Merci pour la review Rose-Eliade :)
Hello mimi70 ! Il me fallait un moyen de virer Lockart de Poudlard et je ne sais même pas comment cette idée m'est venue XD Ça a fait tilt soudainement.
Mandy était bizarre depuis le début, c'est juste que personne ne lui porte attention puisqu'elle est silencieuse et préfère se faire oublier ! Elle nous cache des choses, c'est moi qui te le dis !
Merci Loupiote 54 ^^
Coucou SabrineClmb ! Je n'ai rien arrêté du tout : je publie tous les samedis ^^ Et je compte bien finir cette fic : tu n'as donc pas à t'inquiéter.
Je n'ai pas encore décidé pour les couples, et j'ai encore un peu de temps devant moi Lalyh ! Et non, perdu Cameron est bien le fils de Dante, il n'y a aucun doute là dessus.
Tu n'as pas tout à fait tord Mathilde : la curiosité de Mary est carrément dangereuse.
Bonne lecture ^^
Un nouveau mystère
Le mois de juillet débuta par un temps qui pouvait passer pour caniculaire en Angleterre. Mary guettait l'apparition du moindre nuage qui apporterait un peu de pluie sur l'île et rafraichirait l'atmosphère.
Elle passa beaucoup de temps hors du Phare, dans les serres. Avant… Avant c'était son père qui s'occupait des serres avec sa mère. Maintenant qu'il n'était plus là, il fallait bien quelqu'un qui aide la Maître des Potions à cultiver les ingrédients indispensables à la pratique de son art. Et, de façon surprenante, Mary apprit beaucoup de chose et trouva soudainement la botanique plus captivante. Sans doute parce que sa mère reliait toujours les plantes, magiques ou non, aux potions qui étaient une matière intéressant beaucoup plus la rousse. Son frère venait aussi souvent avec elles mais il préférait provoquer les plantes magiques plutôt que de les aider.
- C'est quand que ma lettre arrivera ? demanda t –il pour la troisième fois de la journée.
- Probablement pas avant août mon chérie, répondit leur mère qui semblait toujours conserver son calme malgré le nombre de fois impressionnant où la question était posée par jour.
- Tu ne devrais pas être aussi impatient d'aller à l'école, lui dit la rousse, hypocrite.
Il fallait dire qu'elle attendait toujours impatiemment d'y aller, elle aussi. Mais elle aimait travailler et apprendre, contrairement à son frère qui préférait faire le pitre toute la journée.
- Espérons que l'année soit tranquille, glissa Ladon. Parce qu'il y a toujours eu quelque chose jusque là.
Mary haussa les épaules. Elle ne voyait pas ce qu'il pourrait arriver de pire qu'un basilic semant la terreur dans l'école.
La semaine précédant son départ pour aller chez William, ils reçurent la visite de tonton Remus. C'était un vieil ami de sa mère d'adoption, mais aussi de Lily et James ses parents biologiques. Il ne venait pas très souvent mais il devait bien être la seule personne que sa mère accueillait au Phare de bon cœur.
Tonton Remus avait l'air un peu fatigué, mais un grand sourire étirait ses lèvres et illuminait son visage pâle. Il semblait toujours malade et sa mère lui avait un jour dit que c'était à cause de sa lycanthropie. Mary savait depuis des années que l'homme était un loup-garou et elle ne comprenait vraiment pas tous ces préjugés sur ces créatures : il n'y avait pas plus gentil que son tonton.
- J'ai une grande nouvelle ! leur dit –il quand ils furent attablés sous un parasol.
- Je me disais aussi qu'il devait y avoir quelque chose pour que tu débarques à l'improviste, sourit la matriarche Entwhistle.
- J'ai trouvé un travail.
Ca, c'était une excellente nouvelle ! Après les félicitations d'usage, ils attendirent tous avec impatience qu'il annonce ce qu'était ce travail.
- Je vais être professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard cette année !
- Super ! s'exclama Mary qui se dit qu'il ne pouvait être que mieux que Lockart.
Et elle était sûre qu'il n'avait pas Voldemort à l'arrière du crâne lui...
- Ca veut dire que tu vas nous surveiller toute l'année ? s'horrifia Cameron.
- Oui, il semblerait.
- Ca aurait pu être pire et être maman, plaisante Mary sans y croire une seconde.
- Tu ne peux pas savoir à quoi tu as échappé… commença le loup-garou.
- Remus, le coupa leur mère sur un ton menaçant.
- Votre mère a enseigné la DCFM à Poudlard avant votre naissance, termina le sorcier avec une lueur amusée au fond de ses yeux gris.
L'information fit béer d'étonnement les deux enfants et à voir l'air mécontent de leur mère, elle n'était pas ravie que son ami ait révélé l'information.
- Je n'ai enseigné qu'un mois en attendant qu'un vrai professeur arrive, tempéra la concernée. Et j'ai dit à Dumbledore que ce n'était pas mon rayon. J'aurais préféré le potions.
- Tu as été prof à Poudlard ? répéta Mary.
- Plutôt un remplaçant et ne t'inquiète pas : il est hors de question que je laisse encore Dumbledore m'employer. La culpabilité ne m'incitera plus à faire quoi que ce soit pour ce vieux …
- Crys, la coupa gentiment tonton Remus.
- Pour le directeur, acheva leur mère avec une moue mécontente.
- Pourquoi tu te sentais coupable ? s'enquit Mary.
- Il se trouve, chère enfant, que ta mère était à l'origine de la démission de l'ancien professeur et que ce dernier est parti la veille de la rentrée, laissant le directeur dans une fâcheuse position. Elle lui devait bien ça.
- C'est de l'histoire ancienne, le coupa sèchement la Maître des Potions.
Frustrée que sa mère intervienne encore alors que la conversation s'orientait sur son passé, Mary se promit de profiter des cours pour questionner son tonton, loin des oreilles de la concernée. Ils fêtèrent la nouvelle dignement en allant au restaurant dans la partie moldue de Londres. Ce n'était pas tous les jours qu'un loup-garou obtenait un poste d'enseignant !
Elle attendit impatiemment le jour où elle partirait pour chez William et prépara soigneusement ses affaires la veille pour être sûre de ne rien oublier. Ladon fit la tête parce que lui resterait au Phare : la mère de William était littéralement terrorisée par les serpents. Ca allait aussi être difficile pour la fillette qui ne s'était jamais séparé de lui depuis qu'elle l'avait récupéré.
William habitait au pays de Galles, juste à côté du parc national qui s'y trouvait, plus particulièrement dans la région nommée Snowdonia. Le transplanage fut un peu délicat jusqu'à Llanberis, le village à la périphérie duquel se trouvait la maison de William. Les deux sorcières réapparurent dans une forêt au beau milieu d'un troupeau de biches qui manquèrent de les piétiner quand elles s'enfuirent. Elles trouvèrent ensuite ce qui semblait être une sorte de sentier qui les menèrent jusqu'à l'extérieur de la forêt.
Le village de Llanberis était un peu plus loin avec ses maisons aux colories vives et disparates, près du lac de Llyn Padarn. Elle s'y rendirent à pied, ce qui leur prit une petite demi-heure, avant de chercher le Pete's eats, l'endroit où elles avaient rendez-vous avec le garçon et son père, et qui s'avéra être un café à la façade bleu marine au coin d'une rue menant au lac.
Quand elles y entrèrent, on les y accueillit avec un grand sourire. Mary repéra William et son père assis à une table et trottina vers eux. Le garçon lui sourit dès qu'il aperçut la chevelure rousse indisciplinée de son amie et il sautilla sur sa chaise, comme s'il se retenait de bondir de sa place. Ce qui était sûrement le cas. Il portait des vêtements avec lesquels Mary n'aurait jamais pensé le voir : un pantalon gris avec une chemise blanche par-dessus laquelle était passée un pull sans manches décoré de carreaux bleus. Un jeans et un T-shirt auraient mieux convenu vu la saison.
Son père à sa droite buvait tranquillement son thé, assit très droit. Elle avait oublié que le père de son ami avait l'air aussi rigide que si on lui enfoncé un balai dans le…
- Bonjour Monsieur Armstrong-Jones, dit –elle en arrivant à leur hauteur. Salut William.
- Salut Mary, répondit le garçon. Bonjour Madame Entwhistle.
- Ravie de te revoir William, répondit celle-ci.
Les deux nouvelles venues s'assirent et on leur apporta à chacune un thé même si elles n'avaient rien commandé.
- Merci d'accueillir Mary chez vous, dit la Maître des Potions.
- Je vous en prie. Je suis au courant de la période difficile que vous traversez et il me semblait nécessaire que votre fille puisse voir ses amis.
- Merci, répéta la sorcière.
Une fois leurs boissons terminées et quelques banalités échangées ils montèrent en voiture car la maison des Armstrong-Jones se trouvait à l'écart. Un petit quart d'heure plus tard, la rousse vit une demeure en pierre se profiler et il fallait admettre que ça n'avait rien de la maison moldue qu'elle avait en tête. C'était grand. Très grand. Presque autant que le manoir des Malefoy, même si l'endroit semblait plus chaleureux déjà rien qu'à voir la meute de lévrier écossais qui accompagna la voiture sur les derniers mètres quand celle-ci se mit à ralentir.
Le père de William et William lui-même furent les premiers à sortir et quelques mots en gallois du plus âgés transformèrent la meute déchaînée en chiens disciplinés ce qui permit aux deux sorcières de sortir à leur tout. Ces chiens étaient énormes. Sur leurs pattes de derrières, ils devaient être plus grands que Mary. Voir plus grand que sa mère. Ils avaient le poils hirsutes et grisâtres comme s'ils s'étaient roulés dans une flaque d'eau sale.
Ils entrèrent dans la grande maison. L'intérieur était en nuances de blanc et de beige ce qui rendait l'ensemble très lumineux. Dans le petit hall d'entrée attendait trois personnes. Une femme dans une élégante robe rosée, une rangée de perle autours du cou, et une main posée sur les épaules de chacune des fillettes qui portaient des robes de dentelles blanches, avec de petits souliers assortis et un nœud sur la tête. L'habit parfait des enfants de riches guindés… Comme ceux que portait William d'ailleurs. Et vu la maison et le terrain l'entourant la famille de Wiliam était riche et visiblement guindée.
- Bienvenue dans notre foyer Mary, lui dit la mère de William avec un sourire éclatant et faux. J'espère que tu passeras un agréable séjour avec nous.
- Merci Madame Armstrong-Jones.
- Ton voyage n'a pas été trop pénible ?
Mary sentit sa mère à elle s'agiter d'être ainsi ignorée puisque la femme n'avait pas jeté un seul coup d'œil dans sa direction depuis qu'elles étaient entrées. A vrai dire, la moldue semblait… effrayée.
- Je vous laisse Mary, prenez soin d'elle, d'accord ? finit par dire la Maître des Potions.
- Cela va sans dire, Madame, lui dit le père de William.
Mary laissa sa mère l'embrasser, promit d'être sage et prudente puis ils accompagnèrent tous la sorcière jusqu'à la porte. Après un dernier regard à sa fille, cette dernière se mit à marcher d'un pas vif et transplana soudainement vers le Phare. La disparition provoqua un petit bruit étrange du côté de la mère de William, comme un couinement étouffé. Sans doute parce qu'elle n'avait jamais vu un sorcier transplaner de sa vie.
- Je montre sa chambre à Mary, annonça William avant d'attraper l'autre côté de sa valise pour qu'ils la portent à deux jusqu'à l'étage.
Il n'y eut aucune réponse et à vrai dire ils s'en moquaient. Les deux amis grimpèrent les escaliers à toute vitesse et elle le suivit dans un couloir qui partait à droite. En regardant par la fenêtre donnant à l'arrière de la maison, elle eut vue sur une immense piscine azurée et les montagnes verdoyantes. Le paysage était magnifique.
- Je suis si content que tu aies pu venir ! J'avais aussi invité Emeli et Terry mais Emy est coincée dans ses révisions de métamorphose et Terry est parti vacance pour tout le mois de juillet. Comment tu vas ?
- Bien.
- Et en vrai ? Avec ton père et tout ça… continua t –il avec toute la délicatesse qu'il n'avait pas.
- C'est… C'est difficile. Il me manque.
Le garçon hocha la tête très sérieusement avant d'ouvrir une porte et de les faire entrer dans une chambre qui était deux fois plus spacieuse que celle de Mary au Phare. Elle ouvrit de grands yeux en observant le mobiliser sobre et élégant mais qui devait coûter un œil de la tête.
- Je ne m'attendais pas du tout à ce que ce soit comme ça chez toi. Et ces vêtements… dit –elle en jetant un coup d'œil critique à ce qu'il portait.
Elle-même était en jupe et débardeur, une tenue commune chez les moldus en plein été, mais elle avait presque l'air aussi décalée que si elle était venue vêtue de sa robe de sorcière. William grimaça.
- J'aime pas du tout ces vêtements, mais je n'ai rien d'autre à me mettre ! Tu peux pas savoir comme j'ai hâte de retourner à Poudlard et de retrouver mon uniforme ! C'est mieux que ces choses !
- Je suis d'accord. Dis-moi, tes parents…
- Ils ont un balai coincé bien loin dans le cul et mes sœurs c'est pareil ! Je m'ennuis tellement ici que je fais des devoirs supplémentaires ! J'en suis au point où j'attends avec impatience la liste de livre pour l'an prochain pour avoir de quoi lire !
Mary sourit. Il devait vraiment être à bout pour en arriver à de telles extrémités. Et elle venait de découvrir pourquoi il avait de si bonnes notes sans jamais travailler à l'école : il passait en réalité son été à réviser pour échapper à son quotidien ennuyeux.
- Pas de devoirs cette semaine, annonça t –elle. Au fait, comment s'appellent tes sœurs ? Elles ne se sont pas présentées.
- Annabelle et Janice. Pas la peine d'essayer de leur parler : elles ne t'adresseront pas un mot. Elle me parle déjà à peine à moi alors…
Mary fronça les sourcils et assembla les pièces du puzzle dans sa tête pour en arriver à une conclusion sans appel. William avait un jour dit que sa famille n'aimait pas trop la magie, mais en réalité ils semblaient détester ça et même en avoir peur.
- Tu ne plaisantais pas quand tu disais qu'ils n'aimaient pas la magie, hein ?
- Le jour où Sinistra est venue pour m'apporter ma lettre, ils ont déjà failli ne pas la laisser entrer parce qu'elle était vêtue bizarrement et qu'elle a la peau noire. Et quand ils ont finalement su que j'étais un sorcier, tout ce que ma mère a trouvé à dire c'est "je savais bien qu'il avait quelque chose de pas normal cet enfant !" comme s'ils étaient rassurés que je ressemble plus à Sinistra qu'à eux.
- William…
- Je ne dis pas ça pour que tu t'apitoies sur mon sort mais pour que tu comprennes où tu vas vivre pendant une semaine.
- Ne t'inquiète pas. Je sais comment me comporter face à ce genre de chose.
- Bien. Viens, je vais te montrer ma chambre, en lui attrapant le poignet pour la tirer derrière lui avec enthousiasme.
Mary se dit que décidément William n'avait vraiment pas l'air d'être fait du même bois que le reste de sa famille, et ce même si elle avait très peu vu ceux-ci. Elle n'eut pas besoin de le suivre longtemps avant qu'il n'ouvre une nouvelle porte et eu l'impression d'avoir été transportée du côté sorcier.
La chambre avait été décorée aux couleurs de Serdaigle. Les livres de cours étaient éparpillés par terre, son balai volant était posé en évidence dans un coin et était rutilant, prêt à être utilisé. Des exemplaires de la Gazette du Sorcier et de l'Echos des Sports Magiques étaient empilés à droite. Des posters des Harpies de Holyhead trônait sur les murs, ce qui fit grimacer Mary : elle était une fervente partisane des Pies de Montrose qui entretenaient un antagonisme important avec les Harpies. Ils argumentèrent sur la dernière victoire des Pies qui avaient raflé la première place de la compétition des Royaume-Unis pour la neuvième fois et William jugeait que l'équipe n'avait pas mérité cette victoire.
- Et pour ta pétition ? demanda t –il soudainement. Tu crois que tu vas réussir à faire instaurer une compétition de Quidditch en parallèle de la coupe des quatre maisons ?
- Pour le moment, j'aimerais juste qu'on puisse faire des équipes et jouer sans forcément s'engager dans un tournoi. Si on arrive à réunir quatorze joueurs, je serais heureuse.
- Les équipes seront faites comment ?
- Inter-maison, c'est certain. Après, je pensais qu'on ferait les équipes par tirage au sort sur le terrain. Je ne veux pas qu'il arrive des équipes entièrement composées de 7ème ou 6ème année et une équipe de 1ère année en face.
- Ca risque de ne pas plaire : les gens veulent toujours gagner.
- C'est surtout pour jouer que je veux faire ça.
- Tu devrais peut –être organiser des entraînements pour ceux qui se débrouillent le moins bien sur les balais. Les cours de Bibine ne donnent que les bases et c'est pas assez pour faire un match en toute sécurité. Les membres des équipes de Quidditch des Maisons pourront participer ?
- Non, dit Mary sur un ton catégorique. Ils jouent déjà et je fais ça pour tous ceux qui n'en ont pas l'occasion.
Le temps passa à une vitesse effrayante et l'heure du déjeuner arriva. C'était le moment d'affronter la famille au grand complet. La table avait été impeccablement dressée et l'argenterie rutilante attendait soigneusement alignée à côté des assiettes. Les deux parents s'installèrent en bout de table et Mary s'assit en face de William qui avait l'air nettement moins détendu que quelques minutes plus tôt.
- Alors Mary, demanda son père pour briser le silence qui flottait sur la tablée, ainsi vous venez d'une famille complètement sorcière ?
- C'est exacte, Monsieur, dit-elle en se disant qu'elle n'allait pas chipoter pour deux ou trois personnes moldus du côté de Lily Evans.
- Que fais votre mère dans la vie ?
- Elle est Maître des Potions.
- C'est comme un pharmacien, informa William en voyant l'air perplexe de sa famille.
- Un pharmacien ? répété Mary qui n'avait jamais entendu le mot.
- Ce sont les personnes qui donnent les médicaments quand les médecins ont trouvé que ce tu as.
- Oh.
Un Maître des Potions était bien plus que ça ! Mais elle voyait mal expliquer à un famille moldue que sa mère faisait non seulement des remèdes, mais était aussi capable de créer des poisons et des filtres permettant de changer d'apparence ou de faire dire la vérité à n'importe qui.
- Père, je comptais emmener Mary camper au parc demain, intervînt William à la fin du repas alors que tout le monde se levait. Nous y resterions deux ou trois jours.
- Et bien fais donc.
Mary fut étonnée que ce soit aussi simple. Jamais sa mère ne l'aurait autorisée à camper en pleine nature… En fait, elle ne l'aurait même pas autorisée à camper sur l'île où se trouvait le Phare. Mais elle ne savait pas très bien si elle devait envier son ami pour la liberté qu'il avait ou si elle devait le plaindre que ses parents se sentent si peu concernés par lui qu'ils le laissent camper sans savoir où il allait vraiment alors qu'il avait à peine 13 ans.
Le lendemain, deux sacs les attendait dans l'entrée et William l'entraîna avec entrain vers le parc naturel de Snowdonia, l'air absolument ravi de quitter sa maison.
- Il faut absolument que je te montre des tas de truc ! La réserve regorge de créatures magiques et mes parents ont toujours cru que j'étais complètement fou parce qu'eux ne les voyaient pas !
Intriguée, Mary oublia un peu son inquiétude à l'idée que le garçon ne les perde dans la forêt.
- Tu sais ce que tu fais ? demanda t –elle néanmoins.
- Sans problèmes. Quand je ne révise pas, je passe mon temps à marcher ici. L'an dernier je suis même parti deux semaines entières et je suis allé jusqu'à Yr Wyddfa, c'est le nom gallois de la plus haute montagne du parc. En anglais, ça se traduit par "le tumulus" et c'était génial. Tu sais pourquoi on appelle cette montagne de cette façon ?
- Non, mais tu vas me le dire.
- Parce que les légendes racontent que des Sidhes y vivaient fut un temps.
- C'est quoi des Sidhes ?
- Des êtres surnaturels d'apparence humaine avec d'extraordinaires pouvoirs reliés à la nature. On dit que leur beauté pouvait envouter un humain au premier regard.
- Tu es sûr que ce ne sont pas des vampires, tes Sidhes ?
- Non : ils pouvaient sortir de jour. Ah ! Si tu étais là plus longtemps je t'aurais emmené à l'Yr Wyddfa. J'y ai vu des choses qui me font penser que cette légende n'en est pas une ! Mais on va se contenter d'aller jusqu'au lac Llyn Dwythwch.
- Le lac Lyn Dwi quoi ?
- Llyn Dwythwch.
- Les gallois aiment les mots imprononçables, c'est ça ?
- T'as tout compris.
Ils marchèrent toute la journée à travers la forêt et Mary fut contente de constater que le dénivelé n'était pas trop important parce que c'était sa première randonnée et que William la distançait déjà assez comme ça. Le soleil commençait à décliner quand ils arrivèrent en haut de la dernière colline. Le lac se trouvait en contrebas et derrière lui il y avait des montagnes impressionnantes.
- Là –bas, c'est Yr Wyddfa dont je te parlais quand on est partis.
Mary essaya de deviner de quelle montagne il parlait, mais elle ne réussit pas. Pour ne pas le fâcher, elle hocha la tête et ils descendirent vers les berges du lac. L'endroit était verdoyant mais elle ne put pas en profiter puisqu'il fallut encore monter la tente. La rousse essaya d'aider son ami, mais il s'avéra qu'il se débrouillait bien mieux sans elle.
- Mais… C'est tout petit ! s'indigna t –elle en entrant.
- Euh… C'est une tente plutôt grande en faire, lui dit William.
Elle lui parla alors des tentes sorcières qui avaient plusieurs pièces et même l'eau courantes pour les plus élaborées. Elle n'avait certes jamais campé mais parfois des marchants itinérants venaient sur le Chemin de Traverse et elle était déjà entré dans une tente sorcière. Elle ne s'attendait pas du tout à ce que ce soit comme ça chez les moldus.
Ils ramassèrent ensuite du petit bois pour faire un feu et William sortit sa baguette.
- Lacarnum Inflamare.
Aussi tôt le tas de bois sec prit feu alors que Mary s'exclame :
- Tu es fou ! On a pas le droit de faire de la magie hors de l'école !
- Relax ! J'ai déjà essayé l'an passé et je n'ai eu aucun problèmes. Je ne sais pas comment la Trace fonctionne, mais je pense que tant que je ne suis pas chez moi on ne peut pas prouver que j'ai fait de la magie. Ou alors les gens de Ministère ne se déplacent pas quand il s'agit de sorts mineurs.
Peu convaincue, Mary observa le ciel régulièrement durant la soirée en attente du hibou qui viendrait apporter un avertissement à William. Mais il l'arriva jamais.
Quand le soleil disparu derrière une montagne, ne laissant que le ciel rosé pour dire qu'il était encore là, la pénombre s'abattit sur leur campement et d'étranges phénomènes commencèrent à avoir lieu. Des dizaines de petites lueurs apparurent à la surface du lac, comme du feu bleu qui flottait au dessus de l'eau.
- Ce sont des feus follets, reconnu Mary.
- Tu sais ce que c'est ?
- Personne n'a vraiment réussi à savoir en fait. Certains feus follets ont guidé les sorciers qui les étudiait jusqu'à un précipice et ils en sont morts. Alors on a cessé d'essayer de comprendre. Je sais juste que quoi qu'il arrive, il ne vaut mieux pas s'en approcher ou suivre le chemin qu'ils forment. En attendant… C'est sacrément joli à regarder.
William lui fit ensuite découvrir les marshmallows grillés et ils terminèrent la soirée en papotant et mangeant ces bonbons avant d'aller s'enrouler dans leurs sacs de couchages respectifs. C'était étrange. Mary n'avait jamais dormi dehors, uniquement protégée par une toile fine qui laissait entrer la luminosité venant des feux follets. C'était un peu effrayant de se dire que rien ne les protégeait de l'extérieur. Pourtant, elle dormit très bien.
Ce fut son ami la réveilla le lendemain en la secouant brutalement par l'épaule.
- Pas maintenant Cameron, grogna t –elle. Va t-en !
- Viens vite voir, lui enjoignit William sans s'émouvoir qu'elle le confonde avec son catastrophique petit frère.
- Pas maintenant, répéta t –elle.
Elle crut un moment qu'il avait abandonné jusqu'à ce qu'il l'attrape par les pieds et la tire à l'extérieur avec son sac de couchage.
- Hé ! s'exclama t –elle en se redressant brutalement avant de lever une main pour protéger ses yeux.
Le soleil était déjà levé depuis longtemps. L'endroit était encore plus beau en plein jour. Et là, quelques mètres plus loin, se trouvait un magnifique cheval transparent qui miroitait exactement comme l'eau du lac sous le soleil. Il n'avait pas l'air intimidé par leur présence et s'approcha quand elle se leva, immédiatement bien réveillée.
- Il est beau, souffla t –elle en tendant une main.
L'animal semblait être fait de liquide, mais quand elle le toucha il était solide quoique mouillé.
- C'est un Ceffyl Dŵr, lui apprit William avant de traduire devant l'air agacé de Mary : un cheval aquatique si tu préfères. C'est une Créature Magique qu'on ne retrouve qu'au pays de Galles. Les légendes disent qu'il ne faut jamais monter dessus.
- Euh… Et tu fais quoi, là ?
- Je monte dessus, répondit –il comme s'il s'agissait d'une évidence.
Elle n'eut pas le temps de lui dire que c'était une mauvaise idée de ne pas écouter les légendes, tous les sorciers savaient ça, qu'il s'était déjà hissé sur le dos du cheval. Et dès qu'il eut posé ses fesses sur lui, la Créature partie en trombe, arrachant un cri à William. L'animal galopa quelques secondes sans que ses sabots ne fassent le moindre bruit avant de s'élever dans les airs d'une secousse et de se mettre à se cabrer et à ruer dans un improbable rodéo aérien. Et son cavalier, qui résista quand même un temps honorable, finit par être éjecté. Mary poussa un cri, mais il atterrit dans le lac et refit rapidement surface avant de nager jusqu'à la berge. A part la peau rouge à cause du plat qu'il avait fait en touchant l'eau du lac, il n'avait rien.
- C'était génial ! dit –il. Il faut que je recommence.
- Ca va pas à la tête ?! s'exclama t –elle. Imagine si tu n'avais pas été au dessus de l'eau !
- Les Ceffyl Dŵr ne sont pas connus pour tuer les gens dans les légendes. Je ne risquais rien.
Elle eut beau essayer de le résonner, il voulut quand même réessayer. Heureusement, la créature avait disparue quand les deux jeunes sorciers s'intéressèrent à nouveau à lui. Il devait être content du tour qu'il leur avait joué aujourd'hui. Vu que William était déjà mouillé, ils prirent le partie de se baigner dans le lac. L'eau était froide, ce à quoi Mary ne s'attendait pas du tout en plein mois de juillet et elle n'y resta pas bien longtemps. Et de toute façon, elle craignait qu'il y ait d'autre Créatures Magiques dans ce lac et qui pourraient tenter de l'entraîner au fond.
L'après-midi, ils s'enfoncèrent dans la forêt à la recherche de pillywiggins qui n'étaient autres que de minuscules fées gardiennes de la faune et de la flore et qui possédaient des ailes de papillons ou de libellules. William jurait en avoir déjà vu, mais ils n'en trouvèrent pas une seule.
Une chouette leur amena une lettre d'Emeli qui regrettait de ne pas pouvoir être là et semblait avoir envie de se taper la tête contre un mur à cause de ses cours de métamorphose. Il fallait bien admettre que la semaine que Mary et William passait était plus amusante. Mais ils durent se résoudre à prendre le chemin du retour le lendemain parce qu'ils n'avaient plus rien à manger ou presque.
Ils furent de retour chez William le jeudi soir pour le dîner et personne ne sembla content de les revoir. Les sœurs du garçon n'étaient même plus là : elles étaient parties en stage d'équitation pour un mois. Et ses parents avaient préféré manger avant qu'ils ne soient de retour. Cela dit, ça ne les dérangea pas beaucoup puisqu'ils purent parler librement tout en s'empiffrant.
La fin de la semaine arriva beaucoup trop vite. Ils jouèrent avec les énormes chiens qui ne demandaient que ça, visionnèrent des films et étrennèrent le jeu de bavboule que William avait acheté l'été dernier et avait oublié d'emporter à Poudlard. Après ça, ils durent prendre une bonne douche parce que même s'ils étaient avertis, Merlin qu'est ce que ça puait !
Le dernier jour Mary fut presque triste de devoir partir. Si la famille de William n'avait pas eu l'air de vouloir rester le plus loin possible d'eux, elle aurait sans doute essayé de négocier avec sa mère pour rester plus longtemps, mais là elle voulait rentrer chez elle. Elle se sentait coupable de laisser son ami seul pour le reste de l'été et promit d'essayer de l'inviter au Phare.
Sa mère vînt la chercher le dimanche en début d'après-midi et elles repartirent par transplanage non sans avoir obtenu que William vienne avec elles pour les courses de la rentrée. La rousse ne raconta pas à sa mère la randonnée qu'elle avait fait dans le parc national, sachant que celle-ci serait horrifiée que deux enfants soient partis seuls dans la nature. Elle fut ravie de retrouver Ladon, mais beaucoup moins pour son frère qui ne la lâcha plus. Il n'aimait pas rester seul au Phare et ça semblait encore plus vrai maintenant que leur père n'était plus là…
Deux jours avant son anniversaire, sa mère lui tendit le journal un matin, lui disant qu'elle trouverait l'article intéressant. Curieuse, c'était la première fois que sa mère disait ça, elle prit la Gazette du Sorcier et reconnu immédiatement la famille Weasley au complet, enfin du moins pour les enfants habitant encore au Terrier. Mr et Mrs Weasley souriaient de toutes leurs dents, les mains posées sur Fred et George comme pour les dissuader de faire la moindre bêtise. Percy bombait le torse d'un air important et Ron semblait en train d'essayer d'empêcher son rat de s'enfuir tandis que Ginny souriait faiblement. Mary se promit de lui demander si elle allait mieux... Voldemort l'avait possédée pendant presque six mois après tout et ça avait dû laisser des traces.
Un employé du Ministère de la Magie remporte le Grand Prix !
Arthur Weasley, directeur du service des détournements de l'Artisanat moldu, a remporté le grand prix de la loterie du Gallion organisée chaque année par La Gazette du Sorcier.
Mr Weasley, ravi, nous a déclaré : "Cet or va nous servir à aller voir nos deux aînés cet été. Bill travaille comme conjureur de sorts pour Gringotts en Egypte et Charlie termine ses études de dragonologiste en Roumanie."
La famille Weasley va donc passer une semaine en Egypte et en Roumanie et sera de retour pour la rentrée des classes au collège Poudlard où cinq de leurs enfants poursuivent encore leurs études.
Mary fut très heureuse pour eux. Il fallait dire que les Weasley n'étaient pas très riches et ils méritaient ce prix. En plus, ça leur permettrait de voyager pour la première fois : ils n'avaient jamais pu partir en vacances avec tous leurs enfants.
Puis son anniversaire arriva. Emeli lui offrit le dernier livre de Gilderoy Lockart Danse avec le Basilic ce qui fit beaucoup rire la rousse qui se promit néanmoins d'y jeter un coup d'œil. Le célèbre imposteur n'avait pas traîné pour écrire son nouveau livre ! William de son côté avait opté pour quelque chose de plus personnel puisqu'il lui envoya des photos du tumulus dont il lui avait parlé lorsqu'elle était chez lui et il fallait bien qu'elle admette que des Créatures Magiques humanoïdes semblaient avoir habité cette montagne. Il y avait des escaliers cachés par la flore environnante, des gravures de symboles étranges et une ouverture ressemblant à une porte, ce qui était incongru sur une montagne. De sa mère elle reçu un nécessaire à balai et c'était tant mieux parce qu'elle arrivait au bout de celui qu'elle possédait déjà. Sa tante Aileen lui envoya une nouvelle plume pour écrire, indiquant que celle-ci venait de Thorondor, son hippogriffe. Vu la couleur de ladite plume, Mary aurait presque pu le deviner toute seule.
Fred et George lui firent aussi un cadeau qui était accompagné d'une courte lettre l'avertissant de faire attention avec. Il s'agissait d'une amulette maudite dont elle pourrait se servir pour maudire, logique, quelqu'un. Ils n'étaient pas certains que ça marcherait mais avaient trouvé l'idée drôle. Il n'avait qu'eux pour trouver ça amusant de pouvoir maudire quelqu'un.
Ce jour là, en plus d'avoir le droit à un énorme gâteau décoré de fraises fugueuses qu'il valait mieux attraper et manger rapidement si on ne voulait pas les retrouver partout dans la maison, elle partit également rendre visite à ses premiers parents. Bien sûr, elle se sentait beaucoup plus triste que d'ordinaire en se rendant sur leur tombe et sa mère lui avait suggéré qu'elles y aillent à un autre moment. Mais Mary avait insisté et elle se dit qu'elle rendrait aussi hommage à son père d'adoption ici puisqu'il n'avait pas de sépulture.
Comme d'ordinaire, la rousse et sa mère se rendirent ensuite chez Bathilda Tourdesac pour prendre le thé et la vieille historienne fut plus que ravie de les voir. Elle demanda à Mary si celle-ci avait découvert la Pièce Va-et-Vient depuis l'an dernier et elle dut se retenir de toutes ses forces pour dire qu'elle avait fait mieux et visité la Chambre des Secrets.
La lettre de Poudlard arriva début août et Mary s'empressa de l'ouvrir tandis que son frère se penchait désespérément par la fenêtre pour tenter de voir si le hibou lui étant destiné n'était pas dans le coin. Mais non.
Chère Miss Potter,
Vous voudrez bien prendre note que la nouvelle année scolaire commencera au premier septembre. Le Poudlard Express partira de la gare de King's Cross, quai 9 ¾ à onze heures précises.
Lors de certains week-ends, les élèves de troisième année auront la possibilité de visiter le village de Prés-au-Lard. A cet effet, vous voudrez bien faire signer par un parent ou toute autre personne responsable l'autorisation de sortie ci-jointe.
Vous trouverez également sous ce pli la liste des livres qui vous seront nécessaires au cours de l'année scolaire.
Avec mes meilleurs sentiments,
Professeur M. McGonagall, directrice-adjointe
Mary jeta un coup d'œil au formulaire d'autorisation de sortie et s'empressa d'aller l'apporter à sa mère pour qu'elle le signe. Mais pour une raison qui lui échappa, la Maître des Potions devînt soudainement extrêmement sombre et se contenta de prendre le formulaire en lui disant qu'elle allait y réfléchir. La rousse fronça les sourcils : il n'était pas question qu'elle ne soit pas autorisée à aller à Prés-au-Lard !
La lettre de Poudlard pour Cameron arriva le lendemain alors que Mary dormait encore. Elle n'eut pas l'occasion de prolonger beaucoup plus sa grasse-matinée parce que son frère se mit à hurler si fort qu'on devait même l'entendre jusqu'à Londres. Il vînt jusque de la chambre de la jeune fille et sauta à pied joint sur son lit en criant :
- J'ai eu ma lettre ! J'ai eu ma lettre !
Puis, sitôt qu'il l'eut consciencieusement piétinée, il ressortit pour retourner au rez-de-chaussée et Mary l'entendit lire et relire encore et encore le contenue de sa lettre à sa mère qui s'activait en silence, l'air complètement insensible au boucan que faisait son fils.
- Je sens que je vais regretter le temps où Cameron était encore au Phare, siffla t –elle à l'intention de Ladon.
- Dis toi que tu as de la chance de ton malheur : je ne crois pas qu'il ait les capacités de finir à Serdaigle, au moins ne le verras-tu pas dans ta Salle Commune, rétorqua le reptile qui avait l'air extrêmement amusé.
Pas convaincue, elle était sûre que le Choixpeau serait capable d'envoyer Cameron à Serdaigle juste pour l'ennuyer, elle se traîna hors du lit pour s'habiller puisqu'apparemment elle ne pourrait plus se rendormir. D'autant plus que le garçon ne semblait jamais être satisfait : maintenant qu'il avait enfin eu sa lettre, sa nouvelle question était "quand est ce qu'on va chercher mes affaires ?". Il essaya de convaincre Mary de lui prêter sa baguette parce que maintenant qu'il était officiellement élève de Poudlard il fallait qu'il s'entraîne ! Bien entendu, elle refusa et fit bien attention à cacher sa baguette parce qu'il était tout à fait capable d'aller la chercher par lui-même.
Le mois d'août débuta donc de façon tout à fait fatigante pour la famille Entwhistle et Mary, qui faisait plus attention que d'ordinaire à sa mère comme le lui avait demandé son père avant de mourir, vit celle-ci s'assombrir de jour en jour.
- Tout va bien maman ? demanda t –elle prudemment un jour où elles cuisinaient ensemble tandis que Cameron râlait de devoir encore mettre la table.
- Bien sûr ma chérie. Pourquoi tu me demandes ça ?
- Je ne sais pas, on dirait que tu vas moins bien depuis quelques jours.
Il y eu un silence tendu, visiblement elle avait vu juste, avant que l'adulte ne reprenne la parole.
- J'ai appris une nouvelle, dit –elle finalement.
- Une mauvaise nouvelle ? s'inquiéta la rousse.
- Je ne sais pas encore.
Mary fronça les sourcils, mais ne chercha pas à en savoir plus. Sa mère ne semblait pas disposée à en parler et c'était déjà bien qu'elle ait dit quelque chose à ce sujet. Ils passèrent à table et alors qu'ils prenaient place, une bourrasque glacée entra parcourut brutalement la terrasse alors que le soleil au zénith les obligeait jusque là à se réfugier sous l'ombre d'un parasol pour ne pas avoir trop chaud.
Et ce n'était pas tout. La température semblait encore continuer à baisser et Mary ouvrit de grands yeux quand l'eau dans son verre gela. Elle le retourna d'une main tremblante et le glaçon tomba en faisant sursauter tout le monde. Le froid sembla entrer dans sa peau et s'infiltrer jusque dans ses entrailles. Et quand il eut pénétré aussi profondément qu'il le pouvait, elle eut l'impression de ne plus jamais pouvoir être heureuse de sa vie. Des images horribles lui revinrent en tête. Celle du corps de son père, de l'enterrement, du sentiment d'horreur qui l'avait envahie, de la douleur qui avait suivie…
Dès le moment où elle avait eu cette impression, sa mère s'était mise en mouvement. Avec une vitesse stupéfiante, elle avait dégainé sa baguette et d'un large mouvement de celle-ci avait entouré ses deux enfants d'un bouclier. Le froid baissa un peu, mais la détresse qui étreignait son cœur ne disparu pas et Cameron se mit à pleurer.
Mary serra la couverture apparue sur ses épaules contre elle quand les Créatures apparurent. Il s'agissait de deux hautes silhouettes entièrement recouvertes d'une cape noire aux bords déchiquetés et la lumière autours d'eux semblait être aspirée par tant de noirceur. La Potter sentit la terreur s'ajouter à son désespoir. Ils émettaient un râle rauque qui semblait prendre échos dans sa tête.
Et au milieu de ces deux choses se trouvait deux personnes. Un premier homme longiligne avec une longue cape noire et un deuxième, petit et corpulent aux cheveux gris qui tenait en main un chapeau melon d'un vert bouteille très laid. Comment pouvaient –ils se tenir si près de ces monstres et leur tourner le dos comme ils le faisaient ?
- Fudge, gronda la mère de Mary et Cameron d'une voix menaçante. Que font ces choses sur mon île ?
La rousse ouvrit de grands yeux. C'était Cornelius Fudge, le Ministre de la Magie ? Que faisait –il lui ici ?
- Lady Entwhistle, comprenez que la situation m'oblige à prendre mes précautions.
- J'exige que vous les renvoyez ! J'ai des enfants ici ! cracha la sorcière.
- Je ne peux pas.
- Spero patronum.
La Serdaigle fut un instant effrayée à l'idée que sa mère ait ensorcelé le Ministre de la Magie, mais la lueur qui jaillit du bout de sa baguette ne fusa pas vers l'homme bedonnant. Une forme gigantesque et dorée, lumineuse comme un petit soleil prit corps entre eux et le Ministre accompagné de ses gardes du corps. La lueur finit par prendre une forme reconnaissable et Mary identifia un griffon.
- Chasse les, ordonna sa mère et la forme bondit en avant.
Toute griffes dehors, le griffon fonça droit sur les hautes silhouettes noires qui poussèrent un cri aigu à glacer le sang, très différent des râles qu'ils faisaient jusque là. Leurs mains squelettiques tentèrent de s'agripper au griffon lumineux, mais ce dernier leur envoya de violents coup de pattes et de bec et les deux Créatures prirent la fuite à toute vitesse.
Le griffon revînt et sembla se frotter à celle qui l'avait créer. Puis, Mary le vit approcher et eut un moment d'hésitation. Cependant, la chose se contenta de se coucher entre elle et Cameron et de toute façon sa mère ne laisserait jamais quoi que ce soit risquant de les blesser approcher. Elle s'était immédiatement sentie mieux quand les créatures encapuchonnées s'étaient éloignées et maintenant, le griffon semblait dégager une douce chaleur qui réchauffait jusqu'aux confins de son corps, chassant la froideur qui s'y était nichée.
- Maintenant, Fudge, j'exige des explications ! Et vite sinon la prochaine fois c'est vous que je chasse !
La personne derrière le ministre attrapa sa baguette devant la menace, mais ce dernier lui fit signe de se calmer.
- Vous savez que Sirius Black s'est échappé d'Azkaban, Lady Entwhistle.
- J'ai appris la nouvelle, mais je ne vois pas le rapport.
- Compte tenus de vos relations avec le prisonnier et de… ce qu'il s'est passé, je suis obligé de perquisitionner les lieux.
- Cela m'étonnerait beaucoup, Fudge. Nous sommes ici sur une île et le Ministère, selon les Très Anciennes Lois, n'a aucun droit sur ce qu'il peut s'y passer. Je ne vous laisserais pas entrer chez moi alors que vous arrivez sans prévenir avec des détraqueurs et que vous savez pertinemment que j'ai une enfant qui un passé chargé !
Mary se sentit visée par cette dernière remarque et pour cause, elle avait un passé chargé si on parlait de Voldemort.
- Quant à Sirius Black, je n'ai pas eu de nouvelles de lui et vous vous doutez bien qu'il sait que je serais le premier endroit où vous le chercherez alors il ne viendra pas ! Maintenant allez-vous en !
Le Ministre donna l'impression d'avoir été frappé et les paroles agressives de la matriarche Entwhistle sonnaient presque comme un claque. Il sembla hésiter puis fit demi-tour et transplana.
Mary vit sa mère prendre une longue inspiration et ses épaules se relaxer. Elle agita sa baguette et se tourna vers ses enfants avant de s'approcher.
- Vous allez bien ? s'enquit –elle en s'accroupissant près d'eux juste à côté du griffon qui la fixa avant de fermer les yeux.
- Qu'est ce que c'était que ces choses ? s'enquit Mary.
- Ce sont des détraqueurs, les gardiens de la prison d'Azkaban. Fudge n'aurait jamais dû les amener ici.
- C'était le Ministre ? continua la rousse.
- Oui, encore un qui ne mérite pas son poste. Tenez.
- Du chocolat ? s'excita Cameron.
- Rien de mieux que le chocolat pour dissiper les effets des détraqueurs, lui dit sa mère.
- Et le griffon ? demanda la Serdaigle toujours décidée à tout comprendre de la scène qui venait de se jouer.
- Il n'y a qu'un seul sort qui permet de se protéger des détraqueurs, il s'agit du sort du patronus. Ce griffon est mon patronus et comme vous l'avez vu, il a fait fuir les détraqueurs.
- Je peux l'apprendre ? s'intéressa immédiatement la rousse.
- Oui, sans doute, mais c'est un sort très complexe. Je l'ai appris en 7ème année à Poudlard et il m'a fallu des mois pour le maîtriser. Je ne crois pas que tu y arrive à seulement 13 ans. Mais tu pourras toujours demander à tonton Remus de te l'enseigner cette année et de t'expliquer plus en détail comment ça marche, d'accord ?
- Je le ferais.
Peu importait si c'était difficile : elle n'avait absolument pas envie de croiser à nouveau ces Créatures et de se retrouver sans défense. Une fois cette tâche inscrite dans sa liste de choses à faire, elle continua :
- Qui est Sirius Black ? Pourquoi est ce qu'on vient le chercher ici ?
Mary vit sa mère se figer et toute expression disparue de son visage. Son regard se vit un instant vague, comme si elle réfléchissait à toute vitesse à ce qu'elle devait dire.
- Je t'en parlerais plus tard, d'accord ? Il va falloir qu'on ait une discussion sérieuse toutes les deux.
- Et moi ? Et moi ? demanda Cameron.
- Toi tu dois plutôt te préparer à aller acheter tes affaires scolaires. Mary, tu peux avoir avec William si la semaine prochaine lui convient ? Je pense que j'irais le chercher par transplanage pour éviter à ses parents les heures de transport.
La fillette hocha la tête et sursauta quand le griffon à côté d'elle se dispersa lentement. Elle était curieuse quant à cette conversation "sérieuse" que sa mère voulait avoir avec elle. Il allait falloir qu'elle se renseigne sur ce Sirius Black avant histoire de savoir de quoi il retournait exactement.
A suivre...
