Bonjour à tous !
Oh mon Dieu oh mon Dieu oh mon Dieu je stresse tellement pour ce dernier chapitre ! Je vais mouriiiiir... !
Vous savez qu'une fiction, c'est un très long travail qui nécessite beaucoup de temps, de concentration et d'imagination. La récompense de ce travail est l'encouragement que l'on reçoit de votre part, en tant que lecteurs. C'est cet amour que vous m'envoyez, ces messages gentils me disant que vous aimez bien, beaucoup, passionnément (je devrais faire le compte des reviews commençant par des majuscules hystériques... Haha, je vous adore), ou même pas du tout. Ce qui est vraiment important, c'est d'être lu, et d'être compris. Ce qui nous fait plaisir, à vous tout autant qu'à moi, c'est cette sorte de lien que nous tissons au fur et à mesure de l'écriture de cette histoire, cet accord tacite qui consiste à vous donner quelque chose en espérant vous faire plaisir. Ceux d'entre vous qui n'écrivent pas (ou qui ne postent pas) (ah, toutes ces vieilles fictions affreusement mal écrites qui pourrissent dans un coin sombre de mes dossiers...) ne voient peut-être pas de quoi je parle, ou ne comprennent pas pourquoi je vous fais un petit speech sur les magnifiques moments que j'ai passé avec vous, parce qu'en fin de compte ce n'est qu'une fiction... C'est surtout à vous que je m'adresse. Je veux vous faire comprendre à quel point vous avez réussi à transformer ce fichier texte de plus de 400 pages (eh oui, plus de 400 pages...) sur mon ordinateur en une aventure merveilleuse qui m'a donné la joie de vivre, qui m'a encouragé à faire ce que j'aime probablement le plus dans la vie : écrire, écrire parce que finalement ce que l'on dit n'est pas si mauvais que ça, parce qu'il y a des personnes qui sont là pour nous le dire et que ça fait beaucoup, beaucoup de bien.
Cette fiction étant ma première fiction jamais publiée, je voudrais vous parler de mes premiers jours et mes premières impressions (Oui, je sais, je pourrais vous parler de tout ça après le chapitre mais dans la mesure du possible, je voudrais ne pas écrire quoi que ce soit après les derniers mots de cette histoire, avant de laisser une résonance, quelque chose qui reste dans vos esprits tout autant que dans le mien). Le tout premier jour, ou plutôt soir, où j'ai posté cette fiction, j'étais en larmes, au téléphone avec ma meilleure amie. "Mais ça marchera jamais... Personne va aimer... C'est nul, c'est nul, il faut que je revienne dessus encore, c'est pas possible, je publierai jamais quoi que ce soit..." (Je vous épargne l'engueulade qu'elle m'a servie parce que c'est pas joli joli mais finalement elle m'a convaincue d'appuyer sur "publish".)
Et j'ai attendu. Je suis revenue voir dix minutes après, et j'avais quelque chose comme une quinzaine de vues. J'étais aux anges. Déjà, je riais comme une folle, j'actualisais la page tout le temps, et voir le nombre augmenter petit à petit me rendait hystérique. (Non non, ce n'est pas une blague, ma meilleure amie (encore elle!) a du recevoir une dizaine de MMS contenant la photo du nombre qui augmentait petit à petit) (je ne vous raconte même pas dans quel état nous étions toutes les deux lorsqu'elle a reçu le MMS indiquant "10000"). Et puis au bout d'une heure, ça y était. Ca avait commencé.
Ma première review. (COUCOU HIIIIIIILVE !)
Et à partir de là, j'ai vraiment cru que tout mon monde s'écroulait. Moi qui pensais que je n'écrivais pas suffisamment bien, que je ne savais rien faire, que je n'avais aucune imagination, que jamais je ne ferais lire mes textes à qui que ce soit... Voilà que l'on commentait, encore et encore, et ça ne s'arrêtait pas. J'ai cru que j'allais mourir sous vos encouragements ! Chacun d'entre vous, que vous ayez commenté ou non, que vous ayez tenus jusqu'à la fin de la lecture ou que vous ayez arrêté avant... Tous, autant que vous êtes, êtes spécial à votre manière. Vous avez tous contribué à la suite et fin de cette aventure. Et pour cela, je ne saurais exprimer toute ma gratitude.
La confiance en soi forge un caractère. Vous avez contribué à me changer, en quelque chose que j'espère mieux, de plus confiant. Grâce à vous j'ai pu me rendre compte que j'avais le droit d'avoir confiance en moi, et que quelque part en France, on attendait la publication d'un nouveau chapitre. Merci. Merci pour tout.
(Non, je ne pleurerai pas.. !)
Je pourrais vous écrire des pages et des pages entières sur ce que je ressens maintenant MAIS VOUS VOULEZ LIRE LA SUITE ! Et je vous torture, là. Arrrgh, je sais...
J'aurais voulu mettre le nom de tous les revieweurs ainsi que tous les followers et les favs, mais ce serait bien trop long et je me serais endormie avant d'avoir fini. Je préfère vous envoyer à tous un grooooos bisous bien baveux (mais oui, même à toi qui vient de tout lire d'une traite et qui est trop timide pour commenter ! Je sais ce que ça fait !) et à vous souhaiter le meilleur pour votre vie.
Le traditionnel passage des remerciements du chapitre précédent... : Merci à Rinkachirikitateku (ce nom, ce nom... !) (Merci d'avoir validé mon choix de fin ! Je savais qu'il n'y avait que deux solutions : soit ça passait, soit ça ne passait pas et c'était un désastre. Mais visiblement ce choix n'était pas mauvais ! Ca me remplit de joie ! Moooooooh moi aussi je t'adore, viens par là que j't'embrasse !), Liaryn (OUaaaaaaah avalanche d'amuuuuur ! Juste, juste... "Pulsions&Rédemption c'est ma Bible, et je vais attendre le samedi comme le messie". Tu m'as fait pleurer. Je te jure, tu m'as fait pleurer... MERCIIIIIIIIIIIII ! *coeurcoeurcoeurcoeurcoeurpartouuuut* !), Eyae (eh oui, je sais, je fais des choses horrible... MAIS CEST POUR VOTRE BIEN), Akilina (oh mon Dieu c'est tellement génial... Mais arrêtez tous, je suis en train de chialer comme une madeleine, ça suffit ! Pour mes lecteurs je ferai tout, et je continuerai à écrire, sois en sûre ! Ca me fait tellement plaisir de savoir que tu reviens souvent pour voir si je n'ai pas publié... (et du coup, désolée de ne pas l'avoir fait hier, mais j'étais un peu occupée), et merci d'avoir aimé, merci merci merci !), Benitsuki Tora (courage, courage, j'ai confiance en toi, je sais que tu peux le faire ! Non plus sérieusement prends ton temps, je me fiche que tu commentes en temps et en heure, rien que le fait de savoir que tu lisme fait glousser comme un imbécile x). En plus je vois que tu ne publies plus sur tes fics depuis un petit moment maintenant, j'espère que tout va bien... Et surtout, vraiment, PRENDS TON TEMPS ! Le plus important c'est ta vie à l'extérieur, alors on peut bien attendre, namého :P ! (juste, j'ai vu que tu avais commenté hier soir, mais euh, j'ai pas reçu la suite et fin de ta review, donc en fait pour le moment je n'ai que ce que tu peux voir dans les reviews... :O (chute nette, j'ai rien compris à ma vie x) ). Je t'adoooOOOOOOooooore ! (Et Black adore Lucifer, mais ai-je besoin de le préciser ?)), et enfin un remerciement final à Saiyu-San (faire pleurer une lectrice est vraiment quelque chose de formidable. Avoir un commentaire comme le tien est quelque chose de formidable. Ouah, vraiment, tu m'as fait grimper au septième ciel (comment ça, c'est ambigu? Comprends pas) en me disant que je "gérais le caractère et les actions des personnages", chose que je pensais totalement manquer au premier abord, et que j'ai toujours l'impression de massacrer aujourd'hui ! Merci pour le petit boost de confiance en soi... Je t'adore meuhahaha merciiiiii !).
Et un petit message à BRF : Je sais que tu n'as pas le temps. Je le sais. Et ce n'est pas grave si tu ne publies pas de review. Non non, vraiment, je ne t'en voudrai pas, parce que je sais que tu es passée par là et que tu as lu. Je te souhaite vraiment beaucoup de courage pour tes études, j'espère que tu vas tout péter la baraque et que tu seras un génie PARCE QUE TU LE MERITES ! Merci d'être restée fidèle à cette histoire, je t'adore, pleiiiiiiin de bisous à toi et à ta famille et à ta descendance, que ton nom soit béni, etc etc. (oh, pardon, j'me suis un peu excitée sur ce coup-là...). Au prochain message ou à la prochaine review !
Bon, allez, ça suffit de vous faire attendre indéfiniment comme ça ! Je vous livre ce dernier chapitre. Bonne lecture à tous... Je vous adore. Je vous a-dore !
(Zerikya qui ne peut plus se passer de vous)
Rated du chapitre : T+/M-.
Disclaimer : Les personnages et l'univers appartiennent à Tite Kubo.
Précision : La chanson "So Close" composée par Olafur Arnalds, dont les paroles figurent en fin de chapitre, fait partie de la bande son de la série Broadchurch, diffusée par la BBC. Je vous conseille vivement d'aller l'écouter une fois que vous aurez terminé la lecture.
Epilogue :
- Yo ! Abarai Taichô !
Dans le bar le plus bruyant et le plus vivant de la Soul Society, un Shinigami, le crâne aussi lisse qu'une boule de billard, venait tout juste d'en interpeller un autre, attablé quelques mètres plus loin, tout seul, une bière à la main. Ce dernier se retourna et lui servit un grand sourire, tout en levant son verre en sa direction.
- Salut, Ikkaku. Quoi de beau, aujourd'hui ?
Ikkaku délaissa le troisième Shinigami qui était à ses côtés, devant le bar, pour rejoindre Renji dans le coin de la salle.
- Boarf, pas grand-chose, t'sais, j'ai encore éclaté deux-trois gars qui savaient pas ce que « combat » voulait dire… Et j'ai maravé la face de cet Hollow, aussi, l'aut' jour, c'était plutôt drôle, t'aurais du êt' là !
Renji lui servit un fin sourire avant d'hocher vaguement la tête.
- Malheureusement, avec mon nouveau rôle de capitaine, je n'ai plus vraiment le temps de m'amuser…
- T'es là, pourtant, espèce d'hypocrite ! S'écria Ikkaku.
- Arf, tu m'as démasqué…
Renji pouffa de rire, tandis que le chauve s'esclaffait littéralement. Le tout nouveau capitaine profita de l'hilarité de son vis-à-vis pour avaler une gorgée de bière.
- Tu t'es assagi, depuis que tu as été promu, Renji, fit-il en devenant soudain très sérieux.
- Ah oui ?
- Ouaip' ! Avant, tu déconnais beaucoup plus. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, hein ? C'est pas les responsabilités de capitaine, j'te connais mieux qu'ça. Quand t'étais encore à la Onzième, tu te battais avec tout ce qui bougeait, j'peux te dire que j'm'en souviens !
- Mpf. Peut-être bien, fit Renji en haussant les épaules et en buvant une autre gorgée de bière.
Ikkaku resta bouche-bée devant le je-m'en-foutisme absolu de Renji.
- Mais c'est pas vrai, dis quelque chose, soit vivant, alleeeeeez !
Ikkaku sursauta brusquement quand le Shinigami qui était devant le bar avec lui posa ses mains fines sur ses épaules.
- Ikkaku, je t'ai déjà dit que ce n'était pas beau, de s'énerver. Regarde, tu as encore ruiné ton maquillage…
- Aaaaah non tu vas pas recommencer, hein ! S'écria Ikkaku en agitant les bras en tout sens. Arrêêêêête avec ça, Yumichika !
Le jeune homme, deux plumes battant sur l'extrémité de ses cils, et deux autres sur le commencement de son sourcil, se pencha vers Ikkaku dont le visage rougissait – Renji ne savait pas si c'était de la colère ou bien autre chose. Yumichika déposa un doux baiser dans le creux du cou d'Ikkaku qui se tut instantanément.
- Eh bien voilà, c'est mieux comme ça, fit Yumichika de sa voix chantante, amusé.
Il s'attabla lui aussi aux côtés de Renji.
- Désolé. Il t'a embêté ?
- Nah, répondit Renji avec un grand sourire.
Les deux Shinigamis étaient décidément adorables et allaient parfaitement ensemble, tout le monde était d'accord là-dessus. Cela faisait un moment maintenant qu'ils avaient annoncé la nouvelle à tout le monde, et même si, au début, ils se cachaient, à présent, ils n'hésitaient plus à se montrer dans les bras l'un de l'autre en public.
Renji aimait les voir tous les deux. Cela lui rappelait ce qu'aurait pu être sa vie, si tout avait été différent.
- Vous avez l'air d'aller bien, tous les deux, fit-il, espérant que le jeune couple mènerait la discussion sans qu'il ait à ajouter quoi que ce soit.
Yumichika hocha la tête, un grand sourire sur les lèvres. Ikkaku voulut ouvrir la bouche pour commencer à parler, mais son amant souleva plutôt son menton d'un simple geste de l'index et plaqua ses lèvres sur les siennes. Ikkaku, qui ne s'y attendait pas, rougit intensément, ce qui, loin de le gêner, fit franchement rire Renji.
- Tu allais dire une bêtise, mon beau, chuchota Yumichika.
Ikkaku émit un vague grognement. Renji reprit une gorgée de bière. Yumichika fit de même avec le kir royal à la pêche qu'il avait dans la main.
- Et toi, Renji ? S'enquit Yumichika, l'air curieux. Tu cherches l'amour ?
- Oh, je l'ai déjà trouvé, révéla Renji avec un grand sourire.
Ikkaku ouvrit la bouche en grand – Yumichika la referma d'un léger coup sous le menton, avec un soupir – en considérant Renji comme s'il le voyait pour la première fois.
- Sans déconner ? C'est qui, c'est qui, c'est qui ? Matsumoto ? Ouais, je suis sûr que c'est Matsumoto, elle est super belle, et toi t'es quand même super bien gaulé, alors…
- Tu peux répéter ça, s'il te plaît, Ikkaku ? Résonna la voix, glaciale, de Yumichika.
Renji renversa la tête en arrière et se mit à rire à gorge déployée.
- Oh la la, les mecs, vous êtes trop drôles, finit-il par dire en essuyant une larme au coin de son œil. Non, ça n'est pas Matsu ! Et t'inquiète pas, Yumichika, j'te le laisse volontiers. J'aime pas les chauves.
Sur cette dernière phrase qui fit sourire Yumichika, mais qui eut le don d'énerver Ikkaku au point que celui-ci renversa sa chaise, Renji se leva, laissant son verre à peine entamé sur la table, et quitta le bar pour retrouver la tranquillité de l'extérieur.
Une fois dehors – et assez éloigné du bar pour que les insultes d'Ikkaku ne parviennent plus à ses oreilles – il soupira longuement et fixa le ciel, observant la forme des nuages.
Trois ans.
Cela faisait trois ans, jour pour jour, que Byakuya était mort.
Renji souriait.
Il avait terminé de pleurer depuis bien longtemps. Il n'avait pas besoin de pleurer, c'était inutile, et puis de toute façon, ça ne lui correspondait pas. Ce que Byakuya avait aimé, c'était sa fougue, sa rage de vivre. Alors Renji n'avait pas le droit d'être triste.
Il rit de sa propre bêtise. Ah, ça, il l'avait été, triste. Une larve. Pendant pas mal de temps, même. Il n'était plus sorti de chez lui, il refusait même que Matsu ou Toshiro rentre pour comprendre ce qui n'allait pas. Il voulait, à ce moment-là, être seul avec ses pensées. Quelle attitude idiote… Il avait perdu énormément de temps à se morfondre.
Et puis, un jour, il avait laissé rentrer Matsumoto. Et il lui avait raconté, tout, depuis le début, même ce qu'il ne comprenait pas. Fidèle à elle-même, la jeune femme lui avait servi un verre de saké, puis un autre, et encore un autre. Et ils avaient fini par chanter la Marseillaise à 2 heures du matin dans les rues du Seireitei, bras dessus bras dessous, en réveillant au passage tous les Shinigamis dont ils croisaient l'habitation.
Rangiku était la seule qui savait vraiment à propos de Renji. Personne d'autre n'était au courant, et la plantureuse jeune femme s'était bien gardée de faire part de son secret à qui que ce soit. Elle n'était pas bien sûre de tout comprendre, mais qu'importait. Il fallait juste que Renji vive avec.
Et puis petit à petit, il avait appris à sourire quand il entendait son nom, plutôt qu'à grimacer de douleur et de se ratatiner sur lui-même. Il avait même ri, un jour, quand un de ses subordonnés lui avait dit qu'il préférait quand Kuchiki Taichô était à la tête de la division.
- Personne ne pourra remplacer Byakuya, avait alors répondu Renji, et je ne prétends pas pouvoir être à sa hauteur. J'espère juste ne pas le couvrir de honte et lui rendre hommage autant que je peux.
Absorbé dans ses pensées, il ne prêta pas attention au fait qu'on l'interpellait depuis un moment déjà.
- Renji !
Il se retourna, sursautant légèrement, et fut soulagé lorsqu'il vit que c'était Matsumoto qui venait vers lui.
- Et voilà Abarai Taichô ! Le félicita-t-elle une nouvelle fois en lui tapant sur l'épaule – et manqua en même temps de renverser le pauvre shinigami qui n'avait rien demandé. Comment ça va, depuis la dernière fois ?
- Plutôt bien, répondit celui-ci. Et toi ?
- Mpfh. Toshi – Oh, pardon, Hitsugaya Taichô – commence à s'ouvrir un peu… T'y crois ?
- Toshiro ? Se révéler ? S'écria Renji qui n'en revenait pas. Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Il me parle de plein de choses ces derniers temps !
- Ah… Gin, hein ?
Matsumoto se mordit l'intérieur des joues lorsqu'elle vit la faible étincelle haineuse qui passa dans les yeux de Renji à ce moment précis de la conversation. Heureusement, le capitaine aux cheveux flamboyants ne laissa pas éclater sa colère comme il l'avait fait la dernière fois – c'est que son bankai était plutôt impressionnant… (la jeune femme déglutit) – mais il laissa le loisir à la femme lieutenant de répondre.
- Effectivement, il y a de ça. Mais il se pose aussi et surtout des questions sur Aizen. Il m'a confié que…
Elle regarda à droite, à gauche, et derrière elle, avant de se pencher vers Renji et de murmurer :
- Il m'a confié que juste avant qu'on n'emmène Gin dans la salle du Conseil, avec vous, pour que Yamamoto lui rende ses pouvoirs, il est allé lui rendre visite… Et il a du partir parce qu'il était terrorisé par quelque chose. Et quand Toshi – Raah, zut, Hitsugaya Taichô – s'est enfui de la Tour des Regrets, il a croisé Aizen.
Renji ne dit rien pendant quelques instants.
- Tu veux dire qu'il avait peur d'Aizen ? Ichimaru ?
Matsumoto hocha la tête, pensive.
- Je vais être honnête avec toi, Matsu, déclara alors Renji, le regard dur.
Rangiku le considéra un instant et pencha la tête sur le côté. Elle savait que Renji n'avait plus peur de lui. A présent, il haïssait Gin, plus que tout au monde.
- Ce que ce salopard ressent, je n'en ai strictement rien à cirer. Je ne serais même pas heureux s'il souffrait. Tu comprends ? Du moment qu'il n'est pas à la portée de ma lame, rien ne pourra me forcer à ressentir quoi que ce soit pour lui.
- Tu dis ça, mais au fond, tu le détestes, Renji.
Le capitaine esquissa un sourire.
- Ca t'étonne vraiment ?
- Non. C'est légitime. Mais tout de même, cette histoire, avec Aizen…
- Je me contrefiche d'Aizen. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond avec lui, c'est sûr, mais de toute façon… On verra bien, tôt ou tard, il se montrera.
- Mh. Tôt ou tard.
Las Noches était blanc. Très blanc. Tellement blanc que parfois, Ichimaru Gin l'araignée, le serpent, le traître, avait l'impression de se fondre dans les murs du palais. La tenue blanche qu'il portait à présent tout le temps – sauf quand il lui fallait l'enlever, pour une raison ou pour une autre – lui faisait songer qu'il n'était qu'un figurant dans une pièce de marionnettes.
Mais de toute évidence, c'était ce qu'il était – un figurant dans une pièce de marionnettes.
Il reposa le livre qu'il était en train de lire et passa ses longs doigts dans ses cheveux. Il ouvrit les yeux totalement. Il avait tellement peu de moment de solitude – et par solitude, il voulait dire intimité – qu'il était à présent presque persuadé lui-même de ses propres mensonges. Mensonges qui ne cessaient de l'accabler, jours après jours.
Il pensait à Rangiku. Il pensait à elle constamment. C'était pour elle, et pour elle seule, qu'il faisait cela. C'était la seule chose qui ne lui faisait pas perdre la tête, la seule idée qui pouvait le faire penser à autre chose lorsque Aizen…
Il toussota pour s'interdire de penser à ce à quoi il venait tout juste de penser.
Il aurait au moins aimé qu'elle vienne le voir. Juste ça. Il aurait aimé voir son visage une dernière fois, avant de suivre Aizen au Hueco Mundo sans espoir de retour avant que cet enfoiré soit mort. Et qui savait vraiment si Gin y parviendrait avant sa propre mort ? Il n'était même plus sûr de revoir son amie d'enfance. Elle lui manquait pourtant tellement. C'était bien plus qu'il ne pouvait le supporter. Mais pourtant, il le fallait, il fallait qu'il le supporte. Pour elle. Pour elle.
Et pour lui.
Soudain, sans prévenir, un grand bruit se fit entendre, juste derrière lui. Il sursauta brusquement, essuya en vitesse sa joue gauche où roulait une larme involontaire, et se retourna, tout en se mettant en garde, la main sur la poignée de Shinzô.
Mais il savait pertinemment qui était l'intru.
- Aizen Taichô ? S'enquit-il avant de se relaxer, observant avec une appréhension difficilement dissimulée la silhouette qui se glissait à travers le portail inter-dimensionnel.
Il n'avait même pas besoin de demander. Il n'y avait qu'Aizen qui se donnait le droit de faire irruption dans ses appartements à toute heure de la journée. Il n'y avait que lui pour deviner le moment parfait où Gin ne s'attendait pas à ce qu'il arrive. Il n'y avait que lui pour changer ainsi son humeur en une fraction de seconde, surtout quand Ichimaru savait ce qui l'attendait.
- Ah, Gin, te voilà, fit Aizen, mimant la surprise, alors qu'il savait pertinemment que l'albinos passait le plus clair de son temps dans sa chambre.
Il ne s'embarrassa pas de s'enquérir de son état de santé, bien que le corps de Gin fût couvert d'ecchymoses et sa tenue tâchée de sang à certains endroits précis. De toute façon, Aizen ne s'en souciait pas vraiment, étant donné qu'il était lui-même à l'origine de sa souffrance.
Il fit quelques pas vers Gin et le prit dans ses bras, posant un baiser sur ses lèvres fines de serpent. L'albinos posa les mains sur son torse et lui sourit.
- La journée a été bonne ?
- On ne peut plus bonne. Mais il me manque quelque chose pour qu'elle soit parfaite.
Gin tressaillit. Cela faisait trois ans que c'était ainsi. Trois ans que rien n'avait changé.
Il aurait pu revenir au bout d'un an, mais il avait lui-même considéré que l'occasion était trop belle pour la laisser passer. Il avait décidé de rester avec Aizen, et de lui servir de bras droit.
Bras droit ? Non. Il était bien plus que ça.
Un grand sourire sur les lèvres, il laissa sa main s'aventurer jusqu'à l'entrejambe de son ancien capitaine. Il laissa échapper un « oh ! » surpris quand il constata qu'Aizen n'attendait plus que lui pour commencer.
- Aizen Taichô, vous êtes plutôt rapide, minauda-t-il en s'éloignant de lui pour regagner son lit.
Il se laissa tomber sur les douces couvertures blanches et fit un signe de la main à Aizen pour que celui-ci vienne le rejoindre.
Le brun sourit d'un air bienveillant, et pourtant démesurément manipulateur, et il s'avança, tel un prédateur, jusqu'à surplomber Gin dont il releva le menton fin et anguleux. D'un geste rapide mais sans violence, de l'autre main, il repoussa le corps blafard de l'albinos dont les cheveux argentés voletèrent autour de son visage, et s'allongea à califourchon sur lui.
Et ils recommencèrent.
.
Through dark and light I fight to be
So close
Shadows and lies mask you from me
So close
Bath my skin, the darkness within
So close
The war of our lives no one can win.
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The missing piece I yearn to find
So close
Please clear the anguish from my mind
So close
But when the truth of you comes clear
So close
I wish my life had never come here.
.
.
Through dark and light I fight to be
So close
Shadows and lies mask you from me.
.
Ólafur Arnalds – So close
Fin de Rédemption.
