Bonjour

Je suis impardonnable et vous auriez toutes les raisons de me détester (même si j'espère que vous ne me détestez pas).

J'ai eu quelques difficultés hier pour poster et je n'ai pas pu le faire comme prévu. Je suis terriblement désolée

A ce sujet, pas sûre de pouvoir poster la semaine prochaine car je pars en formation professionnelle à Nice et je ne suis pas sûr d'avoir le WIFI ! Je ferais tout pour !

Sinon, chapitre 21 corrigée comme toujours par Elyrine.

Merci de me lire, ...

A lundi si je le peux

Sydney8201

Musique du chapitre :

Bang Bang de Green Day

Chapitre 21 : Danger

« Mon frère me disait toujours que je suis un mauvais perdant, que je ne sais pas reconnaître quand je ne peux pas gagner et que je suis de mauvaise foi. Je ne sais pas comment admettre ma défaite. Je veux toujours croire que je pourrais m'en sortir, que je peux encore gagner. Et quand je dois enfin me résigner, je suis généralement de mauvaise humeur, en colère contre moi et ma propre impuissance. Je me sens inutile, stupide et inefficace. Plus bas que terre. Mais dans ce nouveau monde, il faut savoir apprendre à perdre. Un échec isolé ne signifie pas une défaite. Parfois, il faut juste savoir reculer d'un pas avant d'avancer à nouveau. Il n'y a rien de déshonorant à perdre quand on sait comment utiliser cet échec pour remporter une victoire ensuite. Ce n'est pas simple. Cela demande de mettre son ego de côté et d'oublier tout ce qu'on a appris jusque-là. Mais ça peut nous permettre de triompher à la fin. Et c'est ce qui compte, finalement. Pas les temps intermédiaires ni les étapes à franchir, mais le résultat final. Il faut tout faire pour triompher quand la bataille est finie. Même si en chemin, on a rencontré quelques échecs cuisants. »

Manuel de survie de Dean Winchester.

Être à nouveau à l'extérieur du camp ressemblait à une victoire pour Dean. Il avait enfin la sensation d'être libre. Il savait bien que son confinement au camp n'était pas une punition. Ce n'était pas un emprisonnement non plus. C'était uniquement pour lui permettre de guérir et de se remettre du traumatisme de son enlèvement afin de revenir plus fort. Mais Dean n'était pas le genre d'homme à rester en place trop longtemps. Il avait besoin de se sentir utile en faisant quelque chose de concret. Contrairement à Castiel, il n'était pas un intellectuel. Il n'était même pas vraiment sûr d'être très intelligent. Il était toutefois doué avec ses mains, avec une arme et parfaitement capable d'accomplir des tâches simples qui nécessitaient qu'il utilise ses compétences et sa force physique. S'il avait été dans l'armée, Dean aurait fait un parfait soldat. Pas un officier. Il n'en avait pas les capacités. Mais il aurait été le meilleur sur le terrain. Il aurait accepté d'être de la chair à canon si cela lui permettait d'être utile à quelque chose. C'était en tout cas ce que son père lui avait souvent dit.

Et être à l'extérieur avec Dylan était meilleur encore. C'était comme avant. Avant Aaron, avant les tortures et avant sa séparation avec Castiel. Quand tout était plus simple et qu'il n'avait pas à s'inquiéter d'autre chose que de sa survie. Cela lui rappelait combien tout ceci lui avait manqué.

Il savait que son ami pensait plus ou moins la même chose. Il ne le lui avait pas dit mais son sourire en disait long. Ils étaient semblables sur ce point. Ils avaient besoin de bouger pour faire quelque chose d'utile au camp. Ils avaient besoin de prouver en permanence qu'ils n'étaient pas un poids et qu'ils avaient une raison d'être là.

Le Conseil n'avait pas été ravi d'apprendre qu'ils souhaitaient quitter le camp à nouveau. Certains jugeaient que c'étaient encore trop tôt. Le docteur Stevens avait beau les considérer comme remis physiquement, il doutait qu'ils le soient émotionnellement parlant. Dean avait juré qu'il se sentait prêt, qu'il était temps pour eux de reprendre une vie normale et que c'était ce dont ils avaient besoin pour mettre derrière eux tout ce qu'ils avaient subi. Ils avaient fini par céder. Dean était presque sûr que son désir de ramener des médicaments pour les gens toujours malades au camp avait fini de les convaincre. Ils avaient suggéré qu'ils amènent quelqu'un en plus avec eux, l'un des membres proposant même que ce soit Cole. Dean avait refusé sur le champ. Il ne se sentait bien qu'avec Dylan. Ils formaient une équipe et un élément nouveau risquait de les déstabiliser. Ils n'avaient pas le temps de s'adapter à son fonctionnement. Dylan avait aussitôt été de son côté et ils avaient fini par obtenir l'accord du Conseil.

Ils étaient partis dans la foulée. Leur sortie ne devait pas durer très longtemps, juste les conduire jusqu'à un petit centre commercial à l'opposé de l'école vétérinaire. Ils n'avaient encore jamais visité l'endroit et il était possible qu'ils y trouvent ce qu'ils cherchaient. La consigne était simple. Tenter leur chance là-bas et revenir. Peu importait qu'ils aient trouvé ce dont ils avaient besoin, ils ne devaient pas prendre d'initiative. Dean avait accepté à contre -cœur.

Au début, il fut difficile pour lui de s'habituer à la voiture qu'on leur donna. Il la détestait. Elle était pratique et consommait probablement très peu de carburant, mais elle n'était pas l'Impala. Elle n'était pas sa voiture. L'odeur était différente. Tout était trop moderne. Sans âme et sans les souvenirs qu'il avait dans la voiture qui avait été sa maison jusque-là. Dean se promit alors de la récupérer quoi que celui puisse lui coûter. Il attendrait d'avoir vaincu Aaron avant, bien sûr. Mais il partirait la chercher et personne ne pourrait l'en empêcher.

Il prit tout de même le volant. Quand ils quittèrent le camp, il pouvait sentir l'adrénaline affluer dans ses veines. Il fut surpris de constater qu'il souriait, sans doute sincèrement pour la première fois depuis son précédent départ. Il se sentait bien. À sa place.

Ce voyage allait lui permettre également d'oublier l'espace de quelques heures sa dernière conversation avec Castiel. À chaque fois qu'il y repensait, il ne savait pas vraiment quoi ressentir. Il était confus et totalement perdu quant à ce qu'il devait faire maintenant. Il avait apprécié d'entendre Castiel lui dire qu'il ne lui en voulait pas et qu'il n'estimait pas avoir été trahi par lui. Mais il était également en colère. Son ancien petit ami n'aurait jamais dû le forcer à parler. Il n'aurait pas dû le mettre ainsi au pied du mur et exiger des réponses. Il s'était senti trahi et il détestait ça. Il ne savait pas s'il pourrait un jour lui pardonner ni même si cette conversation avait arrangé quoi que ce soit. Peu importait qu'elle se soit bien terminée. C'était le fait qu'elle lui ait été imposée qui posait problème.

Dean ne niait pas qu'il aimait toujours Castiel. Il l'aimait de tout son cœur et ne pourrait jamais aimer personne comme il l'aimait lui. Mais il ne se sentait pas prêt à retenter sa chance avec lui. À vrai dire, il n'avait pas envie d'une relation amoureuse avec qui que ce soit. Il voulait être seul. Il voulait aller mieux avant d'envisager autre chose. Et cela commençait par cette expédition qu'il devait absolument mener à bien.

De surcroît, et même s'il ne lui en voulait pas réellement sur ce point, il n'arrêtait pas de penser au fait que Castiel avait embrassé Cole. Son ancien petit ami avait beau lui avoir répété que cela ne signifiait rien et qu'il ne ressentait rien pour lui, Dean ne se sentait pas à sa hauteur. Il avait la sensation de ne pas jouer dans la même catégorie. Il ne pouvait pas lutter contre lui. Si Cole choisissait de prendre sa place et si Castiel acceptait de le laisser faire, Dean n'avait strictement aucune chance. Pas dans son état, pas même s'il venait à guérir de son traumatisme et de son blocage. Et cela le mettait hors de lui.

Mais il ne devait pas se laisser distraire. Il avait une mission à mener et il avait bien l'intention de la mener à bien. Il accéléra donc sensiblement et chassa toute idée parasite de sa tête. Il se concentra sur la route devant lui, sur Dylan qui était silencieux à ses côtés et sur ce qu'ils avaient à accomplir avant leur retour.

Il n'avait pas allumé l'autoradio et le regretta quand il fut évident que Dylan n'avait pas l'intention de parler. Le silence n'était généralement pas pesant entre eux. Ils n'avaient pas besoin de parler pour savoir ce que l'autre pensait. Mais pour leur première sortie depuis Aaron, Dean aurait préféré que son ami lui parle. Pas nécessairement de quelque chose d'important. Juste du temps, de choses futiles. Pour l'empêcher d'être à nouveau envahi par des images de Castiel, par les souvenirs de leur dernière conversation ou par la peur qu'il ressentait à l'idée d'être à l'extérieur à nouveau.

C'était là toute l'ironie de sa situation. Il était impatient de se remettre en action et de retrouver un semblant de normalité. Il avait envie d'être ici. Mais il avait également peur de ce qui les attendait. Leur dernière sortie lui avait prouvé qu'ils n'étaient ni invincibles ni intouchables. Et même s'il l'avait quelque part toujours su, il avait fini par presque l'oublier après leur nombreux succès.

Il parvint à rester silencieux quelques minutes de plus avant de ne plus pouvoir le supporter. Il se racla donc la gorge pour attirer l'attention de Dylan. Ce dernier tourna la tête dans sa direction, les sourcils froncés.

- Quoi ?

- Rien, juste… tu es drôlement silencieux.

Dylan haussa les épaules. Il semblait au moins aussi stressé que lui. Peut-être même plus. Dean le comprenait. Mais il doutait que rester silencieux soit une bonne chose. Ils avaient besoin de se mettre d'accord sur la façon de procéder. Besoin de retrouver leurs repères.

- Je ne vois pas quoi te dire. Le plan est simple et tu sais que j'ai toujours besoin de calme pour le concentrer.

Dean hocha la tête. Il le savait. Mais il avait la sensation que le silence de Dylan n'était pas uniquement dû à son désir de se concentrer. Il y avait autre chose qui le tracassait et qu'il refusait de partager avec Dean.

- OK, écoute… je veux que ça marche. Je veux qu'on réussisse ce pour quoi on est ici alors s'il y a quelque chose qui ne va pas, tu vas devoir me le dire. Si c'est quelque chose que j'ai fait, je veux bien m'excuser mais je… j'ai besoin de savoir.

Dylan grogna une seconde avant de se passer une main dans les cheveux. Il était évident qu'il n'était pas à l'aise. Mais il ne semblait pas en colère. Dean n'avait donc rien fait de mal. Peut-être son ami avait-il du mal à rester seul avec lui après leur baiser... Non. C'était stupide. Ils passaient tout leur temps ensemble et Dylan semblait parfaitement gérer l'incident. C'était donc dû au fait qu'ils n'étaient plus au camp. Il se creusa la tête une seconde. Il n'eut finalement pas à réfléchir puisque Dylan reprit la parole.

- Tu n'as rien fait et je suis content d'être là. Je suis soulagé de pouvoir sortir à nouveau. Je suis juste… c'est sans doute stupide et c'est pour ça que je ne voulais pas t'en parler mais je… je crois que je suis stressé et… j'ai… j'ai peur. Voilà. Je te l'ai dit. Tu peux te moquer. Je comprendrais.

Dean fut surpris par ce qu'il entendait. Pas par le fait que Dylan avait peur de ce qui pourrait leur arriver. Après tout, il était lui-même terrifié. Mais plus par le fait que son ami puisse penser qu'il lui en tiendrait rigueur. Il n'avait aucune raison de se moquer ou de le juger. Il était parfaitement normal d'avoir peur après ce qui leur était arrivé. A vrai dire, Dean était même soulagé de l'apprendre. Il se sentait moins seul.

- J'ai peur aussi, déclara-t-il alors en regardant droit devant lui.

Il entendit Dylan remuer sur son siège et il résista à l'envie de le regarder. Il pouvait lire ce que son ami ressentait en le fixant dans les yeux. Mais il devait rester concentré sur la route. Il devait être prudent.

- Je sais qu'on est parfaitement capable de nous en sortir. Je veux dire… j'ai confiance en toi même après… même après Aaron. Mais j'ai peur aussi. Parce que je sais qu'on peut se faire tuer. Parce que je sais à présent que le danger est partout et qu'on ne peut pas toujours lui échapper.

- Dean, je me demande si ce n'est pas trop tôt. Je ne suis pas sûr d'être prêt à me battre. J'ai peur qu'on ait fait une erreur en nous précipitant.

Dean ne put s'empêcher d'être en colère en l'entendant. Il acceptait que Dylan ait peur. Il acceptait également qu'il soit inquiet de tomber nez à nez avec Aaron. Mais il refusait de l'entendre dire qu'ils avaient commis une erreur. C'était trop tard pour reculer. Ils ne pouvaient pas rentrer au camp aussi tôt. On leur interdirait de sortir ensuite. Ils seraient enfermés à nouveau et Dean ne pourrait pas le supporter. Si Dylan avait des doutes, il aurait dû lui en parler avant.

- Tu n'as pas le droit de me dire ça maintenant. C'est trop tard. On ne peut pas faire demi-tour à nouveau. Tu sais très bien comment ils interpréteraient tout ça. Ils nous ordonneraient de rester enfermés jusqu'à nouvel ordre et je… je ne peux pas. Je suis désolé mais je ne peux pas.

- Je sais, Dean. Mais je commence à me demander si ce ne serait pas mieux pour nous deux. Je sais que j'aurais dû t'en parler avant mais tu semblais… tu semblais tellement impatient de sortir et je… je voulais te faire plaisir. Mais maintenant que je suis là, je ne peux pas nier que je suis mort de trouille. Et quand je suis comme ça, je perds tous mes moyens. Je ne serai d'aucune utilité. Je vais nous mettre en danger. Je vais te mettre en danger et je…

Dylan paniquait. C'était évident dans la façon dont sa respiration s'était sensiblement accélérée. Il était sur le point de faire une crise d'angoisse et Dean devait faire quelque chose avant que cela n'empire. Il arrêta donc la voiture au milieu de la route et coupa le moteur. Il se tourna ensuite vers son ami.

- Dylan, ça suffit. Tu es plus fort que ça. Tu ne vas pas paniquer alors qu'on est à peine partis. Tu dois reprendre le dessus parce que j'ai besoin de toi. Je ne peux pas faire ça seul.

Dylan ne semblait pas l'entendre. Il était penché en avant, les mains sur les genoux, et avait des difficultés à respirer. Dean savait exactement ce qu'il traversait. Il était habitué aux crises de panique. Il en avait été victime plus d'une fois avant de rencontrer Gabriel et Castiel. Il savait qu'il était difficile d'en sortir quand elles étaient réellement violentes et à ce rythme-là, Dylan finirait par perdre connaissance s'il ne reprenait pas sa respiration. Il posa donc une main dans son dos pour établir un contact et lui donner quelque chose à quoi se raccrocher.

- Je sais que c'est difficile mais j'ai besoin que tu respires pour moi, d'accord ? Une grande inspiration… puis tu expires par le nez. Le plus calmement possible. Concentre-toi sur ma voix. Et essaie de compter dans ta tête. Si tu continues comme ça, tu vas perdre connaissance.

Dylan ne dit rien mais il ferma les yeux. Probablement pour se concentrer. Dean lui saisit alors une main et la plaça sur son torse. Il voulait que son ami puisse calquer ses respirations sur les siennes et sentir les battements de son cœur pour avoir un point d'ancrage. Après quelques secondes, Dylan parvint à reprendre le contrôle sur sa respiration. Il rouvrit les yeux mais ne se redressa pas.

- Désolé, souffla-t-il.

- Ne t'excuse pas. Ça arrive même aux meilleurs. J'ai perdu le compte du nombre de crises de panique que j'ai faites depuis la mort de mon frère. Et crois-moi… certaines étaient bien pires que ce que tu viens de vivre. Tu n'as pas à avoir honte.

Dylan hocha alors doucement la tête avant de se redresser. Il tourna le visage vers Dean et le regarda dans les yeux pendant de longues minutes.

Je ne suis pas prêt, assura-t-il ensuite.

Bien sûr que si, tu l'es, protesta Dean.

Il n'en était pas sûr. Il ne pouvait pas le garantir. Mais il avait besoin que Dylan le croie. Il avait besoin qu'il soit partant. Parce qu'il refusait de revenir au camp bredouille. Il savait qu'agir ainsi était probablement égoïste mais il avait bien trop besoin d'une victoire pour se soucier du reste.

- Dean, je viens de faire une crise d'angoisse alors qu'on n'a même pas croisé le moindre contaminé et je… qu'est-ce que tu feras quand j'en ferai une nouvelle alors qu'on sera encerclés ?

- Pourquoi voudrais-tu qu'on soit encerclés ? Il n'y a personne d'autre que nous, ici. Et le centre commercial n'est qu'à une heure de route. On va y aller et on va surveiller les alentours. Si on remarque le moindre danger, on fera demi-tour. Mais on ne va pas baisser les bras maintenant. Je sais que tu ne le veux pas. C'est juste la peur qui parle.

Dylan ne semblait pas de son avis, mais comme à chaque fois que Dean insistait pour obtenir quelque chose, il finit par céder. Une telle soumission était dangereuse. C'était une arme que quelqu'un de moins honnête que Dean aurait pu exploiter de la mauvaise manière.

- Peut-être, admit alors Dylan à contre-cœur.

Dean lui sourit pour tenter de le mettre un peu plus à l'aise. Ça ne sembla pas fonctionner mais Dean savait qu'il avait tout de même gagné. Dylan allait le suivre. Il était convaincu que son ami lui suivrait toujours. Bien sûr, il était dangereux de penser ainsi. C'était exploiter ce que Dylan ressentait pour obtenir quelque chose de lui. Il ne voulait pas être cet homme. C'était toutefois plus fort que lui pour le moment.

- On peut y aller ? Demanda-t-il.

- On peut y aller, répondit Dylan aussitôt.

Dean remit le moteur puis reprit le volant. Après quelques minutes durant lesquelles il conduit en silence, il choisit de parler à nouveau. S'il laissait Dylan se perdre dans ses pensées, il risquait de le voir paniquer.

- Tu as la liste du docteur ? Demanda-t-il inutilement.

Il savait que Dylan l'avait mise dans sa poche. Il l'avait vu faire. Mais il voulait que Dylan lui parle. Il voulait l'occuper jusqu'à leur arrivée. Il était convaincu que tout se passerait bien. Contrairement à son ami, il était persuadé qu'ils étaient prêts. La mission était simple. C'était une sortie de routine pour eux. Juste une manière de se remettre en selle facilement. Dylan se sentirait mieux ensuite.

- Oui, se contenta de répondre Dylan.

OK. Il ne semblait pas déterminé à parler. Ce n'était pas grave. Dean était parfaitement capable de faire la conversation pour eux deux. Il allait remplir le silence jusqu'à leur arrivée. Il entreprit donc de parler de tout et de rien, commentant le temps plutôt chaud pour la saison et évoquant toutes les choses dont il allait avoir besoin dans un avenir proche. Il parla de sa voiture et lui raconta certaines de ses aventures avec Sam quand ils étaient enfants. Il parla jusqu'à se lasser d'entendre sa voix. Durant tout ce temps, Dylan ne dit rien de plus que quelques mots par-ci par-là. Dean s'en contenta. Il savait qu'il n'obtiendrait pas plus.

Il ne se tut que lorsqu'il aperçut enfin le centre commercial devant lui. Il pénétra dans la parking et en fit le tour rapidement. Il était totalement désert. Il n'y avait aucune voiture et pas plus de contaminés. C'était l'endroit idéal pour eux. Parfait pour une première sortie.

Il se gara non loin de l'entrée puis coupa le moteur. Il vérifia ensuite son arme avant de sortir de la voiture. Dylan en fit de même quelques secondes plus tard. Il ne semblait pas aussi confiant que Dean mais le jeune homme était convaincu que cela allait rapidement changer.

Ils approchèrent du centre commercial en silence. Une fois devant la porte, Dean donna plusieurs coups contre. C'était une technique simple. Faire du bruit pour attirer l'attention des contaminés qui pouvaient se trouver à l'intérieur. Ainsi, ils pouvaient les éliminer facilement avant d'entrer. Quand il ne vit personne se presser contre la porte, il l'ouvrit et entra dans le bâtiment, Dylan sur les talons.

Ce n'était pas grand. Il n'y avait que quelques rayonnages. Mais ils étaient tous pleins. Personne n'avait jugé bon de visiter l'endroit avant eux. Visiblement, la chance leur souriait.

Dean ne perdit pas plus de temps et prit la direction de l'arrière du bâtiment. C'était là que se trouvait le comptoir de la pharmacie. Il sauta par-dessus puis commença à fouiller dans les rayonnages. Il s'arrêta quand il n'entendit pas Dylan en faire de même.

- Quoi ? Demanda-t-il en posant les yeux sur son ami.

Ce dernier regardait autour de lui. Même le silence du magasin ne semblait pas l'avoir rassuré. Il était sur ses gardes, ses muscles étaient tendus et son visage pâle. Dean se retint de soupirer. Il ne devait pas lui montrer son agacement. Pas après lui avoir assuré qu'il le comprenait.

- On est seuls ici. Inutile de t'inquiéter autant. Viens plutôt m'aider. Plus vite on trouvera ce qu'on cherche et plus vite on sortira d'ici. C'est ce que tu veux, non ?

- Je… oui… pardon, bafouilla Dylan.

Il sauta à son tour par-dessus le comptoir puis sortit la liste du docteur de sa poche. Dean y jeta un rapide coup d'œil avant de reprendre ses recherches. Il devait avant tout rester concentré sur la tâche à accomplir, mais également garder un œil sur Dylan. Il était convaincu que son ami était à quelques secondes de paniquer à nouveau. Ce qui était stupide, cette fois. Il n'avait aucune raison d'avoir peur. Il n'y avait personne d'autre qu'eux dans le magasin et aucun danger à l'horizon.

Dean finit par mettre la main sur ce qu'ils cherchaient. Il sourit en les glissant dans le sac qu'il avait emporté avec lui et continua tout de même à fouiller les étagères jusqu'à trouver des bandages, des antiseptiques et plusieurs choses dont il se souvenait avoir entendu le docteur Stevens parler. Quand son sac fut plein, il retourna vers le comptoir. Dylan l'attendait là, les bras croisés sur son torse et le regard perdu quelque part devant lui.

- On peut y aller, lança-t-il alors pour attirer son attention.

- Oh, parfait, souffla Dylan.

Il ne semblait pas être réellement conscient de ce qui l'entourait ou de la présence de Dean à ses côtés. Il agissait comme un robot. Le jeune homme détestait le voir ainsi. Mais il voulait croire qu'une fois dans la voiture, son ami prendrait conscience qu'ils avaient réussi et que cela l'aiderait à se sentir mieux. Il refusait d'envisager que Dylan soit incapable d'être à l'extérieur sans paniquer à nouveau. Il ne pouvait pas perdre son partenaire. Il ne voulait surtout pas avoir à prendre quelqu'un d'autre avec lui. D'autant qu'il connaissait déjà parfaitement la personne qu'on lui proposerait à la place. Cole. Et c'était inenvisageable.

- Tu viens ? Lança-t-il alors à Dylan avant de sauter à nouveau par-dessus le comptoir.

Il avança en direction de la sortie et entendit son ami le suivre après quelques secondes. Ils étaient presque arrivés à la porte quand un bruit attira leur attention de l'autre côté du magasin. Dean se tendit aussitôt, son arme brandie devant lui. Dans son dos, il entendit la respiration de Dylan s'accélérer sensiblement.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda son ami.

Dean avait envie de lui dire que sa question était idiote et qu'il n'en avait aucune idée. Mais il ne voulait pas lui faire de la peine. De surcroît, il devait avant tout rester sur ses gardes. Il réalisa alors qu'il n'avait pas pris la peine de vérifier s'il y avait une autre entrée ou une autre porte quelque part dans le magasin. C'était pourtant la première chose à faire dans une telle situation. Condamner les entrées pour ne pas être pris à revers. Mais il n'y avait pas songé une seule seconde. Un nouveau bruit lui confirma que quelqu'un était entré. Il recula d'un pas, heurtant Dylan qui se tenait bien trop près de lui.

- On devrait filer, souffla-t-il.

Il ne voulait pas prendre le risque d'affronter quiconque était entré. Il pouvait y avoir plusieurs personnes et à cet instant précis, Dean était seul. Il était persuadé que Dylan serait incapable de se battre. Il fit volte-face pour regarder son ami dans les yeux. Il allait lui ordonner de bouger quand le bruit d'une étagère qui tombait non loin de lui le fit sursauter. Ils devaient filer. Maintenant. Ils n'avaient pas de temps à perdre. Mais Dylan était comme statufié. Incapable de bouger. Dean lui saisit le bras pour le forcer à le suivre et reprit la direction de la sortie. Il allait pousser la porte quand il entendit le premier grognement dans son dos, rapidement suivi d'un second. Des contaminés. Plusieurs, visiblement. Dean jeta un coup d'œil par dessus son épaule et sentit la panique le gagner. Ils étaient une dizaine et ils approchaient rapidement.

- Dean, murmura Dylan.

Le jeune homme n'avait pas le temps de prendre des pincettes avec son ami, de le rassurer ou même d'attendre qu'il se calme. Ils devaient agir maintenant ou ils allaient se faire tuer. Il poussa la porte du magasin du pied et entraîna Dylan derrière lui. Ils devaient fuir sans attendre. Dylan le suivait difficilement et ils trébuchaient à chaque pas. Dean avait lui-même du mal à contenir sa panique, et ce fut pire encore quand il vit d'autres contaminés approcher de la voiture depuis la route. Ils allaient vite se faire encercler. Il entendit la porte du magasin s'ouvrir derrière eux. Il aurait dû la barricader. Une nouvelle fois, il avait commis une erreur. Dylan avait sans doute raison. Ils n'étaient clairement pas prêts. Ils n'étaient pas en état de mener cette mission. Il était toutefois trop tard pour s'en soucier. Il se précipita vers la voiture, ouvrit la portière passager et poussa Dylan à l'intérieur sans se soucier de lui faire mal ou non. Il jeta ensuite le sac sur ses jambes. Quand il referma la portière, il sentit une main sur poser sur son épaule, des doigts émaciés s'enfonçant dans le tissu de son T-shirt. Il donna un coup d'épaule et fit un bond sur le côté pour échapper au contaminé qui l'avait attrapé mais en heurta un second dans sa précipitation. Il était pris au piège.

A l'intérieur de la voiture, il entendit Dylan crier son nom. Son ami ne devait toutefois pas sortir de la voiture. Il avait une chance de s'échapper maintenant qu'il était à l'intérieur et il avait les médicaments avec lui. C'était tout ce qui comptait. La vie de Dean n'avait pas réellement d'importance.

Il échappa toutefois au second contaminé en lui donnant un coup de poing dans le visage puis se pencha pour passer sous les bras d'un troisième. Il heurta le capot de la voiture en tentant de la contourner et perdit l'équilibre. Il tomba lourdement sur les genoux et lâcha son arme. Il eut tout juste le temps de rouler sur le dos avant que l'un des contaminés ne l'attrape. Il s'aida ensuite de ses pieds et de ses mains pour reculer sur les fesses. Il sentit l'asphalte égratigner ses paumes mais n'y prêta pas attention. Il devait tenter de fuir. Il récupéra son arme et tira une fois pour se débarrasser du contaminé le plus proche. Il roula ensuite à nouveau sur le côté puis se releva péniblement. Ses genoux le lançaient et il s'était éloigné de la voiture. Dylan l'appelait toujours depuis l'intérieur.

- Pars, ordonna alors Dean.

Il se fichait de son propre sort. Il voulait que Dylan s'enfuie, qu'il rentre au camp sain et sauf et qu'il apporte les médicaments au docteur pour sauver ceux qui étaient malades. Peu importait que lui meure ici. Ce n'était pas l'essentiel.

C'était même sans doute mérité. Il avait juré à Dylan qu'ils étaient prêts et lui avait assuré qu'ils allaient s'en sortir sans même prendre la peine de faire ce qui était nécessaire pour sécuriser le magasin alors qu'il était le seul suffisamment lucide pour s'en charger. Il les avait mis en danger et il allait en payer le prix. Il se mit à courir dans la direction opposée à la voiture pour offrir une chance à Dylan de s'enfuir. Il sentait tous ses muscles protester et les contaminés sur ses talons. Il avait le souffle court et ne parviendrait pas à les tenir à distance bien longtemps.

Il entendit finalement le bruit du moteur de la voiture. Dylan semblait enfin avoir compris ce qu'il attendait de lui. Il allait partir et laisser Dean ici. Il ne put s'empêcher d'être triste pendant une seconde. C'était ce qu'il voulait et la seule solution, mais il avait tout de même espéré que son ami trouverait un moyen de l'emmener avec lui. Il chassa cette idée de sa tête et se força à courir un peu plus vite encore.

Il contourna le bâtiment pour prendre la direction de la route. Il avait plus de chance de leur échapper par là. Il ne se retourna pas et ne chercha pas à regarder Dylan s'éloigner. Il était seul, à présent. Et même s'il avait peu de chances de s'en sortir, il voulait tout de même tenter sa chance. Il trébucha sur une racine quelques secondes plus tard et tomba à nouveau lourdement en avant. Cette fois, il atterrit à plat ventre. Un instant plus tard, un contaminé lui saisit le pied pour tenter de l'attirer à lui. Dean se débattit de son mieux. Il pouvait voir la route à quelques mètres de lui. Il se tordit jusqu'à pouvoir voir le contaminé qui le tenait et lui tira une balle dans la tête. Un autre prit sa place aussitôt. Ils étaient trop nombreux. Dean n'allait pas s'en sortir. Il sentit son cœur se serrer. Il tira à nouveau jusqu'à ce que son chargeur soit vide. Il n'en avait pas d'autre sur lui. Mais il avait réussi à se dégager. Il se releva donc et recommença à courir. Il avait tout juste atteint la route quand il entendit le bruit des freins qu'on enclenchait avec trop de force. Il se tourna sur le côté au moment où une voiture le percutait. Heureusement pour lui, le véhicule était pratiquement à l'arrêt et ne fit aucun dégât important. Il tomba tout de même sur le côté et laissa échapper un cri. Il tourna sur le dos et rouvrit les yeux au moment où un contaminé se penchait au-dessus de lui. Cette fois, il allait être mordu. Il aurait préféré mourir autrement. Il aurait dû garder une balle pour lui-même au cas où. La mort était préférable à la longue agonie de la contamination. Il pouvait sentir le souffle du contaminé sur son visage. Il ferma les yeux.

Un coup de feu retentit alors non loin de lui et il sentit son adversaire s'effondrer lourdement sur lui. Il le repoussa en rouvrant les yeux. Quand il s'assit, il fut surpris de voir Dylan tirer sur les contaminés depuis la fenêtre de la voiture. Il n'avait pas reconnu le véhicule avant. Mais il s'agissait bien de son ami. Il était revenu pour lui. Dean sentit alors son énergie revenir et il se releva rapidement. Il parvint à rejoindre la portière passager et à l'ouvrir sans qu'aucun contaminé ne s'interpose. Il se jeta sur le siège passager puis referma la portière derrière lui. Dylan reprit aussitôt le volant et accéléra pour mettre de la distance entre leurs adversaires et eux. Dean avait des difficultés à reprendre sa respiration, mal de partout et les paumes de ses mains saignaient abondamment. Mais il était en vie. Il avait encore du mal à y croire.

Ils roulèrent durant de longues minutes avant que Dylan n'arrête finalement la voiture brusquement et sans prévenir. Dean fut propulsé en avant et manqua de heurter le tableau de bord. Il se tourna alors vers son ami pour le lui reprocher mais reçut un coup de poing en plein visage avant d'avoir le temps de dire quoi que ce soit.

- Tu… souffla alors Dean en portant aussitôt une main à sa joue.

Dylan le foudroyait du regard et semblait totalement hors de lui.

- Espèce de salopard ! Je t'avais dit… je t'avais dit qu'on n'était pas prêts et tu as refusé de m'écouter. Tu as insisté pour qu'on… tout ça parce que tu ne voulais pas reconnaître que tu avais tort. On aurait pu mourir par ta faute.

- Je suis désolé, murmura alors Dean.

Il savait que son ami avait raison. Il ne lui en voulait pas de lui hurler ainsi dessus. Il les avait effectivement mis en danger. Parce qu'il était trop têtu, trop fier et trop orgueilleux. Parce qu'il avait été égoïste.

- Ça ne suffit pas ! Je croyais qu'on formait une équipe, Dean, et tu aurais… tu aurais dû m'écouter. Je suis tellement furieux. Tu n'as pas idée à quel point je t'en veux pour… tu mériterais que je te frappe à nouveau.

- Fais-le, exigea alors Dean.

Il méritait tout ce que son ami ferait. Il méritait même plus encore. Il aurait dû mourir sur ce parking. Dylan le regarda une seconde avant de secouer la tête.

- Non. Ce ne serait pas… ça ne nous apportera rien de bon. Mais j'espère que tu retiendras la leçon. Parce que je refuse de prendre des risques à nouveau et je refuse que tu te fasses tuer.

- Tu aurais dû me laisser là-bas. Tu n'aurais pas dû prendre autant de risques pour me sauver. Je ne le mérite pas.

- Oh, arrête de t'apitoyer sur ton sort. Tu es adulte et il est grand temps pour toi d'assumer tes erreurs. Tu sais parfaitement que je ne pouvais pas t'abandonner. Je ne pouvais pas te laisser derrière moi. Je t'aime, Dean. Je ne peux pas te perdre. Je ne pourrais pas survivre si tu… sans toi, je ne peux pas. Mais tu n'as pas le droit d'utiliser mes sentiments pour me forcer à faire quelque chose que je ne suis pas prêt à faire.

Dean hocha la tête. Il ne voyait pas quoi dire ou quoi faire d'autre. Dylan avait raison. Il avait utilisé ses sentiments pour le contraindre à le suivre. Il avait été égoïste et stupide. Ce n'était pas l'homme qu'il voulait être. C'était pourtant l'homme qu'il avait été. Il sentit sa gorge se nouer alors que ses yeux se remplissaient de larmes. Dylan le remarqua et laissa échapper un long soupir.

- Désolé pour le coup de poing. Je n'aurais pas dû.

- Ne t'excuse pas, répliqua Dean aussitôt.

Dylan détourna alors yeux et se passa une main sur le visage.

- J'ai eu tellement peur, Dean. Tu n'as pas idée à quel point je… j'ai cru que tu allais mourir. J'ai cru que j'arriverais trop tard et que tu allais être mordu. J'aurais été obligé de… Dean, tu ne peux pas me demander ça. Tu ne peux pas… tu m'as promis que tu ne m'abandonnerais pas. Je veux que tu tiennes cette promesse.

Dean n'avait pas réalisé à quel point exiger de Dylan qu'il l'abandonne avait été cruel envers lui. S'il avait été sa place et si Castiel avait été à la sienne, il aurait refusé de partir. Il ne l'aurait pas abandonné. Il aurait fait en sorte de le sauver même si cela lui avait coûté la vie. Il aurait dû y penser avant.

- Je n'avais pas pensé que tu… commença-t-il alors, déterminé à s'excuser à nouveau.

- Tu n'as pas réfléchi. C'est là tout le problème, Dean. Tu as agi sans réfléchir, comme tu le fais depuis notre retour. Et franchement, je croyais que ce n'était que temporaire… je croyais que ce n'était pas grave tant qu'on était au camp mais ici… dehors, tu ne peux pas… tu ne peux pas te comporter ainsi. Et sans doute que de mon côté, j'ai eu tort d'accepter qu'on sorte. Sans doute que j'aurais dû insister pour qu'on attende un peu plus longtemps parce que je savais que ça finirait mal. Mais toi, tu… tu n'as pensé qu'à toi. Là où j'ai agi avant tout pour te faire plaisir, tu ne l'as fait que pour ton propre bien-être.

- Je ne sais pas ce qui m'arrive, Dylan. Ce n'est pas moi, ça. Je ne suis pas comme ça. Tu le sais… je n'ai jamais… jamais fait passer mes intérêts avant ceux des autres. Et surtout pas avant les tiens. Tu comptes bien trop pour moi.

Dylan soupira à nouveau avant de regarder Dean dans les yeux. Il semblait fatigué et résigné, mais pas en colère.

- Je sais que ça ne te ressemble pas, Dean. Et je voudrais te dire que tu as le temps nécessaire pour aller mieux. Mais ce serait un mensonge. Nous sommes en guerre et il va falloir que tu reprennes le dessus rapidement. On va avoir besoin de toi.

- Je te promets d'essayer.

- Sauf que ça ne suffit pas, Dean. Essayer, ce n'est pas ce que je te demande. Je veux que tu y arrives.

Dean ne pouvait pas lui promettre ça. Pas quand il n'avait aucune idée de la façon dont il devait s'y prendre pour aller mieux. Il était perdu et il se sentait coupable. Il se détestait pour ce qu'il avait fait subir à son ami.

- Je ne sais pas comment, admit-il alors.

Dylan lui saisit la main en faisant attention de ne pas presser contre les plaies sur sa paume.

- Écoute-moi, Dean. Je n'ai pas la solution miracle mais je suis là. Je suis peut-être furieux contre toi à cet instant précis mais ça passera… je suis incapable de t'en vouloir, de toute façon. Ce qui s'est passé aujourd'hui est un avertissement. On doit le prendre au sérieux afin de faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Et pour ça, tu dois reprendre le dessus. Tu dois redevenir l'ancien Dean. Je ne sais pas ce qu'il faudra faire pour que tu y parviennes mais on trouvera… que ce soit Castiel… moi ou quiconque d'autre, d'ailleurs. On trouvera ce qu'il te faut. Je te le promets.

Dean acquiesça à nouveau. Il avait confiance en Dylan. Il n'avait pas d'autre choix de toute façon. Il ne pouvait effectivement pas continuer comme ça. Il finirait par se faire tuer ou, pire encore, il ferait tuer quelqu'un. Il était grand temps pour lui de se reprendre en main. Il avait cru avancer. Pas à pas et sans doute trop lentement, mais il croyait vraiment être sur le bon chemin. Il avait eu tort. Il n'avait fait que du surplace. Et ça ne pouvait plus durer.

- Maintenant, on va rentrer, donner les médicaments au docteur et faire soigner tes mains. Et quand il nous aura donné son feu vert, on prendra le temps de réfléchir ensemble. On discutera et on cherchera la solution tous les deux. Je me fiche du temps que cela prendra. On ne peut plus faire comme si tout allait bien. Il est évident que ça ne va pas. Il est évident que rien ne va.

- OK, souffla Dean parce qu'il avait besoin de donner son accord à Dylan autrement que par un nouveau mouvement de la tête.

Son ami soupira une énième fois puis reprit le volant. Il remit la voiture sur la route et accéléra sensiblement. Dean posa ses yeux sur la fenêtre à sa droite. Il regarda le paysage défiler derrière la vitre pendant quelques minutes avant de reprendre la parole à nouveau.

- Merci de ne pas me détester… et merci de ne pas m'avoir laissé là-bas. Je serais mort sans toi. Et je ne veux pas mourir.

- Je suis content de t'entendre le dire. Et tu n'as pas à me remercier. Tu aurais fait la même chose pour moi.

C'était vrai. Dean aurait été incapable de laisser Dylan derrière lui. C'était aussi pour ça qu'il l'avait mis dans la voiture avant de se soucier de son propre sort, s'assurant en premier lieu qu'il soit en sécurité .

Il choisit de ne rien ajouter parce qu'il n'y avait plus rien à dire. Il avait un énorme travail à faire sur lui-même mais il était prêt à le faire. Il en avait la force parce qu'il ne voulait pas décevoir Dylan et avoir une chance de revoir Castiel. Et parce qu'il pensait réellement ce qu'il venait de dire. Il avait envie de vivre. Peu importait qu'il ait la sensation d'être englué dans ses problèmes. Peu importait qu'il soit encore incapable de voir l'issue au bout du tunnel. Il ne voulait pas mourir. Pas sans être convaincu qu'il n'existait plus aucun espoir. Peut-être ne pourrait-il jamais totalement revenir l'ancien Dean. Peut-être une petite partie de lui était-elle morte entre les mains d'Aaron. Mais ce qu'il restait méritait qu'il se batte pour elle. Il avait encore des choses à offrir et d'autres à accomplir. Castiel le lui avait dit. Dylan et Gabriel également. Il les croyait, à présent. Il savait qu'ils avaient tout compris avant lui. Ce n'était pas surprenant. Il n'avait jamais été un très bon juge le concernant. Il n'avait jamais su être totalement objectif avec lui-même. Mais à présent, il y voyait plus clair. Il était face à une montagne. Elle semblait immense et difficile à gravir. Il n'atteindrait pas le sommet avant longtemps. Mais tant qu'il ne savait pas ce qui se trouvait derrière, il refusait de baisser les bras.