Bonsoir tout le monde!
voici la suite, qui je l'espère, vous plaira...
Bonne lecture à vous tous !
PS : chapitre édité le 04/03/2014
oOoOoOoOoOoOoOoOoOOoOoO
Chapitre 21:
POV de Kate :
En quatre ans, j'avais eu le temps de me faire à cet homme, et pourtant, il parvenait encore à me surprendre. Jamais encore un des hommes qui avaient traversé ma vie n'avait fait preuve d'une telle attention à mon égard. Avec un grand sourire, je m'emparai du sac en provenance de Starbuck, et sur un hochement de tête, le livreur repartit. J'avais déjà pris mon petit déjeuner, mais je ne me ferais pas prier pour savourer un autre café, encore moins lorsqu'il était préparé comme je l'aimais. Alors que je revenais dans le salon, un mouvement imperceptible sur ma gauche attira mon attention et j'aperçus Eva qui m'observait avec un mélange de curiosité et de méfiance.
« Tu veux un beignet ? » lui proposai-je en vidant le contenu du sac en papier.
« Oui… s'il vous plait » répondit-elle d'un ton hésitant, comme si se montrer aimable avec moi lui pesait.
« Viens t'asseoir » l'encourageai-je en lui tendant son beignet ainsi que le chocolat chaud que Castle avait prévu pour elle.
« Merci… madame » souffla-t-elle du bout des lèvres en prenant soin de ne pas me toucher lorsqu'elle s'empara du gobelet.
Préférant ne pas répondre de peur qu'elle ne prenne ça pour une provocation, je me calai dans mon fauteuil, et mûe par une impulsion, appelai Castle. En roulant des yeux, je tombai à nouveau sur son répondeur, et laissai un message lorsque soudain sa voix résonna à mon oreille, faisant battre mon cœur, et au regard mi-intrigué mi-dégoûté que m'adressa Eva, je compris que je devais être en train de sourire niaisement. Mais tant pis. La seule chose que je retins de notre discussion fut sa promesse de venir me rejoindre. Toujours en souriant, je raccrochai mon cellulaire, réfléchissant déjà à ce que j'allais préparer pour le déjeuner.
« Est-ce qu'il est votre élu ? » me demanda soudain Eva dont je sentais le regard insistant posé sur moi.
« Que veux-tu dire ? » lui demandai-je, intriguée par le mot qu'elle avait choisi.
« Est-ce qu'il est celui que Dieu a mis sur Terre pour vous ? » clarifia-t-elle en fronçant le nez comme si elle trouvait idiot d'avoir à expliquer quelque chose d'aussi enfantin.
« J'aime à le croire. Il est celui qui me comprend sans que j'ai besoin de lui dire les choses. Il est celui qui est toujours là pour me rattraper quand je tombe. Celui qui reste à mes côtés quels que soient les obstacles que la vie dresse devant moi. Oui, il est mon âme sœur » répondis-je aussi honnêtement que possible.
« Père dit que bientôt je trouverai mon élu. Et qu'il devra le préparer à marcher à mes côtés. » Révéla Eva en penchant la tête sur le côté, une petite moue dubitative sur le visage.
« Tu n'y crois pas ? » m'enquis-je priant pour que les confidences de la fillette ne cessent pas brusquement.
« Parfois je me dis que ce n'est pas pour moi. Mais Père ne m'en aurait pas parlé si ce n'était pas la vérité. Alors bientôt Adam sera là, et je devrai m'en accommoder » rétorqua-t-elle en se raidissant.
« Les pères savent toujours ce qui est bon pour leurs filles. Le mien approuve ma relation avec Castle, et c'est la première fois que ça se produit. Jusque-là personne n'était assez bien pour moi » souris-je en me rappelant la bénédiction implicite que mon père m'avait donnée des mois plus tôt.
« Père dit aussi qu'Adam sera le seul qui sera digne de moi, que lui seul pourra se tenir à mes côtés sans faiblir » approuva Eva en se détendant légèrement.
« Et comment compte-t-il trouver Adam ? » voulus-je savoir en priant pour obtenir assez d'informations pour empêcher l'enlèvement de ce jeune garçon.
« Il m'a dit comment le reconnaître et m'a envoyé le trouver. Au début je ne savais pas trop comment faire, mais père m'a dit que lorsque je le verrai, je le reconnaîtrai. » murmura Eva sans vraiment y penser, perdue dans ses pensées « Et puis je l'ai vu. Il lisait à l'écart des autres. Je l'ai longuement observé, et j'ai su que c'était lui. Mon âme a reconnu la sienne. Alors j'ai fait sa connaissance. Père ne le sait pas, mais je voulais être sûre, apprendre à le connaître avant de faire de lui mon compagnon. Il m'aime bien je crois. Il est timide et très gentil… » sourit Eva en se mordillant le bout du pouce avec nervosité.
« Je suis sûre qu'il t'aime beaucoup. Et de quoi avez-vous parlé ? » l'encourageai-je espérant obtenir un nom.
« De sa vie. Il est issu d'une famille nombreuse. Il est l'enfant du milieu. Père m'a dit que c'était très important. Il a l'impression d'être invisible. Il m'a dit qu'il lisait le même sentiment en moi. Et je n'ai pas osé lui dire que j'étais fille unique. Il aime la lecture, la musique classique, l'art et les longues balades en forêt. C'est un garçon très sensible et très doux. Et il est beau » poursuivit Eva sans plus se méfier.
Attendrie, j'observai cette adolescente blessée par la vie et qui malgré tout vivait ce qui semblait fort bien être son premier amour. Un premier amour qui n'aurait jamais la chance de voir le jour puisqu'elle ne reverrait jamais cet adolescent. Dommage. Leur histoire aurait pu donner quelque chose de solide si on lui avait laissé la chance de s'éclore.
« Quand j'ai été sûre, j'ai parlé de lui à Père. Il a semblé approuver mon choix. Alors je lui ai dit qu'il devait agir vite. David n'est à New York que pour les vacances. Il doit repartir bientôt chez lui dans le Montana » poursuivit Eva en s'agitant à l'idée de perdre le jeune garçon.
« Je suis sûre que ton père prendra contact avec sa famille pour qu'ils lui permettent de rester ici avec toi. Ou bien ton père t'emmènera là-bas afin que vous continuiez à faire connaissance » la rassurai-je d'une voix douce.
« Oui, il le faut. David doit devenir Adam. Je ne veux personne d'autre que lui... » marmonna Eva alors que son regard se faisait vitreux et qu'elle fermait les yeux, comme vidée de toute énergie.
Avec délicatesse, je la ramenai dans sa chambre et l'allongeai dans son lit. Je ne doutai pas que le conditionnement qu'Eva avait subi était responsable de sa subite léthargie. Encore un verrou psychologique qui s'était déclenché lorsqu'elle avait évoqué Adam.
« Ce cher Père est un dangereux détraqué. Je dois mettre la main sur le gosse avant qu'il ne le trouve » marmonnai-je en observant Eva dormir.
En soupirant, je m'apprêtai à quitter sa chambre, lorsqu'un cri dans mon dos me fit me retourner vivement. Eva s'agitait dans son sommeil, marmonnant et pleurant. Vivement, je m'approchai et tentai de la calmer en la prenant dans ses bras.
« Chut calme-toi, tout va bien, tu es en sécurité… » chuchotai-je en passant une main fraîche sur le front brûlant de la jeune fille.
« L'Elue, je suis l'Elue… je dois trouver Adam… Je dois accomplir la prophétie… » marmonna Eva en s'agitant de plus belle, rejetant la couette qui atterrit presque par terre.
« Détends-toi Eva, tu ne risques rien, bientôt ce cauchemar prendra fin, mais tu dois me faire confiance » continuai-je en resserrant mon étreinte autour de la jeune fille.
Ma voix sembla parvenir à percer le brouillard cauchemardesque qui entourait la jeune fille, et elle cessa de s'agiter convulsivement. Je continuai pourtant à la bercer encore quelques minutes, me demandant pour la énième fois comment un homme avait pu faire subir ça à une enfant sans défense. Sentant Eva détendue, je m'apprêtai à me lever pour la laisser dormir tranquillement lorsqu'Eva se remit à parler si faiblement que je dus presque coller mon oreille à sa bouche pour entendre ce qu'elle disait.
« David… Belvedere Castle… » marmonna-t-elle d'une voix tremblante comme si les mots lui arrachaient les lèvres.
« Bingo ! » songeai-je avec un sourire triomphant.
Visiblement Eva commençait à échapper au contrôle de son tortionnaire, même si cela n'arrivait que lorsqu'elle était inconsciente, c'était le premier pas vers la guérison. Par contre, le psy m'avait affirmé que cela risquait d'accentuer l'agressivité de la jeune fille lorsqu'elle serait éveillée. Mais j'étais prête à prendre le risque si cela signifiait défaire définitivement Eva de l'emprise que ce monstre exerçait sur elle. Pressée d'informer les gars de ce que je venais d'apprendre, je tentai à nouveau de me lever lorsque les marmonnements d'Eva reprirent.
« Protéger… Sauver…. Beckie.. existe plus… » marmonna-t-elle alors que de violents tremblements la saisissaient.
« Beckie ? Est-ce que c'est ton véritable prénom ? » l'interrogeai-je en caressant la joue de l'adolescente qui se calma peu à peu.
Pensive, je réfléchis à ce que pouvaient signifier ces paroles. Qui devait être protégé, sauvé ? De qui parlait-elle ? Etait-ce comme ça que le conditionnement d'Eva avait fonctionné ? Elle s'était laissé faire de peur que son ravisseur ne s'en prenne à une personne à qui la petite fille tenait ? Mais qui ? Sa famille ? La sonnerie de l'entrée me fit sursauter, et surprise je regardai l'heure.
« Mince ! J'ai oublié de préparer le repas ! » grimaçai-je en constatant qu'il était presque l'heure, et que mon visiteur devait être mon partenaire.
Vérifiant qu'Eva dormait paisiblement, je ramenai la couette sur elle et m'élançai vers la porte alors qu'un second coup de sonnette impatient retentit, ce qui me fit froncer les sourcils. Pourquoi Castle faisait-il autant de bruit alors qu'il savait qu'Eva avait besoin de repos ?
« Castle pour l'amour du ciel, faites moins de bruit ! » m'exclamai-je en ouvrant la porte à la volée.
« Désolé, ce n'est que moi ! » répliqua mon visiteur avec un sourire pincé.
« Josh ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? » m'enquis-je en fronçant des sourcils.
« Comme tu n'as pas répondu au message que je t'ai envoyé hier, j'ai décidé de venir voir si tu allais bien » répondit-il en faisant un pas dans ma direction.
« Quel message ? Ecoutes Josh, j'attends Castle, alors si tu pouvais en venir au fait ça m'arrangerait » m'impatientai-je en jetant un regard inquiet vers les ascenseurs.
« Notre rupture a été une erreur Kate, je sais que nous deux ça peut encore fonctionner » se lança-t-il visiblement agacé que je le presse autant et surtout que je l'oblige à avoir cette discussion sur le pas de ma porte.
Je m'apprêtai à le détromper, mais me prenant par surprise, il m'attira à lui et s'empara furieusement de mes lèvres. Son baiser fut si violent que je sentis un goût métallique dans ma bouche, et qu'un gémissement plaintif m'échappa. Me ressaisissant, je le repoussai rudement, l'envoyant s'écraser contre le mur.
« Non mais tu es malade ? Recommence un truc pareil et je te jure que tu le regretteras ! » grondai-je furieusement en passant la langue sur ma lèvre tuméfiée.
Quelque part dans le couloir, j'entendis une porte heurter violemment le mur, mais je n'y prêtai guère attention, trop occupée à assassiner Josh du regard.
« Je suis désolé Kate, j'ai cru que… » bafouilla Josh, honteux en voyant du sang perler sur ma lèvre dont je percevais le goût âcre.
« Que quoi ? Que tu pouvais agir avec moi comme si j'étais ta chose ? Je veux que tu t'en ailles et surtout que tu m'oublies. Je pensais que nous pourrions nous quitter en bons termes, mais c'était utopique de ma part. Sors de ma vie Josh, et ne t'avise pas de revenir à la charge ! » m'emportai-je avant de lui tourner le dos pour réintégrer mon appartement.
Je claquai violemment la porte et m'y adossai pour tenter de me calmer. Je m'étais retenue pour ne pas lui flanquer mon poing dans la figure et mon genou dans l'entrejambe. Non mais quel mufle ! Et puis c'était quoi cette histoire de message ? Je n'avais pas reçu de message de lui hier soir ! Enfin, heureusement que Castle n'était pas arrivé à ce moment-là. Nous n'avions vraiment pas besoin d'un malentendu supplémentaire dans notre relation déjà bien chaotique.
« Non mais quel idiot ! » grondai-je en me décollant de la porte pour gagner la cuisine.
« Vous auriez dû le castrer » entendis-je Eva déclarer d'un ton froid.
« Je te demande pardon ? » m'étouffai-je en me tournant vivement vers elle, surprise de la trouver là alors que je la croyais endormie.
« Cet homme qui s'est permis de poser ses mains sur vous sans votre autorisation. Vous auriez dû le frapper entre les jambes pour lui apprendre à vivre » réitéra Eva en plongeant son regard dans le mien.
« Et d'où tiens-tu ça ? » demandai-je en me remettant du choc.
« De Père. Il m'a dit que dans la rue, je risquai de tomber sur des gens impurs et il m'a montré comment me défendre » expliqua Eva alors que son expression s'assombrissait.
« Et tu t'es défendue contre l'homme qui t'as agressée ? » voulus-je savoir en reprenant ma route vers la cuisine afin qu'Eva ne remarque pas que je guettai impatiemment sa réponse.
« Oui, mais il était plus fort que moi, et il a sorti un couteau » répondit Eva en s'entourant de ses bras comme pour se protéger.
« Mais tu as été plus forte que lui et tu lui as échappée » rétorquai-je en lui souriant pour la réconforter.
« Je lui ai donné un coup de pied entre les jambes et je me suis enfuie. J'ai couru aussi vite que je le pouvais sans faire attention où j'allais. Je voulais juste lui échapper, j'ai réussi mais je me suis perdue. Nous ne sommes pas à New York depuis longtemps, et je ne connaissais pas le quartier dans lequel je me suis retrouvée » Me révéla Eva en se rapprochant de moi en frissonnant.
« Est-ce que tu le connaissais ? » voulus-je savoir alors que je sortais des pommes de terre et des steaks du frigo.
« Je l'avais déjà vu. Mo, une amie, m'a dit qu'il s'appelait Snake et qu'il terrorisait les filles dans le quartier. D'habitude j'arrivais à l'éviter, mais là il m'est tombé dessus par surprise et il a voulu m'obliger à faire des choses que je ne voulais pas » répondit-elle en s'asseyant sur un tabouret pour observer ce que je faisais.
« Ne t'inquiète pas, il ne te fera plus de mal » la rassurai-je en hésitant à appeler les gars maintenant, mais je ne voulais pas compromettre le semblant de complicité qui était né entre nous deux en mettant en avant mon insigne.
« Je sais. Père le punira pour ce qu'il m'a fait » sourit Eva avec satisfaction.
Si Eva avait raison, je devais mettre les gars sur la piste de ce Snake immédiatement. Et je devais également leur parler de ce David afin qu'il le trouve et qu'il le mette en sécurité le temps que toute cette affaire soit terminée.
« Tu veux bien éplucher les pommes de terre ? » m'enquis-je innocemment en lui tendant l'économe avant d'ajouter « J'ai une envie pressante »
« D'accord » accepta Eva de mauvaise grâce.
« Merci, je fais vite » déclarai-je en me ruant vers ma chambre.
Ne voulant pas perdre de vue Eva, je ne refermai pas totalement la porte de ma chambre de façon à voir sans être vue, et appelai Espo pour lui dire de venir me rejoindre chez moi pour faire le point sur l'enquête. Eva ferait la sieste à ce moment-là, et Castle serait arrivé. Et ce serait mieux que de discuter de tout ça par téléphone.
