Disclaimer: Hidekazu Himaruya

Persos: Dans ce chapitre? Matthew, Gupta, Lars, Arthur, Francis, Carwyn et Marco

Parings: Sous entendu de Antonio/Gilbert

Genre: Humour , Romance, UA, Family, Aventure, ect...


Chapitre 20: La vengeance des pirates


Il savait depuis longtemps qu'il avait un frère jumeau.

Quand il était petit, il se demandait pourquoi il y avait un autre berceau dans le grenier. Il avait demandé à sa mère à qui il était et elle avait pleuré. Puis elle l'avait prit dans ses bras et lui avait dit qu'il avait un jumeau qui avait été enlevé par des pirates. Et que ce frère s'appelait Alfred.

Le petit, depuis, avait l'impression qu'il lui manquait quelque chose. Il dessinait souvent un garçon aux cheveux blond à côté d'un dessin de lui. Il imaginait son frère près de lui et lui parlait, quand il était seul, comme un enfant parle à un ami invisible.

En grandissant, il avait arrêté.

Mais il n'oubliait pas. Et ressentait une certaine tristesse face à cette absence. Il était terriblement seul car ses parents étaient très protecteurs envers lui et ne le laissaient que rarement quitter la demeure. Il n'avait donc pas vraiment d'amis. Les rares qu'il avait, c'était les enfants des amis de ses parents qui venaient souvent.

Les années étaient passées. Il faisait de son mieux pour satisfaire son père mais sentait qu'il n'était assez bon, qu'il n'avait aucune chance de lui succéder. Il essayait pourtant mais ça ne suffisait pas.

Il était trop sensible, un peu fragile. Il n'arrivait pas à se battre à l'épée. Il était plus à l'aise avec ses livres ou son matériel de dessin. Il n'était pas destiné à devenir un marin.

De plus, étouffé par ses parents, il avait du mal à s'épanouir correctement.

Et puis un jour, son frère était réapparu, de nul part. Il parla des gens qui l'avait élevé, nomma l'île, mais fut incapable de la situer sur une carte.

Alfred était un garçon énergique, une vrai boule d'énergie, il apprenait vite et bien, se montrait curieux et enthousiaste pour tout.

Il dépassa vite son jumeau dans tous les domaines, sauf l'économie, les plantes (et leur capacités de guérison) et le dessin. Il était mal organisé aussi. Mais à part cela, il se débrouillait bien et se révélait déjà un escrimeur doué.

Son père, Matthew le vit bien, préféra vite Alfred.

Ce fils miraculé, revenu malgré tout, malgré sa famille d'adoption, se montrait un fils prodigue et fort, généreux et déterminé. De plus comment ne pas aimer Alfred? Tout le monde l'adorait, Matthew aussi. Mais il avait l'impression que son père le négligeait. Il ne prenait plus le temps de regarder ses œuvres, ni de discuter avec lui comme avant.

Son jumeau monopolisait l'attention.

Mais le jeune garçon n'arrivait pas à lui en vouloir, trop heureux de retrouver son frère, de partager des choses avec lui, de jouer enfin tout le temps avec quelqu'un.

Parfois il se sentait triste que la complicité d'antan avec son père ne soit plus pareille. De voir son frère partir une fois en voyage avec leur père.

Il trouva réconfort auprès de sa mère. Elle lui apprit des choses. Comment tisser, coudre, broder. Elle lui apprit la musique. Il se révéla doué dans beaucoup de domaine artistiques. Et même en cuisine. Tant de domaines où Alfred se révélait peu brillant.

Avec son frère il partageait beaucoup de choses. Ce fut lui qui l'aidait à faire le mur plusieurs fois pour aller se promener dans leur ville portuaire. Bien vite ils en connurent toutes les petites rues. Ils passèrent du temps à regarder les navires qui accostaient. Ils allèrent, à l'adolescence, dans les tavernes pour goûter à la bière.

Alfred succéda à leur père. Puis celui-ci disparut dans une mission dangereuse. Son frère jura de retrouver le coupable. Il se mit à écumer les mers dans ses missions, recherchant le responsable dont il n'avait que le nom ''Spearow''.


Matthew était assis dans sa cellule, les jambes ramenées contre son torse, les bras les entourant et songeait à tout ce qui s'était passé. Il n'avait jamais pensé que les pirates pourraient s'en prendre à la famille d'Alfred. Mais il n'y avait rien d'étonnant là-dessus, c'était des barbares, des brutes et des voleurs. Ils pillaient, violaient, détruisaient. Ils n'avaient aucune conscience. C'était ce qu'on lui avait toujours dit, ce que son père avait toujours répété. Alfred, qui avait vécu avec eux, ne lui avait jamais parlé de la vie avec eux. Il passait son temps à les maudire, à dire leur plus mauvais côtés.

Matthew l'avait interrogé à une époque mais son jumeau changeait tout le temps de sujet.

Il n'avait jamais fréquenté de pirates, n'avait que des on-dits. Et il se rendait maintenant compte que c'était des gens comme les autres. Des malheureux qui n'avaient, pour certains, que cela pour survivre. Même si d'autres devaient l'être par esprit d'aventure ou par cupidité.

Il n'avait jamais vu les prisonniers que ramenait son frère, celui-ci les déposant à la forteresse directement.

Et maintenant, les pirates voulaient se venger d'Alfred. Pourquoi maintenant? Son jumeau avait-il franchi un seuil de tolérance? Il n'était pourtant pas le premier à faire de l'ombre à la piraterie. Était-ce parce qu'il voulait arrêter leur roi? Mais ça faisait un moment que cela durait. Peut-être parce qu'il l'avait presque tué la dernière fois? Mais, là encore, cela remontait.

«Je t'ai apporté à manger.» Fit le dénommé Lars en ouvrant la porte pour pousser un plateau vers le jeune homme. «C'est pas terrible mais t'es logé à la même enseigne que les autres. T'attend pas à ce qu'on te traite comme un petit prince.»

Matthew l'ignora, et détourna la tête, refusant de manger.

«Fais pas la gueule. On est gentil avec toi tu sais? Au début, le capitaine voulait te vendre au marché aux esclaves mais finalement son frère l'a convaincu de te laisser dans une ville portuaire.

- Et pourquoi aurais-je le droit à un traitement de faveur?

- Ça fait des années que Antonio a pas vu son frangin qui est dans un autre équipage, il voulait pas le contrarier en refusant une demande, surtout que c'était la première.

- Mais pourquoi le frère veut que je sois bien traité?

- Ha...parce que...il est un peu trop sensible. Et que tu n'y es pour rien selon lui. Donc il veut que tu sois traité comme un otage.

- C'est à mon jumeau que vous en avez. Vous voulez le tuer.

- Pas vraiment...enfin il aura le droit à un procès.

- Dont l'issue ne fait aucun doute.» Railla le jeune homme. Comment ces barbares pouvaient parler de justice? Ils étaient eux-même des criminels. Ce serait une parodie de procès et le destin d'Alfred était déjà scellé. Peu importait leurs arguments. «Pourquoi maintenant? Il n'est pas le premier à vous mettre des bâtons dans les roues. Il n'est pas le premier à vous tourner le dos et il n'était qu'un enfant alors. Alors quoi?

- Disons qu'il a fait quelque chose de grave, qui est un affront à la piraterie toute entière...et un crime à ses yeux.

- Et qu'est-ce que c'est?»

Lars eut un rictus effrayant «Tu n'as pas envie de le savoir mon enfant.»

Matthew se hérissa «Arrêtez de me traiter comme un gamin, je ne suis pas beaucoup plus jeune que vous.

- Tu agis comme un gamin en tout cas. Tu es tellement naïf. Je suis certain que, malgré ce qu'on t'a montré, tu as des idées bien arrêtées sur nous. Tu ne connais rien à la vie. Tu vois tout en blanc ou noir. Alors pour moi, oui, tu es un gamin. Tu restes blotti chez toi et tu ne fais rien. Tu es une femme ou quoi? Quoique il y a des femmes pirates chez nous. La comparaison n'est pas idéale.

- Très drôle.

- Et tu vois ton frangin comme un héros?» Il ricana et ajouta, dans un sourire dangereux «Peut-être que tu devrais assister au procès. Cela t'ouvrirait les yeux sur ce qu'il est vraiment.

Menteur. Vous détestez juste mon frère parce qu'il est le cauchemar des pirates.»

Lars se mit à rire de façon hystérique, se laissant tomber contre la paroi du bateau, littéralement plié en deux. Après quelques instants, il se reprit «T'es un marrant toi. Ton paternel ne nous effrayait pas, et on le respectait même. La façon dont Spearow l'a piégé et éliminé ne nous a pas plut. Il méritait un duel honorable. Mais ton frère ne respecte rien, nous voit comme des nuisances et des criminels, sans chercher à comprendre. Ton père savait des choses et respectait certain d'entre nous.

- Ne mentez pas. Je sais que vous détestiez mon père. Il a tué le grand Romanyus.

- Ha bon? Ce n'est pas ce qu'on dit. Romanyus a disparu dans une expédition dans une zone dangereuse. Rien à voir avec ton paternel. C'est une rumeur qui s'est répendue pour qu'on le craigne. Mais vu qu'on savait la vérité, ça nous a plus fait marré qu'autre chose.»

Matthew ne sut quoi répondre, il avait toujours cru à cette histoire, et était persuadé que son père était un héros pour avoir destitué le roi des pirates, les avoir dispersé après avoir éliminé leur chef. Et son père n'avait jamais nié cette histoire, même s'il semblait gêné quand on en parlait. Il avait menti? Il n'arrivait pas à y croire.

Comme s'il comprenait son trouble, Lars reprit d'un ton plus doux «Les supérieurs de ton père ont pensé que on le craindrait plus comme ça. Je suppose que ça l'a pas mal gêné. Il voulait arrêter Romanyus oui mais voulait un duel honorable, d'homme à homme, une vraie bataille. Ton père était quelqu'un de bien. Mais ton frère ne connaît pas le nom honorable. Il prend au piège, attaque par derrière, retourne nos tactiques contre nous. Il ne mérite ni respect ni duel. On va le piéger à son tour et il sera juger par les pirates pour ses actes.»

Soudain une voix se fit entendre «Lars, Antonio et grand frère veulent te voir.» C'était un garçon d'environ 12 ans, aux yeux bleus et aux cheveux blonds.

Matthew ouvrit de grand yeux. Que faisait un enfant sur un bateau de pirate? Ce pirate engageait des gamins pour le travail de mousse?

«Okay, j'arrive Ludwig.» il se releva et regarda le prisonnier «A plus tard Princesse. Et mange tout, on veut pas que tu crève de faim.»


Francis descendit dans la cale du navire, qui était faiblement éclairée. Marco retenait Lars à l'extérieur, l'occupant par un flot de paroles et de demandes, soit disant données par son frère. Une partie était vraie mais pas tout non plus.

Il avait voulu voir le petit frère de cet Alfred. Il voulait lui parler, car il sentait que le jeune homme devait être mort de peur. Il était aussi curieux. Il voulait savoir quelque chose.

Une silhouette apparut devant ses yeux. Un garçon aux cheveux blonds qui était blotti dans un coin, tremblant. Le prisonnier releva les yeux et ses orbes mauves se posèrent sur l'arrivant, intimidés.

«Qui êtes vous?

- Un fils de Romanyus. Je m'appelle Francis.

- C'est vous le frère perdu qui est dans un autre équipage?» Fit le captif, timidement. «Lar...le pirate qui me garde m'en a parlé pour passer le temps.» Il avait eu le droit à l'histoire de la famille de son capitaine, bien que les informations soient soigneusement dépourvues de choses importantes, se limitant aux anecdotes.

Francis s'accroupit devant le garçon et eut un sourire aimable «J'espère que tu te sens bien malgré la situation. Désolé de ne pas pouvoir faire quelque chose.

- Pas vraiment. J'ai peur.» Il avait été dans cette pièce qui servait de prison pendant des jours, et même s'il était bien nourri et que le pirate nommé Lars venait souvent le voir pour lui parler, il se sentait horriblement seul et vulnérable. Il était effrayé par ce qui pouvait lui arriver et ce qui allait arriver à son jumeau.

Le pirate secoua la tête «Ils n'ont rien contre toi spécialement.» Il aurait voulu poser une main sur l'épaule du petit mais la grille l'en empêchait. «Tu seras libre dès qu'ils auront fini ce qu'ils ont à faire.

- S'ils ne me vendent pas à un marché aux esclaves. Ils ont dit qu'ils ne le feraient pas mais...

- Si c'était quelqu'un d'autre que Antonio, ce serait une possibilité. Mais il a bien l'intention de te renvoyer chez toi. Je lui ai demandé.»

Matthew aurait aimé crier, dire qu'il voulait qu'on aide son frère et qu'on fasse quelque chose pour empêcher ce qui allait arriver mais il sentait que son interlocuteur ne ferait rien pour le sauver, rien pour le libérer. «Pourquoi tant de haine pour mon frère? Je sais qu'il a arrêté de nombreux pirates et les a envoyer au bagne ou à la forteresse mais ça fait un moment.

- Ce n'est pas pour ça. Les pirates estimaient que c'était une question de fierté de le combattre sur les mers.

- Alors pourquoi?

- Il y avait un endroit où vivaient des familles de pirates. Des hommes de la mer trop vieux pour naviguer, des femmes et des enfants. Ils gagnaient leur vie en commerçant, car l'île était assez grande pour faire des cultures et des élevages. Sauf qu'on découvrit un filon de diamant dans la falaise. Et un beau filon.

- Je ne comprend pas.» balbutia le jeune garçon, sentant qu'il allait entendre quelque chose qui ne lui plairait pas. Quelque chose à propos de son frère. Il déglutit et lança, bravement «Le rapport avec mon frère?

- Un jour des navires sont apparus et ont accosté. C'étaient des navires qui semblaient normaux à première vue. Sauf qu'une armée a débarqué...

- Non.

- Les hommes ont été envoyé à la forteresse pour piraterie. Les enfants dans des orphelinats du continent. Et le reste en un lieu appelé ''la ville des désespérés''. C'est un endroit où l'on envoie tout ceux dont on ne veut pas. Il y a beaucoup de gens qui n'ont plus rien, plus de maison. Ils doivent travailler jusqu'à épuisement pour gagner de quoi manger. Ce n'est pas un endroit joyeux.

- Alfred n'aurait jamais fait une chose pareille. Il est...» Il s'interrompit, les souvenirs de la haine de son frère pour les pirates revenant à sa mémoire. Il frissonna et détourna la tête. «Ce...Ce ne peut être lui.

- Pourtant ce n'est pour rien qu'il est accusé.

- Il est détesté par votre peuple, c'est facile de lui mettre ça sur le dos.» Il ne croyait lui-même pas en ses paroles mais refusait d'admettre la vérité. Imaginer que son frère s'en était pris à des femmes et des enfants lui était insupportable.

«Il y a eut des personnes qui ont échappés à ça ou qui se sont échappés de la ville des désespérés.» fit Francis d'un ton doux. «Il n'y a aucun doute là-dessus.»

Matthew sentit l'horreur l'envahir. Comment son frère avait-il pu faire ça? Il était si gentil, si doux, mais il haïssait les pirates. Pouvait-il s'en prendre à leurs familles?

«Je viendrais te revoir dès que j'aurais du nouveau.

Pourquoi êtes-vous venu?

Je voulais savoir comment tu allais. Et te poser une question, une seule question.

Qu'est-ce que c'est?

Alfred a t-il eut parfois l'air de regretter quelqu'un nommé Arthur?»

Le jeune homme secoua la tête, il ne connaissait que trop bien ce nom et savait que cela était pire que ça. «Jamais, il semblait le détester dès qu'il est arrivé chez nous et parlait déjà de l'arrêter et de ne mettre à la forteresse dès qu'il serait pirate. Et quand je disais qu'il ne le serait peut-être pas, il riait d'un air méprisant. Plus tard, il enrageait de n'avoir pu le capturer mais se réjouissait de l'avoir blessé.» Il avait honte de ce comportement. Dès qu'il s'agissait de pirates ou de cet Arthur, Alfred perdait tout sens commun et devenait quelqu'un d'autre, qui lui faisait un peu peur.

Un éclat de tristesse passa dans les yeux de Francis qui soupira et fit «Je vois. Merci.» Il se leva et partit «Bon courage.»


Arthur faisait les cent pas dans sa cabine, impatient. C'était bientôt le moment, bientôt il serait captif et lui pourrait enfin lui cracher sa haine au visage. Et ce traître aurait enfin ce qu'il méritait pour tout le mal qu'il avait fait à la piraterie.

Francis se leva et vint le prendre dans ses bras, lui caressant les cheveux avec douceur et disant, d'un ton doux «Tout vas bien Arthur, ça va bien se passer.

- Je ne sais pas ce que je pourrais lui dire quand il sera prisonnier dans ma cale.

- Tu n'es pas obligé d'aller lui parler. Tu peux l'ignorer.

- Mais je veux qu'il sache comment je le vois.»

Francis traça quelques cercles dans le dos de son amant avec sa main, pour le rassurer. Celui-ci enfouit son visage dans le cou de son second, respirant avec bonheur son odeur et se nichant un peu contre lui. L'autre resta quelques instants silencieux et fit, doucement «Comment tu te sens? Je veux dire à l'idée de ce qui va se passer.

- C'est moi qui jugerais, je suis le roi des pirates après tout. Malgré ma jeunesse, j'ai gagné de titre dans un duel magnifique avec Antonio qui était l'héritier. On sait que je serais impitoyable et personne ne veut qu'il ait une chance.

- Donc son destin est déjà scellé.

- Pas forcement, on peut user de la magie sur lui. Une punition qu'exécutera Lukas, un grand magicien, du niveau de Romanyus. Il est un peu un ermite chez les pirates mais exécute les sentences magiques. Sur l'île où aura lieu le procès il y a un endroit particulier qui sert à ça. Je te montrerais.

- On ne va pas sur l'île habituelle?

- Non sur une autre. Une encore plus secrète. C'est le cœur de la piraterie. Aucune personne avec de mauvaises intentions envers nous ne peu entrer sans ma permission.

- La magie du lieu te reconnaît comme le roi?

- En gros.»

Arthur joua avec les cheveux de son second, pensif puis soupira «Après tout ça, on pourra enfin partir à la recherche du trésor et s'en emparer. Je sais où il se trouve.»

Francis sourit et serra un peu plus son amant contre lui «Je suis content que tu es tout compris, tu mérite ce trésor. Tu as souffert après tout.»

Arthur sourit et embrassa soudain son second, le serrant dans ses bras avec tendresse, il lui caressa le dos et, après avoir détaché ses lèvres des siennes, s'en prit au cou pâle où il laissa quelques marques rouges.

«Ce n'est pas le moment.» Fit Francis en riant légèrement. Il se tortilla pour échapper aux caresses.

«Chatouilleux?» Fit l'autre avec un sourire amusé «Je sais comment obtenir tout ce que je veux maintenant.

Attend que je trouve ton point faible.»

Arthur se dégagea dans un petit rire «Je n'en ai pas mon cher» Et il se dirigea vers la petite table pour prendre son tricorne et le mettre sur sa tête. Il enfila son long manteau rouge et se dirigea vers la porte, dans un sourire conquérant. «Bientôt ce sera fini et je pourrais enfin tourner la page.»


Encerclé, le navire ne mit pas longtemps à se rendre. L'équipage fut capturé et assista à l'envoi de son bateau par le fond. Ils furent dispersé sur plusieurs bâtiments. Et Alfred fut traîné jusqu'à celui d'Arthur. Enchaîné il se contenta de cracher un «TOI» plein de dégoût.

Le capitaine ricana et envoya un coup de pied dans le ventre du captif avant de dire «Tiens toi tranquille, t'es pas en position de râler.

- Tu es trop lâche pour m'affronter alors tu as engagé plein de sbires pour le faire?

- Tu sais très bien pourquoi tu es là. Tu es allé trop loin cette fois. Tu nous a défié de façon trop grave pour qu'on laisse passer ça.»

Arthur resta immobile, les yeux baissé sur son prisonnier, un sourire presque cruel aux lèvres. Carwyn le regarda, craignant un geste brusque et irréparable. Mais le pirate ne fit rien. Il se détourna et fit «Emmenez le à la cave.

- Tu as trop peur de m'affronter à la loyale sale barbare?»

Arthur ricana et sortit son épée, se retournant. Il leva son arme et l'abattit, faisant pousser un cri à son frère.

«ARTHUR NON!»

Mais la lame ne fit que déchirer la joue du prisonnier, le faisant pousser un cri de douleur. Du sang se mit à couler sur le bois du pont. Alfred serra les dents sous la brûlure de la blessure. Il releva les yeux vers le pirate qui le narguait du regard.

Celui-ci lança, nonchalamment «A la prochaine parole, tu deviens borgne.» Nul doute qu'il le ferait. «Il te faut vivant, pas intact.» Et il tourna les talons, laissant ses hommes entraîner le prisonnier à la cale. Il lança cependant «Antonio tient ton frère en otage, alors tu sais ce qu'il te reste à faire d'accord?

Il entra dans sa cabine et s'assit sur le lit. Il enfouit son visage dans ses mains et prit une grande inspiration, tremblant. Il ne devait pas flancher. Il ne devait plus rien ressentir normalement. Il le détestait. Ce n'était plus le petit frère affectueux qu'il adorait. Cet enfant tant aimé était mort, ne restait que ce garçon cruel et méprisant.

«Grand frère, regarde j'ai fabriqué un bateau avec du bois.»

«Grand frère, regarde je sais nager...pourquoi tu sais pas toi?»

«Arthur, le héros te sauvera toujours.»

«Grand frère, je peux dormir avec toi? J'ai peur de l'orage et j'ai fait un cauchemar!»

Il soupira «Je ne suis qu'un idiot sentimental.» Il sursauta quand Francis entra à son tour dans la cabine et s'assit près de lui, le prenant à nouveau dans ses bras. «Tu te sens bien?

- Pourquoi je ne peux pas oublier mes souvenirs de lui?

- C'est normal, tu tenais à lui.

- Il a tenté de me tuer plusieurs fois, je ne devrais plus rien ressentir.» il soupira et se redressa, jetant manteau et chapeau sur le lit. Il se passa la main dans les cheveux et fit «Tu ne l'approche pas, je ne veux pas qu'il sache quoique ce soit à son sujet.

- Il me connaît déjà, vu ce que j'ai fait au dernier combat contre lui.» rit Francis en allant sortir une bouteille et deux verres qu'il remplit. Arthur prit l'objet avec plaisir et but d'un trait. «Ce sera bientôt terminé de toute façon.»

Francis lui caressa la joue et fit, tendrement «Tu devrais lui dire ce que tu ressens vraiment, ça te soulagerait. Vide lui ton sac à la figure.»

Le capitaine soupira et murmura, pensif «Sûrement»


Arthur arriva face à la cellule et fixa son ancien petit frère à travers la grille. Le jeune homme s'aperçut de sa présence et eut une moue méprisante. Sa plaie à la joue avait un peu cicatrisée et cela lui donnait une belle balafre. Il avait un regard haineux.

Arthur soupira «J'avoue que je ne te comprend pas Alfred.» Il s'adossa à la paroi et continua, les yeux rivés à son interlocuteur «Quand tu es arrivé sur l'île, tu n'étais qu'un bébé. Notre famille, depuis la mort du père de mes frères, était plus marchande qu'autre chose. Et seul mon père était encore pirate. Et c'est lui qui t'a enlevé. Il n'a pas dit tout de suite d'où tu venais. On a pensé que tu étais un orphelin.

- MENSONGES.» Cria Alfred, les yeux brillant de colère.

Imperturbable, Arthur continua «Tu as grandis, tu étais un enfant adorable. Curieux, exubérant, avide d'apprendre et si joyeux. Tu étais mon petit frère et j'aurais voulu que ça ne change pas. Mais mon père est partie, après qu'on ait appris qu'il était responsable de la mort du premier mari de ma mère. Il l'avait livré à ton père. Une trahison pour lui voler sa famille. C'est Romanyus qui nous l'a apprit. Il avait mené une petite enquête. C'est au moment de la dispute avec ma mère qu'il a dit d'où tu venais. Mais c'était trop tard. Nous n'aurions pas pu te ramener sans conséquences.

- De quel droit avez-vous décidé ça. Vous n'aviez pas le droit de me priver de ma famille. Vous auriez du me ramener.

- Et nous faire arrêter par ton père?» Railla Arthur, ironique «Comme si nous étions assez idiots pour prendre des risques pareils.

- Tais-toi.

- Tu te souviens quand tu as attrapé une pneumonie, après t'être baigné pendant la nuit un hiver? Tu étais dévoré par la fièvre. Tu as failli mourir. J'étais à peine plus vieux que toi mais je suis resté à ton chevet pendant des jours. Et je suis tombé malade à mon tour. Tu as fait plein de dessins pendant tout ce temps pour m'aider à me sentir mieux.

- Je ne m'en rappelle pas.» Grogna Alfred, détournant la tête. Il aurait aimé se boucher les oreilles mais il ne pouvait pas.

Arthur continua «Tu sais, au début, je pensais que tu étais mon vrai frère. J'étais trop jeune pour ma rappeler que tu étais adopté. Tu disais que tu voulais devenir un grand pirate, comme le père de mes frères.

- C'était des rêves de gosses. J'ai grandis. Tu devrais aussi.» Il semblait en colère, plus que plus tôt, comme si les paroles lui faisaient mal, des vérités assénées avec violence. «Je regrette juste de ne pas avoir pu ta capturer et te laisser pourrir à la forteresse.

- Et un jour tu as appris la vérité. Tu as refusé de nous écouter et tu as fugué.

- Et je ne le regrette pas. J'ai été bien plus heureux avec ma vraie famille.» cracha le plus jeune, voulant blesser son interlocuteur. «J'ai eu droit à un vrai avenir!»

Mais celui-ci sourit, presque cruellement «Tu as raison. Alfred, le Alfred que j'aimais et connaissais est mort quand il s'est enfuit. Tu es devenu un monstre. Quoique non. Ton frère ne semble pas être aussi mauvais que toi.

- NE PARLE PAS DE MATTIE COMME CA.

- Et ton père...était un homme respectable qui nous affrontait loyalement en duel. C'était un homme d'honneur. D'ailleurs il n'a pas tué Romanyus. Il l'aurait capturé après un combat loyal, d'homme à homme...concept que tu ne connais pas.

- Quoi?

- Tu es devenu un individu méprisable, cruel, qui ne connaît ni la loyauté (sauf peut-être vis-à-vis de ta famille.), qui s'en prend aux faibles et aux familles des pirates...un lâche.

- JE NE SUIS PAS UN LÂCHE.» Cria Alfred, fou de colère, sa fierté mise à mal par ces paroles.

«Combien de femmes ont été envoyé dans la ville des désespérés? Combien d'enfants as-tu arraché à leur mère pour les envoyer dans cet orphelinat?

- Ils auront une bien meilleure éducation comme ça.»

Arthur soupira. L'autre n'avait aucun remord. Il se pinça l'arête du nez et fit «Tu ne regrette même pas tes actes?

- J'ai fait mon devoir.

- Ton père n'aurait jamais fait ça. C'était un homme d'honneur.» Il se détourna «Tu sais quoi? Je m'en lave les mains. Tu devras faire face à tes actes. Je ne ferais rien pour te sauver. J'avais dans l'idée de t'éviter la mort mais tu m'as coupé toute envie.» Il asséna d'un ton glacial «J'espère que Antonio tiendra la promesse qu'il a faite à son frère et ne vendra pas le tien dans un marché aux esclaves. Ho je pourrais m'en assurer mais pourquoi me fatiguer?» Il avait dit ces mots avec un air nonchalant, haussant les épaules.

Alfred pâlit, et balbutia:«Tu n'oserais pas. Mon jumeau n'a rien fait. Il n'a rien à voir avec cette histoire.» Il avait enfin perdu son assurance et semblait apeuré. La menace avait fait son effet.

Savourant ses paroles, Arthur continua, cruellement, mentant ouvertement:«Il fallait réfléchir avant de faire cette action. Ces familles aussi n'avaient rien à voir avec les actes de pirateries.» Il fit quelques pas pour quitter la cale et lança, par dessus son épaule «Adieu Alfred, on ne se reverra pas avant ton procès. Je voulais que tu sache que je n'oublierais jamais l'enfant que tu étais mais comme je l'ai dis, mon petit frère est mort pour moi. Tu es un inconnu. Un ennemi. Et je te traiterais comme tel.» Et il quitta la cale, sans un regard en arrière.

«REVIENS ESPECE DE LACHE.»

Arthur ne se retourna pas et quitta la cale, retournant dans sa cabine. Une fois à l'intérieur, il se laissa tomber et enfoui son visage dans ses mains.

Il ne s'attendait à rien.

Il savait que l'autre dirait des choses pareilles.

Mais il n'aurait jamais cru que l'autre n'aurait aucune conscience de ce qu'il avait fait, aucun remord. Et autant de mépris à son égard. Il prit une grande inspiration. Au moins les choses étaient claires et il n'avait plus à se préoccuper de quoique ce soit. Il n'aurait aucun remords à participer au jugement et à asséner la sentence.


Alfred regarda son frère, qui l'avait rejoint dans sa cellule «Matthew, tu vas bien. Je suis tellement content de voir que ces barbares ne t'ont rien fait.

Ils ne m'ont rien fait non.» il ne savait pas comment aborder le sujet qui le tourmentait. Comment demander à Alfred si ces paroles étaient vrais. Il toussota et fit «Ils m'ont dit pourquoi ils t'en voulaient tellement.

- Tu ne vas pas les croire, il essaie de te monter contre moi.

- C'est vrai cette histoire? Tu t'en ai pris à tes vieillards, des femmes et des enfants? Tout ça pour un filon de diamants?

- Non les diamants c'était un prétexte.» Il plaqua sa main contre sa bouche en se rendant compte de ses paroles et recula légèrement en voyant la colère apparaître sur le visage de son jumeau.

«DONC C'EST VRAI?» Cria le plus jeune, serrant les poings «Tu as séparés des familles, envoyé des enfants en orphelinats et les autres dans cette ville misérable? Qu'est-ce qui t'a prit?

- Mais Mattie c'était des femmes de pirates, leurs enfants, et d'anciens criminels. Au moins les enfants auront une bonne éducations maintenant.»

Matthew prit une grande inspiration et tenta de se calmer. Son jumeau ne se rendait compte de rien? Ne voyait pas que ce qu'il avait fait était mal? Il se mordit la lèvre et chuchota «Tu te rends compte de ce que tu dis? De comment tu te justifie. Tu as puni des gens innocents. Ces enfants n'avaient rien fait. Tu les a séparés de leurs familles...toi plus que n'importe qui tu aurais du comprendre quelle douleur cela peut-être.

- Mais...

- Tu t'es attiré la haine de beaucoup. Comment tu compte t'en sortir?

- Je suis un héros et...

- Ne sois pas idiot. Tu ne peux rien faire. Tu es prisonnier et dans un lieu où notre flotte ne vient jamais. Une île mystérieuse où seuls les pirates peuvent se rendre.

- Je...

- Et ils vont te juger. TE JUGER. Tu va peut-être...» il prit une grande inspiration et essuya ses larmes d'un geste rageur «Pourquoi as-tu fait ça? Tu ne pouvais pas te contenter de les affronter sur les mers?» il se mit difficilement debout et fit quelques pas dans la cellule, avant de se tourner vers son frère «Qu'aurait dit papa s'il avait su ce que tu as fait? Il n'aurait jamais eu de telles pratiques lui.

- Comment veux-tu qu'on élimine les pirates si on ne prend pas des mesures.

- Et bien ce sont eux qui ont prit des mesures. Tu as eu le droit à un retour de flammes.

- Notre flotte va...

- Je ne pense pas. Elle a été entièrement coulée par la flotte des pirates.» répliqua Matthew d'un ton sec, faisant pâlir son jumeau. Celui-ci devait espérer énormément à ce propos mais il fallait qu'il revienne sur terre et se rende compte de sa situation.

«Comment tu sais ça?

- Un pirate me l'a dit. Ils ont fait la fête sur le bateau.»

Alfred se laissa aller contre la paroi et déglutit, ne sachant soudainement plus que dire ou que faire, il sentait enfin l'inquiétude qui l'envahissait. Il se demanda ce qui l'attendait. Il balbutia «Ils vont faire quoi?

- Te juger si j'ai bien compris.» murmura son frère avant de s'asseoir près de son jumeau et de le prendre dans ses bras. Il fallait espérer que le pirate ait des remords, et soit clément. Peut-être que Al ne serait pas tué. Peut-être que ce serait autre chose.


Arthur enfouit son visage dans le cou de Francis, restant contre lui, et lui caressant le dos sous ses vêtements. Il ferma les yeux. «Enfin arrivés.

- C'est un endroit étrange. Je sens presque la magie autour de nous.»

L'île était assez grande et ne contenait d'une ville qui s'élevait le long d'une falaise en haut de laquelle il y avait une sorte de palais. Arthur avait une chambre dans ce bâtiment. Depuis la veille de nombreux navires arrivaient. Beaucoup voulaient voir ce qui allait arriver à Alfred. Ce garçon s'était attiré la haine de beaucoup.

«Tu n'es pas anxieux?

- Si un peu.» Arthur soupira et joua avec les mèches dorées de son amant, avant de se redresser sur un coude, regardant son second dans les yeux. Il lui caressa la joue et chuchota «Mais cela doit être fait.

- Je sais. Mais j'ai l'impression que tu ne vas pas très bien. Tu es sûr que tu veux le faire toi-même.

- Je vais le faire. J'ai besoin de le faire. Il faut que je fasse une croix là-dessus une bonne fois pour toute.»

Francis se redressa et passa un bras autour de la taille de son capitaine, l'attirant sur ses genoux. Il l'embrassa doucement et murmura contre ses lèvres «Ce que je vais dire te paraîtras peut-être fleur bleue mais je suis avec toi.

- Tu es un romantique de toute façon.» rit Arthur, déboutonnant la chemise blanche de son amant, un sourire aux lèvres. «J'aime ce côté de toi.

- Qui aurait cru que le terrible capitaine Kirkland serait si tendre?

- C'est ça, moque toi.»

A Suivre