Bonsoir
Alors tout d'abord je m'excuse pour ne pas avoir répondu aux review.
Je suis tombée très malade, ça va un peu mieux mais je suis loin d'être remise à 100%.
Toutes mes excuses j'essayerais de le faire pour la semaine prochaine.
Merci à i en tout cas à toute pour les reviews ! Je fait n merci général tout de même.
Vous êtes incroyables. Nous avons dépassé les 1000 Reviews et c'est grâce à vous MERCI !
Je vous laisse maintenant avec ce nouveau chapitre.
Bonne lecture.
Il était 4h quand je me levai. J'étais réveillée depuis plus d'une heure à cause d'un cauchemar. Cette fois, je n'avais pas crié, j'avais juste été agitée. Edward m'avait laissée reprendre mes esprits avant de nous rallonger l'un contre l'autre. Il avait vite replongé dans le sommeil alors que moi, j'en avais été incapable.
La soirée de la veille avait été géniale, nous avions atterri dans une pizzeria, tout ce qu'il y avait de plus simple. Nous avions parlé d'un peu tout, pas forcément de sujets intéressants, puis Laurel l'avais appelé et enfin nous avions imaginé les conversations des autres clients, un petit jeu que je trouvais fort amusant. Nous avions bien ri. Après le restaurant, nous nous étions promenés main dans la main avant de rentrer chez moi. Mes parents déjà couchés, je m'étais laissée persuader par Edward de le laisser me faire l'amour.
En me levant du lit, je l'observai, endormi sur le côté, un bras sous le cousin, une jambe pliée par dessus le drap dévoilant une partie de son magnifique postérieur. J'appréciais vraiment sa présence et sa bienveillance mais j'avais besoin de me retrouver seule un petit moment. Je m'habillai puis sortis de la salle de bain. Je me préparai, le plus silencieusement possible, un petit-déjeuner que je mangeai en lisant le journal de la veille que mon père avait délaissé sur la table de la cuisine.
Ma lecture et mon estomac rempli, j'allai dans le garage où j'avais laissé un ou deux cartons d'affaires. Je dénichai la petite robe noire que je cherchais. Jacob me l'avait offerte et il adorait quand je la portais, je l'avais déjà mise pour les funérailles de mes deux grands-mères. Je trouvai ensuite les ballerines noires qui allaient avec la robe, puis mis la main sur Marcel, un petit singe en peluche qu'il m'avait gagné à la fête foraine. Il avait été déçu car il voulait remporter une de ces grosses peluches que personne ne gagne jamais, au lieu de ça il avait eu une peluche que j'aurais pu mettre en porte clef. Je l'avais quand même adoré, puis nommé Marcel, en référence au singe de Ross dans la série Friends, et ce soir-là, j'avais embrassé Jacob pour la première fois. Cette petite peluche avait pris une signification particulière dans notre histoire.
Avant de quitter le garage, je pris deux albums photos que j'avais besoin de regarder, j'ignorais pourquoi d'ailleurs, ça risquait de me faire plus de mal qu'autre chose. Mes affaires bien en mains, je regagnai la maison, remontai dans ma chambre pour poser ma robe, mes chaussures et Marcel, j'attrapai mon sac où je fourrai les albums photos avant de me retourner vers Edward. Il dormait au milieu du lit, sur le ventre sans aucun drap le couvrant. Edward totalement nu et exposé. Si ma mère entrait en voulant nous réveiller, elle serait sans doute ravie de l'accueil. Refusant que cela arrive, je réussis à le couvrir en remettant mon drap sur lui.
Je sortis ensuite de la pièce, puis de la maison dans un but bien précis. Pas très rassurée de marcher seule dans les rues à presque 5h du matin, je fourrai ma main dans sac pour agripper mon spray au poivre, j'étais prête à m'en servir au moindre problème. Après environ vingt minutes de marche, j'arrivai devant l'immeuble que j'avais habité avec Jacob. Dix minutes après, j'étais sur la plage où nous avions nos habitudes.
J'enlevai mes chaussures et avançai pieds nus sur le sable vers la mer. Je ne m'arrêtai qu'à la lisière où le sable devenait humide, préférant rester sur la partie sèche. Je m'assis, repliant les jambes vers moi, les collant sur ma poitrine et mes bras les entourant. Pendant un moment, je ne m'autorisai pas à penser, je me contentai d'écouter les vagues s'échouer sur le sable à quelques centimètres de moi. C'était calme et reposant. Ce bruit familier me rassurait aussi, j'étais chez moi.
Je finis par m'allonger, les jambes toujours pliées, ma tête posée sur mon sac. Je croisai mes doigts sur mon ventre et observai le ciel clair étoilé. Je repérai l'étoile la plus brillante, l'étoile du berger ou Sirius, ensuite j'essayai de repérer les autres constellations. Jacob avait essayé de me les apprendre, mais je n'arrivais jamais à les voir.
Nous venions nous allonger sur nos serviettes de plage, l'un contre l'autre, les yeux rivés vers le ciel, nos doigts enlacés. Nous venions d'emménager dans notre immeuble, ça devait être un an avant que notre amour ne disparaisse totalement. Je me souvenais de ce moment comme si c'était hier.
Flashback
- Bon, alors tu vois l'étoile qui brille le plus ?
- Oui, l'étoile du berger.
- En vrai, elle s'appelle Sirius...
- Sirius ? Comme le parrain de Harry Potter ?
- Ouais... et elle fait partie de la constellation du grand chien, je suppose que c'est pour ça qu'il se transforme en chien... bref.
- Je ne vois pas de chien dans le ciel.
- Je voulais juste voir si tu voyais bien cette étoile, pour voir les autres c'est bien de pouvoir l'avoir en référence. La constellation la plus simple c'est la petite ours.. Juste ici, regarde.
De son index, il dessina dans le ciel, probablement pour relier les étoiles entres elles. J'avais beau plisser les yeux, je ne voyais rien.
- Je dois voir quoi ?
- Une casserole.
- Tu es sérieux ? Je m'attendais à un ours, ou quelque chose en rapport avec un ours. Pas une casserole.
- C'est comme ça. Regarde bien, on la voit super bien, elle est magnifique.
J'essayais, vraiment, de toutes mes forces mais rien.
- Non désolée... Pourquoi la petite ours ? Pourquoi pas la petite casserole ?
- Oh Bella... J'imagine que tu ne verras donc pas la grande ours ?
- Elle ressemble à quoi ? Une chaise ?
- Ce n'est pas drôle. C'est très sérieux.
- Chéri, je t'aime de tout mon cœur mais je ne vois absolument rien. Je ne vois que des points blancs qui brillent dans le ciel. Je ne vois pas de chien ou de casserole.
- Tu n'as même pas essayé.
- En fait... Je trouve ça fascinant de penser que toutes ces étoiles sont en réalité des planètes. Nous nous croyons si grands alors que nous sommes tout petits dans l'univers.
- Oui, finalement nous ne sommes pas grand-chose. Peut-être que quelque part, d'autres planètes connaissent la vie. Qui sait...
- Peut-être même qu'un autre couple regarde lui aussi le ciel en se faisant la même réflexion.
- Une chose est sûre, la fille ne peut être aussi belle que toi.
- Jacob...
- C'est vrai. Tu es avec moi, je ne vois que toi. Tu es ma constellation à moi.
- Tu essayes de me séduire ?
- Est-ce que j'y arrive ?
- Et si on laissait tomber les étoiles et qu'on rentrait chez nous ? Au lit ?
- Voilà quelque chose que tu visualises clairement n'est-ce pas ?
- Est-ce que c'est un oui monsieur Black ?
- Bien sûr que c'est un oui madame Black !
Fin du Flashback
Je souris, en même temps que les larmes coulaient aux coins de mes yeux. Aujourd'hui encore, je ne comprenais rien à la carte des étoiles mais je chérissais ce souvenir, comme beaucoup d'autres. Je finis par me relever et pris un des albums dans mon sac. Je tombai sur celui de notre voyage de noce, mes parents, son père, qui à l'époque m'adorait, et nos amis nous avait offert un voyage d'une semaine dans les caraïbes. Nous avions nagé avec des dauphins, fait de la plongée, j'avais eu le meilleur bronzage de toute ma vie. Quand nous n'étions pas enfermés dans notre chambre ou en excursion, nous avions passé notre temps dans l'eau ou sur une chaise longue. Bien sûr, nous avions capturé le moindre moment de cette semaine de rêve.
Le ciel devenait plus clair mais le soleil ne se montrait toujours pas, pourtant il ne tarderait pas à se lever. J'attrapai un deuxième album quand un frison me parcourut. Je n'étais plus seule mais étrangement, mon corps ne paniquait pas. Je pouvais sentir une certaine distance entre moi et la personne. Je tournai la tête, sachant à l'avance qui j'allais trouver. Edward, assis à quelques mètres de moi, me fit un petit signe de la main pour me saluer. Je souris et l'invitai à me rejoindre. J'en avais assez d'être seule, je savais qu'il ne parlerait pas si je ne le faisait pas la première, il serait juste présent, pas intrusif si je ne lui permettais pas.
Il se leva et s'installa à côté de moi, sans un mot, il ne me touchait ou ne me regardait même pas, juste un effleurement. Je l'observai et durant un instant, j'eus peur qu'il soit en colère à cause du fait qu'il se soit réveillé seul. Son visage était neutre, il se contentait de fixer l'horizon. Il n'était toujours pas rasé, il portait une chemise bleue à manches courtes par-dessus un marcel blanc et un bermuda beige avec des tongs, il n'avait ni casquette, ni lunettes de soleil.
- Je suis désolée d'être partie.
- Je ne t'en veux pas.
- Comment tu m'as trouvée ?
- J'ai demandé à ton père et il m'a prêté sa voiture. Je savais que tu avais besoin d'être seule. Je voulais juste m'assurer que ça allait, t'avoir à l'œil.
- Je vais bien. Merci.
- Je peux t'attendre dans la voiture si tu préfères. Je comprends parfaitement.
- Non. Reste. Tu n'as pas le droit de louper le lever de soleil, c'est juste magnifique.
- Je serai ravi de voir ça. Qu'est-ce que c'est ?
Il désigna les albums posés sur le sable. La curiosité avait pris le dessus, je voyais qu'il regrettait d'avoir posé la question. Je regardai l'heure, 6h20, il nous restait encore quinze minutes. Je saisis l'album blanc et le posai sur mes genoux, caressant la couverture du bout des doigts.
- C'est ma vie avant toi.
- Je ne voulais pas...
- Non, ça va. Tu veux me voir à dix-huit ans ?
- Oui. Ton mariage ?
Je me contentai de hocher la tête et ouvris le roman de mes souvenirs de mariage. La première photo était une de Jacob et moi, de dos main dans la main, debout devant l'autel à écouter le pasteur. Sous la photo, il y avait écrit d'une belle calligraphie nos noms et la date du jour. Il y avait aussi une petite pochette en tulle où nos deux alliances étaient mises. Jacob et moi ne voulions rien jeter, il avait eu l'idée de conserver nos alliances ensemble dans cet album.
Je tournai la page, il s'agissait de moi, encadrée par mes parents. J'étais coiffée d'un gros chignon, avec des fleurs piquées dans mes cheveux, je ne portais qu'une petite robe blanche à manches courtes tombant au-dessus de mes genoux, avec des escarpins blanc. Je n'avais pas eu les moyens de me payer une vraie robe de mariée, j'avais été triste sur le moment de ne pas avoir ma robe de princesse, mais j'avais vite compris que la robe n'était qu'un détail. Et puis j'aimais celle que j'avais porté ce jour-là.
- Tu n'as pas trop changé, tu es toujours aussi belle. Et jolie robe.
- Merci. Je n'avais pas les moyens d'en acheter une vraie.
- La robe n'est qu'un accessoire. Et lui, c'est donc Jacob ?
Il me montra la photo suivante, celle de Jacob avec son père.
- Oui, c'est lui.
- On ne se ressemble pas du tout lui et moi.
- Je n'ai pas de type d'homme défini.
- C'était un beau garçon. Il t'aimait.
- Comment tu peux savoir ?
- Tu as vu comment il te regarde sur cette photo ? Ça se voit comme le nez au milieu de la figure qu'il est raide dingue de toi
Je me contentai de sourire, puis je finis de feuilleter l'album en silence. Je laissai échapper un soupir avant de tout remettre dans mon sac. Le soleil se levait, nous pouvions le voir. Prise d'une envie soudaine de me rapprocher le plus possible de lui, je bondis sur mes pieds. Edward me regarda surpris mais ne bougea pas. J'entrepris d'enlever mes vêtements après avoir regardé si quelqu'un d'autre était présent. Je ne gardai que mes sous-vêtements et je me dirigeai vers l'eau. Elle était bonne, la différence de température ne se faisait pas encore trop ressentir.
J'avançai jusqu'à avoir de l'eau sous la poitrine tout en fixant le ciel teinté de rouge et d'orange qui voyait s'élever l'étoile jaune. Je me sentis soudainement terriblement triste, mes yeux piquaient à cause des larmes, mon corps tremblait, mon cœur s'emballait. Je continuai de fixer l'horizon, retenant mes sanglots pour ne rien louper du spectacle. Quand enfin, il se fixa dans le ciel pour rayonner je laissai mes pleurs me dominer.
Cette journée serait dure pour moi, je disais adieu à plus de 8 ans de ma vie. Jamais personne ne m'enlèvera de la tête que tout cela était de ma faute. Je regrettais terriblement de ne pas l'avoir vu une dernière fois, même branché à des machines j'aurais voulu lui tenir la main et lui demander pardon. J'avais peur qu'il m'en veuille, je n'avais jamais cru avant ça qu'il puisse y avoir une vie après la mort, hors là, j'étais convaincue qu'il me regardait et ne pas savoir ce qu'il pensait me faisait mal.
- Bella...
Edward m'avait rejoint, il me prit dans ses bras et je me laissai aller contre lui. Heureusement qu'il était là, j'ignorais comment j'aurais pu surmonter mon chagrin sans lui. Je ne voulais pas imaginer ce dont j'aurais été capable si j'avais été seule. Je finis par me calmer mais je ne dis pas un mot. Je me contentais d'écouter battre le cœur d'Edward à rythme régulier, un son apaisant, tout comme celui de l'eau qui venait s'écraser contre nos corps.
- Nous devrions rentrer Bella. Ou retourner sur la plage, on va attraper froid comme ça.
- Oui. Rentrons, j'en ai fini avec cet endroit.
Il embrassa le haut de mon crâne avant de prendre ma main et de sortir de l'eau. Je me rhabillai en gardant mes sous-vêtement, tant pis si j'étais trempée, la maison n'était pas loin. Edward fit de même avant de reprendre ma main et de nous faire avancer jusqu'à la voiture. Le trajet se passa en silence, je ne pensais à rien, je me contentais de regarder par la fenêtre. Arrivés à la maison, je trouvai mon père devant la télé, j'allai l'embrasser sur la joue avant de monter dans ma chambre, suivie par Edward.
- Je vais prendre une douche Edward.
- D'accord. Je viens avec toi !
- La douche est étroite.
- Ce n'est pas un problème. Je serai sage.
- D'accord. Ton avion est à quelle heure ?
- 18h. Pourquoi ?
- Tu crois qu'il y aura de la place pour moi ?
- Tu veux rentrer ?
- Oui.
- Tu ne veux pas profiter de tes parents ?
Nous étions sous la douche, l'eau chaude glissait sur nous. Je pris le temps de trouver mes mots avant de lui répondre.
- Une autre fois. Je suis revenue chez moi pour de mauvaises raisons, plutôt à cause d'une triste raison. Je veux en finir avec ce deuil, rester ici alors que Jacob vient de mourir me rendra triste tout le temps que je serai ici. Je veux pouvoir rentrer à Seattle, travailler, m'investir dans notre relation. Je veux revenir ici, voir mes parents, heureuse et sans avoir ce sentiment de culpabilité et de tristesse comme maintenant. Je ne suis pas venue ici pour des vacances.
- Je comprends. Et j'espérais que tu rentres avec moi. J'ai déjà un billet pour toi.
- Vraiment ?
- Oui, une petite, toute petite partie de moi y croyait, alors j'ai pris les devants. Je ne voulais pas qu'on voyage séparés si jamais tu rentrais avec moi. Tu es fâchée ?
- Non. Tu as eu raison.
- Ok. Je suis content que tu rentres. Je suis trop nul pour gérer et organiser mon agenda ! J'ai besoin de mon assistante !
- Pauvre Edward.
Il rit et nous sortîmes de la douche après nous être lavés.
- Tu as un rasoir Bella ?
- Pourquoi ?
- Pour me faire le maillot.
- Si c'est pour ça non !
- Je voudrais me raser. On dirait que je vais couper du bois là ! Edward bûcheron !
- Moi j'aime bien, attends ce soir non ?
- Ils vont me prendre pour un terroriste à l'aéroport.
- N'importe quoi. Et puis tu as vu comme tu es pâle ? Mais si ça te rassure tiens, il est neuf, la mousse est dans le placard sous le lavabo.
- Parce qu'il n'y a pas de terroriste blanc peut-être ? Mais merci chérie pour le rasoir.
Je le laissai dans la salle de bain et me préparai pour les funérailles. Une messe avait lieu à 11h et la mise en terre était à 13h, il y avait ensuite un repas chez la famille de Jacob, bien entendu je n'irai pas. Je séchai et lissai mes cheveux avant de remonter les mèches de devant que j'attachai à l'arrière de ma tête pour dégager mon visage. Je me maquillai sobrement, juste du mascara, waterproof, bien sûr et un peu de gloss. J'enfilai ensuite ma robe, noire, arrivant aux genoux, avec un col bateau à petites manches courtes. La jupe était légèrement bouffante.
- Wah Bella tu es sublime.
- Merci... Jacob m'avait offert cette robe, il adorait quand je la portais.
- Il avait du goût.
- Oh, je ne sais pas.
- Rien que le fait qu'il t'ait épousée le prouve.
Je me contentai de sourire avant de m'asseoir sur le lit et de le regarder s'habiller de son costume noir. En descendant dans la cuisine, ma mère me confia qu'elle trouvait mon compagnon très intimidant en costume et rasé de près, mais qu'il n'en était encore que plus beau. Je ne pouvais que l'approuver. J'informai mes parents de mon départ en fin de journée, ma mère regretta de ne pas m'avoir plus longtemps à la maison mais je les invitai à venir me rendre visite quand ils le souhaitaient.
Dans la voiture, je guidai Edward jusqu'à l'église où avait lieu la cérémonie. Il y avait beaucoup de monde, je les connaissaient tous. J'ignorais ce que nos amis pensaient de moi, étaient-ils tous du même avis que le père de Jacob ? Je l'ignorais... je ne voulais pas savoir. Toujours dans la voiture, je regardai de loin les acteurs de ma vie passée entrer dans l'église. Edward resta à mes côtés, silencieux. Nous sursautâmes quand trois petits coups à ma vitre retentirent. C'était Elaine, la deuxième femme du père de Jacob, ils avaient divorcé peu avant mon propre divorce. D'abord terrifiée, je n'osai pas bouger, mais elle me sourit et je sortis de la voiture.
- Elaine...
- Bella. Je suis heureuse de te revoir.
Elle s'avança pour me prendre dans ses bras mais je reculai, je détestais toujours autant que l'on me touche, Edward était l'exception, alors quand je pouvais éviter un contact je le faisais. Elaine s'arrêta dans son élan, ne comprenant pas mon geste. J'avais toujours beaucoup aimé cette femme, je n'avais connu qu'elle, la mère de Jacob était morte quand il était jeune.
- Désolée... depuis l'agression je... n'aime pas trop le contact...
- Oh je vois. Je l'ignorai. Je t'ai vue de loin dans la voiture... je voulais te dire que je ne suis pas d'accord avec Billy. Je ne comprends pas sa réaction, tu n'y es pour rien ma chérie. Tu le sais n'est-ce pas ?
- Le résultat est le même, je n'ai pas pu le voir, je n'ai même pas le droit d'être ici.
- C'est injuste. Jacob n'aurait jamais voulu ça. Tu n'es peut-être plus sa femme mais il t'aimait d'une profonde amitié.
- Je l'aimais aussi, je l'aime toujours. Le cercueil est ouvert ?
- Oui...
- Est-ce que tu peux lui donner ça ? Je voudrais qu'il l'ait avec lui.
- Marcel ? Bien sûr, je lui donnerai... Tu es sûre ?
- Il m'a draguée en gagnant ce singe, je l'ai embrassé pour l'en remercier, il avait mis ma bague de fiançailles, autour du bras de Marcel... J'avais fabriqué une couche en papier que je lui avais mis pour annoncer ma grossesse... Marcel doit être avec lui Elaine.
- D'accord. Je lui donnerai et personne ne lui enlèvera.
- Merci.
- Tu vas assister à la messe ?
- Oui, mais je vais attendre que tout le monde soit dehors et je vais rester au fond.
- Courage ma chérie.
Je tentai un sourire et comme j'aimais vraiment beaucoup cette femme, qu'elle ne m'en voulait pas et me soutenait, je la pris dans mes bras pour une brève étreinte. Elle me la rendit avant de s'éloigner tenant dans ses mains le petit singe en peluche qui comptait tant pour Jacob et moi. En remontant dans la voiture, je sentis le regard d'Edward sur moi.
- C'était l'ex belle-mère de Jacob.
- Tu m'as dis que tu n'avais pas d'enfant.
- Et je n'en ai pas.
- Mais...
- Tu ne m'as jamais demandé si j'étais tombée enceinte.
- Bella, excuse-moi.
- J'ai perdu le bébé. J'étais à presque trois mois. C'était un accident, mais on avait décidé de le garder. Nous pensions que nous n'étions pas prêts pour être parents, nous avons vu cette perte comme un signe disant que l'on pensait vrai. C'était juste un peu avant que notre relation en tant que mari et femme ne s'arrête.
- Je te demande pardon. Je suis désolé.
Je n'ajoutai rien, il n'y avait rien à dire. J'avais presque réussi à oublier ce moment de ma vie, Jacob et moi n'en avions jamais parlé. Alors que les cloches se mirent à résonner, je sortis de la voiture accompagnée d'Edward et discrètement nous nous installâmes dans le fond de l'église, personne ne fit attention à nous. Bien sûr de là où j'étais je pouvais voir le cercueil mais je ne voyais pas Jacob, je ne pouvais pas voir son visage. J'aurais pourtant tellement voulu...
La cérémonie était très belle, les hommages émouvants mais aucun ne me fit pleurer. J'avais l'impression que ces gens-là ne le connaissaient pas, pendant près de 10 ans je l'avais vu tous les jours, j'avais vécu avec lui pendant 8 ans, avant notre mariage nous passions déjà tout notre temps ensemble, je savais tout de lui et eux rien. Leurs paroles étaient juste de beaux discours mais sans fondement. J'eus même envie de rire quand Kate, une ex amie à nous, raconta une anecdote qui m'était arrivée avec Jacob en remplaçant mon identité par la sienne. C'était tous des hypocrites.
Billy, le père de Jacob, fut le dernier à prendre la parole, bien évidement il ne parla pas de moi, comme si mes 8 années de mariage avec son fils n'avaient pas existé. La seule fois où je fus évoquée c'est quand il parla de la cruelle personne sans cœur qui avait pris la vie d'un innocent pour être défendu. À ce moment-là, je vis les poings d'Edward se serrer. Quand le pasteur reprit la parole pour une dernière prière avant de quitter l'église pour la mise en terre, mon compagnon me fit sortir du lieu saint afin de rejoindre la voiture.
- Comment ça va ?
- Ce sont tous des menteurs et des hypocrites ! Personne ne connaissait vraiment Jacob, ils ont tous parlé pour ne rien dire. Et cette pétasse de Kate qui raconte quelque chose qui ne lui est jamais arrivé comme étant le plus beau jour de sa vie... Ah ah laisse-moi rire !
- Ce qu'a dit le père de Jacob... C'est faux, tu n'es pas sans cœur et tu n'as rien pris du tout.
- Qu'ils aillent au diable ! Je suis là pour Jacob, rien d'autre. Je ne veux plus avoir affaire à des menteurs.
- Où va-t-on ?
- On va manger et on ira au cimetière ensuite. Je ne veux croiser personne et me recueillir en paix.
- D'accord.
Il démarra la voiture et se mit en route pour le centre ville. Il nous arrêta devant un restaurant choisi au hasard. On nous installa et j'étudiai le menu sans vraiment réussir à déchiffrer les lettres qui dansaient devant mes yeux. Quand le serveur arriva pour notre commande je répondis simplement après Edward '' La même chose merci '' On nous avait alors repris nos cartes et Edward avait saisi ma main.
- Parle-moi. Je suis là, ne te ferme pas.
- Je ne me sens pas aussi triste que je l'aurais pensé. Les entendre m'a rendue en colère. Je trouve ça incorrect vis-à-vis de Jacob. Ils ne l'ont pas honoré.
- Tu l'as dit, personne ne le connaissait comme toi.
- Il aurait détesté ses funérailles... Est-ce que tu crois à la vie après la mort ?
- Hum... non. Pour moi une fois mort, on est mort, il n'y a rien après. Tu y crois ?
- Je voudrais y croire, j'aimerais me dire qu'il est toujours là, qu'il me regarde et me guide mais... c'est impossible.
- Je pense que l'on croit à ce qu'on veux croire. Si tu veux croire que Jacob veille sur toi alors va-y, du moment que tu ne penses pas qu'il te regarde pendant qu'on fait l'amour ça me va.
- Edward...
- Je suis sérieux Bella. Regarde, on dit aux enfants que le père Noël existe, pourquoi le fait-onalors que tous les adultes savent que c'est faux ?
- Par cruauté ? Pour briser leurs rêves quand ils apprennent la vérité ? Pour leur prouver que mentir fait du mal quand la vérité est révélée ?
Il m'étudia quelques instants avant de reprendre.
- Non Bella. C'est pour les pousser à croire à quelque chose de bon, quelque chose d'heureux. Ça fait partie de la magie de Noël. Ça pousse les enfants à travailler leur imaginaire, à faire partie d'un rituel social qui fait parti de notre vérité de la vie ! Tout le monde sait que le père Noël n'existe pas mais tout le monde joue le jeu parce que ça rend heureux, que les enfants ont les yeux qui brillent d'impatience.
- Non, Noël n'est rien d'autre que la naissance d'un enfant qui selon les scientifiques ne serait même pas né un 25 décembre ! Ça n'a aucune valeur, aucun sens, c'est comme... la saint Valentin ou ces fêtes débiles. Pourquoi on fait ça ? Dans quel but ? Quel est l'intérêt ?
- La tradition, le sens du partage, une occasion de se réunir en famille, partager un moment heureux, faire plaisir aux autres, transmettre des valeurs. Préparer quelquechose ensemble, apprendre la patience aux enfants. Juste être heureux Bella. Je t'accorde le fait que la date de naissance du Christ n'est probablement pas la bonne mais on s'en tape. On veux juste être heureux en famille. L'agression était pendant la période des fêtes c'est ça ? Tu as tout perdu même tes croyances...
- C'était début décembre.
- Tu ne dois pas cesser de croire aux choses... Tu es brisée, tu vis dans le noir, enfermée, toute seule. Tu dois recoller les morceaux, laisser entrer les gens et la lumière.
- J'ai cru qu'il se réveillerait, j'y ai cru de toutes mes forces et... regarde.
- Croire en quelque chose ne veut pas forcément dire réalisable. Croire n'est rien d'autre que de l'espoir. On fait croire aux enfants que le père Noël existe parce qu'on espère que cette insouciance les protégera du monde... pourtant au fond de nous, on sait qu'on ment, on se ment à soi-même aussi. Je crois en Dieu quand ça m'arrange... quand quelque chose que je voulais se réalise je le remercie pensant qu'il me soutient, en revanche quand Laurel a été vendue à la presse, par exemple, je l'ai maudit en me demandant pourquoi il avait fait ça et que plus jamais je ne n'aurais foi en lui.
- Et tu as recommencé à y croire...
- Oui, je l'ai remercié de t'avoir mis sur ma route quand tu nous a aidés avec cette histoire. J'aurais pu allumer un cierge quand nous avons passé notre première nuit ensemble. Mais je le déteste de t'avoir fait subir ce que tu as vécu. Ma chérie, ce n'est pas parce que tu as cru que Jacob allait s'en sortir et que ça n'a pas marché que tu dois cesser de croire et d'espérer. C'est horrible et injuste oui. Mais... et nous dans tout ça ?
- Je crois en nous Edward. Même si j'ai peur.
- Moi aussi j'ai peur mais je ne la laisse pas me dominer.
- Je t'ai laissé entrer... tu m'éclaires...
- Tu n'es plus seule. Je veux que tu me promettes de croire en la vie, si injuste soit-elle. Si tu veux croire que Jacob est toujours là, que de là où il est, il te guide et te surveille et que tout ça te rassure alors n'hésitepas, sois-en sûre !
Je me laissai tomber dans le fond de mon siège en fermant les yeux. Il avait sans doute raison, je devais croire en ce que je voulais. Ne pas me laisser intimider. Mais j'avais peur de trop m'attacher à cette croyance et d'en faire une certitude. J'étais partagée entre l'envie de tout oublier et celle de faire comme s'il était toujours à mes côtés. Je rouvris les yeux, toujours indécise malgré les bons arguments d'Edward.
- Merci Edward.
- De rien. Tu sais, je ne crois pas que tu m'aies laissé entrer... j'ai juste la porte entrouverte.
- Mais...
- Chut ! Je sais que c'est déjà énorme et je t'en remercie. Sache juste que je serai l'homme le plus patient du monde et que la vraie Bella, celle que j'aperçois dans l'intimité, finira par reprendre sa place. Maintenant mange ton poisson et on y va.
- Du poisson ? Oh merde...
- Quoi ?
- J'ai pris comme toi, sans savoir ce que tu avais choisi, je n'écoutais pas. Je déteste le poisson, je n'en mange jamais.
- Bella...
Il rit avant de me piquer mon pavé de saumon qui de toute façon ne serait pas dégusté par moi. Petite, j'avais avalé une énorme arrête restée en travers de ma gorge, j'avais paniqué et je m'étais étouffée, mon père m'avait sauvée. Depuis, je ne mangeais plus de poisson, même sans arrêtes, c'était fini. Heureusement je n'avais pas vraiment faim, je me contentai des légumes de mon assiette et de celle d'Edward.
Après notre repas, je lui indiquai le chemin du cimetière. Il n'y avait plus personne, seuls les fossoyeurs étaient encore sur place, finissant tout juste leur travail. Edward resta un peu en retrait me laissant seule m'avancer vers la tombe de Jacob. Debout, silencieuse devant la terre fraîchement retournée. Il y avait beaucoup de fleurs en bouquet ou en couronne, une photo, une plaque... Je ne lui parlais pas, je me sentais idiote de parler à des fleurs, il aurait dis la même chose, je souris en repensant à l'enterrement de ma grand-mère.
Flasback
Je regardais ma mère dans les bras de mon père, pleurant devant la tombe de sa propre mère. Je n'étais pas particulièrement proche de ma grand-mère, j'étais triste mais je ne pleurais pas. Il ne restait plus que mes parents, Jacob et moi. Les autres étaient déjà tous partis. Je me tenais un peu à l'écart, serrée contre le corps chaud et rassurant de mon mari. Nous étions mariés depuis deux ans. Ma mère ne semblait pas vouloir partir de si tôt et je sentais Jacob devenir impatient.
- Jake, ça va ?
- Ouais... j'ai faim. Désolé, je sais que c'est ta grand-mère.
- Ne t'inquiète pas, tu sais bien qu'elle était comme une étrangère pour moi. Mais on est coincés, nous sommes venus avec eux en voiture.
- Sans blague, tu me prends pour un petit vieux sénile ?
- T'as pris un an de plus la semaine dernière, tu prends de l'âge mon chéri.
- Je tiens le choc, merci de ta sollicitude. Promets-moi un truc ma puce.
- Quoi ?
- Si je meurs avant toi, je ne veux pas que tu parles pas à un bout de pierre et quatre couronnes de fleurs.
- Pourquoi ?
- Parce que de un : Tu as l'air très con à parler dans le vide. Et de deux : Je ne te répondrai pas ! Pense à moi mais ne parle pas dans le vide.
- Si tu veux mais si ça arrive, tu ne sauras jamais si j'ai parlé ou pas.
- Toi tu sauras que tu me l'as promis. Tu ne voudrais pas me mettre en rogne même mort n'est-ce pas ?
- Non, je ne voudrais pas. Autre chose que je dois savoir ?
- Pas pour le moment.
- Ok.
- Putain j'ai la dalle sérieux !
Je ris discrètement avant de me hisser sur la pointe des pieds pour pouvoir l'embrasser alors que mon ventre gargouillait. Moi aussi je mourrais de faim...
Fin flashback
Je tins alors ma promesse, refusant de le mettre en colère. Je finis par tourner les talons, laissant échapper une larme qui roula sur ma joue. Edward passa son bras autour de mon épaule et m'embrassa la tête en nous dirigeant vers la voiture. Demain, je serais à Seattle.
Et voilà !
Merci de m'avoir lut
à la semaine prochaine pour la suite.
Biz
