Voilà le Chapitre 21! J'espère qu'il vous plaira, n'hésitez pas à faire une review, je vous assure ça me ferait vraiment plaisir de pouvoir lire ce que pensent les autres de ce que je peux -bien humblement- écrire... Si vous ne laissez pas trop de review, ça peut baisser notre motivation de vouloir continuer à écrire.

A bientôt.

PS: Pas de prochaine date pour le prochain chapitre, j'essaierai d'avancer quand j'aurai le temps.


Chapitre 21 - Premier Noël à Thornton House

24 Décembre 1853 Milton

Margareth déserta rapidement le lit conjugal, laissant quelques minutes de repos supplémentaires à John qui en avait bien besoin. Ce dernier s'éveilla sur les coups de 9h, s'étira en cherchant son épouse des bras, mais il devait bien se rendre à l'évidence…sa chère épouse était partie depuis un long moment à présent. Il fut surpris de trouver un court billet parfumé délicatement à l'eau de rose :


Mon très cher époux, qu'il est doux de pouvoir vous observer dormir, pour une fois vous me pardonnerez de me lever plus tôt que vous, mais il est des choses que je me dois de superviser ce matin. Vous pourrez déjeuner en compagnie d'Hannah, cela fait trop longtemps que nous la fuyons le matin, enfin pour ma part car je me lève bien trop tard…

Votre douce rose jaune Margareth


John était partagé entre cette petite attention de son épouse qui le ravissait et la déception de ne pouvoir profiter de sa présence dans l'intimité de leur alcôve. Il se prépara prestement et alla néanmoins trouver sa mère qui prenait son petit-déjeuner.

« Mère,

-Ah John, je te pensais parti à l'usine, j'ai entendu la porte s'ouvrir il y a quelques minutes et je pensais qu'il ne pouvait s'agir que de toi.

-Et bien non, je vais effectivement passer à l'usine pour m'assurer que tout va bien, vous avez du entendre Margareth. J'aimerais profiter un peu de votre présence mère.

-Ca y est, ton épouse s'est rendue compte qu'elle t'accaparait trop, lui sourit-elle ironiquement. Je te taquine, ne le prends pas mal bien sûr…

-Mère… Vous ne m'avez pourtant jamais trop habitué à badiner de la sorte, si je ne vous connaissais pas aussi bien, je pourrai dire que vous commencez à apprécier Margareth…

-Tu as fait un bon choix, tout ce qui compte c'est que tu sois heureux, tu aurais pu épouser une de tes ouvrières tant que tu es heureux c'est ce qui m'importe le plus… »

John embrassa tendrement sa mère en se levant et prit la direction de la Marlborough Mills, sur le chemin il fut contraint de s'arrêter à plusieurs reprises, car beaucoup de fonctionnaires de la ville tenaient à lui présenter leur respect et à lui souhaiter de bonnes fêtes.

Quelle ne fut pas sa stupéfaction de trouver Margareth à la Marlborough Mills entourée de Nicholas, des autres ouvriers et de leurs enfants à qui elle faisait une distribution d'orange. « Oh Mr Thornton, venez donc nous aider, lança-t-elle, nous avons fort à faire ici ! »

Il n'était pas à une surprise près de la part de Margareth, mais derrière elle se trouvait un petit sapin qu'elle avait fait porter ce matin pour les ouvriers et que les enfants finissaient de garnir de pommes de pain. Une fois la distribution terminée, elle alla trouver John dans son office.

« Margareth, je ne pense pas que les ouvriers avaient un besoin impérieux de trouver un sapin dans la cour de la Marlborough Mills…

-Oh, tu es fâché John ? C'est une tradition dans le sud que de placer dans les endroits qui nous tiennent à cœur un sapin, quelque soit la taille ou le lieu, mais puisque tu montes encore sur tes grands chevaux, je rentre, j'ai encore mille choses à faire. Tu pourras te montrer à Thornton House dans Ta maison quand bon te semble très cher. »

John semblait atterré de la réaction de sa femme, mais il décida de ne pas en tenir compte car il avait lui aussi fort à faire, il avait accordé à ses ouvriers de quitter plus tôt leur service mais devait s'assurer que les dernières étoffes partiraient avant midi. Il put compter sur l'aide de Nicholas qui lui avait assuré qu'il ne partirait pas tant que les commandes ne seraient pas parties également.

« Msieur Thornton !

-Oui Terry, je vous prie.

-Voilà Mr, j'ai bien formé Nicholas, je pense qu'il est temps que je me retire, la santé de ma dame est en jeu et le docteur nous conseille de partir du nord, et avec les économies que j'ai pu mettre de côté, je pense que je peux nous établir convenablement plus au Sud, j'y ai un peu de famille.

-Bien… je comprends, nous en avions déjà parlé, je sais que Higgins se débrouillera très bien, mais une paire de main supplémentaire me serait fort utile je pense… Bref, si vous pensez à quelqu'un avant votre départ, n'hésitez pas. Mon cher, je vous souhaite bonne chance Terry, vous le méritez vraiment. Tenez prenez ceci, un petit présent pour votre épouse, ce n'est rien prenez mon brave, et passez de bonnes fêtes.

-Oh Mr Thornton, vous n'auriez pas dû. Merci, attendez-vous à ce qu'elle vous transmettre certainement ses amitiés au centuple pour ceci. »

John avait préparé un petit châle brodé par les soins des meilleures petites mains de l'usine pour la femme de Terry, après tout elle le méritait car, combien de nuits son contremaître de mari avait passé en la compagnie de John à l'usine à finir des commandes et réparer des machines.

Il ne restait plus que John et Nicholas dans l'enceinte de l'usine, une fois la dernière commande expédiée, les deux hommes se saluèrent et John repris la direction de Thornton House pour y trouver si possible sa femme de meilleur humeur.

Malheureusement pour lui, il trouva sa demeure sans dessus ni dessous, Et bien, pensa-t-il, j'aurai peut-être du limiter les envies de mondanités de Margareth… Il aperçu Dixon qui avait pris demeure dans l'aile des domestiques auprès d'Anne pour l'occasion, ainsi que sa mère et Margareth qui s'affairaient pour mettre la dernière touche à la décoration. John se fit entendre de ces dames et signifia sa présence surtout à son épouse qui ne daigna quasiment pas le regarder.

« John, fit Hannah, tout est bien terminé à l'usine, rien à signaler ?

-Parfait mère, ne vous en inquiétez pas. Tout est somptueux, j'ai du mal à reconnaître notre demeure, vous avez fait-là un travail remarquable.

-Ce n'est pas à moi que le mérite en revient John, tu devrais allez voir Margareth, lui susurra-t-elle, elle est rentrée de fort méchante humeur tout à l'heure, je n'ai rien osée lui dire mais même si je la connais moins que son amie Miss Clarkson, je vois bien qu'il y a quelque chose qui semble ne pas aller.

-Oui, j'irai lui parler quand nous irons nous préparer. »

John partit se reposer dans son bureau pour s'occuper de sa correspondance reçu du jour, et repenser à la petite altercation qu'il avait eue avec Margareth, comment en une simple remarque anodine une si belle journée avait pu tourner vinaigre.

Qu'est-ce qu'elle peut être capricieuse quand elle s'y met, se dit-il, et n'accepte jamais la critique… Je ne pensais pas que le mariage devrait me demander autant de compromis… Oh père, pourquoi n'êtes-vous pas là pour m'aider et me conseiller dans ces moments-là se dit-il.

John sortit de sa rêverie en entendant frapper à la porte. Il se détendit en voyant arriver Anne qui venait lui indiquer qu'il était temps de se préparer, elle lui avait fait couler un bain dans leur aile.

« Anne s'il vous plaît, puis-je vous montrer quelque chose ?

-Oui, Mr Thornton, je vous en prie.

(…)

-Vous pensez que ce présent va lui plaire ?

-Et bien, connaissant Mrs Margareth, elle sera ravie.

-Je vous remercie Anne, je vais monter de ce pas et me préparer pour la soirée ».

John une fois rafraichi et paré de son plus beau complet se mis dans l'entrée de sa demeure pour commencer à accueillir les premiers invités, il se mit à côté de sa mère et put à loisir observer Margareth descendre majestueusement le grand escalier dans une robe de taffetas parme qui lui donnait un port altier qui lui allait si bien. Se ressaisissant, il offrit son bras à son épouse en lui souriant chaleureusement, cette dernière lui rendit un timide sourire mais son regard indiquait bien à John que rien n'était oublié de sa petite maladresse.

« Pourrons-nous parler de ce qui s'est passé à l'usine, Margareth, lui murmura-t-il ?

-Oui, nous verrons plus tard, pour l'instant, je me consacre à nos invités comme toute bonne maitresse de maison mon cher époux », et elle lui rendait un sourire cette fois-ci un peu plus chaleureux.

Tous les invités arrivèrent au fur et à mesure, et John et Margareth prirent place à table, tout le monde fut ébloui par l'effort de décoration, et Margareth reçu beaucoup de compliments pour les petites attentions qui jonchaient la table. La plus prolixe en compliment fut Fanny qu'on arrêta plus. Exaspérante à souhait, il fallut toute la patience de Margareth pour passer outre les petites remarques que sa belle-sœur se permettait. Margareth put au moins se consoler de la présence à ses côtés de Cathy qui lui lançait souvent des regards complices aux moindres sautes d'humeur de Fanny.

La fin du repas fut marquée par l'entrée en scène de la petite chorale de l'école menée par les époux White, les invités furent charmés, et comme Margareth le pressentait les épouses des industriels de Milton étaient véritablement enchantées par ces petites têtes blondes à la voix de Crystal. Le petit concerto fut très largement apprécié, et c'est ce moment que choisit Margareth pour se lever face à ses invités, Cathy prit alors la parole « chers invités, ce petit récital n'aurait pu être possible sans l'existence de cette école, et il appartient à nous, privilégiés d'apporter notre support à ce beau projet, pour donner aux enfants de Milton l'avenir qu'ils méritent. Je me joins donc à ces petits anges pour le clou du spectacle si j'ose dire et notre hôtesse Mrs Margareth Thornton va nous accompagner au piano ».

John eut un petit sursaut à cette annonce, et regarda fixement son épouse, un sentiment à la fois de fierté et de peur s'emparait de lui, il savait combien elle appréciait peu le fait d'être mise en lumière ainsi. Lorsque ses doigts touchèrent le piano, Margareth ferma ses yeux, se laissa emporter par la sonate, le tout accompagné par la douce voix des enfants et de Cathy. John n'aurait pu être plus fière d'elle, et réalisa à ce moment-là pourquoi il tenait tant à elle malgré ses idées originales. Il n'avait d'yeux que pour elle et dès qu'elle eut fini le petit concerto-accueilli par une salve d'applaudissements- John offrit son bras à Margareth et pris leurs invités de les excuser un instant.

« John, pourquoi nous éloignons-nous de nos invités ?

-J'ai quelque chose à te dire, qui ne peut attendre plus longtemps… Suis-moi dans mon bureau ».

Une fois dans l'antre de John, il se retourna, et prit violemment Margareth dans ses bras, il ne pouvait pas se passer une seconde de plus de l'absence de contact physique.

« John ! Mais qu'est-ce qui te prend voyons !

-Je m'excuse Margareth, j'avais besoin de te sentir auprès de moi, te voir avoir fait tant d'effort pour te produire au piano… Excuses-moi , je ne voulais pas te paraître inconvenant mais j'avais besoin de te sentir.

-C'est pardonné John… Mais une fois pour toute, il faudrait que tu apprennes à me faire confiance, ce n'est pas parce que tu seras plus proche de tes employés qu'ils ne te respecteront pas. Je pense même le contraire, des employés qui te respectent travailleront plus dur pour toi, et tu pourras éviter certains désagréments tels que des grèves… »

Plus détendus, les Thornton quittèrent le bureau, Margareth fit mine d'arranger sa coiffure un peu dégradée par l'élan passionné de John, et tous deux rejoignirent leurs invités. Une fois les enfants partis, Margareth remercia chaleureusement ses invités, et tous se mirent en route de l'église pour assister à la messe de minuit. Comme prévu par Margareth et Cathy, toute l'assemblée trouva sur le tympan de l'édifice une charmante crèche vivante composée des enfants rhabillés pour l'occasion : un âne, une brebis, un Joseph et une Marie, accompagnée d'une ribambelle d'angelots.

« Mrs White, vous avez fait merveille, mais il ne me semble pas avoir vu de costumes d'anges hier ?

-Vous avez raison très chère Mrs Thornton dit Mr White, ma charmante épouse à confectionné à la hâte ces petites tuniques et n'en a pas dormi de la nuit.

-C'est très aimable à vous Mrs White, reprirent Cathy et Margareth de concert. » Les jeunes femmes se promirent d'offrir un petit présent à Mrs White d'ici les prochains jours pour la remercier de tant de sollicitude. »

Une fois l'office achevé, chacun regagna la direction de sa demeure et se donna rendez-vous pour la soirée du lendemain pour le repas de Noël.


25 Décembre 1853 Milton

Margareth se réveilla ce matin-là rassurée, tout s'était excellemment bien passé la veille, aucun impair n'avait été commis et elle était persuadée comme Cathy qu'elle pourrait s'appuyer sur les femmes de Hamper et Slickson pour faire plier leurs époux pour aider à financer l'école. Ce matin-là, ce fut John qui avait visiblement déserté le lit conjugal, elle qui espérait tant pouvoir profiter de sa présence plus que la veille, elle fit la moue. A son tour-comme John la veille-, elle trouva un court billet de lamain de John :

Mon amour, j'avoue que je ne prends assez le temps chaque matin de contempler ma magnifique épouse, je ne sais si elle pourra me pardonner cet affront de ne pas lui rendre hommage à chaque instant. Je ne suis pas loin et je suis sûr qu'une fois réveillée, je serai proche de toi, dans tes bras.

A toi pour toujours,

John.

A peine avait-elle terminée ce rapide billet, que John fit son apparition dans leur chambre, salua cérémonieusement sa femme et posa un plateau sur leur petite table.

« Mrs, a-t-elle bien dormi ?

-Parfait Mr Thornton, je ne peux cacher que j'ai été quelque peu déçue pendant quelques instants de me retrouver seule dans ce grand lit triste… (Elle fit une délicieuse moue).

-Oh, pauvre, pauvre Mrs, laissez-moi vous proposer ce délicieux petit-déjeuner préparé presque par mes soins pour vous remettre de vos émotions… »

Margareth se laissa conduire docilement par John jusqu'à la table, et chacun put profiter d'une légère, mais néanmoins délicieuse collation.

« Je souhaitais être seul avec toi pour t'offrir quelque chose de spécial…

-Oh, tu ne m'as pas trop gâté j'espère John !

-Hmm, c'est, il me semble une des prérogatives d'un bon époux me semble-t-il… Ne bouges pas et fermes les yeux.

-John, tu exagères, je ne suis plus une enfant… Bon, très bien… Voilà, je ne vois rien… »

Elle entendit John se lever, puis un bruit de froissement, puis enfin plus rien…

-Tu peux ouvrir les yeux ma chérie…

-Oh John, mais, est-ce que mes yeux me trompent ou s'agit-il de mon frère sur ce portrait ?

-Non, tu ne trompes pas Margareth… J'ai commandé ce portrait à un artiste de Cadix, ton frère a trouvé l'idée excellente, bien qu'à en croire Mercedes c'est un bien piètre modèle…

-Toutes ces petites cachotteries étaient donc pour ça ! Oh, mais… Mais cette magnifique ibère est donc Mercedes… Oh ce qu'elle est belle John, dit Margareth avec un tremolo dans la voix. C'était la première fois qu'elle voyait la femme qui avait su conquérir son cher frère.

-Tu ne te trompes pas. J'ai eu cette idée dès que tu m'as parlé de ton frère, puisqu'il ne peut venir fouler le sol d'Angleterre à sa guise pour te voir, pourquoi toi tu ne pourrais jamais le voir non plus… Alors l'idée de ce portrait m'est venue, je ne sais pas si ce portrait lui rend justice ou non…

-Je reconnais bien-là l'air charmeur de Frederick, tu sais il est très bel homme !

-Pas autant que sa jeune sœur tu sais…

-Mais John… Mercedes tient un enfant dans ses bras, s'agit-il de… ?

-Oui, tu es tante mon amour… J'ai volontairement demandé à ton frère de retarder l'annonce de cette bonne nouvelle de quelques semaines, mais voici un petit billet de sa part ainsi que de celle de Mercedes qui t'expliquera tout…

-Oh il a l'air si petit John…

-Oui il ne doit avoir que quelques mois, mais je pense que ton frère a bien fait de le faire représenter, voilà une partie de ta famille mon amour…

-Oh John, tu es si merveilleux, tu sais à quel point il me manque et tu ne pouvais me faire un plus beau cadeau que celui-ci! Margareth laissait perler des larmes sur ses joues, mais était sincèrement reconnaissante envers son époux qu'elle ne pouvait aimer plus à ce moment.

-Vu toutes ces larmes, je pense que j'ai bien fait de réserver ce cadeau pour nous seuls…

-Mais je ne suis pas triste, au contraire John! Je ne désespère pas de le revoir, mais c'est sincèrement un cadeau merveilleux que tu me fais »…

Un jour ma belle Margareth, je te le promets nous iront le voir pensa-t-il intérieurement, plus rapidement que tu ne le penses… Il vint poser délicatement ses lèvres sur celles de sa femme et en un souffle lui glissa « Joyeux Noël mon amour, j'espère que tu n'oublieras jamais ton premier Noël à Milton avec moi.

-Comment le pourrais-je… ? »

Margareth lut rapidement le billet de son frère et celui de sa belle-sœur.


Ma chère Margareth, J'espère que ce rapide billet te trouvera en bonne santé, il me tarde de voir enfin John, il m'a l'air très attentionné et je pense que tu ne pouvais pas trouver meilleur époux, il semble beaucoup tenir à toi. Je dois me hâter, car le nouveau venu de notre famille ne nous laisse pas une minute de répit. Je sais ce que tu vas dire à la vue de ton premier neveu… « Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? ». Cela porte malheur en Espagne de parler ou d'annoncer la naissance à venir, mais ne t'inquiètes de rien, tout s'est bien passé, et Mercédès et Ricardo se portent comme un charme. Je la laisse d'ailleurs prendre la plume, sois indulgente, elle apprend notre langue dans le seul but de pouvoir parler de visu avec quelqu'un qui soit Anglais, je ne lui suffis déjà plus !

Je reste Margareth, ton frère dévoué.

Frédérick Hale.

PS : Mercedes n'a pas cédé pour un prénom plus « anglais », mais elle ne s'est pas opposée à rendre hommage à notre père Richard, j'ai du céder à la mode espagnole pour qu'il ne pâtisse pas trop ici de moqueries inélégantes.


Ma cher Margaret,

Frederick m'aide pour que mes mots soient les meilleurs possibles. Pardon d'avonce pour les petites erreurs que je peux faire. Voici notre portrait, il ne manque que vous et votre cher John pour compléter cette bel image.

Ricardo a hâte de rencontrer sa tia Margaret !

Bien à vous,

Mercedes.


« Oh John, ils ont appelé leur petit Ricardo en hommage à notre père, c'est très touchant… Oh John, il me manque maintenant plus que jamais… Nous avons longtemps été séparé et je ne pensais pas dire cela un jour, mais j'aimerai que mon frère soit à mes côtés, pour le premier Noël sans nos parents… Mais avec ce ravissant portrait mon ange, tu as rendu cela presque possible ! Je t'aime John ! »

John et Margareth saluèrent Hannah le sourire aux lèvres, la tension de la veille s'était visiblement complètement envolée pour son plus grand soulagement. Pour ce jour de Noël, les Thornton n'attendaient que quelques intimes pour le souper parmi lesquels Fanny et son époux, les Clarkson dans leur totalité, Dixon, le Dr Donaldson et son épouse ainsi que quelques amis de John. Mais pour l'instant, Margareth voulait profiter d'un moment de répit en compagnie de sa belle-mère et de John. John était véritablement enchanté de voir que Margareth était tout à fait à l'aise avec Hannah, il se sentait ainsi un peu moins coupable d'avoir pu délaisser quelque peu sa jeune épouse. Après une après-midi délicieuse passée à refaire le monde, les Thornton passèrent dans leur chambre pour se préparer pour le souper. Ce furent les Clarkson qui arrivèrent les premiers, et rapidement Cathy voulut accaparer Margareth pour elle-seule, car elle avait déjà finit de lire un des ouvrages que son père lui avait offert la veille et elle souhaitait le faire découvrir à sa compagne.

(…)

"Mrs Margareth, excusez-moi de vous importuner mais il y a un homme sur le perron qui souhaiterait rentrer, il m'a indiqué qu'il était connu de vous, mais ne souhaitait pas vous déranger en ce jour de fête familiale, j'ai dû insister pour qu'il attende dehors.

-Faites-le rentrer vite Hilary, ne laissons pas ce pauvre homme dehors par ce temps, vous a-t-il dit son nom ?

-Non pas encore Mrs, et il n'est pas seul, il est accompagné d'un enfant en bas âge.

-Ne tardez-donc pas allons ! A-t-on idée de garder dehors une pauvre petit créature par ce temps neigeux, faites-les rentrer, je m'en occupe, mon époux est en pleine conversation avec son beau-frère et je n'ose pas les déranger…

-Bien Mrs Margareth, j'y vais de ce pas ».

La domestique accompagna Margareth à l'entrée de la maison, et toutes deux y découvrirent un homme effectivement accompagné d'un petit enfant que Margareth avait bien du mal à identifier de prime abord à cause de son épais manteau. Soudain le regard de Margareth s'illumina lorsque l'invité retira son paletot.

« Oh Mr Spark, mais quelle surprise, John ne m'avait pas dit que vous seriez dans les environs de Milton ! Je suis enchantée de vous revoir, mais je vous en prie avancez-donc pour vous réchauffer un peu !

-Mrs Thornton, puis-je emmener Sallie près de l'âtre ? Il découvrit par la même occasion une charmante petite brune que Margareth identifia comme l'un des enfants de leur ami.

-Mais bien sûr! Margareth prit la petite par la main et la conduisit vers son intendante.

-Venez Sallie, vous pouvez suivre Hilary, notre intendante va vous emmener près du feu, donnez-lui aussi un peu de lait chaud et de la brioche voulez-vous, la pauvre petite est toute tremblotante.

-Vous êtes un ange Mrs Thornton.

-Ne vous ai-je pas dit il y a déjà 6 mois de m'appeler Margareth, je vous en prie faites-moi ce plaisir.

-Très bien mais uniquement si vous m'appelez William.

-Parfait ! Mais John a dû oublier de m'avertir de votre venue.

-J'ai pourtant envoyé un billet, mais vu les conditions, je ne suis qu'à demi étonné d'être arrivé ici avant lui. Je… Pourriez-vous faire venir John ma chère ? J'ai à vous parler, mais je ne souhaiterais pas trop attirer l'attention sur moi en ce jour de célébrations…

-Et bien, je…Je vous en prie, prenez la prochaine porte sur votre droite, c'est le bureau où je fais mes correspondances d'habitude, je vous emmène John dans quelques instants. Installez-vous confortablement. Souhaitez-vous que je vous fasse parvenir quoi que ce soit ?

-Je prendrai tout ce que vous avez de chaud Margareth avec grand plaisir.

-Très bien, je vous fais apporter ça de suite. »

Margareth s'empressa de rejoindre John au salon, toujours accaparé pour son plus grand déplaisir par Watson et ses habituels babillages productivistes. Elle vint se joindre au petit groupe et inventa une excuse pour libérer son époux de l'emprise de l'industriel.

« Margareth, que se passe-t-il ? Vous n'avez pas l'air dans votre état habituel ?

-Et bien, je vous prie de me joindre dans mon petit salon, j'ai quelque chose à vous faire voir.

-Margareth, voyons, nous avons nos invités ».

Rouge de honte, la jeune femme comprit soudainement que son époux avait visiblement très mal interprété ce qu'elle souhaitait lui dire.

« John, voyons, lui susurra-t-elle, penses-tu que je manquerai à toute bienséance en ce jour de fête traditionnelle… ? Tu n'as pas repéré une enfant auprès d'Hilary au coin du feu ?

-Et bien, non je dois dire, Watson m'a tellement absorbé que je n'ai prêté attention aux autres invités depuis un certain moment.

-Si vous voulez bien me suivre, lui intima alors Margareth. Nous reprenons notre route jusqu'au bureau si vous voulez bien vous donner la peine Mr Thornton. »

Le couple pu sans trop de difficultés se défaire de leur invités, car il n'y avait ici que leurs amis et familles les plus proches, John en arrivant dans le petit bureau d'habitude réservé à sa femme, aperçut son vieil ami assis sur un sofa et s'exclama :

« Will ! Mon ami, mais que nous vaut cette surprise ? Non restes assis, mon dieu tu as une mine épouvantable !

-Ainsi donc j'avais raison, vous n'avez pas encore reçu mon express… » A ces mots, n'y tenant plus, William s'effondra et pris ses mains dans ses cheveux pour tenter une explication.

-Je ne vais pas tourner autour du pot John tu me connais. Il s'agit de… C'est Eliza, John. Elle… Elle est morte… ».

William Spark, que Margareth avait rencontré si joyeux et d'humeur agréable à son mariage, était là assis devant eux aux portes du désespoir et avait perdu toute contenance. La jeune femme avait bien vu qu'il manquait à leur ami l'étincelle si caractéristique de ses yeux rieurs mais elle n'avait pas osé relever.

« Je vais vous chercher du porto de votre bureau John, dit Margareth, et je vais vous laisser discuter ensemble, vous en avez besoin visiblement. Ne t'inquiète John, je vais aller parler à ta mère et prier nos invités de continuer la soirée dans le grand salon de réception où nous allons servir la collation.

-Merci ma douce.

Margareth se permit de poser sa main sur l'épaule de William en partant quand celui-ci lui demanda :

-Margareth, pouvez-vous veiller sur Sallie, dîtes-lui que je reviens vite s'il vous plaît.

-Bien entendu William, je vais aller aider la petite à s'installer dans une des chambre de l'étage. Je pense que si vous venez directement de … elle doit être exténuée. John l'ancienne chambre de ta sœur conviendra tout à fait, je monte la faire préparer ».

Pendant que Margareth donnait quelques consignes, elle fit servir le repas à ses invités et leur demanda bien tristement de vouloir l'excuser et elle et son époux, qui avait une affaire urgente à régler. Elle informa Hannah rapidement de la situation sans trop rentrer dans les détails, et sa belle-mère se chargeait ainsi de reprendre la gestion de la soirée en tant que maîtresse de maison. Margareth pouvait bien compter sur les deux caractères antagonistes d'Hannah et Cathy pour entraîner l'ensemble des convives à table et animer la fin du souper.

Pendant ce temps-là dans le petit bureau, le silence demeurait, aucun des deux hommes n'avait pu reprendre la parole. Ce n'est qu'une fois que Margareth fit son apparition accompagnée du Porto, que John, machinalement se leva et en servit à son ami sans même qu'il lui en ai demandé.

« Et bien Will, peux-tu nous en parler ? Que s'est-il passé ?

-Et bien, vous souvenez-vous lors de votre mariage ? Eliza n'avait pu m'accompagner car les médecins l'a pensait trop faible pour cela, et elle ne voulait pas non plus mettre notre enfant en danger.

-Oui je m'en souviens, elle m'avait écrit d'ailleurs un très gentil billet que vous m'aviez transmis, quelle tragédie, dit Margareth…

-Et bien, quelques mois après votre mariage, arrivant à terme, Eliza est rentrée en travail, mais l'enfant est arrivé mort-né, je ne vous en ai pas averti j'en suis désolé… Dès lors, c'est comme si Eliza m'avait été enlevée en même temps, toute vie ou envie de vivre avait visiblement quitté son corps.

-Oh mon dieu, reprit Margareth mettant la main devant la bouche… A-t-elle tenté de… ?

-Non, mais elle se laissait dépérir clairement, elle ne s'est jamais vraiment remis de ce travail. Le médecin ne put rien pour elle, il me disait juste d'être patient et que l'envie reviendrait petit à petit. On ne s'aperçut que trop tardivement qu'elle avait développé les fièvres en plus de la fatigue de ces relevailles « stériles »…

-Mais comment se fait-il que le médecin n'ait rien vu ?

-Et bien, en fait, il l'avait prévenu qu'un deuxième enfant pourrait être compliqué pour sa santé fragile, mais tu penses bien qu'elle ne m'avait rien dit pour ne pas m'alarmer inutilement. Elle s'en est allée à la suite d'une énième poussée de fièvre le mois dernier, sur les dernières minutes, la pauvre délirait complètement et ne me reconnaissait plus ni même sa mère…

-Et la petite Sallie, a-t-elle vu tout ceci ? s'enquit Margareth ?

-Non, je l'avais laissé chez les parents d'Eliza, elle est trop jeune pour tout comprendre encore, même si elle n'est pas sotte, mais je ne voulais pas lui infliger tout ceci, elle n'a pas encore 2 ans… Oh John, pourquoi… Nous étions si heureux… »

John fit alors un geste inattendu : il se leva, prit son ami dans ses bras, il tentait-là de le consoler du mieux qu'il pouvait, Margareth ne l'avait jamais vu être tendre auprès d'autres personnes que d'elle-même et cette attitude marqua profondément la jeune femme, non pas qu'elle pensait son époux insensible et incapable de montrer de l'affection pour autrui, mais elle ne le pensait pas capable d'exprimer avec autant d'émotion à l'extérieur de son cercle familial.

« Will, tu vas suivre Hilary, elle va te montrer une chambre qui devrait être prête à présent, tu pourras te défaire de tes vêtements et te faire une rapide toilette. Il est bien entendu que tu restes avec nous autant de temps que tu le souhaiteras.

-Merci John, je t'avoue que je ne savais pas où aller, les parents d'Eliza sont complètement abattus, et je ne pouvais rester là pour Sallie, dès que j'avais pris ma décision de quitter Plymouth, j'ai fais partir un express et c'est ainsi que nous arrivons chez vous mes amis».

(...)