Salutations chers lecteurs! Je m'excuse pour le délai, mais les études ne m'ont pas données le temps d'écrire beaucoup. Mais j'ai finalement réussi à terminer un nouveau chapitre. Chapitre qui me donnera accès à une scène que je gardais en tête depuis pratiquement dix mois. Donc le délai devrait être assez court. Allez, bonne lecture!

Merci de votre patience.


Chapitre 21 : Journal de guerre

Entrée numéro 6.

Je suis particulièrement reconnaissant envers Rumiko pour m'avoir fournis ce cahier. Ecrire me permet de garder une trace écrite et de classer mes pensées. La perspective de sombrer dans la folie s'éloigne depuis mes premières entrées. Par mesure de sécurité, je vais continuer à coder ses pages avec un vieux système impérial. Le plus récent étant particulièrement complexe et ne permettant pas une relecture rapide. Plus personne ne l'utilise à cause de sa simplicité, mais je doute que quelqu'un connaisse la clef de décryptage dans ce monde.

Cette soirée a été particulièrement intrigante. Tout d'abord, il me semble avoir été pris en filature par Renamon, une bonne partie de la nuit. Il se pourrait qu'elle s'intéresse de plus en plus à ma personne. Mais je ne suis pas certains que cela soit de bon augure. J'ai finis par la surprendre mais un événement inattendu c'est produit.

Par exemple, aujourd'hui nous avons combattus l'une des créatures provenant du fameux univers parallèle, nommé « monde digital ». Un sanglier enflammé de deux mètres de haut.

Nous l'avons rapidement poursuivis et sur invitation de mon équipière, j'ai attaqué la créature. Un Boarmon de faible niveau d'après ce qu'elle m'a expliqué. Durant la poursuite et le reste du combat, je me suis sentis vivant, poussé par une énergie dévorante. Comme sous l'influence des drogues de combat que j'utilisais en première ligne, durant mes premières campagnes. Utiles, mais créant une dépendance.

Après l'engagement, Renamon déchaîna son attaque et projeta une multitude de cristaux sur la créature qui fut prise de panique. (Comment fait-elle ? Je suppose de la même façon que j'utilise ce "Were Claw" que j'ai détaillé précédemment.) Elle stoppa alors sa participation pour observer tranquillement le combat, installée sur une branche. Il se peut qu'elle est volontairement énervée le sanglier pour tester mes limites. La compréhension de l'objectif de cette manoeuvre m'a irrité, ce qui a semblé me donner davantage de puissance. Les conséquences furent, qu'après un combat acharné et une épreuve de force pure, mon visage fut pris dans un torrent de feu. La suite est un peu floue, mais il semble que j'ai été à nouveau pris d'une crise. Cependant, cette fois-ci je me souviens de ce qui s'est passé.

J'ose à peine me remémorer ce moment, tant la douleur était insoutenable. La respiration sifflante, saccadée, difficile. Je pensais que c'était la fin, que j'allais brûler durant d'interminables secondes jusqu'à ce que mon corps ne finisse par céder, comme les malheureux touchés par les fusils à radiation. (Qu'elle abomination...) Mais non, j'ai ressentis une vague d'énergie glaciale extrêmement désagréable. Un tsunamis se propageant dans mes muscles, comme lorsque j'utilise ma capacité. Cette fois était différente, car pas uniquement dans les bras, mais dans l'intégralité du corps. C'est à ce moment que j'ai perdu le semblant de contrôle que j'avais encore sur mes actes.

Je revois mon corps se propulser dans les airs pour retomber violemment sur la créature. Mes griffes et mes crocs réduire à néant le responsable de mes souffrances. L' excitation et le plaisir sauvage, de la voir s'effondrer sous ma fureur impitoyable. Et le soulagement, accompagnés de puissants picotements au niveau du visage, lorsque mes blessures guérissaient sous le flot de données récupérées.

D'après ce que l'on m'a expliqué, plus j'absorbe de données, plus je deviens puissant. Je ne ressens pas vraiment d'effets allant dans ce sens, à l'inverse de ce pouvoir qui circule dans mes veines dans les moments difficiles. Les émotions négatives telles la colère et la douleur semblent être la clefs pour déchaîner cette énergie. Mais en provoquant une perte de contrôle inaceptable. Je dois trouver un moyen de contrôler ce phénomène.

Puis je me suis réveillé, debout et affaiblis, la tête prise dans les mains de Renamon. Plus précisément, ses mains posées sur mes joues. Il est impressionnant qu'elle est osée s'approcher après ma crise et ce que j'ai fais au Boarmon. Mais je suppose qu'elle a déjà vécu des situations bien pires que celle-ci. Mes genoux devenaient de plus en plus faibles, jusqu'à ce que je ne puisse plus tenir debout. Incapable de réunir l'énergie de résister à cette soudaine faiblesse. Plus troublant, était l'incompréhensible sentiment de bien être que j'éprouvais dans cet état, comme si toutes les émotions, pensées négatives m'avaient étés retirées. Ne laissant place qu'aux pensées positives. Il se peut qu'elle est la capacité de calmer mon agressivité. Comment ? Aucune idée.

Renamon se tenait toujours debout face à moi, souriante. A ce moment, elle semblait encore plus magnifique qu' auparavant. Le sourire et le regard qu'elle arborait, étaient d'une..., je ne trouve pas de mots suffisamment puissant pour décrire ce que je voyais. Les mots semblent tellement insignifiants dans des instants pareilles. J'ai finis par basculer.

Elle m'a rattrapé lors de ma chute, avant de m'offrir une épaule pour m'aider à rejoindre leur habitation. Sa présence et la chaleur de son corps contre le mien, comment définir ces sensations... , me donnaient une impression de sécurité, me laissant avec le seul désir de m'abandonner dans ses bras. J'ai heureusement résisté à ces sentiments stupides. Je ne peux pas me permettre de mettre mes seules relations amicales en danger.

Après être arrivé en lieux sûr, elle m'a à nouveau questionné. J'ai du avouer ce que j'avais ressentis durant la crise et comment je me sentais. Elle est restée songeuse avant de s'en aller, s'en dire un seul mot. Me laissant contempler les dégâts du combat sur mon corps. Mon visage avait pratiquement guéris mais des brûlures étaient encore visibles. De larges bandes de fourrures manquaient à certains endroits, si elle n'avait pas noircie au contact des flammes. Une toilette approfondie me rendit plus présentable et effaça l'odeur de grillé. Mais mon apparence était toujours aussi pitoyable. Combien de temps la fourrure met-elle à repousser ?

En conclusion de cette soirée, il me semble désormais irréfutable que j'ai développé des sentiments puissants pour Renamon. A chaque fois qu'elle s'approche je me sens heureux, mais à l'inverse, lorsqu'elle décide de s'éloigner, je suis comme pris de tristesse. Heureusement que la discipline que l'on m'a inculquée me permet de rester impassible, du moins en façade... Mais je ne dois pas laisser mes sentiments dicter ma conduite. Je suis un soldat, un commando au service de l'empire... Ils ne m'ont hélas pas préparés à cela. Que ce soit les voyages dans un autre univers, un nouveau corps, des sentiments amoureux... Cette situation devient de plus en plus compliqué. Que dois-je faire pour y remédier ?

Partir ? Pour aller où ? Ce monde est selon toute évidence hostile aux créatures dites digitales et comme il semble que je sois devenus l'une d'entre elles, ...partir semble risqué. De plus, mon état psychologique actuel me permet-il réellement de m'éloigner d'elle sans me rendre encore plus vulnérable émotionnellement ? Et comment rembourserais-je ma dette ? Elles m'ont offert un toit et leur amitié alors que j'étais dans le besoin. Je ne peux pas simplement disparaître et oublier.

Rester alors ? Mes sentiments risquent de me faire commettre des erreurs et le temps joue contre moi.

Plus longtemps je resterais, moins j'aurais de contrôle sur eux. En outre, ma présence est possiblement une menace pour cette famille et leurs amis. Que se passerait-il si je perdais à nouveau le contrôle et que Renamon ne parvenais pas à me faire reprendre mes esprit comme ce soir ? Mais d'un autre côté rester me permettrait de payer ma dette, en aidant cette famille et ce n'est pas comme si je n'appréciais pas leur présence, surtout...

Pour le moment je vais donc rester et voir comment évolue la situation. En espérant qu'elle ne se détériore pas. Je devrais peut être m'informer sur le passé de ce monde. J'y trouverais sûrement des informations pour avoir une idée de ce qui se trame.

Wardog, caporal chef Whisky 3.


Au matin Takato Matsuki sortait de la boulangerie familiale pour rejoindre son établissement scolaire. Courant pour rattraper les précieuses minutes qu'il avait perdu en s'autorisant à rester dormir plus longtemps. Malheureusement, à son arrivée à l'arrêt de bus il remarqua immédiatement qu'il n'y avait plus personne.

« C'est pas vrai ! Je vais encore être en retard. »

« Un problème ? »

Le dompteur se retourna pour faire face à Yamaki conduisant une voiture noire. A travers la vitre baissée, il remarqua que l'homme était toujours habillé de son costume sombre.

« Encore rater le bus à ce que je vois. Peut être que je peux vous déposer ? » Proposa le directeur de l'agence sur un ton amical.

« Merci c'est gentil. » s'étonna Takato en prenant place à l'arrière du véhicule. Il n'avait pas envie de passer du temps avec Yamaki, mais les circonstances ne lui laissaient pas le choix. Soit il acceptait et arrivait à l'heure en cours, soit il refusait et recevait une sanction pour retard répétés.

Le véhicule démarra et commença son trajet. Au bout de quelques instants, Yamaki ajusta le rétroviseur pour pouvoir observer les réactions de son passager et garder un œil sur la route.

« Alors Takato. Vous ne savez toujours pas qu'il faut partir en avance pour arriver à l'heure ? »

« Quoi ? Heu... je vais le faire c'est juste que... »

« Je ne serai probablement pas là, la prochaine fois que tu seras en retard. » Il prit le temps de laisser traverser des piétons, avant de reprendre la conversation. Sinon, comment va votre ami ? »

Takato était vraiment mal à l'aise. Ce n'est pas comme s'il était courant que Yamaki se montre aussi attentionné.

« Il va bien merci. »

« Bien. Tant qu'il ne se fait pas repérer, tout ira bien. » Un coup d'oeil rapide dans le rétroviseur, l'informa sur la nervosité croissante de son invité. Il est tant d'attaquer le sujet principal... « Sinon, que penses-tu de votre nouvel ami ? »

« Comment ? »

La question prit complètement le dompteur au dépourvu. Il ne savait absolument pas que répondre. Son propre avis étant partagé sur la question.

« Allons. Tu dois bien avoir un avis sur lui. » insista Yamaki sur un ton plus pressant.

« Je ne sais pas. Il n'est pas méchant, mais il n'est pas particulièrement amical. »

« Il a fais quelque chose dont je ne suis pas au courant ? »

« Il n'a rien fais de mal ! Il nous a même sauvé des griffes de deux Ladydevimon. »

Le directeur de l'agence se remémora le rapport que ses hommes avaient fournis. Détaillant les dégâts causés dans le parc suite à cette attaque.

« Mmmh, vous étiez sous contrôle mental si je ne me trompe pas. »

« Comment savez-vous ? Nous n'en avons parlé à personne ! »

« Nous gardons un œil sur vous. Et ton ami Henry à écris les détails de cette affaire sur son ordinateur. Ce n'est pas l'endroit le plus sécurisé pour garder des informations confidentielles. » avoua Yamaki, jouant la carte de l'honnêteté pour tenter de gagner des informations en retour.

« Merci de me prévenir. » soupira le dompteur en découvrant qu'ils étaient toujours espionnés. Je n'écrirais plus rien sur un ordinateur.

« Alors ? »

« D'un côté, je lui suis reconnaissant pour nous avoir sauvé. Mais de l'autre, le fait qu'il est été soldat et qu'il est tué des hommes m'inquiète un peu... »

« Un soldat ? »

Takato sursauta devant l'intonation employée par le conducteur. Il comprit trop tard qu'il n'aurait probablement pas du donner cette information.

Le véhicule approchait dangereusement de sa destination, laissant quelques instants pour une dernière question.

« Donc, il n'y a rien de concret à reprocher, depuis qu'il est ici ? » demanda Yamaki sur un air rassurant.

« Je ne sais pas. Il ne nous fréquente pas et le peu de fois où je l'ai rencontré il ne parlait pas. »

Takato se remémora soudainement la vidéo de Weremon affrontant Weregarurumon. Dois-je en parler à Yamaki ? Cela va forcément attirer des ennuis, mais si Henry avait raison. Si Rika et Renamon étaient en danger avec lui. Pourquoi c'est toujours moi qui me retrouve dans des situations aussi compliquées ?

« Je vois que quelque chose te trouble, s'il y a le moindre problème je suis là pour aider. » Souligna le directeur de l'agence.

« Il y a une vidéo... »

« Quelle vidéo ? » insista l'homme sentant avoir mis le doigt sur une information importante.

Malheureusement il était arrivé devant l'établissement et Takato ouvrait déjà la portière pour sortir. Le temps avait manqué pour obtenir toutes les informations convoitées.

« Merci pour le trajet. » J'espère ne jamais revivre ça !

« Ne t'inquiètes pas pour ça. Et penses à travailler davantage pour remonter tes notes ! »

« Vous savez pour ça aussi ? »

Yamaki ne s'attarda pas plus longtemps et prit immédiatement la route vers son bureau.

« Riley ? Vous m'entendez ? »

« Oui monsieur ! »

« Vérifier les téléphones et les ordinateurs des enfants. Il devrait y avoir une vidéo intéressante sur notre cible. »

« Nous allons vérifier immédiatement. Je vous informe que la surveillance aérienne a été mise en place. »

« Bien... ne le perdez pas de vue. »


En fin d'après midi, Rumiko revenait d'une éprouvante séance chez le photographe, lorsqu'elle entendit des voix dans le jardin. Curieuse elle s'approcha et risqua un regard. A sa grande surprise, elle aperçut sa mère, Seiko, enseigner l'art du jardinage à leur invité. L'image du loup, équipé d'une paire de petits ciseaux, taillant les feuilles d'une plante hors de prix avec précision, constamment contrôlé par la matriarche des lieux lui arracha un sourire. Sourire qu'elle dissimula derrière sa main, avant de se retirer pour ne pas perturber la séance.

Une fois à l'abri des oreilles indiscrètes, elle se remémora la scène et ne put retenir un petit rire :

« Mon pauvre, que vous fait-elle faire ? »

Puis je prendre une photo ou va t'il me le reprocher?

La tentation était trop forte. Rumiko glissa sa main vers son téléphone et s'approcha à nouveau du jardin. Les deux jardiniers s'occupaient désormais d'un autre côté de l'arbuste. Ce qui donnait une prise de vue parfaite sur leurs visages. Elle cadra la scène et immortalisa le moment.

Une photo qui mérite d'être développée chez le photographe. Pensa t'elle en imaginant la place qu'elle allait lui donner dans son album photos. Mais avant qu'elle ne se retire, un frisson parcourra son échine. D'un coup d'oeil, elle constata que Weremon l'avait repéré. Son regard était indéchiffrable. Troublé, elle souria naturellement, ce qui décrocha un sourire au loup.

« Comment c'est passé la journée de ma fille ? »

Rumiko regarda sa mère qui avait suivie le regard du loup.

« Epuisante, mais je vais pouvoir me reposer. Et vous ? »

« J'ai trouvé notre ami désoeuvré sur mon ordinateur. J'ai eu pitié de le voir se débattre avec ma vielle souris, alors je lui ai proposé de m'aider à entretenir le jardin. »

Rumiko remarqua la gène du loup à la mention qu'elle l'avait surpris sur l'ordinateur. Mais son regard fut capté par le massage qu'il appliquait sur ses doigts qui actionnaient auparavant les ciseaux.

« Je vois que vous avez trouvé une nouvelle façon d'exploiter notre invité. » souligna Rumiko avec compassion pour le loup. Ne connaissant que trop bien la souffrance du jardinage avec des ciseaux miniatures. Précis mais inconfortables et rapidement douloureux.

« C'est la moindre des choses que je puisse faire pour vous remercier de votre hospitalité. » Justifia Weremon avec empressement, ce qui n'échappa à aucune des deux femmes.

« Dans ce cas, ce sera double ration de dessert pour vous ce soir .» promit Seiko avec un sourire satisfait. « J'ai prévu des tartes aux fraises. J'espère que vous aimez. »

« Des... des tartes aux fraises ? De vrais tartes aux fraises ? » Il y avait comme un air de supplique dans cette question qui ressemblait davantage à une constatation. Ce qui inquiéta Rumiko. De même que le regard chargé d'espoir que le loup lança à sa mère.

« Il y a un problème avec les fraises ? Vous êtes allergique ? »

« N... non,... c'est simplement que..., c'est mon dessert favoris et cela fait tellement longtemps que je n'en ai pas goûté. Depuis le début de la crise alimentaire en... Merci. »

« Je pense que nous en avons finis avec le jardinage pour aujourd'hui. Vous feriez mieux d'aller vous dégourdir les jambes avant le repas. Je ne veux pas qu'il reste une miette dans les assiettes. »

« Oui Madame ! »

Weremon s'empressa de ranger ses ciseaux dans leur étuis et de s'en aller en. Mais Rumiko perçut un chuchotement plein d'entrain de sa part :

« Des tartes aux fraises ! »

Elles lui font de l'effet. Je jurerais voir un gamin à qui on a promis un gâteau pour le récompenser d'un effort.

Une seconde de réflexion sur sa pensée l'amena à conclure : Et c'est exactement ce qui vient de se passer. Un gamin d'environ deux mètres, costaud, et couvert de fourrure.


Ce soir, le repas fut animé entre Rumiko et Rika. La première tentant de convaincre sa fille de l'accompagner à un défilé pour lui faire découvrir le monde de la mode. Même si elle n'essayait plus d'obliger Rika à s'habiller en fille, ou de l'emmener à de séances photos, elle s'accrochait à l'espoir que sa fille s'intéresse un jour à ce monde.

Rika pour sa part, refusa spontanément. Ce qui engendra un débat animé sur l'avenir de la dompteuse. Laissant les deux digimon et la matriarche seuls avec le repas.

Au moment de passer au dessert, le débat s'envenima. Les deux femmes quittèrent la table pour disparaître dans leurs chambres respectives. Trop énervées pour finir le dîner ou reprendre une conversation normale.

« Je pensais qu'elles avaient finis par oublier ce sujet ? » soupira Seiko, gênée que leur invité est assisté à la dispute. « Je vous prie de bien vouloir les pardonner. C'est un sujet sensible entre Rika et sa mère. »

« Il n'y a rien à pardonner. » rassura Weremon en jetant un regard distrait sur la porte du couloir.

« Tout cela à cause d'un simple désaccord. » Elle remarqua la curiosité mal placée du loup. Se demandant si elle était en droit de dévoiler cette histoire banale. « Bon, je vais chercher le dessert. En attendant, je suis certaine que Renamon pourra vous expliquer les raisons. »

La matriarche fut foudroyée du regard par la renarde. Ce n'était pas de la colère, mais du reproche qu'elle lut dans son regard avant de battre en retraite dans la cuisine. Elle me le fera payer, je n'y échapperai pas cette fois.

OOO

Renamon fut grandement surprise d'entendre Seiko lui donner la responsabilité d'expliquer une affaire privée et sensible à leur invité. Mais ce qui la troublait était la manière dont la charge lui avait été assignée et elle accusait le coup du regard.

Comment j'ai pu me faire avoir ?

Elle prit une nouvelle inspiration, suivie d'une longue expiration pour éliminer son énervement, tout en conservant son expression neutre habituelle. La renarde sentait le regard de Weremon se poser sur elle, la pressant de s'expliquer. Elle allait prendre la parole lorsque le loup intervint.

« Vous n'êtes pas obligé... Je veux dire que je n'ai pas besoin de savoir. Cela semble du domaine familial. »

Renamon pivota sa tête pour faire face à son interlocuteur et détailler son expression. La fourrure recouvrant son visage ne rendait pas la tache facile, mais il semblait sincère. Même si son regard fuyait toujours le sien. Comme s'il craignait le contact. Alors que ses observations précédentes lui prouvaient qu'elle était la seule personne dont il refusait de croiser le regard.

Pourquoi fuyez-vous ? Me craignez-vous ?

L'idée qu'il la craignait, la conforta. Souriant intérieurement, elle décida d'approfondir une discussion qu'elle avait perçue entre Seiko et Rumiko.

« J'ai entendu dire que vous aviez des talents de jardinier. Est-il vrai ? »

L'expression que prit Weremon valait la peine de poser la question. Il était... comment définir son état ? Incapable de trouver une réponse appropriée durant un instant.

« Je... Pas vraiment... Seiko avait besoin d'aide et m'a recruté pour cette mission. Je n'y connais pas grand chose, à part le principe de la photosynthèse et la nécessité d'apporter des minéraux. »

« Cela semble déjà correct. » Une idée vint chatouiller l'esprit de Renamon qui lança un regard sournois à son interlocuteur. « J'espère que vous serez en état de combattre demain. »

Weremon leva les pointes de ses oreilles pratiquement instantanément. Trahissant sa surprise, avant qu'il ne parvienne à reprendre une apparence plus impassible.

« Ahem, certainement. Puis-je savoir pourquoi ? » demanda t'il poliment.

« Je veux savoir si vous êtes capable de contrôler vos crises. Vous savez quand vous jouez au grand méchant loup. » Elle glissa la dernière phrase sur un air aguicheur, ce qui eu l'impact désiré sur sa cible. Le grand méchant loup ne savait plus comment réagir, il tenta d'adopter une attitude impassible mais les balancements nerveux de sa queue ne trompaient pas la renarde.

« Comment ? »

« Je vais vous pousser dans vos retranchements et voir ce qui se passe. Si vous contrôlez, nous continuerons de nous entraîner. Si vous dérapez, je vais simplement vous assommer. »

La simplicité avec laquelle elle annonça les sanctions était dérangeante, ce qui poussa le loup à répliquer à la grande surprise de la guerrière.

« Et si je parviens à vous battre ? »

« Nous verrons. Mais si cela arrive, il faudra que je pense à prendre ma retraite avant que quelqu'un de sérieux ne vienne me défier. »

« Ah ah. Très amusant. » ironisa t'il en réponse.

Seiko revint rapidement et chacun reçut deux tartelettes. « Les absents ont toujours tort. »

Les deux femelles échangèrent des regards amusés devant le visage enchanté de leur invité après chaque bouchée. Une véritable caricature d'un gourmé se délectant de son repas.

« Comment une vulgaire pâtisserie peut-elle lui faire autant d'effet ? »


Ce sera tout pour cette fois. Merci d'avoir lu.

S'il vous plait, donnez moi votre avis, ou faites des suggestions. J'ai besoin d'idées pour ne pas attaquer les scènes finales trop rapidement.