Coucou tout le monde! Voila la suite!

Comme toujours un très grand merci à SBRocket et à LyraParleOr!

Merci à toutes pour vos reviews!

Pov B

Alec m'emmena dîner au restaurant, sa présence était réconfortante mais je flottais dans une sorte de brouillard douloureux, déconnectée de la réalité. Il n'insista pas et fit tout pour rendre la soirée la moins désagréable possible avant de me raccompagner chez moi.

Je me faufilais dans l'appartement le plus silencieusement possible. La veste de la pétasse que Cullen avait ramenée ne trônait plus sur une chaise de la cuisine, peut-être était-elle partie.

Je passai la nuit à pleurer, la tête enfouie dans mes oreillers comme j'en avais rêvé toute la soirée. Le plus silencieusement possible, je ne voulais surtout pas donner à Cullen la satisfaction d'entendre l'état dans lequel il me mettait. Et cela ne m'apporta pas le moindre soulagement. De sa chambre ne me parvenait maintenant qu'un immense silence. J'ignorais s'il y était et à peine cette pensée m'effleura que je me remémorais les souvenirs des nuits que j'avais passées à ses côtés. Je le revoyais couché dans son grand lit, un bras négligemment passé autour d'un oreiller. J'imaginais la petite moue adorable qui se dessinait sur ses lèvres lorsqu'il était profondément endormi. Et même maintenant alors que les larmes salées dévalaient mes joues, brûlant ma peau sur leur passage et que mes lèvres étaient douloureuses à force d'avoir été mordillées, j'avais envie de me fondre dans ses bras, contre son corps chaud où je pourrais respirer son parfum et m'endormir comme avant, apaisée, enfin...

Ces pensées déchirèrent ma poitrine de douleur, ça n'arriverait plus jamais, je ne le laisserai pas reposer les mains sur moi. À quel moment au juste avais-je baissé ma garde? Alors que je me croyais bien protégée je l'avais laissé m'atteindre, et j'étais tombée... tombée pour cet homme que je croyais tellement détester.

C'est avec ces pensées que je finis par m'endormir, pour rêver de lui. À croire qu'il ne voulait pas me laisser en paix. Les cris de plaisir de sa pétasse servirent de mélodie aux cauchemars qui peuplèrent ma nuit.

Le lendemain je réussis à l'éviter. Je me faufilais hors de l'appartement en catimini, de toute façon j'avais le ventre bien trop noué pour prendre un petit déjeuner. À l'hôpital j'échangeais ma place avec mon co-interne pour ne pas aller au bloc où je risquais de le croiser. De toute façon je n'étais pas en état d'opérer, j'étais incapable de me concentrer.

Jusqu'au soir je l'évitais, jusqu'à ce que j'aille à la salle de bain prendre une douche : la bouffée de son parfum qui m'envahit me fit suffoquer. C'était comme un rappel de tout ce que je n'aurai jamais. Malgré la douleur lancinante que ça causait dans ma poitrine je respirai son odeur avec frénésie, comme une droguée en manque.

Les choses ne pouvaient continuer comme ça, je ne pourrais pas passer mes journées à l'éviter tout en traquant le moindre petit rappel de lui. C'était trop douloureux.

Je devais quitter cet appartement, mettre le plus de distance possible comme je me l'étais promis. Je devais partir au moins pour atténuer un peu la douleur brûlante dans mon ventre.

Ne voyant pas d'autres solutions j'appelais Alec pour savoir s'il pouvait m'héberger quelques jours. Il ne posa aucune question, il n'en avait pas besoin, il connaissait parfaitement la raison de tout ça mais il m'assura que je pourrais rester chez lui autant de temps que je le désirais.

Il me restait deux mois avant la fin de mon internat, deux mois avant de pouvoir quitter New York. Je passais une partie de la soirée à consulter les offres d'emplois dans les grands villes des États-Unis, en dehors de mes amis je n'avais pas vraiment d'autres attaches ici. Une fois que nous aurions tous terminé notre internat nous allions nous éparpiller aux quatre coins du pays, ça avait toujours été prévu comme ça.

Peut-être que si je trouvais quelque chose d'intéressant je pourrais demander un départ anticipé et revenir ici à l'automne pour ma soutenance de thèse...

Je passais encore quelques minutes à chercher jusqu'à ce que j'entende la porte de l'appartement claquer, alors je me décidais à faire mon sac pour aller chez Alec. J'aurais bien le temps d'aviser plus tard, l'important c'était de quitter cet endroit et surtout de mettre le plus de distance possible entre Cullen et moi.

Une fois mes affaires prêtes je me risquais hors de ma chambre, espérant qu'Alice ou Jasper soient rentrés que je puisse les prévenir de mon départ.

En effet Alice était dans le salon et elle était seule. Je me glissai doucement à ses côtés sur le canapé, mon sac de voyage tomba à mes pieds.

"-Salut"

"-Salut, tu pars?"

"-Je vais passer quelques jours chez Alec" ce n'était qu'une demi-vérité, mon départ était bien plus définitif que ma petite phrase anodine le laissait supposer. "-Le temps d'avancer sur ma thèse, ici avec toutes les allées et venues j'ai du mal à me concentrer."

Un petit sourire illumina ses lèvres, je détestais tout ce qu'il signifiait, tout ce qu'elle imaginait.

"-Chez Alec? Tu penses que tu vas plus réussir à te concentrer chez le bel Alec?"

Sa voix était pleine de sous-entendus joyeux et je les détestais encore plus que son sourire

"-Ce n'est pas ce que tu crois Alice. Il ne se passe rien avec Alec." Même à moi ma voix me parut pleine de tristesse et de désespoir.

"-Vraiment? Pourtant je croyais... Tu étais rayonnante depuis notre retour de vacances. T'avais l'air amoureuse..."

Encore cette sensation lancinante qui me broyait de l'intérieur et me coupait le souffle...

"-Pas d'Alec en tout cas..." ça sonnait comme un aveu. Peut-être que le moment était venu de tout lui raconter, de lui avouer tout ce que je lui avais caché depuis quelques mois, après tout je n'avais plus rien à perdre maintenant.

"-Pas d'Alec? Est-ce que ça va Bella? T'as l'air complètement abattue et..." Le bruit de la porte de l'appartement l'empêcha de terminer sa phrase.

Avant de le voir dans l'encadrement de la porte je sus que c'était lui, ses pas m'étaient tellement familiers que je les aurais reconnus n'importe où.

Nos regards se croisèrent, une fraction de seconde et la douleur me plia en deux. Pourquoi est-ce que je n'avais pas pris la fuite pendant qu'il était encore temps? Le moment fût comme suspendu, j'eus l'impression qu'il dura une éternité.

Je m'étais attendue à voir une lueur de satisfaction dans son regard, mais il n'y en avait aucune. Il avait probablement complètement oublié sa petite vengeance de la veille, elle n'avait pas eu sur lui le même impact que sur moi.

Alors que je me forçais à briser notre lien visuel qui devenait insoutenable, je surpris le regard d'Alice posé sur nous. Elle avait compris... mais fait inhabituel chez elle, elle ne dit rien.

Je baissai les yeux, fuyant leurs regards et priant pour que les larmes attendent quelques minutes avant de dévaler le long de mes joues et j'attrapai mon sac.

"-J'y vais." Le silence me répondit, ou alors j'étais si pressée de fuir que je n'entendis rien d'autre que le bruit de mes pas rapides sur le carrelage.

Lorsque la porte claqua dans mon dos je poussai un soupir de soulagement, qui en fait n'en était pas vraiment un, un poids écrasait toujours ma poitrine, ma gorge se serrait douloureusement et mes yeux me brûlaient, mais au moins je partais d'ici. De ce lieu si chargé de souvenirs...

Pov E

Le bruit de la porte résonna longtemps dans le silence. L'image de Bella portant un lourd sac de sport sur son épaule dansa devant mes yeux bien après qu'elle eut désertée l'appartement.

Lorsque je ramenai mon attention à l'instant présent les yeux d'Alice étaient fixés sur moi, il régnait dans son regard mille questions qu'elle se garda bien de poser mais je n'y trouvais pas l'habituel agacement qu'il y avait toujours lorsqu'elle nous regardait interagir Swan et moi.

"-Où va-t-elle?"

"-Chez Alec." Elle dit cela d'un ton qui se voulait détaché mais je sentais son attention plus accrue, comme si elle observait mes réactions. Je n'eus pas le temps d'y réfléchir davantage, alors que le sens de ses mots pénétrait mon cerveau je me sentais pris d'une incontrôlable vague de rage, où se mêlaient une tristesse et un abattement sans fin.

Chez Alec... elle partait chez ce crétin, un sac de sport sous le bras et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Même si je m'accrochais au moindre espoir que ça n'en soit pas la raison je savais très bien que mon comportement de la veille avait décidé son choix.

Elle partait... à cause de moi. Parce que j'étais un connard incapable de communiquer, parce que je n'avais pas su lui dire tout ce que j'aurais aimé qu'elle sache, à quel point ça me faisait mal de la voir avec lui, j'avais tout fait pour la blesser, pour la punir, la rendre jalouse, qu'elle m'accorde un peu de son attention. Et aujourd'hui elle partait, je l'avais blessée, peut-être que ce n'était que son amour-propre que j'avais atteint mais j'avais vu ses yeux rougis par les larmes et je m'en voulais tellement d'être le connard qui avait fait ça.

Le regard d'Alice était toujours braqué sur moi, scrutateur, accusateur et insoutenable. Je fis tout pour m'y soustraire et partit m'enfermer dans ma chambre, totalement abasourdi. L'impuissance que je ressentais à cet instant était difficilement soutenable, j'avais envie de courir dehors, de dévaler les escaliers à tout allure et de lui dire tout ce que j'avais voulu lui dire la veille, mais c'était tellement confus dans ma tête que ça n'aurait jamais pu franchir la barrière de mes lèvres et maintenant il était trop tard.

Je ne pouvais faire taire cette petite voix lancinante dans ma tête qui me répétait "à qui la faute, tu as tout fait pour qu'elle le choisisse lui" et c'était vrai... j'avais tout fait pour la faire fuir.

Je passais les quelques jours qui suivirent dans un brouillard opaque, à mi-chemin entre déprime et abattement. J'exécutais tous les gestes du quotidien sans même y penser, je laissais juste les jours s'écouler, me débattant avec mes pensées. Je retournais le problème dans tous les sens, tentant vainement de trouver une solution qui ne venait jamais.

Je ne vis pas Bella, à l'hôpital elle semblait me fuir, j'avais beau traîner dans le couloir des blocs bien après que mon service soit terminé, dans l'espoir de la croiser, elle n'y était jamais. Elle devait tout faire pour rester dans son service, bien loin des blocs opératoires, bien loin de moi...

Mais c'était à l'appartement que son absence se faisait le plus cruellement sentir. Chaque fois que je passais devant la porte de sa chambre que je savais déserte, un petit pincement venait me mordre le cœur, il était plus grand à mesure que son absence se prolongeait.

Je me surpris à passer plus de temps que nécessaire dans la salle de bain, à traquer les moindres effluves de son parfum que je sentais s'étioler un peu plus chaque jour, comme si toutes les traces de sa présence ici s'effaçaient, pourtant elle n'était partie que depuis quatre jours... mais les heures, les minutes, les secondes semblaient se dilater à l'infini.

Un soir, alors que je rentrais particulièrement déprimé après une nouvelle journée sans même l'avoir aperçue malgré tous mes efforts, je fus pris d'une envie incontrôlable d'entrer dans sa chambre et de m'y asseoir, juste là au milieu de ses affaires et des preuves criantes de son départ. Simplement pour me sentir plus proche d'elle.

Jamais, alors que j'avais passé tant de temps à souhaiter qu'elle s'en aille, je n'aurais cru qu'elle pourrait me manquer autant. Mais je devais me rendre à l'évidence, plus elle disparaissait, plus elle occupait mes pensées.

Alors que je posais la main sur la poignée de sa porte, je fus pris d'un petit tressautement d'anticipation mêlé d'anxiété, je savais que je n'allais rien trouver d'autre à l'intérieur que du vide mais pourtant j'aurais l'impression d'être un peu plus proche d'elle...

Mais sa porte était fermée et elle était partie en emportant la clé, tout comme elle était partie sans me laisser une chance de m'expliquer. Je n'étais pas préparé au sentiment amer de déception qui m'envahit alors tout entier et j'allais me coucher le cœur lourd, cherchant désespérément un moyen de revenir en arrière. Peut-être que si j'avais fait des choix différents je n'en serais pas là, luttant comme un noyé en quête de sa dernière bouffée d'oxygène.

Je n'entrevoyais toujours pas d'issue à tout cela lorsqu'un soir j'arrivais à l'hôpital pour une garde au bloc qui s'annonçait épuisante. Le vendredi elles l'étaient toujours. Mais alors que j'étais devant le tableau des interventions je le vis, son nom, gribouillé en tout petit en dessous du chirurgien chef de viscérale. Je ne travaillerai pas avec elle ce soir, je serai dans le bloc voisin mais j'aurais très certainement la chance de l'apercevoir et rien que ça suffit à me gonfler d'espoir. Rien n'était résolu, et probablement que rien ne le serait non plus demain mais j'aurai gagné au moins ça.

La nuit s'enchaînait à un rythme effréné, le bloc bourdonnait de cette ambiance surexcitée de ruche au travail, si bien que je ne le voyais pas. Malgré tous mes efforts je ne distinguais rien d'autre qu'une succession de silhouettes en casaques bleues que le calot rendait anonymes. La déception était si mordante que j'eus toutes les peines du monde à maintenir ma concentration au travail.

Ce que j'attendais avec une impatience proche du désespoir finit par se produire pourtant. Je sortais du bloc et elle était là, de l'autre côté de la baie vitrée, dehors dans la fraîcheur matinale, tentant peut-être de faire le vide dans sa tête et d'évacuer la pression comme je savais qu'elle le faisait souvent après une intervention difficile. Et à cet instant ça me frappait, de plein fouet. Tout ce que je n'avais fait qu'entrevoir depuis quelques mois, toute cette réalité que j'avais sciemment occultée me revenait en plein visage. Je l'aimais... irrémédiablement. Je n'étais pas seulement attiré par son corps magnifique, pas seulement exalté par ce feu intérieur dont elle irradiait. Je l'aimais, plus intensément encore que je n'avais jamais aimé.

J'avais tellement envie d'aller la rejoindre, comme ce matin qui avait tout fait basculer, comme après cette autre garde qui avait été le point de départ du tsunami qui avait ravagé l'ordre bien établi dans ma vie.

Comme cet autre matin j'allais rapidement chercher deux cafés à la machine au bout du couloir, priant pour qu'à mon retour elle n'ait pas disparue tel un mirage.

Lorsque je poussais doucement la porte vitrée elle ne se retourna pas, toute adsorbée dans la contemplation de l'aurore qui baignait la ville de lumières dorées. L'air avait ce parfum d'été, mélange de quelque chose de sucré et de doux qui flottait dans la fraîcheur qui ne durerait pas une fois que le soleil serait complètement levé.

"-Bella..." ma voix n'était qu'un murmure qui ne troubla même pas le chant des oiseaux. Je lui tendis le gobelet de café, baissant les yeux comme un enfant, un peu penaud et surtout me sentant très maladroit. Les idées s'entrechoquaient dans ma tête, j'essayais d'y mettre de l'ordre avant de parler mais lorsque je croisais enfin son regard, j'en fus incapable. Ce que j'y lus me fit mal, coupa tout mon élan. Ses grands yeux bruns étaient éteints, tristes et sombres.

Ma main resta en suspens, tenant toujours le gobelet qu'elle n'avait pas fait un geste pour saisir. J'aurais voulu lancer une plaisanterie, n'importe laquelle, comme cet autre matin, ça au moins c'était familier, les petites piques acerbes je savais gérer. Mais rien ne vint... le temps resta comme suspendu entre nos deux regards qui ne se quittaient pas.

Lentement je la vis prendre une inspiration profonde, sa bouche s'entrouvrit mais les mots mirent du temps à franchir la barrière de ses lèvres. Et lorsqu'ils le firent, ils me glacèrent d'effroi.

"-Je dois y aller" et ce fut tout. Même sa voix était éteinte. Elle se détourna avant de rentrer à l'intérieur, me laissant là, plus stupide que jamais mes deux gobelets à la main, prendre conscience de l'étendue du gâchis que j'avais créé.

J'ignore combien de temps je restais là, à regarder le soleil dissiper les dernières ombres de l'aube mais après un long moment je finis par me lever, les cafés avaient depuis longtemps refroidi.

Je fis mon rapport de garde et rentrai chez moi, où comme je m'y étais attendu je ne trouvai pas le sommeil. Après m'être tourné et retourné sans fin dans mon lit je décidai de tout tenter pour qu'au moins elle accepte de me parler.

J'étais sûr que tout serait un immense échec mais au moins je devais essayer. Je passais une grande partie de la journée à réfléchir, hésitant à demander l'aide de Jasper, c'était toujours le plus mesuré d'entre nous et il avait d'excellents conseils. Je pensais même à en parler à ma sœur tellement j'étais désespéré, c'était l'ami de Bella et peut-être qu'elle pourrait me dire quoi faire. Si au moins elle pouvait la convaincre de rentrer à la maison, plus que tout je voulais l'arracher aux griffes d'Alec, la ramener près de moi, sinon comment pourrais-je un jour espérer lui confier tout ce que je ressentais? Même à l'hôpital elle me fuyait.

La savoir dans l'appartement de ce type que tout le monde adulait me faisait vomir.

C'est à ce moment-là que je repensais à l'ex de ce crétin. Pourquoi demander à Alice de la convaincre de revenir si je pouvais moi-même aller la chercher? Peut-être que là-bas elle serait forcée de m'écouter?

Une fois ma décision prise je repassai à l'hôpital, l'ex d'Alec ne fut pas bien difficile à trouver et elle me donna son adresse sans poser la moindre question. Il habitait à deux pas d'ici.

Je fis le trajet en marchant lentement, pas tout à fait certain de ce que j'allais faire ou dire une fois face à elle. J'étais complètement flippé, ma tentative du matin avait été un cuisant échec, je n'avais rien pu faire d'autre que de rester planté là comme un con à la regarder tourner les talons.

Bien plus vite que je ne l'aurais voulu j'arrivai devant l'immeuble de l'abruti, Tanya m'avait donné les codes d'accès je n'eus donc pas à sonner, Alec ne m'aurait probablement pas ouvert et c'était certain que Bella ne l'aurait pas fait.

En montant l'escalier j'espérai de tout cœur qu'elle soit là, et qu'elle y soit seule. C'était le milieu de l'après-midi, elle était de repos de garde mais l'abruti devait être à l'hôpital.

Alors que je frappais à la porte, rongé par l'angoisse, sans la moindre idée de ce que j'allais bien pouvoir lui dire tant mon cerveau flottait dans un brouillard épais, j'entendis sa voix qui criait qu'elle arrivait.

"-Tu es déjà rentr..." Sa voix se figea tout comme sa main qui ouvrait la porte. Elle resta là, dans l'entrebâillement, les cheveux tous décoiffés, le visage gonflé de sommeil, elle portait un petit débardeur de coton rose pâle, sa tenue pour dormir, et pourtant elle était plus belle que jamais. Douce, presque frêle.

"-Qu'est-ce que tu fais là?" sa voix s'était durcie, je me surpris à penser que ce ton tranchant n'était pas en accord avec son délicieux visage encore endormi.

Comme le matin je restais là, comme un con à la regarder, incapable de forcer les mots à sortir de ma gorge nouée.

"-Bella je... je peux te parler?"

"-C'est déjà ce que tu es en train de faire non?" elle s'effaça malgré tout pour me laisser entrer. Le soleil inondait le salon par les immenses baies vitrées, c'était agressif, aveuglant.

"-Je ne sais pas trop par où commencer mais. Reviens à la maison Bella..." elle ne répondit pas mais continuait de me fixer de ses yeux tout aussi éteints et ternes qu'ils l'étaient ce matin. "-Ce n'est plus pareil sans toi là-bas..."

"-Quoi il n' y a plus personne pour entendre les exploits vocaux de tes pétasses?"

"-Pardon Bella, je... je suis un con. Tout ça c'était juste... pour te provoquer. Tu me manques Bella." Le silence encore, ce bourdonnement allait finir par me rendre dingue.

Je le rêvais peut-être plus que je ne le vis mais je crus qu'un instant son regard s'était réchauffé. M'accrocher à cet espoir me donna le courage nécessaire pour continuer.

Je m'approchai d'elle, son corps m'appelait comme le chant d'une sirène, j'avais toujours envie d'être près d'elle.

Lorsque je m'arrêtai, je sentis sa chaleur et son souffle caresser la peau de mon cou, elle avait fait un pas en arrière pour se soustraire mais maintenant elle était immobile.

Je levai la main, je crois que vaguement j'avais voulu lui caresser la joue, ou au moins la toucher comme j'en mourrais d'envie depuis des jours mais mes doigts effleurèrent à peine son épiderme que je la laissai tomber. Les mots se bousculaient dans ma tête.

"-Je… je crois que je suis amoureux de toi..."