Titre : Deuxième Chance
Auteur/Artiste : babydracky
Couple : Pyro/Iceman
Fandom : X-men
Rating : PG-13
Thème : # 1 # Regarde-moi
Disclaimer : Les personnages de Pyro (St John Allerdyce) et IceMan/Iceberg (Bobby Drake) sont inspirés en grande partie des personnages des films et non de ceux des comics.

Ils restent la propriété de Marvel et de la Fox. Cette drabble est à situer pendant le troisième film, « The Last Stand ».

Bobby était choqué. Il y avait tant de monde ici. Tous ces mutants qui faisaient la queue sous les yeux belligérants d'une foule haineuse. Pourquoi ? Il pouvait comprendre que certains souffrent de leur condition de mutant, mais même s'il ne voulait pas les juger, il ne pouvait comprendre. Ce n'était pas la solution.

Longtemps il n'avait pas voulu de cette dégénérescence en ses cellules, de longues nuits il avait pleuré en suppliant le Seigneur dans sa grande miséricorde de le guérir. Mais aujourd'hui, même avec sa famille à dos, même sans le soutien de ceux qui auraient dû être là pour lui malgré tout, il ne pouvait envisager une telle solution. Annihiler le gêne mutant qui faisait de lui Iceberg équivalait à se détruire à petits feux.

Il connaissait la souffrance de Rogue. N'était-il pas bien placer pour la partager ? Ne pas pouvoir serrer dans vos bras la personne qui vous était la plus chère, ne pas pouvoir embrasser votre petite amie sans risquer de votre âme se faire complètement absorber, ne pouvoir poser un doigt sur sa peau sans risquer d'en mourir tout simplement. Bien sûr, il ne pouvait prétendre comprendre la douleur qui accompagnait ce don, mais ne pouvait-il être à la hauteur pour panser les plaies qu'elle laissait en ce cœur si généreux. Bobby ne voulait pas que Marie fasse cela, qu'elle renonce à son pouvoir, qu'elle détruise ses gênes mutants, qu'elle brise l'être merveilleux qu'elle était. Mais surtout, il ne voulait pas qu'elle fasse cela à cause de lui. Ne comprenait-elle pas qu'il serait à ses côtés, fidèle ? Son ami. Quoiqu'il advienne.

Il était au cœur de cette foule. De ces mutants qui se voulaient être acceptés tels qu'ils étaient, refusant cette cure, refusant l'idée même que certains s'y laissent aller. Pourquoi avoir honte de ce qu'ils n'avaient pas choisi d'être, mais ce qu'ils étaient tout de même.

C'est dans cette foule hurlante et outragée, au cœur de cette cohue si étrangère et si proche pourtant, que cette voix si familière résonna à ses oreilles. Cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait entendue. Son cœur se serra dans sa poitrine. Il avait craint ne plus jamais l'entendre, et pire pourtant, il savait qu'il l'entendrait à nouveau mais que plus jamais elle n'aurait ce timbre amical qu'il lui avait été donné de connaître.

« Venu pour la cure ? Envie de retourner chez pôpa et môman ? »

Ce rictus suffisant et haineux. Il lui faisait encore plus mal que la voix froide et provocatrice. Mais il ne se laisserait pas aller aussi facilement. Il était venu pour Marie, il ne pouvait pas la laisser faire ça.

« Je cherche quelqu'un… » Lâcha-t-il plus calmement et réellement inquiet. Il ne pourrait accepter que Marie fasse cela pour lui, à cause de lui.

« Oh…Je vois… » Lâcha John qui semblait s'être rapproché un peu plus de lui « Ta parodie de copine ! »

Cette voix était si froide, si distante, que Bobby eut l'impression que son être gelait de l'intérieur. Pourquoi un tel dégoût ? Pourquoi une telle rancœur ? N'étaient-ils pas amis ? Ne l'avaient-ils jamais été aux yeux de John ? Comment pouvait-il faire une croix aussi facilement sur leur passé commun ? Ca faisait mal.

« Peut-être la veut-elle cette cure, elle ? Elle est pathétique ! »

Non. Qu'il s'en prenne à lui était une chose, qu'il le rabaisse, qu'il l'insulte, qu'il l'humilie, qu'il le provoque. Mais pas Marie. Elle ne méritait pas ça ! Comment osait-il ?! Ne comprenait-il pas sa souffrance ? Jouer avec le feu, maîtriser la glace, était une chose, mais…ne pouvoir toucher personne et ne pouvoir être touché en retour en était une autre. C'était inhumain.

Il resserra son point et serra sa mâchoire à s'en faire mal. Il ne devait pas répondre à la provocation, il devait retrouver Marie. Mais ses sens l'emportèrent sur sa bonne conscience et il sentit son point se durcir et la glace l'envahir. La réaction de John ne se fit pas attendre. Une flamme naquit dans sa paume. Il n'utilisait donc plus son zippo, eut-il le temps de constater. Cela avait toujours été ainsi avec John, action-réaction.

« Qu'est-ce qu'il y a Iceberg » son visage s'était complètement fermé et ses yeux de braise s'étaient mués en haine aussi virulente que de la lave à l'état actif. Jamais il ne l'avait appelé Iceberg, toujours Bobby. Ca aussi ça faisait mal. « Je t'attends ! »

Toujours cette provocation. John. C'était John. Tout était différent à présent. Pourtant rien n'avait changé. Cet air provocateur, ce rictus suffisant et ce léger pli à la commissure de ses lèvres qui lui disait toujours que John était contrarié. Peut-être que…

Il se recula légèrement. Il ne voulait pas de confrontation directe avec John. Non, surtout pas avec lui. Il décida de se perdre dans la foule. Il ne pouvait supporter cette tension devenue palpable entre eux, cette haine qui déferlait en vagues brûlantes sur sa peau devenue glaciale. Il avait toujours considéré John comme son ami le plus proche, malgré leurs différents, malgré leurs disputes. Mais cela n'avait peut-être jamais été réciproque…

« Toujours le même bon vieux Bobby, hein! » L'interpella la voix de celui qu'il avait chéri comme un ami proche « Toujours aussi frileux face à la menace ? »

La menace ? En plus d'avoir perdu son amitié devait-il à présent réellement regarder John comme un ennemi ? Il n'avait pas su le retenir quand il l'avait fallu, alors qu'il quittait le X-jet seul, et maintenant il devait payer un tribut aussi cher ? Combattre quelqu'un à qui il tenait toujours autant ? Etait-ce son châtiment ? Perdre Marie et John ?

Il se retourna alors vers celui qui avait été durant des mois son camarade de chambre, vers ce visage qui avait été la première personne qu'il avait vue tous les matins cette dernière année et la dernière qu'il voyait avant de coucher. C'était sa voix qui l'avait accompagné dans son sommeil alors qu'il avait appris après de longues semaines à lui répondre « Bonne nuit, Bobby. »

« Une deuxième chance… » souffla-t-il entre ses lèvres qu'il sentait déjà gercées. Son pouvoir lui échappait à nouveau. Il était anxieux.

« Quoi ? » Lâcha John le souffle court avant de se reprendre, plus aigri, plus mauvais, plus venimeux, plus dangereux, sa flamme grandissant « Vous m'offrez une deuxième chance ? C'est ça, Bobby boy ? Trop peur de me voir dans le camp des « méchants » ? »

Il ne comprenait pas.

« Non…John… » Reprit-il plus calme qu'il ne s'en serait cru capable, il ne voulait pas perdre John, c'est lui qui l'avait laissé partir, c'était à lui de le ramener, « Laisse-moi une deuxième chance…A moi…Toi… »

Son souffle était devenu de givre. Et pourtant il brûlait à l'intérieur. Il ne s'était pas rendu compte à quel point l'absence de John le faisait souffrir jusqu'à présent. Il avait voulu fermer les yeux sur cette vérité, il avait voulu étouffer ces sentiments qui l'habitaient. Il avait voulu combler ce vide béant qu'il avait laissé dans sa poitrine. Mais face à John, l'épaisse glace qu'il avait appris à maîtriser n'était plus rien, elle se craquelait, elle fondait comme neige au soleil, il n'était plus que Bobby.

Le regard de John s'était troublé. Il sentit sa flamme vaciller.

Alors que leurs yeux étaient ancrés, la glace caressant la flamme, l'ambre se noyant dans l'azur, peut-être pour la première fois vraiment, le regard de Bobby fut attiré par une silhouette. Des mèches blanches dépassaient d'une capuche sombre. Marie.

Cet écart suffit à rompre le charme. Avant qu'il ne pose à nouveau les yeux sur son ami, le centre hospitalier était en flammes et deux ombres qui avaient toujours constitué sa trinité n'étaient plus.

Il savait qu'il paierait cher cette erreur. Il ne savait pas lequel des deux le blesserait le plus, mais tous deux en avait le pouvoir. Quoique cela dût lui coûter, il parlerait à Marie, quoiqu'il dût sacrifier il ramènerait John à de meilleurs sentiments à son égard. Il avait enfin fait son choix. Il se battrait pour eux.