Merci à : Ketsuchi et Raph1978 !

Merci de continuer de me laisser des mots et surtout de lire mon histoire ! Vous ne m'avez pas abandonné et vous êtes toujours là ! Merci beaucoup ! Vous avez été une dizaine à lire le chapitre, donc, je sais que vous êtes encore là, c'est juste dommage que vous ne vous manifestez pas !

Merci à Celebrindal01 pour la relecture et correction ! Merci pour ta patience !


Chapitre 21


À peine avait-il garé son véhicule que Naruto se précipita vers la porte d'entrée de chez lui et l'ouvrit à toute volée. Il était pratiquement sept heures du matin, tout le monde devait encore être en train de dormir, mais l'angoisse qui lui avait tenaillé les entrailles tout le long du chemin ne l'avait pas quitté et la seule idée qu'il avait en tête était de rentrer pour s'assurer que tout allait bien. Une fois la porte refermée derrière lui, il se déchaussa et laissa tomber ses clés dans le récipient sur le petit meuble à sa droite.

Ses pas résonnèrent dans le silence de la maison, répondant en écho aux martèlements de son cœur. Quand il parvint à la hauteur de la cuisine, il se rendit compte que la lumière était allumée et que vraisemblablement quelqu'un s'y trouvait. Tout en se débarrassant de sa veste, il pénétra dans la pièce, en appréhendant ce qu'il allait apprendre. Décidément, depuis qu'il s'était rendu compte que son téléphone était à sec, son esprit lui avait joué toutes sortes de scénarios plus angoissants les uns que les autres… Tentant de se rassurer, il se passa la main dans les cheveux dans un geste nerveux et arrêta sa progression devant la table. Son meilleur ami s'y trouvait, pratiquement allongé sur elle, une tasse de café presque vide et quelques biscottes beurrées à peine touchées se trouvaient à sa droite. Kiba semblait terriblement fatigué, et les cernes qui s'étaient formées sous ses yeux le démontraient clairement. Quelque peu coupable d'avoir laissé sa fille à son ami, il s'assit sur la chaise en face de ce dernier et se mit à le fixer. Il semblait bien épuisé, mais aucune émotion négative ne se reflétait sur son visage et cela allégeait légèrement les inquiétudes de Naruto.

— « Kiba. » L'appela-t-il doucement.

Aucune réponse ne lui parvint c'était normal dans un sens. Son ami avait toujours eu un sommeil assez lourd. Malgré lui, un sourire naquit sur les lèvres de Naruto.

— « Hé, Kiba ! » Fit-il une nouvelle fois, plus fort.

Encore une fois rien.

Dans un soupir, ne souhaitant pas alerter toute la maison, il se pencha vers l'avant et d'une voix légèrement plus forte il prononça son nom. Ce dernier, dans un sursaut, se redressa. Les paupières bouffies, les iris voilés, il papillonna son regard sur ce qui l'entourait. Se rendant compte de la présence de Naruto, Kiba se redressa et agrippa le bras de son ami dans une prise forte.

— « Putain ! T'es là ! » S'exclama-t-il d'une voix voilée.

— « Kiba… je… excuse-moi. Le portable était à plat quand je m'en suis rendu compte, alors je me suis dépêché de rentrer. Tout va bien ? »

— « Naruto… »

— « T'as essayé de me joindre pas vrai ? J'avais senti qu'il y avait un truc qui n'allait pas… Kiba… s'il te plait… dis-moi que Rina va bien. Il ne lui est rien arrivé, pas vrai ? Ma princesse va bien, hein ? Je… » Débita-t-il d'une traite d'une voix anxieuse et chargée d'émotion.

Ses mains se mirent à trembler face au silence pesant qui s'était installé. Ses oreilles bourdonnèrent, sa respiration devint erratique, le cœur battant à toute allure, il fixa Kiba avec effroi.

— « Merde Naruto calme-toi ! »

— « Bordel ! Tu veux que je me calme ?! Ouvre ta putain de gueule alors ! Pesta Naruto, soudainement hors de lui.

Étonné par les mots que son frère de cœur avait prononcé, Kiba en resta choqué. Mais connaissant ce dernier, c'était normal qu'il réagisse de la sorte. Dans un soupir, il se redressa et se posta devant Naruto.

— « Rina va bien… » Commença-t-il tout en s'agenouillant à côté lui.

— « Mon Dieu ! Merci ! » Soupira Naruto soudainement le cœur allégé. « Exc-… »

— « Oublie ça… par contre, ton oncle… » Fit-il en marquant une pause.

Le voyant hésiter encore une fois, le jeune père n'en pouvait plus. D'une voix marquant clairement son impatience, il lança :

— « Kiba… pourquoi tu fais durer le supplice… »

— « J'aimerais t'y voir… » Fit-il dans un soupir. « Kyosuke-san est à l'hôpital central. On lui a tiré dessus. » Lâcha-t-il finalement sans détour.

— « Qu…qu'est-ce… »

— « Ton père est avec lui depuis 5 heures du matin. »

— « Merde, pas ça… » Pesta-t-il tout en saisissant sa tête dans ses mains tremblantes . « Pourquoi maintenant, pourquoi lui, bordel… » Lâcha-t-il dans un gémissement douloureux.

Son père avait à peine commencé à s'ouvrir aux autres, se laissant une seconde chance d'être heureux. Mais voilà que le destin s'acharnait une nouvelle fois sur lui. Il n'osait imaginer le tourbillon d'émotion que le cœur de ce dernier devait supporter. Sa souffrance s'était finalement apaisée pour reprendre de plus belle. Les hôpitaux étaient devenus des endroits tabous pour lui et le seul fait d'y entrer même pour une visite le rendait malade… il fallait qu'il le rejoigne. Mais arriverait-il à conduire dans son propre état ? De même pour lui, ces endroits n'étaient pas sa tasse de thé… Sentant les bras de Kiba l'attirer contre lui dans un geste réconfortant, il se laissa guider et profiter de ce petit moment pour tenter de calmer ses inquiétudes.

— « Dans quel état ? » S'entendit-il demander.

— « Assez grave… j'en connais pas les détails, mais il a été clairement la cible. » fit Kiba dans un murmure. « Je vais garder Rina et m'occuper des assistants, va rejoindre ton père. »

— « Les assistants ? Ils sont restés ? »

— « Apparemment… Naruto ? »

— « Je sais, je dois y aller. Je vais voir Rina avant. » Dit le blond en quittant l'étreinte de son ami.

— « Oui… »

Dans un pas lourd, Kiba le regarda se diriger vers la chambre de Rina. Décidément, cette nuit avait été un vrai ascenseur émotionnel. Après le magnifique moment qu'il avait partagé avec son homme, il avait gagné son lit. Mais à peine quelques heures après, dans un sursaut, il fut réveillé par des tambourinements contre la porte. Par la suite, il avait eu l'impression d'être dans un tout autre monde. Il avait trouvé Minato prostré par terre, le corps secoué par des sanglots silencieux. Quand il s'était agenouillé à ses côtés, il avait commencé à débiter des mots sans queue ni tête. Il était vraisemblablement choqué et terriblement inquiet. Ce qui avait suivi il ne s'en souvenait pas vraiment… La personne qui avait frappé à la porte lui avait expliqué rapidement la situation et le pourquoi de sa présence ici. Après avoir guidé Minato vers la voiture, il avait tenté de le faire réagir et apparemment il avait réussi car son regard avait repris vie et ses tremblements avaient cessé. Le simple fait de mentionner Rina, cet homme qui était soudainement devenu fragile et éteint, fut ramené au moment présent. Kiba espérait qu'une chose : que Kyosuke se remette et la douleur et la souffrance dans laquelle ils avaient tous vécu disparaissent pour de bon.

Dans un soupir, il prit la direction de la chambre de Rina pour rejoindre son ami. S'adossant contre le chambranle de la porte, il porta son regard sur la scène qui se jouait devant lui.

Une caresse… suivit d'un baiser… et un simple murmure contre les cheveux blonds de cette adorable petite fille qui avait su redonner un sens aux vies des membres de cette famille qui avait totalement sombré. L'amour qu'ils éprouvaient pour elle était immense… alors, Kiba savait que quoiqu'il arrive, Rina parviendrait à remettre en route la roue de leur vie, comme elle l'avait fait des années plus tôt. La course folle de leur destin reprendrait certainement de plus belle… aujourd'hui c'était une petite chute… étrangement, Kiba sentait clairement que cette épreuve ne serait pas aussi difficile, aussi cruelle… oui du bon en sortirait ! Il en était certain !

Un dernier baiser, Naruto se redressa avec un triste sourire sur les lèvres.

— « Elle ne sait rien ? » Murmura-t-il tout en quittant la pièce.

— « Non, rien… »

D'un geste reconnaissant, le jeune père déposa sa main sur l'épaule de Kiba et le remercia en pressant légèrement sa prise.

— « Bien… » fit Naurto en prenant la direction de sa propre chambre, son ami à sa suite. « Tu peux me raconter depuis le début ? » Reprit-il tout en se déshabillant.

Dans un soupir, Kiba s'assit sur le bord du lit et dit :

— « Je ne voyais pas ton retour de soirée comme ça… »

— « Moi non plus… » Assura-t-il en jetant sa chemise après l'avoir roulé en boule dans un geste exaspéré.

— « Eh bien pour ce qui s'est passé ce matin, je t'avoue… j'en sais pas plus. Juste que Kyosuke-san est grièvement blessé. Un certain Daiki est venu chercher ton père à la demande de Kakashi-san.

— « Je vois. » Souffla-t-il en retirant son pantalon.

— « Je vais prendre soin de Rina, ne t'inquiète pas et occupe-toi de sensei. »

— « Je sais. » Fit Naruto en s'emparant d'un pantalon gris à pince. « Désolé pour tout ça… Ton copain comprendra ? »

— « Il n'a pas trop le choix. Avec sensei dans cet état, le travail va en pâtir… D'ailleurs, dans quelques heures son éditeur va venir chercher le manuscrit et je lui expliquerai la situation. »

— « Ouais, c'est vrai. »

Tout en mettant sa chemise bleue, Naruto songea qu'il devrait appeler Sasuke le plus vite possible… il s'inquiétait certainement par ce manque de nouvelles. Et son téléphone qui était à plat…

— « Kiba, ton portable est chargé ? » Demanda-t-il en terminant de boutonner sa chemise.

— « Ouais, pourquoi ? »

— « Tu peux me le prêter ? Tu peux prendre le mien une fois chargé. »

— « Je vais le chercher. »

— « Merci. »

Une fois sa ceinture bouclée, Naruto s'empara de la veste qui se mariait parfaitement avec son pantalon, et après avoir éteint la lumière, il prit la direction de la cuisine pour se servir un café. Il n'avait pas le temps de manger quelque chose de plus consistant, il verra bien une fois à l'hôpital…

— « Merde ! Il faudrait que j'appelle Neji aussi pour le boulot… »

La journée ne pouvait pas être plus chaotique… son cœur avait connu toutes sortes d'émotions et cela en quelques heures. C'était étrange comme sensation, mais en même temps ce cocktail lui avait fait clairement comprendre des petites choses. S'il voulait être honnête, il devrait plutôt dire que cela lui avait rappelé des choses… car par le passé, il avait ressenti tout cela, mais il avait juste occulté le côté négatif pour tenter de se concentrer sur tout le reste. Ce sentiment de perte, cette inquiétude croissante et écrasante, cette douleur suffocante, cette obscurité qui s'emparait de vous et vous enveloppait dans sa couverture glaciale… tout cela il avait déjà connu. Il ne saurait dire combien de temps cela lui avait pris pour surmonter cette montagne de sensations, mais il y était parvenu… Cependant, cette fois, il n'était pas touché directement, du moins émotionnellement parlant… son père par contre, c'était une tout autre histoire.

Dans un soupir, il s'empara d'une des tasses de café qu'il avait l'habitude d'utiliser, et se versa une bonne dose du breuvage sombre et addictif. À peine avait-il porté le verre à ses lèvres que Kiba revint avec son téléphone en main.

— « Merci. » Fit Naruto tout en déposant un baiser sonore sur le sommet de la tête de son ami.

— « J'ai déjà enlevé la puce et de rien… » Répondit-il dans un triste sourire. « Hé ! »

— « Hm ?! » Souffla-t-il en plaçant le petit morceau de plastique dans l'emplacement vide.

— « Tout ira bien. » Assura Kiba avec confiance.

— « Comment tu peux en être si sûr ? »

— « Je le sens… et si tu prends le temps d'écouter ton cœur, tu t'en rendras compte aussi. »

— « Mouais… » Murmura Naruto sans conviction.

Après un dernier regard sur son ami, il prit directement la sortie pour rejoindre son père.

— « Je t'appelle dès que j'en sais plus. »

— « Merci. »

Le bruit de ses pas résonna sur le carrelage, et à mesure qu'il avanca le son s'éloigna de plus en plus pour finir par s'éteindre… rejoint très vite par la porte qui s'ouvre puis se referme.

oOo

À l'hôpital Central…

Voilà maintenant deux heures que l'homme était assis, totalement prostré et absent, ne faisant pas attention aux sons, aux voix, aux gens qui l'entouraient… il était dans un monde lointain, le regard vide fixant sans ciller les portes qui s'étaient refermées depuis qu'il s'était laissé tomber sur l'une des chaises qui longeaient le couloir. Les mains jointes dans une sorte de prière silencieuse, les épaules crispées, le corps tout entier sous tension, seul son souffle régulier et profond démontrait qu'il était encore parmi les vivants. Pourtant, quand un infirmier ou une aide-soignante venait à sa hauteur pour tenter de lui montrer leurs soutiens ou juste lui proposer quelque chose à boire ou à manger, la seule réponse qu'ils parvenaient à recevoir était un simple souffle…

L'esprit en chaos, le cœur martelant avec frénésie contre sa cage thoracique, Minato avait la tête totalement vide. Un énorme brouillard avait pris place dans sa tête, occultant tout autour de lui. À part la porte blanche devant lui, il ne percevait plus rien du tout.

Peu à peu sans s'en rendre compte, il se mit à se remémorer les derniers instants de vie de sa défunte femme.

« Mina… »

Le teint blafard, le regard éteint, la femme qui avait partagé sa vie pendant plus de vingt ans était l'ombre d'elle-même, et pourtant pour Minato, Kushina restait la belle femme qu'il aimait et aimerait sans conditions.

« Tu veux boire quelque chose ? Attends… »

« Non… reste… »

« Je ne vais nulle part… » Fit-il dans un sourire.

«Moi, si. » Répondit-elle tout en s'emparant de sa main qui reposait sur la sienne pour la porter à ses lèvres.

Une simple caresse, douce et tout aussi significative.

« Ne me pleure pas… »

« Arrête… » Répliqua Minato d'une voix rauque.

« Écoute-moi s'il te plait. »

« Chérie, ne fais pas ça… »

« Je sais que cela peut te sembler cruel, mais je ne veux pas que tu vives dans le passé… » Fit-elle tout doucement.

« Tu me demandes l'impossible. » Se contenta-t-il de répondre.

« Je… je ne veux pas que tu sois seul. » Contra-t-elle.

« Je ne le serai pas. Naruto et Rina seront là ! »

« Dans ton cœur, il faut que tu laisses quelqu'un y prendre une place spéciale. » Continua-t-elle sans prêter attention à la réponse de son mari. « Un nouvel amour te rendra cette joie de vivre qui est en train de te quitter petit à petit. On a vécu des merveilleuses années, notre bonheur était quasi parfait, et le fait d'aimer de nouveau ne veut pas dire que tu vas m'oublier, car je sais que tu ne le feras jamais. » Conclut-elle dans un sourire.

« Tu m'en demandes trop… » Murmura Minato d'une voix chargée d'émotions.

« Je sais… »

« Je n'en serai pas capable, du moins pas avant des années… »

« Ca tu n'en sais rien, un coup de foudre cela ne se commande pas ou un passé qui renaît ne se programme pas. » Poursuivit-elle avec calme.

« Tu es cruelle… Laisse-moi le temps de te pleurer avant de songer à tout ça. » Rétorqua-t-il en serrant sa main.

« Promets-le-moi. C'est tout ce que je te demande… »

Se rendant compte que cette promesse lui était importante, Minato ne put faire autrement que de lui accorder.

« Tu n'arrêteras pas, hein ? » S'enquit-il dans un faible sourire.

« Tu me connais, je suis très têtue. » Fit-elle en lâchant un merveilleux rire. « Mais tu m'aimes pour ça aussi. »

« Oui je t'aime, infiniment. »

« Moi aussi, tellement que je veux te voir heureux après ma mo… »

« Arrête ! Je te le promets ! » Le coupa-t-il le cœur serré. « Ne parlons plus de ça. »

Un autre rire fit écho à ses dires, Minato porta un regard plus amoureux que jamais sur sa femme et d'une caresse, il déposa ses lèvres sur les siennes.

« C'est bientôt l'heure d'aller chercher notre princesse, non ? » Répondit-elle amusée.

« Oui, je vais y aller. »

Il avait tenu sa promesse, mais s'il devait être honnête avec lui-même, il l'avait fait sans s'en rendre compte… Un petit rire nerveux sorti de sa bouche et tout en se passant fébrilement la main dans les cheveux, il souffla :

— « Un passé qui renaît… »

Sa femme l'avait prédit… et ce n'était que maintenant qu'il se souvenait de cet instant si chargé de sensations éprouvantes et intenses.

Mais voilà qu'il était sur le point de le perdre… il ne pouvait pas le supporter, il était certain qu'il ne se relèverait pas cette fois. A cette pensée, sa mâchoire se contracta et le bruit assourdissant de son cœur se calma subitement. Il fallait qu'il se reprenne bon sang ! Kyosuke lui avait promis de ne plus jamais le quitter ! Il était solide, fort, avec un esprit à toute épreuve. Il n'avait jamais failli, que ce soit face aux obstacles de la vie de tous les jours ou avec le travail. Il avait perdu des choses, des liens, de la famille, mais il avait tenu bon et il avait continué à avancer sans avoir aucun regard en arrière. Vivre dans les regrets n'était pas dans sa nature. Sa force, il l'épuisait dans sa manière de franchir les obstacles et grâce à son amour de la vie.

Minato avait des projets pour leur couple, leur vie de famille. Alors, son amant avait intérêt à tenir bon et à lui revenir !

Joignant ses mains dans une sorte de prière silencieuse, il porta son regard sur la porte qui s'était fermée derrière son compagnon quelques heures plus tôt. Le petit encadré à travers lequel on pouvait lire 'Opération en cours' était en rouge vif, une lumière puissante qui indiquait que Kyosuke se battait toujours. Il espérait que quelqu'un allait sortir de là, rapidement… Il avait besoin d'avoir des nouvelles, mais il se doutait qu'il ne pouvait rien exiger… Dans un soupir las, il se mordit l'intérieur de la joue tout en se forçant de garder ce crie de frustration qui menaçait de surgir du fond de sa gorge à tout moment.

Depuis maintenant des heures, il alternait entre angoisse et espoir, il avait l'impression d'être sur des montagnes russes.

— « Kyo… » Murmura-t-il dans une voix enrouée.

Soudain, sortant de nulle part, il perçut des pointes de chaussures apparaître dans son champ de vision. Il les reconnut très vite.

— « Papa… »

Sans lui laisser le temps d'émettre d'autres sons, il se jeta dans ses bras et le serra aussi fortement que possible. Les bras autour de son cou, la tête nichée contre elle, il huma son odeur si familière et se sentit plus léger que jamais. A cet instant, dans cette étreinte chaleureuse et indispensable, il se laissa finalement aller à cette douleur si profonde et terriblement brisante. Les larmes se mirent à couler sans qu'il s'en rende compte et son corps se mît à trembler comme s'il était pris de convulsion. Les mains de Naruto lui caressèrent le dos, tentant de calmer cette énorme vague d'émotion qui s'était emparée de lui. À peine son fils s'était matérialisé devant lui que toutes les vannes s'étaient ouvertes et sa détresse avait pris le pas sur le semblant de calme qu'il avait affiché durant ces heures.

Agitant la tête de droite à gauche, murmurant des mots qui n'avaient aucun sens, du moins pour Naruto, Minato s'accrocha désespérément à sa veste et se contenta de pleurer. Il avait tenté de paraître fort, de faire en sorte de ne pas flancher et de surtout de faire semblant qu'il ne s'était pas rendu compte à quel point il s'était fourvoyé. Son cœur n'était pas aussi fort qu'il le pensait, sa fragilité était encore présente et sans Kyosuke elle s'emparait de lui sans aucun ménagement… Finalement, après toutes ces années, après la perte de sa femme, sa confiance en lui, sa haute opinion de lui-même s'était totalement envolée. En fin de compte, il était terriblement faible… et à cet instant, dans les bras de son fils, il se laissa aller pour se décharger de toutes ces tensions, de ces angoisses qui s'étaient frayées un chemin à travers cette fissure dans son cœur. La blessure était plus profonde qu'il n'aurait cru… et aujourd'hui, sachant qu'il pouvait perdre une nouvelle fois cet être spécial pour lui, il était certain qu'il ne…

— « Papa. »

Le fil de ses sombres pensées fut interrompu par la voix forte et autoritaire de son fils. Ses lamentations cessèrent et il se rendit compte que ses larmes aussi. Il avait arrêté de pleurer depuis un moment, ses joues semblaient sèches et ses yeux moins humides. S'éloignant à contrecœur de cette étreinte rassurante et réconfortante, il porta son regard éteint sur Naruto et il fut choqué d'y lire de la colère.

— « Naru… ?! »

Dans un geste doux, mais tout aussi fort, il le fit s'asseoir sur le banc qu'il avait quitté et il fit :

— « Arrête de te morfondre ! » Rugit-il d'une voix profondément rauque.

— « Qu'est-ce… »

— « Ce n'est pas toi qui es en train de lutter pour ta vie ! Ce n'est pas toi qui as le corps criblé de balles ! Ce n'est pas toi qui as été trahi par tes hommes ! Ce n'est pas toi qui as le plus à perdre ! Pense à toutes ces personnes qui dépendent de Kyo-san ! Pense aux personnes qui souffrent tout autant que toi ! Ils gardent tous la tête haute et tentent de ne pas sombrer dans le désespoir ! Regarde-les papa ! Ils sont tous là depuis des heures ! Est-ce que tu les as remarqués ?! Est-ce que tu as senti leur peur ? Est-ce que tu sais au moins ce qu'ils ont vécu ? Pire ! Tu ne t'es pas demandé pourquoi Kakashi-san n'est pas présent ? C'est lui qui t'a appelé pourtant ! Reprends-toi bon sang ! Il a besoin de toi ! Ils ont besoin de toi ! »

A bout de souffle suite à cette tirade, Naruto fixa son père sans trop savoir comment agir suite à tout ce débit de paroles. Il était allé peut-être, sûrement, un peu loin… Mais que pouvait-il faire d'autre ? Il était clairement en train de sombrer de nouveau, et il lui était impossible de le voir faire sans réagir. À peine son regard s'était posé sur son aîné, il avait tout de suite compris. Cette détresse qui avait fait perdre cette belle lumière qu'il percevait dans ses yeux bleus, cette joie de vivre et ce bonheur qui irradiaient de tous les pores de sa peau… tout était en train de disparaître, encore une fois… mais Naruto était certain d'une chose, s'il plongeait encore ils ne pourraient plus le ramener…

Tout en se passant la main dans les cheveux, il prit place à ses côtés. Minato ne tarda pas à poser sa tête sur son épaule et d'une voix teintée de tristesse et ce qu'il lui semblait être de la honte, l'homme murmura :

— « Ta mère m'en voudrait si je me laisse encore une fois sombrer… »

— « Ton bonheur lui était indispensable, papa… » Répondit Naruto tout en ramenant la tête blonde un peu plus contre lui. « Elle m'avait fait promettre de ne pas laisser la douleur t'enchaîner dans le passé, mais je n'y suis pas parvenu… Sans Kyo-san, tu serais à l'heure d'aujourd'hui toujours à moitié avec nous et l'autre dans tes pensées sombres et ta détresse profonde. »

— « Ta mère, même loin de nous, est toujours aussi autoritaire… »

— « Tu l'aimais pour ça. » Fit Naruto dans un sourire.

— « Je l'aime toujours. »

— « Je sais. »

— « Mais Kyo a pris une plus grande place… » Souffla Minato tout en serrant la veste de son fils.

— « Je sais… »

— « Je l'aime. »

— « Je sais. »

— « Je ne peux pas le perdre. »

— « Tu ne le perdras pas, aie confiance. »

— « Pas simple… j'ai laissé mes pensées me tirer très loin. Tellement loin que je n'ai pas remarqué tous ces hommes à quelques pas de moi. Je suis pathétique. »

— « Mais non. Tu souffres... »

Dans un soupir profond, il quitta la chaleur réconfortante de son fils et se redressa. Il porta un regard sur les hommes assis sur les chaises à sa gauche et il se rendit compte qu'ils étaient au moins une dizaine… Comment avait-il fait pour ne pas les remarquer ? Ce n'était pas normal ? Si ? Non, pas du tout… il s'était muré dans sa souffrance, croyant sans doute qu'il était le seul à l'éprouver… Il avait totalement oublié que ces personnes accourraient automatiquement vers leur maître si jamais il lui arrivait quelque chose. Il avait vécu pendant plus de vingt ans dans ce genre de climat, alors il connaissait parfaitement le dévouement de ces hommes pour leur chef. Ils donneraient leurs vies pour lui et vu leur état à cet instant, cela s'était sûrement déjà produit. Certains d'entre eux étaient assis sur la grande banquette, avaient le bras en écharpe… d'autres prenant place sur les chaises avaient des pansements autour de la cuisse, de la tête, des points de suture… bref, ils étaient bien amochés… Ce couloir totalement froid en temps normal était maintenant teinté de noir, de gris… avec des touches rougeâtres ici et là.

Il fit quelques pas vers eux et il dit :

— « Les gars, je suis dé… »

— « Monsieur, arrêtez ! »

— « Qu-… ?! »

— « On comprend. Le boss nous a déjà dit pour vous, et on en était heureux pour lui. » Lança Daiki.

— « Mais… je vous ai ignoré, ce n'est pas correct… et surtout c'est égoïste… je… »

— « Namikaze-sama, votre souffrance a une tout autre dimension… ne vous en faites pas. Et vous savez, le chef s'en sortira. Il le fait toujours. » Assura un autre.

— « Je… merci… »

— « Les gars vont bien, alors relevez la tête. »

— « Et pour Kakashi ? »

L'un des hommes s'avança vers lui et dans un sourire rassurant, il dit :

— « Il est dans une chambre. Il a été touché un peu plus sérieusement que nous. Mais ne vous inquiétez pas, il n'est pas seul. Un ami à lui l'a rejoint il y a deux heures. »

— « Je vois… Merci. Vous avez besoin de manger quelque chose ? » S'enquit-il.

Maintenant qu'il était moins centré sur lui-même, il ressentait la faim tirailler ses entrailles. À cet instant-là, son ventre se mit à gargouiller, très fortement. Un rire sonore se fit entendre dans le silence du couloir, honteux, il détourna le regard et marmonna :

— « Pardon… »

— « Haha, on a faim aussi. Je vais aller nous chercher quelque chose. »

— « Désolé… »

— « Pas de problème. Kanaka, tu viens m'aider ? »

— « Ouaip. »

— « Merci. »

Après un dernier regard sur les hommes qui semblaient avoir retrouvé un peu plus de couleurs, il retourna s'asseoir aux côtés de son fils. Le silence s'installa entre les deux hommes. Ne sachant quoi dire de plus, Minato se laissa basculer vers l'arrière. S'adossant contre le mur, les pieds reposants nonchalamment devant lui, voûté sur la banquette, il se laissa enfin à attendre sans que ses pensées soient teintées de noirceurs. Naruto lui avait dit qu'il devait garder espoir, et vu les battements sereins de son cœur, il savait que les mots de son fils avaient fait mouche.

Heureusement qu'il était là…

Là…

« Merde ! C'était sa soirée ! »

Se redressant, il porta son regard sur l'homme à ses côtés.

— « Naruto ! »

Sursautant à l'appel de son prénom, ce dernier fit un bond en avant tout en se tournant vers son père.

— « Quoi ?! » Qu'est-ce qui se passe ?! »

— « Ta soirée ! »

À ces mots, Naurto se reprit et se calma tout de suite, amusé par le changement de réaction de son paternel. Au souvenir de cette merveilleuse nuit qu'il avait passé avec Sasuke, un sourire idiot naquit sur son visage.

— « Je vois. Je suis content pour toi, fils. »

— « Merci. C'était merveilleux. Je n'ai pas été aussi heureux depuis que Rina est née. »

— « Je comprends. » Répondit-il tout en tournant la tête vers la porte non loin de là. « Tu l'as prévenu ? »

— « Oui… dans le parking. Il voulait me rejoindre ici, mais avec l'école et même Rina… Elle risque de se poser des questions et ce n'était pas le moment. »

Suivant son regard, Naruto posa une main réconfortante sur l'épaule de son père et tout en déposant un baiser sur le haut de sa tête, il dit :

— « Tu vas le retrouver. »

— « Oui, je sais… »

— « Ça fait combien de temps qu'il est là-dedans ? »

— « Plus de trois heures… »

— « Okay… »

— « Il a eu pas mal d'impacts de balles… cinq, je crois… La plus inquiétante vu les dires des médecins, c'est celle qui l'a touché à l'abdomen. Elle est sortie, mais elle a touché sa colonne… »

— « Putain… Il a tenu bon avec autant de blessures… ? »

— « Il est impressionnant, hein ? Tu sais, on n'a pas eu une enfance des plus simples… son entraînement a dû être encore plus poussé que le mien… être chef de notre famille demandait énormément de sacrifices, dans tous les domaines. »

— « Je vois… »

— « Tu sais… »

— « Hm… ? »

— « Je voudrai… »

À cet instant, les portes qui le séparaient de la salle d'opération s'ouvrirent et un homme qui finissait de dénouer son masque s'avança vers lui. Tout en repoussant son bonnet de chirurgien couleur bleu pastel, le médecin se posta devant Minato qui s'était tout de suite levé. Il ne s'était pas rendu compte que son fils avait fait de même et encore moins que les hommes de son amant s'étaient approchés.

Le grand brun aux yeux gris aurait pu lui paraître séduisant s'il avait pris le temps de le regarder ou tout simplement si les circonstances étaient tout autres… Mais pour Minato la seule chose qu'il avait en tête était que cet homme avait eu la vie de Kyosuke entre ses mains et qu'il allait sceller son destin pour toujours. Les quelques mots qu'il attendait avec impatience tardaient à arriver… c'était sans doute son imagination. Son cerveau devait tourner à mille à l'heure, tout et n'importe quoi devait y circuler… Soudain, il sentit une source de chaleur sur son épaule droite, il leva la tête vers le bras tendu et se rendit compte qu'il appartenait au médecin.

— « Est-ce… »

— « On a stoppé l'hémorragie interne. On a pu retirer toutes les balles. La blessure dans son dos a été difficile à traiter. Sa colonne était touchée, on a de bons espoirs qu'il n'ait pas de séquelles. Mais on va devoir attendre son réveil pour vérifier ça. Pour le moment, il est aux soins intensifs, et il va y rester pendant au moins une semaine. Il est stable, mais les prochaines heures vont être importantes pour la suite. »

— « Je vois… »

— « Monsieur, vous avez compris ce que je viens de vous dire ? » Demanda-t-il avec sollicitude.

— « Oui… merci… est-ce… est-ce que je peux le voir ? »

— « Étant de la famille, oui 5 minutes pas plus. On va vous conduite et vous donner ce qu'il faut pour entrer dans les soins intensifs.»

Pour toute réponse, Minato hocha simplement la tête et se laissa conduire par le médecin. Après un regard vers son fils et les hommes de Kyosuke, il laissa naître un petit sourire sur ses lèvres. Une lueur d'espoir brillait enfin dans ses iris bleus, il se rendit compte que Naruto avait raison… son amant allait s'en sortir. Peu importe combien de temps cela prendrait, ou dans quel état il allait le retrouver, tant qu'il était vivant et il allait se remettre, il prendrait ce que Dieu voulait bien lui accorder, tant qu'il lui revenait.

Tout en se passant la main dans ses cheveux blonds, Minato suivit le médecin sans prêter attention à ce qui l'entourait. Après quelques secondes, ils se retrouvèrent devant un sas une large porte transparente arborant une bande bleue placée au milieu allant sur toute sa largeur. Le texte collé en grand était blanc avec des caractères bien épais, on ne pouvait pas rater la destination.

— « Après ce sas, à votre droite vous prendrez la porte sur laquelle vous lirez « Entretien et tenues pour visiteurs ». Lavez-vous bien les mains, cachez bien vos cheveux et n'oubliez pas de mettre la blouse, le masque et les chaussons. Monsieur ? »

— « Oui ? »

Dans un soupir, l'homme le fixa avec attention tout en étudiant son visage. Minato savait qu'il devait avoir les yeux éteints, le teint pâle et sans parler de son allure en général. Le poids qui pesait sur ses épaules s'était certes quelque peu envolé, mais il sentait qu'il était encore là…

Il ne devait ressembler à rien !

— « Comme je vous l'ai dit, il y a de grandes chances que votre frère s'en sorte. »

— « Mon frère ?! »

— « Eh bien, c'est bien ce que vous avez indiqué sur la fiche, non ?! » Demanda-t-il amusé.

Il sentait qu'il y avait autre chose… sa manière de se comporter et surtout cette angoisse qui perlait de tous les pores de son corps indiquait que le dénommé Kyosuke Namikaze était bien plus pour qu'un simple frère. Le lien qu'il percevait semblait être fort, mais tout aussi fragile…

— « Oh merde… oui… désolé… C'est une longue histoire, mais oui c'est mon frère, du moins sur le papier… » Murmura Minato pour lui-même.

— « Je vois… » Fit-il tout en poussant l'homme vers la porte qui s'ouvrit à son contact. « Bon, écoutez… je ne sais pas pourquoi je vous dis ça et encore moins comment je devrais faire pour cacher tout ce que j'ai compris simplement en vous regardant, mais j'aimerai confirmer une chose : vous êtes bien plus qu'un frère ? »

— « Com… »

— « Je comprends mieux… bon, nettoyez vos mains et habillez-vous, je vous conduis à votre homme. »

Un doux sourire naquit sur le visage du blond, c'était quelque peu déconcertant. Ce genre d'information, en temps normal, il aurait aimé ne jamais les divulguer, c'était privé et les autres n'avaient pas à le savoir, bien que leur réaction lui importait peu. Il était fier de sa relation avec Kyosuke, de cet amour tout nouveau et différent… il n'avait pas oublié sa femme et comme il l'avait assuré à son fils, cela n'arriverait jamais… cette affection qui avait des proportions qu'il n'aurait jamais imaginées le transportait au-delà du possible. Alors si une personne qu'il venait à peine de rencontrer arrivait à lire en lui comme dans un livre ouvert, cela prouvait qu'il ne parvenait pas à masquer ses sentiments, et sûrement qu'il ne le souhaitait pas…

Tout en lavant ses mains, il laissa ses pensées vagabonder au loin. Le médecin…

— « Docteur… » Commença Minato tout en tournant la tête. « Tanaka-sensei… Merci pour tout. » Finit-il tout en lisant son nom.

— « De rien… » Répondit-il dans un sincère sourire.

oOo

Minato s'était imaginé beaucoup de choses sur l'état de Kyosuke, mais jamais il ne s'était douté que son amant soit aussi mal au point. À peine avait-il franchi la porte qui le séparait de son compagnon qu'il s'était arrêté net. La salle des soins intensifs était occupée par deux personnes, et l'une d'entre elles était son beau brun… mais sa beauté avait été remplacée par tout autre… Son visage était marqué par des ecchymoses, son front était entouré de bandages assez épais… il avait dû être touché au niveau de la tête. Il avait aussi quelque chose sur la bouche qui l'aidait à respirer… Quand son regard bifurqua vers le bas, il retint un halètement de surprise. Une compresse dans le sens de la largeur était maintenue sur sa peau par des bouts de sparadraps. Des points de suture était visibles au niveau du cœur, une large cicatrice prendra place une fois qu'il sera guéri… une autre série de fils se trouvait sur son flanc droit… son bras gauche était totalement bandé, mais il était certain qu'une grave blessure s'y trouvait… son bras droit s'en sortait nettement mieux. Une compresse y était collée, une balle laisserait son empreinte.

D'un pas chancelant, il s'approche de Kyosuke dont l'abdomen se soulevait et s'abaissait au rythme de ses respirations lentes et profondes. La machine qui l'aidait à jouer cette danse émettait un bruit sourd et lointain…

Il était dans un sale état… les ecchymoses qui ornaient son corps faisaient frémir tout le corps de Minato. Son amant avait le corps tellement meurtri qu'il se demandait comment il avait pu tenir le coup…

— « Il… »

Les pas légers se firent entendre dans son dos, et Tanaka se plaça à ses côtés.

— « Oui, il a subi beaucoup de dommage, mais comme je l'ai dit, il va s'en sortir, j'en suis certain. »

— « Est-ce qu'il souffre ? » S'enquit Minato d'une voix éteinte.

— « La morphine l'aide énormément. Mais à son réveil, on devra la réduire. »

Tout en s'avançant vers le lit, Minato se pencha légèrement et dans un murmure, il dit :

— « T'as intérêt à me revenir et le plus vite possible ! Je t'interdis de me quitter, je n'en ai pas fini avec toi. Je t'aime et notre vie de couple commence à peine. »

Après un dernier regard, il se dirigea vers la sortie pour se débarrasser de ce qu'il portait et surtout quitter cet endroit.

Une fois la porte refermée derrière eux, Minato se hâta d'enlever ce qu'il portait. Tout en roulant les étoffes jetables en boule, il fixa le médecin.

— « Je peux revenir le voir quand ? » Demanda-t-il les yeux soudainement plus vivants que jamais.

— « Euh… demain… »

— « OK. Merci pour tout docteur » Fit-il en tendant la main.

— « Je n'ai fait que mon boulot… votre regard a changé ! » Souligna Tanaka dans un sourire.

— « Le voir dans cet état m'a remis les idées en place. J'ai une famille qui m'attend, une petite fille qui ne sait encore rien et un partenaire qui est en train de se battre pour sa vie. Alors, je n'ai plus à pleurer sur ma personne de peur d'être abandonné ou de souffrir encore une fois. »

Après un dernier regard, il quitta la partie des soins intensifs pour rejoindre son fils et les hommes de Kyosuke qui devaient certainement être impatients d'avoir des nouvelles. Comme il l'avait dit à Tanaka, voir son amant dans cet état l'avait totalement ébranlé. Il n'avait plus le choix, se reprendre et aller de l'avant étaient ses seules options.


A suivre…


Merci d'avoir lu et je vous dis à très vite pour la suite :)

R.A.R :

Ketsuchi : Merci beaucoup ! Je t'ai répondu en principe ^^

Ralph1978 : Merci beaucoup Ralph, cela me touche beaucoup ce que tu me dis ! Désolée pour cette fin quelque peu cruelle, mais la suite est là ! J'espère quelle te plaira et le contenu te fera plaisir. Et comme tu dis, oui, je déteste ne pas terminer quelque chose, surtout une histoire! Et tout comme toi, j'apprécie moyennement les personnes qui lâchent leurs écrits sans rien dire... en tout cas, ce n'est pas mon cas ^^. Je te dis à bientôt, et merci de continuer de me suivre.