Bonjour !

En ce vendredi, voici le nouveau chapitre ! Il est long et la fin devrait vous plaire ! Une fin de chapitre amusante en l'honneur de mon anniversaire samedi ! ^^

29 ans ! Et je vais encore sévir de longues années, qu'on se le dise !

Sygui, qui a la gentillesse de faire l'uploade aujourd'hui, se joint à moi pour vous souhaiter une bonne lecture !


Chapitre 21 : Ginny

- Je ne peux pas vous laisser faire ça…

Les paroles de Minerva résonnaient dans l'esprit d'Hermione. Cependant, elle n'en comprenait pas le sens. Comment sa Guide pouvait-elle rejeter l'idée de revoir Severus vivant ?

- Quel est le problème ? demanda l'enchanteresse. Je ne vous parle pas d'en faire des zombis, si c'est ce que vous pensez.

- Non, j'ai parfaitement saisi l'idée. Vous n'en ferez rien.

- Voyons Minerva, c'est une chance inespérée de retrouver Severus et Ginny. Si elle a pu le faire avec les Sages, je peux le faire moi aussi.

- Je ne doute pas de vos compétences magiques, Hermione. Mais il n'est pas question que vous jouiez avec la vie et la mort. Vous n'êtes pas une déesse.

Hermione n'arrivait pas à comprendre ce qu'elle entendait. Elle avait la solution à sa peine et elle comptait en faire profiter Minerva, c'était tout ce qui comptait pour elle.

- Je ne vous parle pas de me prendre pour une déesse. Et si je joue avec la vie et la mort, c'est seulement à bon escient. On a besoin de Ginny et de Severus pour mener ce nouveau combat.

- Peut-être, mais nous ne le saurons jamais. Vous ne pouvez pas faire ça. Admettons que vous les rameniez. Ils risquent de périr à nouveau. Subir la mort une deuxième fois. Laissez-les en paix, c'est ce qu'il y a de mieux à faire, croyez-moi.

- Vous ne voyez pas la chance qui nous est donnée ! Retrouver ceux qu'on aime, mettre le plus d'atouts dans notre jeu ! Il ne s'agit que de mettre à profit les moyens qui nous sont donnés, continua imperturbablement l'enchanteresse qui ne semblait pas écouter la Guide.

Minerva posa ses mains sur les épaules de la Sage et plongea son regard dans les yeux noisette.

- Vous ne pouvez pas agir comme bon vous semble. Vous avez perdu votre femme. J'en suis désolée. Mais c'est le lot du commun des mortels. Acceptez votre sort et allez de l'avant !

Hermione regarda l'animagus comme si elle la voyait pour la première fois. Elle se dégagea doucement de la prise et recula.

- Vous ne pouvez pas m'arrêter, ma décision est prise. Mais je comprends que vous vouliez laisser Severus reposer en paix. Pour ma part, j'ai besoin de ma femme et ce n'est pas la première fois que je vais aller la chercher dans le royaume des morts. Laissez-moi passer.

McGpnagall dévisagea quelques instants la Sage. Elle perçut sa détermination et choisit de tempérer la situation.

- Je vous propose d'attendre demain. Il est trop tard pour entreprendre quoi que ce soit. Profitez de la nuit pour réfléchir à tout ceci. Et si vous n'avez pas changé d'avis demain matin, je vous aiderai. Ca vous va ?

Hermione soupira, sentant à nouveau une grande fatigue s'abattre sur ses épaules.

- Vous avez sans doute raison Minerva, je suis trop épuisée pour un quelconque rituel ce soir. Mais vous me promettez demain de m'aider à trouver les informations nécessaires, n'est-ce pas ? fit-elle en retournant se coucher.

- Bien sûr, mentit la Guide sans sourciller. Avez-vous besoin d'un pyjama ?

Mais la neuvième sage était déjà plongée dans un profond sommeil. L'animagus tourna les talons et regagna sa chambre.

- Merlin ? appela-t-elle doucement.

L'enchanteur se matérialisa devant elle, les sourcils froncés.

- Pas besoin de me raconter. Ah Puch m'a expliqué le topo, murmura l'enchanteur, inquiet. On s'occupe de notre grosse préférée. Je vous garantis que vous n'entendrez pas parler demain de cette idée saugrenue de résurrection.

- Et vous allez vous y prendre comment ? demanda McGonagall, dubitative.

- Il n'y a qu'une seule personne qui puisse lui faire entendre raison. Et nous allons les mettre en contact, répliqua le premier sage.


Un calme apaisant régnait autour de l'enchanteresse. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien. Elle se rendait compte de la pression que la situation exerçait sur elle maintenant qu'elle s'était offert un congé loin du ministère.

Quel bonheur d'être dehors. Elle se promenait dans un vaste parc qui lui rappelait celui de Poudlard. L'odeur de l'herbe fraichement coupé lui chatouilla les narines et elle eut un mince sourire. Elle s'assit au bord d'un lac, attrapa une pâquerette et fit tourner la tige entre ses doigts.

Un court instant le soleil s'obscurcit, comme si quelqu'un s'était interposé dans la lumière. Hermione leva la tête et mit sa main devant elle. Elle fronça un instant les sourcils, incertaine de la personne qui lui faisait face.

- Ginny ? demanda-t-elle d'une voix blanche.

- Salut chérie, répondit la rousse en se baissant pour poser ses lèvres sur celles de la brune.

- Mais, que fais-tu là ? fit la neuvième sage, abasourdie. Je ne t'ai pas encore fait revenir, comment est-ce possible ?

Ginny s'assit à côté de sa femme et lui prit doucement la main.

- Marylin est une pro pour connecter les esprits. Elle m'a permis de te parler une dernière fois. En parlant de revenir… Ne fais pas ça Hermione. S'il te plait…

La Ministre regardait la main de sa femme posée dans la sienne, puis plongea son regard dans les yeux de sa rousse.

- Tu ne peux pas me demander ça.

- Et toi, tu ne peux pas me faire revenir. Je ne le désire pas, répondit doucement l'ancienne poursuiveuse. Je t'aime Hermione, mais je suis bien où je suis.

Hermione retira sa main de celle de l'apparition, et se recula.

- Tu n'es pas Ginny, tu es le fruit de mon imagination manipulée.

Elle regardait autour d'elle, légèrement en panique. La rousse eut un mince sourire et soupira.

- Je ne savais pas que tu étais devenue paranoïaque, ma chérie. On va faire comme dans les films moldus. Je vais te parler de quelque chose que nous sommes les seules à connaître. Tiens, j'ai une idée. Te rappelles-tu du lieu incongru où nous avons fait l'amour juste après la naissance de Rose ? Ma mère la gardait et nous étions en promenade sur le Chemin de Traverse. Tu m'as attirée chez Fleury and Bott et derrière le rayon runes et autres symboles… Bref, tous ces livres, ça devait t'exciter… plaisanta Ginny.

Hermione regardait la femme devant elle sans comprendre.

- C'est vrai, et je n'ai pas besoin d'être paranoïaque pour me méfier. La Source est bien assez maline pour savoir tout de moi...

L'ancien professeur de vol soupira.

- Ca, en revanche, ça n'a pas changé. Je te parle de nous et tu ramènes tout au travail…

Hermione sourit fugacement.

- Là, je sais que c'est toi...

Elle reprit la main de la rousse et la regarda.

- Maintenant que ce point est éclairci, je te demande de ne pas me faire revenir.

- Pourquoi ne veux-tu pas revenir avec moi ? J'ai besoin de toi, les enfants aussi, Rose est entrain de devenir folle et... en fait moi aussi...

- Vous finirez par vous en remettre. Ce sera long, mais vous y parviendrez. Rose peut compter sur Pansy et toi… sur Minerva.

Hermione fronça les sourcils.

- Que veux-tu dire ?

- Ne fais pas l'innocente, veux-tu ? Je sais ce que tu as fait avec ta Guide de mon vivant. Je ne t'en veux pas, je sais que ce n'est pas allé bien loin et que tu as rompu avec elle le soir de ma… disparition.

- Je ne cherche pas à faire l'innocente, je suis franche. Je n'ai pas envie de te perdre définitivement, quel que soit ce qui puisse m'attendre. J'ai choisi de faire ma vie avec toi, et même si j'ai eu des tentations, je n'y ai pas succombées. Je t'aime Ginny et la façon dont tu m'as été enlevée m'a anéantie. Laisse-moi te faire revenir, laisse-moi la chance de te tenir dans mes bras...

- Je sais ce que tu ressens. Mais Hermione, je te jure que si tu me fais revivre, je te quitterai. Morte ou vivante, tu ne me reverras jamais. Cela peut te paraître cruel, mais je tiens à rester où je suis. C'était mon heure. J'ai eu une belle vie avec toi. Ne va pas tout gâcher par égoïsme.

Tout en écoutant sa femme parler, Hermione ne pouvait plus retenir les pleurs qui montaient silencieusement. Elle savait qu'elle n'irait pas contre la volonté de celle qu'elle aimait toujours. Mais cette prise de conscience était trop douloureuse pour être sereine.

Ginny approcha sa main de la joue de la Sage et essuya délicatement une larme qui roulait.

- Tu vas me manquer à moi aussi, mais je suis heureuse que tu prennes la bonne décision pour nous tous, entendit-elle encore Ginny lui dire de façon assourdie.

Elle n'eut que le temps de se pencher vers les lèvres de sa femme et d'en sentir une dernière fois la douceur tandis que son image s'estompait insensiblement.

Une sensation de fraicheur la fit sortir de sa torpeur. Elle ouvrit les yeux et son regard noyé de larmes rencontra celui bienveillant de son ancienne directrice.

- Elle est partie, articula-t-elle avec difficulté.

- Je sais, murmura l'animagus qui passait délicatement sa main dans les cheveux de la Sage. Vous avez fait le bon choix. Maintenant, essayez de vous reposer.

- Ca vous ennuierait de… de rester avec moi pour la fin de la nuit ? murmura Hermione.

Elle n'avait pas la force d'être seule après sa dernière conversation avec Ginny. Elle avait besoin d'une présence, d'une chaleur. Minerva ne dit rien alors qu'elle se glissait sous les draps pour prendre l'enchanteresse dans ses bras. La Ministre posa sa tête contre l'épaule de sa Guide et ferma les yeux. La douce étreinte lui permit de se calmer et elle finit par se rendormir, Minerva veillant sur son sommeil.

- Finalement, j'ai bien fait de vous forcer la main pour dormir ici… chuchota l'ancien professeur en caressant une mèche de cheveux bruns.


Le soir venu, après une journée de travail au ministère, Hermione s'affairait autour de son sac de voyage. Elle essayait de faire rentrer pêle-mêle vêtements, trousse de toilette et livres. Pansy, affalée sur le canapé, la regardait s'énerver avec un petit sourire en coin.

- Tu sais que t'es une sorcière ? Tu pourrais t'y prendre de façon plus efficace, non ?

L'enchanteresse lui lança un regard courroucé et la médicomage se contenta de souffler un nuage de fumée.

- Je ne fais qu'énoncer l'évidence, ajouta l'ancienne Serpentard, amusée. Et franchement, je ne comprends pas en quoi je peux t'être utile.

- Juste soutenir une amie dans un moment difficile… répondit la Sage.

- Soutenir ? Moi ? demanda Parkinson en haussant un sourcil. Je te rappelle que les sarcasmes sont ma spécialité, pas l'apitoiement.

- Laisse-moi m'occuper de mes affaires comme je l'entends. En attendant, récupère l'adresse sur mon bureau.

Pansy se leva et traîna des escarpins jusqu'à mettre la main sur le bout de parchemin qu'elle trouva entre deux piles de dossiers.

- Bon, et tu as investi dans quoi ? Trois, quatre pièces ? Un duplex ?

- J'ai loué un studio.

- Loué ? s'offusqua Pansy.

Elle avait le visage de quelqu'un qui avait vu le diable.

- C'est une blague j'espère, reprit-elle. Et un studio en plus ?

- Je ne vois pas pourquoi j'aurais pris plus grand, j'ai juste besoin d'une place pour dormir. D'ailleurs, il est déjà meublé.

- Un… un meublé ? répéta la Directrice de Sainte Mangouste d'une voix blanche.

Elle fit quelques pas pour tomber sur le canapé.

- J'en ai des palpitations… souffla-t-elle. Tes parents ne t'ont jamais appris que la location, c'est de l'argent foutu en l'air ? Et un meublé ! Quelle horreur ! Bon, si tu le prends, c'est qu'il ne doit pas être si terrible que ça, mais quand même…

- J'en sais rien, j'ai demandé à Helen de me prendre le premier sur les petites annonces de la Gazette.

- Tu ne l'as pas visité ?

- Non, répliqua la Ministre avec un haussement d'épaule.

Pansy se leva brusquement et marcha vers la sortie.

- Tu vas où ? demanda Hermione en la regardant.

- Je me tire ! C'est bon, j'fais pas dans le Samu social…

- Du moment que tu prends mon sac pendant que j'embarque les bouquins, y a pas de problème. C'est quoi l'adresse ?

Parkinson soupira et attrapa le sac de sport que lui tendait sa belle-mère. Elle jeta un rapide coup d'œil sur le parchemin et grimaça.

- En tout cas, c'est pas dans le quartier chic de Londres.

- Et comment peux-tu dire ça ?

- Parce que j'en connais les rues par cœur et que l'adresse de ton bouge m'est inconnue…

- Et bien c'est l'occasion d'ouvrir tes horizons ! T'encanailler ne devrait pas te poser de problèmes, non ?

- Continue comme ça et tu iras fricoter avec la vermine des bas fonds sans moi !

- Alors… le métro le plus proche pour y aller est… commença Hermione.

- Le métro ? s'horrifia Pansy. Ca commence à bien faire, tes conneries !

Et sur ces mots, elle transplana.

- C'est malin, j'ai pas l'adresse moi !

La Ministre attrapa la Gazette et retrouva l'annonce qu'Helen avait entourée. Par chance, sa secrétaire avait noté l'adresse du studio. Elle vérifia qu'elle n'avait rien oublié et transplana à son tour.

Hermione se retrouva dans une rue mal éclairée. Pourtant elle n'eut pas de difficulté à repérer le bout incandescent de la cigarette de la médicomage. Elle se dirigea vers la Serpentard qui regardait autour d'elle avec suspicion.

- T'as repéré le numéro ? demanda-t-elle.

- Qu'est-ce que tu veux que je repère là-dedans ? Les seuls panneaux d'indication informent de l'emplacement de la Soupe Populaire et d'Emmaüs, répondit Parkinson en reniflant dédaigneusement.

- Au moins je pourrais dire à Minerva que je ne mourrais pas de faim.

- En parlant de McGonagall, je lui toucherai deux mots de l'endroit que tu as choisi… Elle viendra te chercher par la peau du cul pour te faire emménager chez elle. Bref, je te parie dix gallions que ton logement se trouve dans cet immeuble tagué avec portier… ironisa Pansy.

Le portier en question était un vieil homme vêtu de loques qui sifflait une bière bon marché.

- Tu vois, il y a un certain standing ici aussi, ironisa l'enchanteresse en se dirigeant vers l'huis.

- Je t'aide à poser tes affaires et ensuite, je ne remets plus jamais les pieds ici, tu es prévenue. En rentrant, je brûle mes vêtements et mes chaussures… Merlin sait ce que je vais ramener comme saletés et maladies à arpenter ces trottoirs immondes.

- Ca te rappelle ta jeunesse… se moqua Hermione en ouvrant la porte aux vitres fendues.

- J'étais une escorte, Madame « j'ai pris un crédit et j'ai vécu le reste du temps sur le fric que ma femme se faisait à lancer un ballon ». Je n'étais pas une vulgaire prostituée. D'ailleurs, même avec ton salaire de ministre, tu n'aurais pas les moyens de t'offrir mes services.

- Ah, je comprends pourquoi Rose me demande de l'argent une fois par mois, gloussa l'enchanteresse en montant des escaliers grinçants.

Pansy lui lança un regard glacial et jeta un rapide coup d'œil au palier du premier étage. L'endroit était sombre, une ampoule pendait du plafond au bout d'un fil dénudé et une couche de poussière était accumulée sur le sol qui n'avait pas vu un balai depuis des lustres.

- Quel étage ?

- Le dernier…

- Et, évidemment, pas d'ascenseur. Avant que tu ne le demandes, non, je ne t'aiderai pas à gravir les six étages. Une fois ça m'a suffit, j'ai eu une sciatique pendant trois semaines après la bataille de Londres…

Hermione grimaça au souvenir.

- Ne t'en fais pas, je suis valide aujourd'hui, essaie plutôt de me suivre sans faire une crise cardiaque.

- Je vais surtout éviter de cracher mes poumons, car je ne suis pas sûre de vouloir les ramasser… Hmm, ça a la même odeur que la morgue de Sainte Mangouste.

L'escalier était vieux, puant, les marches étaient de travers et la rampe inexistante par endroit. Pansy évitait de poser le regard ailleurs que sur les reins de la Sage qui la précédait, de peur de ne pouvoir retenir un haut-le-cœur. Et la vue était nettement plus agréable, elle en convenait.

Arrivée au dernier palier, Hermione sortit une clé de la poche de sa veste. Sans lumière elle eut du mal à trouver la serrure.

- T'as pas intérêt à rentrer bourrée d'une soirée, tu serais obligée de dormir sur le pallier !

- T'inquiète, mes cuites je les cuve au ministère, répliqua la ministre qui avait finalement réussi à rentrer la clé dans le verrou.

Malheureusement, il en était de la serrure comme du reste de l'immeuble et la clé se brisa dedans.

- Alors ça, je ne m'y attendais pas… se moqua Parkinson.

Hermione joua avec la poignée mais rien n'y fait, la porte était bloquée.

- On ne va pas y passer la journée… grommela la médicomage en tirant sa baguette.

Elle fit un rapide mouvement et la serrure se décrocha pour tomber dans un affreux bruit de ferraille.

- Alors, voyons un peu cette garçonnière… marmonna Pansy en poussant la porte du pied, refusant de poser ses mains ou que ce soit dans l'immeuble.

Hermione s'engagea dans l'appartement, tandis que Parkinson restait prudemment sur le seuil. La Sage eut un sursaut en entendant un bruit et en apercevant un gros rat courir au centre de la pièce. L'animal, tout aussi surpris par l'intrusion, s'arrêta net et fixa les humaines qui profanaient son territoire. Il se dressa quelques secondes sur ses pattes arrières avant de reprendre sa course et de disparaitre dans un trou de la plinthe devant lui.

- What the fuck ? s'exclama Pansy. Il n'est même pas question que j'entre dans ce bouge ! No way ! Et toi, tu vas me faire le plaisir d'appeler ton proprio pour récupérer ta caution !

- J'ai payé pour une année… répliqua Hermione. Je sens que je vais me plaire ici !

- Te plaire ? Non mais tu te fous de moi ? lâcha la médicomage en s'approchant de la fenêtre, vaguement cachée par ce qui semblait être des rideaux.

La médicomage en poussa un du bout de sa baguette et le pan de tissu tomba sur le sol, soulevant un nuage de poussière et de mites.

- Ca dépasse l'entendement…

Après avoir cherché un coin de mur pas trop sale, elle s'appuya dessus avec précaution. Un lé de papier peint se détacha et lui tomba sur la tête. Pansy glapit en se reculant et constata avec horreur qu'un cafard grouillait sur le papier.

- Je vais vomir… Où est la salle de bain ?

Hermione chercha du regard et lui désigna une porte sur la gauche. La directrice de Sainte Mangouste disparut dans la pièce suivante avant de hurler de terreur. La Ministre s'approcha d'elle et sourit alors que son amie, tétanisée, observait une famille de souris qui avait élu domicile dans la douche.

- Oh ! Ils sont si mignons, fit la neuvième sage, attendrie.

- Mignon ? Mais t'es vraiment allumée ma pauvre !

Elle sortit son téléphone portable de sa poche et commença à composer un numéro.

- Tu fais quoi ? demanda Hermione.

- Si je n'arrive pas à te faire entendre raison, je connais quelqu'un qui sait se faire écouter…

La Directrice de Sainte Mangouste posa l'objet contre son oreille et attendit patiemment que son interlocuteur réponde.

- Allez Minerva… On décroche… C'est le bouton vert… Quelle misère d'avoir cent dix piges… On n'arrive pas à suivre l'évolution de la technologie !

Hermione attrapa le téléphone des mains de la médicomage et mit fin à la communication.

- Je te remercie de m'avoir aidée à porter mes affaires jusqu'ici. Maintenant je vais m'installer toute seule. Et laisse Minerva en dehors de tout ceci.

- Non assistance à personne en danger, tu connais ? Je ne peux pas te laisser dans ce trou. Tu es la Ministre de la Magie je te rappelle ! Alors à défaut de luxe, tu pourrais au moins t'offrir la décence !

- Écoute, je suis 20 heures sur 24 dans mon bureau. Le reste du temps, je peux bien le passer ici. En plus je serais à l'abri des mauvais coups d'Edgecombe, jamais elle ne pensera à venir me trouver ici.

- C'est sûr, elle au moins, elle sait vivre un minimum ! En plus, en te sachant ici, c'est pas Edgecombe qui me vient en premier à l'esprit en termes de danger… Bon sang ! Tu te ferais agresser que personne ne l'entendrait ! L'odeur qui règne dans l'immeuble me fait dire que tous tes voisins sont morts depuis au moins trois ans et que personne ne s'en est aperçu !

Pansy jeta un dernier coup d'œil affligé au studio et planta son index entre les côtes de sa belle-mère.

- Je te laisse une semaine pour trouver autre chose. Ce délai passé, je te lâche Minerva aux trousses ! menaça-t-elle, scandant chaque mot de son doigt.

Hermione sourit.

- Te connaissant, dans une semaine c'est un autre dossier qui occupera tes pensées. Allez, file, Rose doit t'attendre.

- Ne compte pas sur moi pour revenir ici. On se verra à ton bureau ou chez nous. Et n'oublie pas. Une semaine…

Sur ces mots, la Directrice de Sainte Mangouste quitta le studio et lâcha une volée d'injures sur le palier, ayant marché avec ses chaussures hors de prix dans une flaque d'un liquide non identifiable.

Hermione ferma lentement la porte et s'adossa contre le bois. Elle regarda autour d'elle avant de s'avancer vers ce qui avait été autrefois un canapé. Elle tapa du plat de la main les coussins desquels s'éleva un nuage de poussière compact. Elle se laissa aller dessus en soupirant.

- Home sweet home, murmura-t-elle avant de faire apparaître une tasse de café.


Hermione rouvrit les yeux et attrapa son verre de vin pour en boire une courte gorgée. Le refus de Ginny l'avait anéantie à l'époque et elle avait eu du mal à se remettre en selle.

L'enchanteresse se leva et s'approcha de la fenêtre pour jeter un coup d'œil à l'extérieur. Il faisait encore nuit noire et pourtant, la Sage sentait que le jour allait poindre dans quelques heures. Il lui semblait que la nature dormait profondément. Pas un bruit, pas un mouvement. Même le vent était tombé.

Elle soupira et s'alluma une cigarette. Après son emménagement dans son studio, les jours s'étaient écoulés lentement, se ressemblant tous dans leur routine. Transplanage, boulot, dodo. Elle s'était enfermée dans une petite vie bien huilée qui l'avait empêchée de réfléchir à son existence. Heureusement que Minerva était, elle, bien présente, agissant dans l'ombre, organisant la lutte contre la Source.


Alors ? Ca vous a plu ? A la semaine prochaine pour la suite !

Bises,

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