Nouveau chapitre, où l'on va assister à un gros pêtage de plombs de la part de plusieurs personnes... Bonne lecture.

Chapitre XXI

Ce Qu'Apporte La Naïveté

Remus Lupin, Severus Snape et Némésis restaient immobiles derrière la porte, attendant la suite des évènements. L'atmosphère était saturée par la tension entre les membres des Fils de la Justice et les anciens Mangemorts présents dans la salle qui avaient sorti leur baguette, prêts à se défendre. La peur se propageait dans les esprits des autres employés du Ministère. Ils se savaient pris entre deux feux et les deux camps qui s'opposaient ne semblaient pas se préoccuper de leur sort. Celui qui paraissait commander les intrus affichait un air de profond mépris et de supériorité. Il dévisagea l'ensemble de l'assemblée du haut de l'estrade d'un regard circulaire, s'arrêtant à chaque fois sur les visages des Mangemorts « repentis ».

- Navré d'avoir eu à interrompre votre petite soirée, commença Stanislas. Permettez-moi de me présenter moi-même ainsi que mes compagnons. Nous représentons un groupe de mercenaires nommé les Fils de la Justice. Ces aimables personnes qui vous tiennent en ce moment en respect, et qui finiront irrémédiablement par vous tuer, sont mes disciples. Et je suis… votre nouveau Dieu.

Un grand éclat de rire résonna dans toute la salle en réponse à ces propos. Le sourire cruel qu'affichait Stanislas ne put que s'agrandir. Ses faibles doutaient de ses capacités ?

- Bien, bien,… Maintenant que vous avez tous bien rit, passons aux choses sérieuses. Je suis venu ici en tant que Dieu. Un Dieu qui vient rendre la Justice. Vous allez tous être jugés sous inculpation de divers méfaits. Vous, soi-disant Mangemorts repentis, vous allez être condamnés à une mort violente pour tous les meurtres que vous avez perpétré. Moi, nouveau Dieu de ce futur monde sans assassin, n'accepterait de voir vivre sous mon règne que des gens n'ayant commis aucun méfait. Je ne supporterai pas non plus commander des personnes trop faibles et incapables de juger des meurtriers. Des personnes qui se laissent soudoyer pour relâcher des bourreaux...

Severus détourna son attention du discours de Stanislas pour la porter sur Némésis. La jeune femme paraissait être à deux doigts de se jeter sur l'orateur. Sa mâchoire était crispée et ses yeux brillaient comme si elle n'allait pas tarder à fondre en larmes.

- C'est un aller simple pour Sainte Mangouste qu'il lui faut à ce gamin, chuchota Lupin. Il a toujours été comme ça ?
- Je ne sais pas, répondit Némésis. Je pense que sa folie couvait depuis longtemps chez lui, mais avant il faisait en sorte que cela ne se remarque pas. Il a su attendre le bon moment pour l'extérioriser, le temps de réunir suffisamment de personnes qui adhèrent à ses idéaux. Je crois qu'il est un peu perdu en fait. C'est quelqu'un qui n'a jamais supporté passer au second plan.
- Les disciples qui l'accompagnent doivent être aussi perdus que lui. On les croirait soumis à l'Imperium. Ils se contentent de le suivre bêtement. Ils n'ont plus de famille et cet idiot leur donne l'impression d'être importants. Il sait manipuler les esprits faibles, un peu comme dans une secte, intervint Snape.

Némésis se contenta d'hocher la tête, reportant son regard sur son ancien camarade, toujours envahi par son délire de supériorité. Soudain, le jeune homme sortit sa baguette.

- Maintenant, dit-il en faisant tourner l'objet magique dans ses doigts, l'heure du jugement a sonné. Puissiez-vous trouver un semblant de paix dans la mort.

Et il ouvrit la bataille en jetant un sortilège de mort sur une personne se trouvant au premier rang. Des hurlements s'élevèrent de tous côtés, bientôt étouffés par les Mangemorts et les membres des Fils de la Justice qui hurlaient leurs sortilèges sur le camp adverse. Bientôt, les invités cherchèrent à échapper au carnage qui s'annonçait, et ils se dirigèrent vers les différentes portes de la salle. Les disciples de Stanislas avaient verrouillé l'accès à l'extérieur, ne laissant pas d'autres choix aux personnes que de se cacher dans d'autres pièces du Ministère. Cela deviendrait bientôt une chasse à l'homme.

Un groupe d'invités paniqués se rua vers la porte derrière laquelle se trouvaient Némésis, Snape et Lupin. La foule entraîna avec elle la jeune femme, la séparant des deux hommes.

- Merde ! ne put s'empêcher de s'exclamer la jeune femme.

Elle réussit cependant à saisir la poignée d'une porte au hasard et à entrer dans la pièce. Elle souffla un moment, le front contre la porte, alors que résonnaient des cris de panique et d'agonie derrière le panneau de bois.

- Némésis, quelle bonne surprise, entendit-elle derrière elle.

Elle se retourna brusquement, sortant sa baguette de sa cachette dans le même mouvement. Elle se trouvait dans une immense pièce qui servait au Magenmagot à juger les délits des sorciers. Un tribunal. Et devant elle se tenait…

- Angélique, murmura Némésis.

Son amie avait bien changé. Envolée la jeune femme gaie et insouciante qui faisait maintenant place à une fille maigrichonne, les traits tirés, le regard dur, le visage pâle et fermé. Angélique lâcha le bras de l'homme qu'elle venait d'assassiner, laissant le corps retomber dans un bruit mat.

- Mon Dieu ! s'exclama Némésis. Mais qu'est-ce qu'il t'a fait ?
- Tu as l'air en forme pour quelqu'un dont les amis ont été massacrés Némésis. Il doit avoir de sacrés talents ton Mangemort pour arriver à te faire oublier ça.
- Comment es-tu au courant pour Severus ?
- L'un des membres de notre organisation a pris une photo de vous lorsque tu es revenue à l'Ordre de Diké. Tu as trahi ton camp Némésis.
- Et toi, en participant au massacre de notre Ordre et en rejoignant les rangs de Stanislas, qu'as-tu fais ? demanda Némésis.
- Mais moi je me bats pour quelque chose de juste.
- Ça se voit, jeta son ancienne amie, moqueuse. Tu n'as jamais été aussi resplendissante et en forme. Ne vois-tu pas que Stanislas est en train de te détruire ?
- Ce n'est pas lui qui me détruit… c'est toi.

Némésis eut une grimace interloquée. Se pourrait-il que Drusilla ait eu raison ? Qu'Angélique soit vraiment perdue ? Que Stanislas est réussi à avoir autant d'emprise sur son esprit ?

- Angélique, commença calmement Némésis, je ne t'ai jamais blessée, et tu le sais.
- Oui, je le croyais, mais je me suis trompée. Je pensais que tu étais sincère avec moi, que tu comprenais ce que je ressentais quand Stanislas me repoussait. Mais en fait, tu savais, tu as toujours su qu'il avait un faible pour toi, n'est-ce pas ?

Némésis resta muette. Elle n'avait jamais rien fait pour que Stanislas la désire plus que son amie, bien au contraire. Mais le fait était là. Angélique avait souffert par amour pour un homme qui en aimait une autre.

- N'EST-CE PAS ? hurla la jeune femme, les larmes aux yeux. Mais dis-le moi merde que tu le savais ! Si au moins un jour dans ta vie tu as été sincère avec moi, si un jour tu as vraiment été mon amie, dis-le moi !
- Je le savais, répondit Némésis alors que son amie éclatait en sanglots face à cette révélation. Mais crois-moi, je n'ai jamais rien fait pour qu'il vienne vers moi. Je ne voulais pas que tu souffres, alors je n'ai rien dit. Pardonne-moi. Mais vois ce que tu es devenue, il t'a détruite. C'est un monstre Angie, viens avec moi. Il n'a fait que profiter de toi. Excuse-moi.
- T'excuser ? Est-ce que tu sais à quel point j'ai souffert ? Je l'aimais Némésis, sincèrement. Quand on s'est mis à coucher ensemble, j'ai vraiment cru qu'il m'aimait aussi. J'étais heureuse, même s'il me faisait mal, même s'il me frappait quelques fois, je m'en fichais, cela devais être ma faute. Et puis, j'ai découvert la photo. Il a été tellement furieux quand il l'a vue. C'est là que j'ai compris que j'étais juste là pour lui faire passer le temps. J'ai été si naïve de croire qu'il pouvait m'aimer.
- Tu n'y es pour rien, c'est un manipulateur. Le mieux à faire, c'est que tu rentres avec moi.
- Il n'y est pour rien. Tu ne comprends pas ? C'est moi, moi qui ai eu le culot de penser qu'un Dieu pourrait m'aimer. Et tu es la cause de toute ma peine Némésis, car tu l'as séduit. Alors, j'ai pris une grande décision. Si tu n'es plus là, Stanislas sera obligé de se rabattre sur moi, et je finirai quand même par l'avoir.
- Qu'est-ce que tu racontes ? s'effraya Némésis.
- Je suis désolée Némée, mais je me vois dans l'obligation de te tuer.

Angélique pointa alors vivement sa baguette sur Némésis, qui eut juste le temps d'esquiver un trait de lumière verte. Choquée, elle ne réagit pas de suite. Un autre rai de lumière alla exploser un fauteuil derrière Némésis.

- Angie, supplia-t-elle, reprend-toi bon sang ! Je ne veux pas me battre contre toi.
- Tu vas pourtant y être obligée. Endoloris !

Cette fois, Némésis contra le sort avec un Protego informulé. Angélique réattaqua, Némésis para encore une fois le coup. Pour chaque sort que la petite blonde envoyait sur son adversaire, son ancienne amie répliquait par un charme du Bouclier.

- Cesse ce jeu Némésis, et attaque ! C'est le seul moyen que tu auras de rester en vie. Cela m'ennuierait que tu meures sans te battre.

Némésis ne voulait en aucun cas blesser son amie. Elle espérait qu'il restait encore quelque chose de l'ancienne Angélique chez elle, et qu'elle finirait par reprendre ses esprits. Elle ouvrit la bouche pour tenter une dernière fois de la ramener à la raison. Son ennemie profita de la situation.

- Expelliarmus ! cria Angélique.

Némésis fut projetée en arrière et se cogna la tête. Sa baguette vola à trois bons mètres d'elle. Angie s'approcha d'elle, une lueur triomphante dans le regard.

- Tu t'es ramollie avec le temps, tant pis. J'aurais préféré une mort plus glorieuse pour toi.

La jeune femme leva sa baguette. Tout était flou pour Némésis qui tentait vainement de reprendre ses esprits. Elle vit un éclair de lumière verte, c'était la fin. Elle ferma les yeux.

Pourtant, rien ne sembla se passer. Némésis se permit de rouvrir les paupières. Le corps sans vie d'Angélique gisait sur le sol à ses pieds. Némésis se pencha sur le côté et vomit. Elle regarda ensuite autour d'elle. De l'autre côté de la pièce, passant par une autre porte, Stanislas se tenait en face d'elle, la baguette encore levée et pointée sur l'endroit où se trouvait Angélique quelques instants plus tôt.

- Elle n'était rien Némésis. Et je n'aurai pas supporté qu'elle te fasse du mal. Je suis heureux de te retrouver, ma Déesse.


Et voilà la fin de ce chapitre, plus que deux... Je posterai le prochain demain matin entre 10h30 et 12h30 (ça c'est précis), alors surveillez bien le site ;). Je pense que je finirai cette histoire à la fin de la semaine, comme ça vous en aurez une autre début de semaine prochaine.