Bonsoir à toutes !
Nous voici arriver au chapitre 21 !
Personne n'a apparemment trouver, ou en tout cas n'en a fait mention, mais je vous le donne dans le mille, la référence à un Pixar était une réplique de Nord qui appartient en principe à Mirage dans les Indestructibles. Ah ! Et tant que j'y suis la référence à Botero dans le chapitre 13 est la comparaison avec un maître d'arme, made in Monde d'Ewilan.
Eya Sylvers : T_T Beuuuh, je suis désolée. Je n'ai pas pu poster avant ! Pas taper ! Aller, regarde : 4500 mots et des broquilles pour tenir jusqu'au prochain chapitre ! Et tu vas encore me détester sur la fin, je pense, parce que tu vas encore t'arracher les cheveux en attendant XD Fu fu fu. Ben, t'as qu'à nous publier ton épilogue x)
Disclaimer : l'univers des Légendes ©William Joyce, Les Cinq Légendes ©Dreamworks, Anastasie, alias Stacy, Timothée, alias Timmy l'Ami Imaginaire, et Anton et Leanne Lawford ©moi-même
Bonne lecture !
Chapitre 21 : « Les plus grands cœurs, hélas !, ont les plus grandes peines » (T. Gautier)
Jack ne réagit pas. Il s'installa sur l'accoudoir du fauteuil où était installé Sab'. Comme il croisait les bras sans daigner regarder quiconque, un Ver Luisant lui ordonna :
- Salue ton sauveur convenablement.
L'esprit de l'hiver eut un petit rire nerveux.
- Mon sauveur, hein ? C'est aussi parce qu'il m'a sauvé qu'il ne m'a jamais adressé la parole ?
Le garçon à l'apparence spectral sauta par-dessus le fauteuil de son maître, sa lance en avant. Il l'arrêta à quelques millimètres seulement de la pomme d'Adam de Jack.
- Ravale tes paroles. L'Homme de la Lune est un être bon. Tu lui dois ce que tu es aujourd'hui, déclara-t-il d'une voix ferme
Jack se leva brusquement et releva un peu le menton, plus pour être à la hauteur des yeux de ce garde du corps qui était vraiment très grand, que pour paraître hautain. Mais le garçon à la lance dut le considérer autrement car il toisa un peu plus l'esprit de l'hiver et raffermit sa prise sur son arme.
La foule de légendes s'étaient tu et observaient avidement l'échange qui était en train de se construire entre les Gardiens et l'Homme de la Lune.
Puis, le grand monarque légendaire inspira légèrement, se délectant du chaud breuvage. Il posa par la suite sa tasse sur la table basse. Il planta alors son regard lumineux dans les yeux de l'esprit de l'hiver.
- Laissez donc cet enfant tranquille, ordonna-t-il d'une voix posée avant de reprendre plus à l'attention du Gardien, jeune Jack Frost, je crois que je te dois des excuses pour ces quelques années dans le silence.
- Quelques années ? s'offusqua Jack, ne prêtant pas le moins du monde attention au fait qu'il coupait la parole à l'Homme de la Lune, tes quelques années ont représenté trois siècles !
Le monarque se leva. Il n'était pas de grande taille mais il faisait partie de ces êtres qui vous réduisaient instantanément à l'état d'infime particule tant leur présence s'imposait d'elle-même. Il intima le silence à l'esprit de l'hiver d'une petite main potelée.
- Et je m'en excuse profondément. Mais tu dois savoir qu'il était nécessaire que tu parcours ce chemin seul. Il me fallait une preuve de plus pour juger de ta valeur et des pouvoirs auxquels je te donnerais réellement accès.
Jack fit la moue mais comme il ne savait pas quoi répondre, il détourna le regard. Il avait plein d'autres reproches à lui faire mais pas en public. Il n'aimait pas trop parler de son couple, connaissant les légendes et leur inflexibilité envers les règles du monde de l'invisible. Alors se donner en spectacle face à cette foule… très peu pour lui.
Nord se racla la gorge et décida de reprendre la parole :
- Excusez-moi mais pourrions-nous revenir au sujet principal ?
Le garçon à l'aspect spectral reprit sa position initiale, derrière le fauteuil où siégeait l'Homme de la Lune tandis que ce dernier reprenait ses aises. Il fit signe à Jack de se rasseoir mais l'esprit de l'hiver décida de rester debout. Le monarque avala une petite gorgée de thé avant de reprendre la parole :
- Comme je venais de l'expliquer à tes compagnons, ma visite n'a rien d'amical. Je suis descendu en personne, alarmé par votre négligence à tous.
Il prit au mot chacune des légendes présentes dans la salle, même celles agglutinées dans l'encadrement de la grande porte.
- En effet, depuis quelques jours, la mission qui vous a été confiée est entièrement mise de côté.
- Mais, c'est parce que… voulut se rebeller Jack
- C'est à cause de ce trou noir. Oui, je sais, coupa l'Homme de la Lune, Nightlight m'en a fait part.
Il désigna vite fait le garçon à la lance et Jack put enfin mettre un visage sur le prénom du correspondant de Katherine. Pas étonnant qu'il soit au courant, pensa-t-il, elle a dû le lui dire dans une de ses nombreuses lettres. Le monarque interrompit le cours de ses pensées :
- Et même si je ne cautionne pas ces activités dont je ne défends pas la cause, il ne tient qu'à vous autres de vous impliquer ou non. Vous avez votre propre libre-arbitre.
Un petit rictus apparut sur le visage de Jack. Il n'y croyait pas, à la bienfaisance de cette grande légende parmi les légendes.
- En revanche, là où je me dois d'intervenir, c'est lorsqu'en contrepartie votre mission est négligée.
- La perte de nos pouvoirs, se permit de couper Bunny, c'est toi qui l'as occasionné ?
Jack eut un léger soubresaut : ce n'était donc pas une crise ? Il était véritablement en train de perdre ses pouvoirs ? Et les autres aussi subissaient le même sort ? Si c'était l'Homme de la Lune qui…
Ce dernier s'esclaffa ce qui eut pour effet de surprendre tout le monde.
- Non, non, bien sûr que non, assura-il après avoir calmé son éclat de rire, c'est une conséquence logique de votre condition. Une légende acquiert des pouvoirs afin d'accomplir une mission. Et seulement pour ça. Comprenez-vous ?
- Comme nous délaissons notre mission première, nos pouvoirs ne sont en théorie plus utiles. Donc, ils s'éteignent, répondit Fée en baissant la tête, penaude
- Exactement, reprit l'Homme de la Lune, et si vous continuez à la négliger, bientôt, vous n'aurez plus aucun pouvoir.
Un long silence perdura dans la salle.
- De toute façon, ça ne sert à rien, laissa échapper quelqu'un dans la foule, on est tous foutu. On va tous disparaître…
Le silence s'alourdit et s'accompagna bientôt d'un certain malaise.
Alors que personne ne disait rien et que la rencontre s'enlisait, il y eut un large mouvement de foule. Enfin, apparut un yéti furibond, la moustache frétillante et paniquée. Et ce yéti n'était autre que Phil. Il grommela quelques paroles incompréhensibles sauf pour quelques légendes. Dont l'Homme de la Lune qui recracha précipitamment la gorgée de thé qu'il venait de siroter.
- Pardon ?! s'écria-t-il
Mais son étonnement fut noyé dans l'œuf car Nord s'était levé.
- Comment ça ?! s'exclama-t-il à son tour, mais comment a-t-il fait ?
- Vous avez libéré Pitch Black ? s'insurgea le monarque envers le Père Noël
Cependant, le grand homme russe tentait de racoler l'histoire que Phil lui racontait dans tous les sens, s'emmêlant un peu les pinceaux.
- Qui sont-elles exactement, ces légendes absentes ?
- J'aimerai qu'on me réponde !
Un yéti apparut aux côtés du gardien présumé de Phil. Il tendit une liste à leur patron. Ce dernier la parcourut rapidement des yeux. Tout à coup, il ordonna aux deux yétis de repousser la foule et de la maintenir à l'extérieur : réunion privée oblige. Les légendes protestèrent mais elles ne pouvaient pour la plupart par grand-chose face à deux créatures de près de deux mètres cinquante de poils et de moustaches agitées.
Puis, Nord se laissa choir sur le sofa, passant une main fatiguée sur son visage ridé. Bunny tendit la patte et les quatre autres légendes prirent connaissance de la gravité de la situation.
- Votre souverain attend une réponse, intima un Ver Luisant
La remarque ne sembla affecter aucun des Gardiens, pris dans leurs réflexions.
- Oh, nom d'un œuf en chocolat… ce sont toutes des êtres maléfiques…
- Mais comment ont-ils fait ? demanda Fée
- Comme toujours : créer la peur dont Pitch se nourrira…
- Vous croyez qu'ils ont révélé aux humains que… tenta Jack
- Possible, déclara Bunny, après tout, ça créerait une panique générale et je ne doute pas que ce rat des carpettes s'en abreuve.
- Et avec toute cette force, renchérit Nord, c'était un jeu d'enfant pour Pitch de sortir de l'Atelier.
- Oh mon dieu, mais qu'avons-nous fait… se désola Fée
- C'est précisément ce que j'aimerais savoir ! s'écria soudain l'Homme de la Lune en se levant promptement
Les Gardiens sursautèrent. Ils découvrirent leur monarque lequel arborait un regard sévère. Il croisa les bras et réitéra sa question, martelant le sol d'un pied nerveux.
Comme d'habitude, Nord se fit porte-parole de ses compagnons :
- Et bien, tu dois savoir que pour venir à bout de ce trou noir, nous avons décidé sur les conseils d'Ombric de rassembler notre magie pour faire exploser cette menace. Seulement, nous pensions qu'il nous manquait de la puissance. Donc, nous avons pris la liberté de… de ramener Pitch Black au pôle.
Les Vers Luisants conservaient leur air innocent et joyeux mais au fond de leurs yeux transperçait une grande confusion. Mais si l'Homme de la Lune paraissait au-delà de la stupéfaction, ce n'était rien comparé à l'effroi qui s'était peint sur le visage de Nightlight.
- Nord ! s'écria-t-il, comment as-tu pu laisser faire ça ? Tu sais pourtant que…
- Calme-toi, s'il te plaît Nightlight, demanda posément le monarque
Il fit quelques pas vers la cheminée et contempla les flammes danser sur les bûches avant d'inspirer profondément :
- Résumons la situation calmement : vous avez libéré Pitch Black car vous avez besoin de sa magie vous perdez vos pouvoirs car vous n'êtes pas concentré sur vos missions premières c'est la panique générale chez les humains parce que vous avez laissé filtrer l'information et pour couronner le tout vous voulez arrêter un trou noir en utilisant tous vos pouvoirs combinés.
Il marqua une petite pause.
- Ai-je oublié de mentionner quelque chose ?
Tous les Gardiens avaient à présent la tête basse et se contentèrent d'osciller de la tête, un peu honteux d'avoir agi dans le dos de leur monarque. Enfin… sauf Jack Frost. Il affichait un air suffisant, comme si aucun reproche de l'Homme de la Lune ne pouvait l'affecter.
- Nous reparlerons plus tard de ce que vous avez fait, déclara finalement le souverain, pour l'instant essayons de régler le problème. Pour arrêter Pitch Black, une fois de plus, il faut anéantir les frayeurs principales de l'humanité. La priorité devient donc d'arrêter ce trou noir. Vous avez parlé de magie combinée. Qu'attendez-vous pour la lancer ?
Les Gardiens jetèrent un regard en coin à Jack. Son visage s'était instantanément fermé. Nord attrapa l'esprit de l'hiver par les épaules et l'amena en-dehors de la salle.
Il n'y avait plus grand monde, à part quelques légendes qui traînassaient dans le coin, et la porte était bien gardée par les deux yétis.
Jack tenta de se dérober à l'emprise de Nord mais il avait une forte poigne sur ses frêles épaules. Il le retourna face à lui comme une vulgaire poupée de chiffon.
- Nous allons continuer cette discussion avec Manny. Si ça ne te dérange pas Jack, j'aimerais que tu nous laisses faire. J'ai bien peur qu'il ne te fasse sortir de tes gonds.
Il relâcha son emprise sur le Gardien qui se déroba aussitôt en affichant une mine outrée.
- Ouais, vous voulez juste prendre la décision finale sans moi. Pour votre conscience, j'imagine.
- Non, Jack. Ce n'est pas ça. Nous essayons de sauver tout le monde. Je te le promets.
Jack Frost avait du mal à s'énerver contre le Père Noël. Pas parce qu'il était intimidé par sa taille, mais parce qu'il se sentait proche de ce grand homme à la longue barbe blanche. Il devait lui reconnaître les qualités d'un guide, presque paternel. Il se contenta de faire la moue et de fuir son regard.
- Jack, insista Nord, ce n'est pas contre toi…
L'esprit de l'hiver planta un regard plus froid que tous les blizzards qu'il avait pu provoquer jusqu'à lors. Nord en fut littéralement cloué sur place.
- Essayez de toucher ne serait-ce qu'à un cheveu de Stacy, déclara-t-il glacial, et crois-moi, Pitch sera le cadet de vos soucis.
Puis, il se détourna du Père Noël et s'en alla. Nord le regarda s'éloigner avec une petite mine affligée. Il retourna par la suite à la petite réunion privée. Malheureusement, il ne pouvait rien lui promettre…
oOoOoOo
Quelques minutes après seulement, Jack faisait tournoyer son bâton courbé sans aucune envie. Déjà qu'il était d'une humeur on ne peut plus massacrante, ne pas avoir de pouvoir pour s'occuper n'arrangeait en rien son comportement. Il avait même du mal à se jucher sur le dossier d'un pauvre fauteuil ! Il s'était d'ailleurs énervé contre le siège et l'avait envoyé valsé. Un yéti qui passait par là avec un troll l'avait dévisagé bizarrement.
Il n'aimait pas être mis à l'écart. Surtout qu'il était persuadé de ce qu'ils étaient en train de dire. C'était beaucoup trop tentant d'aller les espionner. Et Jack ne se fit pas prier pour y aller. Il se dirigea d'un pas tranquille vers la porte, histoire de ne pas éveiller les soupçons, pour finir par s'y adosser comme si de rien n'était. Les yétis n'y prêtèrent en effet aucune attention.
Soudain, la porte s'ouvrit et Jack partit en arrière. Il voulut s'accrocher sur un courant d'air mais ce fut sans effet. Il se massa une énième fois l'arrière-train en pensant que ce n'était décidément pas sa journée.
Lorsqu'il se releva, il croisa le regard de Nightlight. Ce dernier s'avança, obligeant Jack Frost à reculer. Le garçon à la lance referma la porte derrière lui sans quitter l'esprit de l'hiver des yeux.
- Tiens donc. A peine je sors pour te surveiller que je te trouve déjà en train d'essayer de les espionner.
Jack dédaigna le garde du corps de l'Homme de la Lune. Ce dernier ne le quitta pas des yeux une seule seconde.
Puis, brusquement, Jack s'élança dans les escaliers. Nightlight avait encore ses pouvoirs lui et il eut tôt fait de rattraper l'esprit de l'hiver. Mais il était malin et Jack redoubla de ruse pour tenter de filer compagnie à ce chaperon de dernière minute. Il s'engagea dans une course folle entre les rayonnages des différentes bibliothèques de Nord.
Sauf que Jack ne s'attendait pas à ce que Nightlight connaisse bien plus que lui l'Atelier du Père Noël.
Il se retrouva bientôt coincé, des étagères de bouquins dans le dos et le garçon à l'aspect spectral en face de lui.
- Laisse-moi ! Je veux simplement savoir ce qui se dit !
Puis, il ajouta peu convaincu :
- Je n'interviendrais pas…
Nightlight s'interposa avec sa lance. Tout d'un coup, le rayon de lune qui était accroché au bout émit une coruscation, bref éclat lumineux, qui éblouit tant Jack qu'il cligna plusieurs fois des yeux par la suite.
- Si on t'a laissé en dehors de cette discussion, ce n'est certainement pas pour que tu puisses l'entendre malgré tout. Et il est de mon devoir d'obéir aux ordres de l'Homme de la Lune.
Ce gars était tellement buté ! Jack fit la moue face à ce caractère inflexible. Puis, une petite pensée fit son chemin dans son esprit et il esquissa un bref sourire. Il retrouva un air nonchalant et s'adossa à la bibliothèque.
- Dis-moi… as-tu quelqu'un qui compte plus que tout pour toi ?
- Qui compte… plus que tout ? répéta-t-il en bafouillant, euh… bah, oui.
- Katherine, n'est-ce pas ? susurra Jack un large sourire fendant soudain son visage
Les joues de Nightlight rosirent légèrement. Puis, il se reprit, raffermit sa prise sur sa lance qu'il pointa vers Jack.
- En quoi ça te regarde ?
L'esprit de l'hiver perdit soudain tout sourire.
- Si tu tiens autant à elle, tu devrais pouvoir comprendre que je me préoccupe de ce qui se dit dans ce salon.
- Si tu tiens autant aux humains, tu devrais pouvoir comprendre que, parfois… il faut en arriver là.
La rage s'imprima de nouveau sur le visage de Jack.
- Retire ce que tu viens de dire tout de suite !
- Mets-toi en face de la réalité !
- Et tu laisserais faire, toi, si c'était ta chère Katherine ? Hein ?!
- Il y a plus que des sentiments en jeu dans cette histoire !
- Ose prétendre que tu ne te battrais pas pour sa vie !
- Eh ! Les garçons, du calme.
Les deux légendes firent volte-face en entendant cette petite voix. Katherine, entouré de ses boucles auburn, se trouvait au bout de l'allée. Elle s'avança vers Nightlight et abaissa la lance qu'il pointait toujours vers Jack Frost.
- Vous parlez tellement fort que je n'ai eu aucun mal à vous retrouver, gloussa-t-elle
Les joues de Nightlight retrouvèrent subitement des couleurs.
- Bonjour Katherine. Tu vas bien ?
Elle l'étreignit en retour.
- Oui, merci. Enfin… je pense que nous avons tous connu des jours meilleurs.
- Pourquoi es-tu ici ? demanda-t-il
- Un yéti a prévenu Ombric que l'Homme de la Lune était là et désirait le voir. Je me suis doutée que tu serais là.
Tous les deux semblaient gênés, discutant bien au-delà des mots qu'ils prononçaient. Nightlight se racla la gorge pour reprendre en contenance et déclara :
- Vois-tu, j'étais en train de surveiller ce Jack Frost. Il ne doit pas…
Mais lorsque le garçon à la lance et Katherine se tournèrent, il n'y avait plus aucun esprit de l'hiver dans les parages.
- Oh non !
Nightlight s'envola précipitamment et chercha des yeux son fugitif.
- Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda Katherine
- Je dois surveiller Jack Frost. Il faut que je le retrouve !
- Je viens avec toi !
Nightlight sourit face à l'enthousiasme de Katherine. Rien n'ébranlait cette jeune fille passionnée d'aventure. Il tendit sa main spectrale et elle l'empoigna aussitôt.
Jack Frost avait dû se faufiler derrière le garçon à la lance ce qui n'avait pas pu éveiller les soupçons de Katherine, puisqu'elle n'était pas au courant, et était maintenant quelque part dans l'Atelier. Sauf que Nightlight pouvait encore voler lui. Et vu comment était en péril les pouvoirs de Jack Frost, il ne donnait pas cher de sa peau. Un petit sourire malin se dessina sur le visage de Nightlight.
oOoOoOo
Il faisait sombre. Il faisait froid. Et elle avait peur.
Stacy ne savait pas très bien où elle était.
Le poltergeist l'avait emmené dans cet endroit sombre et visiblement sous terre. Cependant, elle était incapable de déterminer où elle était exactement. Tout n'était que pierres sombres, enchevêtrements insensés de passerelles, escaliers, passages sous-terrain. Un doux éclairage diffusait une lumière provenant d'on ne sait où, sinon d'en haut.
Puis, l'esprit frappeur était partie. Stacy l'avait entendu parler sans comprendre ce qu'il disait du fait de sa distance et des murs épais. Lorsqu'elle avait voulu le rejoindre, elle n'avait rien trouvé d'autre qu'une pièce vide. Et depuis, Stacy était seule.
Complètement seule.
- Euh… y a quelqu'un ? appela-t-elle haut et fort
Une bise souleva ses longs cheveux roux foncé et la fit frissonner. Ce fut la seule réponse qu'elle obtint.
La jeune femme n'était pas effrayée elle n'était juste pas à l'aise avec l'inconnue. Surtout sans personne avec elle pour la soutenir. Néanmoins, quand bien même elle gardait la tête sur les épaules, une lourde appréhension lui broyait l'estomac. Ses doigts tremblaient un peu de ne pas savoir. Ne pas savoir où, quand, qui et pourquoi.
Stacy osa alors emprunter un tunnel. Elle s'y enfonça et commença ainsi son parcours de découverte des lieux. Elle aperçut des cages en fer forgé et se demanda un long moment quel oiseau on pouvait bien faire loger dans de si grandes cages. Surtout qu'elles n'étaient pas moches, juste très… noires. Puis, elle repéra en bas de sa position, une structure en métal noir.
Se laissant porter par son élan de curiosité, elle dévala les marches, courut jusqu'à trouver le bon chemin. Bientôt, elle se trouva face à cette étrange structure sphérique. Sur chaque continent qui était représenté, des milliers de petites lumières brillaient. Elle les observa longuement : elles étaient comme sa seule source de lumière et de chaleur et Stacy se sentait bien à leurs côtés.
Soudain, son œil discerna un mouvement dans l'ombre d'un poteau. La jeune femme releva brusquement la tête. Persuadé d'avoir vu quelqu'un, elle demanda :
- Qui est là ?
Il y eut un petit rire moqueur. Stacy eut un moment d'hésitation : était-il possible que ce soit lui ? On rigola de nouveau. Non, ce n'était décidément pas son rire. Elle s'avança vers cet inconnu qui se cacha dans l'ombre.
- Pas la peine de vous cacher : je sais qu'il y a quelqu'un.
Malgré l'assurance qu'elle mettait dans sa voix, Stacy n'était pas vraiment très rassurée. Elle s'approcha encore un peu. Tout à coup, elle sauta en avant pour surprendre l'inconnu. Sauf qu'elle ne rencontra rien d'autre que le mur et son ombre qui la recouvrait.
Elle était pourtant persuadée d'avoir vu quelqu'un.
Puis, en un instant, elle aperçut l'image d'un bras sur le mur.
La jeune femme se rua dessus. Pas de doute possible. Il y avait forcément quelqu'un maintenant. Cependant, lorsqu'elle se retrouva en lieu et place, il n'y avait rien. Rien que des pierres sombres, et une bise fraîche qui la fit encore frissonner. Ou bien était-ce la peur ? La peur que quelqu'un vous observe sans jamais se montrer.
Là ! Une autre ombre !
Stacy se jeta presque dessus. Sauf qu'elle ne vit pas les marches qui descendaient dans cette obscurité et elle partit en avant.
Son cri de surprise emplit le silence des tunnels. Elle roula jusqu'en bas des marches. Lorsqu'enfin elle se fut totalement arrêtée, elle reprit son souffle et s'assit par terre.
Son bras lui faisait mal : elle allait surement avoir un bleu. Et certainement un de ceux qui n'étaient pas joli à voir. Elle s'était aussi égratigné la cheville et le front, ce qui lui faisait particulièrement mal à la tête. Sans compter le fait qu'elle portait toujours ses vêtements trempés par la citronnade : ils commençaient sérieusement à lui coller à la peau. Elle ne savait pas où elle était, ni pourquoi.
De plus en plus anxieuse, elle se rapprocha du mur et s'y adossa, reniflant bruyamment.
- Laissez-moi tranquille, bredouilla-t-elle
Alors qu'elle se recroquevillait sur elle-même, une douce lueur vint illuminer le couloir. Elle releva la tête, peureuse. Une lanterne flottait dans l'air. Mais Stacy n'en était pas effrayée. Ce devait être un esprit. Elle était bien plus apeurée de ce qu'elle ne savait pas que de ce qu'elle ne voyait pas.
L'ombre de la lanterne se reflétait sur le mur, mais pas seulement : il s'y peignait aussi la silhouette d'un grand homme. Il lui fit signe de se lever et de le suivre. Intriguée, Stacy ne put s'empêcher d'exécuter sa demande. Elle marcha néanmoins à bonne distance de cette ombre mystérieuse.
Au détour de quelques passages, ils débouchèrent dans une petite salle éclairée par des torches enflammées. L'un des pans était recouvert d'un miroir dans lequel la jeune femme put observer son triste état. Elle fit la moue. Puis, elle reporta son regard sur l'ombre qui évoluait sur le mur d'à côté. Elle lui désigna un épais grimoire reposant sur une petite table aux côtés d'un encrier, accompagné d'un fauteuil.
- Je peux lire ? demanda-t-elle tout de même par politesse
Le visage de l'ombre hocha distinctement de haut en bas la tête.
Stacy empoigna le livre et s'assit. Elle le feuilleta rapidement et fronça les sourcils : il n'y avait rien d'écrit. Rien sauf sur la première page. Pour combler le silence de la pièce, elle préféra lire à voix haute :
- « Chère inconnue, cher inconnu, si vous tenez cet ouvrage entre vos mains, c'est que vous devez maintenant vous trouvez en face d'un miroir mural. Sachez que vous pouvez l'utiliser pour voir ce qui se déroule n'importe où dans le monde à l'instant présent. Il ne tient qu'à vous de vous en servir ou pas. Mais si vous le désirez vraiment, vous n'aurez qu'à apposer votre paume sur le miroir et appelez la personne par son titre complet. »
Stacy relut une deuxième fois dans sa tête ce mot non signé mais joliment calligraphié. Elle releva la tête et observa son reflet dans le miroir, aussi perplexe qu'elle. Elle jeta un coup d'œil à l'ombre. La silhouette tendit la main vers le miroir.
La jeune femme voulait bien croire aux esprits. Elle voulait bien croire qu'il puisse exister une certaine magie. Mais des objets magiques… sérieusement ?
Sceptique, Stacy se leva et se rapprocha du miroir. Elle croisa les bras et le détailla de haut en bas, de droite à gauche. Puis, elle posa sa main sur le verre, toujours un peu indécise.
- Anton et Leanne Lawford, euh… magistrat et avocate… de la Court de district de Seattle ? Mes parents, quoi.
La jeune femme se demandait si c'était ce que l'inconnu entendait par « titre complet ».
Le miroir ondula et, bientôt, Stacy put apercevoir ses parents, un verre de vin à la main, en train d'échanger avec le collègue chez qui ils devaient se rendre ce soir-là.
Bon, et bien, ce devait être suffisant comme « titre » apparemment, se réjouit Stacy. Et en plus de ça, ce miroir magique, c'était pas du toc ! La jeune femme aux longs cheveux roux foncé était réellement fascinée. Comme un enfant face à un nouveau jouet, elle balaya de son esprit toutes pensées inquiètes ou négatives. Elle appuya de nouveau sa main sur la glace.
- Timmy ! Euh… je veux dire : Timothée Lawford. L'Ami Imaginaire ? Mon frère ?
L'image de ses parents se brouilla et à la place apparut son grand frère. Il était avec un petit garçon d'un quartier défavorisé. Il jouait volontiers au ballon avec lui. Et le petit garçon riait aux éclats, s'amusait beaucoup, était heureux en somme. Stacy ne se rendait pas bien compte du travail que Timmy faisait. Mais à ce moment-là, elle s'aperçut de la mission honorable qu'il remplissait. Le cœur de la jeune femme se gonfla de fierté.
Puis, elle décida de passer à une autre personne. Un être qui comptait tellement pour elle qu'elle souffrait de sa solitude. Un être qu'elle aurait voulu à ses côtés. Un être qu'elle aimait. Stacy posa délicatement sa main.
- Jack Frost, esprit de l'hiver.
Le miroir fit onduler la surface du verre et dévoila bientôt l'endroit où se trouvait celui qu'elle cherchait. Elle aperçut d'abord des cheveux blancs passer à toute vitesse. Puis soudain, deux silhouettes le pourchassant apparurent. Ils étaient sur la banquise. Affichant un large sourire moqueur, il balaya l'air de son bâton givré de glace et un blizzard emporta les deux êtres qui étaient après lui.
Stacy resta interdite. Il… Il s'amusait ?
Un garçon à l'aspect spectral protégea une jeune fille aux boucles auburn.
Stacy eut un pincement au cœur.
Il attrapa alors de la neige pour en faire une boule et la lança sur ses deux camarades. Il éclata de rire en voyant le garçon tomber à la renverse. Puis, il s'enfuit par les airs pour leur échapper. Mais ses assaillants ne lâchèrent pas prise et s'envolèrent à sa suite.
La main de Stacy glissa le long du miroir, qui s'éteignit petit à petit, et finit par retomber le long de son corps.
Une larme s'abandonna sur sa joue.
Ah, pauvre Stacy ! Mais j'aime la torturer XD
Et bien, on dirait que le destin se met en marche petit à petit. Rendez-vous lundi, juste avant la rentrée, pour la suite !
