Il a mis du temps à arriver celui-là, désolée! Après avoir mis le point final aux Yeux de la Bête, j'ai eu un peu de mal à me replonger dans celle-ci... Le dénouement se met doucement en place. J'espère que ça continuera de vous plaire!
Un grand merci à tous ceux qui ont pris la peine de laisser une review!
CHAPITRE 21 :
Le lendemain matin, Jack dut trouver un moyen de se retrouver seul avec ses hommes avant l'heure du petit déjeuner. Le colonel Robinson n'eut aucune difficulté à se montrer discret, de même pour le capitaine Haberman. Ils étaient militaires et un bref signe de tête suffit pour les avertir… Daniel ne fut pas non plus un problème car Jack le poussa directement dans une pièce vide sans lui laisser le temps d'ouvrir la bouche.
L'archéologue de SG-4 était déjà dans la grande salle et Jack préféra l'y laisser. D'un côté, il occupait les souverains en faisant la conversation et de l'autre, il serait toujours temps plus tard que Robinson le briefe en vitesse.
–Et Teal'c, il ne- commença Daniel avant d'être coupé par Jack.
–Il est déjà sur place.
Il résuma les événements de la nuit en passant sur les détails sans importance. L'archer nommé Julius avait repris contact. Sans savoir où était Carter, il connaissait un gars qui les y mènerait : son frère Simon, qui s'était porté volontaire pour rejoindre la planque où Adriel gardait Carter et assurer la sécurité du 'mariage' – ce mot lui écorcha la bouche quand il le prononça. Teal'c et lui s'étaient relayés pendant la nuit pour surveiller la maison de Julius pour ne pas manquer le départ de Simon.
Daniel n'eut pas le temps de poser des questions. Jack donna ses ordres d'une voix sèche et ne se laissa pas interrompre. Avoir une piste ne le rendait pas de meilleure humeur et Daniel n'était pas surpris. A chaque fois que l'un d'eux était en danger, il devenait irascible… C'était encore plus vrai quand il s'agissait de Sam.
C'est pour ça qu'il ne posa pas la question que tous auraient aimé poser : qu'était-devenu le don des Sentinelles ? Le visage fermé de Jack était la preuve, s'il en faut, que ça n'avait pas évolué. Après autant de temps, ça ne pouvait signifier que deux choses : soit Sam était morte, soit le don télépathique était bel et bien mort et ses deux amis se récupèreraient jamais cette capacité de communication.
–On ne change rien au plan de départ. Daniel, vous aidez le Docteur Vidrine avec le traité et vous occupez ses Majestés le temps qu'on ramène Carter. Colonel Robinson, vous, le capitaine Haberman et moi rejoignons Teal'c dès que le Roi Phildrei nous donne le feu vert pour reprendre les recherches…
Daniel avait beau être ravi que, pour une fois, Jack ait pris compte de ses remarques et accepte d'attendre l'aval du Roi pour ne pas se le mettre à dos, il n'était pas d'accord d'être mis de côté. Il réfléchit à un argument qu'accepterait Jack puis argua qu'ils n'avaient aucune idée de comment se diriger dans le Château de Médéric, si c'était en effet l'endroit où Sam était retenue. Lui par contre, avait parcouru plusieurs ouvrages et lu des descriptions de l'endroit grâce à la bibliothèque de Tithonia !
–Okay, Daniel, vous venez avec. Haberman, vous resterez avec Vidrine. J'ai besoin de quelqu'un qui ramène l'archéologue sur Terre et avertisse Hammond au cas où ça foire.
–A vos ordres.
Le capitaine aurait mieux aimé faire partie de l'expédition, c'était on ne peut plus visible sur son visage et le regard en coin qu'il lança à Daniel confirma ses inquiétudes. Daniel venait de se faire un ami...
–Qu'en est-il de nos armes ? demanda Robinson.
Il faisait référence aux MP5 que le Roi Phildrei les avait obligés à laisser dans la grande salle sous bonne surveillance.
–Il sera difficile de les récupérer alors on va travailler à l'ancienne. Capitaine, je crois savoir que l'autre Prince vous a fait visiter les lieux d'entraînement lors de votre première mission.
–En effet, mon colonel. Il y a une armurerie à côté des écuries, dans la plus grande des cours intérieures mais elle ne contient que des arcs à flèches, des épées et des javelots.
–Comme je l'ai dit, on va faire avec les moyens du bord... Colonel Robinson, retrouvez-nous là-bas cinq minutes après la sortie de table. Que tous le monde garde sa radio allumée et se tienne prêt à partir.
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Jack avait accepté de se prêter au jeu des faux semblants et des genoux flexions pour que le Roi n'ait pas la puce à l'oreille et qu'il les laisse poursuivre… mais c'était aussi pour qu'Adriel ne change pas Carter d'endroit. Il s'attendait à ce que le Prince héritier se montre au petit-déjeuner. Malheureusement, il avait tout faux. Adriel envoya un larbin présenter ses excuses au Roi et prétexter une santé fragile. Jack comprit qu'il était parti rejoindre Carter.
Ce fut encore plus dur de rester tranquille.
Il avait envie de faire un massacre, de frapper quelqu'un, d'exploser la tête de ce prince de pacotille pour être sûr qu'il ne toucherait par un seul des cheveux de Carter. La part encore rationnelle en lui se souvenait qu'elle était un soldat entraîné et qu'elle se débrouillerait pour rester en vie le temps qu'il la retrouve. Par contre, l'autre part, celle qui rageait de ne plus pouvoir communiquer avec elle à tout moment, celle qui ressentait son absence comme un manque lui rappelait sans cesse qu'elle préférerait un combat à mort plutôt qu'un mariage forcé.
Quand sa radio sur son épaule grésilla deux fois de suite, il comprit que Teal'c s'était mis en route et sa patience se réduisit comme peau de chagrin. Daniel accéléra les blablas en rappelant au souverain leur 'grand désir de se remettre à la recherche de leur amie au plus vite'.
Phildrei avait tenu à annoncer publiquement que Samantha Carter était désormais sous la protection de la Couronne. Jack ignorait ce que ça signifiait exactement et s'en foutait comme d'une guigne. Chaque pas que faisait Teal'c vers Sam était un pas qu'ils devraient rattraper.
Leur intrusion dans l'armurerie royale fut moins bien orchestrée qu'il l'aurait souhaité mais ils avaient chacun un carcan de flèches, un arc et une épée. Seul Daniel s'était arrêté sur les boucliers avant de renoncer devant le poids de l'objet. Il avait aussi reposé les longues épées… Elle devait peser dans les quatre à huit kilos. Même à deux mains, il ne serait pas efficace avec une telle arme ! Il chercha des modèles plus petits et dénicha des rapières que Jack et Robinson adoptèrent également. (1)
Jack aurait aimé voler des chevaux mais ça les aurait grillés, côté discrétion, alors ils marchèrent jusqu'à un mausolée décrit par Teal'c. Les indications du Jaffa étaient précises et il envoyait sa position toutes les dix minutes. Il ne suivait plus Simon en personne mais les traces laissées par celui-ci. Le jeune homme avait emprunté le cheval de son père pour faire le voyage et même si Teal'c avait couru derrière lui pendant le premier quart d'heure, la foulée de l'équidé avait fini par le semer sur la longueur.
Les trois hommes rejoignirent le Jaffa à seulement cinq minutes d'un très grand château. Ils avaient marché quatre heures et le soleil était haut dans le ciel. A près de midi, les domestiques allaient ça et là avec des plateaux chargés de victuailles. L'un d'eux se rendait dans la chambre de l'étrangère.
Ils étaient si près du but…
Jack fit le tour des remparts avec Teal'c pendant que Robinson vérifiait les environs. La place était gardée mais pas autant que l'était le château de Tithonia. Il y avait également beaucoup moins de gens, très peu de paysans et quasiment aucun soldat de plus de vingt-cinq ans. Tous les hommes d'âge mûr étaient fidèles au Roi Phildrei et ne soutiendraient pas une opération faite dans son dos.
Sondant du regard les hautes tours, Jack confirma que pénétrer cette forteresse était tout à fait faisable.
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Sam fut réveillée par de l'eau glacée coulant dans son cou. Elle crut un moment s'être pris un seau d'eau sur la tête mais ce n'était que Maja qui la lavait avec un chiffon humide et un broc d'eau.
–Pardonnez-moi, Major Samantha, pardonnez-moi… Je dois vous préparer pour le Prince…
–… Maja !
–Non, ne dites rien, ma Dame, vous êtes encore très faible. La Semi des Dieux a envahi tout votre corps. Je l'ai dit, à ma sœur, qu'il ne fallait plus vous droguer… que vous aviez déjà trop dormi…
Les paroles de la jeune fille entraient par une oreille et sortaient par l'autre. Sam avait beau cligner des yeux et se concentrer au maximum, elle n'avait pas les idées claires.
–Combien… combien j'ai…
–Vous avez dormi la nuit entière, Major Samantha. C'est le matin d'un nouveau jour.
Ca faisait donc un jour et deux nuits. Sans contact avec le reste de son équipe. Sans contact avec la Terre et sans nouvelles de Jack…
Patiemment, Maja la fit boire et l'encouragea à manger le plus possible, lui assurant que la nourriture n'était pas droguée. Sam trouva la remarque idiote – pourquoi droguer la soupe alors qu'il suffisait d'asperger ses draps d'effluves pour la plonger dans un profond sommeil ? – mais elle évita d'insulter sa seule alliée.
La jeune rousse recevait ses ordres d'Adriel. Cependant, elle était bien plus douce et compréhensive que sa grande sœur et Andron. Après l'avoir fait mangé, elle l'aida à se lever. Sam tenait à peine debout… C'était incroyable ce que quelques gouttes de ce produit pouvait accomplir ! Si elle n'avait pas été dans une position si inconfortable, la scientifique aurait tout fait pour s'en procurer et l'analyser en laboratoire.
– Allez-y doucement, ma Dame. Rasseyez-vous, je vais vous chercher une robe plus confortable…
Sam ne protesta pas. Elle rassemblait ses pensées, ses souvenirs… Adriel allait venir la voir… Elle ne pouvait pas se montrer si faible devant lui. Il serait trop content… Il serait même persuadé qu'elle accepterait n'importe quoi venant de lui, même un mariage. Il devait déjà croire avoir gagné la partie… Il avait contourné son refus, l'avait amené là où il l'avait décidé.
Elle était seule. Sans équipiers, sans personne. Et joindre Jack par télépathie faisait toujours naître des éclairs de douleur dans son crâne.
Elle n'allait pas flancher ou se laisser gagner par la panique. Adriel ne la connaissait pas. Il la croyait comme les femmes de son peuple… influençable, peut-être légèrement indépendante mais fondamentalement soumise au sexe fort.
Elle lui démontrerait son erreur. Elle n'était pas à sa merci.
Maja l'aida à passer une robe bleu clair. Elle la coiffa avec le plus de douceur possible et la laissa faire ses ablutions elle-même. C'était toujours difficile mais après quelques minutes, Sam réussit à se tenir debout sans trembler.
Elle avait besoin d'une arme. Quelque chose d'aiguisé… n'importe quoi ! S'appuyant sur la commode pendant que la jeune servante, dans son dos, réarrangeait ses oreillers et les draps, Sam fixa l'angelot sculpté sur le dessus du meuble. En fait, il y avait deux anges de bois, positionnés chacun d'un côté de la commode. Celui de droite arborait l'étendard de la famille royale de Tithonia, l'autre bandait son arc et tenait une flèche entre ses doigts.
La pointe de la flèche était solide, la gargouille avait été sculptée dans un bois brut mais en pesant de tout son poids sur l'objet, elle réussit à casser le pic. Elle s'écroula dans le même mouvement et Maja, croyant que ses jambes ne la portaient plus, aida la captive à rejoindre le lit.
Sam avait la main serrée sur le pic. Inaja entra dans la pièce, inspecta le travail de sa sœur puis borda les couvertures pour que la jeune femme se sente prisonnière de son propre lit. Le visage de la servante était neutre ; elle était persuadée d'agir au mieux en obéissant à son seigneur. Rien de ce que Sam pourrait dire ne la ferait flancher. Contrairement à sa sœur, Inaya ne connaissait pas la compassion.
Tournant la tête vers la porte, la scientifique reconnut la posture d'Andron montant la garde. Le valet de chambre vérifiait qu'il n'y aurait pas une nouvelle rébellion de sa part. Sans les effets somnolents de la Semi des Dieux, elle aurait pu venir à bout de trois individus désarmés… il lui tardait de regagner ses forces. La première chose qu'elle ferait serait de régler son compte à cet imbécile.
Quoique… Le Prince était également haut dans sa liste.
Maja lui jeta un dernier regard triste et quitta la pièce. Inaja se tint bien droite, Andron derrière elle. Ils entendirent tous le pas assuré du Prince dans le vestibule, Sam y compris. La jeune femme se concentra pour garder un visage neutre… Toutes ses appréhensions et envies d'en découdre convergèrent vers son bras droit, caché par les couvertures. Elle tenait le pic avec force, priant pour que les fourmis qu'elle sentait dans ses membres disparaissent avant que le Prince ne tente quoique ce soit.
L'homme apparut le menton haut. Il se tenait tellement droit qu'on aurait dit un paon faisant la roue. Sam le trouva ridicule… Elle n'avait plus aucun respect pour le futur héritier. Il pouvait bien jubiler de sa pseudo-victoire, la jeune femme, elle, savait de quoi il retournait. Elle n'allait pas devenir son épouse parce qu'il la séquestrait. Après tout, à présent, elle avait quelqu'un sur Terre… Et pas n'importe qui.
Qu'allait-il faire ? La droguer pendant les cinquante prochaines années ?
Adriel souriait d'un air suffisant. La femme était allongée alors qu'il se trouvait debout, il pouvait donc la surplomber littéralement. Elle semblait faible et vulnérable, comme toute femme devrait se montrer devant son fiancé. Peu importait qu'elle n'ait pas compris sa chance quand il avait fait sa demande… Elle était là désormais et elle ne partirait pas.
Médéric non plus n'avait pas eu la vie facile, se rappela-t-il. Son ancêtre avait eu à conquérir le cœur de sa belle, à s'imposer à elle afin qu'elle ouvre les yeux sur les merveilles qui se présentaient à elle. Tout comme sa bisaïeule, Samantha était une étrangère à ce pays. Il pouvait pardonner son ignorance… Il pouvait oublier l'affront de son refus…
Ils allaient tous les deux recommencer au début.
A SUIVRE…
(1) Une rapière est une longue épée effilée (plus légère et plus maniable qu'une épée normale).
