Titre : No mouth but some serpent
Auteur : Lightningon the Wave
État de la fic anglaise : Terminé( 33)
État de la fic française : 20; Traduit :Presque fini; En cours: 29
Chapitre traduit par : Chaola
Bêta correctrices : manelle et Xylandra
&
DisclaméAucun des personnages ne nous appartiennent (ils sont à JK Rowling), ni même l'histoire.
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Bonne lecture
Eni et Onarluca
&
Chapitre 21 - L'Idée Très Spéciale de Lockhart
« – Connor, si tu voulais juste m'écouter… » commença Harry d'un ton doux, espérant que cela arrêterait la folie tournoyante et hors de contrôle que son frère semblait avoir développée.
« Non ! » cria Connor en sortit d'un pas furieux du bureau de Sirius. Pour souligner sa sortie précipitée, il claqua la porte, faisant balancer une des bannières accrochée au mur qui finit par tomber en travers de la chaise qui se trouvait dessous.
Harry s'assit dans une des chaises libres et prit de grandes inspirations pour se calmer, tandis que Sirius raccrochait la bannière. Aucun des deux ne parla. Harry ne pensait pas en être capable, et Sirius se sentait probablement coupable d'avoir organisé la rencontre en premier lieu. Selon lui, son bureau semblait être une pièce assez sécurisée pour Harry. Il avait fermement refusé à Draco et aux Poufsouffles de venir avec eux. Ils avaient été présents lors des trois confrontations que lui et Connor avaient eues durant le mois de Janvier, et leur présence avait toujours fait dégénérer les choses.
Mais une fois de plus tout avait été complètement hors de contrôle à partir du moment où Harry mentionna le match de Quidditch. Le visage de Connor avait alors prit une couleur de viande avariée et il s'était mit à crier. Après coup, Harry pensa qu'il devait probablement être inquiet pour le prochain match Gryffondor-Poufsouffle, mais ce n'était pas vraiment une excuse.
Si, bien sûr que s'en est une, insista son esprit au moment où il avait eu cette pensée. Tu n'es jamais nerveux avant un match, mais tu as plus de talent que Connor.
Harry s'arrêta. Cette pensée semblait être correcte et de bon ton, mais pourtant … quelque chose n'allait pas.
Il avait de plus en plus ce genre de pensées depuis Décembre et la possession de son esprit par Jedusor. Il pensait, croyait, se comportait normalement, et d'un coup une pensée suspecte sur Connor, un compliment détourné sur ses capacité à lui alors qu'il aurait du admirer son frère ou un ressentiment qui n'avait pas du tout sa place, surgissait. Harry était sûr que cela s'arrêterait une fois qu'il aurait réussi à reboucher tous les trous de ses toiles avec du brouillard d'Occlumencie, mais pour l'instant, c'était déconcertant.
Et pendant ce temps-là, c'est autant de ma faute que celle de Connor si ces rencontres échouent.
Evidement que ça l'est. J'aurais du anticiper chacun de ses mouvements et j'aurais du savoir qu'il réagirait comme un gosse si je reparlais du match Quidditch.
Harry sauta sur ses pieds et commença à faire les cents pas dans la pièce nerveusement. Sirius le regarda solennellement par dessus son épaule. Harry se dit que son parrain était encore trop choqué pour le réconforter. Cela n'avait pas d'importance. Depuis Noël il avait de meilleures relations avec Sirius, et, même s'il continuait sans faire attention à se moquer des Serpentards, de Rogue et des Malfoy, au moins ces jours-ci il s'en rendait compte immédiatement et s'excusait.
En fait, Harry aurait été assez satisfait de sa vie, s'il n'y avait pas les trous dans son esprit et Connor qui refusait toujours de lui parler.
Quelqu'un toqua à la porte du bureau de Sirius. Harry, pensant que c'était Madame Bibine venue parler de Quidditch ou l'un des capitaines venu demander à Sirius quelques conseils, se prépara à partir.
Ron Weasley se tenait derrière la porte, son visage aussi rouge que ses oreilles. Il dépassa Harry sans se rendre compte de sa présence, s'avança vers Sirius, et se tint devant lui en le regardant droit dans les yeux.
« Qu'est-ce qu'il y a, Ron ? » demanda Sirius, tout en essayant de se retenir de sourire.
« Vous avez rendu à mon père son travail, » dit Ron, avec une voix dénotant autant de choc que son visage. « Vous avez rendu à mon père son travail. » Il tendit les mains brusquement et prit Sirius dans ses bras, enfouissant son visage dans le torse de ce dernier. Sirius rit légèrement et caressa les cheveux du roux. Harry sourit intérieurement à la façon dont la joie illuminait les yeux de son parrain. Sirius avait de nouveau du mal à dormir, même s'il disait le contraire et affirmait que ses cauchemars étaient sur Daphné Marchbanks. Harry, ne se sentant pas à sa place pour intervenir, se contentait dans ces moments de le regarder, et de le mettre au lit lorsqu'il le pouvait.
« J'ai pensé qu'entendre que Sirius Black soutenait Arthur Weasley mettrait un coup de pied au cul du Ministère, » dit-il, son sourire éclatant d'humour alors qu'il détachait Ron de son torse et qu'il lui tapait dans le dos.
« Mais comment avez-vous fait ? » demanda Ron, son visage reflétant quelque chose qui ressemblait à de l'adoration pour un héros. Harry hocha la tête. Bien. Sirius en a besoin, vu la façon dont Connor et moi nous nous comportons.
Non, dit Sylarana dans sa tête, sa voix donnant l'impression qu'elle venait de se réveiller de sa sieste. Juste Connor.
Harry la fit taire et regarda Sirius sourire de cette façon mystérieuse qui laissait à penser qu'il était au courant d'une très bonne blague que la victime ne verrait jamais venir.
« J'étais un Auror, tu sais, avant que le malentendu entre moi et le Ministère fit que nos routes se séparèrent, » dit-il à Ron nonchalamment. « Mais beaucoup de gens m'ont sous-estimé, vu qu'ils pensait que je buvais tout le temps. Et il a pu arriver, éventuellement, avec un peu de chance, que des secrets aient été entendu par un Auror saoul et qu'il s'en soit souvenu après les soirées du Ministère. Et il est aussi envisageable, que peut être, des responsable du Ministère aient voulu couvrir leurs réputations huileuses en s'assurant que l'ami de l'Auror précédemment cité obtienne ce qu'il veuille. »
Harry cligna des yeux. Selon lui, cela sentait plus la manipulation Serpentarde que le courage Gryffondor. Mais les yeux de Ron s'étaient illuminés.
« Est-ce que les fonctionnaires du Ministère étaient des Serpentards ? » demanda-t-il.
« Tous sauf un, » répondit Sirius avec un clin d'œil, puis jeta un regard désolé vers Harry par dessus la tête du roux. Harry lui fit un signe de main pour le rassurer. C'était vrai que Serpentard produisait plus que son quota de sales fonctionnaires pour le Ministère, tout comme il avait produit plus que son quota de Seigneurs des Ténèbres.
« Ce n'est pas exactement vrai, » avait dit une fois Draco à Harry, le menton levé à un angle hautain. « Les Serpentards stupides sont les seuls qui se font prendre. Le reste d'entre nous sont de la pure qualité. Personne ne peut jamais prouver que nous avons fait quelque chose de mal. »
Harry avait alors souligné que cela ne voulait pas dire pour autant qu'ils ne faisaient jamais quelque chose de mal, et Draco l'avait boudé tout le reste de la soirée.
« Génial, » dit Ron, un énorme sourire sur le visage. « Attendez que je le dise à Connor ! »
Il sortit en courant, se semblant toujours pas remarquer Harry. Ce dernier haussa les épaules. C'était mieux comme ça. Vu qu'il était maintenant pratiquement le seul ami de Connor, Harry préfèrerait que les yeux du fils Weasley continue à briller pour son frère.
Une fois que Justin ai attiré son attention sur ce fait, Harry pouvait maintenant voir combien l'école détestait Connor. Il ne connaîtrait jamais la raison profonde de ce fait – si c'était l'histoire de Justin ou si Connor se conduisait à leurs yeux comme un idiot – mais c'était comme ça. Maintenant, la plupart des Serpentards se moquaient de lui, la plupart des Poufsouffles faisaient en sorte de l'éviter, et même les Serdaigles s'étaient éloignés se contentant de jeter de légers regards noirs vers Harry. Les Gryffondors se défendaient toujours contre les insultes envers leur Maison, mais détourneraient la tête mal à l'aise lorsque Zacharias Smith ou Draco faisaient un commentaire destiné uniquement à Connor.
Cela ne cessait de frustrer Harry, observant les dommages que son frère causait à sa future possibilité de guider les autres Maisons ainsi que la sienne, mais il n'avait encore rien pu faire à ce sujet. Toutes ses confrontations avec Connor se terminaient avec de basses accusations, telles qu'Harry gagnant le match de Quidditch. Le brun ne pouvait pas lui expliquer les choses qui devaient être importantes pour lui.
Il avait écrit à leur mère, suggérant qu'elle recommence à envoyer des livres à Connor pour améliorer son éducation politique – surtout ceux parlant des moments où des sorciers autres que des Gryffondors avaient été au pouvoir – mais elle ne lui avait jamais répondu. Si elle avait envoyé les livres, pensa Harry, plein de tristesse, alors Connor ne les avait pas lus.
« Harry. »
Harry cligna des yeux et leva la tête. Sirius s'était agenouillé devant lui, et son regard était sérieux. Il tendit ses bras. Harry se pencha et se laissa aller dans l'embrassade, remarquant que les mains de Sirius ne marquait presque plus de pause lorsqu'elles touchaient la bosse que formait Sylarana sous son pull.
« Je sais que c'est dur, » lui murmura Sirius. « Mais vous vous réconcilierez, je n'en doute pas. Il y a tant de loyauté en toi, Harry. Je ne l'avais jamais remarqué avant que Lily ne m'explique tout, lors des jours que j'ai passé à Godric's Hollow a noël. A ce moment-là, j'ai compris toute l'étendue de ton sacrifice. Et je veux te dire merci, et t'assurer qu'un jour ton frère reviendra à tes côtés. Il le doit. C'est un Gryffondor. Ce n'est pas dans notre nature de rester loin de nos amis pour toujours. »
Harry ferma les yeux, se laissant envelopper par la chaleur du corps de son parrain, et essaya d'y croire.
« Merci, Sirius, » murmura-t-il.
Si seulement Connor arrêtait de se comporter comme un idiot, fit remarquer Sylarana, alors tu pourrais peut-être penser à quelque chose d'autre.
Harry ne répondit pas. Ce qu'elle avait dit était vrai, et tellement indéniable qu'il fit comme si il n'avait pas entendu.
« Excusez-moi ! J'ai une annonce spéciale à faire ! »
Harry cligna des yeux et dirigea son regard vers la table des Professeurs, où Professeur Lockhart venait de se lever et souriait largement aux élèves. Sa peau n'était plus orange, au grand regret d'Harry ; il avait cessé d'utiliser la pâte qu'Harry avait enchantée en cours de DCLFM pour qu'elle brille. Par contre, ses cheveux et ses dents souffraient toujours de l'Obscurus. Lockhart avait essayé de le faire briller, mais vu qu'il était moins puissant qu'Harry, le mieux qu'il pouvait faire était de les faire clignoter comme des guirlandes de Noël. Il se baigna dans l'attention qu'il attira sur lui. Harry réussit à sourire, en pensant que Lockhart ne comprendrai certainement jamais la source de cette attention, même si quelqu'un le lui expliquait.
« Aujourd'hui, » dit Lockhart, montrant de la main les cœurs roses et rouges accrochés le long des murs de la Grande Salle, les petits cœurs flottant en rond près du plafond, et les pierres croulants pour l'occasion sous les sorts roses et rouges, « est le jour de la St Valentin. »
Draco leva les yeux au ciel et dit silencieusement, « pitié non » avec juste la bonne intonation. Harry enfourna un morceau de saucisse dans sa bouche pour s'empêcher de rire.
« Puisque j'ai été cinq fois d'affilé lauréat du Prix du sourire le plus charmeur, décerné par les lectrices de Sorcière-Hebo, » dit Lockhart, souriant de toutes dents clignotantes, « j'ai décidé de faire aujourd'hui quelque chose qui fera sourire toutes les personnes présentes à Poudlard ! » Il fit face aux portes de la Grande Salle, et frappa des mains une fois.
Les portes s'ouvrirent, et une vague de fées y pénétra en volant, chacune d'entre elles battant ses ailes délicates auxquelles quelqu'un avait attaché un ruban. Harry les fixa. Il savait à quoi ressembler les fées au naturel, et elles étaient suffisamment jolies et efféminées. Pourquoi Lockhart avait-il voulu y ajouter sa touche ?
« Aujourd'hui, les fées accorderont des vœux toute la journée ! » finit Lockhart triomphalement. « Du moment que vos vœux sont en rapport avec votre grand amour, bien sûr. Commençons, et sourions, sourions, sourions ! »
Harry ferma les yeux et se prit la tête dans les mains. Il pouvait sentir Draco lui tapoter l'épaule.
« Allons, Harry, » murmura-t-il. « Peut-être que cela ne sera pas si mal – Aïe ! »
La petite fée qui s'était élevée et avait soufflé un nuage de poudre d'or sur lui s'éloigna, gloussant. Draco tâta son visage et se figea lorsque rien ne vint. Il releva la tête, et Harry s'étouffa à nouveau. Ses yeux étaient d'énormes mares grises au milieu d'un visage maintenant complètement argenté.
« Harry ! » cria-t-il. « Est-ce que tu as souhaité que cela m'arrive ? » Il essayait de prendre un air aussi sévère que possible, ce qui évidemment n'impressionnait pas vraiment, étant donné la poudre de fée.
« Je ne suis pas ton grand amour, » dit Harry, puis posa sa tête sur la table et succomba à l'envie de rire.
Il réussit à déguiser son rire en reniflements lorsque quelqu'un vint derrière lui et dit, d'une voix timide, « je l'ai souhaité, Draco. Je pensais juste que – je pensais juste que tu serais si mignon, avec tes cheveux dorés et tes yeux argentés – »
« Mes yeux ne sont pas argentés, » dit Draco, comme s'il était horrifié rien que d'y penser. Harry releva la tête pour le voir jeter un regard noir à une Pansy Parkinson stupéfaite. « Et tu n'es pas mon grand amour. Dégages. »
Les lèvres de Pansy tremblèrent pendant un instant, puis elle quitta précipitamment la Grande Salle avec un sanglot. Millicent se leva pour la suivre, après avoir jeté un regard irrité à Draco.
« C'était malpoli de ta part, Draco, » dit Harry, légèrement ennuyé, mais plus intéressé à regarder Millicent partir que d'examiner à quoi ressembler le visage de Draco. Dernièrement, elle avait recommencé à lancer des rumeurs, cette fois c'était des allusions comme quoi elle savait pourquoi lui et Connor ne s'entendaient toujours pas. Harry était presque sûr que c'était des foutaises. Elle l'aurait déjà dit franchement si elle était vraiment au courant de quelque d'important.
« Comment on se débarrasse de la poudre de fée ? » pleurnicha Draco. Harry releva la tête pour le voir se frotter frénétiquement le visage avec deux doigts. La poudre argentée resta. Elle semblait même s'épaissir alors qu'Harry l'observait.
Harry essaya un sort d'Enlèvement – sans baguette, juste pour frimer. Puis il regretta son impulsion, depuis quand voulait-il frimer ? Mais le cri de choqué de Draco l'empêcha de trop s'en inquiéter.
Fasciné, Harry regarda la poudre se déplacer, se regroupant massivement au-dessus des sourcils de Draco et autour de sa bouche. Lorsque cela fut finit, il ressemblait à un clown.
Se faisant violence pour réprimer son rire, Harry secoua la tête. « Désolé, Draco. C'est encore un tour de la magie bizarre de Lockhart. Je ne sais pas quoi faire d'autre à part la laisser. Je ne veux pas t'enlever la peau la prochaine fois. »
« Harry, de quoi j'ai l'air ? » demanda Draco, ces yeux se plissant dangereusement tandis qu'Harry se mordait la lèvre puis s'étouffa.
« Ridicule, » admit Harry, puis reposa sa tête sur la table et hurla de rire.
Draco le frappa plusieurs fois derrière la tête, puis Blaise demanda à Draco s'il comptait aller faire le clown pour les premières années. Tandis que Draco essayait de frapper un Blaise souriant, Harry quitta la Grande Salle, secouant la tête.
Je ne savais pas que Pansy avait le béguin pour Draco, pensa-t-il distraitement alors qu'il cherchait du regard Connor, se demandant s'il réussirait à intercepter son frère et essayer d'avoir avec lui une discussion privée pendant que les autres élèves criaient toujours et couraient pour échapper aux fées. Je devrais commencer à faire plus attention à mes camarades de Maison. C'est le genre de détails qui pourrait mener un jour à la vie ou la mort de Connor.
Il fut légèrement distrait lorsqu'une fée vola vers lui et flotta devant lui, le regardant intensivement. Harry croisa ses bras et la fusilla du regard. Une décharge de magie devrait faire fuir la fée si elle tentait quoique ce soit, mais il préfèrerait l'intimider d'un regard. Il s'était entraîné ces dernières semaines à ne pas toujours s'appuyer sur sa magie.
Un mouvement subtil de sa manche le prévint, mais il ne fut pas assez rapide. Sylarana plongea, attrapa la fée dans sa bouche, et re-disparue dans son pull.
« Sylarana ! » dit-il. Très peu de personne se retournait maintenant lorsqu'il parlait en Fourchelangue. Harry aurait été plus reconnaissant envers ce changement s'il n'avait pas été aussi furieux contre son Locusta. « Rends-la ! »
« Miam, » dit Sylarana.
« C'est une fée ! » essaya Harry. « Une créature intelligente ! »
« Aussi intelligente que l'un de ses petits chiens gras que gardent les moldus comme compagnie, » rétorqua-t-elle tandis qu'elle rampait sur son épaule. « Les stupides meurent, et les intelligents survivent. Et je suis beaucoup plus intelligente qu'elle. Délicieux. » Harry entendit une série de pop qui devait être les cracks distincts que faisaient les ailes de fées se brisant alors que Sylarana avalait la pauvre chose, tête la première.
Il siffla et passa une main dans son pull, essayant d'attraper son serpent, mais quelqu'un se pencha sur lui et s'écria joyeusement, « Ah, vous êtes là, jeune M. Potter. Je voulais vous parler. Suivez-moi, s'il vous plaît ! »
Harry leva les yeux, et se figea. Lockhart se tenait devant lui, et Harry était presque sûr qu'il avait vu Sylarana manger sa fée. Il ne connaissait aucune façon polie de refuser, spécialement sans Draco pour le sauver. Il soupira et suivit le grand idiot vers son bureau.
Il ne fut pas étonné de voir que le bureau de Lockhart était rempli de photos de lui-même, faisant des clins d'œil et se recoiffant devant des centaines de paysages sauvages et vierges différents – des grottes, des forêts, des falaises. Harry savait que c'était les endroits où Lockhart avait soi-disant vécu ses aventures, mais il n'arrivait pas à y croire. Il doutait fortement que Lockhart puisse survivre sans eau courante ni crème pour les mains.
Lockhart fit signe de la main à Harry lui indiquant de prendre un siège devant son bureau et prit place sur une chaise de l'autre côté, émettant un léger son de plaisir entre ses dents. « Alors, » dit-il. « Tu aimes les cours de Défense Contre Les Forces du Mal, n'est-ce pas ? »
Harry le fixa. Est-ce que cet homme l'avait vraiment emmené dans son bureau pour lui parler de sa performance en cours ?
« Sous le choc, tu es sous le choc, je sais, » rigola Lockhart, se penchant et recherchant quelque chose dans un des tiroirs de son bureau. « Imagine, parler en privé à une célébrité telle que moi ! »
Harry serra les dents. « Les cours se passent bien, monsieur. » Il chercha quelque chose à dire, quelque chose qui sonnerait comme de l'adoration envers Lockhart sans l'adorer réellement. Il ne trouvait rien. Il n'arrivait pas à s'empêcher de penser que Lockhart n'était qu'un idiot.
Lockhart se redressa et pointa sa baguette sur Harry. Ce dernier se concentra abruptement, sa frustration et son irritation disparaissant comme de l'eau de pluie sur une fenêtre. Il croisa le regard de Lockhart, et décida que l'homme n'était pas au courant qu'il pouvait faire de la magie sans baguette, même si Harry avait supposé que maintenant c'était quelque chose de connu par tous les professeurs. Sinon, il se serait assuré qu'Harry soit bâillonné avant de lui montrer sa baguette. Bien sûr, cela ne l'aurait pas aidé beaucoup, vu que Harry savait également jeter des sorts non-verbaux, mais cela aurait montré plus de bon sens que Lockhart en montrait en ce moment même.
Quelle sorte d'idiot laisse sa baguette dans son bureau ? demanda Sylarana, rampant vers le bord de sa manche. Surtout lorsqu'il vient de relâcher un tas de fées dans l'école alors qu'il sait que la plupart des sorciers ne verront pas ça d'un bon œil ? Pas que je sache pourquoi ils n'aimeraient pas ça ; elles sont délicieuses.
Je ne veux pas que tu le mordes, lui dit franchement Harry. Du moins, pas encore. Attendons de savoir ce qu'il veut.
Cela sembla satisfaire le Locusta, qui se calma. Harry regarda Lockhart dans les yeux et demanda, « Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« J'ai tracé ta signature magique sur le sort Obscurus, » dit Lockhart. Sa voix semblait différente, réalisa Harry, sans les tons pleins et ronds qui la rende mélodramatique. Cela lui rappela Quirrell, et Harry eut pendant un bref instant l'envie de fermer les yeux et de grogner. Dumbledore ne pouvait-il donc pas engager un professeur de DCFM qui ne cachait pas de secret ? « Je sais que tu es celui qui a diminué ma beauté durant les derniers mois. Tu es probablement jaloux de ma beauté monumentale. Enlève le sort. »
Harry cligna des yeux innocemment. « Mais, Professeur, vous êtes un grand sorcier, et je ne suis qu'un élève. Je suis sûr que vous pouvez enlever ce sort si vous le voulez vraiment. »
La baguette de Lockhart hésita un moment, puis son visage reprit son masque d'arrogance. « Bien sûr que je le pourrais. Mais je ne veux pas. Je veux que toi tu l'enlèves, vu que tu es celui qui m'as insulté en le jetant en premier lieu. » Il garda sa baguette pointée sur Harry.
Harry observa Lockhart un moment. Il se dit qu'il pouvait enlever le sort Obscurus, et que cela ne ferait pas de grande différence. Cet homme ne faisait plus rien pour rendre la vie de Connor misérable. Lui-même était trop occupé le faire pour remarquer si Lockhart avait continué, se dit Harry, repensait au problème qu'il avait avec son frère.
Il haussa les épaules. « D'accord. Finite Incantatem. »
Les yeux et les dents de Lockhart se remirent à briller, et les effets guirlande de Noël disparurent. Harry était triste de les perdre, mais de toute façon cela serait devenu lassant ennuyant à force.
Tu commences à apprendre à penser comme un Locusta, lui fit remarquer Sylarana.
Harry caressa son dos et regarda Lockhart toucher ses cheveux et dents d'une main tremblante, jetant un sourire hésitant au miroir qui occupait un mur complet de son bureau, puis hocher la tête. « Cela suffira, » dit-il. « Et je suis sûr que vous ne pensiez pas que cela allait durer si longtemps, M. Potter. Après tout, vous visiez sûrement votre frère Connor, vu qu'il dit que vous êtes jaloux de lui. »
Harry frissonna. Il espéra que le manque de compagnie n'avait pas poussé Connor à se confier à Lockhart. « Puis-je partir, Professeur ? » demanda-t-il, pensant qu'il devra trouver un nouveau sort pour l'idiot – un qui ne serait pas immédiatement remarquable.
« Bien sûr, » dit Lockhart. Harry bondit hors de sa chaise et se dirigea vers la porte. Il se retourna quand même lorsque Lockhart l'interpella, « Encore une chose. »
Il vit la détermination sur le visage de l'autre sorcier, et suspecta quelque chose avant que la baguette ne soit pointée vers lui et que le mot « Oubliettes ! » soit marmonné.
Harry sentit le sort se diriger vers lui et réagit instinctivement – pas en l'esquivant, mais avec l'Occlumency. Au moment où le sort frappa la surface extérieure de son esprit et essaya de manger les souvenirs de Lockhart et de sa demande d'enlever l'Obscurus à Harry, les toiles de Harry le projeta, le faisant rebondir sur les solides défenses qu'il maintenait toujours à d'autres endroits, peu importe ce qu'en disait Rogue, puis fut réduit en cendre et au silence. Harry secoua la tête et regarda Lockhart.
Le sorcier blond ouvrit la bouche, probablement pour donner à Harry un ordre ou lui dire quels faux souvenirs remplaceront les vrais, mais il la referma et partit brusquement vers l'arrière, s'asseyant brusquement sur la chaise derrière son bureau. Harry avança d'un pas. Le visage de Lockhart prit une teinte de fromage pourri.
« Tu y as résisté, » dit-il.
« Oui, » répondit Harry. « Et vous n'aviez pas du tout besoin de supprimer mes souvenirs, sauf que vous avez essayé. » Il pouvait entendre les sifflements rageurs de Sylarana et ses suppliques de la laisser s'occuper de l'homme qui avait menacé Harry, mais son propre esprit allait à cent à l'heure, essayant de trouver des façons de tourner cette situation à son avantage. « Etiez-vous si inquiet que j'aille parler de ce sort idiot ? »
Mais il connaissait la réponse avant même d'avoir posé la question. Non, Lockhart n'avait pas peur d'être embarrassé, du moins pas suffisamment pour lancer un sort sans raison. C'était une réaction beaucoup exécutée, venu de quelqu'un qui avait tellement utilisé ce sort qu'il était devenu sa première défense.
Les yeux de Harry se dirigèrent vers les photos sur le mur, et il se rappela ses pensées sur le fait qu'il était improbable que Lockhart soit allé dans tant d'endroits, combattu tant de batailles, et pourtant posé pour une photo. On penserait, murmura l'esprit de Harry plein du sarcasme qui apparemment était devenu naturel ces derniers temps, qu'il voudrait au moins une photo où il poserait couvert de sang avec le corps de la créature qu'il a tué à ses pieds.
A moins qu'il ne les ait pas vraiment tuées, bien sûr.
Harry redirigea son regard vers Lockhart et plissa les yeux. « Vous laissez d'autres gens tuer les créatures des Ténèbres, » dit-il. « Puis vous effacez la mémoire de tous ceux qui auraient affirmé le contraire, n'est-ce pas ? Ce sont d'autres sorciers et sorcières, de vrais héros, qui ont fait tout le sale boulot. Vous vous êtes contenté de débarquer et d'en prendre le mérite. »
Lockhart pâlit encore plus. Il essaya de dire quelque chose, mais le seul son qui réussit à sortir de sa gorge fut un son étranglé.
Harry s'approcha un peu plus du bureau, soudainement se sentant mieux que jamais durant ce dernier mois, la dernière fois étant la fois où il avait espéré qu'une confrontation avec Connor se déroulerait comme prévue.
« Vous savez qu'un secret comme celui-ci pourrait vous faire renvoyer de l'école, » dit-il. « Et encore plus, plus jamais quelqu'un ne vous croirait. Vous serez moqué et calomnié par la Gazette du Sorcier. Et Sorcière-Hebdo ne vous choisirait plus jamais pour le Prix du sourire le plus charmeur. »
Lockhart laissa échapper un cri étranglé et posa ses mains sur son visage. Il tremblait visiblement.
Harry pencha sa tête sur le côté. Il savait qu'il allait faire du chantage à Lockhart, et il savait également qu'il le faisait pour des raisons personnelles. C'était une tactique Serpentarde, et il avait une motivation Serpentarde. Il ne pouvait pas vraiment clamer qu'il le faisait pour le côté de la Lumière, sauf si faire son possible pour guérir les blessures entre lui et Connor pouvait être considéré comme action pour la Lumière.
Et il s'en fichait.
« Je pense savoir ce que vous devriez faire, » dit-il calmement.
« Quoi ? » Lockhart abaissa ses mains et le fixa sans grand espoir.
« Je pense que vous devriez arrêter de vous inquiéter, » dit doucement Harry en croisant ses bras. Sylarana rampa hors de sa manche, marmonnant, irritée, qu'il aurait pu la prévenir s'il n'avait pas besoin d'elle. Harry ignora ceci aussi. « Je ne vais pas vous dénoncer – à moins que vous essayez à nouveau de me jeter un sort d'Oubliettes, ou que vous ne fassiez pas ce que je vous demande. »
Le visage de Lockhart se relaxa. Harry cligna des yeux, puis supposa que ce genre de sorcier était plus confortable avec des tactiques sournoises que des tactiques jutes. Brièvement, il se demanda si Lockhart avait été un Serpentard lorsqu'il était à l'école. Draco dirait qu'il n'était pas un vrai, bien sûr, vu qu'il s'était fait prendre.
« Tout ce que tu veux, » dit Lockhart, se penchant en avant. « Est-ce que tu veux une photo, dédicacée, qui vaut habituellement cent Gallions ? Une pré-vente de Rencontre avec les Runespoors ? Une crème qui – »
« Rien de tout cela, » dit Harry. « Je veux que vous me donniez une retenue avec mon frère, la semaine prochaine. » Il pensait que ce serait le meilleur moment, vu que d'ici là Connor aurait joué et gagné contre les Poufsouffles, et qu'il ne pourrait pas utiliser l'excuse de devoirs en retard pour le lendemain pour s'enfuir. « Ensuite, vous assurez que nous ne soyons pas dérangés, même pas par Rusard ou un professeur. »
Lockhart cligna lentement des yeux, comme s'il ne pouvait pas comprendre pourquoi Harry demandait ça, mais il hocha la tête. « C'est faisable. »
« Faites le, » dit Harry, « et j'oublierai ce qu'il vient de se passer. » Il marqua une pause, se demandant si l'homme avait besoin d'un autre exemple, puis décida que cela ne mangerai pas de pain quand il vit que les yeux de Lockhart glissaient de nouveau de côté vers sa baguette. Il dépendait trop des sorts d'Oubliettes. « Je l'oublierait tant que vous ne jetterez plus de sort d'Oubliettes. Sinon je pense que je n'aurais pas d'autre alternative que d'aller voir Dumbledore.
Lockhart hocha la tête. « Bien sûr. » Il observa un long moment Harry, puis dit, « Pourquoi ? »
Harry haussa les sourcils.
« Tu es un sorcier puissant, » dit Lockhart. « Je l'ai su lorsque je n'ai pas réussi à enlever l'Obscurus moi-même. » Comme ça, son visage était presque plaisant. Harry se demanda si le personnage de l'idiot faisait aussi parti de la panoplie. « Pourquoi voudrais-tu te réconcilier avec ton frère au lieu de l'exploser ? »
« Vous ne comprenez rien, » dit Harry, reprenant la main, et se sentit de manière inattendue satisfait lorsque Lockhart pâlit et détourna les yeux. « Et vous n'êtes pas en position de me poser des questions. »
Lockhart hocha la tête, puis se leva. « Je vous verrais donc en retenue la semaine prochaine, M. Potter. »
« Non, vous ne viendrez pas » répondit Harry, et prit un ton léger et conversationnel. « Et si vous m'interrompez alors j'arrange les choses avec mon frère, je ferai, d'un sort, disparaître vos testicules. »
Lockhart déglutit, comme s'il ne doutait pas un instant qu'Harry le ferait, et resta figé tandis qu'Harry quittait la pièce. Sylarana lui siffla gaiement tandis qu'ils retournaient dans la Grande Salle. Enfin tu agis comme un serpent. Attaquant quand tu le souhaites, reconnaissant la réalité.
Harry lui prêta à peine attention. Il réfléchissait, essayant de trouver comment se réconcilié avec son frère.
C'était le problème de toutes leurs autres rencontres, décida-t-il : Connor s'était senti obligé de se faire bien voir par leur audience, même une aussi petite que Sirius, mais il pouvait également quitter la pièce. Coincé à un endroit sans pouvoir partir, et sans personne à devoir impressionner, il serait obligé d'écouter Harry.
Il avait intérêt.
Harry frissonna puis secoua la tête. Cette dernière pensée ressemblait à la voix froide de sa magie, et ressemblait à Tom Jedusor.
Mais il ne ressemblait pas à Tom Jedusor. Pas du tout. Il ne tournerait pas le dos à son frère. Il allait se réconcilier avec lui.
Par la force, s'il le faut.
Mais cela ne voulait pas dire qu'il était mauvais. Cela voulait juste dire qu'il était… énergique.
Pas assez énergique, bien sûr, pour s'empêcher d'éclater de rire lorsqu'il vit Draco. La dernière tentative du garçon pour enlever la poussière de fée avait juste réussi à rassemblait tout la poudre en une grosse flaque sur sa joue, une flaque qui ressemblait étrangement au lion des Gryffondors.
Harry prit beaucoup de plaisir à le faire remarquer, et encore plus de plaisir à s'enfuir en courant vers les cachots, Draco sur ses talons hurlant des menaces.
A suivre
