Note : Salut ! ... Pardonnez mais je n'ai pas d'inspi cette semaine (je suis trop absorbée dans l'action de mon manga juste à ma droite qui me fait les yeux doux *lis-moi, lis-moi !*). Alors simplement : Bonne lecture !
Sur l'honneur des Serpentards
ou
Tous les Serpentards sont des menteurs
Chapitre 20 : Elioth NewHoved est le Survivant. (2)
Harry passa le reste de sa journée dans une sorte de brouillard à mi-chemin entre la réflexion et le sommeil. S'il ne somnolait pas, son esprit dérivait sur comment convaincre les élèves membres de l'Ordre qu'il était sincèrement de leur côté. Après tout, Elioth l'avait peut-être cru suffisamment pour le prendre au sérieux le matin même mais il n'était probablement pas stupide, le Gryffondor avait déjà survécu à assez de danger pour avoir appris la prudence. Il testerait Harry, et Harry avait plutôt intérêt à ne pas se louper.
A chaque fois qu'il y pensait, sa conclusion était la même et, petit à petit, la tension s'accumulait en lui sans qu'il puisse trouver un moyen de se calmer. Pire, toute tentative de pousser la réflexion plus loin se soldait par un échec alors que ses pensées dérivaient, qu'il se souvenait de la veille, de Drago. Le brun avait fini par se convaincre que, s'il arrivait finalement à obtenir l'objet de ses fantasmes, il réussirait enfin à l'oublier, comme un jouet qu'un enfant idéaliserait dans sa tête et finirait déçu une fois qu'il l'a en main. Il l'avait espéré mais cela n'était pas arrivé. Non, maintenant qu'il avait « obtenu » Drago Malefoy, ce dernier le hantait encore plus avec ses qualités et ses défauts, maintenant humain dans ses rêves.
Harry ne sortit de sa léthargie qu'à l'heure du dîner, lorsqu'il aperçut le blond depuis la porte de la grande salle. Le temps d'un instant, il se prit à espérer s'endormir à nouveau à ses côtés, juste blotti contre son corps chaud, le nez dans ses cheveux. Cette pensée à elle seule lui coupa l'appétit. Voilà à quoi il avait été réduit : un pion de plus qui dansait dans le lit du Préfet en Chef pour son bon plaisir. Et Harry refusait d'être la marionnette de qui que ce soit.
Le brun fit demi-tour et prit la direction des tours d'astronomie, il avait besoin d'air frais pour se remettre de l'ordre dans les idées. Après plusieurs séries de marches, il arriva au sommet de la plus haute tour de Poudlard. Il prit une grande inspiration et soupira, allant s'accouder à la balustrade. Alors seulement, il s'aperçut qu'il n'était pas seul : Elioth NewHoved était appuyé contre le rebord de pierre, les yeux rivés vers l'horizon et le soleil couchant. Le Serpentard ne put s'empêcher de le dévisager un instant. Certes à ses yeux, il restait toujours Celui-qui-a-Survécu, un homme dont la dégaine criait qu'il était riche, puissant et qu'il en jouait, pourtant il se dégageait de lui un certain charisme et là, dans la lumière orangée du couchant, Harry lui trouva un air las.
Le Survivant tourna finalement la tête dans sa direction, ses yeux pétillant de vie et d'intelligence se plantant dans les siens avant de retourner à leur contemplation. Il ne manifesta rien d'autre que ce signe d'acceptation, aucune agressivité ni envie de parler alors le brun continua de se taire. Après un moment, Elioth finit par prononcer quelques mots, autant pour Harry que pour lui-même :
« Est-ce que les humains peuvent voler ? C'est une question stupide, n'est-ce pas ? Tout le monde sait pertinemment que non, pourtant, il y a des jours où je me prends toujours à espérer que si. C'est ridicule ! J'ai eu beau chuter après chacune de mes tentatives étant gamin, jamais je n'ai cessé d'espérer. Peut-être… »
Harry respecta le silence qui venait de s'installer, autant par égard que par surprise. Il n'aurait jamais imaginé que l'Elu puisse avoir ce genre de pensées noires.
« Peut-être parce que j'ai envisagé de sauter plus d'une fois, reprit le Gryffondor dans un murmure. Mais je suis lâche et jamais ne serait capable de me donner la mort, je fuis. Une fuite perpétuelle. Face à l'ennemi, face aux amis, face à la vérité, alors pourquoi pas face à la mort ? J'imagine que si je saute, je n'aurais pas le courage de chuter jusqu'au bout. Je fuirais vers l'horizon, les ailes déployées, voguant au gré du vent. »
La voix du Survivant mourut à nouveau et Harry le fixa un moment, semblant trouver écho à sa douleur, n'étant plus tout à fait seul face à sa fuite face à la vérité.
« Je ne pense pas que vouloir vivre soit une preuve de lâcheté, avoua le brun après un moment. Je pense que c'est mourir qui est lâche, c'est tellement plus simple, tellement plus égoïste. (Il s'humecta les lèvres en cherchant ses mots.) S'avouer à soi-même ce que l'on est vraiment est aussi une preuve de courage. C'est savoir reconnaître ses propres faiblesses, ses propres limites, savoir poser un visage sur chacune de ses peurs et chacun de ses désirs. C'est se connaître soi-même qui est laborieux, pas connaître son ennemi. »
Le Survivant se tourna finalement vers lui, un demi-sourire aux lèvres.
« Tu es un bien étrange Serpentard, céda-t-il après un moment.
- Tu n'en es pas moins bizarre, répliqua Harry. »
Elioth eut un petit haussement d'épaule et finit par reprendre :
« Je voudrais sauter mais je ne peux pas. Et toi, Potter ? Le vent me souffle que tu veux aussi quelque que tu ne peux pas atteindre. »
Harry resta silencieux, cherchant une réponse à cette question : que voulait-il vraiment ? Son silence fut néanmoins mal interprété et le Gryffondor finit par conclure :
« C'est toujours plus simple de donner des conseils aux autres et de ne pas les appliquer à soi-même… »
A ça, le brun hocha la tête puis il finit par lâcher dans un soupir :
« Je veux un homme, celui que j'étais censé haïr pour toutes les crasses qu'il m'a faites subir indirectement cette année, mais peu importe combien je lui en veux réellement pour tout ça. Je n'arrive pas à me défaire de l'idée qu'il pourrait y avoir plus d'amour à sens unique que de haine réciproque en moi… Et puis je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça ! »
Harry envoya ses bras en l'air, brisant le voile de triste qui lui était soudainement tombé dessus, tirant un sourire et un énième haussement d'épaules au Survivant. Le brun marqua une pause puis reprit :
« Tu sais, ce dont je voulais vous te parler ce matin concerne les mangemorts.
- Je m'en doutais, répondit Elioth tout à fait à l'aise avec le changement de sujet.
- J'ai trouvé un moyen d'obtenir des informations sûres et discrètement mais mon problème c'est qu'avec tous les regards que j'ai attirés sur moi, je ne peux pas me permettre pas une grande liberté de mouvements. Alors j'aimerais te proposer quelque chose de simple : je le refile les infos, en échange, tu me crois et tu fais suivre à l'Ordre. C'est tout ce que je demande. »
L'Elu fronça finalement les sourcils et planta ses yeux droits dans ceux d'Harry.
« J'aurais bien envie de te croire sur parole, Potter, dit Elioth après un moment, secouant doucement sa tête en signe de négation. Mais moi non plus je n'ai pas une grande marge de manœuvre, et encore moins le droit à l'erreur.
- Je sais, répondit le brun. C'est pour ça que je viens te dire ceci : la fin est proche, avant que l'été ne se termine. Maintenant libre à toi d'en faire ce que tu veux, tu peux même me croire si ça te chante, mais je pense que si tu fais jouer tes contacts, que tu tires les bonnes ficelles, ta conclusion sera la même. »
Le Gryffondor continua à le juger longtemps, cherchant encore à déceler le vrai du faux dans son regard, puis ses yeux retombèrent sur l'horizon. Le soleil s'était couché depuis peu lorsque le Survivant se redressa dans un soupir.
« Si jamais ce que tu me dis est juste alors j'aviserais. Et si c'est vrai, que la fin approche, dans ce cas un certain nombre de mesures seront prises dans l'enceinte du lycée même. Ça devrait te suffire comme indication que je suis prêt à te croire. Mais ne compte pas sur moi pour manger tout cru tout ce que tu voudrais me faire avaler. »
Le Serpentard ne dit rien, il n'y avait rien à ajouter. Il regarda l'Elu s'éloigner puis s'arrêter sur la première marche.
« Au fait, Potter, merci. Pour ce matin et pour m'avoir écouté à l'instant. Merci pour les deux, sourit sincèrement le Gryffondor avant de disparaître dans les escaliers. »
Harry resta là encore un moment à se dire qu'il ne comprenait vraiment pas Elioth NewHoved. Finalement, il fut chassé de la tour par la fraîcheur de l'air malgré l'approche de l'été. Il retourna au dortoir des Serpentards, la fatigue écartant toutes autres pensées hors de son esprit. A peine la porte de sa chambre était-elle fermée qu'il envoya valser sa chemise à travers la pièce et alla se passer le visage sous l'eau froide dans l'espoir de remettre son cerveau en marche. Harry sortait tout juste de sa salle de bain lorsqu'il s'aperçut de la présence de Drago, assis dans un des sièges de sa chambre. Ne prenant pas la peine de se demander ce qu'il faisait là sans y avoir été invité, le brun rejoignit son armoire en quelques enjambées et enfila une nouvelle chemise.
« Qu'est-ce que je peux faire pour toi, Malefoy ? Finit-il par demander.
- Il faut qu'on parle… Répondit le blond.
- Et de quoi en particulier, je te prie, répliqua le brun un brin énervé rien qu'à l'idée. Parce qu'il y a plein de choses qu'il faut qu'on se dise.
- A propos de ma mission ici, à Poudlard. Mission pour laquelle tu dois m'aider sur ordre du Maître, je te rappelle.
- Laquelle ? Questionna Harry sur un ton sarcastique. Les armoires ? Celles dont tu m'as parlé hier soir. Ou ta mission consistant à convertir de pauvres Serpentards au culte du Mage Noir ?! Parce que l'un comme l'autre je les ai subies et, comme c'est étrange ! Par ta faute à chaque fois.
- Potter ! S'exclama finalement l'autre Serpentard sans hausser le ton. Calme-toi et arrête de te comporter comme un gamin.
- Que je me calme ?! S'écria alors Harry, véritablement en colère. Non mais écoutez-le ! Moi, un gamin ?! Alors que monsieur en parfait inconscient s'invite le soir dans ma chambre comme si de rien n'était après ce qui s'est passé la veille. Et tu veux que j'en fasse quoi moi de ça ? Même mon self-control a des limites et si j'étais toi je ne jouerais pas avec elles. »
Le brun poussa un soupir et se laissa tomber dans le siège face à Drago. Après deux grandes inspirations, il reprit sur un ton plus posé malgré toute la colère qui le remplissait soudainement :
« Tu ne peux pas savoir comme c'est frustrant de se réveiller le matin aux côtés de quelqu'un et de s'apercevoir qu'il ne se souvient de rien… Rien de ce qu'il vous a dit ou fait, ou rien de ce que vous avez dit ou fait pour lui. Bordel, Malefoy ! Il faudrait savoir ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu cherches à accomplir là parce que j'ai perdu la capacité de libeller ce qu'il se passe entre nous. »
Drago soupira et, se passant les mains sur le visage, il s'offrit une seconde de réflexion. Il s'autorisa un dernier coup d'œil à Harry puis soudain, il se redressa et combla le vide qui les séparait. Il rassembla leurs lèvres dans un baiser étrange, sauvage, rempli de colère et de désir. Finalement, il attrapa le brun par la taille, l'obligeant à se lever, et l'entraîna jusqu'au lit. Dévorant le moindre bout de peau à disposition, mordant, suçant, Drago sembla oublier toutes ses résolutions Malfoyennes et s'installa à califourchon sur Harry. Et Harry se laissa faire. Le brun était indéniablement excité par ce côté sauvage qui lui était jusqu'alors inconnu mais ce n'était pas ce qui l'empêcher d'arrêter l'autre Serpentard. Il voulait y croire. En dépit de tout bon sens, il voulait croire que c'était possible, ne serait-ce que pour une nuit de plus et quitte à finir encore plus irréparable à la fin.
La suite alla vite, trop vite, et de manière confuse dans l'esprit du brun, ne lui laissant plus que des flashs. Ses mains sur la peau laiteuse de Drago, leurs bassins ondulant d'un même mouvement, sa main sur l'érection de l'autre Serpentard, vêtements volant dans la chambre, plus de peau à explorer, leurs souffles erratiques entremêlés, un suçon dans le cou du blond, puis un autre, et des doigts le pénétrant, lubrifiés, va-et-vient, en lui, et des gémissements dans son oreille, murmures d'encouragement, monosyllabes, son nom comme une litanie. Et il voulait plus. Harry se souvint alors clairement du blond qui le pénétra sans l'ombre d'une hésitation, d'un long mouvement à la lenteur à peine calculé. Cocktail un brin douloureux mais pourtant jouissif.
Lorsque le brun redescendit enfin sur Terre, Drago était déjà en train de se rhabiller et Harry aurait tout fait pour le garder une minute de plus. Alors, allongé sur son lit, encore à moitié nu et la voix chargée de plaisir, il finit par demander :
« Tu voulais me parler de quoi déjà ?
- Je ne sais plus, répondit le blond de sa voix traînante malgré la ligne soudainement tendue de ses épaules. J'avais besoin d'une excuse pour rester ici. »
Le brun se redressa sur les coudes, soudainement bien moins béat, et fixa l'autre Serpentard avec un froncement de sourcil.
« Oui, reprit ce dernier. Ce n'était qu'un foutu prétexte pour pouvoir te baiser maintenant que j'y pense. Et je ne comprends toujours pas pourquoi je me suis autant laissé aller hier soir… Non, je ne vois toujours pas.
- Bordel ! S'exclama alors Harry, la colère explosant en lui comme un baril de poudre. Je suis quoi, une putain ?! Est-ce que j'ai l'air d'une de ces traînées qui se laissent aller au plaisir peu importe le partenaire ?! »
Le blond sembla réfléchir quelques instants et conclut la main sur la poignée :
« Ouais. »
Drago sortit de la chambre. Harry, trop occupé à contenir sa propre colère, sa honte et sa dévastation, ne remarqua qu'à peine l'expression de tristesse qui s'était peinte sur le visage du jeune Malefoy pendant un instant.
... Vous ne m'en voulez pas trop, dites ? (Je veux dire pour tout ce que je viens de faire subir à Harry... En fait, vous commencez à avoir l'habitude, avouez ?)
Bref, je vous laisse et je retourne à mon geekage personnel. A plus !
