Le démon reste assis. À côté de lui, le petit être perd lentement conscience… Comment le jeune garçon peut-il lui avoir demandé ça ? L'embrasser ? Alors qu'il allait le tuer ? Impossible… Un humain n'est pourtant pas assez fou pour…
« Seba… Hii… Je… »
L'enfant gémit de douleur, implorant le monstre.
« S'il… Je t'en… prie… Aide… moi… »
Sa voix se perd dans le coma tout proche. Le maître demeure silencieux, les yeux dans le vague… Brisé. Il est brisé par ce qu'il a fait. Il est brisé par lui-même…
« Sebas… Je sais… que tu… vas- Nha ! »
Le jeune homme crache du sang. Il s'étouffe.
« Seb… Ne me… »
Le démon est toujours impassible.
« … PUTAIN ! BOUGE ! BLaaArgh ! »
L'adolescent a eu tort : hurler comme il l'a fait n'a fait qu'accentuer l'hémorragie. Il retombe sur le sol, laissant chavirer ses yeux et couler le liquide visqueux.
« Sal-… Salaud… »
« C'est mieux ainsi, tu sais… »
« Nnh ?... »
Le démon soupire, puis ferme les yeux. Il bascule sa tête en arrière.
« Il vaut mieux que tu meurs. Je ne t'insulterai plus, ne te frapperai plus, ne te violerai plus… Certes, les dernières années de ma vie n'auront rimé à rien, mais ce n'est pas si grave. Tu pourras enfin te reposer, loin de moi, partir et rejoindre tes parents. Je les ai vu il y a peu. Ils t'attendent, au Paradis. Et, même si tu es un ange déchu, je sais que tu iras les rejoindre. Ah, ta tante et ton chien y sont aussi, ne t'inquiète pas. Et… Une autre personne les a rejoint il y a déjà plusieurs mois… Tu te demande sûrement qui ça peut-être, hein ?... Non, ce n'est pas un de tes tortionnaires… Je les ai anéantis, sous tes ordres, ils croupissent en Enfer… Je m'en suis assuré et j'y veille encore personnellement. Non… C'est un homme qui t'attend. Il sourit toujours, est plutôt bel homme, très serviable… Loyal, courageux, gentil, moqueur, doué en tout, passionné par les chats, cordon-bleu… Parfait, en somme. Il t'aime aussi. Oui, malgré le fait que sa condition le lui interdise, il t'aime. De tout son cœur… Et Satan sait qu'il est grand, son cœur… Il t'a suivi pendant de magnifiques années, il t'a lavé, soigné, nourris, couché, habillé, déshabillé, protégé… Il s'est moqué de toi, mais c'était par pur attachement… Il t'a admiré, et il continu de le faire… Il t'a aimé… Et a promis de t'aimer à jamais. Il était seul, et tu l'as accompagné dans sa solitude. Il était triste, et tu l'as fait sourire. Il était lassé, et tu lui as donné le besoin de vivre… Il était perdu… Et il l'est de nouveau maintenant. Car tu n'es pas à ses côtés. Car il est seul. Car il t'aime, mais que tu n'es pas là pour lui donner raison de le faire. Alors, plutôt que de te garder à mes côtés, jalousement… Je préfère te laisser le rejoindre. Mais… Je ne peux pas t'infliger le coup de grâce… Désolé, mais je ne peux pas. Je vais simplement rester là, à attendre que tu meurs. Attendre… C'est tout ce que je peux faire… Pardonne-moi, Ciel… »
L'ange pleure. Il veut parler, mais ses cordes vocales ont comme céder sous la douleur et l'épuisement. Il soupire des plaintes emplies de tristesse, il ne doit s'évanouir pour rien au monde. S'il cède, il mourra.
« Allez, ferme les yeux… Tu sais, ça ne fait pas mal. On s'endort… pour toujours. »
« Hhhmm… »
« Ne te débat pas… Tu rends la chose encore plus difficile… »
« …me… »
« Pardon ? »
« … Je t'aime… »
L'ange ferme ses yeux couleur d'eau. Le démon laisse couler des siens ce qui ressemble à des gouttes.
The End.
...
...
Je blague. Mais je ne sais pas comment "rattraper" cette déclaration. Vous ne pensez pas qu'elle est arrivée un peu vite ? Moi, si.
Mais je suis satisfaite du monologue du démon et des circonstances de cette déclaration. J'y ai mis du cœur, croyez-moi...
Voilà. Il est 00:19, je suis fatiguée, et je viens de visiter le Facebook du garçon que j'aime depuis bientôt trois ans. Je sais que je raconte ma vie, mais figurez-vous qu'il a changé sa photo de profil... On le voit en combinaison de ski bleu foncé, sur une piste de ski, de la neige tout autour... Immensément seul sur cette photo. Je viens de me rendre compte que ce qui fait la beauté de ce cliché n'est pas le neige ou la piste, mais sa solitude. Oui, sa douce et cruelle solitude...
Bon, j'arrête de monopoliser l'espace. Merci encore pour vos rewiews. Je vous aime tous =3
