Huit mois plus tard…
-Tu es vraiment sûr que tu veux accrocher cela ici? Redemanda Clarke à Bellamy avec une voix qui lui suppliait de faire machine arrière et de lui répondre que non.
Malheureusement pour elle, son petit-ami, fraîchement débarqué dans son appartement, n'avait pas l'intention de changer d'avis.
-Oui, j'en suis sûr, répondit-il en reprenant ses mots, qu'il prononçait avec plus d'aplomb que nécessaire.
Il savait très bien que sa princesse n'allait pas contrer son projet à moins que lui ne décide de l'abandonner. Et ça, il ne le voulait pas. Se saisissant de la perceuse qu'il avait emprunté à un voisin plutôt sympathique, il fit un trou dans le mur, essayant de ne surtout pas percer de travers. Ce n'était pas la seule fois qu'il voulait planter un cou dans un mur, mais il éprouvait tout de même une certain appréhension. Cela était la première d'une longue série d'améliorations qui ferait de cet appartement l'endroit où ils se sentiraient bien et il refusait de gâcher cela. Après avoir réussit à enfoncer le clou, il prit avec une grande précaution la toile que Clarke lui tendait, la saisissant par les bords de son cadre pour éviter de l'abîmer. Evidemment, il ne s'agissait là ni d'un Picasso ou d'un Monet, mais pour lui, cette peinture en avait la valeur, du moins d'un point de vue sentimental.
-Je n'aurais jamais dû peindre ça, entendit-il murmurer sa princesse derrière lui.
Bellamy ne put s'empêcher de glousser. Au départ, cette ''oeuvre d'art'' n'était qu'une blague qu'elle lui avait fait, sûrement pour tromper son ennui. C'était à peu près un mois après son départ pour l'université. Ils s'étaient retrouvés séparer, chacun dans leurs villes et ils n'avaient pas encore pu se revoir car le traitement par dialyse que Clarke recevait était jusque alors le samedi et quant au dimanche, elle était incapable d'effectuer l'aller-retour en train en une seule journée à cause des mauvaises horaires de passage et de sa fatigue suite à son traitement ainsi que la masse de devoirs qu'elle devait faire. Bellamy de son côté, ne pouvait pas rejoindre sa princesse sans craindre que sa présence ne perturbe ses études à elle ou même de rater des cours. Hors de question pour lui de louper son dernier semestre car un échec signifierait de devoir passer à nouveau six mois sans sa petite-amie. Ils s'étaient donc concentrés sur leurs vies respectives, restant néanmoins en contact tous les jours, même pour se dire simplement bonne nuit. Plongé dans ses études, Bellamy avait été très surpris de recevoir un gros colis chez lui, dont l'adresse de l'expéditeur ne figurait pas sur le paquet. Hésitant dans un premier temps, il l'avait ouvert et en avait tiré une peinture dont il avait reconnu les traits majeurs avant même d'en reconnaître la scène. A ce moment-là, il avait su qu'il ne l'aimait que davantage et trouvait même que la qualifier uniquement de sa ''petite-amie'' était réduire son importance à ses yeux. Elle n'était pas pour lui une personne de passage dans sa vie. Il savait qu'elle allait rester à ses côtés, tout comme il resterait auprès des siens.
-Pourquoi? S'étonna-t-il en regardant une nouvelle fois l'endroit où Clarke avait signé son tableau.
Elle y avait ajouté une dédicace, qu'elle avait marqué en si petites lettres, que seuls eux deux n'en connaîtraient jamais l'existence. Une sorte de promesse d'amour qui n'appartenait qu'à eux et qu'elle avait scellé en le qualifiant ''de l'unique''.
-Je trouve que c'est un peu trop révélateur et intime pour être exposé à la vue de la première personne qui passera notre palier, maugréa-t-elle alors qu'il descendait les trois marches de l'escabeau afin d'avoir le même point de vue qu'elle sur la peinture.
-Tu ne disais pas ça de ta tenue le soir où tu m'as donné cette fameuse danse, répondit-il en insistant sur ce dernier mot pour faire une référence au titre de la toile, qu'elle avait intitulé ''danser pour lui".
-Mais je le pensais, se défendit-elle en faisant semblant de bouder, tandis qu'il se plaçait derrière elle et lui enveloppait les épaules de son bras protecteur, ou bien possessif selon les occasions.
Cela faisait partie de l'un de leurs nombreux petits jeux de couple qui les amusaient et qui se terminaient généralement par un gros câlin. L'un des deux faisait semblant d'être vexé et de ruminer dans son coin, puis l'autre allait le réconforter, utilisant tous les moyens nécessaires.
Bellamy fixa encore quelques secondes la toile peinte. Son œil s'attarda sur les courbes de la femme représentée dans une position lascive, penchée au dessus d'un homme qu'il savait en réalité être lui, une jambe enroulée autour de lui alors qu'elle semblait rejetée sa tête en arrière. Comme si ce simple contact avait suffit à lui faire redécouvrir la définition du plaisir. La femme et sa chevelure blonde qui ne pouvait appartenir qu'à sa princesse, était à peine vêtue, des tâches rouges et floues couvrant les zones sensibles et rendait ce spectacle mystérieux, tout comme les autres nombreuses zones également floues. Elle lui avait expliqué par téléphone que c'était sa manière de symboliser un mouvement éternel et de montrer que ce moment n'était pas figé dans le temps.
-Si ça peut te rassurer, commença-t-il en déposant un léger baiser sur l'arrière de la tête de Clarke, tu étais tout de même un peu plus habillée que ça, ce soir là...D'ailleurs, je me souviens parfaitement de la dentelle qui recouvrait…
Le coup de poing taquin qu'elle lui asséna l'interrompit. Il referma sa main sur la sienne, la forçant à lui ouvrir sa paume pour qu'il puisse y entremêler ses doigts aux siens.
-Plus sérieusement, commença-t-il en l'attirant un peu plus vers elle, passant un de ses bras sur l'épaule de sa princesse. Cette nuit...Rien ne pourra jamais l'effacer de ma mémoire. Et même si je le voulais, tout ce qui s'est passé après, y compris la direction que ma vie à prit, me la rappellerait sans cesse.
Il sentit Clarke tressaillir, mais il ne s'arrêta pas pour autant.
-Aucune des choses qu'il s'est passé ce soir là ne doit te faire ressentir une quelconque honte, et si c'est le cas, je la porterais avec toi, compris?
Il laissa sa jolie petite-amie poser sa tête contre son épaule tout en pensant à combien il chérirait ce moment encore des années après. Elle resta appuyer contre lui un peu plus longtemps encore, avant de se détacher en tournant sa tête.
-Il ne reste plus qu'à décorer tout le reste, soupira-t-elle alors qu'ils contemplaient tous les deux le reste du studio vide qui s'étalait devant eux.
Ma petite note : Ceci est considéré comme un bonus, ou un épilogue si vous préférez ! M'étant rendue compte que l'une des raisons pour lesquelles je mettais autant de temps à écrire la fin de cette histoire était que je n'étais tout simplement pas prête à quitter ces deux personnages, j'ai volontairement omis des moments importants comme le départ à l'université de Clarke par exemple afin de les décrire dans d'autres bonus, que je posterais quand j'aurais un peu de temps et que je sentirais revenir en moi cette fameuse nostalgie. Si la fin peut sembler trop focalisée sur Bellamy et Clarke, c'est que je voulais absolument finir d'écrire le fil rouge de leur relation. Certains événements autour me semblaient trop superflus ou alors plutôt destinés à devenir une partie de bonus pour que je les insèrent ( ex : le passage chez le médecin avec Bellamy où elle apprend que cela ne s'est pas aggravé ou un potentiel lemon mais je ne voulais pas rompre l'atmosphère romantique en faisant du trop explicite tout de suite).
Enfin, merci d'avoir suivi cette fanfiction. J'essaierais de me reconnecter régulièrement pour répondre aux commentaires, bien que j'ai d'autres priorité en ce moment!
