Bonsoir! Je vais probablement écrire un paquet de chapitre ce mois-ci, mais du coup... euh, je ne garanti pas la qualité du résultat (comme d'habitude en fait). D'ailleurs ce chapitre n'est ni relu ni corrigé. Sinon, au rayon bonne nouvelle, dans douze semaines je suis en vacances. (Ce qui veut aussi dire que j'ai douze semaines pour terminer d'écrire cette fiction. *commence à paniquer*).

Bonne lecture!


Chapitre XXI

[…]

Longtemps, bien longtemps après le départ d'Uruha, Kai parvint à surmonter la douleur qu'avaient fait naître en lui ses propos agressifs. Son esprit revint doucement dans la réalité.

Aoi s'était tiré depuis longtemps, seul Reita était encore présent, un magazine dans les mains et un œil sur le leader anéanti.

« Je… J'voulais pas ça, j'te jure… »

Kai se prit la tête dans les mains et tira sur ses cheveux, comme si ça allait lui permettre de se sentir mieux. Peine perdue.

Le bassiste le regarda d'un air compatissant.

« Personne ne voulait que la situation en arrive là mais puisque nous y sommes parvenus ça veut dire que nous n'avons pas fait ce qu'il fallait. »

Le batteur haussa un sourcil. Depuis quand Reita faisait-il des phrases rhétoriques ?

« Aoi est parti en disant que s'il ne retrouvait pas Uruha dans l'heure qui suivait, il t'en tiendrait pour responsable. Heureusement pour toi, j'ai reçu un message de Ruki qui me disait qu'Uruha se reposait chez lui et j'ai transmis à Aoi. Tu es donc sauf pour le moment. »

Le calme de la voix du bassiste était un baume sur le cœur enflammé de Kai.

« Uruha pense vraiment que je ne suis qu'un connard sans cœur ?

_Eh bien… commença avec diplomatie l'homme aux cheveux noirs. Ses mots ont sans aucun doute dépassés sa pensée. Cependant, tu mérites tout de même une part de sa colère. Peut-être as-tu tes raisons, auquel cas il serait bon de les lui exposer une bonne fois pour toute, au lieu de donner des ordres qui semblent venir d'on ne sait où. »

Le leader hocha faiblement la tête. Reita lui faisait la morale, mais où allait le monde ?

Plus sérieusement, il était heureux qu'au moins lui soit resté. Même si c'était pour être sévère avec lui.

« Kai, ce que je veux dire c'est qu'il faut régler ça rapidement. Les non-dits sont trop dangereux dans ce groupe, c'est pire que des bombes à retardement.

- J'ai… J'ai mes raisons d'avoir agi de cette façon. Mais tu vois, c'est un peu comme l'excuse d'Uruha tout à l'heure. Elle est peut-être vraie mais elle semble absurde. Les miennes… elles sont réelles, tu comprends ! Mais peut-être que d'autres les trouveraient frivoles ou ne s'en feraient pas autant. Alors j'ai peur de le dire !

- Tu as préféré faire le mec assuré que de risquer de perdre le respect qu'on te devait, c'est ça ?

- Ouais, en gros.

- Honnêtement, je peux comprendre. C'est pas facile d'être le leader d'un groupe et je pense que c'est quelque chose qu'Uruha a un peu oublié. Maintenant… Si tu es disposé à me parler, je veux bien t'écouter et te donner mon avis. Je suppose que Ruki doit faire pareil avec Uruha. Avec un peu de chance, on pourra se remettre au boulot la semaine prochaine. »

Kai se releva et se mit à faire les cent pas. Depuis le début de la conversation il était assis par terre en face de Reita, le dos contre un mur.

« Ça a commencé bien avant qu'Uruha et Nao se fassent enfermer dans une salle ici. J'ai… reçu un courrier anonyme. »

Reita fit la grimace. Ce genre de missive n'augurait jamais rien de bon.

« Avec le temps j'en suis venu à penser qu'il s'agissait d'une de nos fans. Enfin bon. Dedans elle disait qu'elle en avait assez de voir Uruha traîner avec Nao et qu'elle avait l'impression qu'il trompait Aoi. »

Kai émit un bref rire face à l'air estomaqué du bassiste.

« Moi aussi j'ai dû faire cette tête-là. Je me suis demandé si c'était une blague. Et puis j'ai continué à lire. Elle disait qu'il y avait intérêt à ce que les choses rentrent dans l'ordre, soit chacun dans son groupe, ou alors elle prendrait des mesures radicales.

- Radicales comme… »

Reita arrêta sa phrase en plein milieu. Il venait de comprendre.

« Ouais. Je suppose que c'est à elle qu'on doit leur enfermement. Toutes les semaines je recevais de nouvelles lettres de menaces, toutes allant de plus en plus loin. Elle disait avoir des pièces compromettantes et projetait de les vendre à la presse si tout n'allait pas comme elle voulait. Alors ok, j'ai merdé avec le groupe, j'ai fait le fier, mais j'avais pas le choix ! Je ne sais toujours pas qui c'est ni comment elle fait pour que des choses se produisent au sein même de la PSC qui est censée être sécurisée… »

Les deux hommes se fixèrent. Il était difficile de dire qui était le plus perdu maintenant.

« Je ne pense pas que tes raisons soient irrecevables, Kai, bien au contraire. Tu as eu du courage d'affronter ça seul. Après… Je crois que seule la fierté d'Uruha sera un frein à la paix mais on devrait pouvoir s'en sortir. Le plus compliqué va être de tirer cette histoire de fan dérangée au clair.

[…]

Lorsque Kazu arriva chez lui, vers vingt heures, il remarqua tout de suite les deux paires de chaussures dans l'entrée. Par élimination, il en déduisit que c'était certainement Uruha. Ruki n'aurait pas ramené un autre membre du groupe ici en période de crise.

Son colocataire blond était affalé dans le canapé avec une bière et regardait une émission sans le son à la télévision. Vraiment loin de l'image sexy de l'idole chez elle !

« Yo, feignasse, lança le nouveau venu. »

Ruki ne prit même pas la peine de bouger pour répondre.

« Dixit celui qui est allé boire avec ses potes après le boulot et qui rentre suffisamment tard pour espérer pouvoir se mettre les pieds sous la table directement. »

Il entendit le son choqué de Kazu et sourit.

« Quoiqu'il en soit c'est râpé, comme tu l'as si bien dit, je n'ai rien fait. Sauf subit des pressions toute la journée, gueulé un peu, fumé un demi paquet de clopes et récupéré de justesse un guitariste fugueur et épuisé. Mouais. Journée tranquille. »

Le ton ironique du blond amena son colocataire à venir s'asseoir à côté de lui dans le canapé.

« Alors il est venu et ça s'est mal passé. À quel point ?

- Il avait une excuse bidon et il était genre frais comme un gardon avec son maquillage, ça a fait exploser Kai et Aoi. Puis ça a viré en règlement de compte et je me suis barré. Uruha un peu après moi, sauf qu'il est allé voir ses potes dans l'autre groupe. Au moins il s'est calmé lui.

- Comment il va là ?

- Il dort j'crois. Sa petite comédie de « je vais bien, il ne s'est rien passé » lui a demandé plus d'énergie qu'il n'en avait.

- Il n'allait pas bien du tout hier, c'est pas étonnant.

- Ouais, sauf qu'au final on ne sait toujours pas pourquoi.

- Justement, il est là ce soir tu vas pouvoir lui demander. »

Ruki acquiesça.

« Dans ma grande bonté d'âme, je vais donc aller préparer le repas.

- C'est surtout parce que tu veux me faire mentir, enfoiré !

- Ah c'est comme ça que tu le prends ? Fais gaffe, je peux toujours ressortir et manger dehors ! »

Ruki grogna et lâcha l'affaire. Kazu sourit et ouvrit le frigo pour chercher quelque chose à préparer.

Quelques minutes plus tard, Uruha sortit de la chambre du chanteur, la mine aussi chiffonnée que ses vêtements.

« Salut...

- Salut Uruha, ça fait plaisir de te voir ! S'exclama Kazu.

- De même. »

Ruki haussa un sourcil mais ne dit rien et invita son collègue sur le canapé, là où était précédemment installé son colocataire. Ne voulant pas le presser à parler tout de suite, Ruki monta le son de la télévision et signifia par sa posture qu'il n'allait pas le harceler. Il le sentit se détendre un peu et s'installer confortablement dans le canapé. Ils restèrent là sans parler, accompagnés par le son de l'émission et les bruits de Kazu dans la cuisine.

Kazu amena trois bols de nouilles sur la table et plusieurs bières. Il s'installa dans un fauteuil, entre l'écran et le canapé ou étaient Ruki et Uruha. Le blond commença à manger le premier, rapidement rejoint par son voisin. Kazu prit le temps d'ouvrir une canette d'abord. Et il se lança.

« Alors Uruha. Si tu nous racontais un peu. »

Le roux releva le nez de son bol pour fixer l'homme aux cheveux bariolés.

« Qu'est-ce que tu veux savoir ?

- Si tu commençais par nous expliquer pourquoi tu t'es planqué pendant des jours ? » Demanda Ruki à la place de Kazu.

Uruha soupira et fixa un instant l'écran de télévision avant de se mettre à parler.

« Je vais essayer. Ce n'est pas facile pour moi.

- Je veux bien te croire, mais tu ne vas pas bien.

- Si je… »

Ruki leva les yeux au ciel.

« Peut-être qu'ils ont tous cru que tu allais bien tout à l'heure mais ce n'est pas mon cas. Et pas celui-ci de Kazu non plus, puisqu'il t'a vu la veille. »

Kazu confirma d'un hochement de tête.

« Donc je pense sincèrement que ça te fera du bien de nous parler. D'ailleurs, c'était bien pour ça que tu es venu ici, en espérant me voir, non ? »

Uruha avoua à contrecœur.

« Oui. Bon… Vous savez que je suis tombé dans les escaliers il n'y a pas longtemps ?

- Bien sûr, c'est presque la dernière fois qu'on a eu des nouvelles de toi » lança ironiquement Ruki.

Kazu lui fit un regard d'avertissement. Ça ne servait à rien de braquer Uruha.

« J'ai raconté à tout le monde que j'avais glissé. C'était assez plausible, puisque j'étais fatigué de la tournée. Mais en réalité… »

Kazu écarquilla les yeux.

« Tu veux dire que…

- Quelqu'un m'a poussé. »


Vous en avez pensé quoi? Voilà enfin les révélations que tout le monde attendait (ou pas). Tout ça pour ça, vous me direz. J'espère que vous n'avez pas trouvé ce Reita sérieux trop étrange, personnellement je trouve que ça lui va plutôt bien.

Dans le chapitre suivant, la confrontation avec le groupe entier!

Merci d'avoir lu.