Hello les dragonniers ! Désolée pour mon absence. J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes !
*Becoming one of the people becoming one with Neytiri – James Horner*
Chapitre 21 : C'était Berk
La lumière avait disparue. Mon cœur battait la chamade. Je regardai fébrilement à droite puis à gauche sans rien percevoir. J'étais aveugle… Sans défense... Je sentais l'haleine fétide et chaude des dragons sur ma peau. Leurs grognements étaient subitement devenus si proches que j'avais l'impression que je pouvais toucher leurs écailles rien qu'en avançant ma main. Le passage se rétrécissait. Mon estomac ne cessait de se tordre violemment. On aurait dit que la grotte se refermait sur nous comme si la terre, monstre affamé, avait décidé de nous engloutir pour toujours. Respirer… Expirer… Respirer… Il fallait que je me calme.
Tout va bien se passer…
Je me baissai sur Vandgave et posai mon front contre le sien. Il était brulant.
« Tiens bon, je t'en prie… Ne me laisse pas… » Articulais-je difficilement.
Je ne pu réprimer quelques amers sanglots.
Tout va bien se passer…
Tout à coup, j'aperçu de la lumière. Je relevai mes yeux rougis par les larmes. Je voyais la sortie du tunnel. Enfin ! La nuée s'échappa frénétiquement du passage et ce qui s'offrit à mon regard me laissa sans voix. Emprisonnées par d'immenses murs de pierres se dressaient à perte de vue des colonnes de basalte surmontées pour la plupart de mousses aux couleurs chatoyantes et de buissons ou s'ébattaient de jeunes dragons. D'autres, s'élevant encore plus haut, chutaient de gracieuses cascades qui semblaient ne pas avoir de fin. D'imposants et rares piliers de roches noires, que je présumai être d'anciennes coulées de lave, soutenaient les murs de la caverne, l'empêchant de s'effondrer. Nous nous trouvions au cœur même de la montagne, dans leur nid… J'avais sous les yeux un écosystème complet qui s'épanouissait, caché au reste du monde. Ils étaient là depuis tout ce temp set personne n'avait jamais rien remarqué. J'avais l'impression que ma tête allait exploser. Iron atterrit paisiblement et ses pupilles redevinrent normales. Je posai un pied à terre et fis quelques pas, la tête en l'air. Je manquai de tomber plusieurs fois mais ne pu me résoudre à décrocher mon regard de cet incroyable univers. Reprenant un peu mes esprits, je pris Vandgave sous les bras et le glissai sur le sol. Je posai mon oreille contre sa poitrine. Il respirait. Iron ne resta pas et parti s'amuser avec d'autres dragons qui se roulaient joyeusement tout près d'ici. Abasourdie et dévorée par la soif de la curiosité, je m'éloignai de mon ami, les jambes tremblantes d'émotion. Des dizaines de paisibles reptiles étaient perchés dans les hauteurs et me fixaient ce qui me rendit légèrement mal à l'aise. Je reconnu quelques uns de la horde. Ils semblaient nettement moins agressifs que tout à l'heure. D'autres dont j'ignorais totalement l'espèce vinrent me renifler, curieux. On aurait dit qu'ils n'avaient jamais vus d'humains. Ils se frottaient affectueusement à moi. L'un d'eux eu même l'audace de me lécher le visage. Je lâchai un rire amusé et les caressai joyeusement. C'était complètement dingue… Soudain, une sorte de rugissement à la fois fort et rauque se fit entendre. On aurait dit un son émit du tréfonds d'une immense gorge. Intriguée, je glissai entre les dragons et circulai quelques fougères. Je découvris alors le monstre achevant de bailler, couché dans le gigantesque lac ou finissaient toutes les cascades. Il ferma les yeux et ne remua plus. Sa respiration calme et puissante emplissait ce sanctuaire et curieusement, ça m'apaisait. Le géant s'était endormi. Les dragons lui tournaient autour mais il demeura inanimé, telle une pierre. Si, il grogna légèrement lorsque quelques jeunes imprudents vinrent voleter près de ses narines. C'était un spectacle absolument unique. Il me semblât tout à coup que mon corps était en flamme. L'envie de m'approcher de lui me dévorait. Je pris une grande inspiration et sautai sur un piton situé à une hauteur vertigineuse du sol. Je bondis sur un deuxième un peu plus loin et me fis renverser par une flopée de dragons joueurs. Je perdis l'équilibre quelques secondes mais réussi à le retrouver de justesse. Je sautai sur un troisième piton puis sur un autre et encore un autre. Je retrouvai la terre ferme et dévalai une petite pente mousseuse. Je me frayai un passage au cœur des fougères et m'arrêtai net. J'eus l'impression que mon cœur venait de rater un battement. Ça y était. J'étais en face de lui. Je levai timidement ma minuscule main, hésitai un instant et finalement, la posai sur son museau. Il ne broncha pas. Fou… C'était totalement fou… Il n'y avait pas d'autre mot. J'arrivais à ressentir toute la placidité et la sérénité émanant de l'animal. C'était comme si il se déversait en moi. Son âme paisible soulagea la mienne, si fatiguée… Si amère… Je me détendis doucement puis ramenai ma main contre ma poitrine. Je n'arrivais pas à y croire. Je me reculai au départ doucement puis de plus en plus vite et finalement, couru retrouver Vandgave. Je remontai aussi vite que je le pu la petite pente puis empruntai le raccourci que m'offrait un vieux tronc d'arbre creux. Je montai sur un rocher, m'aidai d'une branche pour en atteindre le sommet et gravis un piton d'où je contemplai de nouveau ce monde merveilleux. Je bondis sur un autre piton, failli glisser à cause de la mousse humide et rejoignis la terre ferme. Je m'assis à côté de mon ami toujours inconscient et soufflai un peu. Le soleil illuminait le cœur de la montagne comme en plein jour grâce à de multiples mais discrètes ouvertures dans son plafond. Les doux rayons coulaient de cette façon à l'intérieur conférant aux ailes des dragons qui les traversaient de magnifiques reflets dorés.
« Si seulement tu pouvais voir ça… » Murmurais-je à Vandgave.
-Et il le verra. » Annonça soudainement une voix qui m'était inconnue.
Je me retournai brusquement. Le mystérieux dragonnier se tenait juste devant moi avec à la main, une lance à double tranchant semblable à celle de ma tante. Je ne pu m'empêcher de frémir.
« Qui es-tu ? » demanda t-il posément.
Je me relevai doucement et renchéris :
« Et vous, qui êtes-vous ? »
Il ne répondit pas. Au lieu de cela, il s'avança vers moi calmement. Instinctivement, je me reculai mais je me rendis bien vite compte que ça n'était pas moi qui l'intéressais. Il s'accroupit près de Vandgave et posa sa main ridée sur son front.
« Il a de la fièvre. Il doit être soigné le plus vite possible. »
Il se releva et emprunta un fin pont de pierre qui menait à une autre partie de la caverne. A voir l'agilité dont il fit preuve et le fait qu'il ne regarda pas une seule fois en bas, j'en déduisis qu'il devait avoir l'habitude de venir ici. Peut-être même y vivait-il… De plus en plus curieuse, je le suivis. Je ne pu résister à l'envie qui me rongeait de jeter un œil en dessous de moi. Je baissai lentement la tête et me rendis compte que nous étions encore plus haut que les pitons sur lesquels j'avais sauté tout à l'heure. Des dizaines de dragons de toutes races volaient gracieusement sous mes pieds. Ils formaient des tourbillons multicolores qui s'élevaient dans le lointain comme les oiseaux devant un coucher de soleil. Le dragonnier se rendit jusqu'à un arbre dont les racines majestueuses cachaient une sorte de petite hutte. Il y entra. Tendant les bras, je passai rapidement le pont. Je poussai la porte et déclarai :
« Vous n'avez pas répondu à ma question. »
-As-tu répondu à la mienne ? »
Je baissai la tête. Il prit une chope qui se trouvait sur l'étagère et la plongea dans une marmite d'eau bouillante. Il versa quelques plantes dans celle-ci et se dirigea vers la sortie. Je m'écartai afin de le laisser passer puis il retourna auprès de Vandgave. Il lui fit patiemment boire le contenu de la chope.
« Sif. » Lâchais-je.
Le dragonnier se retourna.
« Je m'appelle Sif. »
-Ravi de faire ta connaissance, Sif. Tu es la première à découvrir mon antre. Je reconnais que tu as dû faire preuve d'une grande audace ainsi que d'une certaine folie pour t'y introduire et j'aime ça mais ne te fais pas d'illusions. Ça n'est pas ça qui te sauvera. Aussi fourbe soit Viggo, ses tentatives pour débusquer ce nid sont vouées à l'échec. Je suis le maître de ces lieus et vous êtes mes prisonniers. Je ne suis pas cruel : Vous mangerez à ma table, vous aurez un endroit ou dormir et vous pourrez allez ou bon vous semble dans cette montagne. Seulement, vous ne sortirez plus jamais d'ici.
-Quoi ? Pourquoi ? On est de votre côté !
-Inutile de tergiverser, je connais toutes vos manœuvres par cœur. Je t'ai vu sur le drakkar de Viggo et tu étais sur Ygled avant que je n'en libère les dragons. Tu es l'une des leurs.
-Non ! C'est faux ! Je suis un dragonnier ! Viggo nous a capturés et arrachés de nos terres. Il nous a emmenés sur ygled comme prisonniers. C'est vous qui nous avez permi de nous enfuir en attaquant l'île.
-Tu mens.
-Alors si vous ne me croyez pas, laissez-moi vous montrer. »
Tendant les mains devant moi pour le rassurer je me décalai légèrement et appelaiIron qui s'amusait comme un fou. Le razolame releva la tête et se rua sur moi. Il frotta sa tête contre la mienne, la gueule entrouverte et la langue pendante. Visiblement, lui aussi adorait cet endroit. Je le caressai quelques instants et repris doucement :
« Vous voyez, je ne veux aucun mal aux dragons. »
Le dragon tourna alors la tête vers lui et, voyant sa lance, étendit ses ailes devant moi et commença à grogner.
« Prodigieux… » Lâcha le vieil homme.
Il posa son arme et s'agenouilla. Il tendit ensuite la main vers Iron qui s'empressa de mettre son museau dedans. Le dragonnier sourit et je fis de même.
Quand vint le soir, il alluma un feu près de Vandgave et moi et nous fit de la doux crépitement des flammes me rassurait. Il me rappelait celui de mon foyer ainsi que le brasier qui illuminait le hall de Berk, endroit ou j'avais si souvent rit avec mon cousin. J'épongeai tendrement le front de mon ami qui transpirait abondamment. Sa fièvre semblait avoir un peu baissée. Soudain, il ouvrit les yeux.
« Ou… Ou est-ce qu'on est… Pour… Pourquoi il fait si froid ? Sif ? »Balbutia t-il.
Je pris délicatement sa main dans la mienne et, après l'avoir tordu, reposai le chiffon humide sur son front.
« Chhh, tout va bien. Je suis là. Repose-toi. Je m'occupe de toi. » Murmurais-je.
Il referma doucement les yeux. Avec un peu de temps, il se rétablirait.
« Merci pour tout. » Confiais-je au dragonnier.
-Avec plaisir. Je suis désolé si je me suis montré dur tout à l'heure mais il fallait que je sois sûr.
-Sûr de quoi ?
-Que tu sois bien un dragonnier. Au départ, j'ai réellement cru que tu faisais parti de l'équipage de Viggo mais lorsque je t'ai vu caresser Djara, j'ai eu des doutes. Il fallait que je te teste.
-Alors tout ça c'était du bluff ? Ooookay… Eh bien, vous n'y allez pas de main morte quand vous jouez la comédie ! Mais je comprends. J'aurais sûrement réagi pareil. Par contre, j'ai une question : Qui est Djara ? »
Il tendit son gros index en direction de l'immense bête qui reposait dans cet endroit et répondit :
« C'est lui Djara. »
-Lui ? C'est un mâle ? »
Il hocha la tête.
« Il fait partie d'une espèce appelée « la mort rouge ». Quand je l'ai découvert, il venait à peine de sortir de l'œuf. Il dormait à côté du cadavre de sa mère comme s'il eu attendu qu'elle se réveille. Il vivait sur une toute petite île silencieuse ou il n'y avait qu'une montagne dont le flan s'était écroulé. Il m'a fait pitié alors je l'ai pris sous mon aile. J'ai appris beaucoup de choses depuis notamment que les femelles sont plus petites mais qu'elles peuvent se montrer très agressives voir mortelles en période de ponte. Ce sont des mamans prêtes à tout pour leurs enfants, même à imposer leur domination, en temps normal bienveillante, sur d'autres dragons. Elles les forcent à la nourrir sans répits pour pouvoir ensuite tout régurgiter pour sa progéniture. Les mâles, eux, sont plus paisibles, bien plus gros aussi et s'ils exercent aussi une forme de pouvoir, c'est-à-dire que les dragons qui sont sous sa protection doivent lui apporter à manger, il partage toujours avec ses sujets. »
J'étais sans voix. La mort rouge, la tueuse sanguinaire, le monstre sans cœur était en fait une maman. Elle ne gardait même pas la nourriture que ses sujets lui offraient, elle vomissait tout pour ses petits. Ma vision de cet évènement venait de changer brutalement et j'éprouvais à présent un petit pincement au cœur de m'être réjouie de la mort de cette bête. Désireuse de changer de sujet, je fouillai dans ma mémoire et lançai :
« Quand on s'est vus la première fois, vous avez paru troublé. Pourquoi ? »
-Oh, rien de bien important. Je ne suis qu'un pauvre vieillard et il arrive à mon esprit de me jouer des tours. » Répondit-il en laissant échapper un bref rire douloureux.
Il but une gorgée de soupe et, voyant sans doute que j'attendais une réponse, il soupira :
« Tu m'as rappelé mon fils. C'est pour ça que je t'ai suivie jusqu'à Ygled. Je voulais savoir qui tu étais mais j'ai été stupide. Je me suis mis en danger, moi, mais aussi tout ce pour quoi je me suis battu jusqu'à présent.»
-Vous avez un fils ? »
Son regard s'assombrit brusquement.
« Oui, c'était il y a bien longtemps. »
Il se leva d'un bond, jeta le reste de son potage au feu et s'enferma dans sa cabane. Je me mordis la lèvre et tournai la tête vers Vandgave. Bien… Il semblait que nous allions dormir ici.
Je lui remis tendrement sa couverture et épongeai son front une fois de plus. Je tordis le chiffon et le plaçai dans son cou. Ensuite et pour la première fois, je déposai un doux baiser sur sa tête.
« Bonne nuit. » Soufflais-je.
Je regardai une dernière fois tout autour de moi. Les dragons, pour la plupart, s'étaient entassés avec les leurs et dormaient profondément. D'autres, dont les écailles brillaient à la lueur de la lune, se désaltéraient paisiblement. Je me lovai contre Iron et baillai longuement.Je ne tardai pas à sombrer dans le sommeil.
Le lendemain, je fus réveillée en sursaut par des rugissements effroyables. Qu'est ce que c'était ? Je tournai la tête vers Vandgave qui dormait paisiblement. Il fallait que j'aille voir. Mieux valait-il se montrer prudent. Je me levai, les cheveux tout ébouriffés et commençai à marcher en zigzag. Mes pensées étaient encore toutes embrumées et je luttais contre le sommeil. Je me dirigeai aussi vite que je le pu vers les cris et vis le dragonnier posté juste en face d'un cornebrute enragé. Tous les sons se bloquèrent dans ma gorge. Il était magnifique. Je laissai mon regard courir sur sa carapace aux reflets violets et me rendis compte qu'il avait une flèche plantée dans l'épaule. Du sang coulait de sa blessure jusqu'à sa patte avant et s'écoulait en petites gouttes sur le sol.
« Ah tu veux te battre ? Tu cherches la bagarre, pas vrai ? Viens, je t'attends. » Débita le vieillard en tapant plusieurs fois sur ses genoux.
Le dragon lui fonça dessus mais il l'évita de justesse avec un calme et une agilité qui me dépassait. L'animal secoua la tête et souffla l'air de ses naseaux, profondément agacé.
« Viens, mon gros, viens ! Attaque-moi ! Piétine-moi ! Massacre-moi ! » Hurla t-il.
Fou… Il était complètement fou… Et quelque part, ça me séduisait. Il m'était impossible de détacher mon regard de cet effrayant spectacle. Le reptile cracha une énorme boule de feu qui le rata d'un cheveu. Il lui fonça de nouveau dessus mais le dragonnier l'esquiva une fois de plus. Il commença à bondir autour de lui de sorte que le dragon n'arriva bientôt plus à suivre ses mouvements. A bout de nerfs, le cornebrute lui donna un violent coup de queue qui le percuta de plein fouet. Le vieillard tomba à la renverse et poussa un gémissement douloureux. J'allais me précipiter mais il cria :
« Non ! N'intervenez pas ! »
Le dragon poussa un puissant rugissement et se dressa sur ses pattes arrière. Je mis aussitôt mes mains devant mes yeux. J'entendis les pattes de l'animal retomber lourdement sur la roche. J'écartai doucement mes doigts. La bête avait frappé si fort sur le sol qu'il y avait désormais un gros nuage de poussière qui la masquait entièrement. Je ne voyais que de vagues formes qui se mouvaient à l'intérieur. Petit à petit, le nuage se dissipa et je pus apercevoir le cornebrute, bien plus paisible. Je fixai son épaule. La flèche avait disparue. Il avait réussi. Je me penchai un peu plus afin de voir ou étais le dragonnier mais ne vis rien. L'angoisse commença à me gagner. Ou était-il passé ?
« Bouh ! » Entendis-je juste derrière moi.
Je ne pu réprimer un cri de terreur. Je me retournai et plaquai une main sur mon cœur. Le dragonnier riait à gorge déployée, la flèche entre les doigts.
« Vous êtes vraiment impossible ! » Grognais-je, encore sous le choc.
-sans aucun doute. » Répondit-il.
Il prit le chemin de sa hutte en sifflotant. Je marchais à ses côtés sans vraiment y faire attention. J'adorais cet endroit mais là n'était pas ma place. Maintenant que nous étions libres, il fallait à tout prix que je retourne sur mon île pour prévenir mon père du danger. Mais avant, il fallait que nous retrouvions Sodvenn, que nous nous rendions sur Njörd pour récupérer la mère de Vandgave et ensuite les déposer à Berk. J'aurais aimé n'avoir jamais à remettre les pieds sur cette île mais je devais rendre mon ami à son père. Je me l'étais promis. Je ne pouvais pas fermer les yeux sur son bonheur au profit du mien. Et après je partirais… Comment ? Je l'ignorais encore. Et nous ne nous reverrions plus jamais… Plus jamais… A cette pensée, une larme coula sur ma joue. Je l'essuyai promptement et m'affalai brutalement contre le dos du dragonnier qui s'était soudainement arrêté. Il ne broncha pas. Je me massai vigoureusement le nez et le contournai lentement. Les sourcils froncés, il fixait le plafond de la grotte. Il n'avait pas l'air en colère mais semblait plutôt… Inquiet. Je levai à mon tour les yeux et vis les dragons rassemblés en une immense horde qui ne cessait de tourner autour du piton central de la montagne.
« Ils sont nerveux… » Annonça t-il avant de reprendre sa marche d'un pas décidé.
Aussitôt, il se glissa dans un étroit tunnel ou il disparu rapidement. Bien qu'un peu surprise, je réagis rapidement et le suivis sans attendre. Je baissai la tête pour ne pas me blesser
dans le plafond puis dû courber l'échine. Le passage se rétrécissait. Je finis mon chemin à quatre pattes et, soudain, aperçu de la lumière. Enfin ! Je m'extirpai du tunnel et vis le dragonnier, dos à moi, debout à la pointe d'une immense falaise. Je me relevai rapidement et le rejoignis. Je cherchai instinctivement à capter son regard afin de l'interroger mais il ne bougea pas, continuant de fixer l'horizon, le visage fermé et dur. Mon cœur commença à s'emballer et je sentis une sueur froide se répandre dans mon dos. Je tournai lentement la tête et vis des dizaines et des dizaines de navires de guerre massés au pied de la montagne, sans aucun doute la plus grosse flotte jamais rassemblée et tous avec le même emblème : Un poing ensanglanté.Je cru que mon cœur s'était arrêté de battre. Non… C'était impossible… Il nous avait retrouvés… Encore… Mais comment ? La plage grouillait de milliers d'hommes et de pièges de toutes sortes. Au loin je vis qu'ils armaient les catapultes. Cette fois, je ne voyais pas comment nous en sortir. Mon regard se posa sur une tache blanche qui bougeait sur le pont du drakkar de tête. Je fronçai les sourcils, essayant de distinguer de quoi il s'agissait. J'écarquillai les yeux.
« Sodvenn… » Lâchais-je à demi voix.
Elle était enchaînée à une solide plaque de bois et se débattait avec rage. Elle n'avait aucune chance. Je tournai la tête vers le dragonnier qui n'avait toujours pas bougé.
« La guerre, toujours et encore la guerre. Voilà pourquoi je déteste les hommes. J'ai autrefois été moi aussi un puissant guerrier mais j'ai été dégouté par tout ce sang versé alors je me suis retiré mais une fois qu'on y a gouté, on ne peut plus s'en débarrasser. Elle vous suit ou que vous alliez. » Articula t-il les dents serrés.
Ses propos me glacèrent le sang. Qui était-il véritablement ? Un choc violent ébranla la montagne. Je poussai un cri et tombai à la renverse. Un pan de roche s'abattit sur la plage en une coulée meurtrière de poussière et de gravas. J'entendais ma respiration devenir de plus en plus brève et haletante. Je levai la tête vers le dragonnier.
« Qu'est ce qu'on va faire ? » Demandais-je, affolée.
-Nous allons protéger les dragons. »
Je hochai la tête. Je me relevai rapidement et le talonnai.
« Je veux vous aider. » Annonçais-je en plantant mon regard dans le sien.
Il me fixa puis lâcha :
« Bien. »
Il se rua à l'intérieur de la montagne et, sans s'arrêter de marcher, m'ordonna :
« Toi et ton ami, vous prenez un dragon et vous quittez cet endroit le plus vite possible. »
-Quoi ?! »
Une autre secousse encore plus puissante que la précédente remua le sol. Je m'écrasai face contre terre. Je sentis un gout ferreux se répandre dans ma bouche. Je touchai ma lèvre et constatai que je saignais légèrement. Je me relevai et couru après le dragonnier.
« Attendez ! » Criais-je.
Il se retourna brusquement et me tint par les épaules.
« Sif, c'est la guerre ! Tu comprends, ça ? La guerre, ça n'est pas comme dans les livres, ça n'est pas glorieux, ça n'est pas un jeu et ça n'est surtout pas pour les enfants. Il va y avoir du sang et des morts et je ne veux pas que tu en fasses partie. Ce combat est mon combat. Si tu ne fuis pas maintenant avec ton ami, c'est moi qui vous chasserai. »
Ses yeux verts, noyés en partie sous ses épais sourcils blancs me dévisageaient. J'éprouvai un léger malaise et finis par baisser la tête.
« Okay… » Soufflais-je.
Il me lâcha progressivement et je restai plantée là, ne sachant que faire. Vandgave était encore souffrant. Je devais le protéger. Mais de toute façon, ou que nous irions, Viggo nous retrouverait. Nous n'aurions aucun repos tant que cette bataille ne serait pas achevée. Je couru en évitant les cailloux qui pleuvaient du plafond et rejoignis l'endroit ou j'avais laissé mon ami. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir debout. Il regardait tout autour de lui , l'air perdu. En me voyant arriver, il hurla pour tenter d'élever sa voix au dessus du fracas des rochers contre la montagne :
« SIF ! QU'EST-CE QU'IL SE PASSE ? »
Je pris sa main et répondis :
« VIGGO EST ICI, SODVENN AUSSI. ON DOIT FILER UN COUP DE MAIN AU DRAGONNIER ! »
-QUEL DRAGONNIER ? »
Un rugissement monstrueux se fit entendre. Vandgave tourna aussitôt la tête et vis Djara se dresser, plus effrayant que jamais. Son dragonnier, l'arme levée, poussa un cri de guerre et tous deux disparurent dans le lac au centre du sanctuaire.
« LUI ! » Répondis-je.
Mon ami m'interrogea du regard et lu dans mes yeux que je le suppliais de me faire confiance. Il hocha la tête d'un air décidé. Je lui souris et nous portâmes en même temps notre regard vers les dragons qui s'échappaient par milliers de la grotte. Nous nous regardâmes de nouveau. Nous pensions à la même chose. Vandgave se mit à courir et
s'élança brusquement dans le vide. Il atterrit, miraculeusement indemne sur un thornridge. Bien. C'était mon tour. J'allais sauter lorsque tout à coup, j'entendis un rugissement étrangement familier. Je regardai fébrilement autour de moi lorsque tout à coup, dans la nuée de dragons j'aperçu un écrevasse. J'écarquillai les yeux.
« FOUDRE ! » M'égosillais-je.
Le dragon s'arrêta et tourna la tête vers moi. Aucun doute possible. C'était bien mon dragon. Il quitta la horde et fonça dans ma direction. Il s'arrêta juste devant moi et frotta sa gueule contre mon visage. Comment était-il arrivé ici ? Je l'ignorais et je m'en moquais. Tout ce qu'il m'importait c'est que nous étions à nouveau réunis. Je serrai sa grosse tête dans mes bras et sentis des larmes chaudes perler sur mes joues. Je me reculai un peu et ancrai mon regard dans le sien, comme j'adorais le faire autrefois. Les rugissements des dragons me rappellèrent à la réalité. J'enfourchai Foudre et lui murmurai en lui tapotant le flan :
« On y va, mon grand. »
Aussitôt, nous quittâmes le sol à une vitesse fulgurante. Je sentais son cœur battre au même rythme que le mien. Nous nous frayâmes un rapide chemin dans la horde et sortîmes de la montagne. J'étais ivre de vitesse. Cette sensation m'avait tellement manquée. Nous évitâmes de justesse un énorme rocher et détruisîmes une catapulte avec brio. Soudain, d'immenses vagues se formèrent sous la flotte de Viggo et brusquement, Djara et son dragonnier surgirent de l'océan, renversant par la même occasion la moitié des drakkars. Je tendis les bras en l'air et poussai un cri victorieux.
« SIF ! » Hurla t-on.
Je tournai la tête et aperçu Vandgave me faire signe. Il me désigna Sodvenn.
« VA, JE TE COUVRE ! » Lui répondis-je.
Il hocha la tête et fonça vers le navire de tête. Je me postai juste devant et Foudre se chargea de réduire en cendre les flèches qui nous étaient destinés. Je profitai d'un bref instant ou l'on ne s'occupait plus de nous pour regarder longuement la bataille. Les chasseurs redoublèrent d'efforts. Les grosses sphères de métal auxquelles je n'avais pas prêtées plus d'attention que ça s'ouvrirent tout à coup, découvrant aux yeux de tous des dragons enchaînés. Certains de leurs congénères quittèrent la horde pour leur venir en aide mais au moment ou ils se posèrent dans la sphère, celle-ci se referma brusquement sur eux, telles les dents d'un monstre avalant sa proie. Je sursautai et sentis un frisson d'angoisse me parcourir la colonne. Les bolas se mirent à pleuvoir avec encore plus d'intensité et nombreux sont les dragons qui tombèrent à terre. Djara, occupé à broyer les drakkars de la flotte pour en libérer les reptiles prisonniers, se retrouva vite débordé. Il y a avait beaucoup trop de catapultes et bien que sa peau était épaisse, les tirs à répétition concentrés sur sa tête commencèrent à avoir raison de lui. Il se secoua et poussa un rugissement agacé.
« Vandgave, je voudrais pas te presser mais là, y a urgence ! » Criais-je en me tournant légèrement vers mon ami.
Mais au moment où je reportai mon regard sur la bataille, un filet s'abattit sur nous et nous nous écrasâmes lamentablement sur le sol. Je sortis lentement de sous l'aile de Foudre et levai les yeux. Tout était flou, comme enveloppé de coton. Les cris, les rugissements et les bruits étaient subitement devenus sourds et lointains. Je tentai de me relever. Douleur. Je laissai échapper un gémissement. Mon épaule me faisait atrocement souffrir. Des chasseurs vagues et déformés s'approchèrent. Leurs ricanements résonnaient dans ma tête. C'était insupportable.
Soudain, un mur d'ambre se forma tout autour de Foudre et moi, empêchant les chasseurs d'aller plus loin. Je levai aussitôt les yeux et aperçu Mörd juché sur son chant funeste. Je le dévisageai d'un air abasourdi puis attrapai la dague que j'avais laissée dans ma botte. Je nous libérai et remontai sur Foudre.
« Avant que tu ne me frappes encore, je voulais sincèrement m'excuser. Tu n'es pas obligée de me pardonner, du moins pas tout de suite, je comprendrai. Je veux juste que tu saches que je regrette, vraiment. Est-ce que tu penses pouvoir m'accorder à nouveau ta confiance un jour ?» M'annonça le jeune chef quand je fus à son niveau.
-Pour ça, il faudra que tu t'en montres digne. » Répliquais-je sèchement.
« SIF ! » S'égosilla t- on.
Vandgave. Je tournai la tête. Il était encerclé et Sodvenn toujours enchaînée. Avant même que je ne puisse faire quoi que ce soit, Mörd et sa dragonne se ruèrent sur le pont. La dragonne cracha l'ambre qui la rendait si mortelle sur les chasseurs qui en à peine quelques secondes furent totalement immobilisés. Sans quitter des yeux les nouveaux attaquants qui arrivaient en masse, le jeune chef donna à Vandgave une petite jarre qu'il saisit aussitôt. Il l'ouvrit et en versa le contenu sur les chaînes de Sodvenn. La rage des neiges cracha une petite étincelle et une détonation formidable se produisit.
« Du gel de cauchemar monstrueux. » Soufflais-je.
Ingénieux… Vraiment ingénieux… Je guettai le nuage de fumée d'un air anxieux. Lorsque je vis Vandgave en sortir juché sur sa dragonne, je ne pu réprimer un cri de joie. Mon cœur battait aussi fort qu'il ne l'avait jamais fait. Il me fit un sourire que je lui rendis. J'étais si heureuse. C'était comme si tout mon corps était en flamme. Je réalisais que je m'étais attachée à lui d'une manière… différente. En sa compagnie, même si je prenais soin de tout cadenasser, je me sentais euphorique, bizarre, débile souvent… Je refusais de croire ce qu'il m'arrivait. Je me disais non, pas à moi mais je craignais la réponse. Je secouai la tête. Je me faisais sans doute des idées.
Mörd arriva peu après. Je lui accordai un léger signe de la tête, reconnaissante.
« SORTEZ LE PIEU ! » Hurla t- on du fin fond de la flotte.
Vandgave, Mörd et moi nous retournâmes aussitôt. Une immense et épaisse tige de métal semblable à une lance géante, sans doute fabriquée en fer de gronk, fut montée avec difficulté sur une sorte d'arbalète géante. Je compris hélas trop tard. La grande taille de Djara était son atout mais aussi sa faiblesse et à ce moment précis, il n'était rien d'autre qu'une cible géante. J'entendis le ressort de l'arme.
« ATTENTION ! » Criais-je.
Il n'eu pas le temps de réagir et le pieu s'enfonça dans la seule partie molle de sa cuirasse : son ventre. Non… La bête poussa un cri et s'effondra sur le côté dans un fracas assourdissant. Non ! Un énorme nuage de poussière s'éleva du sol et enveloppa rapidement toute la plage. Mes compagnons disparurent dans la brume et je me retrouvai seule. Foudre émit un rugissement nerveux. Autour de nous, le combat continuait. Les gémissements des dragons, le bruit des épées qui s'entrechoquaient, les râles des hommes, ils retentissaient autour de nous sans que nous percevions quoi que ce soit.
« Vandgave ? » Appelais-je.
Pas de réponse. La longue plainte d'une corne de brume retentit alors dans ce matin blafard. Ils sonnaient la retraite. Non… Je ne pouvais pas laisser Viggo s'en tirer, pas comme ça, pas encore une fois.
« Allez, Foudre, finissons en une bonne fois pour toutes. » Murmurais-je à mon dragon.
Nous nous élevâmes aussitôt dans la fumée et la traversâmes. J'avais une vue plongeante sur la flotte de Viggo.
« SIF ! » Hurla t-on.
Vandgave me rejoignit avec Sodvenn sans que je ne leur prête la moindre attention.
« Je n'aime pas ce regard, Sif. Qu'est ce que tu comptes faire ? »
-En finir. » Répliquais-je simplement.
Pour la première fois, il m'attrapa le poignet. Je sursautai légèrement et tournai la tête vers lui.
« Non, tu ne vas rien faire du tout, tu vas rester ici. » M'ordonna t-il.
Qu'est ce qu'il lui prenait ? J'essayai de me débattre mais il resserra son emprise.
« Je fais ça pour ton bien. Tu ne vaincras pas Viggo à toi toute seule. »
Ses mots étaient sages et la raison aurait voulu que je renonce à cette folie mais je m'y refusais.
« Moi toute seule, non. Mais si tu viens avec moi et si Mörd nous donne un coup de main, on a peut-être une chance ! » Débitais-je.
« A trois ? Trois contre une flotte entière ? Non, Sif, je regrette. »
Je me débattis de plus belle. Il ne pouvait pas me faire ça ! Il fallait que je l'arrête !
« Tu ne comprends pas ! Lâche-moi ! Il va s'en prendre à ma famille ! LÂCHE-MOI ! » Hurlais-je.
Je posai mon front contre sa poitrine en sanglotant.
« Lâche-moi… Je t'en prie… »
Pour toute réponse, il posa une main dans mon dos et glissa l'autre dans mes cheveux.
« Chhhhh, calme-toi. Ça va aller… ça va aller… »
Petit à petit, mes larmes se raréfièrent et je repris conscience des réalités. Je voulais tellement sauver mes parents. J'avais cru que je pourrais faire quelque chose…
« Je suis désolée… » Articulais-je en pleurant de plus belle.
-ça n'est pas grave. Ça va aller. Viens, allons rejoindre les autres. »
Nous nous posâmes à terre ou le nuage s'était un peu dissipé. Tous les dragons étaient rassemblés là, autour de leur alpha dont la respiration difficile et saccadé laissait entrevoir toute la souffrance. Dès qu'il était tombé, ils avaient cessés de se battre. Le dragonnier était à ses côtés. Mörd aussi, quoiqu'un peu en retrait. La mort rouge était un dragon fortement blindé capable d'encaisser plusieurs tirs de dragons et de résister même à ceux d'un furie nocturne. Elle était si puissante qu'elle pouvait fracasser des pans entiers de montagnes sans se faire la moindre égratignure. Viggo le savait. C'est pourquoi il s'était montré encore plus rusé. Quelque chose de grossier comme des pierres ou du bois n'aurait aucun effet sur ce type de dragon. Non, il ne pouvait pas non plus le bruler de l'intérieur comme l'avaient fait Harold et Krokmou. La seule solution était de le poignarder et il avait réussi. Et maintenant ? je m'approchai du dragonnier et posai une main sur son épaule.
« Qu'est ce qu'on fait ? C'est quoi le plan ? » Soufflais-je.
-On retrouve Viggo et on lui fait payer, c'est ça le plan. » Renchérit aussitôt Mörd, tremblant de rage.
« Non ! La colère n'arrangera pas les choses. » S'insurgea le dragonnier en se relevant.
-Même si je n'approuve pas l'idée de Mörd, il va quand même falloir que nous agissions si nous voulons sauver les dragons. » Émit Vandgave.
-Comment ça ? » M'enquis-je.
-Avant que je ne libère Sodvenn, je me suis retrouvé face à Viggo. Je n'étais pas armé mais grâce à un coup de queue de Djara, le navire a tangué et il s'est retrouvé projeté contre le mur. Il s'est écroulé, à demi-conscient. Il a rit et a lâché que nous avions déjà perdu la guerre. Il a parlé de l'œil de dragon et de ses lentilles. Apparemment, en se superposant, elles lui ont livré de nouvelles coordonnées. Il lui a livré son ultime secret : Il existe un monde caché de dragons ou aucun homme n'a encore mit les pieds. C'est un lieu sacré ou ils se réfugient lorsque leur survie est vraiment menacée. Viggo va débusquer ce nid et va le détruire. Contrairement à ce qu'on pensait, il ne se contente pas de chasser les dragons, il veut les éradiquer de la terre. »
Toutes ces révélations, c'était beaucoup trop d'un coup. Je ne savais comment réagir. Je tournai la tête vers le dragonnier et demandai :
« Alors on fait quoi ? »
Il soupira.
« Je… Je ne sais pas… Je ne sais plus… »
Il caressa son dragon et poursuivit :
« Djara n'est que blessé. Je pense que Viggo avait sous estimé l'épaisseur de sa peau. Il s'en remettra mais pour le moment, il est incapable de combattre et les dragons n'iront nulle part sans lui. De plus, si Viggo nous a déjà battus une fois, comment espérer le vaincre la seconde ? »
Nous devions pourtant faire quelque chose…
« Il nous faut des renforts. » Affirmais-je soudainement.
Tout le monde me fixait d'un air hagard.
« Viggo pense que sans nos dragons, nous ne sommes rien, on va lui prouver le contraire. Il est temps de réunir Berkiens et Hofriens. »
Vandgave au départ hésitant, hocha doucement la tête en signe d'approbation.
« Tu peux aussi compter sur le soutien de ma tribu. » Annonça Mörd.
Je regardai le vieillard qui n'avait pas dit un mot. Un sourire se dessina doucement sur ses lèvres :
« Allons botter les fesses de Viggo. »
J'enfourchai Foudre, Vandgave Sodvenn et Mörd bondit sur Melody. Le dragonnier frotta sa minuscule tête contre l'immense museau de son dragon qui, après de vigoureux efforts, se remit debout. Il poussa un rugissement rauque et puissant et tous les dragons déplièrent leurs ailes. L'alpha s'en allait. Djara posa sa grosse tête sur le sol, permettant à son dragonnier de lui monter dessus. Le vieillard s'accrocha à sa mâchoire inférieure puis couru sur son front sans que le reptile ne grogne. Il s'installa derrière sa collerette et, brandissant son arme, poussa un terrifiant cri de guerre. L'animal ouvrit ses immenses ailes et s'éleva lentement dans les cieux suivi de tous ses sujets.
Avant de nous rendre sur Berk, nous fîmes un arrêt à Njörd afin de récupérer la mère de Vandgave. Par soucis de discrétion, il nous ordonna de l'attendre à environ deux heures de vol de son île mais comme j'insistai fortement pour l'accompagner, il me permit de venir avec lui. Mon ami profita donc du fait que sa mère se rendait au puits pour l'enlever. Il souffla quelques mots à Sodvenn et celle-ci plongea en tendant ses griffes en avant. La dragonne attrapa les bras de la femme, qui lâcha un hurlement de terreur, et l'emporta dans les airs.
« Bonjour, madame ! Ravie de faire votre connaissance ! » La saluais-je avec entrain.
Pour une raison que j'ignorais, je ressentais une certaine excitation à la rencontrer enfin. Elle me dévisagea, ses traits oscillant entre la surprise et l'épouvante. Mouais… Elle venait de se faire enlever et se retrouvait en face d'une inconnue volant sur un dragon. Ça n'était peut-être pas la meilleure façon de se présenter… Vandgave et moi échangeâmes un regard. Ses yeux étaient remplis d'un tel bonheur que j'en oubliais facilement tout ce que j'avais souffert jusqu'à présent. Enthousiaste, il baissa la tête vers sa mère et la rassura :
« Tout va bien, maman. Tu n'as pas à t'inquiéter. On va t'emmener dans un endroit sûr. »
Il releva la tête vers moi et poursuivit en me désignant :
« Je te présente Sif, c'est une amie. »
Elle tourna à nouveau la tête vers moi, toujours aussi effrayée. Je lui adressai un grand sourire.
« Peut-être voudriez-vous vous installer à côté de votre fils ? » Proposais-je.
Elle ne répondit pas. Je pris donc les devants et Foudre et moi glissâmes sous Sodvenn. La dragonne desserra doucement ses griffes et la mère de Vandgave atterris juste derrière moi en poussant un léger cri semblable à celui d'une souris.
« Vous vous appelez comment ? » Demandais-je histoire de la détendre.
-E…Ester.
- Okay, Ester, je vous promets que vous n'avez rien à craindre. Vous êtes en sécurité, ici. »
Foudre remonta et se plaça un peu au-dessus de Sodvenn. Vandgave tendit la main à sa mère et l'aida à se mettre derrière lui. Aussitôt elle l'enserra fortement à la taille.
« Mon bébé… Mon bébé… J'ai cru que je ne te reverrais jamais. » Sanglota t- elle.
Il posa tendrement une main sur les siennes et souffla :
« Je sais, moi aussi. »
Je ne pu retenir une larme devant ces émouvantes retrouvailles. Nous rejoignîmes la horde puis nous rendîmes sur Ygled ou Mörd expliqua la situation aux siens par le moyen d'un discours certes bref mais énergique. Ils répondirent tous présents sans exception. Et aussitôt, ils se ruèrent jusqu'à leurs drakkars et nous suivirent. Ensuite nous mîmes le cap sur Berk.
Aucun dragonnier ne parlait. Seuls les grognements des reptiles et le vague brouhaha des hommes en bas troublaient le silence ambiant.
« Je ne comprends toujours pas comment Viggo a fait pour nous retrouver… ça n'a pas de sens… Comment a-t-il eu l'idée d'utiliser Sodvenn alors qu'il nous savait sur Ygled ? » M'écriais-je tout à coup.
-Parce que Viggo est revenu sur Ygled. Il n'avait aucune piste alors il a décidé de faire un arrêt pour vous récupérer. Quand je lui ai annoncé que vous vous étiez échappés, il a failli me tuer. Il m'a forcé à tout lui révéler dans les moindres détails. C'est comme ça qu'il a su pour le monstre. Ensuite il a tourné les talons et il est parti. Je savais qu'il allait vous attaquer alors je suis venu pour vous prévenir mais je suis arrivé trop tard. » Avoua Mörd.
Tout était clair à présent. Vandgave et moi nous étant échappés ensembles, il lui suffisait de retrouver l'un ou l'autre pour découvrir l'emplacement du sanctuaire. Et c'est Vandgave qu'il avait choisi car il lui restait sa dragonne. Nous l'avions conduit à Djara. C'était de notre faute… Mais nous allions changer tout ça.
Personne n'ajouta un mot. De temps en temps, nous survolions un navire marchand ou deux dont les occupants n'eurent le courage de nous tirer dessus. Ils nous regardèrent passer, abasourdis. Et les heures continuèrent de passer, longues, et mortellement ennuyeuses. Comme je n'avais pas de selle, je commençais sérieusement à avoir mal au postérieur. Je tournai la tête vers mes compagnons afin de vérifier qu'ils allaient bien. Vandgave et Mörd discutaient ensembles sans aucune animosité l'un envers l'autre et quelque part, bien que je nourrissais encore de la rancune envers Mörd, ça me faisait plaisir. Je portai ensuite mon regard vers le dragonnier, les yeux fixés sur l'horizon. Un sourire mauvais se dessina sur mes lèvres. Foudre et moi glissâmes furtivement sous Djara et remontâmes juste derrière le dragonnier qui n'avait pas bougé.
« BOUH ! » Criais-je.
Il ne cilla pas.
« Re-bonjour, Sif. » Annonça-t-il calmement.
-Arrêtez avec vos grands airs. Vous avez eu peur, pas vrai ?
-Même pas un frisson.
-Rhaaaa, c'est pas vrai. »
Il laissa échapper un léger rire.
« Parlez-moi de vous. Vous vous rendez compte ? Je ne connais même pas votre nom ! » Ajoutais-je.
-C'est parce qu'il n'y a rien à dire. Je ne suis qu'un vieux fou avec un dragon.
-L'autre jour, vous m'avez dit que je vous rappelais votre fils. Vous aviez une famille. Que lui est-il arrivé ? »
Il soupira.
« J'ai fui. Voilà ce qui est arrivé. J'étais tourmenté par des questions auxquelles je ne trouvais pas de réponses. Alors j'ai pris un navire et je suis parti. Je pensais revenir au bout de quelques jours mais j'ai fait naufrage sur la même île ou j'ai rencontré Djara. A cette époque, il était à peine plus gros qu'un yack. Un lien s'est formé entre nous. Il a senti mon désir de m'échapper alors il m'a enlevé. J'ai tenté de revenir mais il m'en a empêché. Il s'est niché dans une immense montagne, là ou il savait qu'il serait en sécurité, et à consolidé ses fondations en crachant de la lave. En refroidissant, elle est devenue aussi dure que de la pierre. Le sanctuaire à prit peu à peu forme et est devenu un refuge pour tous les dragons d'où qu'ils viennent. Djara est devenu leur alpha, leur offrant sécurité, nourriture et asile. Alors j'ai juré de le protéger lui et tous les dragons. J'étais devenu le gardien du sanctuaire. Il existe beaucoup de dragons de classe dominante dans le monde et beaucoup d'autres ruches dont les hommes ignorent l'existence. Au cours de mes nombreux voyages, j'en ai dénombré trente sept. L'une d'elle m'a particulièrement impressionnée. Si Djara est effectivement un alpha, j'ai découvert qu'il existait plus gros que lui : Une sorte de dragon roi cracheur de glace avec à sa suite des miliers et des miliers de dragons. Parmi eux, j'ai vu une personne. Elle m'a regardé et ils ont tous disparus sans laisser de traces. Je ne l'ai jamais retrouvée. »
Comme je souriais, il demanda :
« J'ai dit quelque chose de drôle ? »
-Non, non, poursuivez. »
En réalité, j'imaginais la tête qu'il ferait lorsque je lui présenterais Valka une fois arrivés à Berk. Car cette mystérieuse personne ne pouvait être qu'elle.
« Je pensais mourir paisiblement dans ce lieu alors j'ai écrit des lettres à mes enfants dans lesquelles j'expliquais ce qui m'étais arrivé et la raison de mes choix. Je leur ai dit que je les aimais et que j'étais persuadé qu'ils deviendraient des adultes responsables et dignes. Malheureusement, la guerre m'a rattrapé et mes lettres ont été détruites avec le sanctuaire.
-Moi je trouve que c'est une bonne chose. Comme ça vous pourrez tout leur dire en face. Vous avez combien d'enfants exactement ?
-Deux. Un garçon et une fille. Ma vie d'avant semble si lointaine que je me demande parfois si je ne l'ai pas simplement rêvée. Alors chaque soir, avant de m'endormir, je répète leurs noms pour me rappeler, pour ne pas oublier. »
Il ferma les yeux et murmura :
« Dagur et Ingrid… »
J'eus l'impression que mon cœur avait raté un battement. Tous les bruits autour de moi étaient devenus sourds et atténués, comme si le temps s'était arrêté.
« Co… Comment ? » Balbutiais-je.
Il se retourna vers moi.
« Dagur et Ingrid. » Répéta-t-il simplement.
Mon cœur battait à présent si fort que son tamtam retentissaient dans ma tête.
Pom, pom, pom, pom, pom, pom, pom, pom
Je comprenais à présent ce trouble que j'avais ressenti en croisant son regard.
« Vous vous appelez Oswald… »
Il écarquilla les yeux, surpris. Je sentis des larmes brulantes couler sur mes joues. Je n'arrivais plus à m'arrêter.
Pom, pom, pom, pom, pom, pom,
« Comment le sais-tu ? »
-Parce que tu es mon grand-père. » Répondis-je tremblante.
Il me fixa, incrédule.
« Je suis Sif, fille de Dagur, ancien chef du clan des Parenvrille. » Balbutiais-je, étreinte par l'émotion.
Son visage fut décomposé par la stupeur.
« On a retourné toutes les îles les unes après les autres sans jamais te trouver. » Soufflais-je.
Il sauta sur le museau de Djara qui leva la tête pour le monter jusqu'à moi. Doucement, il prit mes mains dans les siennes si grosses mais si douces et articula :
« Je… Je sais qu'aucun mot n'effacera jamais ce que j'ai fait… Je… Tu veux bien qu'on recommence à zéro toi et moi ? »
Je hochai doucement la tête en essuyant mes joues. Il me posa de nombreuses questions auxquelles je répondis patiemment. Nous allions de nouveau former une famille unie.
Lorsque enfin j'aperçu Berk, j'accélérai brusquement. L'île était si calme à présent sans ses dragons qu'elle semblait morte. En m'approchant du village, j'aperçu de nombreux vikings errer ça et là, la mine maussade. Je me posai sur la place publique. Tous les regards se tournèrent vers moi et le silence se fit. Je rassurai Foudre qui commençait à montrer les dents d'une simple caresse dans le cou. Il n'avait pas l'habitude d'être entouré d'autant d'humains à la fois et je le sentais crispé. Tu n'as rien à craindre, ce sont des amis. Comme s'il avait compris, il se calma et se détendit.
« Je dois parler au chef de Berk. » Annonçais-je.
-Il est parti vers le port. » M'indiqua une femme.
Je remerciai la femme d'un hochement de tête et Foudre et moi décollâmes. Nous arrivâmes bien vite au port ou j'aperçu Harold debout sur un ponton qui surplombait tous les drakkars. J'atterris derrière lui et posai ma tête contre celle de mon dragon pour lui faire comprendre de ne pas intervenir. Je me reculai lentement puis m'avançai timidement vers le chef.
« Chef ? » L'appelais-je.
Il se retourna, le regard vitreux. Un frisson me parcouru la colonne vertébrale.
« J'ai besoin de votre aide. » Le suppliais-je.
Il s'avança vers moi sans un mot. Son visage grave m'effrayait. Instinctivement, je commençai à reculer. Soudain, mon pied heurta la falaise. Acculée. Harold m'attrapa brusquement les bras. Surprise, je laissai échapper un cri.
« Qui es-tu ? » Demanda t-il en articulant bien chaque syllabe.
Je ne comprenais pas. Je l'interrogeai du regard mais il demeura de marbre.
« REPOND ! » Hurla t-il.
Mon cœur tambourinait comme un fou dans ma poitrine. Jamais je ne l'avais vu dans un tel état.
« Sif ! Je suis Sif ! Je viens de l'île d'Hofr. » Débitais-je, paniquée.
Il me secoua.
« Ça n'est pas ça que je veux savoir ! Qui t'envoie ? Et comment est-ce que tu as le culot de revenir ici après ce que tu as fait ? »
Je ne comprenais pas… Il me faisait mal.
« Je vous l'ai déjà dit ! C'est moi et moi seule qui ai décidé de venir ! »
-Et tu crois que je vais gober tes mensonges ? Tu crois que je vais tomber dans le piège simplement parce que tu reviens vers moi avec un dragon ? J'ai trouvé ton ceinturon, Sif. Je sais tout depuis le début. Ajouté aux soupçons d'Ingrid, je n'avais plus de moyen de douter. De quelle façon ? Je ne le sais pas mais je sais que tu es lié à Dagur et que tu fais partie du clan des Parenvrille. Est-ce que tu es sa sœur ? Est-ce que tu es venue pour venger sa mort ? Qu'est ce que j'en sais ? Mais t'infiltrer chez nous… »
Il éclata d'un rire qui m'effraya, le rire d'un fou.
« …T'infiltrer chez nous, nous faire croire que tu es des nôtres, c'était fourbe, sournois, ça n'était pas Parenvrille. J'ai cru qu'il s'agissait juste d'une coïncidence jusqu'au jour ou nos dragons sont partis. Là, je t'ai vue avec Viggo et j'ai compris, hélas trop tard. Je sais que tu t'es associée avec lui. Je pensais que tu aurais le courage de me le dire de ta bouche. Est-ce que tu es heureuse maintenant, Sif ? Maintenant que tu as eu ce que tu voulais ? »
Mon cœur battait la chamade. Je baissai la tête.
« Je suis sa fille… » Lâchais-je.
-Quoi ?
-Dagur est mon père. »
Il me lâcha et recula de quelques pas.
« Dagur est mort. » Affirma t-il.
-Harold, regarde moi et ose le répéter. »
Il m'observa de la tête aux pieds.
« C'est impossible… » Souffla t-il.
-Rappelle-toi du jour où je suis arrivée sur Berk. Ingrid t'a dit que mon regard lui était familier. Et toi, ne te rappelle t-il rien ? »
Il ancra ses yeux dans les miens.
« Impossible… » Répéta t-il, effrayé.
Je me rapprochai lentement de Foudre et poursuivis :
« Tout a débuté le jour ou mon père a détruit le piège des chasseurs de dragons qui vous était destiné. Il vous a laissé croire qu'il était mort pour votre bien. Il ne voulait pas que Viggo se serve de vous pour se venger de lui. De plus, il n'était pas sûr que vous l'acceptiez après tout ce qu'il avait fait et il ne vous en veut pas. Alors il a taillé la route, il s'est posé sur une île, s'est marié et je suis née. Nous avons formé notre propre tribu, une tribu qui aime, protège et défend les dragons. Il est devenu notre chef. C'est désormais un homme bienveillant et doux et il vous tient tous en haute estime dans son cœur. Il ne savait pas que j'allais venir ici. A vrai dire, il me l'avait formellement défendu mais je voulais connaître ma famille. J'ai bravé ses interdits pour vous rencontrer.»
-Non… ça n'est pas…
-Il t'appelle souvent « Mon petit frère, Harold ». »
Ses yeux s'écarquillèrent. J'avais touché un point sensible. Il me croyait.
« Et puis il y a eu ce fameux jour ou Vali m'a dit que tu savais tout depuis le début. Alors j'ai… J'ai pris peur et je me suis enfuie… Je me suis fait capturée par Viggo et c'est là que le cauchemar a commencé. Je n'ai rien pu faire pour empêcher Berk d'être ravagée mais aujourd'hui, ensemble, nous pouvons empêcher Viggo de rayer les dragons de la surface de la terre.
-Ce que tu dis n'a pas de sens. Viggo n'est qu'un chasseur… Intelligent, certes, mais éliminer les dragons n'est pas dans son intérêt…
-C'est ce qu'il nous a fait croire. Son véritable but était de trouver toutes les lentilles de l'œil de dragons. Ainsi, une fois toutes superposées, elles ont révélé de nouvelles coordonnées. Elles lui ont livré ce qu'il recherchait depuis tant d'années : Un monde caché ou les dragons se réfugient lorsqu'ils se sentent en danger. Une sorte de sanctuaire ou aucun homme n'est jamais allé. Si Viggo le trouve, il le détruira.
Harold tourna en rond. Il passa nerveusement une main sur sa nuque et lâcha :
« ça n'est qu'une légende, Sif ! Il n'existe pas de monde caché. Si Viggo veut poursuivre des chimères, qu'il y aille ! ça n'est pas moi qui l'en empêcherai. Et même si c'était vrai, nous ne pouvons rien y faire. Nous avons perdu, c'est fini. Regarde autour de toi ! Berk est ravagée. Ma tribu est fatiguée, elle souffre et toi tu me demandes de les refaire partir au combat ? Non, Sif. Je regrette. Je ne peux pas leur faire ça. »
-C'est bien pour ça que j'ai amené une armée. » Répondis-je en étendant la main vers la horde qui arrivait.
Harold vacilla. Son visage fut décomposé par la stupeur.
« Chef ! » S'égosilla un viking.
Nous tournâmes aussitôt la tête. L'homme avait l'air fatigué. Sans doute avait-il couru.
« Je viens du port. Une flotte importante s'approche dangereusement des côtes. Le blason qui orne leurs voiles m'est inconnu. » Débita t-il.
Harold reporta son regard sur l'horizon sans un mot. Il sortit une petite longue vue de sa poche et observa mon armée.
« Dois-je dire aux hommes d'être prêts à riposter ? » Demanda le guerrier.
Harold tourna la tête vers moi et plongea ses yeux dans les miens.
« Non. Laissez les venir. » Répondit-il.
Je sentis la joie renaître dans mon cœur aride.
« Est-ce que ça veut dire que tu vas nous aider ? » M'enquis-je, non sans un léger sourire.
-Tu as ramassé ces gens et ces dragons sans doute des quatre coin de la terre et Berk n'est pas la porte à côté. Nous ne sommes pas des sauvages. Je ne peux pas leur dire de repartir après le long voyage qu'ils viennent de faire. Une fois qu'ils seront arrivés, je veux que tu leur explique qu'ils peuvent rester pour la nuit mais que je ne veux plus voir un seul d'entre eux à l'aube. Est-ce bien clair ?
Et il tourna les talons.
-Quoi ? » Laissais-je échapper à demi-mot.
Je restai quelques secondes, perdue. Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il réagisse de cette manière. Sans perdre un instant, je lui couru après.
« Mais… Harold ! Ils sont tous prêt à se battre. Je… »
-La discussion est close. Je ne veux plus rien entendre à ce sujet. » Tonna t-il sans défroncer les sourcils.
Il s'enferma dans sa hutte en faisant violemment claquer la porte.
Une ch'tite review ?
Le premier à me mettre un commentaire pourra me demander ce qu'il voudra ;). ( à condition que ça reste dans les limites du raisonnable bien sûr )
