INTERROGATOIRE DE BJÖRN EINAR ROMOEREN
Dans la pièce d'à côté, Morgan et Rossi interrogeaient le Norvégien Björn Einar Romören. Il avait les cheveux raides, coupés au carré sur les épaules. Il avait plus l'allure d'une rock star ou d'un viking avec sa petite barbichette que d'un athlète. Son visage était long et fin tout comme ses traits.
- Pourquoi suis-je là? Vous croyez que c'est moi? demanda-t-il.
- C'est la procédure, répondit Rossi sans donner plus d'explications.
- Comment avez-vous vécu la compétition? Est-ce frustrant que l'entraîneur ne vous ait pas sélectionné? demanda Morgan.
- Bien sûr. J'aurai pu faire un bon résultat, mieux que Johan Remen Evensen. Un podium, peut-être pas, expliqua le blond Norvégien.
- Y a-t-il des personnes dans votre équipe qui serait sur les nerfs ou plus agressives que d'habitude? questionna Rossi.
- Voyons... Mika. Mais je crois que c'est son état normal.
- Personne d'autre? demanda Rossi qui savait que Kojonkoski n'était plus dans les suspects.
- Hum... peut-être Anders un peu. Il a terminé 4ème pour 0.2 point. C'est rangeant. Mais après une bière, ça allait mieux.
- Il vous a parlé des meurtres? Que pense-t-il de ce qui s'est passé? demanda Morgan
- Oui, il en parle beaucoup. Je ne sais pas si c'est de la fascination ou de la peur. Il fait plein d'hypothèses pour essayer de deviner qui ça pourrait être, expliqua Romören.
- Ah oui? Et à qui pense-t-il?
- Tous ceux qui aimeraient être devant comme Malysz, Morgenstern, Ahonen. Mais aussi les seconds couteaux comme on les appelle vulgairement ou les viennent ensuite. Il pensait à Hautamäki, Neumayer et Kofler je crois. Mais il faudrait lui demander pour être sûr.
- Et vous? demanda Morgan. A qui pensez-vous?
- Je ne sais pas trop. Mais j'aime bien les hypothèses d'Anders. Par contre, je lui ai déconseillé de faire des paris. C'est un peu macabre, je trouve.
- Là, je suis d'accord avec vous, avoua Derek avec un hochement de tête.
- Que faisiez-vous déjà les samedi et lundi soirs? demanda Dave.
- Samedi soir, j'ai fait mon jogging puis je suis retourné à l'hôtel pour me relaxer avant d'aller dormir et lundi soir, je suis allé acheter des cartes postales avec Johan. On les a écrites au café puis on est rentrés, expliqua-t-il.
- Avez-vous déjà mangé ce genre de bonbons? demanda Morgan en tendant la photo du papier au sauteur.
- Non mais vous rigolez? Savez-vous ce que c'est cette saloperie? C'est de la réglisse salée! Y a que les Finlandais qui peuvent les manger tellement c'est infect. On leur en met dans le biberon quand ils sont petits pour qu'ils s'habituent, expliqua le Norvégien.
- De la réglisse salée? Eurk, commenta Morgan avec une grimace.
- Et que pensez-vous de ça? demanda Rossi en mettant les photos des victimes sur la table devant le pauvre Norvégien.
- Cachez-moi ça! C'est horrible. Non, je ne peux pas regarder. Désolé, dit-il en détournant le regard et en repoussant les photos contre les agents.
Morgan reprit les clichés et les rangea dans le dossier qui était pausé sur la table.
- Merci Monsieur Romören. Je croix que ça sera tout, lui dit Rossi pour qui, le Norvégien, ne pouvait pas être le tueur.
- Merci. Dites-moi que vous avez une piste. On a tous peur.
- Navré de ne pas pouvoir vous répondre. C'est confidentiel. L'affaire et en cours, lui répondit Morgan désolé.
