Bien le bonsoir...

Happy new year ! Bonne année ! Bonne santé ! Par-dessus tout, j'espère que 2017 vous sera douce... Merci d'avoir fait de 2016 une année superbe sur le plan de l'écriture !

Disclaimer : les personnages appartiennent à Himaruya Hidekaz.

J'aimerais dédicacer ce chapitre à momochan-ni qui, toujours au rendez-vous, m'a fourni quelques idées pour ce chapitre qui me désespérait... Tu n'y verras peut-être aucunement le reflet de tes suggestions, mais tu m'as bien aidée 3

Cette panne d'inspiration aboutit à un chapitre hétéroclite et étalé dans le temps mais on fait beaucoup de progrès. Il est même super important en fait !

Et du coup, on approche dangereusement des 100 pages. Mon Dieu.

Playlist YouTube : /playlist?list=PLiAGOJyChRm2xrGFtWkUA2xk3obmTMwVb . Elle (re)devient un bordel sans nom mais j'y travaille... Et je l'enrichis.

Bonne lecture, j'espère que vous aimerez !


Chapitre XXI : Strike Back

Lundi 30 juin 2014.

Lovino est étendu de tout son long sur son lit, en plein après-midi, et profite des premiers jours de congé qu'offre la fin d'année en rattrapant le retard accumulé dans ses lectures à cause des -diaboliques- examens. Il est complètement absorbé à la cour de Philippe le Bel grâce au premier tome des Rois Maudits, frauduleusement subtilisé dans la bibliothèque paternelle, lorsque ledit paternel frappe à la porte.

« Ouais ? » fait Lovino machinalement sans lever le nez de son ouvrage.

« Prépare-toi, on sort. »

« Hein ? Mais il est... Six heures. » proteste-t-il mollement après avoir vérifié sa montre.

« Déjà pépère au point de ne plus sortir après dix-huit heures ? » s'amuse Antonio.

« Nan, mais c'était pas prévu... »

« Oh, allez. Francis veut te voir, c'est tout. »

Ses parrains ont toujours été le point faible de Lovino, exactement comme il est le leur. Petit, quand il essayait de tenir tête à Antonio, si Gil ou Francis s'en mêlait, il était bien incapable de leur refuser quoi que ce soit... Mais l'inverse est toujours vrai aussi.

Lovino pose son livre sur sa table de nuit et quitte son lit, enfile une paire de Converses et, en moins de dix minutes, les Fernandez Carriedo se mettent en route.

oOo

Antonio l'emmène effectivement chez Francis, mais il a menti par omission. Francis n'est pas tout seul. En plus d'Alice, avec qui il partage sa vie et son appartement depuis plusieurs années, Gilbert a fait le déplacement. Tous les quatre, ils ont décidé de célébrer la fin de l'année pour féliciter Lovino d'avoir brillamment réussi sa seconde. L'adolescent sursaute quand Gilbert ouvre la bouteille de Champagne à son arrivée avant que les félicitations n'explosent.

« Mais... Mais enfin... C'est juste la fin de l'année... » objecte Lovino.

« C'est pas tous les jours que ça arrive, tu sais ! » remarque Francis.

« Tu marques un point. » sourit Lovino.

Antonio et lui s'installent parmi les invités déjà présents pendant que l'albinos remplit les verres. Le jeune homme rattrape de justesse sa mâchoire avant qu'elle ne s'écrase au sol quand Gilbert lui met une flûte de Champagne dans la main. Voilà bien une première... On lui offre de l'alcool dans la sphère familiale -en vrai, il n'a pas attendu qu'on lui en propose, il ne fallait pas compter sur Antonio pour laisser son petit bébé boire, mais il a fait quelques expériences avec des amis. Alfred a un don pour dégoter de l'alcool.

Sa « famille », par contre... Ce n'est pas pareil. Bien que, à ce que Lovino a compris, Antonio, Gilbert et Francis aient été loin d'être sages dans leur jeunesse, ils ont toujours fait très attention à ne pas débaucher Lovino. Ça ne convient pas à un enfant, tout simplement. Peut-être que, à présent qu'il a seize ans, les trois hommes -y compris son père- sont prêts -enfin!- à le traiter en adulte plutôt que de l'enfermer dans son enfance. Ils auront mis le temps, mais c'est un progrès dont Lovino est un peu soulagé. On trinque à sa santé et il porte le verre à ses lèvres.

Bon, pour le coup, c'est pas terrible. Le Champagne picote, pétille, et ça lui parait aigre. Mais quand même. C'est son premier verre de Champagne et l'occasion vaut la peine de marquer le coup.

Sa grimace ne passe pourtant pas inaperçue puisque Gilbert lui décoche un sourire goguenard et lui lance :

« Trop fort pour ton palais délicat, mon chou ? »

Lovino lui tire élégamment la langue pour toute réponse.

« Quel snob. » raille Gilbert.

« Ah, ne le tourmente pas aujourd'hui ! » recommande Francis. « C'est sa soirée. »

« Ouais, mais pourquoi faire ça... Maintenant ? Cette année ? C'est le lycée, c'est ça ? »

« On n'a pas besoin de raison pour te témoigner notre amour, Lovi. » lâche Antonio. « Et puis, Gil et Francis voulaient te dire au revoir comme il se doit, sans savoir si vous vous verrez encore avant ton départ. »

Le départ... Il l'a presque oublié, avec toutes ces histoires d'examens. Dans un peu plus d'une semaine, il part pour le Canada avec Matthew, chez son oncle paternel qui habite Vancouver. Ils passeront quinze jours là-bas. Et tout excité qu'il soit, Lovino appréhende un peu le voyage et ce qu'il lui réserve.

« C'est gentil... »

« Qu'est-ce que tu as dit ? J'ai cru t'entendre prononcer un compliment ! » ricane Gilbert.

Lovino roule des yeux. Gilbert lève son verre en silence, en son honneur. Son filleul lui manquera peut-être plus qu'il ne l'imagine.

oOo

Mercredi 16 juillet 2014.

Le séjour est passé à une vitesse folle.

Lovino n'avait pas peur de s'ennuyer, il s'est bien douté qu'il n'en aurait pas le temps. Mais juste avant de partir, il n'avait plus été si certain de le vouloir. Finalement, ç'a été... Bien trop court et bien trop génial.

Il a découvert une nouvelle ville fascinante sur un continent où il n'avait jamais mis les pieds. Il a arpenté les rayonnages d'une énorme bibliothèque municipale et a passé des heures à sélectionner des ouvrages pour Matthew, pendant que ce dernier faisait de même pour lui. Ils ont visité des expositions d'art plus variées les unes que les autres à l'Art Gallery locale, découvert les théâtres de l'endroit, savouré la musique au cours de nocturnes... Ils se sont encore rapprochés, d'ailleurs. Cette année scolaire ayant été difficile pour eux -le lycée à gérer, le travail plus conséquent, cette saloperie d'adolescence qui fait des siennes, sans parler de ces hormones de malheur- le séjour leur a permis de se ressourcer, de prendre l'air et de détendre les malaises entre eux deux.

Même les raisons pour lesquelles Lovino s'inquiétait se sont révélées caduques. Il a eu peur que... Matthew revoie Eric pendant son séjour au Canada. Être sur un même continent, ça aide, après tout, ç'aurait donc été plausible. Mais il n'en fut rien. Lovino s'est, au bout de quelques jours, senti suffisamment à l'aise pour le demander clairement à Matthew. Ce à quoi le blondinet a répondu :

« Pourquoi s'obstiner, quand ça ne mène nulle part ? » avec un sourire un peu triste, peut-être, mais soulagé. Au moins, les choses ont été claires entre eux dès ce moment.

Ç'a été magique et c'est bientôt terminé... Demain matin, ils reprennent l'avion pour rentrer en France.

Lovino sait déjà que ça lui manquera. Cette proximité et ce sentiment d'être seuls au monde, seulement Matthie et lui. C'est quelque chose qu'ils n'ont pas à Paris. Qu'ils n'auront peut-être plus jamais nulle part. Il y a toujours les autres, à Paris. Lovino ne leur en veut pas, du tout, il les adore -Alfred, Peter, même Lili, malgré leurs malheureux antécédents. Mais ce n'est jamais pareil quand ils sont tous ensemble : c'est toujours beaucoup plus compliqué.

Déjà, Peter et Lili se tournent autour depuis le primaire, et c'est parfois vraiment lourd, cette tension non résolue. Malgré les maintes promesses de Peter de prendre les choses en mains qu'il a proférées à maintes reprises déjà devant ses congénères masculins. Ensuite, il y a Alfred. Il a beau être gentil et un ami précieux pour Lovino, il a l'impression qu'ils sont constamment rivaux. Et... Il a fini par comprendre qu'il est le seul et unique instigateur de cette rivalité. Il sent toujours le besoin de faire valoir ses qualités, moins évidentes de prime abord que celles de l'Américain athlétique, drôle, jovial et enthousiaste. Ardu pour Lovi le râleur introverti, bougonnant et cynique. Mais c'est plus fort que lui.

Vancouver...

...Lui a permis de mettre une cause sur cette dynamique malsaine. La cause, la cause de tout, c'est Matthew. L'idée qu'Alfred puisse être le garçon dont son meilleur ami était amoureux l'an passé, l'idée que ça puisse toujours être le cas, le mettent dans un état proche de la rage.

Vancouver, ça lui a aussi permis d'entrevoir une raison à tout ça. Pourquoi il a été si blessé, même pas, si triste que Matthew lui confesse ses sentiments pour un (autre) garçon, pourquoi ça l'a à ce point énervé qu'il sorte avec Eric, pourquoi la perfection apparente d'Alfred le frustre, et pourquoi aucune fille ne semble assez bien pour lui plaire...

Il commence à envisager, depuis qu'il a savouré la pleine complicité qui l'unit à Matthew au Canada, depuis qu'il a réalisé que retrouver son meilleur ami loin de toutes ses prises de tête parisiennes, que, peut-être... Il pourrait bien ressentir plus que de l'amitié pour son ami d'enfance.

Voilà.
Aussi bizarre que ça puisse paraître... Que ça lui parait, en tout cas. Il n'est pas encore trop sûr de lui. Il ne sait pas vraiment faire la différence entre l'affection, l'amour, la curiosité et la possessivité qui vient avec une amitié de longue date qu'on voudrait exclusive et éternelle. Mais d'un autre côté, il ne s'est jamais senti attiré par une fille, peu importe qui. Lili, c'était juste un test -même s'il se déteste pour ça, encore aujourd'hui. Pas une fille n'a émoustillé ses hormones à ce jour, alors qu'il a déjà eu un rêve ou l'autre bien étrange... Ça veut certainement dire que les filles, ce n'est pas son truc, non ?

Et lui qui se vantait d'avoir laissé ses prises de tête à Paris... Il soupire et décide de reléguer tout ça dans un coin de son cerveau. C'est bien de faire des progrès et d'avancer sur son chemin intérieur en quête de lui-même et de son identité, mais... Oui, vraiment, ça attendra bien qu'il soit rentré en France. Il aura un mois et demi de temps libre à remplir qui s'y prêtera très bien. Il ne lui reste que vingt-quatre heures au Canada, il peut tout aussi bien en profiter.

Ses emmerdes sentimentales attendront qu'il ait tout son temps à leur consacrer, et des renforts à consulter en cas de besoin. Il voit déjà l'ombre d'un conseil de guerre tripartite planer sur ses considérations...

oOo

Lundi 8 septembre 2014.

Finalement, il n'a pas eu le temps d'y penser au cours des vacances. Ou il ne l'a pas pris, c'est possible aussi. Peut-être même qu'il a proprement évité d'y penser. Il s'est jeté à corps perdu dans les intrigues d'un prochaine histoire, et vous savez comment c'est... Les tracas personnels de l'auteur n'existent plus quand il élabore les tourments d'autrui. Voilà que la rentrée a eu lieu et qu'il n'est toujours pas plus avancé qu'en juillet quant à ses préférences amoureuses.

Par rapport à Matthew par contre, c'est toujours aussi brillant ils se sont vus plusieurs fois pendant les vacances, qu'il s'agisse de passer des heures au Louvre ou d'aller voir la comédie stupide de l'année au cinéma. Et retrouver les autres au lycée s'est très bien passé, la semaine dernière.

« Lovi ! » résonne la voix d'Antonio depuis sa chambre, réveillant l'adolescent de sa rêverie au-dessus de sa tasse de café du matin.

« Quoi ? » demande-t-il.

« Je sais que t'aimes pas ça, mais je suis vraiment à la bourre ce matin... On prend le métro ensemble ? »

Lovino se retourne vers son père, qui noue sa cravate dans l'embrasure de sa porte.

« Seulement si tu changes de chemise. »

Antonio sourit.

« A vos ordres, Fernandez Carriedo. »

Ce n'est pas contre la chemise. Mais parfois, Antonio a un goût douteux pour associer les couleurs.

oOo

Après avoir, donc, affronté le métro parisien à l'heure de pointe ensemble, père et fils se retrouvent aux alentours du lycée et la séparation s'amorce.

« Bonne journée, Lovi ! Tu as quoi comme cours, aujourd'hui ? »

« Heu... J'sais pas, j'ai pas étudié l'horaire. » avoue l'adolescent avec un haussement d'épaules. « Français, latin et... anglais, je crois ? J'en sais rien. Je demanderai à Matthie. »

« Français... Avec qui ? »

« Aucune idée. J'ai pas retenu le nom... Bonne journée, papa. »

« A ce soir. »

Antonio lui épargne un bisou dans la foule de jeunes qui prennent très certainement la même direction qu'eux. Ils se séparent devant l'établissement, Antonio empruntant un chemin de traverse vers la salle des profs tandis que Lovino affronte la marée humaine pour franchir les grilles de l'entrée. Il se dirige directement vers le fond de la cour, où il est certain de trouver tous les autres déjà -comme Antonio l'a dit, il était à la bourre, et Lovino n'est pas en avance non plus.

Les salutations enjouées l'accueillent lorsqu'il rejoint Peter et Matthew, en pleine conversation sur les derniers épisodes de Downton Abbey qu'ils ont regardés chacun de leur côté ce week-end. Lovino profite ensuite d'un blanc dans la conversation pour demander des précisions à son meilleur ami quant à leur horaire du jour.

« On commence par français. » sourit Matthew.

« Je te suis. »

Lorsque la cloche retentit, les deux garçons empruntent les couloirs désormais familiers de leur lycée et, sous la direction de Matthew, trouvent aisément le local où se donnera le cours. Ils s'installent côté à côte à une table du deuxième rang. Lovino n'a pas posé ses fesses de trente secondes sur sa chaise que la professeure arrive.

Elle est assez petite, menue et sautillante. Ses boucles blondes lui arrivent aux épaules et suivent ses mouvements fluides et élégants. Elle pose son lourd sac de cours sur le bureau et balaie la classe du regard avec un grand sourire. Elle ferme ensuite la porte et le silence tombe.

« Bonjour à tous ! » lance-t-elle.

Elle attend une réponse, qui vient -timidement- de quelques élèves.

« Bienvenue en cours de français ! Ah, je donne aussi cours de littérature cette année, au passage. Je m'appelle Louise Schoenaerts. Avant de vous révéler notre magnifique programme de cette année, je vais faire l'appel. »

Elle parle avec dynamisme. C'est déjà bien, Lovino ne risque pas de s'endormir à son cours, avec un débit aussi soutenu. Ça le changera.

Elle appelle les noms un par un et la plupart des individus répondent présents. Quand elle arrive sur celui de Lovino, par contre, elle fronce légèrement les sourcils.

« Lovino Fernandez Carriedo ? »

Elle lève la tête du papier avec un sourire encourageant. Lovino lève la main, sans se fatiguer, le regard neutre.

« Ah, je crois que je te situe. »

Inutile de préciser que Lovino ne sait pas du tout de quoi elle parle et se posera la question pour le reste du cours, probablement comme tout le reste de la classe qui va se mettre à élaborer toutes sortes de théories farfelues.

(Comme on pouvait s'y attendre ce ne fut qu'un délire de persécution dans la tête de Lovino qui ne se concrétisa jamais, et lui-même oublia l'événement pour un temps, tout absorbé qu'il fut par le cours passionnant de Louise.)

oOo

Samedi 11 octobre 2014.

Il y a une tradition dans la famille Fernandez Carriedo. Les anniversaires, c'est sacré et c'est l'occasion de manger des choses qu'ils aiment tous les deux mais qui sortent de l'ordinaire. Ça fait quelques années maintenant que, le soir de telles journées, ou plus tôt quand ils reçoivent, père et fils concoctent le repas ensemble. Mine de rien, Lovino est assez doué pour la cuisine.

La veille du trente-cinquième anniversaire d'Antonio, la petite famille est donc est mission commando au supermarché en quête de matière première pour les traditionnels tapas, un festival de pâtes et une bouteille de Cava. Lovino sourit en remarquant que leur caddie témoigne parfaitement de la mixité culturelle qu'ils forment à eux tous seuls.

« Merde. » lâche soudain Antonio.

« Quoi ? T'as oublié un truc ? »

Son père ne lui répond pas et accélère le long du rayon boucherie. Il s'arrête ensuite net, sort son portable et vérifie dans l'écran que ses boucles brunes n'ont pas trop souffert de la pluie qui sévit dehors. Il passe une main dans ses cheveux, leur donne un peu de volume, sous l'œil intrigué de Lovino qui ne comprend pas quelle mouche le pique.

« De quoi j'ai l'air ? » demande-t-il ensuite de but en blanc.

« De quoi tu... ? M'enfin, pourquoi cette question ? »

« Dis-moi ! »

« Bha d'un type en congé qui fait ses courses du samedi, rien d'exceptionnel, quoi. »

« Merci, Lovi. »

« Je suis honnête. » fait l'adolescent, narquois et plein de modestie.

Avec un soupir, Antonio fait demi-tour et envoie son fils chercher de la pâte à tartiner. Lovino s'exécute avec un froncement de sourcils et un haussement d'épaules.

Pour sa part, Antonio essaie de se détendre et retourne à l'endroit quitté quelques secondes auparavant en essayant d'avoir l'air naturel. Il s'empare d'un bocal de marrons sur un étalage et fait mine d'être absorbé par les valeurs nutritionnelles.

« Ça alors, Antonio ! »

Il tourne la tête et espère que son sourire n'apparaît pas trop crispé. Aucune chance, c'est la pure joie de poser les yeux sur cet être...

« Louise ! Quelle bonne surprise, je ne t'avais pas vue ! »

Une chose est sûre, ce n'est pas lui qui a transmis la fibre de l'honnêteté à son gamin.

« Se retrouver dans le même supermarché, il faut le faire, quand même ! » dit-elle de sa voix cristalline. « Tu es seul ? »

« Moi ? Ah, oui, bien sûr ! Je veux dire... Hum, mon fils m'accompagne, il est... Hum, dans le rayon confiseries... ? Comment vas-tu ? »

« Ça va. A part le temps. »

« Ah ! Tu n'aimes pas la pluie. »

« Non. L'automne est une période assez morose, je trouve... »

Fascinante conversation, vraiment.

« Ça dépend des périodes. Octobre, ça va encore. »

C'est le moment que Lovino choisit pour refaire son apparition.

« Y avait plus de Kwata, j'ai pris un pot de choco issu du commerce équita- Oh. »

Lovino s'arrête dans sa progression vers son père quand il identifie la jeune femme qui discute avec lui. Sa prof de français. Génial, ça n'est jamais bizarre du tout de rencontrer un enseignant en dehors du lycée.

« Bonjour Madame. »

« Lovino ! Bonjour ! »

« Ah, oui, c'est vrai... Tu donnes cours à Lovi. »

Comme s'il avait pu l'oublier et s'en souvenir par hasard sur le moment...

« On peut éviter le sujet s'il vous plaît ? C'est gênant... » grommelle Lovino. « Vous vous connaissez bien, alors ? »

« On est collègues ! » s'empresse de remarquer Madame Schoenaerts. « Sans plus ! »

« Ouais. Mon cul. » mais Lovino s'abstient de faire ce commentaire tout haut. Au moins, la remarque de la prof le premier jour à l'appel de son nom prend tout son sens.

« Tu habites dans le coin ? » demande Antonio en ignorant superbement Lovino et son sourire entendu -il n'a d'yeux que pour Louise.

« Non. Mon ex-mari, oui. Je viens lui déposer Henri un samedi sur deux, j'en profite pour faire les courses ici au passage. Et vous ? »

« Oui, à quelques rues d'ici. »

« C'est son anniversaire demain, alors on fait le plein. » lâche Lovino.

« Oh, c'est vrai ? Je ne savais pas ! Bon anniversaire en avance, dans ce cas ! »

« Héhé, merci ! »

Non... C'est possible, ça ? Un tel sourire d'imbécile heureux sur le visage de son candide de père ? Diantre ! Lovino le détaille de la tête au pied. De toute évidence, Antonio essaye d'avoir l'air décontracté, il garde ses mains dans les poches de sa veste et danse d'un pied sur l'autre, ce qui témoigne plutôt d'une certaine nervosité. Et ce sourire, bon sang... ! Ce pourrait-il que... ?

Lovino laisse échapper un ricanement qui passe inaperçue dans la conversation. Jadis, Gilbert avait bien dit qu'il s'agissait d'une collègue sur laquelle Tonio avait flashé... Hé bien ça devient clair, tout ça.

L'adolescent sort discrètement son portable de la poche de son manteau et compose un message à l'attention de son parrain.

« J'ai tout compris. Alors comme ça mon père aime les blondes ? »


Lovi devient un véritable démon, kesese

Traduction

Strike Back : contre-attaque (anglais). Comme la série. Avec Richard Armitage, pas cette pseudo-suite américaine.

Notes

Les Rois Maudits (que Tonio adore et lit dans un chapitre antérieur) sont une série de romans historiques écrits par Maurice Druon. Le premier tome traite du règne de Philippe IV le Bel (j'ai fait un travail sur lui, c'pour ça que je reviens toujours dessus...) qui s'est étendu de 1285 à 1314. Le roman (intitulé Le Roi de Fer) se concentre sur les dernières années de son règne.

On retrouve pas mal de détails de la vie quotidienne des Fernandez Carriedo qui m'ont fait plaisir en écrivant...

Downton Abbey est une série britannique. Je n'ai jamais vu, mais mon meilleur ami et ma grand-mère sont fans. C'est venu tout seul en cherchant un sujet de conversation.

J'utilise le 12 octobre comme date anniversaire d'Antonio depuis Regresa A Mi... Je ne sais pas si c'est la bonne date du fandom, mais j'avoue que j'ai la flemme de chercher. Ca correspond à la fête nationale espagnole.

Le Cava est un mousseux espagnol. C'est à dire que c'est la méthode champenoise mais comme il est produit en Espagne ça ne peut pas s'appeler "Champagne". Non non, je m'y connais pas du tout en vin et en alcool...

Kwata! C'est la marque (oui désolée U-U) du choco que je mangeais dans mon enfance. La tartine qui sourit sur l'étiquette c'est juste trop chou :3

Je m'arrête ici pour janvier ! Merci de votre lecture !

Au 1er février ;)