Auteur : Umbre77

Titre : Les Messieurs Potter-Malfoy

Résumé : Suite de Coeur de Cristal, Slash HPDM et Mpreg. La paix, tout comme l'amour, est éphémère. C'est à leur dépend qu'Harry et Draco vont le comprendre…

Disclaimer : Tout est à JKR, sauf ce qui vous semble ne pas venir de son livre.

Spoiler : Les 4/5 premiers tomes.

Note de l'Auteur : Moins sadique, comme fin... je vous dis tt de suite que le chap suivant est pas fait... Il viendra, je sais pas quand. Pour l'instant, Journal d'un père a toute mon attention, donc... Enfin, patience... Mais vous avez l'habitude, non? MDR

Et un grand merci à TOUS! Je viens de dépasser les 1000... Je ne pensais pas avoir une nouvelle fois ce plaisir! Merci mille fois à tous! (Fais de gros bisous aux lecteurs)

Résumé de Cœur de cristal :

Souvenez-vous…

Harry a quitté le monde magique, persuadé d'être gravement malade. Personne ne sait qu'il a tué Voldemort, car Lucius fait croire qu'il est vivant et dirige les mangemorts dans l'ombre.

Draco et les autres premiers sont envoyé pour trouver Harry et le tuer….

Mais Draco tombe amoureux de Harry et de là, tout bascule.

Le blond découvre la machination de son père et complote une révolution avec les mangemorts, exceptés quelques anarchistes qui décident de rester avec Lucius. Quant à Harry, sa maladie n'est en fait qu'un morceau d'épée empoisonné qui lui pourri la vie. Résultat, il doit être opérer.

De son côté, Draco se fait passer pour un mangemort accomplis qui suit les directives de son père.

Mais Lucius découvre le piège grâce à Sept et il piège Draco. Il se rend à La boucle, mystérieux château pour piéger les autres rebelles, mais Harry intervient. Il sauve Draco et rencontre la mystérieuse gardienne de la Boucle qui lui tient d'énigmatique parole sur quelqu'un de 'plus fort que lui'.

L'histoire se finit avec Lucius en prison, Draco sauvé de la prison par Harry et un Survivant en bonne santé grâce aux doigts de fée de Severus Snape.

Résumés des chapitres précédents :

Après une longue Lune de miel, Draco et Harry sont de retour. Ils emménagent dans leur nouvelle maison et tous se passent bien jusqu'à ce que Draco décide de trouver un travail. Il est rejeté par le ministère car une juge nommée Julia Davis qui semble détestée Draco.

En fait, elle déteste Lucius qui l'a mise enceinte et s'est servie d'elle comme 'vide burne'. Devenue folle, elle a juré de faire payer à la famille Malfoy la cruauté de Lucius et fait ce qu'elle peut pour pourrir la vie de Draco.

Du côté couple, Draco et Harry se sont vite aperçut que l'impossibilité d'avoir des enfants risquait de menacer leur couple et ont donc décidé d'en avoir un ! Harry tombe enceint et leur lien se resserre à tel point qu'ils entendent par bribe les sentiments ou pensées de leur conjoint.

Draco travail dans un théâtre, Harry à domicile. Mais d'autres problèmes se posent, dont la Gardienne qui fait deux apparitions inattendues et la découverte de Rose Malfoy, demi-sœur de Draco. Celui-ci est bien déterminé à l'adopter, mais pour se faire, il doit se lancer en guerre ouverte contre la juge, ce qui est dangereux étant donné l'état de Harry, mais aussi parce que la juge a à sa botte les anarchistes qui avaient suivit Lucius.

Et Comme si ce n'était pas assez, ils doivent faire face aux problèmes relationnels de leurs amis !

Papa Lucius fait du chantage, Fiston cède et entraîne indirectement la mort d'un gardien, mais la garde de Rose lui est accordée... Cela dit, la juge n'a pas dit le dernier mot...

Note de dernière minute: Vous êtes tous parano :p


Chapitre 21 : Medium Aevum


« Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-elle.

– Je m'appelle Draco Potter-Malfoy, dit le blond, sortant le papier qu'avait signé son père juste avant. Je viens chercher Rose, ma demi-sœur. »

La dinde le regarda d'un air choqué.

« Rose ? demanda-t-elle. Mais Rose n'est plus ici ! »

Le cœur de Draco sombra dans sa poitrine.

« Pa… Pardon ? fit-il, se retenant au chambranle de la porte d'entrée.

– Mais oui… Nous sommes mardi… Elle est à l'école. »

L'état de confusion de Draco le fit gronder en lui-même. Quelle idiote ! Elle ne pouvait pas le dire tout de suite au lieu de lui faire peur ainsi ? S'il s'était écouté, il lui aurait lancé un bon vieux sort de furoncles…

« Elle est à l'école ? dit-il, retrouvant toute sa superbe. Bon… Dans ce cas, nous allons entrer et vous aller appeler cette institution pour leur demander de ramener Rose Malfoy ici même. Elle ne suivra de toute façon plus sa scolarité dans ce bâtiment, alors avorter sa journée ne lui fera pas de mal. »

Berfilio – cette espèce de dinde, pensa Draco – ouvrit la bouche d'un air stupide. Elle voulut protester, mais le regard de Draco lui fit comprendre qu'elle n'avait pas intérêt. Il entra d'un pas royal dans l'orphelinat calme et désert, enlevant son manteau d'un geste prompt.

« Allez-vous vous décider à les appeler ou dois-je le faire moi-même ? » demanda le blond.

Berfilio sembla se réveiller et rougit.

« Non non, je vais le faire ! dit-elle, empressée. Venez, nous allons… dans mon bureau… »

Draco se retint de hurler qu'il préférait mourir plutôt que d'y mettre un pied, mais il préféra la suivre. S'il voulait adopter Rose sans problème, il se devait de paraître sûr de lui. Il la suivit donc et retint un soupir de désespoir : le bureau était encore plus chargé et décoré que la dernière fois. Se forçant à rester maître de lui-même, il s'installa noblement dans le canapé pendant que la dinde allait téléphoner. Il l'entendit expliquer la situation d'un air fébrile, comme s'il s'agissait de l'évènement le plus extraordinaire de sa vie.

Et c'est probablement le cas, pensa-t-il, croisant les jambes fièrement.

Berfilio finit par raccrocher et, prenant quelques papiers, se dandina vers lui. Draco gomma toute expression de mépris et de dégoût pour afficher un air impénétrable.

« Vous avez de la chance, dit-elle. Comme vous êtes son frère, vous pouvez la prendre sans délai d'attente. Il vous faut juste remplir ces quelques papiers… »

Elle lui tendit le formulaire et un stylo. Draco faillit les lui jeter au visage mais se força à les remplir. Ce n'était que des informations sans importance qui lui étaient demandées, mais il répondit à tout d'un air consciencieux. Quand il eut terminé, il rendit le tout à Berfilio qui s'empressa de mettre son gros nez dans les papiers.

« Oh, dit-elle. Vous êtes… gay. »

Draco fronça les sourcils. Les Moldus et leur problème avec l'homosexualité…

« Je suis également le seul membre de la famille de Rose, » dit-il.

Berfilio ouvrit la bouche puis la referma. Draco retint un sourire vainqueur. Oui, il était gay. Et l'adoption lui aurait été refusée si Rose n'avait pas été sa sœur. Mais elle l'était. Pas de chance pour la communauté moldue.

« En effet, dit la dinde, gigotant dans son siège d'un air pincé. Alors… ça ne posera pas de problème. »

Draco sourit et la regarda signer les papiers. Elle lui tendit une feuille fine.

« C'est votre certificat de tuteur, dit-elle. Mais il vous faudra passer dans la ville de naissance de votre sœur pour aller signer un autre formulaire. Et vous leur donnerez ceci. »

Elle lui donna une autre feuille stipulant qu'il était le frère de la jeune fille et qu'il avait donc tout droit. À la dernière minute, elle lui reprit et y agrafa l'attestation signée par son père.

« C'est le document le plus important, ce serait bête de l'égarer… »

Draco ne lui sourit même pas. Il remua un peu, étouffé par toutes les décorations et par son empressement.

« Voulez-vous du thé ? » demanda la dinde.

Draco se retint de lui faire bouffer tout ce qu'il pouvait attraper dans la salle et hocha de la tête. Voyant son regard soupçonneux, il essaya de sourire.

« Excusez mon manque de conversation… Je suis assez… tendu. »

La dinde sembla aussitôt plus détendue.

« Oh, mais c'est normal, après tout ! Vous allez rencontrer votre petite sœur et vous occuper d'elle ! Qui ne serait pas stressé à cette idée ? Mais je vous rassure, Rose est une enfant adorable ! Un peu turbulente, parfois, mais adorable ! »

Draco se retint de lui demander si elle disait la même chose à tout futur parent.

« Et votre compagnon est d'accord pour cette adoption ? »

Le blond vit à son attitude qu'elle mourait d'envie de lui poser des questions sur son amant et lui. Ces Moldus… toujours trop curieux dés qu'on sortait de la 'normalité'.

« Il est ravi, dit-il. Il sait que l'adoption de ma petite sœur me tient à cœur… Étant donné le décès de ma mère et l'incarcération de mon père…

– Incarcération ? » s'écria Berfilio.

Un juron faillit échapper au blond. Il avait complètement oublié qu'il lui avait effacé la mémoire ! Reprenant son air de martyre, il recommença son petit speech au sujet de son père criminel et de l'injustice qu'ils avaient vécu, sa mère et lui. Il noircit un peu le tableau en faisant passer son père comme étant l'assassin de sa mère, enjoliva sa rencontre avec Harry et sa libération et Berfilio était presque en train de pleurnicher devant 'cette histoire siii touchante'. Seule la sonnerie de la porte d'entrée lui épargna l'étreinte consolatrice.

Aussitôt, le cœur de Draco se serra. Rose voulait-elle toujours venir habiter chez lui ? Et si elle avait changé d'avis ? Et si la juge, ayant entendu parler de son idée, était venue la corrompre et monter contre lui une haine sans faille… ?

Et si elle était devenue toute bleue et qu'elle avait changé de sexe, tant que tu y es ! Arrête de stresser, Potter-Malfoy ! Tout ira bien !

Totalement d'accord avec sa conscience, Draco se leva, attendant de voir Rose entrer. Ce fut d'abord Berfilio, puis sa petite sœur. Il retint un soupir de soulagement en la voyant : elle souriait, l'air plus heureuse que jamais. Ses longs cheveux étaient retenus par la barrette qu'il lui avait offerte et elle portait une petite robe bleu clair assez laide. Il se promit d'aller en acheter d'autres dès qu'ils quitteraient l'orphelinat ! Après tout, il avait pris sa matinée, ce n'était pas pour rien ! Il regarda ses grands yeux noirs et hocha de la tête à la question qui y brillait. Aussitôt, Rose sembla rayonner de bonheur. Draco sourit et s'approcha d'elle. Il s'agenouilla et passa une main sur sa joue.

« Tu vas venir vivre avec moi, maintenant, dit-il. Es-tu contente ? »

Emue, la petite fille secoua la tête, allant se blottir contre lui avec douceur. Draco sourit et se redressa, la soulevant dans ses bras. Il prit les papiers que lui tendait Berfilio et les mit dans sa poche.

« N'oubliez pas d'aller dans sa ville natale…

– Je vais y aller dès aujourd'hui, » répondit le blond.

Berfilio sourit en les regardant. Rose avait posée son petit visage sur son épaule et à les voir si proches, on ne pouvait ignorer leur appartenance à la même famille.

« Je vais aller chercher les affaires de la petite, dit la dinde. Je reviens très vite ! »

Draco souffla quand elle partit et alla s'asseoir dans le fauteuil qu'il avait quitté. Rose s'installa aussitôt sur ses genoux plutôt que sur son bras, callant son visage contre son torse. Le blond eut un large sourire. Il était doué, avec les enfants !… Oui, bon, à court terme, en tout cas.

« Dès qu'elle amènera tes affaires, nous quitterons cet endroit… Nous irons faire quelques boutiques et après, nous irons dans ta ville natale pour régler les papiers. Qu'en dis-tu ? Cela te plairait d'avoir de nouveaux vêtements et quelques jouets ?

– Oh, oui ! » dit Rose, le regardant avec un grand sourire.

Draco rit. Il sentait qu'il allait adorer la gâter.

« Nous irions bien manger une glace quelque part… Il y a plusieurs choses dont je dois te parler avant de rentrer… Des choses importantes.

– À propos de la vipère ? »

Draco frissonna.

« Entre autre chose, oui, dit-il. Mais il y a… D'autres éléments que tu dois connaître et dont je ne t'ai pas parlé, la dernière fois. »

La petite fille eut l'air interrogateur, mais Draco hocha négativement de la tête.

« Je t'en parlerais tout à l'heure. Pas maintenant… »

Rose acquiesça, comme si elle comprenait qu'il ne pouvait pas parler dans un endroit tel que celui-ci. Elle s'appuya contre lui et resta là, tranquillement, comme pour profiter de la présence de son frère. Draco passa une main dans ses cheveux. Il n'avait plus qu'une hâte, de sortir de là. Loin de cet orphelinat, il aurait l'impression que Rose serait réellement à lui.

La Berfilio finit par revenir, une petite valise en main. Draco fut surpris par sa légèreté mais ne fit aucun commentaire.

« Et bien, il ne nous reste plus qu'à nous dire au revoir, ma petite Rose, dit la femme, se penchant vers elle et donnant à Draco une vue plongeante sur son décolleté.

– Au revoir ! » dit la petite fille.

Elle se leva, obligeant la dinde à se reculer et prit la main de son frère, tout aussi impatiente que lui de quitter les lieux. Draco lui sourit et se leva à son tour.

« Et bien madame, dit-il. Je vous souhaite une bonne journée.

– À vous aussi, monsieur Potter-Malfoy… »

Draco sourit et il marcha d'un pas normal vers la sortie du bureau, ne voulant pas courir de peur de paraître fou. Il poussa pourtant un soupir de soulagement en quittant la pièce étouffante. Près de lui, Rose soupira elle aussi et Draco rit légèrement. Visiblement, elle aussi supportait mal l'atmosphère pesante du bureau. Se penchant vivement, il la reprit dans ses bras, callant la valise convenablement. Berfilio, qui les suivait, se dandina aussi vite qu'elle le put pour lui ouvrir la porte. Draco l'en remercia poliment et sortit. Il sentit Rose se crisper dans ses bras. Elle aussi devait comprendre que ce premier pas à l'extérieur était décisif.

« Bon retour ! dit la dinde, leur faisant signe sur le perron.

– Merci ! dit Draco. Au revoir ! »

Sans attendre, il s'éloigna vivement, tenant la petite contre lui. Celle-ci regarda l'orphelinat s'éloigner avec un large sourire sur les lèvres.

« Bon ! s'exclama Draco. Il doit bien y avoir des boutiques de vêtements, ici, non ?

– Oui ! dit la petite fille. Mais faut aller par-là ! »

Elle lui montra la direction et Draco s'empressa de la suivre. Discrètement, il lança un sortilège d'intimité autour d'eux et se mit à parler.

« Bon… Le plus facile est fait, expliqua-t-il. À présent, du côté moldu, je suis officiellement ton tuteur légal. Cependant, du côté sorcier, nous allons rencontrer des problèmes et ceci, pour plusieurs raisons très compliquées. »

Rose le regarda, impatiente de savoir pourquoi. La première chose que Draco trouva à raconter fut son appartenance aux Mangemorts. Pour ce faire, il parla de Voldemort, racontant à sa sœur tout ce qu'il pouvait sans toutefois l'effrayer. La petite fille l'écouta attentivement, sans se plaindre. Il lui parla de leur père et de son penchant criminel. Il lui parla de la juge, mais pas en tant que juge, en tant que mère. Quand il lui expliqua qu'elle n'avait été qu'une passade dans la vie de son père, Rose commença à sangloter. Il s'arrêta dans son récit et s'installa sur une digue avec elle. Raconter en marchant et en portant la petite n'était pas chose aisée.

Tout en lui essuyant les yeux et en l'aidant à se moucher, Draco lui expliqua que sa mère, suite à cet abandon, avait profondément détesté tout ce qui portait le nom Malfoy. Elle l'avait abandonnée car elle ne voulait rien à voir affaire avec un quelconque Malfoy.

« Tu comprends, ta mère détestait vraiment notre père ! À tel point que cela l'a aveuglé. Elle ne vit maintenant plus que pour… se venger de notre famille.

– Co… Comme la vipère ? » hoqueta Rose.

Draco soupira. Que c'était dur de le lui dire.

« Rose… Sais-tu comment se nomme ta mère ? »

La petite fille hocha de la tête et Draco soupira.

« La vipère… La vipère s'appelle Julia Davis… »

La petite fille le regarda un instant d'un air égaré puis sembla comprendre. Elle essaya bien de garder ses larmes, mais sans succès. Comprenant qu'elle venait d'avoir un sacré choc, Draco la serra contre lui.

« Ma maman…, dit-elle. C'est cette femme méchante qui… »

Draco ferma les yeux. Harry et lui avaient longuement discuté des réactions que pouvaient avoir Rose et il avait espéré que ce ne serait pas celle-là… Mais on ne pouvait pas tout avoir.

« Shh, ne pleure pas, ma petite, dit-il. Tu sais… Toi et moi, on n'a pas eu des parents faciles. Entre notre père qui est un assassin et ta mère qui est… Mais on est là l'un pour l'autre, non ? »

C'était une idée d'Harry, de lui dire ça. Selon lui, si Rose réagissait mal face à tous ces aveux, il fallait lui faire voir le bon côté des choses. Il fallait qu'elle comprenne que, dans tout ça, elle avait tout de même un membre de sa famille qui l'aimait.

« Voui, dit la petite fille, reniflant. Mais… Pourquoi ils sont comme ça ? Est-ce que moi aussi, je vais devenir ainsi ? »

Draco resta un instant surpris. Il ne s'attendait pas à cette question là.

« Non, dit-il, réfléchissant à ce qu'il pouvait dire d'autre. On ne devient que ce qu'on veut devenir, Rose… Si tu ne veux pas être comme eux, tu ne le seras pas. Regarde-moi ! Mon père est un assassin et je… je l'ai été aussi, mais j'ai changé. Parce que je l'ai voulu ! Pas parce que c'était inscrit dans mon nom ou quoi que ce soit, tu comprends ? Je suis devenu ce que je voulais devenir ! »

Rose s'écarta de lui, l'air un peu perdue. Elle renifla encore et Draco sourit. Il reprit son mouchoir et lui essuya les joues puis le nez.

« Tu deviendras ce que tu veux être ! dit Draco. Et personne ne pourra te forcer à faire quelque chose que tu ne veux pas. D'accord ? »

Rose approuva frénétiquement et Draco lui sourit.

« Il y a encore d'autres choses que je dois t'apprendre… Mais je le ferais devant une bonne glace ! »

Rose eut un sourire ravi qui le fit rire. Discrètement, il profita de son sortilège d'intimité pour rétrécir la valise qu'il mit dans sa poche avec le reste de ses affaires. La fillette admira le tour avec un air ravi.

« Moi aussi, je pourrais faire ça ? demanda-t-elle.

– Oui, répondit Draco. Quand tu auras appris !

– Et j'apprendrais quand ?

– À l'âge de onze ans, comme tous les autres enfants sorciers !

– Mais c'est loin, ça ! » dit Rose, déçue.

Draco éclata de rire.

« Crois-moi, cela viendra bien plus vite que tu ne le crois ! »

Elle eut une moue boudeuse et sceptique qui le fit rire plus encore. Cela sembla la dérider et elle rit elle aussi, pour la première fois. Draco en fut aussitôt satisfait. Apercevant un magasin de vêtements pour enfant de l'autre côté de la rue, il bifurqua vers la boutique rapidement et y entra, un tintement de cloche résonnant aussitôt. Il se félicita d'avoir pris de l'argent moldu et sorcier et posa la petite au sol.

« Alors écoute-moi bien, bout de chou, dit-il, la regardant. Nous n'allons pas encore t'acheter une garde-robe complète, seulement deux ou trois robes, quelques blouses, des jupes, des pantalons et quelques pyjamas… Pas plus, d'accord ? »

La fillette rit encore.

« Mais… C'est toute une garde-robe, ça !

– Tu crois ? » dit Draco, l'air innocent.

Rose rit encore alors qu'une vendeuse assez jeune et mignonne se présentait. Le blond pensa avec amusement que s'il n'avait pas été marié et si désespérément amoureux d'Harry, il l'aurait probablement séduite.

Avertissement

Il sursauta, mais sourit. Harry veillait au grain, visiblement. Il fut ramené sur terre par la main de sa petite sœur, celle-ci le tirant vers un rayonnage un peu plus loin. Il fit un haussement des épaules à la vendeuse, lui signalant qu'ils se débrouilleraient seuls. Suite à cela, ils passèrent une bonne heure à s'amuser, essayant des tenues parfois mignonnes, parfois ridicules. Quand ils ressortirent, Rose avait troqué sa robe bleue hideuse contre un petit ensemble marin. Elle avait même un petit béret sur la tête, ce qui lui allait à ravir. Dans les sacs que Draco portaient se trouvaient des petites robes de couleurs et de coupes différentes, deux ou trois pantalons, quelques t-shirts et chemises et deux ou trois jupes. Après cela, ils s'arrêtèrent bien vite dans un magasin de chaussures, achetèrent trois paires différentes et ressortirent. Rose était rayonnante et Draco satisfait. Il la regardait qui gambadait devant lui d'un air heureux, ses cheveux d'or virevoltant autour de son petit visage. Repérant un glacier, il appela Rose et commanda un cornet d'une boule vanille pour lui et fraise pour elle. Ils allèrent s'installer sur un banc sur la digue et dégustèrent leurs glaces. Estimant que la petite était remise de ses émotions précédentes, Draco embraya sur les autres révélations.

« Rose, dit-il, l'empêchant de mettre de la fraise sur ses vêtements en enroulant une serviette autour du cornet. Je me dois de te dire que je… je suis marié. »

La petite fille sursauta et fit un grand sourire.

« C'est vrai ? demanda-t-elle, ravie. Elle s'appelle comment ? Elle est contente que je vienne ? »

Draco rit.

« Et bien… Oui, cette personne est ravie que tu viennes… Et… Il s'appelle Harry. »

Rose resta un instant surprise.

« C'est un garçon ? »

Draco hocha de la tête.

« Oui… C'est un homme. Il s'appelle Harry Potter-Malfoy… Nos noms sont unis depuis que nous sommes mariés. »

Rose hocha de la tête.

« Cela… ne te choque pas ? demanda le blond, soucieux.

– Heu… Non… Ce qui compte, c'est que ce soit quelqu'un de bien, non ? »

Draco sourit et hocha de la tête, finissant sa glace.

« Il faut également que tu saches qu'il est enceint… »

Cela sembla profondément choquer Rose.

« Mais… C'est un homme ! »

Draco rit.

« Oui… Et nous sommes des sorciers. De ce fait, quelque chose comme la naissance d'un enfant n'est pas un obstacle. Mais cela reste délicat, pour un homme. C'est pourquoi je te demanderais d'être très gentille avec lui… Je ne voudrais pas… qu'il perde le bébé ou qu'il lui arrive quelque chose, d'accord ? »

La fillette hocha de la tête, souriante.

« Je serais très, très gentille avec lui ! Promis ! »

Le blond lui sourit, passant une main sur la petite tête de sa sœur.

« Bon… si c'est ainsi, on va aller signer ce satané papier dans ta ville natale puis rentrer à la maison et tu pourras le rencontrer… Il doit sûrement être très impatient que tu arrives… »

Rose sourit, engloutissant le peu de cornet qui lui restait en main.

« Et moi, je suis impatiente de le rencontrer aussi ! »

Draco rit et, sans attendre, se leva.

« Bon… Il faut trouver un endroit discret… »

Il regarda autour de lui et repéra une ruelle. Prenant les paquets et la main de sa sœur, il se hâta dans cette direction. Arrivé là, il vérifia que personne ne les suivait et que personne n'était présent. Il lâcha la main de Rose et, sous son regard intéressé, réduisit les paquets qu'il mit dans sa poche.

« Mes vêtements vont pas être abîmés ? demanda la petite fille, gigotant sur place.

– Non, non, ils vont rester intacts, ne t'en fais pas… »

Il tourna sur lui-même et alla prendre une bouteille en plastique, l'enchantant d'un mouvement sûr. À la dernière minute, il pensa à vérifier que la ville de Naissance de Rose était bien Londres. Satisfait de constater qu'il ne s'était pas tromper, il indiqua la bouteille à sa sœur.

« C'est un Portoloin, dit-il. Il va nous mener directement là où nous voulons aller. Pour cela, il faut le toucher et surtout, ne pas le lâcher, d'accord ? »

La petite hocha de la tête et Draco sourit.

« Pose ta main dessus, dans ce cas, nous allons partir… »

Et quelques secondes plus tard, ils disparurent.


Harry avait été nerveux toute la journée. La perspective de rencontrer Rose le terrifiait, surtout qu'il ignorait la réaction de la petite face au mariage de son frère avec un homme. Et pour amplifier son angoisse, il avait été incapable de s'habiller d'une manière convenable. Comme s'ils avaient décidé de l'ennuyer, tous ses vêtements étaient froissés. Enfin, tous les vêtements corrects, selon Draco. Et ses imbéciles de cheveux qui ne voulaient pas se mettre… Et ces mèches rouges… Elles étaient laides, selon lui. Il avait bien essayé de les effacer par magie, mais à la place, il avait donné des mèches bordeaux mêlées de rouge. Une catastrophe.

Il en était donc à son deux centième jurons lorsque Draco et Rose arrivèrent à Godric's Hollow via Portoloin. Sursautant, Harry courut presque pour leur ouvrir la porte, ses yeux dévorant aussitôt la petite frimousse de l'enfant que portait son époux. Comme il s'y attendait, elle était belle. Petite, maigrichonne, mais magnifique avec ses grands yeux noirs et ses cheveux blonds typiques des Malfoy. Il se demanda vaguement si son enfant aurait également la couleur de cheveux de Draco ou la sienne… Au fond, il s'en fichait, tant qu'il venait au monde sans problème.

Il sortit de ses rêveries en voyant que la petite lui tendait une main hésitante. Bien qu'avec une nervosité difficilement dissimulable, il lui sourit et saisit sa main dans la sienne.

« Enchanté, Rose, dit-il, la voix un peu rauque. Je te souhaite la bienvenue à Godric's Hollow…

– Merci, » dit la fillette, le regardant d'un air presque pensif.

Un peu mal à l'aise, Harry fit un sourire à Draco et se poussa pour les laisser entrer. Le blond, sentant parfaitement son angoisse, lui sourit d'un air presque narquois tout en s'avançant. Il posa Rose sur le sol, celle-ci regardant la maison avec intérêt.

« C'est beau, chez vous, dit-elle.

– Merci, dit Draco, fermant la porte avec nonchalance. Harry, tu as préparé sa chambre ?

– Oui, dit le brun. Mais elle n'est pas décorée, j'ai pensé que tu pourrais choisir, précisa-t-il à la petite.

– Oh, c'est vrai, je peux ? dit Rose, tout de suite plus joyeuse.

– C'est ta chambre, dit Harry. C'est donc à toi de choisir… »

La petite eut un large sourire qui rassura Harry. Visiblement, elle l'aimait bien !

« On monte ensemble ? » demanda-t-il à la fillette.

Celle-ci hocha de la tête et Harry lui tendit la main qu'elle saisit. Draco les regarda grimper avec un sourire de satisfaction. Il savait que son époux se débrouillerait parfaitement bien avec elle. C'est pourquoi son angoisse l'avait plus amusé qu'autre chose. Si Harry n'avait pas su s'entendre avec Rose, alors il avait du souci à se faire pour lui-même. Il n'était pas ce qu'on pouvait appeler un modèle en relation humaine. Loin de là !

Amusé par ses pensés, il alla dans la cuisine où il constata avec bonheur que rien n'était prêt pour le souper.

« Dobby ? » appela-t-il pourtant.

L'elfe apparut dans un pop, s'inclinant aussitôt avec frénésie.

« Oui, Draco Potter-Malfoy, Monsieur ?

– Il n'y aura pas besoin de repas ce soir, dit le blond. J'emmène la petite famille au restaurant.

– Bien, Draco Potter-Malfoy, Monsieur. »

Le blond sourit avec satisfaction et quitta la pièce d'un pas lent. Il avait comme l'impression de flotter agréablement sur un petit nuage depuis que Rose était là. Une seule épreuve a affronté et il serait pleinement heureux. Ce n'était malheureusement pas l'épreuve la plus évidente à passer.

En y repensant, son visage s'assombrit et il se dirigea vers le secrétaire de la pièce. Il prit un morceau de parchemin et trempa la première plume qu'il trouva dans un flacon d'encre. Quand il estima qu'il ne risquait pas de faire de bavure, il se mit à rédiger la lettre signant le début des hostilités. Celle qui annonçait l'adoption de Rose Malfoy par lui-même. Il savait que la juge allait en bondir de rage. Il savait qu'il serait convoqué au tribunal très rapidement. Et cela lui faisait peur, presque. Mais il n'avait pas le choix. Il voulait garder sa sœur avec lui. Ainsi, après avoir signé de son écriture élégante, il roula la missive et s'approcha du perchoir d'Hedwige. Qu'il envoie sa lettre avec l'hibou de son époux serait un signe de leur bonne entente. Et il savait qu'il avait plus de chance d'être lu qu'en désignant sa missive comme de lui,de par son hibou.

Il venait à peine de refermer sa fenêtre qu'il entendit des rires dans le couloir. Il se retourna pour voir arriver Rose, vêtue d'une magnifique petite robe à volant, ses cheveux coiffés en deux couettes. Elle tenait la main d'un Harry souriant, tournoyant selon les mouvements de bras de son époux.

« Oh, Draco ! dit-elle en courant vers lui, soudainement. Ma chambre est magnifique ! »

Le blond lui sourit, la réceptionnant sans mal.

« J'ai eu une idée pour fêter ton arrivée, dit-il, faisant tourner sa petite sœur. Et si nous allions tous au restaurant ?

– Pour de vrai ? demanda Rose, rayonnante. Je n'y suis jamais allée !

– C'est une excellente idée ! dit Harry, serein. Cela fera des vacances à Dobby…

– Dobby ? demanda Rose.

– C'est un elfe de maison. Tu le rencontreras vite… »

La petite hocha de la tête.

« Tu es déjà très belle pour le restaurant, fit remarquer Draco, tapotant la tête de la petite. Nous, par contre, nous devons… »

Il fixa Harry d'un air étrange.

« Tiens, tu as changé tes mèches ? »

Harry rougit légèrement.

« Hum, dit-il, mal à l'aise. Pas exactement… Mais je raconterais ça au restaurant. Je vais me changer ! »

Et il se sauva en courrant.

« Je pense que cela va beaucoup nous amuser, » dit le blond, faisant un clin d'œil à sa petite sœur.

Celle-ci rit légèrement, ses yeux pétillants de manière agréable. Le blond sentit un étrange sentiment protecteur lui gonfler le cœur. Définitivement, personne ne lui enlèverait sa sœur. Il l'aimait déjà bien trop pour ça…


Le restaurant avait été une merveilleuse idée. Comme l'avait prévu Draco, ils s'étaient tous bien amusés en écoutant/racontant les déboires d'Harry avec ses mèches qu'il avait réussi à effacer le soir même, sous l'œil réjouis de Rose, alors qu'ils se promenaient dans le parc de la villa italienne reconvertie en institution hôtelière.

La soirée avait été constamment accompagnée de sourires, de rires et autres manifestations de joie. Grâce à des photos amenées en douce, Harry avait passé son temps à présenter leurs amis à la petite fille qui avait commenté les portraits avec la candeur des enfants.

« Ce monsieur, il fait peur ! » avait-elle dit en montrant Rogue de son petit doigt.

Harry en avait ri pendant au moins quinze minutes alors que Draco essayait péniblement d'expliquer à la fillette qu'elle n'avait pas à s'inquiéter, il n'était pas méchant quand on le connaissait, juste un peu solitaire et renfermé.

Alors que la soirée touchait à sa fin, Rose avait fini par s'endormir, appuyée tout contre Harry. Ils avaient dû la transporter jusqu'à la voiture et la coucher prudemment sur le siège arrière avant de rouler et de transplaner chez eux avec le véhicule. Bien avant qu'Harry n'ait pu le proposer, Draco avait pris Rose dans ses bras et déclaré qu'il allait la mettre au lit.

« Va déjà te rafraîchir dans la salle de bain, dit-il à son amant. Tu as l'air d'en avoir besoin… »

Harry avait hoché de la tête d'un air reconnaissant et avait laissé son amant pour aller dans la pièce désignée. Là, il ne sut trop pourquoi, il regarda directement le miroir face à lui, comme pour s'assurer qu'il n'y trouverait aucun visage blafard l'épiant. Il fut soulagé de ne pas voir la gardienne à l'affût de sa personne. Il ne pensait pas qu'elle lui veuille du mal. Il savait qu'elle ne se mêlait généralement pas des histoires des hommes. Il l'avait compris lorsqu'elle lui avait demandé de partir et de ne jamais revenir. Mais sa venue ne lui disait rien de bon pour autant. Perdu dans ses pensées, il s'avança légèrement et s'appuya contre le rebord de l'évier, regardant ses propres yeux, comme s'il s'attendait à voir surgir d'autres prunelles, dépourvues de pupilles…

Mais ce ne fut pas du miroir que vint l'attaque, mais derrière lui. Deux bras s'enroulèrent autour de sa taille et il sursauta vivement avant de voir que Draco était derrière lui.

« Désolé de t'avoir fait peur, dit le blond, embrassant sa nuque. Mais tu étais si pensif… Et si beau, aussi, à te fixer comme ça… »

Harry sourit légèrement, sentant son cœur se calmer rapidement. Il était bête de s'angoisser ainsi pour rien…

« À quoi pensais-tu ? demanda Draco, continuant d'embrasser son cou. Tu semblais bien nerveux… »

Harry sourit, regardant son reflet avec douceur.

« À la gardienne de la Boucle, avoua-t-il. Je me demande pourquoi elle est venue… »

Draco resserra sa prise autour de sa taille, regardant ses yeux émeraude dans le miroir.

« Tant qu'elle ne revient jamais, je m'en balance… »

Harry se contenta de rire, caressant les mains du blond.

« Si elle est venue, c'est sûrement pour une bonne raison et… Draco ! »

Harry se sentit pivoter vivement dans les bras du blond alors que les lèvres de celui-ci venaient saisir celles du brun impétueusement.

« Tu étais magnifique, ce soir, dit le blond, son front appuyé contre lui. Les vêtements que tu portes te vont à merveille et tu étais rayonnant… Tu n'imagines même pas combien j'avais envie de m'isoler avec toi quelque part… Dans un coin sombre ! »

Harry rougit alors que les mains du blond se faisaient baladeuses.

« Draco, enfin, tenta-t-il, essayant en même temps de se libérer. Pense à Rose…

– Elle dort, répondit le blond, lui lançant un regard qui le pétrifia. Et quand bien même… Personne ne pourra m'empêcher de te faire l'amour ce soir… Tu es bien trop excitant ! »

Harry eut un frisson qui lui remonta le long de la colonne vertébrale. Il n'avait plus vu Draco aussi motivé depuis longtemps. Depuis qu'ils avaient tous ses ennuis… Il eut un léger sursaut lorsqu'il sentit les doigts du blond commencer à détacher sa chemise alors que sa langue suivait le tissu, descendant ainsi le long de son torse. Malgré les frissons de plaisir qui le secouait, il comprit que c'était le bonheur qui rendait Draco ainsi. Chaque fois qu'il avait été pleinement heureux, il avait été des plus ardent. Lorsqu'il avait été libéré de la juge, lors de leur nuit de noce…

Un hoquet de surprise lui échappa quand il sentit la langue du blond se glisser le long de son pantalon. Il baissa les yeux pour rencontrer le regard bleu de son amant et il sentit ses jambes trembler en apercevant le désir qu'il ressentait. Quelque chose en lui sembla alors se réveiller, brusquement. Quelque chose qui monta vivement dans tout son corps et se répandit dans chacun de ses membres. Il poussa un léger gémissement quand il comprit que c'était l'envie. L'envie de Draco. Et la sienne. Elles s'emmêlaient, se tordaient, fusionnaient. Il faillit suffoquer mais à la place, il s'accrocha à l'évier derrière lui pour ne pas tomber et bougea des hanches. Le blond sourit, presque sournoisement. Comme pour se moquer de ce qu'il éprouvait. Il ne tarda pourtant pas longtemps avant de faire courir ses mains le long des hanches du brun, ses doigts habiles allant défaire l'attache du pantalon. Harry sentit vaguement une immense chaleur se propager dans tous son corps, puis il perdit pied. Tout son esprit bascula soudainement, il ne sut trop pourquoi. Si Severus avait été là, il lui aurait expliqué avec un sourire qu'il arrivait à certaines futures mamans, passé trois mois de grossesse, d'avoir des bouffées de désir incontrôlables. Si Severus avait été là, Draco aurait peut-être tenté de calmer son amant pour ne pas que leur ébat soit trop violent.

Mais Severus n'était pas là, pour leur plus grand bonheur (faire l'amour en sa présence n'étant pas vraiment leur plus grand fantasme, bien au contraire…). Aussi, lorsqu'Harry tira Draco à lui pour ensuite l'embrasser vivement, le blond ne protesta pas. Il se plaqua contre lui avec tout autant de dureté pour l'embrasser tout en essayant de lui enlever pantalon et boxer. Harry ondula contre lui, l'excitant plus encore.

« Mes vêtements, Harry, haleta-t-il à l'oreille du brun. Je ne… je ne peux pas être partout… »

Harry se contenta de grogner et, impatient, tira sur la chemise du blond, faisant sauter les boutons avec force. Il tira ensuite sur chaque manche et un bruit de déchirure se fit entendre. Le vêtement resta pourtant entier et, après quelques secondes, finit par glisser sur le sol alors qu'Harry essayait de défaire la ceinture du blond tout en l'embrassant. Il perdait complètement la tête et il s'en fichait. Il avait une envie folle de toucher Draco, de le sentir. Il voulait embrasser sa peau, chaque centimètre de peau. Il avait besoin de lui. Et il le lui dit, d'une voix si sensuelle que Draco faillit jouir en l'entendant. Il ignorait totalement ce qui rendait Harry aussi fou, mais il s'en inquiétait peu. Cela le rendait dingue de toute façon.

Il leur fallut un long moment pour faire tomber les pantalons. Tous deux étaient trop avides pour réussir à se débarrasser des derniers vêtements avec soin. Ce furent des coups de jambes rudes qui écartèrent définitivement les pantalons pour les laisser presque nus. Essoufflé, Draco laissa ses yeux descendre le long du corps d'Harry et, rapidement, ce fut sa bouche qui descendit, pour le grand plaisir du brun dont les joues s'étaient colorées de rouge. Il avait fermé les yeux et, abandonné contre l'évier, se laissait faire, alangui. Tout s'était effacé de sa mémoire. Les ennuis, le bébé, Rose… tous s'étaient effacés pour ne laisser que cette langue affolante descendant le long de son corps. Cette langue qui taquinait ses tétons, son nombril et qui l'excitait à passer sur la bosse déformant son boxer. Il poussa un léger cri de surprise en sentant la bouche du blond aspirer son sexe à travers le tissu et écarta Draco de lui de force.

« Fais pas ça, dit-il. Sinon, ça ne va pas aller loin… »

Le blond lui décocha un sourire et, doucement, fit glisser ses doigts sous le boxer, le descendant doucement. Il offrit ainsi une caresse rêche sur tout le corps du brun qui se mordit la lèvre inférieure. Draco lui lança un regard impérieux et Harry comprit qu'il ne pourrait pas l'empêcher de faire ce qu'il voulait. Et de toute façon, il n'en eut pas la moindre envie quand il sentit le souffle chaud de son amant sur son érection. Et même si l'idée lui avait effleuré l'esprit, elle partit bien vite lorsque le souffle fut remplacé par la langue et celle-ci accompagnée des lèvres si douces et chaleureuses de son amant. Harry dut bénir au moins deux cent fois l'évier derrière lui pendant les dix minutes – qui lui semblèrent bien plus courtes – de fellation. Draco avait dû sentir que son amant n'allait pas tenir, sans quoi, Harry était sûr qu'il aurait continué. Mais le blond s'écarta pour ensuite se relever, regardant son amant qui vint naturellement dans ses bras.

« Comment fais-tu pour me rendre aussi fou ? demanda Draco, tout en le surélevant pour l'asseoir sur la tablette entourant l'évier. Comment fais-tu ? »

Harry était bien incapable de répondre alors que les lèvres douces du blond s'enfouissaient dans son cou et qu'il nouait naturellement ses jambes autour de la taille de son époux. Comment pouvait-il répondre à une question qu'il se posait lui-même, alors même que son sang n'avait jamais été aussi chaud, que son corps n'avait jamais été traversé par autant de désir qu'au moment même. Il avait du mal à comprendre comment il pouvait brûler au simple contact de son amant. Un regard et il avait presque envie de se jeter sur le blond… Une parole et il perdait toute notion des choses et du temps. Leur haine passée avait été forte à bien des égards. Lorsqu'ils se disputaient, ils oubliaient souvent les conséquences de leurs actes et les personnes les entourant. Il fallait qu'il en fût pareil lorsqu'ils faisaient l'amour, sauf que c'était quelque chose de bien plus intense.

Bien entendu, Harry ignorait totalement que son état était responsable de sa folie. Il ignorait que son corps lui envoyait ce désir insupportable qui faisait de lui cet homme déterminé à aimer son amant. Et même s'il l'avait su, il ne s'en serait pas préoccupé. Il avait mieux à faire, comme le lui rappela Draco en prenant le soin de le préparer.

Malgré le robinet derrière lui, Harry ne put s'empêcher d'aller s'appuyer contre le miroir, incapable de seulement se tenir à Draco. Celui-ci s'avança alors et, enlevant ses doigts, vint enfin en lui, pour son plus grand soulagement.

La salle de bain se remplit bien vite de cris et de gémissements, de soupirs accompagnés de mots doux qu'aucuns des deux ne retenaient. Le désir qu'ils ressentent – et tout particulièrement Harry – mêlé au plaisir, leur faisaient prononcer des paroles qu'ils n'auraient jamais dites en temps normal. Des surnoms doux aux insultes, il n'y avait qu'un pas. Pourtant, quant ils jouirent, ce furent le nom de l'être aimé qu'ils crièrent de toute leur force avant de tomber mollement en arrière pour Harry et en avant pour Draco. Essoufflés, ils restèrent ainsi un long moment avant de sentir le froid les envahir. Draco entoura aussitôt la taille d'Harry de ses bras et le souleva, bien que difficilement. Il l'amena jusqu'à la cabine de douche avec lenteur et, une fois qu'ils furent à l'intérieur, ouvrit l'arrivée d'eau chaude et froide. Un liquide tiède coula aussitôt sur eux et le blond se hâta de le régler pour que cela soit plus chaud. Aussitôt, ils poussèrent un léger gémissement de satisfaction.

« Je n'avais pas été aussi passionné depuis longtemps, murmura Draco contre l'épaule de son époux.

– Moi non plus, dit le brun, haletant. Mais je ne vais pas m'en plaindre… »

Draco sourit légèrement.

« Tu serais bien ingrat, dans le cas contraire. »

Harry rit et se détacha du blond pour reposer pied à terre.

« Ça m'a fatigué, dit-il. On se lave et on va se coucher ?

– Avec plaisir, répondit Draco, attrapant un gant de toilette. Tu sais que je ne peux rien te refuser… »

Harry se contenta de sourire et, comme le voulait leurs habitudes, se laissa laver par un Draco attentionné.


Pour l'occasion, Draco avait enfilé sa robe de sorcier la plus élégante. Turquoise brodée de fil d'argent, un pantalon évasé accompagné d'une ceinture blanche lui donnant des airs d'Oriental égaré, il avait pris le soin de coiffer ses cheveux d'une manière plus élégante. Il ne les avait pas ramenés en arrière, bien au contraire. Il les avait fait ressortir et placé ses mèches pour se donné un air ébouriffé mais élégant. Sa tenue, certes tape à l'œil, lui allait à ravir et bons nombres de personnes présentes le regardèrent passé comme on observerait un Prince. Fier, le blond n'avait jamais paru plus beau, plus attractif.

Alors qu'il traversait les couloirs, les sorcières et sorciers cessaient de parler pour le regarder d'un air stupéfait. Certains murmures, gloussements ou grondements se faisaient entendre, mais il n'y prêtait nulle attention. Il entra seul dans l'ascenseur malgré la foule qui attendait son tour. Tous préférèrent lui laisser la cabine à lui seul, sans doute à cause de l'aura de détermination qui émanait de lui et qui faisait presque peur. Ou peut-être à cause du petit sourire narquois qui ornait son visage.

Lorsque les portes se refermèrent, les employés se mirent à parler entre eux à une vitesse folle pour relater l'entrée plus que remarquée de l'ancien Mangemort. Mais à quelques étages plus bas, Draco ne s'en préoccupait pas le moins du monde. À la place, il inspira un bon coup avant que les portes ne s'ouvrent de nouveau sur un couloir nettement plus désert. Il s'avança, marchant d'un pas tout aussi royal et se présenta devant le bureau qu'il cherchait. Celui des adoptions. Il frappa à la porte et un 'Entrez' se fit entendre. Il n'hésita pas une seconde avant de pousser le battant de la porte pour entrer dans une pièce modeste. Un bureau, trois casiers, quatre chaises devant le meuble et une autre derrière. Une plante en pot dans un coin et un secrétaire près de la porte. Une jeune femme discrète y était installée et attendait pour prendre des notes. Elle rougit en voyant que Draco la regardait. Celui-ci ne s'en formalisa pas et leva les yeux vers le directeur du bureau.

Dés le premier coup d'œil, Draco sut que Monsieur Siprénil n'était pas un homme compliqué. Il aimait la tranquillité et était bon de nature. Mais il vit également qu'à sa vue, il était gêné. Et le petit coup d'œil vers la femme assise devant son bureau renseigna Draco sur la raison de ce malaise. Bien qu'il ne l'eût jamais vu, il sut que c'était elle. De part son expression haineuse et ses yeux noirs si similaires à ceux de Rose. Julia Davis était une belle femme. Ses cheveux bruns bouclés tombaient en cascade dans son dos et sa robe de sorcier, sans doute faites sur mesure, mettait en valeur les courbes généreuses de son corps. Il comprenait pourquoi son père en avait fait sa maîtresse. Plus jeune, l'innocence marquant ses traits, elle devait être ravissante.

Mais quand il la regarda, il vit une femme rongée par la haine. Une femme dont les yeux étaient trop durs pour être beaux. Dont la bouche serrée n'inspirait nul baiser. Et son visage sévère nul envie de rire avec elle. Elle était vicieuse, sournoise… Cela se voyait comme le nez au milieu du visage. Pourtant, cela n'empêcha pas Draco de lui sourire avec une sorte de respect et de lui faire un aimable signe de tête. Il s'en désintéressa ensuite pour faire face à Siprénil qui déglutit.

« Hem, dit-il. Bonjour, Monsieur Malf…

– Potter-Malfoy, dit Draco, toujours souriant. Bonjour, monsieur Siprénil… Mademoiselle Davis… »

La juge se contenta de redresser fièrement la tête, serrant les dents. Draco s'en désintéressa et alla s'asseoir sur une chaise, croisant noblement les jambes.

« Alors ? demanda-t-il. Où en est notre affaire ? »

L'élégance qu'il avait mise pour simplement s'asseoir laissa un instant Siprénil sans voix. Il se reprit pourtant vite et se saisit de plusieurs papiers posés sur son bureau.

« Et bien, d'un point de vue juridique moldu, Rose Malfoy est à présent sous votre garde, dit-il, prenant un petit monocle pour s'aider à lire. Mais d'un point de vue juridique sorcier, c'est loin d'être le cas.

– Je suppose que Mademoiselle Davis ici présente souhaite adopter sa fille, dit Draco.

– Très exactement, intervint la juge. Il serait totalement inacceptable qu'un homme tel que vous ait la garde d'un enfant… »

Draco l'ignora superbement.

« Je suppose donc, dit-il en regardant uniquement Siprénil, que tout cela va aller au tribunal.

– Très exactement, monsieur Potter-Malfoy, dit Siprénil.

– En attendant le jugement, Rose peut-elle rester avec moi ? »

Siprénil sembla y réfléchir.

« Molduement parlant, vous êtes son tuteur. Elle reste donc avec vous jusqu'à ce que l'affaire soit réglée. »

Draco sourit et fit un signe de tête de gratitude à l'homme. Tout en finesse et en élégance.

« Il ne reste donc plus qu'à prévenir le Magenmagot, dit-il, tout en se levant. Afin qu'ils réunissent une cour…

– Pas la peine, dit la juge. Je m'occuperais de cette affaire. Au cas où vous l'ignoriez, je suis juge ! »

Draco lui lança un regard méprisant.

« Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, vous êtes un des partis demandant la garde de Rose. Si vous jugez votre propre procès, il y a vice de procédure. La loi sorcière stipule qu'un tribunal neutre doit être mis en place si un tel cas devait se présenter… Mais je suis sûr que je ne vous apprends rien… »

Julia se contenta de serrer les dents.

« Dans ce cas, je les préviendrais moi-même, dit-elle, se levant et arborant une expression fière. Après tout, je fais partie de leur cour ! »

Draco se contenta de sourire, d'un sourire plein de mépris.

« Oui, dit-il moqueusement. Vous en faites… partie. »

La juge faillit répliquer, mais avant qu'elle n'en eût le temps, Draco tendit la main à Siprénil.

« À très bientôt, Monsieur, dit-il, son visage alors plus doux. Je vous remercie d'avoir pris le temps de vous occuper de notre affaire.

– Mais de rien, Monsieur Potter-Malfoy. À bientôt. »

Draco lui fit un signe de tête et regarda la juge.

« Madame la Juge, dit-il, narquois. À bientôt également… »

Il lui fit un autre signe de tête puis se détourna d'elle, quittant la pièce d'un pas digne. Quand il eut refermé la porte, il poussa un long soupir de soulagement. Jouer la comédie dans le théâtre de Blaise l'avait bien aidé… Plus qu'il ne le pensait, sans quoi jamais il n'aurait réussi à garder son calme devant cette femme. Conscient qu'elle allait bientôt sortir et comme il ne voulait surtout pas la voir, il se hâta d'avancer, pressé soudainement d'aller travailler.


La concentration avait été difficile, au théâtre. Surtout quand Draco avait annoncé à Blaise qu'il serait souvent absent, procès oblige. Son ami avait été en colère et il avait de quoi l'être. Pourtant, Draco avait réussi à gagner le droit d'être absent.

'Mais je te préviens… Je veux te voir au moins une fois par jour ! Un procès ne dure pas toute la journée !'

Et bien entendu, Draco n'avait eu d'autre choix que d'accepter. À midi, il rentra chez lui, comme d'habitude. Il trouva une Rose et un Harry assis dans un canapé avec une foule d'albums photos.

« Et bien et bien… qu'est-ce que c'est que tous ce désordre ? demanda-t-il, faisant sursauter les deux autres.

– Oh, fit Rose en voyant que c'était lui. Harry me montre les photos de vous deux… »

Draco sourit et s'approcha. Il déposa comme d'habitude un baiser sur les lèvres d'Harry et un autre sur le front de l'enfant.

« Il m'a raconté tous plein de choses ! dit-elle.

– Plein de choses ? demanda le blond tout en s'installant. Quelles choses ?

– Voldemort… et votre enfance… Enfin tout !

– J'ai estimé qu'elle devait savoir, dit Harry, tout en rangeant quelques albums.

– Tu as bien fait, répondit Draco. À propos de savoir… Il faudrait trouver une école pour cette demoiselle…

– Une école ? demanda Rose. Oh non…

– Oh si ! dit Draco. Il faut que tu te cultives, mon enfant, si tu veux un jour ressembler à ton frère…

– Mais je ne veux pas te ressembler, moi ! »

Harry pouffa discrètement.

« Comment ça, tu ne veux pas ? demanda Draco. Mais il n'y a rien de mieux que de me ressembler ! »

Rose tira la langue, arrachant un rire plus franc au brun.

« Dans tous les cas, tu iras quand même à l'école, dit Harry, une fois calmé. Il y en a une, pas loin d'ici, justement. Nous irons t'y inscrire dés demain.

– Bon, d'accord, dit la petite fille, bien qu'un peu boudeuse.

– Bon, on va manger ? demanda Draco. Je meurs de faim ! »

Harry secoua la tête, mais il accepta pourtant. Ils se réunirent bien vite autour de la table de la cuisine, mais à aucun moment, ils ne parlèrent de la réunion du matin. Ils avaient décidé d'essayer de ne pas inquiéter Rose avec ça. Ou en tout cas, pas tout de suite. Il préférait d'abord essayer de la rendre heureuse un maximum. D'écarter un peu les éventuels ennuis. Et même s'ils étaient conscients que ce n'était pas le meilleur service à lui rendre, ils le faisaient. Le procès serait long… Ils avaient tout le temps pour lui dire qu'elle risquait de les quitter si la juge gagnait.

Oui, tout le temps…

Le soir même, pourtant, après une journée shopping pour Harry et Rose (le brun lui avait acheté quelques jouets et des livres pour enfant) et de répétition pour Draco, alors qu'ils soupaient dans la même ambiance bonne enfant, ils eurent la surprise de voir un hibou entrer par la fenêtre ouverte. Celui-ci se posa sur l'épaule de Draco et tendit une patte vers lui. Le blond ne prit que quelques secondes pour prendre la lettre et l'ouvrir.

À Monsieur Potter-Malfoy, de prénom Draco Lucius,

Veuillez prendre note que la première audience aura lieu dés demain, dans la salle 10 du Conseil de la justice magique, à 9 h 06. Toute absence de votre part pourrait être sanctionnée.

J. Courtney, juge principal provisoire.

« Ils ont déjà fait la cour ? s'exclama Harry, qui lisait derrière Draco. C'est du rapide !

– C'est trop rapide, dit Draco, s'essuyant la bouche avec une serviette et posant la lettre. Il faut réunir Hermione et Severus… On doit préparer le plan d'attaque… »

Harry hocha de la tête.

« Vas-y, dit-il. Je m'occupe de Rose. »

Le blond hocha de la tête et quitta la cuisine.

« C'est grave ? demanda Rose. Qu'ils aient déjà réunis… heu…

– La cour, dit Harry. C'est-à-dire les personnes qui vont juger si Draco est apte à t'adopter ou non. En soi, ce n'est pas grave. C'est juste… étonnement rapide. Mais Hermione – tu vas voir, elle est adorable – va vite nous dire si c'est grave ou pas… Mais cessons de parler de ça ! Finis donc de manger, ensuite, on va au bain ! »

Rose hocha de la tête et continua de manger, finissant son assiette sous l'œil amusé d'Harry. Ils étaient allés chez le coiffeur un peu plus tôt et la petite présentait à présent des cheveux un peu plus convenables. Ils étaient toujours aussi longs, mais d'un dégradé adorable. Rose avait parue aux anges en découvrant sa nouvelle coupe. Et Harry l'avait tout autant été. Voir le sourire de la petite était quelque chose de réjouissant. Il n'était jamais allé dans un orphelinat et il en était plus que ravi. Les Dursley n'étaient pas sympathiques en eux-mêmes… Mais il savait qu'un orphelinat pouvait être pire encore. Et même si Rose ne devait pas rester avec eux… Il était bien décidé à lui faire oublier un peu ce qu'elle avait vécu avant.

« Ai fini ! » dit la petite, la bouche encore pleine.

Harry pouffa mais se leva. Dobby apparut aussitôt et Rose lui fit un large sourire.

« C'était très bon, Dobby ! dit-elle.

– Merci, Mademoiselle Rose Malfoy, Mademoiselle. Dobby est très content que Rose Malfoy ait aimé. »

La fillette sourit et sauta de sa chaise.

« On va au bain, alors ?

– On y va ! » dit Harry, la prenant par la main.

Ils grimpèrent très vite à l'étage alors qu'au rez-de-chaussée, des voix indiquaient la présence de Severus et Hermione. Harry ne s'en formalisa pas et préféra continuer de s'occuper de la petite. Il ne lui fallut pas longtemps pour se laver et il lui en fut reconnaissant. Rose sachant déjà bien s'occuper d'elle-même, il se contentait d'attendre dans sa petite chambre d'enfant. Celle-ci, sous sa demande, était la chambre carrée. Il l'avait peinte en un orange pastel très doux accompagné de blanc ici et là. Les meubles, tous peints en blanc, s'harmonisaient parfaitement avec la couleur. Les livres qu'Harry avait offerts à Rose étaient déjà posés sur les étagères encore trop vides et les jouets étaient éparpillés ici et là. Le brun ne s'en formalisa pas et sourit en les voyant. D'un sort, il les rangea, bien que laissant traîner des choses pour donner plus de gaieté à la chambre. Rose arriva alors, vêtue d'une petite robe de nuit blanche. Elle avait attaché ses cheveux en deux petites queues qui sautillaient de chaque côté de sa tête lorsqu'elle marchait.

« Comme tu es jolie, dit Harry, souriant. Prête à rencontrer certains de nos amis ?

– Oui, dit la petite, bien qu'angoissée à l'idée d'être présentée.

– Alors allons-y, » dit-il.

La petite fille prit sa main dans la sienne et le suivit courageusement. Harry ne put s'empêcher de penser qu'à ce rythme, elle allait sûrement finir à Gryffondor.

Dur humiliation pour la famille Malfoy, pensa-t-il avec amusement.

Ils descendirent les marches et arrivèrent dans le couloir. Les voix d'Hermione et Draco se faisaient entendre, ceux-ci visiblement plongés dans la préparation du procès. Ils sursautèrent quand Harry et Rose ouvrirent la porte, ainsi que Ron et Neville – qui jouaient aux échecs. Le silence se fit, tous regardant la petite fille qui rougit.

« Heu…, dit-elle, soudainement timide. Bonsoir… »

Et elle se cacha à moitié derrière les jambes d'Harry. Celui-ci sourit mais ce ne fut rien comparé à Hermione. Elle bondit littéralement et s'approcha vivement pour venir voir la petite fille.

« Comme tu es mignonne ! dit-elle, la tirant pour ainsi mieux l'exposer. Une vraie princesse ! »

Rose rougit, mais son visage reflétait son ravissement.

« Ce n'est pas que je m'ennuie de cette scène si touchante, dit Severus, mais nous avons mieux à faire… Granger, reprenez votre place… Que nous puissions terminer ce… conciliabule au plus vite ! »

Occupée à parler avec Rose, Hermione se contenta de tirer la langue.

« Je vous ai dit tout ce que j'avais à dire, dit-elle. À présent, c'est à Draco de se débrouiller demain au tribunal. »

Severus leva les yeux au ciel.

« Alors on peut rentrer ?

– Quel mal poli ! dit Hermione. Vous pourriez saluer cette jeune fille, au moins !

– Je la saluerais bien assez quand elle sera mon élève ! répliqua Severus. Moi, je rentre ! »

Et il quitta la pièce.

« Il est bien mal luné, aujourd'hui ! fit remarqué Hermione.

– Je suis désolé, dit Neville, qui s'était levé lui aussi. Je vais y aller aussi… Mais je repasserais sans doute pour rencontrer un peu mieux cette jeune demoiselle. »

Harry sourit à son ami.

« Ne t'inquiète pas, Neville… et va vite ! »

Le garçon hocha de la tête et partit lui aussi, non sans avoir dit au revoir à tout le monde.

« Et nous, on fait quoi ? demanda Ron.

– Vous pouvez rester, dit Harry, souriant. Quelqu'un veut quelque chose à boire ?

– Un jus de citrouille, dit Ron, tout en allant se laisser tomber dans le divan. Et cette petite demoiselle près de moi, aussi… »

Rose eut un sourire et alla s'asseoir près du rouquin. Aussitôt, celui-ci se mit à parler Quidditch. Hermione et Harry levèrent les yeux au ciel. Bien entendu ! c'était du Ron tout craché de vouloir expliqué à la jeune fille ce qu'était, selon lui, le plus beau sport du monde. Le brun secoua la tête et partit dans la cuisine. Il fut surpris d'y trouver un Draco pensif, un verre d'eau en main.

« Ça ne va pas ? demanda-t-il.

– Mhmm ? fit le blond. Oh, si, ça va… Je suis juste… Un peu angoissé. »

Harry sourit.

« Ne t'en fais pas, dit-il. Je suis sûr que ça ira… Nous sommes prêts…

– Mais c'est venu si tôt, dit Draco. Et… Elle va tous faire pour nous déstabiliser… Que la première audience soit si tôt en est la preuve. »

Harry le regarda et soupira. Il s'approcha de lui pour enrouler ses bras autour de sa taille.

« Tu es un comédien hors pair, Draco, dit-il. Et tu t'y connais mieux que personne, en droit. Tu y arriveras. On y arrivera… »

Draco soupira et le regarda. Il lui fit un maigre sourire et le pressa contre lui.

« J'espère que tu dis vrai, dit-il. Je l'espère vraiment… »


A suivre…

Bonus


Neville avait beaucoup hésité avant d'aller chez Harry. Il avait tourné en rond il ne savait combien de fois dans une serre, taillé des dizaines de plantes qui n'avaient pas besoin de ça et renversé des dizaines de plats/verres/chaudrons. Pourtant, il se décida à aller le voir. Parce qu'il ne savait vraiment pas quoi faire et que seul Harry lui semblait être de bons conseils. Bien entendu, il aurait pu ne pas lui demander. Mais s'il ne le faisait pas, alors il resterait coincé avec son problème. Et il savait que le problème en question ne le laisserait pas tranquille tant qu'il n'aurait pas eu ce qu'il voulait. Soit lui.

Une légère couleur rosée vint se poser sur les joues de Neville alors qu'il se dirigeait vers la sortie de Poudlard. Oh oui, Severus était décidé à l'avoir. Pour quelqu'un qui ne semblait pas pressé de lui dire qu'il l'aimait, c'était différent lorsqu'il s'agissait de sexe. Il était plus que décidé à lui montrer ce qu'il savait faire. Et si Neville désirait Severus, il avait également très peur. Il avait de l'expérience avec les femmes, mais aucune avec les hommes. Et puis Severus était quelqu'un d'impressionnant. Il s'y connaissait certainement mieux que lui. Peut-être même avait-il des exigences particulières qu'il était incapable d'imaginer.

Penser à une quelconque relation avec Severus le mortifiait. Il était si facile de lui dire qu'il l'aimait… Et si difficile de s'imaginer nu devant lui. Neville n'était pas idiot. Il n'était pas beau, comme Harry ou encore Draco. Il était quelqu'un de simple. Il n'avait pas de muscle au bras ou au ventre. Il n'avait pas de bourrelets, c'était déjà ça. Mais il n'était pas beau. Et il avait peur que Severus le voit.

Quelques jours plus tôt, ils étaient installés dans le canapé du maître des potions et il parlait tranquillement d'une plante qui, malgré ses efforts, refusait de pousser convenablement quand Severus l'avait fait taire par un baiser. Et si Neville avait apprécié l'action, il avait vite déchanté en se retrouvant couché sous lui, une main ayant franchi la barrière de son t-shirt. Lorsque Draco était apparu dans l'âtre, il n'avait jamais été aussi content de le voir. Et cela, même si Severus avait été d'une humeur massacrante pendant les trois jours suivant l'interruption. Il fallait dire que Neville l'avait évité comme la peste… Mais il n'avait vraiment pas le courage de lui avouer qu'il avait peur. Peur d'aller plus loin avec lui. Car il n'y connaissait rien ! À tous les coups, Severus allait se moquer de lui. Et il n'était pas sûr de pouvoir le supporter.

Ainsi, pour régler son problème, il n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'aller voir son ancien camarade de dortoir. Après tout, Draco et Severus étaient deux hommes charismatiques. Harry pourrait peut-être l'aider. Le conseiller. Satisfait de cette pensée, il transplana dès qu'il eut quitté les limites de Poudlard. Il arriva pile devant Godric's Hollow. La maison, calme, était auréolée de soleil. Il entendit un rire d'enfant et il se rappela que Rose était là également. C'était un mercredi après-midi, elle était donc libre. Bah, il trouverait bien un moyen de parler avec Harry. Rassuré, il poussa la petite barrière et gravit les marches du perron pour ensuite sonner à la porte. Il n'eut pas à attendre longtemps avant qu'on ne lui ouvrît, à son grand soulagement.

« Neville ! s'exclama Harry, lui souriant. Je ne t'attendais pas ! Viens, entre ! »

Le jeune homme hocha de la tête et s'avança, bien qu'hésitant. Il ne savait trop que faire, maintenant qu'il était là. Comment demander quelque chose d'aussi gênant à Harry ? Il aurait dû lui écrire… Mais même ainsi, il n'y arrivait pas… Il se fit tirer dans toute la maison pour enfin atterrir dans le jardin. Là, Harry le poussa à s'installer à une petite table ronde en bois. Il lui apporta bien vite un verre de jus de citrouille et des glaçons. Un peu devant eux, Rose riait aux éclats sur une balançoire que le brun avait dû installer pour elle.

« Je suis content de te voir ! dit Harry. Avec Draco qui est pris dans son procès, je m'ennuie un peu… »

Neville le regarda. Harry avait une expression mélancolique qu'il ne lui connaissait pas. Il se surprit à penser que son ami était beau. Il avait une bonne taille, bien qu'il fût plus petit que la plupart d'entre eux. Assez mince – trop selon Neville – il n'en demeurait pas pour autant quelqu'un de fragile. Ce jour-là, pourtant, vêtu d'un pantalon kaki et d'une simple blouse sans manche blanche, ses cheveux un peu ballottés par le vent, il semblait plus vulnérable. Neville eut presque envie d'aller le consoler pour il ne savait quelle raison. Mais comme il savait son ami résistant, il se contenta de sourire et de tendre le bras pour lui toucher l'épaule.

« Ce sera bientôt fini, dit-il. Ne t'inquiète pas… »

Harry se tourna vers lui, ses grands yeux verts étrangement tristes. Il eut pourtant un sourire.

« J'espère que tu dis vrai, dit-il. Je commence à en avoir assez… Draco est trop distant, trop pris. Même quand il rentre à la maison… Il est pris par ça. »

Neville hocha de la tête. Le rire de Rose se fit entendre et ils sursautèrent. Tous deux tournèrent la tête vers elle pour la regarder courir dans le jardin.

« Je l'envie, tu sais ? dit Harry. Elle est tellement innocente, tellement libre… À son âge, rien ne l'atteint. Elle ne se préoccupe pas encore de ce qu'il se passe autour d'elle. Tant que ses proches gardent le sourire, elle est heureuse.

– L'innocence de l'enfance, dit Neville, lui aussi un peu envieux de la tranquillité de Rose.

– Parfois, je repense à Poudlard, dit Harry. Au tout début. Tu te souviens ?

– Comment oublier ? demanda le jeune homme, riant. Nous étions si jeunes ! Si enfantins ! »

Harry sourit. Il poussa un long soupir.

« J'aimerais remonter le temps, parfois. Faire en sorte que Voldemort n'existe pas. Vivre une enfance normale, comme celle de Rose et de tous les enfants nés après elle. »

Neville le regarda et sourit.

« Tu sais… Ça a été dramatique, ce qu'il s'est passé, avec Voldemort et tout ça… Mais… Cela a été nécessaire. Maintenant, nous savons le prix que peut coûter la stupidité. Et même s'il a été lourd… Ce que nous avons gagné après n'est-il pas encore meilleur ? Tu as perdu tes parents… mais tu as gagné Draco. Rose. Et l'enfant qui grandit dans ton ventre. Tu as des amis autour de toi. Des amis qui t'aiment et qui t'aimeront toujours. Des amis dont le bonheur grandit. Et les enfants d'aujourd'hui grandissent dans le bonheur. La guerre a été dure, mais au fond, nous y avons tous gagné. »

Harry le regarda d'une étrange manière et il sourit.

« Tu as étrangement mûri, Neville, dit-il, l'autre rougissant aussitôt. Cela ne m'étonne pas que tu sois parvenu à coincer le si redoutable Severus Rogue… »

La rougeur de Neville s'accentua plus encore.

« Hem, dit-il, prenant son verre et jouant avec. Oui, à propos de Severus… »

Il gigota encore et Harry inclina la tête sur le côté, l'air curieux.

« Harry ! appela Rose, courrant vers lui. Regarde, j'ai attrapé un papillon ! Je l'ai attrapé, tu as vu ? »

Le brun sursauta et la regarda. Il eut un large sourire et l'accueillit joyeusement.

« Montre-moi donc ce papillon, ma chérie, » dit-il, prenant la petite sur ses genoux.

Celle-ci ouvrit prudemment les mains et, soudainement, des millions de papillons s'envolèrent.

« Oh ! s'exclama-t-elle. Regarde ça ! »

Harry rit doucement, Neville l'imitant. Quoi qu'on en dise, Harry ferait un père merveilleux. Il suffisait de le voir avec Rose. Il soupira en pensant que, malgré tout, il aurait préféré que la petite ne vienne pas tout de suite. À cause d'elle, il n'avait pas réussi à parler de son problème ! Son ami dut voir son expression renfrognée car il l'interrogea du regard. Neville hocha négativement de la tête et jeta un regard à la cabane où Severus et lui avaient dormi. Cela avait été si amusant… Ils s'étaient si vite rapprochés. Trop vite, sans doute, car Severus voulait maintenant passer au stade supérieur et lui n'était pas prêt.

« Ma chérie, dit Harry tout en reposant Rose au sol. Tu veux bien aller demander des glaces à Dobby ? Avec cette chaleur, cela fera du bien…

– Oh oui ! dit Rose. J'y vais tout de suite ! »

Elle sauta de ses genoux et partit en courrant à l'intérieur, tout en appelant Dobby à tue tête.

« C'est inimaginable que l'on vous l'enlève, dit Neville. Elle est si heureuse… »

Harry sourit.

« Ne tourne pas autour du pot, Neville, dit-il. Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Le jeune homme se sentit aussitôt rougir.

« Hem… Tout va bien, dit-il. J'ai juste… Un peu de mal.

– De mal ? demanda Harry. Avec quoi ? »

Neville poussa un soupir.

« Promets-moi de ne pas te moquer… »

Harry haussa un sourcil.

« S'il te plaît, dit Neville. Promets…

– Bon, très bien, dit le brun. Je te promets que je ne me moquerais pas. »

Neville eut aussitôt l'air soulagé.

« Voilà, je… C'est à propos de Severus et moi…

– Ça ne se passe pas bien ?

– Non, non… Tout se passe bien, seulement… Ça évolue, entre nous… Et je ne suis pas prêt à évoluer. Enfin, si, mais… J'ai peur. »

Harry fronça les sourcils.

« Je ne comprends pas bien, dit-il.

– Je… »

Neville devint écarlate.

« J'ai un peu peur… de me… enfin quand on… Enfin, tu vois… »

Harry eut l'air totalement égaré pendant quelques secondes. Puis, soudain, il sourit.

« Je vois, dit-il. Tu as peur d'avoir des relations sexuelles avec Severus… »

Neville eut l'impression que tout son corps s'embrasait et se teignait d'une couleur rouge feu.

« Très… Très exactement, dit-il. Attention, je n'ai pas peur d'avoir des relations… Seulement… je n'y connais rien ! Je suis tous ce qu'il y a de plus novice là-dessus… »

Harry se retint de rire.

« Et tu l'as dit à Severus ? »

Neville hocha négativement de la tête et Harry se retint de rire.

« Bon… Je peux me tromper, mais si j'étais toi, je lui dirais… Bien qu'à mon avis, cela va… énormément l'intéresser de t'apprendre. »

Il pouffa légèrement puis reprit son sérieux.

« Le mieux, ce serait de lui dire. Sinon, tu risques de le vexer en le repoussant. Et Merlin sait que Severus a une fierté d'enfer… »

Neville se sentit un peu plus relaxé.

« Tu crois… Que je dois lui dire ?

– J'en suis certain. Cela lui permettrait de te comprendre… Et ainsi, vous pourriez aller doucement. Ce serait sans doute mieux ! Tu serais plus à l'aise… »

Neville hocha de la tête.

« Tu as sans doute raison… Mais j'ai tellement peur qu'il rit de moi. »

Il poussa un lourd soupir et Harry pouffa.

« Je ne pense pas qu'il le fera. Tu sais… Severus tient à toi. Sans quoi, il ne t'aurait pas laissé entrer dans sa vie comme tu l'as fait jusqu'à présent. Parle-lui… Cela vaut mieux. Vraiment ! »

Neville leva la tête et sourit.

« Tu as raison, dit-il. Merci ! »

Harry se contenta de sourire.

« Tu devrais dire à Draco que tu te sens seul, dit Neville. Peut-être qu'il ferait plus attention. »

Harry haussa les épaules.

« Peut-être, oui. Mais il a trop de choses qui dépendent de lui, maintenant. Je me sens seul, mais je dois y faire face. C'est ainsi que je le soutiendrais le mieux, dans ses problèmes. En le soulageant d'un maximum de soucis. »

Neville sourit.

« Tu as sans doute raison, une fois encore… »

Harry se contenta de sourire et se leva.

« Allez, viens… Les glaces ne sont pas encore là et je soupçonne Rose de les manger ! »

Neville pouffa.

« D'accord, je viens ! »

Il se leva lui aussi, soudainement bien plus léger.


Ce fut assez tardivement que Neville rentra de Godric's Hollow. Harry étant seul – Draco n'était toujours pas rentré lorsqu'il avait décidé de regagner Poudlard – il avait préféré tenir compagnie à son pauvre ami. Le voir blotti devant la cheminée, avec une chemise de Draco sur les épaules, l'avait rendu indéfiniment triste. Ce fut sans doute pour cela qu'il courut dans les appartements de Severus dès son retour. Le chagrin d'Harry l'avait envahi et seul Severus saurait le lui enlever. Et même s'il craignait la conversation qui allait indubitablement se dérouler, il voulait être près de lui. Il l'avait évité trop longtemps, sans doute.

Sur ces pensées, il déboula dans le salon d'un Severus surpris de le voir venir ainsi. Et sans aucune hésitation, il alla s'asseoir près de lui pour s'appuyer contre lui, à bout de souffle.

« S'est-il passé quelque chose ? demanda le plus vieux, sceptique.

– Non, répondit Neville, respirant vite. Rien de bien grave. J'avais juste envie… d'être ici. »

Severus haussa un sourcil mais ne posa nulle question. Il se contenta de passer un bras autour de ses épaules et de reprendre sa lecture. C'était quelque chose qui détendait Neville, que de le voir plongé dans ses livres, le visage serein. Il le regarda donc un long moment, se détendant totalement. Et ce fut avec langueur qu'il murmura :

« J'ai peur, tu sais ? »

Severus le regarda en coin, attendant qu'il continue de parler.

« D'aller loin avec toi. Ça me fait peur. Je n'ai jamais couché avec un homme. Je n'en avais jamais embrassé ou aimé avant toi. Alors ça me fait peur. »

Severus tourna totalement la tête vers lui.

« Et c'est pour cela que tu me fuyais ? demanda-t-il.

– Oui, avoua Neville, baissant un peu la tête. Je suis désolé. Mais je ne savais pas comment t'en parler… »

Severus resta silencieux puis grogna.

« Typiquement Gryffondor, ça, » dit-il, sarcastique.

Il resserra la prise de son bras sur Neville, l'obligeant presque à se coucher, la tête sur ses genoux.

« On ira à ton rythme, dit-il, reprenant son livre. Maintenant, tais-toi, j'aimerais finir mon livre ! »

Neville resta un instant ébahi puis sourit. Il s'installa un peu mieux, de manière à blottir son visage contre le ventre de Severus. Celui-ci souleva son livre devant son visage d'une main et l'autre alla naturellement caresser les cheveux du plus jeune. Ainsi installé, Neville sentit son cœur se remplir de bonheur. Définitivement, la vie n'avait été simple pour personne. Mais c'était ce genre de moment qui lui faisait penser que malgré les malheurs vécus, cela en valait la peine. Juste pour ça…


FIN
Et voilà! J'espère que ce bonus vous a plu, ainsi que le chapitre, bien entendu.

N'hésitez surtout pas (non non, Surtout PAS) à commenter ces deux petits ... heu..? Chap? Peu importe.

J'espère que cela vous a plu... Une question (à laquelle je répondrais pas un 'Tu verraaas')? Une idée (J'adore avoir vos théories)? Une déclaration d'amour (Urf..)? Une déclaration de guerre? Une envie subite de m'insulter (sait-on jamais..)? Ou une critique (construite... Ce serait bien)?

Vous gênez pas, z'êtes les bienvenus!