Note de l'auteur: Voilà un nouveau chapitre d'action. Toujours rien à dire alors juste: Bonne lecture!


Le premier réflexe de Susan fut de faire un pas en avant par rapport à sa petite sœur. C'était définitivement l'idée la plus stupide du monde que de l'avoir laissée venir avec eux. C'était bien trop dangereux. Elle foudroya le dos de Peter du regard. Il avait un peu trop tendance à laisser passer tous les caprices de leur cadette. Malheureusement pour elle, ce petit écart la fit trébucher sur une branche. Elle se rattrapa néanmoins de justesse sur le dos de son frère justement. Celui-ci ne prit même pas la peine de se retourner vers elle.

Bon, plus d'écart. Elle se concentrait sur le sol. Elle aurait l'air fin si elle se cassait un bras ou une jambe en trébuchant au moment même où ils essayaient d'aller s'occuper du chef de l'armée adverse. Elle disciplina à nouveau ses pensées et focalisa toute son attention sur le sol sous ses pieds. Elle enviait Leya qui quelques pas devant Peter semblait flotter au-dessus du sol. C'était une nymphe, fille de la forêt. A quoi d'autre pouvait-on s'attendre?

Ils continuèrent alors tous en file indienne leur chemin. Il leur avait fallu faire un gigantesque détour afin de prendre l'armée adverse à revers et ainsi d'arriver directement près des tentes qu'ils recherchaient. Caspian, en tête, menait leur procession. Derrière lui se trouvait Leya qui avait insisté pour venir en parlant de sa sœur et qui était leur guide, puis Peter, l'épée en main, Susan, sans arc bandé, Lucy son petit poignard à la main, Trompillon et Edmund. Encore plus loin derrière ce dernier, un petit contingent de soldats fidèles au roi était également venu en cas de grand affrontement. Ils étaient menés par un centaure et formaient une bande pour le moins hétéroclite d'hommes, d'autres centaures et de nains. Susan n'en était pas moins ravie de leur présence.

La forêt aurait semblé bien hostile à Susan par cette nuit de pleine lune mais la présence de Leya qui semblait savoir plus qu'exactement où aller la réconfortait. Peut-être cette mission suicide avait-elle une chance d'aboutir à quelque chose à la fin…

Le son de cor résonna dans l'esprit de Susan quelques secondes avant qu'elle n'en saisisse clairement le sens. En boucle, comme une vieille rengaine que l'on a entendu tellement de fois qu'on ne fait même plus attention au sens de ses paroles… Mais lorsqu'elle vit Peter se retourner et dégainer son épée, une vague de compréhension la submergea. Ils étaient repérés.

Dans un geste mécanique elle encocha une flèche mais il lui semblait que son corps tout entier flottait dans du coton et que tous ses gestes étaient lents de façon anormale. Elle voyait le monde autour d'elle comme à travers un tissu, tout lui semblait beaucoup trop voilé. Elle se retourna prestement au moment où elle entendit crier. Son regard capta une silhouette lointaine, trop lointaine pour faire partie de leur groupe, et tira immédiatement. La flèche siffla et une seconde plus tard la silhouette s'écroulait sur le sol.

A ce moment là, il sembla à Susan que le coton dans lequel elle se mouvait disparaissait. Elle prit conscience qu'ils étaient poursuivis. Le pire était que les garçons, avec leurs épées, ne pouvaient rien faire. Il leur fallait du corps à corps mais leurs adversaires étaient bien trop loin. Elle était la seule à pouvoir faire quelque chose mais malgré son carquois plein, elle ne pourrait jamais s'en sortir, ils étaient bien trop nombreux.

"Edmund! Prends Lucy et courrez!" S'entendit-elle hurler à travers le brouhaha qui s'était installé autour d'eux suite à la panique.

Edmund n'émit aucune objection et partit vers l'avant rejoindre le gros de la troupe. Trompillon resta néanmoins à ses côtés, possédant lui aussi un arc. Eux qui s'étaient souciés du comment infiltrer le camp ennemi une fois qu'ils ne seraient plus couvert pas la forêt, il semblait que le problème allait être bientôt régler. Ils arriveraient en place d'honneur devant cet elfe qu'ils souhaitaient tuer, pieds et poings liés néanmoins. Eh oui! On ne peut pas tout avoir dans la vie…

Elle commença à abattre les elfes qui arrivaient en courant dans un geste mécanique. Prendre la flèche, bander l'arc, encocher… Encore et encore. Mais leur nombre ne diminuait pas pour autant. Eux qui voulaient aller tuer leur roi, ils en étaient à essayer de se sortir du pétrin dans lequel ils s'étaient tous fourrés! Voilà ce qui arrivait quand on décidait d'agir aussi rapidement. Il fallait toujours voir les choses avec le recul avant de…

Les pensées de Susan furent soudain interrompues par une flèche du camp adverse qui lui écorcha le bras droit. Elle ne savait pas si la blessure était profonde mais le rythme auquel elle encochait les flèches diminua soudain. Trompillon lui jeta un coup d'œil, se demandant ce qui arrivait à la reine, mais il vit très rapidement le sang qui coulait abondamment de son bras.

"Ma Reine! Vous êtes blessée! Allez rejoindre les rois!" Lui lança-t-il entre deux flèches.

"Je ne bouge pas d'ici Trompillon tant qu'ils ne seront pas tous à terre ou que nous ne serons pas tous à terre!" Lui répondit-elle d'un ton ferme.

Elle essaya de faire abstraction de la douleur dans son bras et continua de tirer malgré le sang qui coulait à flot sur son avant bras. Elle n'abandonnerait pas… Hors de question.

Et elle n'eut pas à le faire. Elle ressentit d'abord une sensation de froid dans sa nuque. Elle n'y fit pas attention jusqu'à ce qu'elle réalise que Trompillon avait arrêté de tirer et que tous les bruits supposés venir des garçons qui protégeaient ses arrières derrière elle avaient disparus. Le poignard posé sur sa nuque intensifia sa pression et sans geste brusque elle abaissa son arc.

C'était fini. Ils avaient perdu…


Peter regarda à gauche et à droite essayant de trouver une issue mais très vite il réalisa que ce qu'il faisait était inutile. A moins de réussir à trouver une arme, il n'y avait aucune solution. Ses poignets attachés lui faisaient mal et il ne pouvait s'empêcher de grimacer à chaque fois qu'il faisait un geste, aussi minuscule fut-il, car les cordes lui tailladaient la peau.

La tente ne semblait pas adapter à un chef de guerre. Trop… il chercha le mot. Luxueuse? Non. Juste… Trop pleine. Voilà. Trop pleine. Les objets s'entassaient sur les objets et le noir du tapis au sol accentuait l'impression de renfermée. Des planches en bois posées au milieu de l'espace soutenaient une chaise. Non, un trône. Un trône qui ressemblait à une chaise. L'exacte définition, pensa Peter. Mais ce qui rendait cette tente si détestable à son goût était bien la personne qui se trouvait sur ce trône- chaise. Après tout, s'il avait passé une semaine en enfer, c'était bien à cause de lui.

A ses côtés se trouvaient tous les autres, dans une position tout aussi pratique que la sienne. Son regard se posa sur Lucy et Leya à sa gauche. Edmund entre les deux. Ils n'auraient jamais du les laisser venir. Lui qui se voulait toujours protecteur avait sans doute commit la pire bêtise de toute sa vie. Ou du moins celle qui lui coûterait le plus cher. De rage et de frustration il se débattit mais cela ne servit qu'à lui faire encore plus mal aux poignets. Il darda un regard plus que furieux à l'elfe qui l'avait attaché aussi solidement qui était dans un coin de la tente avant de reporter son regard vers Leya et Lucy. Pourvu qu'il n'ait pas à regretter le fait de les avoir amenées…

Mais dans un coin de son esprit, une petite voix lui susurrait que c'est pourtant bien ce qui risquait d'arriver…


Lorsque Leya entendit quelqu'un hurler à l'extérieur, elle reconnut immédiatement la voix de cette sœur volage qu'elle n'avait plus vue depuis deux ans, le jour où elle avait décidé d'aller vivre avec "l'homme qu'elle aimait" loin de la famille royale nymphe. Sa mâchoire se crispa immédiatement mais au moment où les pans de la tente de soulevaient pour laisser entrer une silhouette diffuse, toute la colère de Leya retomba. Le visage de sa petite sœur était baigné de larmes et elle regardait, paniquée, tout autour d'elle, à la recherche de quelque chose.

Son regard se posa alors sur elle et Leya ressentit à nouveau la vieille joute qui avait toujours eut lieu entre les deux femmes depuis leur enfance. Mais il lui sembla que cette fois-ci, ce n'était pas ce qui comptait. Elle n'avait aucune idée de la façon dont cette gamine allait réagir. Aucune. Entre son mari et sa sœur, Leya ne savait pas qui elle choisirait. Dans le passé, son choix avait été clair néanmoins. Aussi fut-elle plus qu'étonnée lorsqu'elle l'entendit s'exclamer de toute la force de sa voix:

"Espèce de monstre! Relâche-la!"

Son cri sembla transpercer la nuit et même le garde qui la suivait pour la faire sortir s'arrêta, dans l'expectative de ce qui allait arriver. Un sourire contrit vint alors s'afficher sur le visage de son mari alors qu'il la regardait.

"Alors comme ça, c'est elle que tu choisis? Eh bien… Malheureusement pour toi, je n'ai pas envie de la relâcher. Alors…"

Un geste de la main vint compléter sa phrase et le garde derrière sa sœur lui empoigna les bras et les attacha. Il se tourna alors vers son roi et celui-ci lui fit signe de la faire sortir. Sa sœur regarda une dernière fois Leya, l'air paniqué, ne sachant que faire mais celle-ci lui sourit d'un sourire où elle essaya de mettre le plus de douceur possible et il lui sembla que Lorien avait saisit le message. Elle ne lui en voulait pas maintenant qu'elle savait ce qui allait arriver.


Caspian profita de la diversion que lui offrit l'arrivée de la femme du roi pour se tourner vers Lucy à sa droite.

"Lucy, ta fiole!" Chuchota-t-il.

Il avait réfléchi et réalisé que les soldats avaient laissé sa fiole de cristal à Lucy, la pensant inoffensive par rapport au petit poignard de la jeune fille. Elle ne pipa mot pour lui répondre mais ses sourcils froncés étaient largement assez clairs.

"Les bords sont coupants! Essaye de couper mes liens!"

"Elle est dans ma poche droite! T'es trop loin!"

Caspian retint dans sa bouche tous les jurons qui lui vinrent soudain à l'esprit.

"Alors coupe les liens d'Edmund!"

Celui-ci était à la droite de Lucy et donc il était possible qu'elle puisse faire ce qu'il souhaitait. Il l'entendit chuchoter le plus bas possible à son frère et immédiatement celui-ci pivota légèrement de façon à cacher ses mains à la vue de tous et de se rapprocher de sa petite sœur. Caspian ne put voir le reste de l'opération mais il comprit très rapidement que cela marchait.

Par rapport aux autres, Caspian était le plus proche du trône de l'elfe puis venaient Lucy, Edmund, Leya, Peter, Susan et Trompillon. Le contingent qui était venu était resté à l'extérieur, l'elfe ne l'ayant pas jugé digne de rentrer dans sa tente. Tout les trois prisonniers, se trouvaient un elfe mais, chose stupide, dos à eux. Peter était le seul à avoir un elfe juste devant lui.

"Eh bien… Je suis honoré mes chers rois et reines, je ne me pensais pas assez important au point d'attirer votre attention. Les dieux me sont favorables, certes, mais je suis tout de même étonné."

Tout le monde s'était tourné vers lui et Caspian remercia le ciel que personne ne fasse attention aux deux plus jeunes prisonniers. Il évita de les regarder, cela risquait d'attirer l'attention. Mais il n'avait aucune idée de la façon dont Edmund allait pouvoir se débrouiller.


Edmund inspira lentement. Se calmer. Premièrement. Après, se casser la tête pour trouver un moyen de tous les sauver. Pourquoi avait-il fallu qu'il ait cette idée stupide? Qu'on aille tous se battre sur un champ de bataille! De cette façon, personne ne se retrouverait dans ce genre de situation. Et au diable les états d'esprit de roi qui ne voulait pas que son peuple se batte entre lui! Pourquoi?! Il secoua sa tête de frustration. Ce ne fut que lorsqu'un des gardes elfes, celui qui se trouvait à la base près de Caspian, commença à se diriger vers lui qu'il réalisa sa gaffe.

Il avait certes les mains libres mais aucune arme. Sauf l'effet de surprise. "Oh oui! Qu'est-ce que c'est pratique l'effet de surprise dans ce cas-là! On sauve un monde avec l'effet de surprise après tout!" Commença-t-il à hurler mentalement. Il voyait le garde s'approcher inexorablement. Une fois assez près, il remarquerait que ses liens étaient rompus. Qu'on le sorte de là!

Il fallait faire quelque chose. Agir le premier. Faire quelque chose. Se lever. Attaquer. Merde! Agir! Son œil s'immobilisa sur le poignard attaché à la ceinture du fameux garde. Impossible. Il n'y arriverait jamais. C'était de la folie. Folie. Tous le regardaient. Folie. Je vais me faire tuer. C'est tout ce qui va m'arriver. Stop. Folie. Agir. Faire quelque chose. Pour une fois dans ma vie!

Il réalisa qu'il était debout uniquement lorsque sa paume rencontra le manche froid poignard.


La seule personne de toute la salle qui réalisa ce qui se passait fut le garde devant Peter. Il dégaina son épée à la seconde même où les genoux d'Edmund se dépliaient pour bondir. Mais Peter, réalisant ce qui arrivait, sauta lui aussi et atterrit sur le garde. Mais il n'avait pas calculé l'épée dégainée, bien tendue qu'il heurta de plein fouet au moment où il sautait. Elle allait directement s'encastrer entre ses côtés.

Il s'enfonça en une fraction de douleur dans un océan de douleur.


Edmund n'avait pas compris ce qui se passait. Dans son élan, il avait emporté le poignard avec lui mais immédiatement s'était retrouvé devant le trône de l'elfe. En un pas, il arriva devant ce dernier. Son esprit ne fonctionnait plus logiquement. Il y avait un moyen. Un moyen de s'en sortir.

Le poignard tendu devant lui, il plongea en avant sans se soucier du monde autour de lui qui semblait avoir retenu son souffle l'espace des quelques secondes qui venaient de passer. Mais son bras s'arrêta de lui-même au moment où la pointe du poignard arrivait sur la gorge de cet elfe qui dans cette position n'avait plus rien de royal. Ses yeux révulsés dévisageaient Edmund sans comprendre comment cet échange de position s'était produit.

Edmund lui-même ne comprenait pas. Ne comprenait plus. Il resta dans cette position un instant avant d'entendre un gémissement venant de derrière lui suivit immédiatement de 3 hurlement féminins. Il se retourna immédiatement et son regard rencontra la silhouette de son frère, par terre, une épée en travers du torse.

Sa poigna sur le manche du poignard s'accentua immédiatement.

Comment avait-il fait pour les entraîner là-dedans?


Voilà! Méchante, hein? Vous inquiétez pas la suite aussi rapidement que possible! J'espère que vous avez autant aimé lire ce chapitre que moi je me suis éclatée à l'écrire! Un peu d'action ça m'a fait du bien après les deux derniers chapitres.