Il était allongé sur un sol froid et dur. Pourtant, il n'arrivait pas à bouger. Pas même à ouvrir un œil. James voulait se réveiller, se lever et combattre l'homme qui venait d'arriver, mais pas un de ses muscles ne bougea. Il respirait. Il avait mal partout. Le jeune homme sut tout de même qu'il était encore en vie, ce qui n'était pas si mal. L'homme les avait pris par surprise et les avait assommés par un sortilège informulé. Il semblait très fort. James se souvint du Portoloin. Il avait tout de suite compris, voyant Ambre disparaître légèrement avec la caractéristique magique du Portoloin, il avait crié et tous ses amis avaient répondu présents. Et maintenant, ils étaient tous en danger par sa faute. C'est pourquoi, il devait se lever et se battre ! Comme son père avant lui, comme son grand-père dont il portait si fièrement le nom. Au prix d'un effort surhumain, il réussit à ouvrir un œil. Pourtant, il faisait toujours aussi noir. James se secoua et essaya de bien regarder. Après quelques minutes, il parvint à s'habituer à l'obscurité. Il pouvait percevoir les murs d'une petite pièce, une porte à un endroit et trois corps à côté de lui. Pourvu que ce soit ses amis et qu'ils soient toujours vivants !

Après un temps affreusement long, il parvint à s'assoir, non sans gémir. À quatre pattes, il se rua sur la personne qui était allongée le plus proche de lui. Il reconnut les longs cheveux de Patsy. Il la secoua sans ménagement, en lui intimant l'ordre de ses réveiller. Heureusement, elle était toujours vivante et elle réagit un peu, laissant échapper une plainte entre ses lèvres.

- Allez Patsy, il faut que tu te secoues. Je sais que c'est dur, mais il faut le faire !

James se sentait un peu mieux, le fait de se mettre en mouvement avait fait une décharge électrique dans tout son corps. Si les douleurs étaient encore présentes, il arrivait maintenant à se mettre debout. Il en profita pour aller voir le deuxième corps, qui était Sacha. Lui aussi vivait même s'il fut plus long à s'éveiller que la jeune fille. Enfin, lorsque James se tourna vers la tache sombre qui devait être Fred, ce dernier était déjà en train de s'agiter. Il se laissa tomber à nouveau au sol, exténué.

- Tout va bien ? demanda-t-il doucement.

- J'ai l'impression d'avoir le cerveau en pièces détachées, murmura Patsy, assise à côté de lui.

- Je crois que je me suis foulé la cheville tout à l'heure, parce que je n'arrive pas à la bouger, geignit Sacha non loin.

- Ça va, répondit Fred.

Mais au son de sa voix, James savait que ça n'allait pas. Ils étaient vraisemblablement enfermés, ils ne savaient pas où et personne ne les avait vus disparaître. Ça n'allait vraiment pas. Et surtout, où était passé Ambre ? Pourquoi n'était-elle pas avec eux ? Qu'est-ce que ce cinglé lui faisait ? À cette idée, il se crispa de colère. Il se leva à nouveau et se laissa tomber contre la porte. Comme il avait deviné, elle était fermée. Il avait beau tourner la poignée dans tous les sens, frapper la porte, du poing, du pied, de l'épaule, il s'épuisait pour rien. Il chercha sa baguette, il l'avait bien sûr emporté, comme ses amis à Pré-au-Lard, mais il ne trouva rien. Évidemment. Pourtant, il ne put s'empêcher de demander, plein d'espoir :

- Personne n'a sa baguette sur lui ?

- Non, il a dû nous les prendre pendant qu'on était inconscient, lui répondit Patsy avec tristesse.

- Viens James, gardes tes forces. On va en avoir besoin pour plus tard, lui conseilla Fred.

Une longue attente débuta alors. Avec, tout un tas de questions sans réponse, de pensées moroses et noires comme les ténèbres qui les entouraient. Les quatre amis, d'habitude si joyeux, étaient silencieux et la peur leur comprimait les entrailles. Étaient-ils seulement toujours en Écosse ? Comment allait-on les retrouver ? James se recroquevilla dans un coin, frustré de ne pas savoir. Cette attente était vraiment insupportable ! Et ce silence ! Il n'y avait que Sacha pour gémir sur sa cheville blessée. Mais James ne pouvait pas lui en vouloir : ça faisait très mal une cheville foulée, il le savait. Le jeune homme essayait de se raccrocher à quelque chose pour rester concentré. Et surtout, ne pas penser à des choses trop sombres. Comme…

- Et maintenant, qu'est-ce qui va nous arriver ?

Comme cette question qui ne cessait de le hanter. Patsy venait de dire à voix haute ce que tout le monde pensait. Oui, qu'est-ce qui allait leur arriver maintenant ? Allaient-ils mourir de faim ici ? Viendrait-on les chercher avant et les tuer d'un coup de baguette magique ? Reverrait-il Ambre avant de mourir ? Car James en était sûr : il allait mourir ici. Sans revoir ses parents. Son frère et sa sœur. Albus, qu'il avait vu ce matin au petit-déjeuner. Il lui avait fait un salut de loin, un grand sourire aux lèvres. Pourtant, cela lui semblait si lointain désormais. Ou sa petite sœur, Lily. Elle était venue le voir juste avant qu'il ne parte pour Pré-au-Lard. Elle voulait venir avec lui. Mais c'était impossible, elle était en première année. Alors, il lui avait promis de revenir avec une poignée de bonbons rien que pour elle. Hélas, il ne reviendrait pas avec les bonbons tant espéré. Personne ne répondit à Patsy. Il n'y avait rien à répondre. Rien, que le vide et le noir.

Après ce qu'ils leur semblaient des heures, la porte s'ouvrit, laissant passer une lumière vive. Les quatre prisonniers clignèrent des yeux, un peu abrutis pour le brusque changement. Un homme, celui qui les avait accueillis, était dans l'encadrement. James le dévisagea, afin de marquer ses traits dans sa mémoire. Il semblait avoir la cinquantaine, les cheveux grisonnants, la mâchoire carrée et les yeux très sombres. Il était pâle comme quelqu'un qui n'a pas vu le jour depuis très longtemps. Grand et très mince, il avait malgré tout une prestance et un port altier. Il tenait sa baguette dans la main droite. Désarmé, impuissant, James ne put que bouillir sur place tandis que l'inconnu les dévisageait gravement, un rictus méprisant sur le visage. Puis, il pointa sa baguette sur lui. Espérant ne pas trop souffrir avant de mourir, James fut étonné de voir qu'en fait, l'homme voulait juste être suivi. Le garçon se releva avec difficulté et sortit de la petite pièce sombre, laissant ses amis seuls. James eut un pincement au cœur.

- Suis-moi, laissa tomber l'homme.

Sûr de sa victoire, celui-ci marchait devant, la tête haute, sa longue cape noire trainant derrière lui. James essayait d'échafauder toute sorte de plans dans sa tête pour s'enfuir de là. Hélas, ils ne firent que quelques pas dans un couloir éclairé par quelques torches. Ils arrivèrent dans une immense salle très luxueuse. Il put voir que la nuit était déjà tombée. Depuis combien de temps avait-il été inconscient ? Quelqu'un allait-il se lancer à leurs recherches ? Si oui, quand ? Laissant là son questionnement, il détailla la nouvelle salle. Une grande table trônait en plein milieu, entourée de nombreuses chaises. Une cheminée, si grande qu'un cochon aurait pu rôtir dedans, était encastrée dans le mur en face de lui. Un énorme feu ronflait à l'intérieur. James tourna la tête pour constater qu'il n'y avait que des matériaux nobles : du bois de qualité, du marbre et quelques pierres précieuses incrustées çà et là. Un elfe de maison passa avec célérité. Et surtout il y avait…

- Ambre !

C'était bien elle. Elle se tenait bien droite devant lui, à côté de la table. Elle ne semblait pas avoir subi de sévices. En fait, elle paraissait en pleine forme. Mais elle avait le visage fermé et elle avait sa baguette à la main. James ne comprenait plus. L'homme ricana :

- Ambre ? Qu'est-ce que c'est que ce prénom ridicule ?

Il s'approcha de la jeune fille qui ne tressaillit même pas. Il s'installa à côté d'elle et la dévisagea, comme s'il cherchait une réponse à sa question. De son côté, la jeune fille ne cessait de fixer James d'un œil vide. Puis, l'inconnu fit un signe de la main. Son amie leva sa baguette et la pointa sur James. Le jeune homme ne comprit pas. Qu'est-ce qu'elle allait faire ? Pourquoi n'attaquait-elle pas leur ravisseur ? Il leva les mains en un geste de protection dérisoire.

- Endoloris ! proclama-t-elle.

Il s'effondra sous le choc, hurlant de douleur tout en se tordant sur le sol. C'était comme si ses os se liquéfiaient sur place, que sa peau se tordait jusqu'à l'infini. Il cria, encore et encore, même s'il n'avait plus conscience de le faire. La torture dura quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures, James n'aurait pas su le dire. Pourtant, au-delà de la douleur physique, une seule question tournait en boucle dans sa tête : pourquoi Ambre faisait-elle cela ? Pourquoi ? Pourquoi… enfin, le maléfice cessa aussi brusquement qu'il était arrivé. Le garçon se mit en position fœtale, espérant faire disparaître la douleur. Il était brisé, autant physiquement que psychologiquement. Il n'y avait aucune logique dans ce qu'il venait de se produire. Son cerveau n'arrivait pas à l'assimiler. Il releva avec peine sa tête. Il put voir qu'un sourire narquois s'était dessiné sur le visage de l'homme en noir.

- Parfait, dit-il, vraiment parfait. Te voilà enfin de retour, déclara-t-il en se tournant vers la jeune fille.

- Ambre… pourquoi ? balbutia James, sans écouter l'individu qui se tenait à ses côtés.

Ce fut pourtant lui, qui répondit :

- Pourquoi ? Mais parce qu'elle est la digne héritière du Seigneur des Ténèbres !

James mit quelques secondes à encaisser le choc. Mais avant de pouvoir saisir toute la portée de ce qu'il venait de dire, il fut remis debout brutalement d'un coup de baguette magique. Cette fois, c'était l'homme qui le maintenait en l'air, tel un pantin désarticulé. Et sans comprendre ce qu'il lui arrivait, il fut propulsé dans la petite pièce qu'il venait de quitter. Atterrissant le nez dans la poussière, il dû perdre connaissance quelques instants, car lorsqu'il revint à lui, il avait la tête sur les jambes de Patsy.

- Ah, il se réveille, murmura-t-elle.

- On a bien cru que tu étais mort… tu criais tellement fort, souffla Sacha.

Ses amis s'étaient inquiétés pour lui. Pourtant, James n'avait qu'une idée en tête. Ambre… la fille de Voldemort ? Ce n'était pas possible. Ce n'était pas concevable. Elle était gentille. Il était amoureux d'elle ! Il ne pouvait pas être amoureux d'un tel… monstre ! James ferma à nouveau les yeux, plongé dans la tourmente. Il aurait voulu disparaître, s'envelopper dans une couverture chaude et dormir. Longtemps, sans se réveiller. Longtemps, pour oublier.

- James, qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Fred.

Il ne voulait pas parler. Il s'enferma dans le silence. Il s'éloigna de ses amis. Ceux-ci durent comprendre qu'il venait de vivre une épreuve terrible, car ils respectèrent son besoin de silence et de solitude. Il devait faire le point. Ses idées étaient trop embrouillées. Comment avait-il pu se tromper de la sorte ? Avait-elle joué avec lui ? L'avait-elle manipulé ? Son amnésie était-elle feinte ? Véridique ? Où était le mensonge ? Où commençait la vérité ? Le jeune homme se recroquevilla dans un coin avec difficulté. Le sortilège Doloris l'avait beaucoup affaiblie. Il releva les genoux devant lui et posa sa tête dessus, épuisé par tant d'émotion.

Lorsque James se réveilla, il était couché dans un lit douillet. Il était dans l'infirmerie de Poudlard. Le soleil entrait à flots par les grandes fenêtres du château, l'inondant de lumière. Il avait chaud, il était reposé et il n'avait plus mal. En bref, il se sentait bien. Pourtant, une petite voix au fond de lui murmurait que quelque chose clochait. Il n'arrivait plus à se souvenir pourquoi il avait atterri à l'infirmerie. S'était-il blessé au Quidditch ? Cela lui était déjà arrivé par le passé, c'était assez récurrent qu'un joueur chute et soit conduit à l'infirmerie. Sauf qu'il ne se rappelait pas d'un match ou d'un entraînement dernièrement. Peut-être s'était-il pris un mauvais sort ou une mauvaise farce de la part des Serdaigle. Il faudrait qu'il demande à Olivier Galant, l'infirmier, pourquoi il était là et si l'amnésie serait juste passagère.

Amnésie… ce mot était associé à une autre personne en temps normal. À un de ses amis ? Non. James avait du mal à rassembler ses idées. Il lui semblait qu'une chose importante lui avait arraché subitement et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il fouilla dans sa mémoire, mais il n'arrivait pas à avoir une pensée cohérente. Il n'aurait même pas su dire quel jour c'était. Ou même le mois. Il commençait à paniquer. Il savait qui il était, il savait où il était, mais le reste n'était qu'un magma informe. Ses souvenirs lui échappaient et plus il essayait de les agripper, plus ils le fuyaient. Mais non, il était certain que l'amnésie n'était pas à lui, c'était quelqu'un d'autre qui était amnésique. Mais qui ? James voulait se lever, chercher des réponses, trouver ses amis pour qu'ils l'aident dans sa quête de la mémoire. Sauf qu'il n'arrivait pas à bouger ! C'était comme s'il était cloué au lit ! Il se démena de plus belle, mais rien à faire : il ne pouvait même pas bouger les bras. Il ne pouvait que tourner la tête dans un sens ou dans l'autre. Il hurla, espérant voir l'infirmier arriver. Il appela à l'aide, écoutant si quelqu'un arrivait. Mais il resta seul avec son angoisse.

Puis, les grandes portes s'ouvrirent. C'était la directrice McGonagall. Enfin, quelqu'un allait pouvoir l'aider ! Rassuré de voir un adulte, James ne remarqua pas tout de suite qu'une élève la suivait. Mais dès qu'il posa les yeux sur elle, James eut comme un choc électrique. Tout lui revint d'un coup : la sortie à Pré-au-Lard, le Portoloin et surtout, la torture. Par elle ! Il hurla comme un dément :

- Non, pas elle !

La directrice fronça dans sourcils, sûrement agacé par le ton du jeune Potter. Elle arriva à sa hauteur et lui déclara très calmement :

- Mademoiselle Silver ici présente a quelque chose à vous dire. Miss ?

- Je suis vraiment désolée. Je ne voulais pas te faire de mal.

- Quoi ? Tu ne voulais pas me faire de mal ? C'est une blague ? s'écria-t-il en colère. Professeur, c'est la fille de Voldemort ! Elle m'a torturée et… je ne sais pas comment j'ai atterri ici, mais je n'arrive pas à me lever, il faut que vous m'aidiez et il faut l'arrêter, elle…

Mais la directrice n'avait pas l'air de l'écouter. Elle le coupa net dans son discours et répondit, satisfaite :

- Bien, monsieur Potter, je compte sur vous pour faire passer le mot à tout le monde. Vous n'avez plus de grief envers miss Silver ! Parfait ! Miss Silver, je vous attends donc demain soir pour votre première retenue. Monsieur Potter, rétablissez-vous bien, je ne tolérerai pas de retard dans mes salles de cours, même par quelqu'un sortant de l'infirmerie.

Puis, la directrice tourna les talons, laissant là les deux adolescents. James reconnu la scène pour l'avoir déjà vécu au tout début de l'année, lorsqu'Ambre l'avait assommé pendant un cours de Défense contre les Forces du Mal. Mais cette fois-ci, il fut pris au dépourvu par les évènements. Ça ne collait pas ! C'était il y a des mois ! Il voulut se débattre, crier et se battre contre celle qu'il pensait être son amie. Elle était là, à attendre à côté du lit, sans rien faire. Enfin, Minerva McGonagall sortit de la pièce, comme si de rien n'était. Ambre s'anima soudainement. Un méchant sourire se dessina lentement sur ses lèvres. Elle s'assit sur le lit, à côté de lui. James, mal à l'aise, voulait reculer, mais encore une fois, il n'y parvint pas. Il entendit son ancienne amie persifler :

- Ce n'est pas vrai, je ne suis pas désolée ! Je voulais te faire mal. Parce que j'aime ça, faire mal aux gens. Mais surtout à toi. Fils Potter ! Ha, fier Potter ! Tu fais moins le malin maintenant ?

Puis, elle leva sa baguette. Elle n'allait pas recommencer ! Pas ici ! James hurla avant même que le sortilège ne l'atteigne. Elle éclata de rire. Il ne la reconnaissait pas. Elle se pencha vers lui proclama triomphalement :

- Tu as peur on dirait ! C'est bien. Tu as raison d'avoir peur. Je t'ai manipulé, comme une vulgaire marionnette. C'était tellement facile ! Saint Potter ne pouvait pas s'empêcher de tendre la main à une pauvre et innocente amnésique. Et maintenant, tu vas souffrir, tu vas payer pour ce que ton père a fait.

- Non ! Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas vrai ! Tout ça est complètement illogique, cria-t-il au bord du désespoir.

Ambre tourna sa baguette vers lui et…

- Non !

James venait de se réveiller en sursaut en hurlant. Il était allongé sur un sol dur et froid. Il était en sueur et il était perclus de douleurs. Mais surtout, il était toujours dans cette petite pièce sombre, prisonnier.

- Qu'est-ce qu'il y a ? chuchota Patsy avec inquiétude.

James mit quelques secondes à remettre de l'ordre de ce qu'il venait de vivre. C'était un rêve. L'infirmerie, McGonagall et Ambre qui lui parlaient, tout ça n'avait été que le fruit de son imagination. Mais le Doloris infligé par la Gryffondor, lui, n'avait pas été imaginé. Il avait mal dans tout son corps. Ambre était bien la fille de Voldemort. Il devait le dire à ses amis. Ils avaient le droit de savoir. Il se mit en position assise. Dans la pénombre, il distingua trois corps en face de lui, tous serrés les uns contre les autres. Il lui semblait voir la tête de Patsy sur l'épaule de Fred et Sacha à côté, non loin d'eux. Ils faisaient bloc, afin de se soutenir moralement.

- On aurait dit que tu faisais un cauchemar, tu n'arrêtais pas de gémir dans ton sommeil. On a bien essayé de te réveiller, mais on n'a pas réussi, soupira Fred.

Le silence s'étira alors entre eux. James ne savait pas comment leur annoncer que la fille qu'il avait fait entrer dans leur bande, la fille qui se disait amnésique et surtout, la fille qu'il aimait était leur ennemie. Lui-même avait encore du mal à y croire. Pourtant, il ne pouvait garder ce secret. Surtout si le fou qui l'accompagnait revenait et prenait quelqu'un d'autre pour le torturer. Il valait mieux qu'ils soient au courant pour Ambre, que l'effet de surprise soit passé.

Il se décida à prendre la parole d'une toute petite voix :

- Il faut que je vous dise. Ce n'est pas lui qui m'a torturé. C'est Ambre.

- Quoi ? hurla Patsy, surprise.

- Non, ce n'est pas possible, murmura Sacha.

- Je vous dis que c'était elle, s'énerva James. Elle m'a jeté le sortilège Doloris, comme si de rien n'était, comme si elle avait ça toute sa vie !

- Tu veux dire qu'elle s'est moquée de nous ? Qu'elle a fait semblant pendant toute l'année pour nous amener ici ? Ce n'est pas un peu tordu par les cheveux ? questionna Fred, plus pragmatique.

James se retint de hurler. Il n'était pas fou, il savait ce qu'il avait vu tout de même ! Et surtout, il ne leur avait pas tout annoncé. Patsy sursauta et annonça :

- Mais oui ! Elle devait être sous le sortilège de l'Imperium ! Elle n'a jamais été enfermée avec nous, qui sait ce qu'il lui fait subir ! Ça ne peut être que ça !

- Non, l'homme qui nous a assommés ne lui a jamais d'ordre, il n'a fait que de lui faire un signe de la main. Or, nous savons tous les trois qu'il faut un ordre oral pour que le sortilège de l'Imperium fonctionne.

- Peut-être qu'il lui avait donné l'ordre avant, en lui disant qu'au signe, elle devrait faire ça, s'entêta Patsy, certaine d'avoir une explication.

Mais James savait que la vérité était tout autre. Il se résolut et laissa tomber :

- Non, je sais qu'elle a agi de son propre chef pour la simple et bonne raison qu'elle est la fille de Voldemort. C'est lui qui me l'a dit.

Un silence de mort tomba sur le quatuor. James retint à grand-peine ses larmes. De l'avoir dit à haute voix avait rendu la chose plus concrète, plus difficile à supporter. Il avait embrassé, il avait aimé la fille du plus grand meurtrier que le monde sorcier n'ait jamais connu. La fille de celui qui avait fait régner la terreur et déclenché non pas une, mais deux guerres. Le mage noir qui avait essayé de tuer son père à plusieurs reprises. Après avoir été tué, Voldemort revenait à nouveau les hanter grâce à sa fille. Et elle avait commencé par lui, afin de se venger de son plus grand ennemi : Harry Potter.

- Peut-être qu'il ment ! Ce n'est pas possible ! déclara Patsy, visiblement au bord des larmes elle aussi. Le groupe ne voulait pas y croire, James ne pouvait pas leur en vouloir. Mais ils le verraient bien. Car il était persuadé qu'elle ne s'arrêterait pas à une séance de torture. Et sûrement que l'homme à ses côtés était un ancien Mangemort, et que lui aussi allait sûrement s'amuser un peu avec eux avant de les tuer froidement.

Soudain, la porte s'ouvrit à nouveau. La lumière du soleil cette fois, les aveugla un court instant. Cette fois, il y avait deux hommes, celui qu'ils avaient déjà vu et un nouveau, qui avait le même air que lui. En bref, sûrement deux Mangemorts, songea James avec pessimisme.

- Vous quatre, venez ! lança le nouveau venu.

Bien obligés de faire ce qu'on leur disait, les adolescents se levèrent avec peine et suivirent les deux adultes dans le couloir que James avait déjà emprunté. Ils se retrouvèrent tous dans la salle à manger. Qu'allait-il leur arriver cette fois ?