Note de l'auteur : encore un long retard pour la publication de ce chapitre. Mais il ne s'agit pas cette fois d'une panne d'inspiration, plutôt d'un trop plein. Mon esprit à fait comme la Loire en certaines saisons, il a débordé. Les idées me sont venues, trop d'idées et j'ai eue une certaine difficulté à les mettre sous forme de phrases. Et cela m'a donné un chapitre d'une telle longueur que j'ai été obligée de le couper en deux. Donc, en voici la première partie.
Ce chapitre s'intéresse en particulier au personnage de Mycroft, à son enfance. J'ai relue il y a peu de temps le " David Cpoperfield " de Charles Dickens et je me suis inspiré pour décrire les sentiments et la violence de Sieger Holmes du personnage de l'odieux monsieur Murdstone. Et sans doute le fantôme du marquis de Sade m'a également rendu visite.
CHAPITRE 20
" Secrets révélés : l'innocence perdue "
Avertissement : ce chapitre fait allusion aux enfants victimes de mauvais traitements et d'abus sexuels.
Mycroft ferma les yeux et se laissa aller en arrière, contre les oreillers. Des larmes commençaient à perler entre ses cils.
- Retrouvez-le, inspecteur, supplia-t-il, retrouvez-le vite. Il n'arrêtera pas, il n'arrêtera jamais. Il ne peut pas s'en empêcher, c'est comme une maladie qui le dévore de l'intérieur. Il en a déjà trouvé un autre. Un autre pauvre gosse, un de plus.
Puis il ouvrit les yeux et regarda Aurore.
- Elle a eue de la chance de pouvoir s'enfuir, murmura-t-il.
Greg se tourna vers la petite fille et lui sourit avant d'à nouveau porter son attention sur Mycroft.
- Oh, elle ne s'est pas enfuie, dit-il. Elle s'est sauvée pour trouver du secours... pour Sherlock. C'est grâce à elle si je l'ai retrouvé.
- C'est vrai ? Après tout ce qu'elle semble avoir vécue ? Elle a eue se courage ?... Mais qui est-elle, inspecteur.
- Non Mycroft, pas inspecteur. Gregory ou tout simplement Greg. Pourquoi continuer à m'appeler inspecteur ? Nous ne connaissons-nous pas depuis assez longtemps ?... En ce qui concerne la petite, j'ignore qui elle est. Sincèrement, je l'ignore. Je sais juste qu'elle s'appelle Aurore.
- Aurore ? C'est un joli nom... Elle est belle. Je comprend qu'Il se soit intéressé à elle. C'est une proie parfaite pour un pédophile.
Il regarda la petite fille qui baissa la tête d'un air craintif devant cet homme qui pourtant lui souriait gentiment, presque tendrement... comme monsieur Greg.
Mais Aurore avait peur. Qu'avait dit monsieur Greg ? Que le Maître était le père de l'homme allongé dans le lit ? Soudain, elle se sentit en danger. Elle gémit.
Greg sentit dans toutes les fibres de son corps de policier que quelque chose n'allait pas. Il se tourna vers la petite fille. Elle se tenait à quelques pas de lui, tremblante, au bord des larmes. Effrayée. Non, pas effrayée. Terrorisée.
" Qu'a-t-elle donc ? " se dit-il. " Pourquoi a-t-elle toujours si peur ? Je fais pourtant tout ce que je peut pour qu'elle se sente en sécurité. Je n'aurais jamais dû la confier à Sally cet après-midi. Mais elle est de nouveau avec moi, elle devrait se sentir en sécurité. Alors pourquoi est-elle donc si effrayée ? Ce n'est tout de même pas à cause de... "
- Hé, ma mignonne ! dit-il doucement en lui tendant les bras. Que se passe-t-il donc ?
Aurore se jeta dans les bras rassurants de son protecteur en pleurant.
- Est-ce que c'est vrai ? gémit-elle.
- Quoi donc, mon coeur ?
- Qu'il est... ? Que le Maître est...,
Elle respira profondément et, pointant un doigt vers Mycroft, elle cria :
- Son père... à lui.
Mycroft regarda ce doigt d'enfant presque accusateur, stupéfait. Il ne comprenait pas. Mais si, il comprenait et soudain, il eu mal. Il comprenait qu'il avait le tort d'être le fils de l'homme qui l'avait martyriseé. Il avait mal parce que lui, Mycroft Holmes, jamais ne ferait de mal à un enfant.
- Oui, c'est vrai, il est bien son fils, dit doucement Greg. Mais tu n'as rien à craindre. Mycroft est gentil. Il ne te feras pas de mal et je suis certain que très bientôt vous serez de grands amis. N'est-ce pas, Mycroft ?
- Bien sûr, répondit celui-ci. De très grands amis.
Aurore tourna la tête et le regarda avec hésitation avant d'à nouveau se jeter contre Greg en pleurant.
- C'est pas vrai, dit-elle en sanglotant. Il va le dire à Maître et Maître va venir me prendre. Maître va encore vouloir le faire. Il va encore aller en moi. Et ça fait mal, ça fait si mal. Là, dans mon ventre. Il va jusqu'au fond de moi, encore, encore, jusqu'à ce que je saigne et ça brûle quand je fait pipi. Et puis pas dormir, pas manger quand je suis punie. Je suis tout le temps punie. Le Maître est jamais content. Je suis battue, tout le temps battue. A coups de poings, à coups de pieds. Et le fouet. Encore, encore. Et puis pendue au crochet par le cou. Pendant des heures. Et ça fait mal. Et je peu pas respirer. Et puis pas pleurer, pas crier, pas même parler. Défendu. Maître se moque. Dit que je ne suis qu'une sale petite négresse, une chose inutile, pas même une bonne esclave. Mais c'est pas vrai. Je suis une bonne esclave. Hein, monsieur Greg, que je suis une bonne esclave ?
Se blottissant dans les bras du policier. Aurore cacha son visage dans son cou. Ses violents sanglots étaient devenus des hurlements de désespoir. Greg sentait les flots de larmes de l'enfant inonder sa chemise. Il l'enlaça, la serrant étroitement contre lui. Horrifié, il réalisait soudain ce qu'avait vécue la pauvre enfant entre les mains de son bourreau. Ce salaud l'avait martyrisée et y avait pris du plaisir. La pauvre gosse, combien d'années était-elle restée entre les mains de cette ordure ? Que de courage il lui avait fallu pour supporter cet enfer. C'était monstrueux, vraiment monstrueux. Est-ce cela qu'avait été l'enfance de Sherlock ? Est-ce cela ce que son fils avait eu à endurer ?
- Il ne viendra pas, murmura-t-il. Il ne te touchera pas, il ne te fera plus jamais de mal. Tu es à moi maintenant. Tu es ma fille. M'as-tu compris, ma petite chérie ? Tu es ma fille, maintenant.
- Oui, monsieur Greg, dit-elle entre deux sanglots. Tu es le Maître, maintenant ? C'est à toi que je dois obéir ? C'est avec toi que je dois le faire pour que tu te sentes bien ?
Et disant cela, la petite fille se serrant encore plus contre lui. Levant son visage vers le sien, ses lèvres étaient maintenant dangereusement près des lèvres de Greg. Il ne suffisait qu'un geste à l'homme pour se rapprocher et embrasser l'enfant. Mais il pris la jeune tentatrice innocente aux épaules et la repoussa doucement. Que faisait-elle ? Que voulait-elle lui faire faire ?
Il la regarda, stupéfait. Que lui disait-elle donc ? Que lui demandait-elle donc ?
- Non, Aurore, non ! s'exclama-t-il. Il ne faut pas. Tu n'as plus besoin d'agir ainsi. Ce n'est pas comme cela que l'on aime les petites filles. Monsieur Greg n'est pas le Maître, ma petite Aurore. Il ne le sera jamais avec toi. Il n'ira jamais en toi. Il sera seulement... papa.
Bien sûr qu'il ne sera jamais le Maître. Le Maître était un monstre, un démon dévoreur d'innocences. Jamais il ne pourrait faire de telles choses, ni même imaginer de telles choses. Non, il ne serait jamais le Maître.
Mais la petite lui appartenait. Elle était sienne depuis qu'elle s'était enfuie de cette maison et l'avait trouvé. Elle s'était emparée de son coeur dès ce moment. Et il se savait, personne ne la lui prendrait désormais. Jamais.
Mycroft avait assister à tout cela avec des yeux horrifiés. Jamais son visage n'avait été si pâle et soudain, il avait du mal à respirer. Il rejeta la tête en arrière, contre les oreilles, pour trouver l'air qui n'arrivait plus dans ses poumons. Trop de pensées, trop de souvenirs effrayants revenaient à sa mémoire.
oOoOoOo
- C'est déjà trop tard, dit Margaret Hudson lorsqu'elle vit la porte se refermer derrière la petite Aurore. Il l'aurait confiée aux services sociaux il y a déjà quelques heures, que tout se serait certainement passé autrement mais maintenant, c'est déjà trop tard. Je le connais bien, il n'y aura aucun moyen de la lui prendre désormais. Il est déjà ce qu'on ne lui a pas permis d'être il y a tant d'années. Il est déjà son père.
- Ainsi, Greg est vraiment le père de Sherlock, dit John. Et il semble l'avoir ignoré jusqu'à présent. Comment cela est-il possible ? Et Mycroft ? Mon Dieu, Mycorft... mais lorsqu'il l'apprendra, ce sera un vrai drame. Il aime tant son petit frère.
- Allons, John, lui dit Margaret en riant, Mycroft le sait parfaitement. Il le sait depuis toujours. Pas que Gregory soit le père de Sherlock, cela il l'ignore. Quoique avec Mycroft, il faut s'attendre à tout. Il a un tel goût pour les secrets. Mycroft avait déjà sept ans lorsque Sherlock est arrivé chez les Holmes, il sait qu'ils ne sont pas nés de la même mère mais Sherlock est tout de même son " petit frère ".
- Maggie, ne pensez-vous pas que lord Sieger pourrait après tout être tout de même son père ? demanda Anthea. Ne pensez-vous pas qu'il aurait tout de même pu continuer avec Rebecca.
- Non, ma fille. En aucun cas. A cette époque, Rebecca avait quinze ans et était devenue bien trop âgée pour encore l'intéresser. Sieger Holmes n'a toujours éprouvé de plaisir qu'avec des enfants de moins de douze ans, surtout les filles. J'ignore ce qu'il en est aujourd'hui mais à l'époque, dès que les formes apparaissaient les petites filles n'avaient plus guère d'intérêt pour lui. Quel âge aviez-vous exactement lorsque votre oncle a cessé de s'intéresser à vous ?
- QUOI ?
John Watson, Molly Hooper et Sally Donovan crièrent d'une seule voix à cette incroyable révélation.
- Votre oncle ? s'écria le sergent Donovan. Vous n'allez tout de même pas dire que vous êtes la nièce de ce monsieur ? Comment cela est-il possible ? Et qu'est-ce que madame Hudson a voulu dire à l'instant ?
- Ce n'est pourtant pas ce que vous avez raconter tout à l'heure a Greg, s'étonna John. Donc, lady Elisabeth n'est pas une amie de votre mère, n'est-ce pas ? Alors, qu'est-elle exactement pour vous ?
- C'est très vilain, John Watson, d'écouter aux portes, dit Anthea en riant. Bon, puisque nous en sommes aux révélations... En 1974, donc, lord Sieger Sherringford Holmes comte de Killnalock épousait miss Elisabeth Vernet...
- Attendez, s'écria Sally Donovan. Elisabeth... Vernet ? Elisabeth Vernet, comme la styliste ?
- Oui, c'est la styliste, lui répondit Anthea en fronçant les sourcils d'un air mécontent. J'ai horreur d'être interrompue, sergent Donovan. Bon... Sieger et Elisabeth ont un fils qui naît en 1975 : Mycroft. Ce sera le seul enfant naît de leur lit car lord Sieger désertera la chambre conjugale durant la grossesse de son épouse et n'y retourna plus par la suite. Il préférait des partenaires plus jeunes, beaucoup plus jeunes. Elisabeth avait deux soeurs, Esther et Rebecca, la mère de Sherlock. Esther épousa le colonel Jeremy Moran en 1977. Ils ont eu trois enfants : Sebastian en 1978, Miranda en 1980 et moi, Janet Ann dite " Annie " en 1986. Je suis la cousine de mycroft et plus tard, je suis devenue son assistante personnelle au MI6 à l'âge de quinze ans sous le nom d'Anthea. Oui, lord Sieger est bien mon oncle et aussi mon parrain. Et il est vrai qu'il a eut envers moi un comportement disons... inadéquat lorsque j'étais enfant.
- Inadéquat ? ricana John Watson. Le terme est joli mais si c'est ce que je crois, je n'appelle pas cela un comportement inadéquat mais une belle saloperie.
- D'accord, d'accord, répondit Anthea. Et bien, nous dirons que mon oncle a eut un comportement qu'un adulte ne doit pas avoir envers un enfant. La première fois, j'avais cinq ans. Je ne me souviens plus vraiment comment tout cela est arrivé. Je crois qu'il m'avait offert une friandise ; elle devait être droguée. Je me rappelle seulement m'être retrouvée dans une chambre que je ne connaissais pas, allongée sur un lit qui n'étais pas le mien. J'avais très mal à la tête, j'étais nue et mon oncle était allongé sur moi. Je me rappelle surtout la douleur, cette effroyable douleur lorsqu'il est entré en moi. Je ne savais ce que c'était ce qu'il me faisait mais je sentais que c'était quelque chose de défendu et j'avais terriblement honte. Si honte que je n'ai jamais osé en parler à mes parents et mon oncle a pu continuer à abuser librement de moi. Cela à durer jusqu'à ce que j'ai eu neuf ans. Je ne sais pas si Sherlock s'en ait jamais douté, mais c'est un peu grâce à lui que tout cela s'est terminé. Pourtant, longtemps après que mon oncle ait cessé de me toucher, je me suis sentie sale au point de ne pouvoir pratiquer l'acte sexuel avec un homme sans une impression de dégoût. Encore aujourd'hui, je préfère avoir des relations intimes avec des femmes.
- Oh, ma pauvre chérie, gémit Molly en enlaçant tendrement Anthea qui se blottie un moment dans ses bras.
- Mais c'est monstrueux, s'exclama Sally. Ah, quelle ordure, ce type ! Si je le tenais, croyez-moi, je... Enfin, ce qu'un flic ne doit jamais faire ni même penser.
- Et que se passe-t-il pour que ce charmant monsieur si affectueux, si attentionné cesse de vous " importuner " ? demanda John. En quoi Sherlock vous a-t-il aidé ?
- Quand j'avais neuf ans, donc, on a découvert ce que Sieger Holmes faisait subir à Sherlock. Tout le monde savait mais personne n'a jamais rien dit. Les adultes se sont conduits comme des lâches, ils avaient peur de lord Sieger. Ils ont laissé massacrer ce pauvre gosse sans jamais rien dire. Mais il a simplement suffit que Sherlock se blesse pendant un cours de gymnastique au lycée, qu'un médecin scolaire le soigne et voit... Mon Dieu, j'imagine quelle a put être la réaction de ce pauvre homme à la vue de ce petit corps martyrisé. Sherlock était si frêle, si chétif à l'époque. Alors ce qui était resté un secret dans le cercle privé, le reste du monde l'a enfin sut : mon gentil cousin était victime depuis des années de violences physiques et sexuelles. Et son bourreau était son propre père. Lord Sieger n'a pas eue d'autre choix que de disparaître face au scandale que tout cela à provoqué. Lady Elisabeth a tout de suite demandé le divorce qui a rapidement été prononcé. Alors j'ai eut enfin le courage de parler, de dire ce que moi aussi j'avais subit. Mais je ne m'attendais pas du tout a la réaction qu'on eu mes parents. Leur gêne. Ils savaient. Ils savaient depuis le début. Alors mon père m'a dit qu'ils devaient m'éloigner le plus vite possible, le plus loin possible car j'étais devenue un objet de scandale. Ils me regardaient avec horreur. Je crois qu'ils ont toujours crut que j'ai été consentante pour me faire violer encore et encore pendant des années, que j'étais devenue la putain de mon oncle. Vous imaginez cela ? J'avais cinq ans la première fois. A cinq ans, j'étais une putain. Ils m'ont alors envoyée en Suisse, dans un horrible pensionnat. Un luxueux établissement hors de prix où j'ai due côtoyer des gosses de riches aussi stupides que prétentieuses qui me regardaient de haut, moi, la petite Anglaise, la fille de militaire qui avait le seule défaut d'avoir de meilleurs résultats scolaires qu'elles. J'y mourrais d'ennui. Mes parents m'y ont oubliée durant des années. J'y restais enfermée même pour les vacances, même pour Noël. Seuls Mycroft et tante Elisabeth venaient quelquefois me voir, m'en sortait pour quelques heures. Pas souvent. Cela provoquait toujours de terribles disputes avec mes parents. J'ai été traitée comme une pestiférée durant des années. C'est Mycroft qui m'a finalement sortie définitivement de cette affreuse école. Il travaillait depuis quelques années pour le MI6 et sa situation était devenue telle qu'il avait besoin d'une assistante personnelle. J'avais quinze ans. Quant à mon père, je lui ai fait payer la note et il a casquer recta sans rien dire.
- D'où ce luxueux appartement à Belgravia ? demanda Molly.
- Oh, oui ! Et tout l'argent que je lui demandait. Si je compte bien, il a dut me donner pas loin de 75.000 £ et a financer l'ouverture du dispensaire que dirige aujourd'hui ma soeur Miranda. Je crois qu'il avait fini par comprendre que j'étais réellement une victime. Il devait avoir plutôt mauvaise conscience de m'avoir traiter de cette façon. Mais si Sherlock considéra ma façon d'agir envers mon père avec réprobation - mon gentil cousin est toujours près à tout pardonner à tout le monde, même le pire, même le mal qu'on lui fait -, Mycroft me dit de ne pas avoir de remords, que ce n'était que justice, que mon père devait payer. Lorsque mon père est mort il y a quelques années, je crois qu'il ne s'était toujours pas pardonné ce qu'il m'avait fait. Et c'est très bien ainsi. Moi, je ne lui ai toujours pas pardonner. Je ne pardonne pas souvent.
- Et maintenant, tout va bien pour vous ? demanda Sally.
- Oui, sergent Donovan, répondit Anthea. Je vais très bien. J'ai Mycroft et puis, je viens de rencontrer quelqu'un.
Et disant cela, la jeune fille sourit tendrement à Molly et l'embrassa sur les lèvres en l'enlaçant devant l'assistance plutôt médusée. Margaret Hudson les regarda en souriant (à son âge, elle en vu d'autres) mais le sergent Donovan eut un hoquet de stupeur.
" Mais, mais, ce n'est pas possible, " se dit-elle, choquée. " C'est impossible. Molly ne peut pas être amoureuse d'une fille. Elle a fait un bébé avec Sherlock. C'est impossible, elle ne peut pas être gay. "
" Innocente, " pensa Anthea en la regardant avec un sourire moqueur.
- Et en ce qui concerne Mycroft ? demanda John lorsqu'il fut un peu remis du choc qu'il venait de recevoir. Est-ce que son père aurait également abusé de lui ? Est-ce qu'il l'aurait violenté ?
- Certainement pas ! s'exclama Margaret Hudson, choquée à l'idée que l'on aurait osé maltraiter son garçon.
- Je suis vraiment désolée, Maggie, dit Anthea, mais Mycroft n'a pas été plus épargné que nous. S'il est vrai que son père ne l'a jamais frappé, enfin, pas aussi souvent que Sherlock, les cicatrices n'en sont pas moins réelles. Lord Sieger n'a pas plus respecté son propre fils que les autres enfants qu'il a... Mycroft, lui aussi, a été...
- Non, non, c'est impossible ! cria Margaret. Comment ? Quand ? Répondez-moi tout de suite, Janet Ann Moran.
- Il... il avait à peine sept ans la première fois que s'est arrivé. Oh, je suis vraiment désolée ! C'était... c'était la nuit où Sherlock est né. Et ça à durer jusqu'à ce que son père décide de l'envoyer en pension. Mycroft avait presque douze ans et était devenu trop vieux pour partager ses " plaisirs ". Il est vrai que lord Sieger avait sérieusement commencé à s'intéresser à Sherlock. Mycroft n'a pas fui ses responsabilités envers son petit frère, il ne l'a pas abandonné comme Sherlock l'a toujours crut. Il n'a pas vraiment eut le choix.
- C'est donc cela, murmura John. C'est pour cela que Sherlock l'appelle son " ennemi juré ". Mais je comprend surtout cet acharnement de Mycroft à vouloir le protéger envers et contre tout lorsqu'on se rend compte de cette effroyable histoire qu'ils ont partagé... Oh, Annie, je suis vraiment désolé que vous ayez vécu cela aussi.
- Mon Dieu, mon pauvre garçon, gémit Margaret Hudson. Lui aussi ? Ce n'est pas possible. Je m'étais bien doutée qu'il s'était passé quelque chose cette nuit-là lorsque Mycroft m'a dit le lendemain qu'il ne voulait plus que je l'aide à faire sa toilette. J'ai trouvé cela bien soudain, mais je me suis dit que ça lui passerait. Je me suis dit qu'il avait dû faire quelque bêtise et que son père l'avait sévèrement puni, qu'il l'avait battu, fouetté. Mais de là à imaginer que... non, non. Mais oui, après tout, il était toujours si honteux et son père était devenu si exigeant avec lui, ne se montrait jamais satisfait de sa conduite et semblait prendre un réel plaisir à l'humilier. Je m'en suis souvent plainte auprès de lord Sieger mais il me disait que s'est ainsi que sont élevés les garçons... Oh, ce n'est pas possible, mon pauvre garçon, mon pauvre petit.
Puis elle regarda tour à tour Anthea, John Watson, Molly Hooper et Sally Donovan.
- Faites-moi plaisir, mes enfants, dit-elle d'une voix ferme. Retrouvez Sieger Holmes, ce monstre qui a maltraité mes " enfants " et lorsque se sera fait, laissez-moi avec lui rien que cinq minutes. Alors...
Les quatre jeunes gens inclinèrent la tête d'un même geste et, secrètement, chacun d'eux voulait prendre sa part dans cette punition si justement méritée. Ils étaient tous d'accord pour l'affirmer :
ON NE TOUCHE PAS AUX ENFANTS
oOoOoOo
- Oh, mon Dieu, Mycroft !
Serrant toujours Aurore dans ses bras, Greg avait reporté son attention sur Mycroft. Des larmes coulaient de ses yeux sur son visage pâle emprunt de douleur.
- Qu'avez-vous, mon ami ? lui demanda Greg. Souffrez-vous ? Voulez-vous que j'appelle John ?
Mycroft ouvrit ses yeux noyés de larmes. Il se jeta contre Greg et agrippa sa chemise de ses doigts crispés.
- Non, non, s"écria-t-il. Je vous en supplie, Gregory, non. Restez avec moi, je vous en conjure. S'il vous plaît, je ne veux pas rester seul.
Aurore s'était rejetée en arrière en criant de frayeur. Loin de son protecteur mais surtout, loin de cet homme qu'elle considérait comme un danger. Tant qu'il était allongé sur le lit, elle se sentait en sécurité. Mais maintenant... Peut-être allait-il chercher à s'emparer d'elle ?
Seigneur, que lui arrivait-il donc ? Plus rien ne persistait du Gouvernement britannique, rien qu'un être qui semblait apeuré, paniqué. Il ne restait plus rien de Mycroft Holmes, juste un enfant fragile. Greg regarda le visage livide, si pâle que ses tâches de rousseur étaient nettement visibles. Il le trouva absolument adorable avec ce reste d'enfance. Il avait l'air soudain si vulnérable que Greg ne put résister au désir de le serrer dans ses bras.
- Qu'y a-t-il ? murmura Greg en lui caressant les cheveux. Dîtes-moi ce qui vous arrive, mon ami ? Allons, calmez-vous. Vous savez très bien que nous allons retrouver Sherlock.
- Non, non, ce n'est pas cela, gémit Mycroft. C'est elle, c'est la petite. Tout ce qu'elle a endurer, toute cette horreur. Je suis désolé, je suis tellement désolé. Tout est de ma faute. Tout cela n'aurait jamais dut se reproduire. J'aurais dut tout dire, mais j'avais si peur.
- De quoi parlez-vous donc ? Mais... Oh, non, ce n'est pas possible ! Mon Dieu, Mycroft, ne me dîtes que vous aussi...?
Mycroft le regarda sans rien dire, mais son regard ne laissait aucun doute.
- Quand étais-ce ? lui demanda doucement Greg. Quel âge aviez-vous la première fois.
- C'était le 6 janvier 1982, la nuit où Sherlock est né. Un mois plus tard, le 10 février, j'ai eu sept ans. Je crois qu'il devait être trois heures du matin. Père m'a réveillé et il furieux. Il avait bu, il était ivre et j'avais peur. Je savais de quoi il était capable. Il a toujours été méchant, mais l'alcool le rendait particulièrement vicieux. Vous ne pouvez pas imaginer sa rage, alors. Rebecca l'avait trahi et le bébé allait naître malgré tous ses efforts pour l'en empêcher. Rien n'y a fait. Ni tous ces mois d'enfermement, ni les mauvais traitements. Je suis désolé de devoir vous le dire, Gregory, mais Rebecca était battue alors que sa grossesse était nettement visible. Et privée de nourriture. Pendant des jours. Presque chaque nuit, on l'entendait pleurer, crier. Je crois que père a abusé d'elle, qu'il l'a violenté. Oui, j'en suis certain, il l'a violé. Il voulait provoquer une fausse couche, parce que celle qu'il considérait comme sa propriété s'était donné a un autre. Mais rien n'y a fit. C'était certain, le bébé voulait vivre. Alors quelqu'un devait payer. Il n'y avait personne à la maison pour me protéger. Mère et Nanny étaient parties à l'hôpital avec Rebecca dans la soirée. Depuis son mariage, tante Esther ne vivait plus avec nous. Seuls restaient les domestiques que père payaient grassement pour fermer les yeux sur ses pires errements. Père était resté à la maison parce que, avait-il dit, il ne voulait pas avoir avec cela. A moi, il m'a dit que je devait payer pour la trahison de Rebecca mais je crois plutôt que cela faisait longtemps qu'il avait envie de tout autre chose. Oh, oui. Rien que la façon dont il me regardait parfois ne laissait aucun doute. Je ne comprend pas que personne ne se soit douté de ce qui risquait d'arriver. Lui, un être aussi égoïste, il se montrait trop attentionné, trop affectueux envers moi. Il est vrai que j'étais son héritier, celui qui devait continuer son nom. Mais personne n'a jamais rien vu. Pourtant, il avait parfois des réactions... physiques nettement visibles lorsqu'il me regardait. Et Sieger Holmes a toujours été un homme particulièrement bien monté.
- Et personne n'a jamais rien vu ? Personne ne s'est jamais douté de rien ?
- Oh, non. Sherlock avait raison, non... il a raison lorsqu'il dit que jamais personne ne voit ce qui est nettement visible aux yeux de tous. C'est pour cela que père a pu me faire toutes ces horreurs pendant si longtemps. Et puis il a fait en sorte de s'assurer de mon silence. Il savait si bien s'y prendre, il a toujours su s'y prendre pour vous faire vivre dans une telle terreur que vous n'osez rien dire. Surtout si vous êtes un enfant.
Et disant cela, Mycroft regarda Aurore qui, depuis un moment s'était approchée. La petite fille hocha la tête sans rien dire. Soudain, cet homme n'était plus vraiment un danger pour elle. Monsieur Greg semblait le traiter avec autant de douceur qu'elle-même. Elle réalisait soudain que tout ce qu'elle avait vécu entre les mains du Maître, lui aussi l'avait vécu lorsqu'il était enfant. La souffrance, la terreur, l'obligation d'obéir, l'obligation de se taire. Et s'était son père qui lui avait fait subir tout cela ? Elle était maintenant tout près du lit. L'homme pouvait très bien s'emparer d'elle s'il le désirait mais elle le savait maintenant, il ne le ferait pas. Alors elle s'approcha encore plus, s'agenouilla près du lit et prenant la main de l'homme entre les siennes, elle y déposa un baiser. Emu, Mycroft regarda la fillette, lui sourit et de son autre main lui caressa les cheveux. Et cette fois, Aurore n'eut pas peur. Elle ne recula pas mais, au contraire, s'avança encore plus et se penchant sur le lit, déposa un baiser sur la joue de l'homme.
- Je peux continuer à vous raconter, s'il vous plaît ? demanda Mycroft en regardant de nouveau Greg. Je dois continuer à vous raconter. Il faut que je dise tout.
Et disant cela, il avait l'air suppliant. Comme si sa vie dépendait de cette confession. Greg hocha la tête. Il s'installa dans ce même fauteuil près du lit où madame Hudson s'était assise plus tôt dans la soirée et prit Aurore sur ses genoux qui, aussitôt, se blottit dans ses bras.
Mycroft avait de nouveau fermé les yeux. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas affronter le regard du policier. Lire l'horreur et peut-être même le mépris dans ses yeux alors qu'il raconterait ce qu'il cachait depuis tant d'années. Car raconter ce qu'avait été son enfance, c'était raconter sa soumission, son déshonneur... sa honte. Oui, il en était certain, Gregory Lestrade allait le mépriser.
- Ce que je vais vous raconter, Gregory, peu de personnes ne le savent. Même madame Hudson qui fut ma nurse durant les douze premières années de ma vie, qui m'a élevée depuis ma naissance, ne sait rien de ce que mon père m'a fait subir. Mon Dieu, j'espère qu'elle ne sait rien. Anthea, elle, le sait.
- Anthea ? Votre assistante ? s'étonna Greg. J'ai bien remarquer qu'elle semblait avoir beaucoup d'affection pour vous, qu'elle était très protectrice avec vous, sans doute un peu trop pour une simple assistante. Est-ce qu'elle ne serait pas...
- Amoureuse ? Il faudrait pour cela qu'elle soit attirée par les hommes. Non, le lien que nous partageons est... Elle vous a parler, n'est-ce pas ? Que vous a-t-elle dit ? Que nous sommes simplement des amis d'enfance ? Que nos mères sont simplement amies ?
- Elles sont soeurs, n'est-ce pas ? Bien sûr, en y réfléchissant, ce n'est que trop évident. Votre Anthea, ou Annie comme vous l'appelez-tous, ressemble à Sherlock comme une soeur... ou comme une cousine.
- Mon petit frère avait tort, inspecteur. Vous avez une intuition redoutable. Oui, nous sommes cousins et... et nous avons tous les trois été victimes de la violence de mon père.
- Quoi ? Elle aussi ?
Mycroft hocha la tête sans un mot. Mais la douleur qui se peignait sur son visage, mais les larmes qui ne nouveau coulaient de ses yeux parlaient pour lui.
- J'ai longtemps pensé que mon père avait vendu son âme au Diable, dit Mycroft. Et, après tout, c'était peut-être vrai. Mais pour nous, les enfants, le Diable c'était lui et l'Enfer, ce fut la maison où nous avons grandi. Elle était belle pourtant, elle aurait dut être l'endroit idéal pour grandir - c'était un joli château dans un parc magnifique - mais elle était isolé en pleine campagne, loin de tout. Un endroit où tout pouvait arriver, où le pire est arrivé. Et personne pour nous protéger. Père y était le roi et régna comme un dictateur.
- Et votre mère ? demanda Greg. Vous n'en parlez pas. Elle n'a rien fait pour vous protéger ? Elle ne s'est donc jamais rendu compte de rien ?
- Il faut avoir vécu sous un règne tyrannique pour comprendre ce que fut notre vie sous la dictature de Sieger Holmes... Oh, bien sûr, mère savait tout ce que père me faisait subir. Mais... Ah, pauvre mère ! Mère n'était rien, elle n'avait pas plus de droit que nous. Il la considérait comme une enfant et la traitait comme telle. Et dans un sens, c'était vrai, elle était encore une enfant. Elle n'avait que quinze ans lorsque père l'a épousée et à peine seize ans lorsque je suis né. Longtemps, je l'ai plus considérée comme une soeur aînée que comme ma mère. Elle n'a jamais vraiment réussie à s'imposer. Vous imaginez bien que dans de telles conditions ce ne fut pas un mariage d'amour, surtout pas lorsqu'il s'agit d'un homme de trente ans et une gamine de quinze ans. En réalité, il a surtout fait l'acquisition d'un ventre pour transmettre ses gènes. Mère ne voulait pas l'épouser et dès le premier jour, ce ne fut pas un bon mariage. Tout cela à cause d'une décision de mon grand-père Vernet. Il était veuf - ma grand-mère était décédée en donnant naissance à Rebecca -, n'avait pas de fils et voulait qu'au moins une de ses filles fasse un beau mariage. Mais surtout que l'argent ne sorte pas de la famille. Mon père n'avait pas la moindre fortune, mais il était comte de Kilnalock et surtout, c'était un cousin. Il aurait dut épouser Esther qui était l'aînée, ce qui aurait été normal puisqu'ils étaient plus rapprochés en âge mais elle avait bien trop de caractère. Et donc impossible à dominer. Il préféra Elisabeth qui pourtant, à quinze ans, n'était encore qu'une enfant. Grand-père n'a jamais sut les conséquences qu'aurait sa décision. Il est mort bien avant le mariage mais un contrat avait été établi devant un notaire, un acte officiel reconnu valide par la Loi et il n'y avait plus moyen d'aller en arrière. Lorsqu'il est mort, Esther n'avait que dix-sept ans, Elisabeth treize ans et Rebecca six ans. Père fut désigné leur tuteur, il eut un contrôle total sur leur vie et bien avant d'avoir épousé mère il avait commencé son règne de tyrannie.
" J'ai longtemps ignoré quelles furent les conséquences de ma naissance. Si j'étais né fille, mère aurait eut d'autres enfants. Mais je suis né garçon et cela suffisait à père qui ne désirait qu'un fils pour continuer son nom. On a parler d'une infection post-natale qui l'avait rendue stérile, mais père avait fait en sorte que son épouse naît plus jamais d'enfants. Il lui avait fait ligaturer les trompes sitôt après son accouchement et elle n'avait que seize ans. Elle n'était pas encore adulte et elle ne serait plus jamais mère. Et elle ne fut jamais ma mère, mon père veilla à cela. Je fut d'abord mis en nourrice puis mon éducation fut confiée à la nurse qui avait élevé ma mère et mes deux tantes. Mère ne s'est jamais occupée de moi, n'en a jamais eut le droit.
" Sitôt que j'ai été conçu, père s'est désintéressé de sa toute jeune épouse. Il s'installa loin de la chambre conjugal, dans un appartement qu'il avait fait installé dans l'autre aile du château. Mère avait fait son devoir, elle n'avait plus d'intérêt pour lui. Ils n'eurent plus aucune relations sexuelles jusqu'à leur divorce, vingt ans plus tard. Et si mère ne le trompa jamais, qu'elle n'eut pas d'amant d'après ce que je sait, ce ne fut pas le cas de père. Alors que mère m'attendait et que son gros ventre était devenu pour lui un objet de répulsion, père... J'ignore si c'est à cette époque que s'est développée son attirance pour les enfants, mais le fait d'avoir quotidiennement une petite fille sous les yeux ne pouvait que l'exciter. Rebecca n'avait que huit ans lorsqu'il là... Et cela dura jusqu'à ce qu'elle ait douze ans. Et puis, trois ans plus tard... Enfin, vous savez ce qui s'est passé.
- Seigneur, murmura Greg. C'est effroyable, c'est vraiment effroyable. Ma pauvre Rebecca. Et vous, mon pauvre ami... Je regrette tellement que vous ayez été involontairement victime des bêtises de deux adolescents stupides.
- Allons, Gregory, vous savez aussi bien que moi que l'on ne peu pas lutter contre ses hormones quand on a quinze ans. Mais je crois surtout qu'elle cherchait surtout l'amour, la tendresse et que vous lui avez donné tout cela. Elle a été heureuse avec vous, j'en suis certain. Et ce fut sans doute la première fois de sa courte vie. Mais pour moi...
" La nuit où Sherlock est né, mon père m'a fait sortir de mon lit. Je ne savais pas ce qui m'attendait. J'ignorais que ce qui allait se passer était le début d'un cauchemar qui allait durer plusieurs années. Je l'avais souvent vu pris de boisson et je savais que dans ces moments-là il pouvait se montrer vraiment violent. Et cette nuit-là, il était particulièrement ivre. Une nuit où tout pouvait arriver. J'avais peur, si peur. Mon père me regardait d'un air si mauvais que cela n'augurait rien de bon. Il était devenu un être terrifiant et lorsqu'il m'attrapa par les cheveux pour me faire sortir de mon lit, je hurlai de terreur. Mon père ne m'avait jamais frappé mais cette nuit-là, il tenait à la main un martinet garni d'une trentaine de longues lanières de cuir et je sentais qu'il avait hâte de s'en servir. Il m'ordonna d'enlever mon pyjama et de me mettre à genoux par terre, les mains croisées derrière la nuque. Et comme je n'obéissais pas assez vite à son goût, il m'administra une telle paire de gifles qu'elle m'envoya valser au sol. Je me mis vite dans la position qu'il désirait. Alors il a levé le martinet et à commencer à me fouetter. Il m'a battu encore et encore et encore. Je ne sais pas combien de temps, ça à durer une éternité. Et à chaque fois que je perdais l'équilibre, que je tombais au sol sous les coups et la douleur, il me tirait par les cheveux pour me remettre à genoux et continuait à me frapper. J'ai pleuré, j'ai crié, je l'ai supplié mais il a continué à me fouetter. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, ce que j'avais bien pu faire et pourquoi il me traitait de cette façon. J'avais mal, si mal. Mon dos était couvert de dizaines longues zébrures horriblement douloureuses dont certaines saignaient. Lorsqu'il arrêta enfin, je croyais que cette punition que j'avais sans doute mérité était terminée et que j'allais pouvoir retourner dans mon lit, mais père me regarda en riant et me dit que ce n'était que le début des réjouissances. Il me dit des choses que je ne comprenais pas : que j'étais une pute et qu'il allait me montrer comment on traite les petites salopes dans mon genre. Je le vis ouvrir sa braguette et sortir son sexe qui me parut énorme. J'étais toujours à genoux devant lui et il m'ordonna de le prendre dans ma bouche, de le sucer. J'avais si mal, j'avais si peur qu'il recommence à me fouetter, que j'obéi tout de suite. Cette chose était vraiment énorme, bien trop grosse pour ma bouche d'enfant mais je devais savoir m'y prendre à l'entendre gémir avec autant de plaisir. Mais cela ne lui suffisait pas. Toujours me tirant par les cheveux pour me faire me relever, il me jeta contre le lit. J'ai pensé qu'il allait à nouveau me fouetter, mais non. Il m'ordonna de monter sur le lit et de me mettre à quatre pattes. Mes fesses étaient juste à la hauteur de son sexe en érection. J'ai bientôt senti cette chose raide, dure contre mon anus. Il m'avait attrapé aux hanches et soudain, il est entré en moi. Ce fut difficile, si difficile, mais il est entré en moi. Mon père m'a violé et ce fut horriblement douloureux. Sa queue était bien trop grosse pour mon petit cul de gosse, mais il est entré en moi de toute la longueur de son sexe. Il allait et venait en moi, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Dieu que j'ai eu mal. Ce fut douloureux, tellement douloureux. Et puis, soudain, ce fut terminé. Il éjacula en moi. Je senti mon sang et son sperme couler sur mes cuisses. Père m'ordonna d'aller prendre une douche et tandis qu'il me lavait lui-même pour effacer la moindre trace, il me menaça de m'écraser comme la petite merde que j'étais si je disais quoique ce soit. Puis il m'a laisser sans un mot de plus, sans même un regard. Alors j'ai couru jusqu'à ma chambre, j'ai remis mon pyjama et je me suis réfugié dans mon lit. J'ai pleuré. Oh, oui, j'ai pleuré. Pendant des heures.
" Mère et Nanny ne revinrent à la maison que dans l'après-midi. Elles ne se rendirent compte de rien. Je m'étais habillé et je me trouvais au salon en compagnie de père, le plus loin possible de père. J'avais encore peur, j'avais encore mal de tout ce qu'il m'avait fait durant la nuit. Mais il agissait comme si rien ne s'était passé. Il se contentait de me regarder durement de temps à autre pour que je me souvienne de ne rien dire. Seule Nanny, je crois, s'est doutée de quelque chose. Oui, en effet, elle s'est doutée de quelque chose puisqu'elle ne me demanda pas d'explications lorsque je lui dit que je voulais désormais faire seul ma toilette. Elle se contenta de me caresser les cheveux et de m'appeler son pauvre petit. Rien de plus, et c'était déjà beaucoup.
" Ce même jour, père déclara que j'étais désormais devenu trop âgé à presque sept ans pour rester aux mains des femmes, que j'avais besoin de plus d'autorité. Tout de suite, mère s'affola, dit que j'étais beaucoup trop jeune pour partir en pension. Mais père l'appela " oie stupide " comme il le faisait souvent et dit qu'il n'était pas question que je quitte la maison, pas pour le moment du moins. J'allais seulement emménager dans l'autre aile du château là où lui-même s'était installé des années plus tôt, à l'époque où mère était enceinte de moi. Cela faisait déjà quelques jours qu'il faisait préparer un appartement près du sien. J'aurais désormais une chambre plus grande ainsi qu'un salon particulier où me ferait étudier le précepteur qui allait bientôt arriver. Père avait décider que désormais je n'aurais plus besoin des soins d'une nurse et qu'il se chargerait lui-même de mon éducation. Je serai désormais seul en compagnie de père et d'un parfait inconnu la plupart du temps, isolé, sans protection. Et la nuit suivante, en effet, père commença à m'éduquer. Il vint me rejoindre dans ma nouvelle chambre. Il avait encore beaucoup bu. Il me fouetta et me viola à nouveau. Et puis la nuit d'après. Et puis toutes les nuits de la semaine qui suivie. C'était comme un cauchemar. J'avais honte, tellement honte. Je me sentais sale, si sale et je ne pouvais rien dire. Ce n'était plus mon père, je ne pouvais plus le considérer comme mon père. C'était mon bourreau. J'étais en Enfer. Oui, toutes les années de mon enfance, je les aient vécu en Enfer.
" Je ne pouvais en parler à personne. Père avait mis en place un plan savamment hourdi pour me prendre dans sa toile d'araignée. Il avait réussi à m'isoler loin de toute protection. Loin de mère qui, de toute façon craignait bien trop père pour faire quoique ce soit. Mais surtout loin de Nanny, loin de ses baisers, de ses câlins. Père avait dit que j'étais un grand garçon maintenant, que je n'avais plus besoin d'une nurse. Et, de toute façon, Nanny aurait bientôt beaucoup trop de travail pour avoir encore le temps de s'occuper de moi.
" Un bébé allait bientôt arriver à la maison. Je ne comprenais pas. Rebecca n'était pas revenue à la maison. On avait dit que son bébé était mort et qu'elle-même était très malade. Je ne comprenais pas. Je savais que mère ne pouvais plus avoir d'enfant. Alors, qui était ce bébé ? Et puis, deux mois plus tard, Nanny s'absenta et revint quelques jours plus tard avec un tout petit bébé. On me dit qu'il n'avait plus de parents, qu'il avait été abandonné et que, désormais, il serait mon petit frère. On l'appela Sherlock. Je l'ai accepté tout de suite. Je n'étais plus seul, j'avais quelqu'un à aimer, quelqu'un de plus petit que moi à protéger. Mais, très vite, je compris qu'on m'avait menti. Le bébé grandissait et je remarquais ses boucles noires, ses yeux bleus, sa peau pâle. Il ressemblait à Rebecca. S'était le bébé mort de ma tante Rebecca, j'en était certain. Ainsi, mon petit frère était aussi mon cousin ? Mais où était Rebecca ? Pourquoi n'était-elle pas revenue pour s'occuper de son bébé ? Je voulais savoir, je posais des questions. Mais on me dit que non, que je me trompais. Que le bébé de Rebecca était bien mort et que Rebecca ne reviendrait plus à la maison. On me dit qu'elle était malade, qu'elle était partie se reposer quelque part et pour très longtemps. Et puis un jour, on me dit qu'il y avait eu un accident et que Rebecca était morte. On me dit que Sherlock était mon petit frère et pas autre chose. On me dit que si je parlais à nouveau de tout cela je serais sévèrement puni et que je m'en souviendrais longtemps. Dès ce jour, je n'eus plus confiance en personne. Il n'y eut plus que Sherlock et moi contre le reste du monde jusqu'à ce que... Jusqu'à ce que le trahisse.
Tour le temps de son récit, Mycroft avait fermé les yeux mais il avait pu sentir le regard horrifié de Greg. Le visage livide. Le policier pouvait sentir une impression de dégoût monter dans sa gorge. Il avait resserrer son étreinte autour d'Aurore qui s'était blottie dans ses bras. La petite fille tremblait, pleurait et ne disait rien. Elle songeait. Se disait que ni elle ni Sherlock n'avaient été les seuls à subir les violences du Maître. Que pour Mycroft aussi son père avait été le Maître et le Maître était son père.
Mais le récit n'était pas terminé :
- J'étais entre les mains de père depuis une semaine lorsque mon nouveau précepteur arriva et je compris vite qu'il serait pour moi un tyran. Père lui avait dit que je devais rester dans cette partie de la maison où il m'avait installé tant qu'il n'aurait pas donner l'ordre contraire. Mr Whessley (c'était le nom de mon précepteur) obéi aux ordres de père avec la plus grande exactitude. Il entreprit très vite mon éducation et se montra tout de suite sévère et exigeant, me punissant durement si je ne lui donnait pas satisfaction. Dès le jour de son arrivée, père mis son autorité à l'épreuve. Il lui fournit une longue baguette de buis et lui ordonna de me fouetter. Ce fut pour moi particulièrement humiliant. Je dus baisser mon pantalon puis mon caleçon et montrer mes fesses nues a un parfait inconnu. Puis vinrent les cris et les larmes. Allongé sur mon lit, je fus flagellé sans aucune pitié. Mr Whessley me fouetta tant que père n'en donna pas l'ordre contraire. Mon supplice dura en tout dix minutes. Puis père déclara qu'il était satisfait et qu'il devrait en être désormais ainsi. Quelque soit mon comportement, je devrais être fouetté une fois par semaine.
" Mr Whessley ne manqua jamais d'appliquer les ordres de père avec la grande exactitude et mettait beaucoup de coeur a son ouvrage. Il y avait toujours à porter sa main une dizaine de baguettes de buis trempant dans un mélange de citron et de vinaigre. Celui qui n'en a jamais fait l'expérience, ne peut pas savoir à quel point une telle épreuve peut être douloureuse. Et bien au-delà de toute douleur. Lorsque le citron et le vinaigre pénètre vos écorchures, c'est... c'est la plus effroyable des tortures.
" Père continua lui-même à m'éduquer. Dès le moment où je me suis retrouvé sous son autorité, je n'ai pas eu un instant de tranquillité. Après la première semaine, il y eu eut une autre et une autre encore. Puis un mois, puis six mois. Presque chaque nuit, père me rejoignait dans ma chambre. Presque chaque nuit, il me fouettait et me violait. J'espérais qu'il finirai par en avoir assez de moi et qu'il me laisserai finalement mais à tout moment, il me faisait comprendre que je lui appartenait.
" Au bout d'un an, il considéra sans doute que je lui était suffisamment soumis et me fouetta un peu moins mais il continua toujours à abuser de moi. Jamais dans la journée, toujours la nuit. Trois fois, quatre fois par semaine. Ma vie était devenue un cauchemar éveillé. J'avais honte, tellement honte. J'étais persuadé que tout le monde savait. Père n'était pas très discret, il se montrait trop tendre envers moi alors que chacun savait que ce n'était pas dans son caractère. Cela, bien sûr, lorsque nous étions en public. Pour chacun, nous étions père et fils. Et rien d'autre. Mais en privé... Lorsque nous étions seuls, il était loin d'être tendre. Il me disait souvent que nous étions amants mais il se comportait envers moi comme un tortionnaire. Je n'ai jamais été l'amant de mon père. Jamais. Juste la victime de ses pulsions pédophiles.
" Cela a duré jusqu'à ce que j'ai douze ans, jusqu'à ce que je soit devenu trop vieux pour lui servir d'objet de plaisir. Mais durant cinq ans, je dû me soumettre à tous ses désirs. Il ne cessa de me tourmenter. La nuit, alors que toute la maison dormait, il venait dans ma chambre et me faisait subir ses perversités. Il me baisait sur mon lit, m'embrassait, me caressait, me sodomisait. Et tandis qu'il me sautait, il me disait des choses, des choses... C'était tellement... obscène. Il disait que j'étais une bonne petite pute, une chienne à qui il fallait de vrais mâles, que je suçais comme une vraie reine. De gentilles choses, n'est-ce pas ? De jolies choses à dire a son fils.
" Et puis le 20 décembre 1986, il y eut l'affaire de l'ours en peluche. Vous savez tout comme moi ce qui s'est passé, Gregory. Vous étiez-là. Vous avez trouvé Sherlock mais vous ne savez pas tout. Vous ne savez pas la suite, vous ne savez pas ce que tout cela à provoquer. Toutes les horreurs qui ont suivi. Tout est de ma faute. Oui, c'est de ma faute si mon petit frère est tombé entre les pattes de ce monstre... Il y avait tant de monde ce jour-là chez Horrods. Je tenais la main de Sherlock tandis que nous suivions mère et tante Esther lorsque quelqu'un nous a bousculé. Tout s'est passé en quelques secondes. Sherlock avait disparu, emporté par la foule. Lorsque mère s'en est aperçue, jamais je ne l'avait vue dans un tel état de de panique. " Mais qu'est-ce que Monsieur va dire ? " gémit-elle. C'est toujours ainsi qu'elle appelait père. Et tante Esther. Oh, mon Dieu, la paire de gifles qu'elle m'a administré. Mais Sherlock a finalement été retrouvé - non Gregory, ce n'est pas mère qui a gondé Sherlock à ce moment, c'est tante Esther - et l'histoire a été vite oubliée. C'est du moins ce que j'ai cru sur le moment mais je ne sais pas comment tout cela en est venu aux oreilles de père. Vous ne pouvez pas imaginer sa fureur. Nous avions osé provoqué un scandale, nous avions fait parlé de nous. Heureusement, père n'a jamais sut que c'est vous qui avez retrouvé Sherlock et que vous ne vous êtes pas rendu compte de qui il était pour vous. Mère, sur le moment, a parlé d'une réaction excessive... Excessive ! Tout était de ma faute, bien sûr, alors je devait être puni. Publiquement. Lorsque nous sommes revenu à la maison, alors que toute la famille était réunie au salon - tante Esther et oncle Jeremy étaient la avec Sebastian, Miranda et bébé Annie -, il m'a fait mettre à genoux. Il avait été prendre un fouet aux écuries, l'un de ces longs fouets qui servent à guider les chevaux d'attelage et il m'a fouetter avec. Ma chemise a été vite déchirée et trempée de sang. Il m'a fouetter jusqu'à ce que je tombe au sol, sans connaissance. Lorsque je suis enfin revenu à moi de longues heures plus tard, j'étais dans mon lit et Nanny était près de moi. Elle me soignait, on n'avait même pas jugé nécessaire d'appeler un médecin. Elle me dit qu'elle resterait auprès de moi toute la nuit mais le lendemain... le lendemain...
Mycroft ne put continuer. Le visage enfoui dans ses mains, il éclata en sanglots. Aurore glissa des genoux de Greg et venant s'asseoir au bord du lit, elle prit Mycroft entre ses bras d'enfant. Le serrant contre elle, elle le consola comme elle put. Ce ne fut que de longues minutes plus tard qu'il se calma enfin et, les mains serrées dans celles de la petite fille, il put continuer son récit.
- Le lendemain, Nanny est partie. Elle est partie pour toujours et j'ignorais qu'il se passerait tant d'années avant que je ne la revois à nouveau. Père l'avait renvoyée. Cela faisait vingt ans qu'elle était entrée dans la famille Vernet alors que Rebecca n'était qu'un bébé, cela faisait douze ans qu'elle s'occupait de nous, Sherlock et moi, et père l'avait renvoyée. Il lui avait dit que là où il allait m'envoyer je n'aurais désormais plus besoin d'une nurse et que, désormais, il s'occuperait lui-même de l'éducation de Sherlock. Pauvre petit Sherlock ! Il n'y aurait désormais plus personne pour le protéger. Pas même mère qui n'osait jamais aller contre les ordres de père. Pas même moi.
" Les fêtes de fin d'années se sont déroulées comme d'habitude. Pas pour moi. Père avait décidé d'aller au bout de la punition. Pour moi, cette année-là, il n'y eut ni repas de famille ni cadeaux. Les fêtes de fin d'année, je les aient passées enfermé dans ma chambre. Il est vrai que la correction que j'avais reçu avait été si sévère que je n'ai pas pu me lever durant plusieurs jours et j'ai ignoré ce qui était arrivé à Sherlock. Que mon petit frère avait été puni lui aussi et encore plus durement que moi. Cela je ne l'ai appris que de longs mois plus tard de la bouche même d'un petit Sherlock en larmes qui me lança en plein visage que je l'avait abandonné et qu'il me détestait. Il ne restait plus rien du petit garçon effronté, turbulent et heureux de vivre, rien qu'un enfant timide, fragile et qu'il était si facile de faire pleurer. Un enfant traumatisé. Ce n'était que trop évident, cet adorable gosse était devenu le nouveau jouet de père et il n'avait que cinq ans.
" Et moi, je n'étais pas là pour le protéger. Père le savait très bien, j'étais trop proche de mon petit frère et ma seule présence assurait sa sécurité. Tant que j'étais là pour satisfaire les désirs de père, Sherlock était protégé de ses pulsions mais Sherlock commençait à sérieusement l'exciter. Il lui fallait absolument m'éloigner s'il voulait mener ses répugnants projets à bien. Je devais partir. Déjà, le départ de Nanny avait été un signe et je crois que la dispute qui avait provoquée son renvoi avait été intentionnelle. Il savait très bien qu'elle ne supporterait pas le traitement cruel qu'il nous avait infligé. Nous étions ses " enfants ", nous avions besoin d'elle, nous avions tellement besoin d'elle. Et il l'a obligé à partir.
" Tout est arrié par ma faute. Oui, c'est vrai, il avait raison mon petit frère de dire que je l'avais abandonné. J'ai lâcher sa main et il avait toute les raisons de me détester. Tout est arrivé par ma faute.
Mycroft était arrivé au bout de son récit. Le corps épuisé par ces horribles souvenirs qu'il avait gardé en lui durant tant d'années et qu'il avait enfin osé raconter, il ouvrit ses yeux humides de larmes, regarda Greg avec un regard suppliant qui semblait dire " ne me méprisez pas" et reçut en réponse un regard emplit d'une réelle compassion.
- Ne vous reprochez rien, mon ami, lui dit Greg d'une voix douce. Vous n'étiez qu'un enfant, vous n'aviez pas vraiment le choix. Et je suis certain que Sherlock l'aurait très bien compris s'il n'avait pas été si jeune.
