qu'un souvenir. Toutes étaient sales, cassées ou fêlées.
Le seul espace intouché se trouvait au centre de la pièce. Un grand cercle clair d'en trois mètres de diamètre. Les dalles y étaient encore splendides et indemnes. Au centre de ce cercle siégeait un trône. Immense et envoutant. Un immense sablier qui retenait l'attention de Percy. Le sable qu'il refermait semblait animé d'une vie qui lui était propre. Percy ne pouvait pas en détacher les yeux. Il avait l'impression que quelque chose criait « à l'aide » depuis cette chose.
Un regard vers sa famille et il réalisa qu'il était le seul à ressentir cela. Aucun des autres n'accordait d'attention au sablier géant. Leur regard était sur Cronos qui siégeait avec calme, comme indifférent à leur arrivée.
Cela intrigua Percy. Lui aussi, aurait dû être plus intrigué par Cronos que par ce sablier. Et, pourtant, Percy avait encore l'impression que ce sablier était la chose la plus importante de cette pièce.
« Vous voici donc, enfin, Olympiens ! »
Cronos se leva, finalement, et leur fit face avant de les toiser depuis ses vingt mètres de hauteur. Cronos leur donnait l'impression de n'être que des fourmis. Ils n'avaient pas assez de puissance pour dépasser la taille moyenne d'un mortel adulte. Seul leur nombre pourrait faire la différence dans la lutte qu'il s'apprêtait à mener. Un bien mince avantage.
« Quelle folie vous a conduit ici, Olympiens ? Il n'y a qu'un avenir possible pour vous : la mort ! »
Cronos s'avança, faisant reculer ses ennemis d'autant de pas.
« Avant que le soleil se couche, vous tomberez ! Et il en sera de même pour vos infâmes enfants qui se battent ici bas. »
La menace fut de trop pour l'ensemble de leur groupe. Les trois grands furent les premiers à réagir. Ils bondirent en avant, s'aidant de leurs pouvoirs. L'atmosphère sembla s'alourdir à la manifestation massive de tous ces pouvoirs. Percy, alors que les autres se joignaient à leurs ainés, orienta, une dernière fois, son attention vers l'étrange sablier avant de rejoindre la bataille.
Ils s'acharnèrent pendant de longues minutes. Cronos s'amusait de leur effort. Il riait même ouvertement. Finalement, il dut en avoir assez car il agit vraiment pour la première fois. Il poussa un rugissement et d'un ample mouvement des bras, il envoya une vague de magie autour de lui. Ils furent, tous, rejetés loin de Cronos avec violence.
Percy sentit tout l'air quitter ses poumons lorsqu'il percuta le mur avec une violence insoupçonnée. Percy glissa à terre avec une grimace, des tâches d'ombre ternissant sa vision. Pendant quelques secondes terrifiantes, il peina à trouver son souffle.
A plusieurs mètres de lui, au-delà du sablier qui l'intriguait tant, les Olympiens avaient déjà repris le combat. Ils s'étaient relevés et s'avançaient, encore une fois, vers leur redoutable ennemi. C'est alors que Cronos joua son plus bel atout. Le temps ! Il le ralentit considérablement. Percy grimaça au souvenir de cette sensation. Ressentir le temps ralentir dans un espace bien défini. Percy avait détesté cette expérience.
Percy se redressa puis cligna des yeux lorsqu'il réalisa qu'il n'était pas touché par le pouvoir de Cronos. Contrairement au reste du Conseil. Sans doute le faite qu'il vienne d'un autre monde jouait-il un rôle la dedans. Percy examina la situation avec anxiété. Il ne pourrait rien faire seul. Or, les autres n'étaient pas utile pour le moment, coincé dans une phase temporelle différente.
« Je suis le puissant Cronos ! Vous n'arriverez pas à m'éliminer votre propre sang me maintiendra toujours en vie. Je me nourrirai de son âme pour le reste de mon existence. »
Percy s'immobilisa dans son avancée périlleuse à ces paroles. Il se retourna, d'un mouvement vif, vers le sablier. Il avait tout compris ! Pourquoi ce sablier lui semblait si important… Pourquoi le sable semblait animé d'une volonté qui lui était propre… Les paroles de Cronos avaient éclairé ces sentiments… Là, mêlé à ce sable, dans le sablier de Cronos, était enfermée l'âme de Luc. Et, apparemment, elle jouait un rôle crucial dans la survie de Cronos. Autant que son corps… Sinon plus.
Percy n'hésita pas, il courut en arrière. Droit sur le sablier. Son mouvement brusque attira, cependant, l'attention de Cronos. Le dieu du temps poussa un rugissement de rage et envoya une impulsion de pouvoir concentré vers Percy. Une concentration mortelle. Fort heureusement, selon Percy, elle ne le frappa pas avant qu'il n'ait eu l'occasion de frapper le fragile verre de son épée. Le sablier se craquela avant de céder. Le pouvoir de Cronos frappa Percy de plein fouet. La vision de Percy blanchit et il perdit connaissance.
