Coucou tout le monde :)
Afin de vous mettre le plus rapidement possible le chapitre fraîchement écrit, je n'ai pas pris le temps de le relire et donc de le corriger un peu mieux :s J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop, et qu'il ne reste pas un million de fautes prêtes à vous gâcher la lecture ! D'ailleurs, si quelqu'un veut se proposer pour me corriger (mais je suis très exigeante, je préviens tout de suite lol) j'en serais ravie :)
Merci pour vos review :) Je dois dire que quelqu'un (je ne dirais pas qui lol) est tombé super juste sur la fin de l'histoire ^^ Donc bravo à elle, en espérant qu'elle prendra malgré tout du plaisir à la lire^^
Chapitre 21 : Le couple de l'espoir.
Hermione était ressortie totalement bouleversée de sa seconde immersion dans les souvenirs de Drago. En même temps qu'elle reconnaissait, au fil des souvenirs plus récents, le Drago qu'elle avait appris à connaître et aimer, elle en découvrait un qui était encore différent de ce qu'elle croyait savoir sur lui. Drago était un mystère à lui tout seul. Partagé entre ses idées et ses réelles envies. Il était intolérant, mais ce n'était pas un assassin cruel. Il n'aimait pas les « Sang-de-Bourbe » et détestait le trio qu'elle formait avec Ron et Harry à l'époque, mais pas jusqu'à souhaiter leur donner la mort. Au contraire, il avait voulu les en protéger, elle surtout. Hermione se sentit alors coupable. Aurait-elle elle-même hésité à tuer Malefoy si un combat entre eux avait eu lieu lors d'une bataille ? En y réfléchissant bien, elle se dit qu'elle n'aurait pas éprouvé de remords à le blesser, même grièvement, et s'il avait dû succomber à un sortilège, elle aurait sans doute été peinée pour elle-même, pour le salut de son âme, parce que tuer et se comporter comme les personnes avec qui on lutte n'est vraiment pas la meilleure solution. Peut-être était-il meilleur qu'elle au final ? Elle regretta de n'avoir pas su voir ce qui se cachait derrière son regard de glace et ses moqueries, à Poudlard. Peut-être qu'alors, tout aurait été différent ? Il n'aurait peut-être pas choisi le camp de Voldemort ?
Hermione finit par secouer doucement la tête. Ça ne servait à rien d'y réfléchir comme elle le faisait depuis des heures. Avec des si, on referait le monde...
Elle devait aller voir Harry. Maintenant, elle avait la preuve qu'il n'était pas ce que son meilleur ami pensait de lui.
Avec sa baguette, elle rétrécit la Pensine et la glissa dans sa poche avant de sortir de sa chambre. Les couloirs étaient étonnamment déserts. Sans doute qu'une mission, dont elle ignorait tout, était en cours. Neville ne relâchait pas ses efforts pour nuire à Voldemort et ses Mangemorts, peut-être même un peu trop... Il semblait plus vouloir se venger que de rétablir la liberté. Cependant, elle ne pouvait pas l'en blâmer, bien qu'elle ne conçoive pas qu'il emmène avec lui des très jeunes dans des rixes souvent violentes. Lorsqu'elle, Harry et Ron étaient à la tête des opérations, le plus gros de leur mission était de tendre des pièges aux Mangemorts pour pouvoir les interroger sur les lieux où étaient retenus tels ou tels de leurs camarades. Elle espérait que Harry soit bientôt sur pied, afin de pouvoir contrôler un peu la montée de violence qu'elle avait pu remarquer dans leurs rangs, à moins que lui aussi n'ait qu'une envie, se venger...
Arrivée devant la porte de la chambre de Harry, elle frappa trois petits coups, en espérant qu'il soit d'humeur à l'écouter.
— Entrez.
Harry sembla un peu surpris de voir qu'il s'agissait d'Hermione. Il avait pensé qu'elle lui ferait la tête pendant des jours avec ce qu'il avait osé lui dire, et il en était peiné. Il n'avait pas voulu se montrer si virulent avec elle, ses mots avaient dépassé sa pensée. Le fait qu'elle lui ait avoué, comme ça, qu'elle éprouvait des sentiments pour cet homme qu'ils avaient toujours détesté, il s'était senti trahi, comme si ce fait à lui seul faisait qu'ils n'étaient plus amis. Or, pour lui, Hermione serait toujours sa meilleure amie, quoi qu'elle fasse.
— Tu n'es plus fâchée ?
— Je n'étais pas fâchée Harry, juste un peu en colère, sourit-elle timidement.
— Je suis désolé, je n'aurais pas dû m'emporter, mais je ne sais pas, tout ce que tu m'as dit, c'est... j'ai vraiment du mal à...
— Il faut qu'on parle, le coupa-t-elle.
Hermione s'était assise sur le lit, aux côtés de Harry, et lui avait pris machinalement la main, comme elle le faisait toujours. D'ailleurs, en y réfléchissant, elle se dit que depuis qu'il était de retour, si ce n'était pas elle, c'était lui qui lui prenait la main. Ils étaient donc toujours en contact lorsqu'ils étaient dans la même pièce. Ils avaient besoin de cette proximité, besoin de se toucher, comme si la simple présence de l'autre pouvait apaiser leurs angoisses.
— Je sais, fit-il en baissant les yeux et en soupirant. J'avoue que j'ai pensé à ce que tu m'as dit avant de partir – Harry faisait tourner sa baguette entre ses doigts – Et, j'aimerais vraiment comprendre...
— Je vais tout te raconter, depuis le début, mais promets-moi de ne pas m'interrompre, parce que ça va être long, et difficile pour moi de me replonger dans ces souvenirs, d'accord ?
— Je te le promets Hermione.
Hermione s'installa alors un peu plus confortablement et laissa ses yeux vagabonder dans la pièce, à la recherche de ses souvenirs.
— C'était au tout début de juin. Nous avions appris par Tom, le barman, qu'un groupe de Mangemorts devait emmener des prisonniers dans un lieu tenu secret. Ils s'étaient donné rendez-vous à Pré-au-Lard, donc nous avons préparé une mission sauvetage. D'après Tom, ils ne devaient pas être plus de trois. Neville et Dean n'étaient pas là, alors j'ai décidé de m'en charger. Luna m'a accompagnée, ainsi qu'Anthony Goldstein, Colin Crivey et Max, un garçon arrivé après ta disparition. Nous étions en repérage lorsque trois Mangemorts sont arrivés au village, accompagnés d'une dizaine de prisonniers, les mains attachées dans le dos. On ne pouvait pas les reconnaître, puisqu'ils avaient une cagoule sur la tête. Avec les autres, nous nous sommes concertés et avons décidé d'attaquer sans plus tarder. Malheureusement, ce que nous n'avions pas prévu, c'était que les prisonniers n'en étaient pas. Dès que nous avons donné l'assaut, ils ont vite retiré leur cagoule et nous ont lancé des sorts. Nous étions en infériorité numérique. Très vite, Anthony a été capturé, puis Max a reçu un sort mortel. Voyant que nous n'aurions pas le dessus, j'ai crié aux autres de partir. Pour moi, il était déjà trop tard, j'avais reçu un sort de ligotage. Mais je n'avais pas lâché ma baguette, alors avant qu'ils ne me la prennent, je me suis jeté un sort d'Oubliettes. J'ai appris bien plus tard que c'était Tom qui nous avait tendu un piège.
Harry sembla déçu mais ne dit rien, comme il l'avait promis. Hermione reprit un peu son souffle, et continua :
— J'ai été conduite au château de Voldemort. Je ne pensais honnêtement pas en réchapper, surtout après avoir passé une semaine à subir des sortilèges de torture et des interrogatoires de Voldemort lui-même. Au début, il refusait de croire que je n'avais plus aucun souvenir d'où se trouvaient nos cachettes et qui espionnait chez eux pour notre compte, mais la legilimancie le lui a prouvé. Il était fou de rage lorsqu'il est ressorti de mon esprit. J'ai cru qu'il allait me tuer, il a pointé sa baguette sur moi et j'ai fermé les yeux. J'ai pensé à Ron, et à toi, dans l'attente du sortilège, mais un Mangemort, qui suivait Voldemort comme son ombre durant chacune des séances de tortures, a ouvert la bouche pour l'arrêter. Il lui a dit que je ne méritais pas d'avoir la paix, qu'il avait une idée. Voldemort a eu l'air intéressé, et ils sont sortis. J'étais effrayée. Qu'est-ce qu'ils me réservaient ? Je l'ignorais, jusqu'à ce jour où le Mangemort est revenu dans ma cellule. Il était tellement fier et méprisant de m'annoncer que son « Maître » venait de me vendre à une maison de passe !
— Quoi ?! Mais Hermione...
Harry n'avait pas pu s'empêcher d'intervenir. Craignant le pire, ses yeux s'étaient humidifiés, mais Hermione le rassura rapidement en lui disant de ne pas s'inquiéter, puis poursuivit :
— J'avais déjà entendu des histoires sordides comme quoi des « Impures » étaient vendues dans ce genre d'endroit, mais j'avais espéré que ce ne soit que des mensonges, or, j'avais la preuve que non. J'étais terrorisée par le destin qui m'attendait. Je n'avais plus de baguette, des sortilèges rendaient toute évasion impossible, et aucune, de toutes les filles présentes, n'était prête à se battre pour obtenir la liberté. Je ne peux pas les en blâmer, la plupart étaient comme mortes de l'intérieur... La tenancière du bordel m'a habillée et coiffée, puis elle m'a mise dans une sorte de suite. Toutes les filles avaient la leur. Quelques jours plus tard, mon premier « client » entrait dans ma chambre, c'était Malefoy.
Hermione avait guetté la réaction de Harry qui ne s'était pas fait attendre, il avait serré les poings et la mâchoire, et son regard s'était assombri. Malgré tout, il n'avait pas dit mot.
— Il était là pour se moquer de ma chute, pour me mettre hors de moi... J'ai essayé de le tuer – Harry sourit fièrement, comme s'il avait enfin retrouvé la Hermione qu'il connaissait – et il est parti. Peu de temps après, j'étais conduite chez lui, il m'avait achetée.
Hermione devait remettre en ordre toutes ses idées, tous ses souvenirs. Elle tenait vraiment à ce que Harry comprenne comment elle en était venue à faire confiance à Drago, à l'apprécier, puis à l'aimer, avant de lui montrer les souvenirs. Elle voulait qu'il le découvre comme elle l'avait découvert. Hermione prit le verre d'eau qui était sur la table de nuit et en but une gorgée, avant de continuer son récit.
Elle lui raconta sa première journée, son premier Doloris, l'uniforme qu'elle devait porter... Malgré la haine qu'elle voyait se refléter dans les yeux de Harry, elle savait qu'il l'écoutait attentivement.
Elle parla de ses tentatives échouées pour l'endormir et fuir, du sort qui l'empêchait de sortir de la maison, de Seamus... Hermione n'oublia pas de mentionner la façon dont Drago avait de lui parler au début, de l'insulter, de se moquer d'elle, ni les sorts qu'il ne se privait pas de lui lancer. Elle eut mal, comme si elle les recevait une nouvelle fois. À force de le côtoyer, elle en avait occulté ces moments sombres et douloureux, et en même temps, les revivre lui faisait encore plus prendre conscience de la manière dont il avait changé. Ça l'aidait à mieux comprendre comment lui-même avait vécu les mois en sa compagnie.
Hermione n'avait encore parlé à quiconque de sa faculté à faire de la magie innée, et elle aurait voulu garder ça pour elle. Cependant, ça faisait partie d'elle maintenant, et de l'histoire qu'elle devait raconter. Elle lui parla donc du livre qu'elle avait trouvé un jour dans la bibliothèque, et de l'espoir qu'elle en avait tiré. Elle évoqua aussi Pansy, et toutes les fois où Drago avait malgré tout fait en sorte de la protéger d'elle. Harry en avait été étonné mais n'avait rien dit.
Au fil de son récit, Drago apparaissait plus mature, gentil, tolérant et patient, et Harry semblait se détendre un peu. Par moments, il ne comprenait pas telle ou telle réaction, et n'arrivait pas à garder le silence, mais Hermione ne lui en voulait pas, elle lui expliquait patiemment et la plupart du temps, ses réponses semblaient lui convenir.
Elle lui parla ensuite de la façon dont il avait épargné Luna, Dean et Cho, alors qu'il avait eu le dessus et aurait très bien pu les tuer. Du cadeau qu'il lui avait fait pour son anniversaire, et de la façon dont Peter Clark, le jardinier, le tenait en haute estime. Harry trouvait forcément des arguments pour contrer tous ceux d'Hermione, mais elle ne s'en offusquait pas, elle-même les avait tous imaginés à l'époque, alors elle le laissait dire et lui prouvait qu'il se trompait à force d'autres exemples et souvenirs.
Puis elle évoqua la soirée chez Voldemort, celle des deux ans de la disparition de Harry, où elle l'avait vu...
Tous deux étaient émus à ce souvenir. Elle lui expliqua alors les soupçons de Voldemort, et les rumeurs qui avaient suivi. Harry quant à lui l'interrompit pour lui dire que ce qu'elle racontait sur lui ne ressemblait pas à la réalité. Il lui raconta comment Drago était venu vers lui pour se vanter de l'avoir achetée, et qu'il s'était plu à lui faire imaginer toutes les choses les plus horribles qu'il pouvait lui faire subir. Hermione sourit malgré elle, après lui avoir dit que c'était faux évidemment, et qu'il avait fait ça juste pour le tourmenter. Bien sûr, ce n'était pas correct de sa part, et elle avait de la peine pour Harry qui avait dû passer des semaines à s'imaginer le pire et craindre pour elle, mais elle reconnaissait bien là le côté narquois de Drago, qui la faisait rire maintenant.
Après qu'ils aient débattu un moment sur l'humour plus que douteux de l'ancien Serpentard, Hermione passa au douloureux souvenir de son agression. Harry frémit de rage et prit Hermione dans ses bras. Elle lui expliqua à quel point Drago s'était montré doux, gentil et attentionné, et surtout, comment il l'avait vengée. S'ensuivit sa rupture d'avec Pansy, et leur rapprochement, puis le procès et la façon dont Drago avait refusé de la laisser là-bas, avant qu'il ne soit banni et condamné à mort, puis l'étonnant revirement de situation lorsque sa magie s'était réveillée de nouveau. Elle tut par contre ce qu'il se passa après leur fuite, pas qu'elle ait honte d'avoir vécu ce moment avec Drago, mais ça ne regardait qu'elle.
Harry et Hermione restèrent un moment silencieux. Hermione parce qu'elle repensait douloureusement à Drago et se demandait où il pouvait être, et si elle le reverrait un jour, et Harry parce qu'il ne parvenait pas malgré tout à croire tout à fait Hermione.
— Hermione... J'aimerais... Enfin, ne prends pas mal ce que je vais dire... mais, hésita Harry, je pense que dans l'adversité, notre esprit fait en sorte de tout faire pour que l'on se sente mieux. Et donc, pour te « sauver », tu as certainement dû te mettre à apprécier certains défauts de Malefoy, et à le voir changer, alors qu'en fait, il n'a pas changé du tout, c'est simplement que tu as préféré le voir évoluer en quelqu'un de mieux, de plus acceptable, tu comprends ?
— Oui, je pense saisir Harry, et si tu veux savoir, Luna pense à peu de chose près comme toi...
Harry sourit tristement et lui caressa le dos en guise de réconfort, comme si Hermione capitulait, et qu'elle allait avoir besoin de tout son soutien.
— Mais ce que ni l'un ni l'autre ne savez, c'est que j'ai la preuve de ce que j'avance !
Hermione souriait à présent. Qu'il ne veuille pas croire au récit de ses souvenirs, elle s'en était doutée, mais elle savait qu'il ne pourrait pas être pareil avec les propres souvenirs de Drago. Fière d'elle, elle sortit la Pensine de sa poche et lui redonna sa taille normale. Si après ça, il refusait encore de voir que Drago n'était pas si mauvais qu'ils l'avaient pensé, elle rajouterait ses propres souvenirs à la Pensine !
Avec une certaine curiosité, Harry accepta de plonger dans la mémoire de Drago, après qu'Hermione lui ait dit qu'il serait surpris de ce qu'il allait y trouver.
Quelques minutes plus tard, il en ressortit étrangement silencieux, et assez blanc, à tel point qu'Hermione s'inquiéta vivement et lui dit de se recoucher en attendant qu'elle aille chercher Jenny, mais il la retint par le bras au moment où elle partait.
— Est-ce que tu crois que... Ginny me trompait ?
Hermione chercha un instant de quoi il pouvait parler, et elle écarquilla les yeux lorsque la lumière se fit dans son esprit. Toute à sa joie de prouver qu'elle avait raison d'aimer Drago, elle avait complètement oublié la partie du souvenir qui concernait les sentiments de Blaise à l'égard de Ginny.
— Non, bien sûr que non, Harry ! Je suis désolée, je n'aurais pas dû te montrer ces souvenirs, pardonne-moi, j'ai été stupide !
Bien qu'elle tentât de le réconforter, Hermione voyait que Harry restait abattu, les yeux dans le vague, torturé à l'idée que Ginny ait pu lui préférer Blaise Zabini…
— Je t'assure Harry...
Hermione fut interrompue par trois petits coups frappés à la porte de la chambre.
— Entrez, fit-elle à la place de Harry qui restait dans ses pensées.
— Bonsoir, j'espère que je ne vous dérange pas, j'apportais le souper de notre malade, dit Jenny, souriante.
— Non, je t'en prie, entre, répondit Hermione qui s'écarta un peu de Harry, pour la laisser approcher. Je vais vous laisser, je n'avais pas vu qu'il était déjà si tard.
— Tu reviens après Hermione ? S'il te plaît ?
Hermione ne put résister au regard suppliant de son meilleur ami. Elle savait qu'il ne voulait pas dormir seul depuis qu'il avait été libéré, mais elle s'était doutée que ce soir, il ne le voudrait encore moins. Il aurait besoin d'être rassuré à propos de Ginny. Elle lui promit en souriant tristement et sortit de sa chambre.
Le réfectoire était noir de monde qui semblait apparemment fêter quelque chose. Certainement la réussite d'une mission. Étrangement, depuis qu'elle était revenue, et depuis que Harry était de nouveau à ses côtés, elle n'arrivait plus à prendre part et à s'intéresser aux activités de leur groupe. La logique aurait voulu qu'au contraire, elle et Harry reprennent les rênes là où ils les avaient laissées, avec encore plus de fougue et d'entrain, mais ni l'un ni l'autre n'avait l'air décidé à reprendre la vie qu'il menait avant. Peut-être que c'était parce qu'ils savaient qu'ils tourneraient définitivement le dos à quelque chose qui leur était précieux... Harry devrait recommencer à vivre et à oublier peu à peu Ginny, tout comme Hermione devrait le faire avec Drago.
Voyant que Cormac se dirigeait vers elle avec empressement, Hermione renonça à se remplir une assiette de ragoût et s'empara simplement d'une pomme verte avant de sortir de la salle, remerciant mentalement tous les gens qui, agglutinés, avaient retardé Cormac dans sa poursuite. Néanmoins, craignant qu'il ne sorte à son tour de la salle pour la retrouver, elle pressa le pas et retourna auprès de Harry.
Elle picora sa pomme en silence le temps que Harry finisse de manger, et le rejoignit dans son lit une fois que Jenny fut sortie de la chambre. Ils ne parlèrent pas. Simplement, ils se prirent la main, et s'endormirent ainsi, comme les jours et les semaines qui suivirent.
oOo
Il avait beau être très tôt ce matin-là, Hermione n'arrivait plus à dormir. Peut-être était-ce le fait d'être à l'aube d'une bataille ou d'avoir une fois de plus rêvé de Drago alors qu'elle dormait enlacée dans les bras de Harry depuis des semaines...
Elle le regarda à la lueur de l'aube. Il semblait serein comme il ne lui arrivait de l'être que très rarement. Elle fut émue de le voir ainsi, il avait l'air si fragile et fort à la fois. Elle l'embrassa délicatement sur le front et sortit de sa chambre sans faire de bruit. L'ancienne Gryffondor préférait s'éclipser le matin, afin de retourner dans sa chambre et s'y préparer.
— Je te trouve enfin... Tu es pire qu'une anguille tu sais ?
Hermione sursauta et lança un regard accusateur à Cormac.
— Qu'est-ce que tu fais ici, à cette heure ?!
— Je fais mon tour de garde, mais tu le saurais si tu t'intéressais un peu plus à la vie du camp, dit-il avec humeur. Mais je comprends mieux maintenant pourquoi ça fait des semaines que tu me fuis !
Le visage de Cormac exprimait de l'aigreur lorsqu'il pointa du menton la porte du Survivant.
— Je comprends, je ne suis pas assez bien pour toi... Après Ron, Harry, quoi de mieux !
— Tu n'as pas une ronde à faire ? répliqua Hermione en lui lançant un regard noir, avant de s'en aller vers sa chambre.
Elle était furieuse des accusations de Cormac ! Mais avec la mauvaise foi dont il faisait preuve depuis toujours, quoi qu'elle lui dise, jamais il n'accepterait de penser que si elle ne voulait pas de lui, c'était à cause de son caractère épouvantable...
Le midi, alors qu'elle déjeunait seule sur l'une des grandes tables du réfectoire, elle le croisa de nouveau. Il arborait un air narquois qui ne lui disait rien de bon...
— Vous ne trouvez pas que ça commence à faire long ? Je veux dire, d'accord, nous avons récupéré le Survivant, mais que fait-il de plus ?
Hermione n'en revenait pas ! Il haranguait la foule présente pour les monter contre Harry ! Et le pire, c'était qu'à voir les visages exprimer bien que faiblement un assentiment, Hermione sentait que cette question devait couver depuis un moment dans leurs rangs, sans que personne n'ose aborder le sujet...
— Vous savez très bien qu'il a été gravement blessé et retenu captif durant deux longues années ! N'auriez-vous pas besoin de quelques semaines pour vous en remettre ? objecta bien fort Hermione.
Au sourire quasi victorieux de Cormac, elle sut qu'il avait dit ça parce qu'elle ne pourrait pas s'empêcher de réagir à l'attaque contre Harry.
— Justement, toi qui couches avec lui depuis un bon moment déjà, tu en sais peut-être plus ? Pourrais-tu nous rassurer ?
Hermione jeta un regard alentour aux gens qui chuchotaient, et la regardaient soit outrés, soit souriants. Elle était furieuse !
— Je ne suis pas le seul à penser que depuis votre retour, vous vous êtes coupés de nous, et ne vous intéressez pas à ce qui vous entoure, renchérit Cormac, fier de l'attention que lui portaient de plus en plus de gens.
Hermione allait bien avoir du mal à le contredire pour le coup, car elle s'en était elle-même rendu compte.
— Que vous filiez le parfait amour tous les deux, c'est très bien pour vous, mais ne pensez-vous pas qu'il serait temps de vous intéresser aussi au sort des vôtres ?
Hermione fulminait. Il les faisait passer pour des monstres d'égoïsmes !
— Qu'Hermione et moi soyons ensemble ne regarde que nous.
Cormac grimaça avant de se retourner vers Harry, qui se tenait appuyé sur l'embrasure de la porte, les bras croisés sur son torse, et le regard dur, fixé sur lui.
Des murmures parcoururent la pièce. C'était la première fois que Harry se mêlait à la foule depuis son retour. Digne, il rejoignit Hermione et lui enserra la taille, possessif. Le geste surprit leur public, et plus encore lorsque Hermione y répondit en faisant de même.
— Je n'ai pas souvenir que tu sois venu me faire part des interrogations et reproches des nôtres. Est-ce parce que tu as eu peur de le faire ? Ou parce que tu préfères profiter de l'absence des gens pour les poignarder dans le dos ?
Le ton de Harry était implacable. Même Hermione était surprise. Cormac quant à lui semblait avoir perdu de sa superbe, et bafouilla quelques mots avant de se reprendre.
— Je ne voulais pas vous déranger, vous avez sûrement des choses plus intéressantes à faire que de vous occuper de la victoire de notre camp, ironisa-t-il. Qu'est-ce que vous avez fait pour nous depuis des semaines ?
Des marmonnements de désapprobation parcoururent la salle. Maintenant qu'ils voyaient Harry, la plupart des gens regrettaient leur inquiétude à son sujet, et n'acceptaient pas l'insubordination dont faisait preuve McLaggen.
— Pardon ? J'ai passé deux ans enfermé dans une cage d'un mètre carré, et Hermione a été retenue captive durant des mois entiers. Et toi, où étais-tu à ce moment-là ? Ce n'est pas parce que j'étais cloué au lit que je ne me suis pas tenu au courant de ce qu'il s'était passé durant mon absence, et depuis mon retour. Et justement, je trouve étonnant qu'à plusieurs reprises, tu aies été le seul à revenir indemne lorsqu'un petit groupe partait en patrouille ou en mission.
L'expression de Cormac était passée de l'embarras à la colère.
— Qu'est-ce que tu imagines ?! Que je suis une taupe ? Que j'ai pactisé avec l'ennemi afin de m'en sortir à chaque fois ?!
— En effet, ça nous a effleuré l'esprit avec Dean et Neville, mais au final, après t'avoir espionné durant un mois, nous en avons conclu que tu étais juste un lâche, qui s'est enfui à chaque fois que les missions devenaient trop risquées !
Cormac devint livide, et plus encore quand toute l'attention se porta sur lui. Certains en vinrent même à le huer et l'insulter, en lui reprochant sa lâcheté. Ne le supportant plus, le jeune homme sortit rapidement de la pièce, après avoir lancé un regard assassin à Harry et Hermione.
Les deux amis se lâchèrent, conscients que toute l'attention était reportée sur eux.
— Je suis ravie pour vous deux, leur dit Luna, en venant les embrasser tour à tour. Vous formez un très beau couple !
Hermione était gênée, elle regarda Harry, comme pour lui demander s'ils devaient dire la vérité ou non, et elle eut sa réponse lorsqu'il lui sourit et lui déposa un délicat baiser sur les lèvres.
La plupart des filles présentes poussèrent des exclamations émues, et les garçons firent des clins d'œil à Harry. Comme si le signal était donné, tous vinrent les entourer et leur poser des questions plus ou moins indiscrètes, auxquels Harry et Hermione répondirent toujours au plus près de la vérité.
Ils allèrent se coucher tard cette nuit-là. Une fois seuls, Hermione prit la parole :
— Nous voilà embarqués dans une drôle d'histoire.
Elle tenta un sourire mais Harry vit qu'elle n'était pas entièrement sincère.
— Je suis désolé si ça te gêne. J'ai pensé que comme ça, Cormac te lâcherait... Et puis, tu as vu comme ils avaient tous l'air heureux pour nous ? Je pense qu'ils avaient besoin de retrouver un espoir quelconque, et quoi de mieux que l'amour qui réunit deux des personnes qu'ils suivent depuis si longtemps ? Puisque tu es amoureuse de… Lui, j'ai pensé que ça t'éviterait bien des soucis par la suite, fit-il, penaud.
Hermione sourit tendrement.
— Vu sous cet angle, tu as très bien fait, plaisanta-t-elle. Mais... Tu sais, il y avait bien une personne qui avait l'air très triste de notre « couple ». J'ai vu Jenny s'essuyer des larmes discrètement... Est-ce que tu ne préfères pas mettre fin à ce mensonge, afin de te consacrer à...
Hermione avait l'air embêté, tout comme Harry.
— J'aime beaucoup Jenny, elle est adorable, et très belle, mais je ne suis pas prêt à penser à ça, et plus encore avec quelqu'un qui a un prénom qui me fait penser à ma femme à chaque fois... Je suis désolé pour elle, j'ai bien remarqué qu'elle m'apprécie... beaucoup, mais il est inutile de lui faire espérer quelque chose qui n'arrivera pas.
— Je comprends Harry.
Hermione comprenait en effet qu'il avait fait ça autant pour elle que pour lui.
oOo
Drago était d'excellente humeur. Il neigeait à gros flocons depuis des jours, et les rues étaient recouvertes de poudreuse. Il aimait par-dessus tout la quiétude qui régnait lorsque la neige recouvrait tout, engloutissant les bruits et l'horizon. Comme toutes les semaines, il venait récupérer un exemplaire du Chicaneur. Jusqu'à maintenant, à part avoir la certitude qu'Hermione se portait bien, il n'avait rien appris d'intéressant.
— Bonjour ! Quel temps affreux ! se plaignit Clarisse en soufflant sur ses doigts engourdis par le froid, pour tenter de les réchauffer.
— Pour ma part, je trouve le temps idéal, lui sourit Drago. J'ai toujours aimé la neige.
— Eh bien contente que le temps fasse au moins un heureux, dit-elle poliment. Comme d'habitude ?
Drago acquiesça et la jeune femme lui remit un exemplaire du Chicaneur. Il la remercia et se rendit dans l'auberge qu'il fréquentait habituellement. Sa table, dans un renfoncement discret, était libre, aussi il alla s'y installer sans attendre.
Dolly, la serveuse, vint prendre sa commande et pour patienter, il déplia son journal et fit le rituel destiné à faire apparaître les articles. Les gros titres attirèrent tout de suite son attention. Il sourit narquoisement en lisant « Le couple de l'espoir ». Il trouvait que la plupart des articles étaient ridicules à force d'être remplis sentimentalisme. Comment un journal sérieux pouvait faire sa une sur un couple d'amoureux ? C'était vraiment stupide. Il n'y avait rien d'important, une fois de plus. Il repoussa le journal sur la table lorsque Dolly lui apporta le plat du jour.
— Voilà, j'espère que vous aimerez !
— Si c'est comme d'habitude, je n'en doute pas, répondit-il en accompagnant son sourire d'un clin d'œil, qui fit rougir la jeune serveuse. Il appréciait beaucoup la simplicité de la jeune femme qui rougissait pour un rien, et s'en amusait d'ailleurs.
— Oh, vous avez lu le journal ! Vous ne trouvez pas qu'ils forment un beau couple ?
— Oui, certainement, dit-il en faignant d'avoir lu.
— Malgré tout, j'ai été surprise qu'elle se mette avec lui, après avoir été si longtemps avec son meilleur ami. Mais bon, peut-être que justement, c'est la mort de Ronald Weasley qui les a rapprochés, qui sait...
Le sourire poli de Drago se crispa lorsqu'elle eut prononcé sa phrase. Il la remercia sommairement, perdant toute bienveillance, et la congédia d'un geste impatient. Repoussant son assiette, il s'empara à nouveau du journal et le lut attentivement.
« Le couple de l'espoir ».
C'est avec un grand plaisir que je vous annonce aujourd'hui qu'Hermione Granger et Harry Potter forment un couple des plus heureux. En effet, d'après plusieurs témoignages de leurs proches et autres partisans, il s'avère qu'on ne voit rarement l'un sans l'autre. De plus, leurs marques d'affection ne peuvent pas nous tromper. Ces deux-là s'aiment, c'est indéniable.
Ces deux amoureux, qui combattent côte à côte depuis toujours ont rapidement été surnommés « le couple de l'espoir », puisqu'ils ont redonné espoir justement ! Qu'un amour si beau puisse naître dans ces conditions donne encore plus envie de se battre pour retrouver une vie normale, et remplie d'amour !
Drago reposa violemment le journal sur la table. Son cœur était serré. Hermione ne ressentait donc rien pour lui, puisqu'il lui avait fallu à peine un mois pour tomber dans les bras de l'autre binoclard ! Il lui en voulait à elle, il avait envie de hurler, de frapper ce Survivant de malheur...
Il n'arrivait pas à y croire. Drago avait toujours pensé qu'il y avait un truc entre eux, mais il s'imaginait que c'était plus une amitié très forte qu'une attirance quelconque... Si seulement il pouvait être face à elle, là, il lui demanderait, non, il exigerait des explications, et le cas échéant, si ça s'avérait exact, il l'insulterait pour apaiser sa douleur !
N'ayant plus d'appétit, il laissa quelques pièces sur la table et rentra chez lui. Même la neige qui redoublait d'ardeur ne lui arracha aucun sentiment de bien-être...
Merci d'avoir lu :)
Et si vraiment il y avait trop de fautes ou coquilles, n'hésitez pas à me le dire, je prendrais davantage de temps la prochaine fois pour corriger ;)
Prochain chapitre : Je pense que je vais l'appeler : "Disparition"
