NdT : Bonjour ! Me revoilà un peu plus tôt que prévu – en période d'exam, je préfère traduire que réviser, étrangement. J'ai donc une bonne nouvelle : j'ai fini de traduire The Sweetest Revenge – qui, je le rappelle, est issu de l'imagination de Coconut Girl. Il reste, après celui-ci, deux chapitres (donc est-ce une si bonne nouvelle que ça ?) et c'en est fini des retards. Je vous assure donc que jeudi prochain, je posterai la traduction du chapitre 22. Je vous laisse à votre lecture, et vous dis à très bientôt !

Chapitre 21 : Nuit sans fin

"Draco, s'il te plait, ne fais pas ça."

Ce furent ces mots qui le tirèrent de son état ensorcellé. Il se retira violemment et pivota pour faire face à son démon... son plus grand plaisir et sa plus profonde douleur rassemblés en une unique personne.

Draco fixa l'homme, rendu muet par l'incrédulité. Retrouvant enfin sa voix, il rétorqua méchamment : "Tu plaisantes ! Tu comprends bien que tu n'as pas le moins du monde le droit de demander ça ?"

L'autre homme se tortilla, mal à l'aise, ses yeux balayant les alentours pour éviter le regard perçant de Draco.

"Es-tu heureux de cette disposition ?" demanda finalement l'autre homme.

Draco renifla et se détourna pour observer les jardins. "Je n'étais pas heureux avant cela, alors quelle différence avec maintenant ?"

"Et qu'en est-il de Pansy ? Tu veux vraiment qu'elle soit malheureuse comme les pierres pour le reste de sa vie ?" demanda l'homme, venant se tenir au côté de Draco.

"Tu dramatises tellement. Elle tournera la page. Elle le fait toujours," lâcha Draco, les yeux toujours fixés devant lui. "C'est Pansy, pour l'amour de Merlin. Elle a la profondeur d'un porte-savon."

"Je ne sais pas. Elle me semble sacrément triste. Je veux dire, tu devrais être aveugle pour ne pas –"

"Bien sûr que je veux pas qu'elle soit malheureuse," siffla enfin Draco, se tournant pour faire face à son compagnon. "Pourquoi penses-tu que je lui ai dit qu'elle pouvait être avec la Belette si elle le voulait vraiment ? Ce n'est pas de ma faute s'il est un branleur coincé et moralisateur."

"De toute évidence l'adultère ne lui convient pas," cracha l'homme. "Je ne peux dire que je le blâme. Tu ne pensais pas vraiment que je marcherais dans ton plan ridicule non plus, pas vrai ?"

"Tu ne m'es même pas venu à l'esprit, alors ne te crois pas supérieur," mentit Draco avec un rictus cruel en se détournant, tentant de dissimuler sa déception.

"De toute façon, pourquoi insistes-tu sur ce mariage avec elle ? Elle ne te veut pas, et tu ne la veux pas," gronda l'homme.

"Parce que j'ai pas d'autre choix sur la question. Aucun de nous ne l'a. Ce sont les patriarches de la famille qui négocient ces choses. Ce qui revient à mon père et Robert Parkinson. Vu que mon père est de côté en ce moment, tout revient au bon vieux Bertie. Et qui a dit que je ne veux pas de ce mariage ? Je dois penser à mes propres besoins désormais, non ?"

"Que veux-tu dire ? Tes propres besoins ?" demanda l'homme, devenu clairement étonné.

"Mon père ne reverra jamais plus la lumière du jour ; Mère revent son héritage juste pour conserver les apparences ; et je..." Draco s'interrompit et eut un rire forcé. "Eh bien, selon tes propres mots, je ruine effectivement les affaires familiales en les sabotant. Vu sous cet angle, je n'ai pas beaucoup de choix, si ?"

Malgré la pique évidente, l'homme poursuivit. "Alors, tu l'utiliserais pour son argent ? Tu aurait simplement pu me demander. Je t'aurais prêté les gallions. Bordel, je te les aurais donné si cela signifiait –"

"Si cela signifiait quoi ? Que nous serions ensemble ? Rentre toi ça dans le crâne, nous ne le serions pas malgré tout," haleta Draco avec colère. "Et pour ton information, il ne s'agit pas d'argent. Il ne s'agit pas que d'argent. J'ai besoin de soutien... de sécurité... j'ai besoin de quelqu'un en qui je puisse avoir confiance et à qui je puisse me fier. Pansy a toujours été ma meilleure amie. Oui, nous nous chamaillons et nous agaçons. Oui, nous disons des choses méchantes, mais elle fait partie de ma famille pour moi. Je la connais depuis que j'ai quatre ans. Je sais qu'elle sera là quand j'aurai besoin d'elle. C'est plus que ce que je peux dire d'autres personnes." La dernière partie avait été murmurée.

"J'ai dit que j'étais désolé. Que veux-tu de plus que je –"

"Rien ! Je ne veux rien de toi," aboya Draco.

"Draco..."

"Quoi ? Que veux-tu entendre ? Que c'est blessant quand tu continues à bavasser quant à soi-disant me présenter à ton troupeau de crétins ou même de rencontrer mes amis, d'ailleurs. Je comprenais... j'ai essayé de comprendre. J'étais prêt à tenir bon face à leur réaction, mais ce n'était pas ton cas. J'ai pigé ça."

"Je suis désolé de tout ça. Combien de fois dois-je dire –"

"Non pas que tu ne le saches pas déjà, mais aimerais-tu savoir ce que cela m'a fait ? T'entendre à la cheminette avec lui alors que tu croyais que j'étais parti ?" railla Draco, ignorant le ton implorant de son compagnon.

"Je ne voulais pas que tu..."

"Non, bien sûr que tu ne voulais pas. Combien d'autre fois as-tu craché sur moi avec lui ? A qui voulais bien t'entendre, et où je n'étais juste pas là pour entendre ? Sais-tu combien de fois je me le suis demandé ?"

"C'était la seule fois, je le jure."

"Foutaises ! Un an ! Une putain d'année que nous étions ensemble. Tu ne peux pas me dire..." Draco s'interrompit brusquement et commença à faire les cents pas, son agitation transpirant de chacun de ses pas. "As-tu la moindre idée de ce que ça fait d'entendre... ? Je pensais que tu étais heureux avec moi."

"Je l'étais. Je veux dire, je le suis. Je le serais si tu pouvais juste –"

"Alors pourquoi as-tu dit ces choses ?" implora Draco.

"Je ne sais pas," souffla l'homme, ses défenses augmentant. Il se frotta l'arrière de sa tête de ses deux mains et laissa échapper un soupir frustré alors que ses bras retombaient à ses côtés. "Il me poussait juste tout le temps à sortir. Commençait à regarder autour de moi. Il ne pigeait pas pourquoi je ne voyais personne. Je sais qu'il plaisantait sûrement en t'ajoutant à la liste, mais quand ton nom a été balancé, j'ai paniqué."

"Tu aurais simplement pu dire que je n'étais pas ton type comme tu l'as fait pour les autres. Ou encore mieux, tu aurais pu dire 'Maintenant que tu en parles...' Non, tu devais agir comme si c'était la chose la plus dégoûtante au monde à tes yeux."

"Il me provoquait."

"Non, pas du tout ! Pas en premier lieu." La voix de Draco grimpa de quelques octaves alors qu'il disait plus fort : "Il faisait juste quelques commentaires idiots et tu es monté sur tes grands chevaux. Il n'a pas commencé à me démolir. Toi tu l'as fait. Tu es celui qui, ricanant tout du long de ce que j'ai pu voir, t'es référé à moi comme étant une maladie sexuelle sur pattes qui baiserait tout et n'importe quoi. Homme... femme... chien... aucune différence. Que ne me toucherait pas avec un bâton de dix pieds de long alors que le matin même, tu... nous... Tu sais quoi ? Laisse tomber. Je suis fatigué de ça. Nous en avons parlé une centaine de fois. Tu es juste un putain d'hypocrite."

Draco commença à se diriger vers la maison, mais fut saisi par le bras et durement tourné. Il se libéra d'un mouvement brusque et se sépara de six bon pas de l'autre, fourrageant rageusement ses mains dans ses doux cheveux blonds.

"Draco, je t'en prie, juste écoute moi."

"Et alors..." Draco reprit sa tirage coléreuse, ignorant la demande de l'autre homme. "Et alors, tu ne pouvais pas t'arrêter là, pas vrai. As-tu réalisé que vous deux déblatériez depuis presque vingt minutes, descendant le moindre détail me concernant, de ma façon de m'habiller à la manière dont je ruinais presque toute une affaire ? Comme si je ne sais pas déjà que je suis déjà merdique dans ce genre de truc."

"Tu n'es pas merdique. Tu as juste besoin de pratique et de conseils," marmonna faiblement l'autre homme.

"Oh, laisse tomber ton soutien à la con. C'est trop tard maintenant," gronda Draco.

"Draco, je... je t'aime. Tu dois savoir ça."

"Vraiment ? C'est assez comique maintenant, de t'entendre dire ça," fit Draco avec un rictus glacial. "Tu veux à ce point que je revienne ? Eh bien, alors tu sais ce que tu dois faire, pas vrai ? Va faire une offre officielle à Parkinson... ou un défi public à Pansy. Tout ce qui doit être fait. C'est ce que la plupart des gens font quand ils aiment vraiment quelqu'un. Mais ce serait trop demander à ton précieux égo, non ? De rendre ça public comme ça," cracha-t-il de façon acerbe.

Quelques lourdes secondes de silence passèrent avant que Draco ne tourne la tête de côté pour masquer la nouvelle vague de douleur et déception impreignant son visage.

"C'est bien ce que je pensais," lâcha-t-il enfin d'une voix ferme après qu'il fut devenu clair que l'homme devant lui n'allait rien répondre. "En l'état actuel des chose, je pense que je fais mieux de m'en tenir à Pansy. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, M. Potter, j'ai une fête de fiançailles dont je dois m'occuper."

Après quoi Draco dépassa en coup de vent son ancien amant et disparut rapidement dans la maison. Harry était silencieux, ses yeux demeurant fixés sur le jardin, brillants et acérés.

"Juste une minute !" lança Ginny alors qu'elle courait vers la porte. "Bordel de merde ! Putain mais qui peut bien venir à une heure pareille ?" marmonna-t-elle.

"Oui ?" jeta-t-elle en ouvrant brusquement la porte.

Devant elle se tenait le fantôme d'un souvenir et sa bouche devint tout à fait sèche. Elle s'éclaircit la gorge, tira le col de sa robe de chambre rose pour le monter, le serrant d'un poing crispé, et fit de son mieux, mais avec bien moins d'assurance, pour reparler : "Oui ? Que veux-tu ?"

"Salut Pomme. Je suis content de te voir," fit le grand, sombre et beau visiteur, une pointe d'incertitude transperçant dans sa voix.

"Ne m'appelle pas comme ça. Qu'est-ce que tu veux, Zabini ?" répéta-t-elle froidement.

Blaise se raidit et son sourire en coin charmeur trembla. "Je dois parler avec Percy. Il est là ?"

L'appréhension envahit les traits de Ginny et elle jeta un coup d'oeil par dessus son épaule. "Ce n'est pas vraiment le moment idéal."

"Je l'imagine bien, mais c'est important, Pomme."

Ginny souffla du fait de son obstination éhontée à garder les petis noms, et croisa les bras sur sa poitrine. "Je n'en doute pas. N'est-ce pas toujours le cas quand tu veux absolument quelque chose ?"

"Ginny, il ne s'agit pas de nous."

"Non, en effet. Il s'agit de comment vous tous, branleurs et morveux de Slytherin, pensez que vous pouvez jeter n'importe qui d'autre comme un déchet. Vous utilisez quelqu'un jusqu'à ce qu'il ne vous soit plus d'aucun intérêt et alors vous le laissez sur le côté."

"Ce n'est pas ce qu'il nous est arrivé et tu le sais."

"C'est exactement ce qu'il nous est arrivé. Tu as utilisé exactement ces putains de mots."

"Et tu m'as cru ? Je pensais que tu me connaissais mieux que ça," plaisanta-t-il, essayant désespéremment de détendre l'atmosphère.

"Tu étais très convainquant," jeta-t-elle, tout à fait impassible.

"Ginny..." plaida-t-il.

"C'est fini maintenant alors ça ne fait pas la moindre différence," le coupa-t-elle avec insolence. "De toute évidence tu n'es pas venu ici pour parler de ça. Que veux-tu vraiment ?"

Blaise observa l'expression stoïque, glaciale recouvrant ses traits et laissa échapper un soupir. Pour autant que cela était blessant, il était clair que ce problème n'était pas encore prêt à être discuté – il ne le serait peut-être jamais. Il avait foutu en l'air sa chance avec elle à cause d'un moment stupide de peur et de cupidité et il devait juste accepter ça.

"Je dois parler à Percy," marmonna-t-il enfin.

"A propos de quoi ?" rétorqua Ginny, montant toujours plus dans l'arrogance.

"Que crois-tu ?"

"Si c'est de cette salope de Parkinson, alors tu peux tout simplement tourner les talons et dégager."

"Ginny, Percy doit savoir –"

"Que dois-je savoir ?" fit une voix venant du couloir.

Tous deux regardèrent en direction de l'origine de cette question, puis échangèrent un regard nerveux. Un instant plus tard, Blaise dépassa Ginny et traversa le couloir jusqu'à la chaude lumière émanant du salon. Ginny eut un profond soupir et secoua la tête. Ç'allait être une nuit très longue.

Blaise entra rapidement dans le salon, Ginny sur ses talons, et vit Percy assis dans un fauteuil confortable, le regard plongé dans le feu. Sa raideur était étrange et inquiétante, lui donnant la troublante apparence d'un portrait Moldu.

"A quoi dois-je ce plaisir, M. Zabini ?" gronda Percy, brisant l'image qu'il formait.

Blaise détourna les yeux, et tenta de se reprendre. Au vu de l'air qu'arborait Percy, ça n'allait pas être agréable. "Je suis venu pour parler de Pansy. En tant qu'ami proche, j'ai été plus que peiné de –"

Percy renifla fortement, l'interrompant, puis prit rapidement une grande gorgée de son whisly Pur Feu. Après avoir considéré le liquide ambré restant dans son verre et l'avoir légèrement fait tourbillonner, Percy marmonna : "Et comment est notre petite mademoiselle Parkinson ? Profitant de sa fête je suppose. Jouissant du fait d'être le centre de l'attention."

"Pas vraiment," répondit sèchement Blaise. "Après que Draco ait annoncé que l'hôtesse s'était retirée avec une forte migraine puis ait renvoyé tout le monde, j'ai été voir mon amie et l'ai trouvée, recroquevillée dans les escaliers, sanglotante. Alors non, je ne dirait pas que c'était l'un des moments où Pansy brille."

Un frémissement tendu parcourut la mâchoire de Percy et il resserra sa prise sur son verre. "Quoi ? Malfoy a-t-il encore dit quelque chose pour la blesser ?" rétorqua-t-il brusquement.

"Ecoute bien, branleur, nous savons tous deux qu'elle est dévastée."

Percy sauta sur ses pieds et faisait face à l'autre homme en un éclair. "Non, dites-moi, M. Zabini. Dites-moi pourquoi elle est si triste. Je n'en ai pas la moindre foutue idée."

"Tu es un putain de trou du cul !" siffla Blaise.

"Je suis le trou du cul ? Je suis le putain de trou du cul ?" aboya Percy. "Je ne suis pas celui qui a débuté une relation avec quelqu'un en sachant que je ne pourrais... ne serais pas avec eux. Je ne suis pas allé et je ne me suis pas lié à une putain de fouine... à quelqu'un que je n'aimais pas. C'est de sa putain de faute."

"Elle n'avait pas son mot à dire sur la question," riposta Blaise, élevant la voix pour atteindre celle de Percy.

"Tout le monde me dit ça," marmonna Percy, le sarcasme évident dans ses mots.

"Les garçons ! S'il vous plait !" fit Ginny, tentant d'apaiser leur éclat.

"Tu ne sais rien de notre classe," cracha Blaise.

"Et tu ne sais rien quant à vraiment aimer quelqu'un," répliqua Percy.

Ce fut la goutte d'eau de trop. Tout le sens de l'insulte de Percy frappa Blaise en pleine poitrine. Il regarda Ginny, mais elle avait les yeux baissés, la honte torturant ses traits. Sans avertissement, Blaise bondit sur Percy et les deux hommes commencèrent à se battre, les bras et mains luttant pour la dominance. Finalement, Percy se recula et lança un crochet droit dans la mâchoire de Blaise, le projetant en arrière. Trébuchant sur le tapis sous ses pieds, Blaise tomba et cogna l'arrière de sa tête sur la table basse.

Entrant enfin dans la bataille, Ginny se plaça entre les deux et commença à crier : "Ça suffit ! Arrêtez ça ! Maintenant ! Arrêtez, c'est tout !"

Les deux hommes s'efforcèrent d'apaiser leur souffle irrégulier. Blaise effleura précautionneusement sa lèvre ensanglantée, jetant un coup d'oeil à Percy, qui, pour toute réponse, lui renvoya un regard de pur dégoût.

"Tu n'as pas pigé putain," gronda Percy. "Je ne peux pas attendre sagement qu'elle me jette des miettes d'attention alors qu'elle vit sa petite vie sociale acceptable avec son socialement acceptable mari, ayant des enfants socialement acceptables. J'ai besoin de plus que ça. Je mérite plus que ça."

Au moment où il finissait sa déclaration, Percy était à bout de souffle. Sans un mot de plus, il quitta la pièce en trombe.

"Percy !" l'appela Ginny, mais son appel demeura vain. La porte d'entrée claqua avec force un instant après. Elle se retourna vers Blaise après quelques secondes et lui jeta un regard noir. S'agenouillant, elle entreprit d'examiner sa lèvre déchirée.

"Ça va ? Ta tête ?" demanda-t-elle, tentant de sembler détachée et objective.

Il eut un sourire honteux, et s'appuya sur son coude droit pour se mettre à sa hauteur. "Ouais, ça va. Ça va aller. Désolé de ça."

"Tu peux l'être," râla-t-elle tout en soignant sa lèvre. "Pansy n'a pas le droit de lui envoyer des gens."

"Elle ne l'a pas fait. Je suis venu parce que je le voulais."

"Eh bien, elle a tort quand même," souffla Ginny, tentant de maintenir sa colère. C'était difficile alors qu'il continuait à la regarder avec ces yeux d'une teinte brune profonde de chocolat.

Il l'observa en silence alors qu'elle continuait sans un mot à lancer les sorts de soin nécessaires. Sur un coup de tête, il leva sa main gauche et fit doucement glisser un doigt le long de la joue de la jeune femme.

Ginny haleta et s'approchant d'elle, il prit sa joue en coupe et dit doucement : "Merci de me soigner."

"Ben... Non !" fit-elle d'une voix dure, s'arrachant à son contact.

"Quoi ? Un mec ne peut pas remercier son infirmière ?"

"Je ne recherche pas ta... gratitude," remarqua froidement Ginny, restant ferme face à son charme.

"Qu'en est-il de mon amour ?" demanda-t-il franchement.

La franchise dans sa voix destabilisa Ginny. Hésitante, elle croisa son regard égal. Comme il n'hésita ou ne bougea pas, elle détourna les yeux en se servant du prétexte d'observer sa blessure.

Inspirant pour apaiser ses nerfs, Ginny répondit calmement : "Tu ne devrais pas dire des choses que tu ne penses pas."

Il prit sa main de la sienne, interrompant les tentatives de Ginny de le soigner. "Je le pense."

"Tu es sûr de ne pas t'être cogné la tête ?" répliqua-t-elle, tentant de réduire l'intensité du moment.

Il eut un petit rire, haussa les épaules, et lui lança un sourire nonchalent. "Je suppose que nous devrions juste trouver un moyen de me garder éveillé juste au cas où, non ?" murmura-t-il, posant une nouvelle fois sa main sur la joue de la jeune femme et en passant son pouce sur sa lèvre inférieure.

"Oh non, non," souffla Ginny en se levant rapidement et elle commença à tourner dans la pièce, rangeant le désordre que Percy avait laissé derrière lui. "J'ai une journée chargée demain et la dernière chose dont j'ai besoin est de tout mettre sans dessus dessous avec toi toute la nuit."

"Mais Pomme," plaida-t-il d'un ton bas en se levant d'un bond.

Se tournant brusquement pour lui faire face, Ginny lui jeta un regard furibond. "Ne me 'Pomme' pas. J'en ai assez d'être manipulée et jouée."

"Je ne me joue pas de toi," gémit-il.

Ginny croisa simplement ses bras sur sa poitrine et leva sur lui un regard noir et un sourcil haussé.

"Je ne me joue pas de toi. Je sais ce que je veux à présent," insista-t-il.

"Je n'en doute pas," ricana Ginny d'un ton incrédule en reprenant son nettoyage.

"C'est vrai !" s'obstina-t-il. Quand elle ne jeta pas un regard vers lui, il opta pour une autre tactique. "Très bien, j'admets que cela m'a prit du temps de dépasser mes... racines, mais –"

"Tu sais quoi, mon chéri ? Ça n'a plus aucune importance parce que, en fin de compte, je ne sais pas ce que je veux," lança Ginny.

"Parrdon ?" demanda Blaise après un moment d'étonnement.

"Je ne sais pas ce que je veux," répéta Ginny avant de prendre une inspiration tendue et de se redresser pour la diatribe qu'elle avait préparé pendant des mois – un discours qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir faire.

"Je sais ce que je ne veux pas, cependant. Je sais que je veux pas être utilisée avant de m'entendre dire que je ne vaux pas la merde sous ta semelle. Je sais que je ne veux pas être juste une autre femme que toi, ou n'importe quel autre homme du genre, met dans son lit avant de la jeter une fois qu'il en a fini avec elle," martela-t-elle. "Je, Ginny Weasley, vaux bien plus que ça."

"Bien sûr que tu –" essaya-t-il de l'amadouer.

"Ferme-la !" riposta-t-elle, le coupant sans pitié.

Blaise fut aussitôt apeuré. Qui était cette femme dragon se tenant devant lui ? Tout aussi excitante qu'elle était, il se demanda où la fille drôle et joueuse qu'il connaissait était partie.

"On ne me dira plus que je suis bonne à rien," poursuivit-elle. "Ou que ce que je fais est inutile. Je vaux mieux que dix de tes petits riches crétins réunis."

"Sans aucun doute," plaça Blaise, retrouvant enfin son infâme assurance.

Elle le regarda, incertaine, avant de poursuivre. "A l'inverse, tu ne me mérites pas."

"Non, mais je fais de mon mieux pour essayer," dit-il avant qu'elle ne puisse reprendre la parole.

"Tu peux essayer tant que tu veux, et je jouerais peut-être un peu avec toi pour passer le temps mais je ne ferai aucune promesse de ne pas te jeter si et quand quelqu'un de mieux viendra."

A cela, Blaise cligna plusieurs fois des yeux, sous le choc. Était-elle sérieuse ?

"Alors... alors je suppose que je n'ai plus qu'à te convaincre qu'une telle personne n'existe pas," fit-il enfin.

Ginny eut un petit rire. "Tu te casses tout seul. Ça ne change presque rien. Dans tous les cas, j'allais prendre un bain quand Percy est passé. Si ça ne t'ennuie pas, j'aimerais beaucoup y aller. Si tu veux bien m'excuser."

Puis elle tourna les talons et quitta la pièce. Après un moment d'incertitude, Blaise secoua la tête et tenta de retrouver ses repères. Mais que venait-il de se passer ?

Avec une fougue renouvelée, il sortit en trombe, partit pour la ramener. Pourtant, alors qu'il traversait le couloir plongé dans l'obscurité, il trébucha sur quelque chose qui s'enroula autour de son pied. Se courbant, il ramassa ce qui semblait être un large et duveteux morceau de tissus rose. Cela prit un moment à son esprit de comprendre ce qu'il tenait, et quand il comprit, il devint aussitôt dur comme la pierre.

"Elle n'aurait pas," songea-t-il avec une crainte mêlée d'admiration.

Avec une nervosité digne d'un petit garçon, qu'il n'avait pas ressenti depuis des années, Blaise leva lentement les yeux. Se tenant à l'autre bout du couloir se tenait la silhouette assombrie de la femme de ses rêves, seulement vêtue d'une petite culotte de coton blanc ; la lumière émanant par la porte ouverte de la salle de bain embrassait ses contours et accentuait ses formes délicieuses.

Lui tournant le dos comme si elle allait pénétrer dans la salle de bain embuée de vapeur, elle lança un regard par dessus son épaule et avec un sourire en coin diabolique, elle murmura : "Tu sais où est la porte." Et après quoi elle disparut, laissant la porte de la salle de bain grande ouverte.

Soudain, Blaise sentit sa poitrine se serrer et ses genoux se transformer en gelée alors qu'une secousse de luxure pure et totale longeait sa colone vertébrale. En un instant de lucidité, il réalisa que c'était son idéal. Désirer ardemment une femme qui apparemment n'avait rien à faire de lui. La vouloir désespérément et lui courir après pendant que de son côté elle s'amusait en songeant à lui. C'était malsain et tordu, mais il admettait qu'il serait totalement fou amoureux d'elle pour le reste de sa vie en conséquence de son apparente indolence. Il ne serait jamais fatigué d'elle... l'inaccessible. Ou il était masochiste, ou elle était un putain de génie. En étant honnête envers lui-même, il savait que c'était un peu des deux.

Se reprenant, Blaise murmura doucement en réponse à son défi : "Pas de soucis pour ça," avant de parcourir le couloir en direction de la "porte" pour revendiquer la perle rare.

Pansy reposait dans sa chambre obscure, laissant l'humidité de ses joues incontrôlée. Après avoir enfin convaincu Blaise que tout ce dont elle avait besoin était d'être seule, elle avait lancé des sorts de verrouillage et de silence sur sa porte et sa pièce, puis était directement tombée sur le lit, toute habillée, il y avait de ça deux bonnes heures. Elle n'avait bougé de la position foetale en laquelle elle s'était alors recroquevillée.

Ça ne lui arrivait pas. Elle n'avait pas vraiment pu tomber amoureuse de quelqu'un pour se voir dire 'non'. Ça ne semblait pas réel. Rien ne lui avait jamais été refusé de toute sa vie. Par le passé, elle n'avait qu'à faire la moue et gémir un peu, et quoi qu'elle ait voulu en cet instant, cela devenait automatiquement sien. Maintenant, quand tout ce qu'elle voulait consistait en une personne, cela lui était refusé. Si elle le pouvait, elle aurait échangé tous ces 'oui' sans importance pour inverser ce seul et monumental 'non'.

Tout à coup, il y eut un léger mouvement d'air, et Pansy sut que quelqu'un venait tout juste de transplaner dans sa chambre. Ce ne pouvait être que Blaise. Ne lui avait-elle pas dit... pesté contre lui que tout ce qu'elle voulait était d'être laissée seule ? Elle prit un instant pour se ressaisir puis s'étendit sur le dos pour voir l'intru, lui lançant un regard sévère. La stature assombrie qui se tenait à côté de son lit et avait les yeux baissés sur elle n'était définitivement pas celle de son vieil ami. Alors qu'il la fixait pendant plusieurs longues secondes, elle put reconnaître les traits qu'elle avait appris à chérir si sincèrement.

"Dernière fois," murmura-t-il finalement dans un souffle paisible.

Incapable de passer outre le noeud dans sa gorge, Pansy ne put que lui répondre par un minuscule acquiescement avant de tendre les bras vers lui, lui faisant signe de venir à elle.

Le regard de Percy passèrent avec colère le long de son corps, tentant désespérément de tout mémoriser d'elle. Il s'était battu contre lui-même, son esprit luttant contre son coeur pour arrêter cet élan inévitable vers elle. Il ne pouvait se résigner au fait que la dernière fois où ils étaient ensemble – ce matin de batifolage, deux semaines plus tôt, ce qui s'apparentait à des années désormais – était en fait leur dernière fois.

Il avait besoin de savoir... de sentir... d'être capable de savourer chaque toucher, baiser, et caresse, les brûlant dans son esprit et les préservant dans sa mémoire où il pourrait les visiter lors des heures froides qui suivraient.

"Dernière fois," s'entendit-il dire.

Où avait-il pu trouver la force de prononcer ces mots, il ne le saurait jamais. Elle eut un petit hochement de tête puis tendit les bras vers lui. Ce fut aussi simple que ça. Il était impuissant à résister à l'attirance que cette vue soulevait en lui, et en un mouvement il vint à côté d'elle et s'étendit le long de son corps. Enfouissant son bras droit sous la tête de Pansy, il leva sa main droite et essuya avec délicatesse les larmes dévalant toujours son visage, avant de prendre sa mâchoire en coupe et de passer son pouce sur sa joue. Lentement, il se baissa et prit ses lèvres en un baiser pénétrant, tentant d'oublier qu'après cette nuit il ne les ressentirait jamais plus.

Il n'y eut pas de hâte pour ôter leurs vêtements ou de besoin ardent, fier et urgent de se consumer l'un et l'autre. A l'opposé, cette rencontre était lente et fervente, tous deux prenaient leur temps pour savourer chaque moment sans qu'un mot ne soit échangé. Il prenait l'amour dévorant qu'elle offrait, s'y épanouissant, puis rendait à la jeune femme ce même amour décuplé. Après plusieurs heures de légers halètements, doux murmures, et calmes ébats amoureux dans une quasi obscurité, les deux âmes improbables reposaient face à face, se tenant simplement les mains.

"Ne pars pas encore," souffla Pansy, luttant pour faire fi de sa poitrine serrée.

En réponse, Percy passa son pouce sur ses jointures délicates avant les porter à ses lèvres pour y déposer un baiser respectueux.

"Attends jusqu'à ce que je sois endormie," supplia-t-elle, les larmes embuant déjà ses yeux et glissant sur ses joues pâles.

Percy l'attira dans ses bras et l'enlaça étroitement, tentant de repousser le chagrin qui allait survenir – il ne le savait que trop bien. Pour sa part, Pansy enroula ses bras autour de lui et se promit que ce ne serait pas la dernière fois qu'elle le tenait.