N.D.A. : me voici de retour après pas mal de temps d'absence ! Avouez je vous avais manqué !... Non, ne répondez pas : je préfère me conforter dans mes illusions ! Oui, je suis en avance mais... Bon. C'est pas si grave, non ? X) Sinon, je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est un grand merci à tous ceux qui suivent la fiction et la commente ! J'ai d'ailleurs trois tonnes de commentaires à faire sur les autres fics ! Pardonnez-moi ! T-T Je me rattrape bientôt, promis ! Et sinon, vous aurez bien le 25 votre HS qui n'intéressera que les perv- les personnes qui aiment les détails croustillants ! Mais nous n'en sommes pas encore là...

Bonne lecture !


Chapitre 19 : Être un Vautour

Une fois de plus, Marco se réveilla à cause d'une gêne. Cette fois-ci, c'était une main qui venait de lui atterrir dans la tête. Le blond repoussa Erise qui jouait à l'étoile de mer. Elle se laissa faire sans même se réveiller. Il se leva sans plus attendre. Le soleil venait à peine de poindre à l'horizon et la nuit avait tout de même été agitée. Le Phénix était plutôt satisfait d'avoir récupéré une invitation. Par contre, maintenant, il se posait la question suivante : comment allait-il expliquer à Ace la manière dont il l'avait eue ? Il ne doutait pas que Belelia comprendrait immédiatement, mais le brun… Enfin, il se débrouillerait. Il se débrouillait toujours de toute façon.

Il se retourna en entendant la jeune femme aux cheveux blancs se débattre quelque peu dans son sommeil. Elle prenait toute la place. Sauf qu'à force de bouger, ses vêtements toujours trop courts étaient totalement remontés. En particulier son haut. Et bien entendu, elle ne portait pas de sous-vêtements. Parce qu'il ne fallait pas déconner non plus. Marco leva les yeux au ciel et tira le tissu. Si quelqu'un rentrait dans la chambre, quitte à ce que la mercenaire soit là, autant qu'elle ne soit pas dénudée : le Phénix voulait éviter tout jugement hâtif et quiproquo. C'était déjà suffisamment le bordel comme ça. Sans mauvais jeu de mots…

Il ne s'attarda pas plus que cela et partit se doucher.

Lorsqu'il revint dix minutes plus tard, il retrouva une Erise bien réveillée. Elle était allongée en travers du lit, une paire de lunettes-loupes sur le nez. Elle regardait un volume de la taille d'une encyclopédie. Les pages étaient recouvertes d'une écriture microscopique faite à l'encre violette. Cela avait un côté hypnotisant et Marco imaginait sans mal qu'on puisse avoir mal à la tête en l'étudiant.

« Qu'est-ce que tu regardes ? lança-t-il à la mercenaire qui n'avait pas relevé la tête. »

Le blond se demandait vraiment où elle avait pris ce livre puisque Miss Teigne ne semblait pas dans le coin. Sans le savoir, Erise répondit à sa question intérieure :

« Ça ? Oh, c'est le dernier registre que j'ai récupéré à l'entrepôt…

- Celui que Belelia avait mis de côté ? demanda le Phénix en se rappelant que lorsqu'ils s'en étaient occupés, la chef du Lotus Bleu en avait séparé un des autres.

– Ouep…

- Qu'est-ce qu'il a de particulier ? insista le blond en s'installant à côté d'elle. »

Il laissa son regard s'égarer sur la jeune femme. Elle avait les cheveux en pétard et aurait mérité un bon coup de brosse. Pour autant, cela accentuait son côté lutin. Ses yeux rouges fixaient avec insistance la page. C'était bien rare de la voir si calme et si sérieuse. Depuis qu'il l'avait rencontré, le blond avait l'impression de côtoyer une pile électrique que rien ne pouvait arrêter. Elle était sur le ventre et battait des jambes dans l'air. Elle avait vraiment l'air d'être en verre à cet instant : sa position mettait en relief sa minceur qui aurait pu confiner à la maigreur. Dans son cou, la marque noire qu'il avait vue quelques heures plus tôt était toujours présente. Cependant, il avait l'impression qu'elle s'était un peu plus diffusée encore.

Mais ce qui retint véritablement l'intention de Marco était un peu plus futile. À savoir le popotin d'Erise qui était moulé dans son mini-short et qui révélait le début de ses courbes ainsi que la chute de ses reins. Non, mais ce n'était pas de sa faute si on lui collait son le nez une femme qui semblait vouloir lui prouver par A plus B qu'elle ne portait pas de sous-vêtements !

Erise lui jeta un bref coup d'œil. Pendant un instant, un sourire narquois et presque satisfait se forma sur son visage. Sauf que ce fut si rapide que le Phénix ne put le remarquer. Il était concentré sur autre chose, en même temps. Il ne fallait pas trop lui en demander.

« Dis donc, mec… Au lieu de mater mon cul, tu ferais mieux de t'intéresser à ce que je lis. Ça me fait mal de le dire, mais je suis quasiment persuadée que c'est plus instructif. »

Encore une fois, Marco leva les yeux au ciel : elle disait ça alors qu'il savait très bien qu'elle en faisait exprès. Il en avait rarement vu des allumeuses pareilles… Pourtant, il suivit ce qu'elle lui avait conseillé et retourna vers son bouquin. En tout petits caractères, étaient inscrits des centaines, voire des milliers de chiffres. Ce livre de comptes était encore plus complexe que ceux qu'ils avaient étudiés. Ici, on avait uniquement à faire à un monde composé de calculs savants et d'échanges d'argent qui semblaient n'avoir aucun rapport les uns entre les autres.

« Tu comprends ce qui est marqué ?

- Bien sûr pourquoi ?

– Eh bien…

– Laisse-moi deviner… Tu pensais que parce que je suis une mercenaire qui passe son temps à faire des sous-entendus sur ton homosexualité et à dire des conneries à tout bout de champ, je n'avais pas une certaine connaissance ? Mais je te l'ai déjà dit, le piaf. Lorsqu'il s'agit d'argent, je suis imbattable, et ça marche aussi pour la comptabilité !

- J'aurais jamais deviné, souffla le Phénix. Mais dans un sens, je crois que je comprends. On a tous des talents cachés.

– Tss… Comment ça ?

- Je suis navigateur, tu sais… La cartographie est une de mes passions. »

La jeune femme aux cheveux l'observa alors d'un œil intéressé :

« Tu es cartographe… Genre toi ?

– Bien sûr ! Tu me crois pas ?

- On t'a donné ce poste pour tes sens aviaires ? gloussa-t-elle. »

En réponse, Marco lui flanqua une pichenette sur le front, agacé. Cela eut pour effet de redoubler son rire.

« Bah quoi, c'est vrai, non ? Enfin, peu importe… Tu voudrais pas m'apprendre ? »

Il était surpris. Dans la liste des choses auxquelles il s'entendait, celle-ci venait très loin.

« Pardon ?

- Bin oui : tout savoir est bon à prendre ! Je crache jamais sur de nouvelles compétences ! Bon, je me suis jamais intéressée aux métiers de la marine, mais voilà !

- T'as oublié qu'il y a même pas une semaine, on essayait de s'entretuer ?

- Tu la voulais cette paix, non ? Bon bah alors assume mon vieux !

– Oui enfin… C'est surprenant tout de même… »

La jeune femme aux cheveux lui adressa alors une mimique qui ressemblait beaucoup à celle d'un chien battu à moins de dix centimètres de son visage. Gêné, le blond mit sa main sur la figure de la mercenaire et la repoussa en arrière.

« Arrête de faire ça ! »

Erise prit un air angélique en penchant la tête sur le côté :

« Je vois pas de quoi tu parles… »

Marco soupira puis lui lança :

« On verra si on a le temps. En attendant, sois utile et déchiffre-nous ça…

- Bien reçu, m'sieur !

- C'est assez impressionnant de voir ta docilité lorsque tu as une carotte, remarqua le Phénix en levant un sourcil.

– Ah bah quand la motivation est présente… ça n'a plus rien à voir. »

Et elle se replongea dans son ouvrage, suivant du bout de l'index les lignes. Ses yeux bougeaient à une vitesse impressionnante. Marco se releva et partit trouver une chemise ainsi que ses magnifiques sandalettes. Alors qu'il était dans la salle de bain, il entendit l'Escargophone qu'il gardait toujours avec lui retentir dans la chambre. Il passa sa tête par l'ouverture. Se faisant, il croisa le regard de la mercenaire aux yeux rouges.

La suite fut très confuse. Erise se précipita sur l'objet, envoyant valser le livre. Marco fut plus rapide et bloqua la jeune femme en lui faisant une balayette. Elle tomba au sol. Il la plaqua sur le ventre et s'assit sur son dos, la bloquant définitivement. C'était peut-être un peu extrême comme méthode… Mais on parlait de la mercenaire qui était capable d'enfoncer n'importe qui. C'était donc plutôt prudent en fait. Le pirate attrapa l'Escargophone et décrocha. En même temps, il bâillonna avec sa main Erise qui continuait de l'insulter tout en tentant de se dégager et de le mordre.

« Allô ? Marco a l'appareil…

– Marco ? C'est Thatch !

– Thatch… Quoi de neuf ?

– "Quoi de neuf"… "Quoi de neuf" ?! Nan, mais tu te moques de moi ! ça va fait faire deux semaines que vous avez pas donné de nouvelles ! »

Erise n'émettait plus un bruit. Elle écoutait même attentivement. Thatch… Comme le capitaine de la quatrième flotte de Barbe Blanche ? C'était tout de suite très intéressant. La mercenaire voyait déjà les informations qu'elle pourrait récupérer si les deux ne faisaient pas attention. Elle produisit alors un ricanement sinistre. Ou plutôt un rire machiavélique.

Sauf qu'elle fut un peu trop expressive puisque la personne à l'autre bout du fil demanda :

« Marco… C'est toi qui viens de rire ? Non parce que c'était vraiment bizarre…

– Non, non. C'est Erise… La mercenaire qui fait équipe avec nous. Ace a eu la bonne idée de l'engager lorsqu'il a compris que nous ne pourrions pas nous en sortir sans avoir dans notre camp des autochtones. »

Face à cette appellation qui prenait clairement le sens négatif de « sauvage », elle lui fit un doigt d'honneur tout à fait poli. Un sourire narquois se peignit sur son visage.

« Et elle est avec toi si tôt le matin ? »

Son sourire se fana immédiatement.

« Ce n'est pas du tout ce que tu crois… grinça le blond. »

La jeune femme avait au contraire envie de dire « Si, si, c'est tout à fait ce que tu crois ! », juste histoire de le mettre dans la panade. Mais elle se retint de faire quoi que ce soit lorsque Marco se pencha et lui susurra à l'oreille :

« Tu dis quoi que ce soit de travers… Et je peux te jurer que ça va barder pour ton cul. »

Très mauvais choix de mots. La mercenaire le regarda, intriguée, l'air de dire : « C'est vraiment ce à quoi je pense, ce dont tu fais allusion ? Nan parce que si c'est le cas… Sache que je suis ouverte à un grand nombre de pratiques !... Avec mauvais jeu de mots ! » Oui, les regards pouvaient avoir des significations à rallonge. En réponse, il lui flanqua une tape sur le haut du crâne et n'eut d'autre choix que de la laisser parler. Non sans une aura menaçante.

Cela ne dérangeait pas du tout la jeune femme : si elle ne pouvait pas lui empoisonner l'existence dans ce sens, elle se servirait d'un autre. Et le meilleur moyen pour faire ça, c'était de revêtir un masque qui allait le faire enrager. Elle déglutit puis lança d'une voix douce et agréable :

« Enchanté, monsieur. Je m'appelle Erise. J'accompagne vos compagnons dans leurs recherches. Nous étions en train d'étudier des livres de compte.

– Oh ! Une demoiselle ! Appelle-moi Thatch surtout ! »

La jeune femme aux cheveux blancs eut envie de lever les yeux au ciel : bien sûr qu'elle était une femme… Qu'est-ce que c'était que cette réflexion ?

« Ah… Et ça va, ils ne te causent pas trop de soucis, ces deux imbéciles ?

– Non… Ne vous inquiétez pas. Tout se passe bien. Dans la limite où ce genre de mission délicate peut s'effectuer, bien entendu, répondit-elle d'un ton qui devait la faire passer pour le Miss Parfaite de service.

– Ah ! Tu me rassures ! Non parce que je sais qu'Ace peut être un peu gamin quand ça lui prend… Et j'ai l'impression que Marco devient soupe au lait depuis un petit moment… C'est l'âge, tu comprends…

- Thatch ! protesta Marco tandis qu'Erise gloussait sans bruit.

- Bah quoi c'est vrai ! rit l'autre pirate. Enfin, trêve de bavardages. Père voudrait te parler… »

La discussion était redevenue sérieuse. Le blond soupira et trouva alors le moyen de se débarrassera de la mercenaire sans que cela soit paraisse trop artificiel.

« Passe-le-moi, Thatch… Erise, va me chercher Belelia, s'il te plaît. Et Ace aussi, si tu le croises. Il y a des choses à mettre à plat. »

Elle lui fit alors des signes qui voulaient dire : « bah bouge-toi de là parce que d'un, tu es lourd, et de deux, je peux pas bouger. ». Il se releva et Erise s'engagea jusqu'à la porte. Lorsque quelque chose lui arriva sur la tête. Elle se retourna. Marco continuait de parler de broutilles avec son ami, mais c'était bien lieu qui était à l'origine de ce lancer impromptu de fringues.

Signification de cette action : et habille-toi mieux que ça, bordel !