Et beh ! J'ai mis du temps à me rendre compte qu'on était mardi ... heureusement pour vous je m'en suis tout de même souvenu !
Vos reviews ont été adorables et très encourageantes ! Encore une fois des nouveaux lecteurs, ce qui flatte énormément mon égo lol
Pour tous ceux qui se posaient des questions face à la timidité et à la réserve dont faisaient preuve Bella et Edward, vous aurez un peu plus d'explications dans ce chapitre. ne vous inquiétez pas, ça ne va pas durer éternellement. J'espère que vous comprendrez le point de vue que j'ai adopté quand vous aurez lu ce chapitre.
Installée au piano, je sentais les regards peser sur moi, particulièrement celui d'Edward.
Cette nuit, quand je lui avais avoué avoir fait exprès de mal jouer, il avait fait semblant d'être énervé quelques secondes avant de me faire promettre de jouer normalement maintenant que j'étais certaine de pouvoir passer autant de temps que je le voulais avec lui. Soit disant que ça lui déchirait le cœur - et les oreilles - quand je loupais une note et qu'il devait me réprimander. Il avait pourtant était sceptique quant à mes capacités à jouer mais le dernier mois à travailler avec lui m'avait ramené ma dextérité et je voulais lui en mettre plein la vue.
Jusque là, il s'était contenté de me faire jouer quelques morceaux simples et lents et je choisis donc de jouer quelque chose de totalement différent pour faire effet. Je le sentais s'impatienter dans mon dos mais ne commençais pourtant pas, me remémorant les notes afin de ne pas cafouiller.
« Ce n'est pas compliqué Bella. Les longs machins roses au bout de tes mains sont des doigts. Il te suffit de les poser sur les rectangles blancs et noirs qui sont les touches du piano. » Me taquina Emmett, installé dans un des fauteuils avec le reste des Cullen présents.
Les moqueries avaient fusées le reste du petit déjeuner, et quand Edward avait dit que j'allais jouer du piano, son cousin avait grimacer avant de dire, avec ironie, qu'il avait hâte d'entendre les merveilles dont j'étais capable.
Inspirant un grand coup, je me lançai enfin et entamai la Marche Turque de Mozart. Ce morceau m'avait toujours épaté et je l'avais appris vers l'âge de huit ans, m'y mettant avec acharnement pour le plus grand plaisir de mon professeur de l'époque. Je me concentrai sur le mouvement de mes doigts, ne pouvant profiter des réactions des autres, mais je préférais les épater plutôt que les observer et rater des notes.
Au bout de quelques minutes, le morceau s'acheva enfin et je levai mes mains du clavier pour les poser sur mes genoux avant de pivoter sur le banc.
Carlisle et Alice me regardaient en souriant, lui appréciant la musique et elle sachant depuis le début que je faisais en sorte de me planter volontairement ; Esmé était installée dans un fauteuil, profitant du son du piano comme elle le faisait à chaque fois que son fils ou moi jouions ; Emmett était au bord de son siège, les yeux écarquillés devant 'tant de talent'. Mon dernier coup d'œil fut pour Edward qui était aller s'installer sur l'accoudoir du canapé et me regardait avec un sourire moqueur. Il venait, à l'évidence, de comprendre l'importance de la supercherie que je jouais ces dernières semaines.
« Bella chérie c'était magnifique ! » S'exclama Esmé en s'approchant de moi.
« C'est beaucoup plus agréable de t'écouter jouer maintenant. » Approuva Alice en m'adressant une grimace pleine de sous-entendus.
« J'ai eu un bon professeur. » Dis-je en souriant, entrainant un air fier sur le visage de mon petit-ami. « Mademoiselle Parker m'a poussé à travailler pendant de semaines pour que j'arrive finalement à jouer ce morceau. » Ajoutai-je en me moquant.
Qu'il ne se tire pas tout le mérite non plus. J'avais tout de même pratiqué huit ans de piano et ce n'est pas parce qu'il avait aidé mes doigts à dérouiller que mes prouesses dépendaient entièrement de lui. C'étaient toujours MES doigts qui frappaient les touches !
« Bon ! » S'exclama Emmett. « Je n'ai apparemment plus aucune raison de me moquer de Bella pour le moment alors je vais y aller avant que maman Carmen ne s'énerve. » Continua-t-il en se levant.
« Oui. Surtout que ça doit faire trois semaines qu'elle te demande de ranger le garage et il serait temps que tu t'y mettes si tu vois ce que je veux dire. » Rétorqua Esmé avec un regard insistant.
« Ouai ! On connait tous les fureurs de maman Carmen. » Concéda-t-il à sa tante en ouvrant la porte. « A plus les amoureux ! » Lança-t-il avant de disparaitre derrière le panneau de bois.
Évidemment, je rougis, faisant ainsi rire Alice qui se moquait de moi avec plaisir. Vive l'amitié !
« Allez joue autre chose Bella, épates-nous ! » M'encouragea Carlisle.
« Évite le Vol du Bourdon, ça préserverait mon égo. » Me dit Edward avec un sourire crispé.
« Rassure-toi je ne l'ai jamais appris. » Répondis-je en souriant avant de reposer mes mains sur le piano.
Je réfléchis un instant pour savoir ce que j'allais jouer. Un morceau en particulier me venait en tête, mais je savais que, bien que j'en sois techniquement capable, je n'étais pas encore prête à le rejouer. Trop de souvenirs y étaient liés et je n'avais pas envie de pleurer aujourd'hui. J'étais trop heureuse aujourd'hui pour regretter mon enfance avec Charlie. Chassant mes pensées, je me mis à jouer The heart asks pleasure first.
Lorsqu'Edward s'installa sur le banc à côté de moi, je perdis ma concentration une seconde et ratai un accord en grognant. Il rit, se moquant gentiment de moi et sa mère le réprimanda avant qu'il ne m'accompagne, jouant quelques accords simples pour accompagner la mélodie. Je lâchai un sourire, mon regard toujours fixé sur mes mains qui volaient au dessus des morceaux d'ivoire.
L'heure suivante défila ainsi, tous deux installés au piano, jouant en alternance mais jamais ensembles. Je ne m'étais jamais essayé aux partitions à quatre mains mais jouer avec Edward me plairait assurément. Je fini par lui demander de rejouer Dawn et observais ses mains afin de retenir un maximum de la partition, quasiment en vain.
Les membres de sa famille avaient fini par vaquer à leurs occupations et moi, je m'étais installée dans un fauteuil pour l'écouter jouer. J'avais dû pousser un peu avec mon premier morceau car il interprétait régulièrement des partitions compliquées. Je ne m'en vexais pas pour autant. Il était bien meilleur musicien que moi et c'était un plaisir de l'écouter.
Je finis par me relever de mon coin de confort et allai me placer derrière lui. Les mains sur ses épaules, j'attendis qu'il achève son morceau et qu'il se tourne vers moi pour lui parler.
« Tu en as assez du piano hein ? » Me demanda-t-il en riant.
« Bien que ça fasse plus de deux heures que tu joues, j'avoue que ça ne me dérange pas. Non, c'est juste qu'il faut que j'y aille. » Grimaçai-je.
« Où donc ? » S'étonna-t-il en fronçant les sourcils. « Je croyais que tu restais là jusqu'à mardi. »
« Oui, oui. Je veux dire … il faut que je passe chez moi pour faire une lessive, récupérer mes affaires de cours et enfiler un jogging avant qu'on aille courir. »
« Si ce n'est que ça … Va chercher tes affaires et je t'accompagne. » Dit-il en se levant.
« Tu n'es pas obligé si tu as autre chose à faire tu sais. »
« En temps normal tu m'aurais fais ta moue à la Alice pour que je vienne avec toi. »
« Oui mais ces temps sont révolus monsieur Cullen. Maintenant je sais que lorsque je vais revenir tu voudras passer un peu de temps avec moi. »
« Avant aussi. » Contra-t-il.
« Oui mais je ne le savais pas. »
« Peu importe, je viens avec toi. » Conclu-t-il.
Haussant les épaules en signe de reddition, je l'abandonnais quelques minutes le temps d'aller chercher mon sac à l'étage, celui qui contenait mes vêtements de la semaine passée. Lorsque je ressortis dans le hall, Alice m'attendait dans l'encadrement de sa porte et tenta de m'attraper par le bras.
« Allez quoi je suis ta meilleure amie tu me dois bien ça ! Je t'ai raconté mon ciné avec Jasper moi ! » Négocia-t-elle quand je résistai.
« Plus tard Lili. Ce soir c'est promis. » Dis-je en me dirigeant vers les escaliers.
« Tu as intérêt ! » S'exclama-t-elle alors que j'atteignais le salon.
Edward m'y attendait, sa veste déjà sur les épaules et ses clés de voiture en main.
« On y va à pieds. Je vais récupérer ma voiture aussi. »
« Pourquoi faire ? On prendra la mienne. »
« Non tu pourras la laisser à Alice. Ça sera plus simple pour tout le monde. Enfin … sauf si ça dérange que Lili-Rose reste dans votre allée. » Bredouillai-je.
« Non, non. » Dit-il en riant encore une fois du nom de ma voiture.
Attendant que j'ai enfilée ma veste, il ouvrit la porte et récupéra mon sac quand je passais à côté de lui. Je râlais un peu avant qu'il n'utilise l'excuse du gentleman. Si c'était ce qu'il voulait après tout, je ne voyais pas le besoin de me fatiguer.
Nous prîmes le chemin pour aller chez moi encore une fois dans le silence. Rien de gênant cette fois, nous n'avions juste rien de spécial à dire. Enfin pour ma part c'était le cas et pour lui montrer que je n'étais pas une nouvelle fois distante, je passais mon bras sous le sien avant d'enfouir ma main dans la poche de ma veste pour la tenir au chaud. Il me lança un sourire rapide et je lançai une discussion inutile, lui demandant des nouvelles de ce qu'il s'était passé au lycée pendant notre absence. Il me parla surtout des entrainements et du match que nous aurions à jouer le week-end suivant.
Je l'avais oublié celui-là. Je n'avais pas vraiment fait d'exercice cette semaine et j'avais intérêt à m'y remettre sérieusement pour tenir le coup samedi prochain face à l'équipe de Mesa.
Retenant un soupir, je reportai mon attention sur Edward qui me parlait maintenant du cours de biologie puisque c'était le seul que nous avions en commun.
Lorsque nous arrivâmes chez moi, je trouvai la maison extrêmement terne et vide. J'avais aussi l'impression de ne pas y avoir mis les pieds depuis des semaines alors qu'il ne s'en était écoulée qu'une. Les évènements de New-York, puis le bal et ma discussion avec Edward … tout avait franchement déréglé mon rythme de sommeil et ma notion de temps était bien chamboulée.
Ôtant ma veste et la jetant sur le canapé, j'entrainai Edward vers le garage et la machine à laver. Il ne me fallut pas longtemps pour lancer une machine et abandonner le reste de mes vêtements dans une panière pour un prochain programme. Nous prîmes ensuite la direction de ma chambre et lorsque nous l'atteignîmes, je me sentis presque mal à l'aise.
Ce n'était pas la première fois qu'Edward y rentrait, loin de là, mais d'habitude il ne passait pas par la porte. Essayant d'agir le plus naturellement possible, je posais mon sac sur mon lit afin de récupérer les affaires dont j'avais besoin jusqu'au retour de ma mère et Phil, le mardi soir.
« Tu es obligé de rester là à rien faire ? » Le taquinai-je en lui lançant un des coussins roses dont il aimait se moquer.
Edward s'était laissé tomber en travers de mon lit au moment où il était entré dans la pièce et n'avait plus bouger, se contentant de suivre des yeux mes mouvements entre l'armoire et mon sac.
« Partant du principe que je n'ai rien à faire … »
« Rends-moi service. » Dis-je en me penchant pour enclencher le bouton de la tour de mon ordinateur. « Tu peux copier les photos de New-York qui sont sur mon appareil le temps que j'aille enfiler mon survêt ? »
« Tu sais que tu deviens franchement exigeante ? » Soupira-t-il en se levant.
« Je le suis toujours moins qu'Alice. Je sais que tu peux gérer ça. » Rétorquai-je sérieusement en quittant la pièce.
Tout cela était compliqué. J'essayais d'agir normalement avec Edward, et il semblait vouloir faire la même chose, mais même si nos sentiments n'avaient pas changés depuis une semaine, maintenant nous étions au courant, et ça, ça changeait beaucoup de choses.
Je n'avais pas l'habitude de tout ça, tous ces trucs de couples, ces petits gestes d'affections. Je savais quoi faire évidemment, mais j'étais gênée et je trouvais ma réaction stupide. Après tout, rien n'avait changé comme Edward me l'avait dit hier soir. Tout devait être beaucoup mieux. Comme avant mais avec un supplément. Bonus de 5000 points. J'avais le droit de faire ces choses que je me retenais de faire avant car elles étaient trop tendres pour être prises comme des preuves d'amitié. Je devais en profiter, j'avais gagné ce droit ! J'avais suffisamment attendu mon moment. Après tout, ce matin, ça n'avait pas été si difficile de se laisser aller quand nous nous étions embrassés. La solution la plus probable à ce 'problème' était d'arrêter de réfléchir et agir comme j'avais simplement envie de le faire.
Parée de mon pantalon de survêtement et d'un gros sweat bien épais, je rejoignis ma chambre au top du glamour. Comme je le lui avais demandé, Edward était installé à mon bureau et faisait défiler les photos alors qu'elles se chargeaient sur mon disque dur. Décidant de mettre en application mes nouvelles résolutions, je m'approchai derrière lui et … posai mes mains sur ses épaules.
Bravo Bella ! Quelle avancée ! D'accord c'était mieux que rien, mais toujours passablement pitoyable.
« Prête ? » Demanda-t-il en tournant à peine la tête vers moi.
Je veux bien faire des efforts mais remues-toi aussi Cullen. Tout n'arrive pas sur un plateau d'argent dans la vie.
« Hmm. Et toi c'est bientôt fini ? » Demandai-je en appuyant mon menton sur le sommet de son crâne.
Allez Bella ! Tu peux le faire ! On croit tous en toi.
« Ouaip. » Dit-il simplement avant de nous laisser retourner dans le silence. « Je repensais à un truc … »
Ah ! Peut-être qu'il va se bouger finalement. La dernière fois qu'il a parlé du 'truc' ça s'est plutôt bien passé.
« Est-ce que tu penses que je suis gentil ? » Demanda-t-il sérieusement en tournant sur la chaise à roulette, me faisant ainsi quitter ma position.
« Euuuh … l'intérêt de cette question ? Parce qu'elle m'a l'air plutôt rhétorique tu sais. » Répondis-je, un sourcil haussé.
« Et bien il y a eu ce jour en biologie, au début de l'année. Tu avais mentionné des bons points et je me demandais si j'en avais gagné d'autres. »
J'éclatai alors de rire. C'était donc ça ?
« En fait, ce jour là tu en as gagné deux mais je ne voulais pas que tu prennes la grosse tête alors j'ai gardé ça pour moi. J'ai arrêté de compter depuis un moment, je ne sais absolument pas où en sont les scores. »
« Mais j'ai dépassé les dix n'est-ce pas ? » S'enquit-il.
« Largement. » Répondis-je, ne sachant pas où il voulait en venir.
« Donc j'ai droit à une image ! » S'exclama-t-il en se redressant et affichant un grand sourire. « Tu avais promis Bella. » Ajouta-t-il en voyant mon manque de réaction.
« Non, non. J'avais dis que j'allais y penser. Ne prends pas tes rêves pour la réalité Cullen. » Rétorquai-je, juste pour le taquiner, sachant très bien que je ne voyais aucun inconvénient à ce qu'il ait une photo de moi. J'étais même assez contente qu'il veuille en avoir une.
Je jetai ensuite un coup d'œil à l'écran, où une photo d'Alice et Rose devant le podium du défilé était affichée, et vis ma boite mail clignoter. Je fis un mouvement pour m'approcher mais m'arrêtai.
J'avais le choix. Simplement me pencher et le laisser se décaler ou alors prendre les choses en mains encore une fois. Inspirant aussi discrètement que possible, je me déplaçai ensuite avant de m'assoir sur le bord de ses genoux.
Je le sentis se tendre légèrement mais fis comme si de rien n'était, sachant que s'il était gêné il me le dirait surement. J'attrapais la souris et commençais la consultation de mes messages. Il ne fallut pas longtemps pour que je sente la main d'Edward se poser sur mon dos, immobile, et je retins un soupire de soulagement. Il n'était pas gêné, du moins pas trop, et il avait capté le fait que j'essayais d'aider les choses à se mettre en place. Peut-être qu'on allait arriver à quelque chose.
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Totalement essoufflée et les jambes en compote, je me laissai tomber sur un des banc de l'air de pique-nique devant le snack.
Une fois mes mails consultés, j'avais éteins mon ordinateur et nous avions quitté ma chambre, puis la maison, en direction du parc. Et je ne m'étais pas trompée en disant que je serais passablement fatiguée à cause du manque de pratique sportive de ces derniers jours. Edward avait essayé de ralentir le rythme légèrement pour que j'arrive à suivre mais ça n'empêchait pas que je sois maintenant épuisée.
Je relevai la tête, toujours en essayant de reprendre mon souffle, et je vis Edward qui me regardait, sa respiration à lui déjà de retour à la normale.
« Pire qu'à mon retour d'Australie hein ? » Parvins-je à dire entre mes inspirations.
« Ne parle pas … essaye juste de reprendre ton souffle. » Répondit-il en me regardant sérieusement.
« On a échangés les rôles ? C'est toi le pro de l'endurance maintenant ? » Demandai-je en riant, toujours à la limite de l'agonie.
« Okay on va faire un truc puisque tu ne sembles pas capable de te taire cinq minutes. » Me taquina-t-il.
Puis il attrapa mes mains avant de tirer sur mes bras pour m'aider à me relever. Je grognai en grimaçant, mécontente de ne pas pouvoir simplement restée à ma place. J'avais mal aux jambes bon sang !
Toujours mes mains dans les siennes, il écarta les bras en croix et inspira profondément par le nez.
« Tu inspire bien en ouvrant ta cage thoracique … et tu expires lentement. » Expliqua-t-il en laissant retomber nos bras doucement.
Oui … il était bien devenu le pro de l'endurance.
En le fixant toujours dans les yeux, je continuai son petit exercice, élargissant les yeux en grand au moment de l'inspiration et en gonflant exagérément mes joues lorsque j'expirais. Je me moquais de lui uniquement pour essayer d'oublier qu'à cause de la proximité de nos corps, chaque inspiration profonde engendrait la rencontre de ma poitrine contre son torse.
« Idiote. » Souffla-t-il en riant avant de se pencher pour piquer un baiser sur mes lèvres … et je manquais de perdre mon souffle à nouveau à cause de la surprise.
Lorsque j'eus enfin retrouvé un rythme de respiration normal - et qu'Edward s'en fut rendu compte - il ramena nos bras vers le bas et passa les siens autour de ma taille.
Un petit pas pour l'humanité mais un grand pas pour Edward Cullen !
Me regardant fixement, sans dire le moindre mot, il fini par s'écarter de nouveau et me força un peu à m'assoir avant de s'éloigner vers le comptoir du snack pour récupérer les deux habituels cocktails énergisants que Greg avait préparés en nous voyant arriver. Il me tendit le mien et resta planté là debout devant moi encore une fois.
La paille dans la bouche, je ne pouvais pas dire grand-chose, ce qui tombait bien puisque je ne savais, une fois n'est pas coutume, pas quoi lui dire. Je regardais un peu partout autour de nous quand mon attention fut de nouveau renvoyée sur lui.
Un grand sourire au visage, il s'appliquait à repousser mes mèches folles derrières mes oreilles et de nouveau, j'inspirais profondément par le nez avant d'expirer lentement, aussi discrètement que possible. Evitant aussi de faire des bulles dans mon verre.
« Ah ouai … le truc de la mèche. » Marmonnai-je, la paille toujours entre mes dents. « Les joues rougies et les yeux brillants ? Je dois être absolument magnifique en ce moment non ? » Ajoutai-je en me rappelant sa petite déclaration de la veille.
Fier de son effet - j'avais rougi encore plus évidemment - son sourire s'élargit et il ne me quitta pas des yeux tout en s'asseyant à côté de moi.
Comme moi il appuya son dos contre le bord de la table et regarda les gens passer, rentrant d'une après-midi fraiche mais ensoleillée. Il fini par allonger son bras sur le bois derrière moi sans pour autant me toucher. Je pris ce geste comme une invitation - qu'il me laissait l'occasion de refuser - et me déplaçai de manière à m'appuyer un peu plus contre lui, et hop tête penchée sur son épaule.
« On commence à s'en sortir pas trop mal. » Rit-il doucement en rapportant son bras autour de mes épaules.
« Je crois qu'il suffit juste de ne pas penser. »
« Aaaah donc c'est pour ça qu'Emmett est si à l'aise avec ces choses. » Lâcha-t-il en acquiesçant doucement de la tête.
Nous restâmes ainsi quelques minutes de plus en rigolant, papotant occasionnellement, jusqu'à ce que nos boissons soient terminées. Malgré le moment que nous venions de passer, tous les blocages n'étaient pas tombés - de mon côté du moins - et tout fut plus ou moins à refaire quand nous fîmes notre trajet de retour chez les Cullen à bord de ma voiture.
Une fois garée sur le trottoir devant la maison, je coupai le contact, laissant ainsi le silence envahir de nouveau l'atmosphère. Enfin c'est-ce que je cru avant d'entendre un bruit lointain que je fini par oublier pour sortir de Lili-Rose que je verrouillais.
Edward avait récupéré mon sac dans le coffre et m'attendait en bas de l'allée pour entrer.
Étrangement, plus nous nous approchions de la porte et plus le bruit était important. Je fronçai les sourcils et me tournait vers lui quand je l'entendis marmonner.
« Qu'est-ce que … » Eu-je à peine le temps de demander avant qu'il n'ouvre la porte.
Le bruit se fit alors assourdissant. La musique était, j'aurais pu le parier, à son maximum et je n'entendis même pas la porte se fermer alors qu'elle était à peine vingt centimètres derrière moi.
Une main dans mon dos, Edward me guida vers les escaliers, ne semblant même pas trouver bizarre que son salon se retrouve transformé en boite de nuit. Il avait seulement l'air passablement pressé de rejoindre l'étage, chose que je compris au moment où mon regard se posa sur la cuisine.
Sans mentir, ma bouche tomba ouverte, type cartoon, à la vue du spectacle qui se déroulait sous mes pauvres yeux innocents.
Madame Cullen - parce que vu les circonstances, l'appeler Esmé me paraissait presque trop personnel - avait son dos appuyé contre le comptoir qui séparait la cuisine de la salle à manger, monsieur Cullen devant elle.
Jusque là ça va encore, je ne suis pas aussi prude, même quand il s'agit des parents parfaits de mon petit-ami. Non, le truc qui m'a laissé sur le cul c'est de les voir aussi proches. Et par proches … ils étaient pires que collés-serrés !!
Mes yeux s'élargirent d'autant plus lorsque ce que je cru reconnaitre comme le refrain de la chanson commença. Le docteur Cullen se broya littéralement contre sa femme.
Ah ça y est je le tiens ! Ils tentent une expérience de physique nucléaire ! Sauf que je ne suis pas absolument certaine que ce soit le bon principe pour la fusion.
La main d'Edward attrapant la mienne fut le seau d'eau qui me ramena à la réalité. Mon regard se reporta sur lui et il se pencha à mon oreille et cria pour se faire entendre malgré le son de la musique.
« Il faut qu'on s'en aille VITE avant le solo de guitare. » Déclara-t-il simplement avant de me tirer vers les escaliers alors qu'un nouveau refrain commençait.
C'mon, take a bottle, shake it up
Break the bubble, break it up
Pour some sugar on me
Ooh, in the name of love
Pour some sugar on me
C'mon fire me up
Pour your sugar on me
Oh, I can't get enough
I'm hot, sticky sweet
From my head to my feet yeah
Puis ce fut le solo de guitare au moment où Edward me poussa dans la chambre d'Alice avant de fermer la porte derrière lui.
J'allais lui demander pourquoi cette pièce et pas sa propre chambre quand je vis le corps de mon amie, allongée sur son lit, sa tête sous un oreiller. Sa musique a elle aussi était assez forte, essayant de couvrir celle qui parvenait du rez de chaussée. Elle émergea de sous sa cachette au moment où Edward coupa la chaine hifi.
« Oh mon Dieu ! Pour some sugar on me* ! » Se contenta-t-elle de gémir avant que son frère ait eu le temps d'ouvrir la bouche.
« Ouai … Je ne pensais pas que tu étais là vu ce qu'il se passe en bas. Tu connais la raison d'un soudain … ? » Demanda-t-il sans pourtant trouver de terme à ce que faisaient ses parents en dessous de nous.
« Une semaine de séparation plus la saint Valentin hier … enfin c'est-ce que j'ai pensé. Je suis partie une grosse demi-heure après vous et quand je suis rentrée il y a vingt minutes je les ai trouvés comme ça mais ils ne m'ont pas entendus. Et vous non plus de toute évidence. » Grimaça-t-elle avec l'air le plus désespéré que je n'ai jamais vu sur le visage d'Alice. « On la joue à pierre papier ciseaux pour savoir qui descend leur faire part de notre présence ? » Ajouta-t-elle en tendant sa main vers Edward.
« Je dois m'occuper de Bella ! » Prétexta-t-il en agrippant un bras autour de mes épaules.
« Bella va se doucher, elle n'a pas besoin de toi ! » Contra-t-elle, me faisant rougir à l'idée.
« La douche ! » S'exclama Edward. « Ils vont forcément entendre lorsque la chaudière va se mettre en marche et quand l'eau va couler. Non ? »
Alice lui adressa un regard sceptique, et moi-même je dû avouer que je n'étais pas convaincue. Bon sang la musique était bien trop forte !
« Bon si ils n'ont pas … terminé, lorsqu'on sort de la douche … j'irais les voir. » Déclara Edward.
« Merci ! » Soupira simplement ma meilleure amie avant de replonger sur son lit et d'enfoncer sa tête sous son oreiller de nouveau.
« Désolé pour tout ça. » S'excusa Edward une fois que nous fûmes enfermés dans la chambre d'amis, ayant laissés Alice avec sa musique et son coussin.
« C'est assez … ahurissant de voir tes parents comme ça mais je pense que j'arriverais à m'en remettre. »
« Le dîner risque d'être gênant autant pour eux que pour nous quand ils vont se rendre compte qu'on a assisté à ça. Heureusement qu'on a échappé au solo de guitare. » Grimaça-t-il.
« Pitié je ne veux pas en savoir plus. » Gémis-je en mettant mes mains sur mes oreilles dans une attitude puérile, ce qui me permit pourtant de couvrir une partie de la musique qui montait toujours de l'étage inférieur.
« Okay je te laisse te doucher et te changer. Tu me rejoins quand tu as terminé ? » J'acquiesçai et il piqua un baiser sur mes lèvres avant de s'éloigner vers la porte. « Chante sous la douche pour couvrir le bruit. » Conseilla-t-il avant de s'en aller.
Bien, bien, bien Bella. Tu viens d'assister à quelque chose que tu n'aurais jamais imaginé envisageable. Essaye juste d'oublier tout ça.
Malheureusement pour moi, le bruit de la musique qui continuait à tourner en bas ne m'aidait pas dans ma tâche, je choisis donc de suivre le conseil d'Edward - qui semblait habitué à ce genre d'évènements, le pauvre - et me dépêchai de rejoindre la salle de bains dans laquelle je m'enfermai et commençai à chanter. Plus ridicule que jamais bien évidemment.
Dans ce genre de situation, je ne m'imaginais pas chanter mes chansons habituelles. Sérieusement vous m'imaginez chanter Take me on the floor**, là, maintenant ? Non je ne crois pas non plus … Du coup, j'ai choisis les comptines pour enfants que Renée m'a apprises quand j'étais petites et que j'avais ensuite forcé Charlie à retenir.
Et je dois avouer que … entonner à tue-tête la famille tortue était suffisant pour couvrir le reste des bruits de la maison. Plus qu'à prier pour que personne ne m'entende. Dans ce but, je m'arrêtais toujours quelques secondes entre deux chansons pour écouter s'il y avait toujours du bruit ou pas. Quel ne fut pas mon soulagement quand c'est le silence qui domina au moment où j'achevais ainsi font.
Je terminais donc savonnage et shampooinage avant de me rincer et de finalement couper l'eau. Je me séchais ensuite le plus rapidement possible avant de me rendre compte que, dans ma hâte de m'isoler, je n'avais pas emporter de vêtements propres. En grognant, je m'essorai donc un maximum les cheveux pour qu'ils ne gouttent pas sur la moquette de la chambre, enroulai fermement la serviette autour de moi par pure précaution, et quittai enfin la salle d'eau.
J'étais pourtant persuadée d'avoir correctement fermé la porte de la chambre d'amis avant d'aller me doucher, mais à l'évidence je m'étais trompée à ce sujet puisqu'une personne m'attendait avec un grand sourire, installée sur le lit en tailleur. Je rougis brusquement, tout en me félicitant de ne pas avoir joué les exhibitionnistes pour aller chercher des vêtements. Vêtements qui m'atterrirent en pleine face d'ailleurs.
« Enfile ça rapidement, ensuite tu es à moi pour la soirée ma belle. »
*Chanson de Def Leppard. Et c'est là qu'on se rend compte que dans les années 80 c'était quand même des excités !!
Alors là …. Je me suis carrément laissé aller ! C'était un rêve fou de voir Carlisle et Esmé perdre les pédales et … je l'ai réalisé lol J'espère ne pas vous avoir trop choquer avec ce passage là !
**Take me on the floor (The Veronicas), tu vois Lilystrange, ça a été mentionné (je te promet qu'un jour elle le chantera).
Des reviews ? Dites-moi tout ce que vous en avez pensé ! Prochain chapitre mardi parce que là j'a plus tellement d'avance pour jouer les généreuses lol
