Chapitre 20
LÉO
Quand Léo se réveilla, la lumière du jour filtrait au-travers de rideaux beiges aux bordures finement ciselées. Pendant un moment, le jeune homme, béat, ne put détacher son regard des ombres flottantes qu'elles projetaient, formant des vagues infinies sur le plafond.
Puis son cerveau se mit en marche et il se réveilla pour de bon.
-Argh, dans quoi je me suis encore fourré, grogna-t-il en se faisant un facepalm instinctif (c'était sa version personnelle du célèbre "où suis-je?" que les princesses murmurent en se réveillant dans les bras de leur prince charmant. Parce que franchement, sa phrase lui seyait nettement plus que ces trois petits mots papillons licorne).
(Et puis, se retrouver dans les bras d'un mec, très peu pour lui.)
Deux yeux jaune et fendus prirent alors l'entier de son champ de vision et un petit museau écailleux vint se frotter contre son nez dans un jappement métallique.
-Casey! s'exclama-t-il, tout heureux. (Il lui donna une caresse et le petit dragon vira bleu de plaisir.) J'suis heureux de te voir!
La petite bête cracha une micro-boule de feu violette en guise de salutations, puis alla s'enrouler autour du cou de son maître en ronronnant de plaisir. Alors que le jeune homme regardait avec tendresse sa nouvelle protégée, les souvenirs de la Casey petite fille ainsi que tout ce qui s'est passé dans les bulles oniriques -les souvenirs, le couloir, la Dame de la Mort- lui remonta en tête. Il soupira; il se souvenait de tout. Mais pour le moment, il était trop patraque pour méditer sur cette péripétie plus profondément.
Il se releva et détailla l'endroit où il avait atterri. C'était une chambre toute simple, d'un beige pêche chaleureux, composée d'une armoire et d'une table de chevet en bois clair, d'une chaise de paille tressée et d'un miroir archaïque. Sans oublier, bien sûr, le lit dans lequel Léo se tenait et les fenêtres garnies de rideaux. L'endroit lui disait vaguement quelque chose, mais rien de précis. Léo mit la question de côté et se dirigea vers la source de lumière avant d'écarter les pans et laisser toute la lumière d'après-midi s'engouffrer dans la pièce. Le décor qui s'offrit à lui lui fit monter les larmes aux yeux.
À ce moment-là, on ouvrit la porte.
-Do you need me? Do you think I'm prett...AH! s'écria un grand blond qui manqua renverser son plateau de surprise.
-Salut Will, répondit simplement Léo.
Un sourire s'épanouit sur le visage de l'Apollon.
-Hey hey! Alors, la princesse au bois dormant s'est enfin réveillée (NdA: relevez l'ironie). Tu sais, si on exclut le bungallow des Hypnos, y en a pas beaucoup qui savent dormir 5 jours d'affilée. T'es vraiment un cas à part mec! (Il alla déposer le plateau sur la table de chevet.) Mais franchement, je suis heureux de te voir vivant. Je te donnerai bien un câlin si je pouvais (NdA:...), mais avec toutes tes blessures, je ne ferais que t'amocher encore plus. (Il remarqua Casey, qui avait ouvert les yeux et avait repris sa couleur multicolore avec l'agitation.) Ah, coucou toi!
Il se figea, semblant réaliser un truc, et éclata de rire.
-À y penser, j'ai vachement de la chance, après avoir été le premier à rencontrer les six autres... les sept autres si on compte Nico, se rectifia-t-il, je suis aussi le first à te voir debout!
Le message fit son chemin dans l'esprit de Léo. Il soupira de soulagement.
-Alors ils sont toujours en vie...
-Bah évidemment qu'ils sont toujours en vie, fit Will d'un ton semi-offusqué. C'est pas les Sept pour rien. Et ils vont bien, même si j'imagine qu'ils sont un peu troublés avec tous les évènements qui s'enchaînent... Il s'est passé un paquet d'affaires en ton absence...mais j'imagine que c'est la même chose de ton côté nan? À te voir te déchaîner dans l'arène...
-Duh? L'arène? T'étais là?!
-Ouais, j'ai eu de la chance, j'ai été l'un de ceux qui avaient encore assez de cervelle après le transfert... (Apercevant la tête de Léo, il s'interrompit:) Mais comme je l'ai dit, il s'est passé pas mal de trucs récemment et je pense qu'il vaut mieux que tu apprennes tout par les autres Sept. (Il brandit un rouleau de bandes qui avait déniché parmi le désordre sur le plateau.) Pour l'instant, si c'est moi qu'on a envoyé ici, c'est pas pour rien.
Il tira la chaise face au miroir et tapota le dossier.
-Allez, amène tes fesses ici.
Une fois Léo installé, Will lui fit retirer son chandail et entreprit de changer ses bandages.
-T'avais de sacrées blessures quand on t'as amené. Les deux premiers jours, on a même dû faire de la place pour te faire séjourner à l'infirmerie malgré tous les blessés de la guerre récente. T'as fais deux arrêts cardiaques et un arrêt respiratoire. On a bien cru te perdre, à un moment donné. (dans le miroir, le regard de son ami s'assombrit .) Et puis t'avais aussi ces... crises.
Avant que Léo ne puisse dire quoi que ce soit, le jeune homme se colla un sourire sur la figure et enchaîna rapidement:
-Et puis, au milieu de la deuxième nuit, tout s'est mystérieusement réglé et ton coma s'est changé en sommeil. Alors, quand on a vu que tu risquais plus rien de foudroyant ou dangereux dans l'immédiat, Chiron a décidé de te déplacer dans une chambre de la Grande Maison pour libérer un brancard. Et puis, c'est vachement plus calme ici, alors tu pouvais te reposer de tout ton soûl.
Il donna un coup de ciseaux d'un geste théâtral involontaire.
-Allez! Maintenant on s'attaque au plus gros.
Il fit pencher le latino vers l'avant et défit le bandage qui enserrait son torse.
-Ouhh, c'est pas terrible ça.
Oui, à voir sa grimace, Léo l'avait deviné.
-Qu'est-ce qu'il y a?
-Regarde par toi-même.
Le jeune homme se leva et, tournant le dos au miroir, se tordit le cou pour jeter un coup oeil au reflet.
Après tout ce qui s'était passé ces derniers temps, Léo pensait s'être immunisé contre la stupéfaction. Il pensait que les horreurs proches du traumatisme qu'il venait de vivre lui avaient au moins permis une chose, celle d'acquérir la certitude qu'il ne pouvait être plus terrifié qu'il ne l'avait été, qu'il avait touché le fond de ce que son esprit pouvait supporter sans basculer dans la folie.
Apparemment, il avait tort.
-On sait pas d'où vient cette blessure. Au début on pensait que tu te l'avais fait avant qu'on arrive dans l'arène, mais Annabeth a fait remarquer que ta chemise portait pas de déchirures qui auraient pu concorder avec son emplacement. Alors à moins que t'aies changé de vêtements...
-Nah,marmonna Léo en secouant imperceptiblement la tête de droite à gauche. En tout cas, pas à ce que je me souviennes.
Will fronça les sourcils.
-Et c'est pas le plus pire. Contrairement aux blessures ordinaires, au lieu de cicatriser et disparaître avec le temps, elle se dédouble. Le premier jour, c'était à peine plus gros qu'un bout d'efface. Maintenant... Bah, tu le constates par toi-même.
Oui. Oui, Léo le constatait, contemplant la balafre vaguement en forme d'astérisque (un x tranché d'une barre verticale) qui s'étendait sur plus de la moitié de son dos. Une entaille à l'aspect d'une brûlure, d'où s'échappait pourtant des gouttelettes écarlates.
-La plaie saigne encore après tout ce temps, observa Will. C'est pas normal non plus -mais après tout le bordel, c'est pas comme si c'était le plus étrange. Bref, je pense que dans une semaine tout au plus, elle va s'étendre au-delà des épaules et atteindre le cou. C'est juste une info comme ça, mais si tu apprend d'où elle vient et ce qu'elle signifie, ça pourrait éventuellement t'être utile.
Léo hocha la tête, incapable de rajouter quoi que ce soit, puis se rassit lourdement afin que Will finisse sa tâche. Enfin, au bout d'un moment, ce dernier se redressa et lui annonça qu'il avait fini. Pendant que le jeune homme s'étirait et enfilait son chandail, il lui tendit une lettre.
-Ah, et il semble que cela te soit adressé. Elle est arrivée ce matin, sur le perron. (il lui fit un clin d'œil.) Une fan?
Puis, attrapant le plateau et se dirigeant vers la porte:
-Allez, moi j'y vais. Il est déjà 8h du soir, t'étais mon dernier patient de la journée. Je vais avertir les autres de ton réveil et après je file, j'ai rendez-vous avec quelqu'un (il ne put s'empêcher de sourire à ces mots). Allez, ciao!
Léo le salua, puis une fois la porte fermée s'assit sur le lit et ouvrit l'enveloppe. En belles lettre attachées et toutes rondes comme dans les films à l'eau de rose, il y était écrit:
"Cher Léo,
J'espère que tu vas bien et que cette lettre est arrivée à bon port, et à la bonne date.
J'ai demandé à des amies esprits des vents de te la porter vu que je ne sais même pas où tu es,
mais bon, avec la différence de temps entre le Tartare et la surface, le réseau est assez peu fiable ^^'
Mais venons-en aux choses sérieuses.
Il y a maintenant un peu moins d'une semaine, il semblerait que mon frère ainsi que tous les généraux supérieurs de la faction tyrannique aient subitement disparus. Comme c'est le jour même où nous nous sommes rencontrés, je ne doute pas que tu aies quelque chose à voir avec cela.
Grâce à cette situation, j'ai pu mener une révolte que nous (la faction pacifique) avions commencé à organiser depuis plusieurs lunaisons. Nous avons dû tacher notre nom et nous soumettre aux lois de la guerre; heureusement, en l'absence de leur chef et de leurs généraux les plus importants, elle n'aura pas duré longtemps (Elle s'est à vrai dire finie ce matin même), les derniers représentants fuyant devant notre nombre. Les pertes sont presque inexistantes, et certains de ceux qui avaient étés enrôlés par la force ont pu regagner leurs familles :D
En temps que descendante et membre de la famille royale, j'ai repris les rênes qui m'étaient destinés et je mène du mieux que je peux mes semblables, assistée de l'Aînée ainsi que des sages conseillers de mes défunts parents.
La faction tyrannique annihilée, nous commençons tout juste à nous remettre de ce que nous souhaiterions n'être qu'un lointain et affreux cauchemar. Malgré la menace d'une revanche possible de la part de Gaïa la Terre Mère, l'Aînée nous a annoncés que nous ne risquons plus rien pour les nombreux siècles à venir, et nous nous appuyons sur ces paroles pour nous rebâtir. Nous allons migrer vers d'autres contrées du Tartare, et peut-être même réussirons-nous à trouver ses limites et nous installer pour de bon sur une terre plus paisible afin de faire rejaillir l'époque florissante où les factions n'existaient point, où les Eidolons vivaient heureux tous ensemble et où l'idée même d'une guerre était impossible.
Les problèmes sont loin d'être finis. Le chemin vers cet idéal est long et semé d'embûches, et nous venons tout juste de commencer la marche. Mais si nous pouvons avancer, c'est grâce à toi, qui a su trancher les chaînes qui nous retenaient et nous insuffler assez d'espoir pour qu'on se lève et fasse le premier pas.
Alors merci, merci mille fois pour tout ce que tu as fais pour nous. Tous les Eidolons du monde ne pourraient te remercier assez.
Nous ne nous reverrons probablement jamais, mais sache que ton nom restera gravé dans notre histoire et dans mon coeur. J'espère que tu ne m'oublieras pas non plus ;)
Adieu Léo Valdez, mon cher héros.
-Ah, cette chère Heva murmura Léo tout haut, un goût amer dans la bouche. Bien sûr que je ne t'oublierai pas. Jm'appelle pas Percy ou Jason, moi...
Il s'apprêta à plier la feuille pour la ranger précieusement, quand un petit mot écrit au verso attira son attention.
ps: Oh, en parlant de l'Aînée, elle a affirmé ressentir qu'il s'est passé quelque chose à propos de la malédiction, quelque chose dont personne n'avait pu prévoir tout simplement parce que c'est la première fois que nous offrons le parchemin à quelqu'un. Elle dit qu'il vaut mieux pour toi que tu te contentes d'utiliser tes pouvoirs comme avant et que tu ne refasses plus jamais ce qu'il y était écrit -tu te souviens? Absorber les flammes, les ressentir.
D'après elle, ça pourrait te coûter la vie.
J'ajoute à cette lettre un petit mot qu'elle a écrit. Le langage nous est inconnu et elle a refusé de me dire quoi que ce soit, mais tu réussiras à le décoder, je n'en doute pas :)
"Ah ben sapristi" se dit-il, les yeux ronds. Il avait bien fait de tomber sur ce mot.
Il secoua l'enveloppe; en effet, un petit papier jauni à l'aspect vieillot tomba sur la douillette. Avec surprise, Léo reconnu le language.
-Eh beh, du code morse, bégaya-t-il, encore plus ahuri. Moi qui pensais que ça se perdait...
Il s'empressa de traduire le message. Ce qu'il contenait ne le fit pas sourire.
"Le destin s'est modifié. Attention, une jeune flamme se consume sous sa propre chaleur si on ne prend pas la peine de l'éteindre."
-duh, soupira-t-il en se passant la main sur la nuque. Moi qui voulait me prendre quelques vacances sur une jolie petite île...
-Une jolie petite île, hein? fit une voix plus que familière. Tu parlerais pas d'Ogygia par hasard?
Léo releva la tête et croisa deux yeux bleus brillants et un sourire malicieux d'où se profilait une petite cicatrice.
-Jase!
-Salut, repair boy! Content de te voir en f-
-LLLLLLLLLLLLLLLÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO!
Une boule de chair humaine surgit derrière la silhouette de Jason, entra en tempête et bondit sur Léo qui tomba du lit. il manqua pousser un juron mais en voyant la tête de la nouvelle arrivée, un grand sourire s'épanouit sur son visage.
-Hey, beauty queen! Tu t'es trouvé un boulot pour remplacer Sonic? T'as failli pulvériser la porte.
-Mec, balbutia Piper entre le flot de larmes qui lui coulaient sur le visage. C'est rude. (Puis ses yeux semblèrent prendre feu et elle se leva, dominant Léo de toute sa hauteur telle une descendante des enfers.) T'AS FAILLI CREVER MILLE FOIS MEC MILLE PUTAIN DE FOIS ET ÇA FAIT DÉJÀ DEUX SEMAINES DEPUIS LES PORTES ET BORDEL DE MERDE COMMENT T'AS OSÉ CRAMER UNE SALLE ENTIÈRE JUSTE DEVANT LA COLONIE ENTIÈRE ET C'ÉTAIT CARRÉMENT ÉPIQUE MAIS ON S'EN FOUT ET C'ÉTAIT QUOI CES YEUX ROUGES MEC REGARDE-MOI QUE JE VOIS DUDE AAAAAAAAAAAAAAAAAAH!
Puis elle se rejeta sur le jeune homme encore écrasé et le serra dans ses bras en sanglotant comme une madelaine. Léo, éberlué, jeta un coup d'oeil à Jason qui passait rapidement sa main sous son menton style "ne fait rien mec, c'est mort" en faisant la grimace.
-Elle a ses règles, articula-t-il silencieusement.
Léo, prenant conscience que sa position actuelle était aussi dangereuse que d'être à côté d'une bombe atomique sur le point d'exploser, se contenta donc de passer maladroitement sa main sur le dos de son amie. Heureusement, Annabeth et Percy firent presque aussitôt irruption, brisant le malaise. Piper s'écarta. Il les remercia dans sa tête.
-Léo! s'écria Percy, tout heureux. Ça va, poto? On a bien cru que ton cœur allait te lâcher pour de bon, à l'infirmerie.
Il l'aida à se relever, puis les deux garçons se cognèrent les poing tels de vieux amis qui ne se sont pas vu depuis la fin de l'année scolaire précédente, cependant Léo sentit qu'il y avait quelque chose de tiré dans tout ça. Comme si Percy se forçait à être... Percy. Mais il ne laissa pas ses impressions se refléter sur son visage; si le sang-mêlé avait un truc à lui reprocher, il le lui dira haut et fort.
-Dès que Will est venu nous avertir, on a accouru aussi vite que possible, déclara Annabeth qui, les bras croisés, était un peu en retrait.
Puis elle s'approcha et, le visage dans l'ombre, lui fit une brève accolade qui surprit Léo. Puis elle s'éloigna aussitôt et lui tourna littéralement le dos.
-Ah, t'inquiètes pas pour elle, elle veut juste pas que tu la voies pleurer, chuchota Percy en jetant un coup d'oeil par-dessus son épaule. Elle flinguerait quelqu'un si toute la colonie devait savoir que la grande Annabeth a actuellement des glandes lacrymales fonctionnelles.
-ta gueule!
-moi aussi je t'aime! répondit-il en riant. (Il se tourna vers Léo.) Oh, et voici une jeune dame qui avait bien hâte de te rencontrer. Allons Arielle, ne soit pas si timide...
À la surprise de Léo qui n'avait absolument pas remarqué sa présence jusque-là, une enfant aux yeux de verre et aux cheveux qui semblaient se mouver en vagues de flammes sous les reflets de lumière sortit de derrière Percy. un peu désemparée, elle essaya de trouver quelque chose de bien à dire:
-Je, euh-
-Eeeeeeeh, mais qui voilà? interrompit le garçon en s'agenouillant, les deux coins de la bouche relevées dans son habituel sourire malicieux. Salut Arielle, c'est ça? Moi c'est Léo. C'est sympa, on dirait que tu as des flammes à la place des cheveux, c'est très joli. Moi aussi en fait parfois j'ai la tête en feu, mais d'habitude c'est un peu moins glorieux. Eh, on se connait à peine et on partage déjà un point en commun, j'taime bien toi! Hi-five!
La petite, manifestement submergée par les entrées extrasociales que lui offrait le demi-dieu, hésita un peu puis tendit la main pour la taper dans la sienne. Il l'évita en faisant un poisson qui coule par la main accompagné d'un très enthousiasmant "prout!", puis l'attrapa par la taille et la fit sauter dans les airs sans effort (elle avait beau avoir 7 ans, elle pesait aussi lourd qu'une plume). L'enfant, toute trace de timidité disparue, éclata d'un rire qui emplit la pièce de milliers de tintements de clochettes.
-Eh, il semble que Casey veuille te dire bonjour. (la petite bête, qui rayonnait de toutes les couleurs de curiosité, avait effectivement tendu le cou vers cette nouvelle odeur.) Arielle, voici Casey. Casey, voici Arielle. Soit gentille avec elle, tu veux bien?
Casey darda sa langue sur la joue de la jeune fille, qui gloussa. Puis elle se déroula du cou de se protecteur et, dandidant son derrière, sauta à l'autre bout de la petite pièce. Arielle se tortilla aussitôt pour se libérer de l'étreinte du sang-mêlé, puis courut rejoindre sa nouvelle amie avant de s'empêtrer les pieds dans la moquette et de les faire bouler toutes les deux dans le mur.
-Elle ne risque rien? fit Percy, un peu inquiet, en regardant les deux petites se relever en riant dans un tintamarre de couinement et de carillons. C'est un dragon -peut-être l'équivalent terrestre d'une minuscule licorne multicolore qui bouffent des papillons, mais c'est un dragon quand même.
-Casey ne mange pas de papillons, répondit Léo, perplexe. Mais sinon t'inquiètes pas man, j'ai entièrement confiance en elle. Et puis j'ai rencontré sa version humaine et elles ont a peu près le même âge, je pense. Elles devraient bien s'entendre, je pense.
Un bruit de chaise qui se brise résonna.
-Elles s'entendent un peu trop bien, je pense.
-Si tu le dit mec, dit Percy, l'air pas très convaincu.
Une brunette entra alors en trombe dans la salle, faisant valser une fois de plus la porte contre le mur ("C'était une si jolie porte", ne put s'empêcher de penser Léo).
-Pardon pour le retard! S'exclama-t-elle comme un vaillant petit soldat. Frank a eu des problèmes, il a...(puis elle aperçut Léo et son visage s'épanouit.) Léo!
Et elle commença à pleurer du tac au tac.
-Eh! dit Léo, inquiet. Depuis quand t'essaies de copier Annabeth? (il évita un regard noir de la part de la concernée en rigolant dans sa barbe.)
-Oh, fit-elle, touchant ses joues du bout des doigts et les fixant comme si elle n'avait pas réalisé que deux ruisseaux s'étaient créés sur ses joues. (elle lui sourit de plus belle.) C'est des larmes de joie, j'imagine.
Puis, hésitant un peu au début, elle s'avança finalement en ligne droite vers le jeune homme en tendant les bras. Léo l'enlaça, le visage enfoui dans ses cheveux. Mais il ne ressentit rien d'autre que du bonheur de la revoir et de l'amitié, une amitié profonde et respectueuse certes, mais seulement de l'amitié. Il n'avait définitivement plus aucun sentiments amoureux pour Hazel -il ne pouvait plus le douter depuis qu'une autre était entrée dans sa vie.
-Salut princesse, fit-il en s'écartant. C'est quoi le truc à propos de Frank ?
-Ah oui, il fallait que je te dise, il testait les terrains d'entrainement à l'arc lorsque Solace est arrivé et en apprenant la nouvelle il s'est transformé en dauphin, et depuis il est coincé dans l'arbre, expliqua la jeune fille. Mais il s'excuse et va venir te rendre visite dès qu'il sortira de cette situation.
Percy, Léo et Jason ne purent s'empêcher de pouffer en apprenant la nouvelle.
-Nico est parti à un rendez-vous je ne sais où, rajouta Annabeth qui avait repris un peu de contenance. Quant à coach Hedge, il est occupé avec son nouveau-né.
-Ah, c'est vrai que Mellie devait avoir son bébé bientôt, fit Léo. Je suis très heureux pour eux, il fera un papa énorme.
-Léo balbutia alors Piper, qui s'était faite silencieuse jusque-là. On croyait que tu n'y sortirais pas vivant...
-T'as osé douter de chef Léo, le roi des tacos? (il lui fit un clin d'oeil.) Je les ai bombardés de sauce salsa, ça s'est réglé en moins de temps qu'il faut pour dire "Léo est génial".
Piper sécha ses larmes, souriant malgré elle.
-Je te crois, je te crois, pardonne-moi de m'être inquiétée que tu crèves mille lieux sous les terres...
Jason prit alors la parole:
-Raconte-nous ce qui s'est passé.
Léo conta alors son aventure en solitaire (ou du moins tout ce dont il se rappelait) : L'ascenseur avaleur de boutons, la marche interminable sous la Méditerranée, le cirque des dégénérés, son réveil, Heva... Pendant qu'il parlait, il avait l'impression d'être retourné au tout début de la fanfiction. Sauf qu'à la place de Percy, c'était lui qui narrait son voyage au centre de la Terre.
Il fit une pause lorsqu'il arriva au moment où il avait reçu le premier choc électrique du collier de Casey, lors de son combat dans l'arène. Que s'était-il passé après ça? Il fronça les sourcils, incapable de faire remonter les souvenirs à la surface. tout ce qui lui revenait, c'était cette impression de flotter dans un espace surdimensionnel, regardant un écran de télé pourri qui grésillait comme s'il était prêt à faire sauter les câbles... Il fit la moue, décidant d'y penser plus tard, et continua avec son odyssée dans les bulles oniriques.
-Et je venais tout juste de finir de lire cette lettre quand Jase est arrivé, conclut-t-il finalement en passant la lettre à Annabeth qui la lut (ainsi que le petit papier en code morse) à haute voix pour les autres.
-Waouh, déclara alors Jason, complètement soufflé. Tu réalises que tu viens de sauver un peuple entier?
-Et tu as rencontré la Mort en personne... rajouta Hazel, songeuse.
-Et que tu as réussi à faire ami-ami avec un dragon, renchérit Piper. Déjà que c'était énorme avec Festus... Casey, c'est ça? c'est mignon comme nom.
-Sans oublier que tu as survécu au Tartare. Mec, c'est pas rien, je peux te le confirmer, rajouta Percy. Même si c'est vrai que d'après ta description, la surface du Tartare a sacrément changé... Un déflagration t'as dit? (il se tourna vers sa petite amie.) Annabeth, je pense qu'on a fait un sacré bordel là-dessous.
-je m'en fous.
-Tant mieux, moi aussi.
-Maintenant, c'est à votre tour de tout me dire, trancha Léo.
Percy (qui semblait être le meilleur conteur du groupe, Rick Riordan sache pourquoi) décrivit alors leur voyage sans encombres, leur arrivée précipitée, la guerre et le face-à-face-de-vase avec Gaïa; comment Hedge s'était entendu en cachette avec Reyna (qui, d'après lui, ne dégageait absolument aucune aura de menace et l'avait même supplié de l'aider à stopper le conflit) pendant que les autres combattaient dans les bois et qu'il avait réussi à sortir l'Athéna Parthénos de la cave de l'argo II, puis de la déposer sur une colline avant de déguerpir fissa fissa pour aller au chevet de sa femme; comment Octave s'était fait démonter par Reyna ( "Ouais, avait-il déclaré en haussant des épaules, Octave, son courage c'est comme ses couilles; il en a pas") et que les deux camps avaient créé un accord de paix officiel et là pour rester.
À partir du feu de camp, Annabeth prit le relais.
-...Et puis il y a Hephaïstos qui s'est incrusté via le feu.
Léo s'étonna:
-Papa vous as rendu visite? Moi, la dernière fois qu'il m' a parlé, on était sur le dos de Festus et il me félicitait pour mon lance-poulets. Eh padre, c'est vraiment pas sympa.
Casey décocha alors une flamme violette qui, telle une boulette de sarbacane pyromane, vint ricocher sur le côté du crâne du demi-dieu.
-Eh, Casey est innocente dans tout ça, la contrôle pas svp.
Annabeth toussa.
-Bref, Hephaïstos est arrivé et après un peu de blabla (d'ailleurs il paraît que t'aurais vécu une semaine de plus que nous environ), il a téléporté la colonie et le camp romain entiers dans ton arène, dans une sorte de monde parallèle chelou. (La jeune fille réfléchit.) En fait, on pourrait comparer ça à une feuille dans une protection plastique ok? Genre t'es le monde qui représente le papier, et nous on était dans le monde protection plastique. On pouvait te voir, mais pas interagir avec toi ou ton univers.
Léo se frotta la tête.
-Ok, on va dire que je comprends...
-Quand on est arrivés, on t'a vu allongé par terre, sacrément amoché. D'après cet animateur, on a cru comprendre que tu t'étais battu contre six monstres particulièrement badass c'est ça?
-oui, quelque chose comme ça, j'ai pas trop compté, j'étais occupé à décoincer mes dagues de leur cadavre.
-ouais, en tout cas félicitations d'avoir survécu, ça devait être plutôt chaud. Donc quand on t'as trouvé, on a bien cru que t'avais trépassé. Mais finalement, t'as ouvert les yeux, et... (Annabeth sembla embarrassée.) euh, tu t'es relevé en crachant du sang, t'as traversé le corps de Frank et l'Eidolon t'as envoyé mini-festus.
-C'est Casey.
-Peu importe. Et ensuite, ben, tu t'es battu. Et, je dois le reconnaître, c'était assez épique vu les dommages que tu avait déjà dû subir.
-Merci.
-Et puis finalement quand t'as anéanti la salle entière et que tu t'es effondré à nouveau, Hephaïstos a trouvé un moyen de créer une brèche entre nos deux univers. À percer un trou dans la protection plastique, si tu veux. Il t'a transposé dans le nôtre, puis a enlevé le feuille-arène pour remettre la feuille-colonie avant de fusionner les deux réalités. (elle haussa les épaules.) C'est comme ça que t'es revenu.
-Merci pour la métaphore, fit Léo. (Il fronça les sourcils.) Mais... T'as bien dit que j'avais anéanti la salle entière?
Annabeth parut embarrassée de nouveau. Lorsque le jeune homme lui fit signe de continuer, elle jeta un coup d'oeil aux autres qui l'encouragèrent. Elle prit alors une grande respiration et commença:
-Léo, va pas croire que j'ai pas remarqué que t'as sauté la description d'une partie de ta bataille, tantôt. On était là et on a tout vu.
Elle déglutit.
-Léo, tu...
À ce moment-là, on cogna à la porte. Un homme en chaise roulante entra en faisant crisser ses roues sur le parquet du corridor.
-Chiron! s'exclamèrent les 6 amis.
-Bonsoir les enfants, déclara doucement le centaure. C'était pour vous dire qu'il serait temps que vous rentriez à votre bungalow; il est déjà 10h passé, les harpies vont vous engueuler si elles vous voient dehors après le couvre-feu.
-mais, fit Annabeth, l'air pourtant soulagée.
-Pas de mais, coupa Chiron d'un ton calme mais sévère. Et puis notre blessé a besoin de se reposer.
Les cinq adolescents grognèrent et l'homme quitta la salle en souriant. Pendant qu'Annabeth et Piper suivaient et que Percy allait chercher Arielle, Hazel déposa un bisou sur la joue du jeune garçon et, le regardant droit dans les yeux, lui chuchota:
-Tu auras probablement de la compagnie ce soir. Je tiens à ce que tu apprennes le reste de l'histoire.
Puis elle sourit, et ses yeux dorés brillèrent dans la semi-pénombre.
-Je suis tellement contente que tu sois revenue, murmura-t-elle, le souffle rauque.
Puis elle sortit. Jason fut le suivant. Il donna une grande claque sur l'épaule de son meilleur ami:
-Hey, on ne se sera pas tant parlé pour le coup, nota-t-il. (Puis il sourit.) Déso si ces retrouvailles t'ont un peu déçu. Après que t'aie survécu au Tartare et qu'on aie cru te perdre trois fois depuis que tu es revenu, on t'a à peine sa-
-Annabeth a pleuré. Pour moi, releva Léo en mettant un accent sur les deux derniers mots.
-Oui, bon, d'accord, concéda le blond. Mais quand même...
-Tu sais quoi? coupa son ami. Les bulles oniriques sont créées à partir des souvenirs heureux de la personne qui existe dedans. Et dans l'une d'elles, je vous ai vus, Piper et toi.
Jason ne répondit rien, mais il lui sourit. Ils se firent un bump, puis il quitta la salle.
Une fois la porte refermée, Léo poussa un soupir et s'assit sur le lit. Casey escalada alors sa jambe (ce qui le chatouilla) et se pelota sur ses genoux en rougeoyant de jaune canari et de vert pomme.
-Eh, salut toi, fit le jeune homme en caressant la petite bête, qui ronronna aussi fort qu'un moteur d'avion. Eh bien, tu t'es fait une nouvelle amie? (Il jeta un oeil vers la chaise cassée.) Faudra que je répare ça ou Chiron va être fâché.
Puis il regarda le plafond et s'adressa à Héphaïstos:
-Alors comme ça, c'est toi qui m'a sorti de ce foutoir? Eh bien merci, je m'en serai pas sorti vivant sans ton aide. Je retire ce que je dit, t'es un papa génial. Je t'offrirai des japaleno en sacrifice pour que tu pardonnes ton fils indigne.
Casey cracha une boule de feu d'aise.
Léo rangea la lettre d'Heva sur la commode, s'étendit sur le lit et, les mains croisées derrière la tête, ferma les yeux. Soudain pris d'une grande fatigue, il était sur le point de s'assoupir quand les gonds de la porte grincèrent. Il se releva.
-Percy? fit-il, surpris, en reconnaissant son ami. Qu'est-ce que tu fiches là?
-Je suis venu te parler. (Percy parut hésitant.) À propos de Calypso.
Léo écarquilla les yeux alors que son visiteur s'écrasait lourdement à côté de lui, sur le lit.
-Que...balbutia-t-il, incapable de trouver ses mots.
-Comment je sais? (Percy poussa un soupir et se frotta les yeux.) T'as prononcé son nom deux ou trois fois pendant que tu gisais à l'état de légume, ces derniers jours. On s'est demandé pourquoi, puis Piper a fait le lien entre quand tu as disparu et cette île, Ogygia. Et tout le monde a remarqué que tu avais changé de comportement depuis que tu étais revenu. Jason et Hazel ont dit que tu avais le coeur brisé.
Léo était abasourdi. Il avait l'impression qu'il venait de recevoir une table à la tête.
-C'est vrai qu'il me semble que Jase y a fait illusion quand il est arrivé, répondit-t-il après avoir encaissé la nouvelle. C'est bon, vous avez découvert mon plus grand secret, je me sens tout nu maintenant. Tu veux les détails? rajouta-t-il, plus agressivement qu'il ne le voulait.
Percy avait remarqué. Il balança ses pieds.
-Tu as de la rancœur envers moi, dit-il après un instant.
-J'ai pas de rancœur envers toi. Pourquoi j'en aurais?
-Tu as toutes les raisons du monde pour m'en vouloir, Léo, arrête de te mentir à toi-même.
Bien sûr que Léo avait de la rancoeur. En fait, à chaque fois qu'il croisait le regard du demi-dieu, il avait envie de lui coller un pain en pleine face.
-Tu l'as abandonnée, accusa-t-il. Tu n'as pas tenu ta promesse. Tu l'as laissée là-bas, toute seule pour le prochain millénaire, en attendant le prochain héro qui viendrait lui réduire le cœur en miettes pour une énième fois.
-Je suis désolé. Quand j'ai fait jurer aux dieux de la délivrer, j'avais oublié qu'il ne faut pas leur faire confiance côté promesses. J'ai cru qu'ils l'avaient fait et j'ai oublié toute cette affaire. C'est une des plus grosses erreurs de ma vie. Alors faute de pouvoir m'excuser à elle, je m'excuse à toi. Pardon, Léo.
Léo déglutit. Il était complètement désemparé. L'un des, voire le demi-dieu le plus puissant de l'histoire lui demandait pardon. Son ami Percy lui demandait pardon. Il fixa la fenêtre; d'où il était, il pouvait voir la colonie éclairée des lumières des bungalows et la silhouette des tentes des romains qui se détachait sur la ligne d'horizon. Il a passé tellement plus de temps que moi ici, songea-t-il avec amertume.
-Ça va pas la faire revenir, murmura-il finalement, une boule dans la gorge.
Percy se leva.
-Non, ça c'est à toi de le faire. (Léo leva des yeux étonnés sur son ami.) T'es Léo Valdez, le chef du bungalow des Héphaïstos, flamme boy et tout le tralala. Je sais que tu vas trouver une façon pour la rejoindre. Sinon tu t'en voudras autant que je m'en veux.
Il s'apprêta à quitter la pièce mais se retourna comme s'il venait de se souvenir d'un dernier truc.
-Oh, et je voulais te dire un truc, merci de t'être comportée comme... (incapable de trouver le mot, il désigna Léo de haut en bas.) Ben, comme toi, là. Arielle n'avait jamais autant rit depuis que je la connais. Quand on est sortis, elle m'a dit qu'elle t'aimait bien et qu'elle voudrait te rendre visite encore une fois.
Léo sourit.
-Dit-lui que ça fera très plaisir à Casey.
Percy ferma la porte, plongeant la pièce dans la pénombre. Léo envisagea un instant à allumer la lumière mais chassa l'idée, ressentant la fatigue de nouveau. S'enfouissant sous les draps en compagnie de sa protégée, il ne tarda pas à plonger dans un sommeil sans rêves.
La lune était haute dans le ciel quand Léo fut réveillé par des "toc toc". ensommeillé, il réalisa qu'ils provenaient de la fenêtre; en grognant, il se leva et alla les ouvrir. Aussitôt, une boule noire fusa par-dessus son épaule, faisant le saut à Léo qui faillit faire flamber les rideaux, et alla se poser sur le lit avant de se transformer en sino-canadien baraqué.
-Frank! s'écria Léo, maintenant complètement réveillé. Qu'est-ce que tu fais ici? Déso mec, si c'était pour faire une une visite nocturne, tu t'es trompé de chemin. C'est la Grande Maison ici, pas le bungalow d'Hadès.
-Je sais très bien où je suis, soupira le grand gaillard. Moi aussi je suis content de te voir.
Ils se firent un bump tout joyeux et tout sympa.
-On a bien cru que t'étais mort.
-Ouais, je pense qu'on me l'a dit une ou deux centaines de fois, acquiesça Léo. Mais revenons au sujet principal: qu'est-ce que tu fiches ici?
Frank se gratta le nez.
-Longue histoire. Hazel a dû t'en parler un peu. (voyant Léo qui se retenait de pouffer de rire, il rectifia:) Hazel t'en a parlé un peu.
-Ouais. Mec, rester coincé dans un arbre en dauphin, c'est assez unique. Comment t'as débarqué finalement?
Le romain gigota ("eh man, fait attention à pas écraser Casey") , clairement mal à l'aise.
-Je me suis transformé en girafe, avoua-t-il. (il ignora les gloussements de son ami.) Mais comme il faisait nuit noire quand j'y suis arrivé, j'ai eu peur que les harpies me voient et me bouffent le derrière alors j'me suis métamorphosé en chauve-souris et j'ai passé la nuit dehors. Et puis comme je pouvais pas dormir, je me suis souvenu qu'Hazel m'avait demandé un truc à propos de toi, alors je me suis dit que venir te déranger pendant que tu roupillais pourrait être divertissant.
-Merci man, j'apprécie l'attention.
-Ouais bon bref, je vais passer le plus clair de la journée à ronfler. (il se tourna vers Léo.) Donc, c'était quoi le truc que je devais t'expliquer?
Léo se gratta la tête.
-Eh ben, elle voulait que tu continues l'histoire qu'Annabeth n'a pas pu finir. Un truc à propos du fait que j'aie fait implosé l'arène ou je sais plus trop quoi. Dis, c'est vrai que j'ai fait ça?
Frank parut surpris. Il plissa le nez.
-Donc tu ne t'en souviens vraiment pas, hein... J'imagine que c'est pour ça qu'Hazel a tenu à ce que je vienne, confirma-t-il.
-Ouais, mais tu sais tu ne m'apprends rien pour l'instant. Tu veux bien enrayer? insista Léo.
Le visage de Frank se fit sérieux. Il le regarda droit dans les yeux.
-Mec, je te raconte tout à condition que tu ne m'interrompes pas avec tes bêtises, ok?
En entendant le ton grave de Frank, toute trace de rigolade s'effaça et l'atmosphère se fit lourde. Léo avait l'impression qu'une roche gigantesque pesait sur sa poitrine. Il déglutit et hocha la tête.
-Bon. Premier truc; quand on est arrivés et que t'as ouvert les yeux, ils étaient rouges. Mais, genre pas juste la pupille ou l'iris ou peu importe la partie de l'œil avec un nom bizarre; tout, tout rouge sang. Pas de blanc. On aurait dit les yeux d'une bête démoniaque. Et un quart de seconde plus tard, paf! ils sont redevenus normaux. Mais on avait pas rêvé.
Choc. Frank se tut pour vérifier si Léo avait quelque chose de stupide à dire, mais celui-ci tenait sa promesse.
-Deuxième truc, continua-t-il. Tu t'es battu, tu pissais le sang de partout, le dragon s'était transformé en tour du CN multicolore, etc. Mais à un moment donné, t'a grimpé sur son dos, tu dois t'en souvenir non? (le jeune homme opina.) T'as arraché une sorte de collier, le dragon a rapetissé, tu es tombé. Et à partir du moment où tu t'es fait électrocuté, tout est parti en couilles. Mec, le sol était en train de fondre, comment t'as survécu?
-Aucune idée.
-Ouais, enfin bref. T'étais en train de mourir sous nos yeux, alors pas mal tout le monde qui avait assez de cervelle pour savoir ce qui se passait était en train de paniquer grave. Mais là, quand le dragon s'est fait capturer, tu as tendu la main et... (Frank se se frotta l'arrière du crâne, cherchant ses mots.) Comment dire? Ton corps a tressailli vraiment très fort, puis c'est comme si tu t'étais évanoui. Mais au même moment, deux colonnes de lave ont surgi du sol, direct sous les pieds des monstres qui tenaient le dragon. En un clin d'oeil, ils étaient morts, complètement liquéfiés. Tu t'es levé, tu as fait apparaître une boule de magma démesurée de plusieurs mètres de diamètre style mini-soleil, et tu l'as envoyé sur une partie des estrades. Elle a traversé la sorte de protection plasma et a explosé. Tu as dû en tuer plusieurs centaines, voire peut-être un millier. J'en sais rien, il ne restai plus rien d'eux après.
Léo fronça les sourcils. Ça n'avait aucun sens. il contrôlait le feu, pas la lave, qui était des roches en fusion à température extrêmement élevée. Et il n'avait jamais testé de créer des flammes directement hors de son corps; d'habitude, il les projetait de ses paumes. Oui, cela n'avait absolument aucun sens.
-Et là, l'animateur a envoyé tout le reste de la salle ainsi que le reste des monstres-expériences qu'il devait avoir dû garder au cas où tu survivrais, enchaîna Frank qui semblait être bien ancré dans son rôle de conteur. Mais pendant qu'un nombre incalculable de monstres se jetaient sur toi, toi, tu semblais... Serein. tu as fait apparaître une énorme faux toute noire, une magnifique arme, mais même dans l'autre espace, on pouvait sentir la noirceur qu'elle dégageait. Et tu les a anéantis. Tous, sans survivants. Jamais un demi-dieu dans l'histoire entière ne s'était battu seul contre autant de ces horreurs; ils étaient probablement autant que l'armée que Gaïa avait envoyé sur le camp romain, voire même le double. Et une fois que tout était fini, tu t'es effondré,et Héphaïstos t'a transféré. J'imagine que tu connais déjà le reste.
Frank soupira, se leva lourdement et s'approcha de la fenêtre. Mais il ne se métamorphosa pas, comme s'il lui restait un truc à dire qui le tiraillait. Il hésita, puis céda finalement.
-il y a encore un chose. Pendant que je voyais les corps des monstres s'empiler l'un sur l'autre, j'ai réalisé un truc...
-quoi?
-Mec, ils ne se transformaient pas en poussière. (Léo ne pouvait pas voir son visage, mais la voix de Frank tremblait.) Je pensais que c'était parce qu'ils étaient déjà au Tartare, mais j'ai compris que c'était pas ça. C'était comme si... Tu les forçais à rester dans cet état. Comme des trophées. Ou pour continuer à les faire souffrir. Et en te voyant sourire pendant que tu faisais sauter leurs têtes comme des bouchons de liège, je n'ai pas pu m'empêcher de penser... Que le seul monstre dans la salle, c'était toi.
Sans rajouter un mot, il se transforma et s'envola dans la nuit noire.
Léo... Léo ne savait plus quoi penser. Il était complètement terrassé par les nouvelles qu'il venait d'apprendre. Il était incapable de lier le Léo qu'avait décrit son ami à lui-même.
Et soudain, comme si les mots de Frank étaient une clé qui avaient ouvert une porte invisible et cachée dans les tréfonds de sa mémoire, un flot d'émotions contraires lui submergea l'esprit. Se prenant la tête entre les mains pour s'assurer qu'elle était toujours là, il vit dans le miroir le reflet d'un Léo aux vêtements tachés de sang, un sourire aux lèvres, une énorme serpe à la main et aux yeux remplacés par des billes écarlates. Qui suis-je? Où suis-je? se demanda-t-il en reculant d'un pas, terrifié, paniqué, alors que les murs de sa chambre tournaient autour de lui, que la chaise et le bureau se fusionnaient en une ombre horrible, que la lune se dotait d'un horrible sourire et grossissait lentement pour l'avaler tout rond. Pendant un instant, il se convainquit que Frank lui avait menti, mais comme pour lui prouver le contraire, des flashs de sang et de mort vint lui brouiller la vue. Il lui semblait n'être qu'une boule de lumière tremblotante, perdue dans le labyrinthe de son âme. En gémissant, il s'allongea sur le lit et enfouit son visage dans l'oreiller. Il hoqueta et, sans s'en rendre compte, se mit à pleurer.
Et pendant que les ténèbres l'engloutissaient lentement, enveloppant son corps de tentacules ébènes, une voix résonna.
"Tu as voulu mon pouvoir?"
"Tu l'as cherché."
((J'AI FAIT DES CLINS D'OEIL AU SOLANGELO QUE JE SUIS DÉMONIAQUEMENT GÉNIALISSISME MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAH))
Bonjour bonsoir! J'espère que vous passez de belles vacances^^
Enfin! la partie 1 de cette fanfic est finie :) ce fut un sacré plaisir mais bon ne pensez pas que j'en ai fini avec vous! Je pensais que la partie 2 ne prendrait que 5 chapitres pas plus mais avec tout le bordel que j'ai inventé en chemin c'est tout juste si mon idée de base tient le fil ^^' Donc ouais bref c'est pas encore fini... et en plus ces derniers temps côté écriture j'ai la cervelle remplie de trucs random pour une idée d'esquisse du plan du brouillon du projet d'un manuscrit pouvant éventuellement aboutir à, bah ouais, une histoire :B Après ça serait génial que je puisse la publier en temps que roman pur et dur mais bon allez pas vous imaginer que je me prend la tête je sais bien que ma chance frôle le zéro mais LAISSEZ-MOI FANTASMER *s'agite dans un coin*
Ah oui et en passant déso si vous vous sentez offusqués ou wtv par rapport à comment Piper réagit, c'est juste qu'ayant le préjugé chez la plupart des "fans-qui-n'ont-lu-que-le-premier-tome" d'être une petite princesse clichée faible et sans caractère, c'est avec elle que je lui fait des pétage de plomb pour montrer que certain qu'elle a du caractère ;) et puis c'est super marrant (déso Pip' :|)
Si vous avez des questions à propos de la partie 1 que je n'aurait pas résolu (à part bien évidemment ce qui concerne la cicatrice, la mystérieuse voix, les yeux rouges, bref qu'est-ce qui s'est passé lors du chapitre Casey et qui aura des conséquences importantes pour la suite), des détails qui vous chicotent, des trucs que vous ne comprenez pas trop ou des sous-entendus/théories que vous souhaiteriez que je confirme, faites-le maintenant! Je réponds bien évidemment à tout :o)
J'espère que ce chapitre vous a plu et que je vous ai pas trop fait attendre :o) Les vacances se terminent bientôt, alors pour ceux qui comme moi sont encore étudiants, je vous souhaite de profiter au max les prochains jours!
Allez, ciao et bisoubisou! ;*
Oh, et dites, je devrais faire le pdv de qui pour le/les prochains chapitres? Je me dis que ça serait plus fastoche de continuer avec Léo, mais un peu de changement ne ferait pas de mal, voir les choses d'une personne différente peut parfois amener des changements intéressants...
Ps: Ok les mecs hier j'ai littéralement pété un câble parce qu'en revenant du camping j'ai essayé de me connecter sur le site pour écrire (3semaines sans ordi c'est trop pour moi) ET PUTAIN JE POUVAIS PLUS ME CO PARCE QUE MON ADRESSE MARCHAIT PLUS alors j'ai essayé de me co avec facebook mais ça m'a carrément créé un autre compte et c'est à ce moment que je me suis déconnectée (dans mon cerveau) et j'ai rédigé un commentaire sur un coup de tête. vous pouvez aller le voir mais prenez en compte que ce billet est maintenant annulé puisque j'ai compris pourquoi ça marchait pas (en fait j'avais changé l'adresse e-mail au cours de l'été et hier j'avais complètement oublié ._.) et donc oui c'était la petite capsule sur la vie pathétique d'isa dt à toute!
re-ps: la chanson que Will chantait au début, c'est Cheerleader de Omi. au cas où vous vouliez le savoir ;)
***Ellexa: Aoon mais t'es trop cute toi ahah ^.^ Alors comme ça t'es fan des couchers de soleil? moissi j'adore ça, en particulier les gens qui en peignent... Oh wow *S'envole dans un monde imaginaire* Ahah effectivement c'est assez logique mdr x) Et moi aussiiiiiii j'ai TELLEMENT été déçue pour la fin mais en même temps j'ai apprécié parce que j'ai l'impression que si Rick Riordan s'était forcé à tout décrire, bah ça aurait brisé l'effet Percy Jackson quoi... J'ai l'impression qu'il est pas façon Twilight côté romance ahah :P J'espère que tu profites bien des vacances, faut en profiter quand t'as des journées tellement intenses que tu commences à imaginer des histoires de quêtes de peindre des couchers de soleil en allant cueillir des papillons près d'un arc-en-ciel accompagnés de licornes ;) ALLEZ comme je dis profites-en au max et bisous bisous! :*
***Killua Minamoto: Hey hey! I'm happy to see that you appreciated my last chapter ^^ Of course I can speak english if it can help you to understand and you can too (I think I'll undestand better if you do ahah (coughshittygoogletranslatecough), but I'm kind of young so sorry if there's any mistakes ;) Yes I agree, french is an hard language, especially to translate because of all the, well, the words :/ You're really amazing to know enough to understand this fanfic! Arigato gosaimasu to read it :3 And HELL YEA KILLUA IS AMAZING yo. So powerful. So attractive. So lovely. So sexy -oook I'll stop :P Well that was funny to write in english, I hope you liked this chapter and see ya for the next! Kissus ^w^
***Lyli: Coucou! ahah effectivement ton commentaire m'a presque fait sauter dans ma cuisine pendant que je déjeunais mais bon je mangeais des céréales alors ça aurait fait un sacré bordel (humhum c'est drôle ça me rappelle un truc...NUTELLA (the art of suprise eheh^^)) Wow je pensais que pas que l'effet coucher de soleil était aussi intense, comme j'imagine que tu as pu voir Ellexa aussi y a réagit... On se créera un club de nerds fans-de-couchers-de-soleil ;) Même si j'imagine que si tu fais un smiley triste après un "expérience perso" ça doit pas être des supers souvenirs :(... Entk MOI AUSSIIIIII J'AI LU SOO et MON DIEU que c'était émouvant tu te rends comptes? Ça fait presque dix ans que Rick sort un livre par année alors t'imagines comment les gens qui suivent les Percys depuis le début ressentent? Genre comme un bon gros coup de poing right in the feels avec C'EST FINI MEC PLUS D'AVENTURES AVEC PERCY PLUS DE CALÉO PLUS DE SHIP PLUS D'HISTOIRES TOUT CE QUI RESTE C'EST LE FANDOM MOUAHAHAH écrit dessus argh D: moi perso jme souviens le premier Percy que j'ai lu c'était lors de ma toute première journée de secondaire, j'étais nouvelle parce que je vais de déménager et telle l'antisociale que je suis je me l'étais acheté la veille *.* Que de souvenirs... Enfin bref t'es tellement adorable aww le truc à propos d'être la première à acheter mes livres... JTAIME FORT TOI :3 Mais bon avant de se plaindre d'être attachée au soleil et aux plages soit heureuse d'en avoir ahahah... (situation actuelle) *va pleurer dans un coin* Enfin bref bonnes vacances à toi aussi, profites-en bien!
Ps: à propos de ton ps t'inquiètes c'est ben correct ahah x) Même que je me sens honorée j'espère que t'as eu une bonne note ;)
Re-Ps: oh et DEVINE QUOI quand je me suis rappelée que t'habitais en Martinique je me suis souvenue qu'une de mes amies vient tout juste de déménager sur l'île de Trinidad and Tobago (un truc du style) alors bon c'est peut-être pas la ville d'à côté mais si un jour par absolument pur hasard tu croises une fille nommée Marie-Pascale (c'est pas un nom super commun ça) avec des lunettes, des cheveux bruns touffus, qui a un air de savant fou, qui parle tout le temps manga et qui est nulle en anglais, c'est elle! :D
Rere-ps: Ooooh tu serais étonnée de l'étendue de sadisme que je peux effectuer quand je le veux 'V' Mais du gentil sadisme. Genre tuer des personnages. Et les rescussiter pour les faire souffrir encore plus. tu me crois si je dis que mes bouts préférés à lire et écrire, c'est quand les persos souffrent. Ouais. Mais t'en vas pas ;_;
***5: h? Qu'est-ce que c'est ça? voyons la lettre h n'existe actuellement pas regarde abcdefgijklmnopqrstuvwxyz ah ben tabarouette!
(Je blague ;))
***Nicolas: Salut! Je suis heureuse que t'aie aimé ^.^ Mais bon perso je suis plutôt Mouahahah! Côté diabolique, viens-t-en! B) ahah et à propos de Léo papa, tu peux déjà juger par toi-même alors qu'en penses-tu? Et le Bts, hmm hmm, ça a l'air plutôt sympa, j'espère que tu apprécie un max ;) eh ouais les grandes soeurs, les fléaus de l'humanité (bon en même temps je suis moi-même une grande soeur donc...) enfin je suis plutôt bien tombée elle est sympa quand elle le veut ;) Merci, j'ai passé un super voyage (malgré quelques écarts côté relations...), j'ai bien pris soin de moi comme tu dis et tout et tout :B Bref, bon reste de vacances! :*
