Bonjour tout le monde, oui vous ne rêvez pas ceci est bien le chapitre 21 de Lost Justice. J'étais en train de me dire hier que ça commençait à dater la dernière fois que j'ai publié sur cette fiction... enfin bref, voici le chapitre qui j'espère vous plaira!

Je tiens spécialement à remercier Lirayn pour avoir commenté de nombreux chapitres, et m'avoir reboostée à reprendre en main cette fiction, ainsi qu'Etora qui aura la réponse à sa question dans ce chapitre, huhu !

Sur ce, je vous laisse profiter et vous souhaite une très bonne lecture, bye ! :3


Lost Justice

Chapitre 21 – L'oiseau de mauvaise augure


Finalement, Big Al avait acheté des chevaux avec le peu d'argent qui lui restait. Shinji aurait préféré marcher à pied, mais l'ancien soldat lui avait jeté les rênes à la figure. Il ne lui avait donc pas vraiment laissé le choix, enfin, au moins il n'avait pas payé le canasson. C'est ainsi qu'à ses côtés, Rin se démenant à maîtriser la bête sous ses pieds, les nouveaux acolytes du chanteur ambulant prirent la direction de l'endroit où vivait maintenant Len Kagamine, ancien capitaine de l'armée du redoutable et puissant Kamui Gakupo.

Après les indications de Big Al envers Rin pour qu'elle tienne correctement les rênes de son cheval et cesse de gigoter dans tous les sens, Rin reporta son attention sur Shinji bien qu'elle n'était pas tout à fait rassurée. Elle n'était jamais montée sur un cheval de sa vie. Son frère avait toujours peur qu'elle se blesse à cause d'une chute. Mais finalement, c'était agréable de sentir le vent sur le visage.

« Et donc, vous allez me dire pourquoi Leon a menti à notre Seigneur ? » Répéta une nouvelle fois Rin, puisqu'auparavant les deux garçons s'étaient tus.

Mais à dire vrai, Shinji attendait que ce soit Big Al qui dévoilent cette partie de la vérité. Car après tout, il avait été présent aux moments capitaux de cette triste histoire. Par sa position dans le village de Luka et son incapacité à revenir dans sa ville natale, même juste pour voir sa sœur, Len n'avait pu suivre et donc lui dire ce qu'il s'était réellement passé avant ses retrouvailles avec Leon. Alors qu'à l'inverse, Big Al le pouvait. Mais étrangement, l'ancien capitaine de l'armée ne semblait pas désireux de l'ouvrir pour une fois. Il abaissait même ses yeux, encore cette fois-ci d'ailleurs.

Aurait-il honte ?

« Len n'a pas pu tout me dire, car il n'était pas sur les lieux lorsque ça s'est passé. » Confia-t-il pour ensuite se tourner en direction de Big Al et le regarder avec insistance, maintenant qu'il avait retiré ses bandages.

Par ailleurs, Shinji parvint à entendre le grincement des dents de Big Al qui fusilla du regard l'herbe à quelques mètres de lui. Un sourire vint s'étirer sur le visage de l'assassin, appréciant pouvoir mettre ainsi mal à l'aise l'ancien soldat qui aussi était un ennemi. De son côté, Rin sollicita Big Al pour qu'il passe aux aveux et parvint ainsi à le faire céder. Bien que contre sa volonté, d'où l'énervement présent dans sa voix.

« Qu'importe la raison qu'il avait pour nous avoir trahi, l'essentiel maintenant est qu'il soit mort ! Cet homme du village de Megurine Luka a bien fait son travail, grinça-t-il en serrant davantage ses rênes dans le creux de ses mains.

— Cet homme ? Le reprit alors Rin.

— Oui, en effet. Ce n'est pas Len qui a mis à mort Leon, mais Luki. » Poursuivit naturellement Shinji, comme s'il parlait du beau temps.

Pour seule réponse qui en soit n'en n'était pas une, Rin entrouvrit la bouche sans pouvoir prononcer le moindre son et agrandit les yeux. Son cheval finit par s'arrêter par les pressions qu'il avait ressenti sur son mord, à cause du resserrement des mains de sa cavalière sur les rênes. Un silence s'installa alors, faisant se retourner Shinji.

« Mais la guerre a éclaté au royaume de l'Est, non ? » S'enquit Rin d'une voix incertaine.

Shinji sourit immédiatement de toutes ses dents et de sa gorge sortit un ricanement qui ne disait rien qui vaille. Mais avant que Rin ne pose davantage de question, Shinji talonna sa monture qui partit instantanément au trot, poussant les deux autres à le suivre pour ne pas être laissés derrière. C'est ainsi que toujours plus loin, Rin et ses accompagnateurs relatèrent des faits qui avaient bouleversé de nombreux pays mais aussi de nombreuses vies.

Pour le bien, mais aussi pour le mal. Et malheureusement, tous ne s'en étaient pas sortis.

Len l'aimait.

Etait-ce vraiment possible ? Kaito n'en savait rien et supposait alors différentes hypothèses et la plus plausible était celle que dans le feu de l'action Len ne savait plus ce qu'il disait. Un soupir remplit subitement la cave à vins où il avait trouvé refuge. C'était lamentable à exécuter mais maintenant, mieux valait qu'il croise le moins possible Len. Il avait quel âge au juste ?

Kaito décala son visage de sorte que son profil s'appuya contre ses bras croisés sur la table où il avait trouvé refuge. Peu de personnes venaient dans cette pièce, hormis lui et Meiko voire même parfois Haku. Et connaissant Len, Kaito savait que le jeune homme n'oserait pas entrer sans permission dans un espace qu'il ne connaissait pas. Ainsi, pour l'instant, Kaito se savait en sécurité. Ou plutôt, il pouvait continuer à se comporter comme le pire des lâches. Regardant alors le mur à sa gauche où se trouvait des étagères remplies de bouteilles pleines, Kaito se demanda comme ils avaient pu en arriver là.

Tout avait commencé avec le Seigneur de Len qui lui avait demandé de conquérir l'armée de Luka, puis l'attitude de la petite Yuki en ramenant le soldat ennemi blessé dans l'église pour qu'ils le sauvent. Tout avait démarré avec peu de choses, comme de minuscules grains de sable qui à force de s'accumuler et augmenter en volume se transforment en dunes. Et mine de rien, ce serait mentir de dire qu'il ne ressentait pas un léger attachement pour le blondinet.

Mais il ne devait pas perdre ses objectifs de vue.

A ce rappel silencieux, des images surgirent des tréfonds de sa mémoire et Kaito finit par se redresser. Il ne pouvait pas rester indéfiniment dans cette pièce. Mais alors que le bleuté se donnait toutes les motivations nécessaires pour se lever et remonter les marches pour revenir dans l'église même, quelqu'un vint toquer contre la porte au bout de l'escalier, faisant sursauter le prêtre qui finit par tomber à la renverse et se cacher derrière la table.

« Haku m'a prévenu que tu serais ici, tu fuis tes devoirs de prêtre pour t'enivrer ? »

Kaito soupira de soulagement en reconnaissant la voix de Meiko et se releva alors pour ensuite contourner la table et se rasseoir à sa place. La jeune femme vint le rejoindre après avoir attrapé une bouteille qu'elle entama rapidement sans en proposer une goutte à son ami d'enfance. Meiko constata rapidement dans quel état se trouvait Kaito et posa le cul de la bouteille contre la table après en avoir bu une longue gorgée.

« Len se demande où tu as pu passer, tu es en train de le fuir ? »

Lui qui pour l'instant fuyait le regard de la brune, Kaito fut obligé de porter son attention sur Meiko dont les traits étaient sérieux. Il ne fut alors pas compliqué de comprendre que Meiko n'était pas d'accord avec son attitude et que le fait de fuir la situation présente n'était pas gratifiante. Mais à ce qu'il sache, jamais il n'avait revendiqué être le héros du siècle ni même le grand sauveur de tous les temps. Il était un homme tout à fait normal avec ses craintes et ses limites.

« Enfin mis à part ça, j'ai croisé Gumi en court de route. Elle te cherchait aussi, confia Meiko en buvant une nouvelle gorgée.

— Gumi ? S'étonna Kaito qui n'avait plus entendu ce nom depuis un bon moment maintenant.

— Oui, elle aurait des informations pour toi. Elle m'en a fait part, mais mieux vaut que tu les entendes de sa bouche. »

Il n'en fallut pas plus pour donner la force nécessaire à Kaito pour se relever et monter par quatre les marches de l'escalier pour ensuite pousser la porte en bois et se retrouver à l'extérieur sans même penser à demander à Meiko où elle avait trouvé la jeune femme. Restant quant à elle dans la cave à vins, Meiko s'autorisa un petit temps libre et surtout agréable. Depuis qu'elle accompagnait Len dans leurs missions, Luki se rajoutant par moment, sa consommation d'alcool avait diminué. Mais ça ne l'empêchait pas d'en boire de temps en temps.

Ainsi pendant que Meiko continuait de boire sa bouteille de vin seule dans la cave, Kaito partit à la recherche de Gumi tandis que celle-ci flânait dans les rues qu'elle n'avait pas vues depuis un moment. De nouvelles habitations avaient été créées, de nouveaux visages apparaissaient et l'atmosphère dans ce village était tout à fait différente de celle des autres que la jeune femme avait parcourus durant son périple. Un doux sourire fleurit sur son visage rayonnant lorsqu'elle distingua une tignasse blonde connue. Pressant soudainement le pas, Gumi rejoignit ce garçon qui lui montrait son dos imprudemment.

Sans résister à la tentation, Gumi fit rencontrer brutalement le creux de ses mains avec les épaules de Len qui sursauta immédiatement en bondissant vers l'avant. Il lâcha ce qu'il détenait entre les mains, soit une caisse en bois qui claqua contre le sol et où les multiples fruits et légumes auparavant contenus par les morceaux de bois assemblés les uns contre les autres roulaient maintenant contre le sol. Virevoltant ensuite sur lui-même pour identifier son agresseur, Len en perdit toutefois ses mots lorsqu'il tomba nez à nez avec Gumi qui avait levé une de ses mains vers le ciel en signe d'excuse.

« Que fais-tu ici ? S'enquit-il ahurit.

— Bonjour Len, moi aussi je suis très heureuse de te revoir. Tu vas bien ? » Se moqua le verdâtre.

Len agita alors durant en bref instant son visage de droite à gauche comme pour se remettre les idées en place, reportant ensuite son attention sur Gumi qui lui souriait gentiment. Elle l'aida après à ramasser les fruits et légumes qui étaient tombés et ils partirent s'asseoir quelque part afin de discuter calmement. Cela devait faire des années qu'ils ne s'étaient pas parlé.

« J'ai appris pour ton grade, ça va ? S'intéressa Gumi d'une voix sincèrement inquiète.

— Disons que maintenant j'ai à faire ici, mais ça n'a pas été facile, soupira Len en affaissant ses épaules.

— Que Luka t'ait accepté dans son village est fantastique ! Je ne pensais pas qu'elle avait un si bon cœur.

— Son frère a failli me tuer et ait toujours prêt à le faire, confessa toutefois Len en regardant autour de lui comme pour s'assurer que Luki ne se trouverait pas dans les parages.

— Ah ça… personne ne changera Luki. »

Gumi se mit alors à rire, faisant ainsi froncer les sourcils de Len qui se demanda jusqu'à quel point la jeune femme pouvait connaître le rosé. Par son air intéressé, Gumi n'attendit pas que Len lui pose la question pour prendre les devants et y répondre toute seule.

« Tu sais, Luka n'a pas créé ce village sur un coup de tête. Elle a même été contrainte à le mettre en place. Mais heureusement c'est une femme de caractère qui sait ce qu'elle veut et ne démord pas un seul instant sur ce qui lui tient à cœur. Si Luki est comme ça, il a aussi ses raisons.

— Luka a été contrainte par quoi ? » Reprit Len extrêmement surpris.

Il n'arrivait pas à saisir le sens des révélations de Gumi. En quoi Luka avait été contrainte pour créer ce village où tous les criminels pouvaient s'y loger avec l'autorisation de la rosée, du moment qu'ils ne faisaient pas de mal aux habitants et n'attiraient pas de problèmes avec les autorités des autres contrées. Len avait beau essayer d'y trouver une raison, rien ne lui venait à l'esprit.

« C'est une vieille histoire que tu n'as pas intérêt à relater à Luka, et encore moins à Luki. »

Len fronça davantage ses sourcils au conseil de Gumi qui ne livra rien d'autre. C'était comme dire à quelqu'un de ne pas se retourner, ce dernier se retournant obligatoirement. Sa curiosité était piquée à vif. Ce sujet qui semblait si sensible envers la famille Megurine intéressait dorénavant Len qui se demandait déjà qui il pouvait bien interroger pour obtenir les réponses à ses questions. Miku saurait-elle ? Sûrement. Mais la question était est-ce qu'elle voudrait bien lui répondre.

Et puis, Len n'eut pas vraiment le temps de reposer des questions à son amie. Quelqu'un hélait justement le prénom de la verdâtre qui sauta sur ses pieds, agitant gaiement son bras dans les airs tandis que Kaito terminait sa course pour la rejoindre. Voir soudainement le bleuté surprit Len qui en perdit son souffle. Il l'avait tant cherché sans pour autant parvenir à lui mettre la main dessus et soudain Kaito arrivait comme une fleur en face de lui ? De par sa surprise, Len n'entendit pas vraiment la conversation de Gumi et Kaito. Il remarqua simplement le visage étonné du bleuté après que ce dernier se soit penché après que Gumi l'ait averti de la présence du blond derrière elle.

Mentalement, Kaito se frappa le crâne. Il avait tant cherché à fuir Len et il accourait comme un idiot pour se trouver en face de lui. Un sourire mal à l'aise s'étira alors sur ses lèvres et il attrapa rapidement l'épaule de la jeune femme pour l'emmener avec lui. Et puis de toute façon, les choses qu'avaient à lui dire Gumi ne pouvait pas être dites ici-même dans une ruelle.

« Ça m'a fait plaisir de te revoir, Len. Continue de faire de ton mieux, bye ! »

Gumi cessa de suivre Kaito un instant afin de saluer son ami qui acquiesça simplement, un pauvre sourire au coin de ses lèvres. L'emprise de Kaito sur l'épaule de la verdâtre se renforça par la suite et emmena donc son amie dans un coin tranquille qu'il savait peu fréquenté. Comme Gumi n'aimait pas vraiment rester dans une pièce, Kaito avait donc choisi cet endroit remplit de verdure et où il était bien sûr possible de s'asseoir. Dans les arbres, le chant des oiseaux étaient perceptibles. Quelques-uns venaient même se baigner dans la petite fontaine décorant les alentours.

« Alors, de quoi voulais-tu me parler ? Commença-t-il d'une voix qui se fit beaucoup plus grave qu'à l'accoutumée, montrant ainsi son sérieux pour la conversation à venir.

— L'ennemi se rapproche de plus en plus, il va sûrement lancer l'offensive sous peu. Je suis passé voir un ami avant de te rejoindre, il doit prévenir le Seigneur Gakupo des méthodes qu'exerce l'ennemi. »

Par la question du bleuté, Gumi relata sa conversation avec Leon sur l'encerclement qu'était en train d'exercer les contrées adverses. L'ennemi se rapprochait doucement mais sûrement des pays dirigés par Gakupo, commençant ainsi à les prendre par tous les côtés. La jeune femme avait donc demandé à son ami de prévenir son Seigneur afin de pouvoir s'en tirer pendant qu'il en était encore temps. Kaito la remercia alors, lui demandant toutefois quelques informations supplémentaires avant de se relever en premier et se mettre en direction pour l'église.

« Attends, Kaito. »

L'appel soudain de Gumi le fit s'arrêter immédiatement, se retournant pour faire face à la verdâtre qui avait attrapé la manche de son bras. Ses yeux dévoilaient toute l'inquiétude qu'elle ressentait pour lui. Gumi hésita durant un instant à dire quelque chose. Elle savait par expérience que Kaito ne délivrait que trop peu ses sentiments, ses angoisses et tout ce qui pouvait l'atteindre, mais elle n'arrivait jamais à garder sa langue. Malgré tout, Kaito était pour elle un ami cher et elle n'aimait pas le voir ainsi.

« Depuis plusieurs années maintenant, les villageois me voient comme un oiseau de mauvais augure. Ils savent que je ne me pose pas quelque part sans raison, et de par mes voyages j'entends et vois énormément de choses. Parfois j'aimerai les oublier, mais ce n'est pas possible. Quand j'arrive dans un village, les regards se portent sur moi et si j'y faisais vraiment attention, je pourrais entendre les remarques des habitants. »

Ne comprenant pas où voulait en venir Gumi, Kaito commença à lui demander de s'expliquer. Cependant, Gumi enchaîna rapidement et lui coupa ainsi la parole.

« Alors s'il te plaît, comme tous ces oiseaux regroupés ensembles dans le feuillage des arbres, ne devient pas comme moi. Pose toi quelque part et ouvre-toi aux autres afin qu'il sache qui tu es vraiment. »

Cette fois-ci, les yeux de Kaito s'assombrirent vivement. Gumi lui demandait d'oublier ? Par son mouvement brusque, il obligea la jeune femme à lâcher son bras. Qu'est-ce qu'elle croyait ? Il avait essayé d'oublier, mais tout lui revenait en mémoire lorsqu'il avait le malheur de fermer les yeux. Toutes ces horreurs qu'il avait vécues, parfois en compagnie de Meiko, s'étaient maintenant ancrées en lui comme marquées au fer rouge.

De par son attitude tout à coup froide et menaçante, Gumi décida d'arrêter et baissa sa tête vers le sol. Quelques mèches de cheveux vinrent camoufler le haut de son visage et elle attrapa son autre main afin de se triturer un instant les doigts. Bien qu'elle ait décidé de ne plus insister, des mots fusèrent dans son esprit et l'envie de les faire partager à Kaito était presque incontrôlable.

Néanmoins cette fois-ci, ce fut Kaito qui la devança.

« Tu n'as pas à t'inquiéter Gumi, je gère très bien ma vie tout seul. Merci pour tes renseignements, fais attention à toi. »

Tout en étirant un sourire qui en disait long sur sa façon de penser, faisant ainsi comprendre à Gumi de ne plus aborder ce sujet avec lui, Kaito se détourna et rejoint rapidement sa chambre où il étala sur son bureau une carte représentant les différents pays et leurs frontières. Il étudia ainsi le morceau de papier et repéra la ville où résidait Gakupo, mais aussi le village natal de Len. Par les rapports de Gumi, les pays qui devaient entourer celui du Seigneur aux longs cheveux violets devaient être des points stratégiques, de sorte de prendre en étau celui de Gakupo.

Saisissant un stylo, Kaito commença à faire des encoches sur certains points représentants différents villages et villes ayant possiblement étaient attaqués par le pays de l'Est. Ce pays connu pour tout détruire sur son chemin simplement par plaisir de la guerre et du massacre. Aujourd'hui, le seul pays qui résistait vraiment face à celui de l'Est appartenait à Kamui Gakupo. Et c'était pour cette simple raison qu'une guerre allait bientôt éclater, afin de découvrir lequel était le plus fort. Pas même pour la raison d'étendre son territoire.

Se redressant, Kaito regarda d'un nouvel œil cette carte maintenant marquée par plusieurs croix. Le mieux serait de se rendre directement dans ces lieux et constater par ses propres yeux de l'avancée du pays de l'Est mais le problème se posait rapidement et Kaito y chercha une solution. Être prêtre l'empêchait de quitter l'église à sa guise. Et les congés n'étaient pas possibles.

Toutefois, il dut interrompre ses pensées à cause des coups donnés à sa porte. Teto apparue alors dans l'entrebâillement pour l'avertir que des personnes étaient venues pour s'adresser personnellement à lui, ou tout du moins pour expier leurs pêchés. Kaito rangea alors ses affaires dans son bureau fermé à clé avant de quitter sa chambre et se diriger dans le cœur de ce lieu de culte.

Il devait rapidement trouver une alternative.

A l'extérieur, Len continuait de se balader à la recherche d'un travail à faire. Ces derniers temps, les affiches sur les criminels recherchés se faisaient rares. Meiko ne voyait même plus la tête de Shinji placardée sur les murs, sûrement tout le monde le pensait-il mort suite aux derniers événements. Cela faisait intérieurement sourire Len qui connaissait la vérité Shinji avait simplement changé d'apparence. Il avait suivi son conseil.

Mais finalement, comme personne n'était venu demander son aide, Len avait fini par se rasseoir sur un banc et regardait le monde s'agiter autour de lui. Par moment il discutait avec l'armée et leur demandait des nouvelles sur les alentours, puis ces derniers repartaient pour leur ronde et Len se retrouvait seul. Un court instant aussi, il avait aperçu Miku faire les boutiques de vêtements. A un autre moment, c'était Lily et une sœur dont il ignorait le nom que Len croisa et ils discutèrent durant un bon moment avant qu'elles ne repartent pour rejoindre l'église et s'occuper des enfants.

« Tu n'en as pas assez de ne toujours rien faire ? »

La question posée fit redresser le visage de Len bien qu'il ait déjà reconnu son interlocuteur. Luki se présentait une nouvelle fois à lui et ne tarda pas à s'asseoir, montrant ainsi qu'il ne cherchait pas les hostilités. Et à vrai dire, maintenant et depuis quelques jours l'atmosphère qui les enveloppait n'était plus dérangeante. De jours en jours et devant son sérieux pour aider la population, Luki avait fini par comprendre qu'il ne désirait pas le malheur de ce village et le protégerait même si Luka le lui ordonnait et, surtout, le lui permettait.

« Pas plus que toi. Il ne doit pas vraiment y avoir d'animations ici, non ? Pourquoi faites-vous autant de rondes dans ce cas ? Demanda finalement Len après s'être fait la réflexion un jour.

— Car il nous est souvent arrivé de trouver des criminels se réfugiant dans les coins isolés, le temps de récupérer de leurs blessures et repartir ensuite. Certains ne se sont pas gênés à voler les marchands ou même à entrer dans les maisons et s'en prendre à des innocents. Nous vérifions simplement qu'aucun intrus n'est entré. Et puis ça nous permet d'être toujours en alerte, lui répondit-il calmement.

— C'est arrivé depuis que je suis arrivé ?

— Hm… pas assez pour que je l'ai retenu, mais en effet. Nous essayons de faire ça discrètement, afin de ne pas inquiéter la population. Alors peu de monde est mis au courant, même dans l'armée. »

Len acquiesça pour montrer qu'il avait compris, remerciant ensuite le rosé pour avoir répondu à ses questions. Puis tout à coup, sa conversation avec Gumi lui revint en mémoire. Il avait en sa présence le frère cadet de la famille Megurine, sûrement un acteur important de la raison qui avait poussé Luka à la création de ce village. Luki avait sûrement les réponses aux questions qu'il aimerait poser. Mais avait-il le droit de poser des questions qu'il savait indiscrètes ? Len était conscient du sujet délicat qu'il pourrait aborder, et puis Luki n'était pas le meilleur interlocuteur pour cela. Il avait mis longtemps avant de pouvoir discuter avec le rosé si calmement, sans qu'une pique ou deux soient lancées et que des menaces tombent comme des gouttes d'eaux. Et Len ne voulait pas détruire tous ces efforts par des questions mal placées.

Après tout, parfois il valait mieux se taire.

Puis, comme pour lui confirmer ce proverbe, Meiko cria leur nom de l'autre bout de la rue. Dans le creux de sa main qu'elle agitait dans les airs par des mouvements brusques, se trouvait une feuille. Elle termina sa course en mettant contre le visage de Len le bout de papier qu'elle avait attrapé en se promenant. Retirant l'affiche de son visage, Len vit comme depuis une éternité l'affiche représentant un criminel hautement recherché. En plus, ce n'était pas si éloigné que ça.

« Tu es partant, on peut y aller ? Se réjouit Meiko prête à partir dès maintenant, leurs chevaux étant gardé dans l'écurie de l'armée de Luka.

— Ça fait longtemps, bien sûr que je suis partant ! »

Tous deux se sourirent et Len sauta sur ses pieds tandis que Meiko décida de courir jusqu'à chez elle afin de préparer ses affaires avant de retrouver son cheval. Elle cria juste l'horaire de retrouvaille à Len avant de disparaître dans la foule. Terminant de ricaner face à l'empressement de la jeune femme, Len reporta son attention sur Luki à cause du regard insistant que ce dernier exerçait sur lui. Il semblait mourir d'envie de demander quelque chose.

« Tu veux peut-être nous accompagner ? » Proposa-t-il alors tout en souriant.

Une étincelle flagrante s'alluma dans les yeux bleus de Luki, faisant davantage sourire Len. Malgré tout ce qu'on pouvait dire sur le rosé, il était bien plus expressif qu'on ne pouvait le penser. Il fallait simplement y faire attention. Puis sans un mot, Luki s'éloigna pour le laisser seul. Len devina pourtant que le rosé faisait maintenant partie de l'équipe, l'ayant laissé afin de préparer ses propres affaires. Après tout, Meiko leur avait laissé peu de temps de préparation.

Len se mit donc en route vers l'église afin de préparer ses affaires et rejoindre Meiko à l'endroit habituel, soit l'entrée du village. Il savait que Meiko n'aurait rien contre la présence de Luki à leur côté, après tout le rosé les avait déjà accompagnés et il ne s'était rien passé de grave. Même parfois le rosé s'était révélé d'une précieux aide quand les criminels recherchés ramenaient leurs alliés. Gardant l'affiche en main, Len ouvrit les deux grandes portes de l'église afin de pouvoir rentrer et se mettre en direction de sa chambre.

Toutefois, une voix l'arrêta dans son projet. Son cœur manqua même de déraper lorsqu'il reconnut la voix de Kaito qui s'avançait maintenant pour le rejoindre. Le regard du bleuté traînait sur ce que détenait sa main, lui demandant alors des explications.

« Meiko a trouvé une affiche, je prends mes affaires et nous y allons. » L'avertit-il d'une voix légèrement tremblante.

Lui demandant ladite affiche, Kaito lut les informations données sur ce criminel. Ses yeux s'agrandirent à leur tour lorsqu'il discerna le dernier endroit qu'avait visité ce tueur en série. Ce village était l'un de ceux qu'il avait coché un peu plus tôt, étant maintenant sous l'emprise du pays de l'Est afin de pouvoir battre le Seigneur Gakupo.

Voilà une opportunité qui s'offrait à lui.

« Je peux vous accompagner, tu crois ? »

Len allait approuver la demande de Kaito par réflexe avant d'en prendre complètement conscience. Sa voix monta alors dans les aiguës et il s'étouffa avec sa salive, le faisant alors énormément toussé.

« Quoi ? S'écria-t-il, surpris.

— J'ai besoin de vacance et sortir du village ne me ferait pas de mal, et puis je sais me battre. »

Avoir besoin de vacance ? Len ne parvint pas à croire cette excuse. Et puis comment pouvait-on prendre des vacances en allant poursuivre des criminels recherchés ? La logique de Kaito était effrayante parfois. Mais là n'était pas le problème, Len ne savait pas s'il avait le droit d'autoriser Kaito à les accompagner. Est-ce que Meiko serait d'accord ? Luki n'avait jamais posé de problème, mais car il était un soldat et avait de l'expérience. Kaito était prêtre.

« Je… Je ne sais pas si Meiko sera pour, murmura-t-il mal à l'aise.

— Ne t'en fais pas, je saurais la convaincre. Vous vous rejoignez à quelle heure ?

— Dans moins d'une heure… »

Kaito ne tarda pas plus et rejoint sa propre chambre afin de changer ses vêtements pour d'autres plus pratiques. Toujours abasourdit par ce qui venait de se produire, Len resta un bon moment dans l'entrée de l'église sans savoir quoi faire. Il se remit néanmoins en route et sortit de son armoire l'épée que lui avait rendue Luka. Après l'avoir noué autour de sa taille et mit différents vêtements de rechange dans un sac, Len se dirigea vers la cuisine afin de mettre quelques vivres à l'intérieur.

Il fut le premier à sortir et attendit quelques instants avant de voir que Kaito n'arrivait toujours pas. Aurait-il changé d'avis ? Len se mit alors en direction de leur point de rendez-vous, sachant que Meiko serait allée chercher son cheval. Ce qui ne manqua pas et qui le fit par ailleurs sourire, prenant en main les rênes de son cheval tout en remerciant la jeune femme qui monta rapidement sur le sien. Luki avait été le premier à arriver et avait déjà grimpé sur l'équidé qu'il prenait lors des recherches à travers la forêt jonchant la ville, n'attendant maintenant plus que le feu vert pour partir. Mais car Len n'avait de cesse de regarder derrière lui sans être monté sur son cheval, il attira l'attention des deux autres.

« Tu attends quelqu'un ou quoi ? Le taquina Meiko.

— Kaito m'a dit qu'il nous rejoignait, mais je ne lui ai pas dit où nous nous rejoignions.

— Pardon ?! S'écria-t-elle à son tour.

— Kaito va venir avec nous ? Le reprit alors Luki, comme pour vérifier que son audition ne lui jouait pas des tours.

— C'est ce qu'il m'a dit, mais il n'est toujours pas là… »

Meiko et Luki se regardèrent un instant, la surprise se lisant dans leurs yeux. Comment une telle chose était-elle possible ? C'était bien connu dans le village que Kaito sortait peu. Et quelle excuse ce dernier pourrait donner face à son absence ? Il était le seul prêtre du village, personne ne pourrait le remplacer. Peut-être une sœur, mais jamais une telle chose ne s'était encore produite.

Puis comme pour confirmer les dires de Len et lui éviter de passer pour un fou, Kaito finit par apparaître. Sa tenue vestimentaire avait complètement changé portant maintenant un pantalon sombre après des bottes montant jusqu'à ses mollets et un gilet paraissant assez épais pour le couvrir suffisamment. Il était distinguable autour de sa taille le fourreau d'une épée que n'avait encore jamais vu Len. Depuis quand il en avait une ? Et surtout pourquoi ?

« Désolé pour le retard, Haku ne voulait pas me laisser partir, s'excusa-t-il après les avoir rejoint.

— Je peux savoir pourquoi tu te décides à nous accompagner maintenant ? Demanda sérieusement Meiko, croisant les bras contre sa poitrine armée par son armure rougeoyante.

— Comme ce que vous faites semble vous plaire, j'ai aussi envie d'essayer. Je commence à m'ennuyer dans l'église. Et puis comme ça, je peux savoir si tu ne fais pas de bêtise ou ne bois pas là où tu vas.

— Pour cela mon Père, il vous aurait au moins fallu un cheval. »

Le conseil de Luki tira Kaito de sa conversation avec son amie. Il remarqua toutefois que tout le monde avait bien un cheval. Mais alors son attention se porta sur Len qui n'était toujours pas monté dessus, à l'inverse des deux autres.

« Ce n'est pas grave, Len me permettra de monter avec lui, n'est-ce pas ? »

Mais à vrai dire, il ne laissa pas vraiment le choix à Len et monta le premier sur le cheval. Son attitude fit par ailleurs pester Luki qui commença à avancer pour sortir du village s'il avait su que ce crétin de Prêtre serait de la partie, il se serait abstenu. Mais maintenant c'était trop tard, sa sœur ainsi que ses collègues étaient prévenus de son absence et s'étaient arrangés de sorte à ne pas avoir besoin de lui pour les prochains jours.

« J'espère pour toi que tu ne t'es pas rouillé, le criminel que nous allons poursuivre n'est pas du bas de gamme, l'avertit Meiko en passant à côté de lui pour ensuite faire comme Luki.

— Ne t'en fais pas pour moi, j'ai gardé la main. » Lui sourit-il pour la rassurer.

Kaito se tourna ensuite vers Len qui s'était fait tout silencieux, lui proposant ensuite sa main afin de l'aider à monter sur son cheval. Tout d'abord hésitant, Len attrapa la main du bleuté et se hissa derrière lui. Il fut alors obligé de passer ses bras autour de sa taille afin de pouvoir se tenir à quelque chose et ne pas tomber. Sa joue maintenant posée contre le dos de Kaito qui se mit à avancer à son tour pour rejoindre les deux autres, Len ferma durant un court instant ses yeux. Cela faisait vraiment un moment qu'il ne s'était pas retrouvé avec Kaito, que ce soit seul à seul ou avec d'autres personnes tout autour.

Ce genre de moment lui avait tout de même grandement manqué.

Comme à chaque fois qu'ils partaient avec Meiko à la recherche de criminel, ils s'arrêtèrent chaque soir pour reposer les chevaux ainsi qu'eux-mêmes en dressant un camp. Ainsi pendant que Luki terminait d'allumer le feu de camp, Meiko termina de débarrasser les chevaux de leurs affaires. Les sacs furent ainsi rassemblés et après avoir déposé leur couche sur le sol, tout le monde se concerta pour savoir qui prendrait le premier tour de garde. Luki les quitta alors pour vérifier les environs, gardant son épée dans le creux de sa main. Meiko quant à elle posa son fourreau à même le sol, s'étirant ensuite pour porter son regard vers le ciel qui s'assombrissait toujours un peu plus.

« Qu'est-ce que tu as dit à Haku pour qu'elle accepte de te laisser filer ? » Demanda-t-elle soudainement en abaissant son visage afin de pouvoir voir Kaito.

Qui quant à lui regarda immédiatement en coin Len, faisant ainsi comprendre à Meiko par son attitude que ce n'était pas un sujet qu'il pouvait déblatérer devant n'importe qui. C'est vrai qu'Haku était au courant de toute l'histoire. Meiko soupira alors, devinant qu'elle n'aurait pas de réponse à sa question tant Len se trouverait à leurs côtés.

Par le manque de réponse du bleuté, Len le regarda avec intérêt pour ensuite tourner son attention vers Meiko et poursuivre ce manège. Devant arrêter ce cirque, Meiko décida de prendre les devants et saisit le fourreau de son épée avant de se redresser et d'inviter Kaito au combat. La pointe du fourreau désignant son front, le bleuté la regarda avec surprise.

« Ça fait un moment que tu n'as pas combattu sérieusement, comme pour Len tu mérites un entraînement. Ce n'est pas quand tu auras à faire face à l'ennemi qu'il faudra te rendre compte que tu es rouillé. »

Comprenant le manège de son amie, Kaito sauta sur l'occasion. Cela lui permettrait de changer de sujet. Il suivit alors le pas de la brune qui l'emmena dans un endroit dégagé, permettant cependant à Len de voir facilement le spectacle qui allait bientôt avoir lieu. A son tour alors, il sortit l'épée de son fourreau tandis que Meiko le pointait déjà avec la sienne.

Comme d'habitude, Meiko ne laissa pas le temps à son adversaire de se mettre sur ses gardes qu'elle fonça déjà. Kaito recula alors de plusieurs centimètres après avoir contré le coup de la brune qui continuait pourtant de forcer alors que les épées s'entrechoquaient. Elle vérifiait ainsi la force que pouvait avoir son ami en combat rapproché. Afin de pouvoir se débarrasser de cette proximité avec Meiko, Kaito força davantage et abaissa brusquement son épée pour obliger Meiko à reculer de quelques mètres. Retrouvant ainsi sa liberté de mouvement, Kaito fonça à son tour.

Devant les yeux de Len, les deux épées n'avaient de cesse de s'entrechoquaient violemment. Elles produisaient de temps à autre quelques étincelles par les deux forces qui se combattaient furieusement. C'était même à se demander si ces deux là combattaient pour simplement s'entraîner ou bien s'ils s'affrontaient véritablement. Autant Meiko parait facilement les coups de Kaito, autant celui-ci parait aussi ceux de la brune et réattaquait de suite. Il était indéniable que Kaito savait se battre et n'avait rien perdu malgré tous ses entraînements Len ne pourrait toujours pas battre Kaito au combat.

Ils s'arrêtèrent seulement lorsque Luki revint au campement après avoir entendu des coups d'épée il était revenu en pensant que ce dernier se faisait attaquer. Sa réaction fut celle de soupirer lorsqu'il vit Kaito et Meiko en train de combattre, les deux amis décidant d'en arrêter là. Meiko félicita tout de même le bleuté pour n'avoir rien perdu et être toujours aussi performant.

« J'ai découvert quelque chose en faisant ma ronde, peut-être que ça vous intéressera. »

Puisque la déclaration de Luki avait piqué la curiosité de tout le monde, tous suivirent le rosé qui revint alors sur ses pas. Seuls les chevaux restèrent autour du feu de camp. Le trajet n'était pas long en soit, ni bien difficile. Il fallait simplement décaler quelques branches d'arbres et faire attention aux racines qui sortaient de la terre, Luki resté devant montrait le chemin. Tout le monde se demandait ce qu'avait bien pu découvrir le soldat dans un pareil endroit, mais la raison de leur déplacement battue toutes leurs suppositions.

Devant eux, un village complètement dévasté. La terre n'avait pas retrouvé sa verdure à cause des marques de calcinations, des arbres avaient été déracinés et ne restaient d'eux que leur tronc où des cadavres reposaient s'ils n'étaient empalés sur une branche trop épaisse. Les maisons n'étaient plus que des débris qui menaçaient à tout moment de s'écrouler. L'atmosphère qui entourait ce visage qui n'existait plus était si lourde que Len eut un certain mal à respirer. Un massacre avait sûrement eu lieu ici. Peut-être une attaque surprise en vue de l'état des lieux.

Puis tout à coup, Meiko s'avança en titubant. Sa peine à marcher était évidente et inquiéta Len, ne l'ayant pas vu recevoir un coup. De plus, la jeune femme ne montrait pas de blessure apparente. Soudainement alors, sans avertir personne, Meiko se mit à courir à toute allure. Kaito l'appela, mais cela n'eut aucun effet et la jeune femme disparut rapidement à l'horizon.

« Et merde ! »

Kaito s'élança à son tour pour retrouver Meiko et l'arrêter, laissant ainsi en arrière Luki et Len qui ne comprenait absolument rien de ce retournement de situation.

« Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-il en se tournant vers Luki, espérant qu'il en est la réponse.

— Vu la réaction de Meiko, je pense avoir compris…

— Et alors ? » S'empressa de demander Len en se décalant pour pouvoir faire face au rosé.

Luki porta alors son attention sur Len, le regardant attentivement avant de répondre à sa question. Le soldat prit ensuite une inspiration et dévoila ce qu'il pensait être véritablement ce village.

« C'est ici que Kaito et Meiko sont nés. »

Len agrandit ses yeux face à la réponse de Luki. C'était le village où Kaito et Meiko avaient vu le jour ? Se retournant lentement pour à nouveau faire face à ce village détruit par la guerre, Len regarda d'un nouvel œil ce lieu à l'atmosphère presque suffocante. Len déglutit. Qu'allait-il faire maintenant ?

Comme le passage d'un oiseau de mauvais augure, le retour aux terres de Kaito et Meiko n'allait pas attirer les bonnes grâces d'un quelconque Dieu.