Saluut!

Ah ah ! Je sais, je sais, je suis horrible... Je n'arrive pas à me dire autre chose ; mettre Ziva dans cet état... Mais c'était nécessaire, mes amis, nécessaire!

Voilà donc la suite. J'imagine que vous avez dû deviner quel était le nouveau personnage à cause du titre, mais je vous laisse découvrir son arrivée malgré tout!

Bonne lecture!


CHAPITRE XXI

Ari.


Ziva resta couchée tout le week-end, recevant la visite régulière de Gibbs. Abby avait installé son futon dans la chambre de son amie, pour être là lorsqu'elle faisait un cauchemar. Ziva ne le lui avait pas demandé mais Abby avait eu l'impression que cela la touchait. Mr Abot, qui avait longuement discuté avec Ziva le dimanche matin, lui avait parlé de la possibilité d'organiser une célébration pour Tali à la synagogue. Ziva avait gentiment décliné l'offre, sachant que sa sœur serait pleurée à Jérusalem, mais elle le remercia chaleureusement lorsqu'elle apprit qu'il avait dit quelques mots pour Tali, la veille en compagnie du rabbin. Parler hébreu lui avait fait du bien, comme si sa famille n'était pas si loin.

Le lundi soir, alors qu'Abby rentrait du lycée, marchant plutôt vite pour ne pas laisser Ziva seule trop longtemps, son père n'aillant pu prendre que sa matinée, elle découvrit un inconnu, assis devant la porte de chez elle. Il se redressa à son approche et vint à sa rencontre. Elle avait l'impression de l'avoir déjà vu.

« Abby Sciuto ? demanda-t-il.

-Oui ? »

Il parlait avec le même accent que Ziva, en beaucoup plus marqué. Alors qu'il allait se présenter, elle le coupa, retrouvant la mémoire.

« Ari, le frère de Ziva !

-Oui, c'est moi. Je suis venu dès que j'ai appris pour Tali… »

Il laissa sa phrase en suspens et Abby remarqua le voile de tristesse qui passa devant ses yeux.

« Notre père ne sait pas que je suis là, et il ne l'accepterait pas. Je ne vous demande pas de me cacher, j'aimerais juste voir ma sœur. » expliqua-t-il.

Abby le détailla un peu plus longuement, il ne ressemblait pas beaucoup à Ziva, mis à part la très légère fossette qu'il avait au niveau des joues. Il devait avoir dans la vingtaine mais il avait l'air grave d'un homme adulte qui avait vu beaucoup de choses. Ses yeux semblaient éteints, seule quelque chose semblait les rendre vivant. Un peu comme ceux de Ziva, songea Abby.

« Bien sûr, viens. »

Elle ouvrit la porte et jeta un coup d'œil au rez-de-chaussée. Normalement, Ziva n'aurait pas dû quitter son lit, au moins jusqu'à demain, le temps que son organisme lutte correctement contre la fièvre. Le diagnostic de Ducky avait été le bon un gros rhume. Toutefois, Ziva étant peu habituée au climat hivernal américain, la fièvre avait été plus forte que la moyenne, la clouant au lit le samedi.

Abby monta doucement les marches, faisant signe à Ari qu'il pouvait la suivre, il n'avait pas vraiment changé depuis qu'elle l'avait vu, un an auparavant, mais en même temps il n'était plus le même…

La gothique poussa lentement la porte, qui grinça à peine, faisant se retourner Ziva, terrée au fond de son lit. Elle n'avait pas reparlé de Tali avec Abby, ni avec Gibbs, mais la jeune fille l'avait entendu renifler plusieurs fois alors que Ziva la croyait endormi.

« Ziva ?

-Oui ?

-Il y a quelqu'un pour toi. »

Abby s'effaça, laissant Ari pénétrer dans la chambre. Il semblait totalement décalé par rapport au décor, mal à l'aise de se retrouver devant sa petite sœur.

« Ari ? »

Ziva écarta les bras et Ari se précipita sur elle pour la serrer de toutes ses forces dans ses bras.

« Ziva… Tu es brûlante ! »

Son accent fit tristement sourire l'Israélienne, il ne l'avait à ce point que lorsqu'il était réellement épuisé.

« Tu es extenué Ari… Depuis quand voyage-tu ?

-J'étais à Tel-Aviv, après avoir appris… Je suis passé voir Tali, j'ai prié pour elle, expliqua-t-il, puis j'ai pris un avion pour Paris, avant de brouiller les pistes. Personne ne sait que je suis ici, le Mossad me croit en Galicie. »

La jeune fille resserra son emprise sur son frère. Cela faisait du bien de le voir, même si les circonstances étaient si terribles…

« Tu as cette photo ! s'exclama-t-il en désignant le cliché, collé au-dessus du lit de Ziva.

-Oui. Tali l'avait dans sa chambre… Et… Papa sur son bureau.

-Eli… »

Ari remarqua que les yeux de sa sœur s'embuaient de larmes.

« Ziva, ma Ziva…

-Je suis désolée, je n'arrive pas… A être forte… »

Elle essuya rageusement les quelques larmes qui roulaient sur ses joues et Ari la regarda faire, tristement. Eli avait raclé ses aînés jusqu'à ce qu'ils apprennent à maîtriser correctement ce qu'il ressentait. La mort de la mère de Ziva et Tali ayant été vu comme un 'entraînement'. Ziva avait toujours été la plus forte d'eux trois, celle qui réussissait le mieux aux yeux d'Eli. Son agent parfait. Alors que lui n'était qu'un pion dans sa manche, son agent double, voire triple. Il agissait dans l'ombre, comme s'il était une honte aux yeux du Directeur du Mossad, alors que Ziva était sa fierté. Mais Ari ne lui en avait jamais été jaloux il était juste dégouté par le comportement de leur père, les traitant comme des objets. Seule Tali avait pu avoir une vie à peu près normale. Lorsqu'il lui avait envoyé la carte pour Ziva, afin qu'elle joigne un mot au sien, elle lui avait renvoyé une lettre, lui disant combien lui et Ziva lui manquait et comment l'entraînement d'Eli l'épuisait. Ari avait été soulagé, si l'entraînement ne faisait que l'épuisée physiquement, ce n'était pas trop grave. Cela signifiait juste qu'Eli lui faisait suivre le programme pour jeune recrue.

Si seulement elle ne s'était pas rendue en ville ce jour-là…

« Ziva, est-ce que tu sais ce qui s'est passé ? »

Il savait qu'il allait remuer le couteau dans la plaie, causant une tristesse encore plus grande pour sa petite sœur. Mais il le devait, il ne pouvait pas la laisser croire qu'Eli était responsable, même s'il l'était, mais pas de la façon qu'elle le croyait.

« Je sais juste… Une bombe. » lâcha-t-elle, la voix soudain plus aiguë.

Ari la serra à nouveau dans ses bras, chantonnant une berceuse qui avait toujours réussi à calmer Ziva. Elle pleura un moment puis renifla, avant de se redresser, les yeux brillants de larmes mais résolue à entendre l'histoire.

« Tali était sortie, elle devait faire les courses. En chemin, elle a rencontré des amis et ils ont un peu parlés. Elle était donc en retard et s'est dépêchée pour ne pas mettre Eli en colère. Elle a donc coupé par la place, pour gagner du temps. Seulement, un attentat était prévu… La bombe a explosée derrière Tali, elle n'a pas eu peur et est morte sur le coup… Elle… elle n'a pas souffert. »

Ziva ne put retenir le flot de larmes et enfouit sa tête dans ses mains. Elle ne pouvait pas détester son père, même si c'était de sa faute. Si Tali n'avait pas suivi l'entraînement du Mossad, elle aurait quand même pu être tuée par cette explosion. Si elle-même n'était pas partie en Amérique, Tali aurait sans aucun doute été tuée, Ziva n'aurait pas pu aller faire les courses, étant trop occupée par son entraînement ou ses cours. C'était la faute de personne. Tali avait été une victime innocente de la guerre. Comment en vouloir à quelqu'un ?

« Combien de temps restes-tu ? voulu-t-elle savoir.

-Je pense rester dix jours, dit-il, la voix enrouée.

-Tu as un endroit où dormir ? »

Il baissa piteusement la tête.

« Je ne peux pas aller à l'hôtel, Eli saurait que je suis ici et il mettrait tout en place pour que nous ne puissions plus nous voir. »

Elle hocha la tête en silence. Elle savait que Sarah et Kyle accepteraient de loger Ari, mais elle ne voulait pas. Ils avaient déjà beaucoup fait pour elle.

Un léger toc-toc coupa court à ses idées. Elle s'éclaircie la gorge et lança un vague 'entrez'. Gibbs apparut sur le pas de la porte, un gobelet de Starbuck à la main.

« Hey !

-Salut Ziva, Ari.

-Gibbs ! » lança ce dernier.

Il n'avait jamais oublié sa rencontre, très brève, avec Gibbs, un an auparavant. Il éprouvait une sorte de profond respect pour cet homme, il ne savait pourquoi. S'il veillait sur sa sœur, il pourrait partir tranquille.

« Gibbs, tu ne saurais pas où Ari pourrait séjourner pendant une semaine ? Quelque part ou, disons son identité ne lui sera pas demandé…

-Si, tu peux venir chez moi. Mon père part demain pour une sorte de stage et il sera absent. Il sait que je suis un grand garçon mais ça lui fera plaisir de savoir que je ne suis pas tout seul, ajouta-t-il, presque sur le ton de la plaisanterie.

-C'est vrai ? demanda le jeune homme, dont l'accent était vraiment à couper au couteau.

-Ouaip', tu peux venir ce soir.

-Merci beaucoup, répondit-il en inclinant la tête. »

Ziva se retint de soupirer de soulagement, savoir son frère hébergé par Gibbs la rassurait.

« Tiens, Ziva, Abby m'envoyait te porter tes médicaments. Le lycée est au courant de ton absence, Abby s'occupe de tes cours.

-Merci. » lui dit-elle alors qu'il lui tendait un sachet de Doliprane et un verre d'eau.

Gibbs leur adressa un petit clin d'œil et quitta la chambre. Ari se redressa et tira la chaise roulante vers le lit de sa sœur. Cette dernière s'assit contre son oreiller et avala le médicament avec une légère grimace.

« Combien de temps dois-tu te reposer ? demanda-t-il, un peu inquiet lorsque Ziva toussa.

-Jusqu'à demain je ne dois pas quitter mon lit, grogna-t-elle, après je pourrais. Il faut attendre que mon corps ait lutté contre la fièvre…

-C'est vrai qu'il fait froid ici. » dit Ari en resserrant sa veste autour de ses épaules.

Le jeudi, Tony s'assit au fond de la salle en italien. Ziva n'était toujours pas revenue et il ne savait pas pourquoi elle restait chez les Sciuto. Ce n'était pas son genre de bouder. Peut-être était-elle à une cérémonie quelconque ? Il faudrait qu'il pense à le demander à Gibbs, l'air de rien.

Le jeune homme n'avait pas voulu questionner son ami, le lundi, sur l'absence de Ziva, pensant qu'elle séchait peut-être les cours d'italien pour ne pas avoir à le voir. Mortino ayant été absente la semaine dernière, ils ne s'étaient jamais retrouvés 'seuls' depuis leur dispute. Au début, cela avait fait sourire Tony ils en étaient à se cacher l'un de l'autre, vraiment pathétique. Cependant, la fatigue accumulée à cause de ses nombreuses nuits sans sommeil le rendait acariâtre et l'empêchait de réfléchir correctement, ainsi, il n'avait toujours pas repensé à sa dispute avec Ziva et à ses remarques blessantes.

Pourtant, aujourd'hui, Tony commençait à se dire qu'il s'était vraiment passé quelque chose… Mortino, qui avait paru étonnée de l'absence de la jeune fille le lundi, n'avait plus fait de commentaires, comme si elle en connaissait les raisons. Certains élèves avaient posé un regard interrogateur sur Tony, sachant qu'ils travaillaient ensemble sur les projets d'Italien, mais il les avait ignorés, feignant de recopier le cours. Il n'avait rien demandé à Gibbs qui n'avait pas abordé le sujet non plus. Le jeune garçon se trouvait donc dans l'ignorance la plus totale et cela commençait à l'agacer. Il prit un ait intéressé pendant que la prof' passait une cassette audio censée les préparer à l'examen oral de fin d'année. Son esprit vagabondait alors qu'il notait les réponses sur sa feuille, il se sentait assez mal, faisant des cauchemars dès qu'il trouvait le sommeil, se réveillant en sueur avec la peur de se rendormir. Presque toujours les mêmes images le tenaient réveillé Kate qui lui parlait alors que Jeanne l'attirait à l'opposé. Puis un camion qui arrivait à vive allure, Kate ne le voyait pas… Et il se réveillait peu avant que le véhicule ne la percute, tremblant, la respiration saccadé, le cœur battant comme un fou. Pourquoi ses cauchemars venaient le hanter ? Il avait réussi à les éviter pendant un an, pourquoi revenait-il alors qu'il croyait avoir tourné la page ?

La sonnerie coupa court à ses sombres pensées. Il sortit, donnant son contrôle à Mortino qui le retint.

« Anthony, vous devez être au courant de ce qui est arrivé à Ziva…

-Euh…

-Pauvre petite, coupa la vieille femme en secouant la tête, vraiment, c'est si… Horrible. Alors qu'elle est si loin de chez elle… Enfin… »

Tony hocha la tête, trop gêné à l'idée d'avouer à la professeur qu'il ne savait rien de ce qui était arrivé à Ziva et qu'il n'avait même pas prit la peine de se renseigner. Elle se retourna vers son bureau, toujours en marmonnant des plaintes au sujet de son élève. Lorsqu'elle se retourna, elle avait une pochette pleine dans les mains.

« Normalement elle sera absente jusqu'à la fin de la semaine… Je ne sais pas si elle reviendra quand même après, elle a sans doute besoin de repos, oui… Pourrais-tu lui donner ça ? C'est le travail fait cette semaine. Dis-lui bien qu'elle n'est pas obligée de rattraper. Mais j'ai pensé que ça lui changerait peut-être les idées… Enfin, va Anthony, tu vas être en retard ! »

Elle le salua, complètement déboussolée, et il se retrouva seul dans le couloir. Il lâcha un juron et couru vers sa salle de physique il allait être en retard…

Lorsqu'il franchit la porte de la salle de TP, marmonnant une vague excuse, le professeur ne s'en formalisa pas et l'invita à aller s'assoir à sa place. Tony glissa la pochette dans son sac et se laissa tomber aux côtés de Gibbs ce soir, il lui demanderait les raisons de l'absence de Ziva.


Alors, votre verdict?

Que pensez-vous que Tony va faire? Ou ne pas faire?