Anima Veela
Partie II
Chapitre 3
Le plan de Severus était simple. Appâter l'entière armée de Voldemort pour une bataille à l'intérieur d'un bâtiment – ce qui serait déjà assez compliqué en soi. Puis de le faire exploser, par des moyens moldus.
C'était une solution brute et probablement déloyale mais personne ne s'attendait à ce qu'Harry combatte réellement. Ce serait un essai, accompagner d'une prière pour que cela marche.
Et si cela ne marchait pas, au moins pouvaient-ils espérer que la bombe tuerait quelques-uns des fidèles de Voldemort.
Et peut-être réussirait-il du même coup à éliminer cet allié du passé que Voldemort avait réussi à trouver – ou que le Mangemort avait trouvé lui-même.
« Il faut au moins essayer. » Dit Lucius alors qu'Harry, assis contre lui sur un des grands sofas du bureau de Dumbledore venait de soulever le problème de la prophétie.
« En espérant que ça ne nous retombe pas dessus par la suite. La magie et la technologie moldu n'ont jamais fait bon ménage. » Fit Rémus.
Severus lui envoya un regard noir et croisa les bras. « Et bien, trouves donc une meilleure solution. » Aboya-t-il presque – et ils étaient certainement tous très fatigués des dernières vingt-quatre heures.
« Severus… » Gémit Draco en le fusillant du regard. Severus allait répliquer, son regard sombre déjà ancré dans celui de son filleul lorsque Lucius, repoussant légèrement Harry se leva et tendit sa main vers son Valeon.
« Ça suffit, dit-il, réduisant Draco et Severus au silence – nous sommes tous épuisés et rien de bien ne sortira de cette conversation. Rémus, met Draco au lit. Dennis, met Scorpius au lit – et Scorpius dormait déjà profondément sur le Gryffondor. Ronald, au lit. Severus, pareil. »
Et avec ça, il se baissa et prit Harry dans ses bras. Le jeune homme protesta légèrement mais se laissa faire et posa sa tête sur l'épaule de son Veela.
« A demain. » Et sur ces derniers mots, il quitta la pièce.
-O-
La mission échoua. Du moins ne tua-t-elle pas Voldemort, mais quelques-uns des mangemorts furent tués sur le coup. Donc, même si ce n'était pas la victoire qu'ils attendaient, c'était tout de même mieux que si tout avait été en vain.
Le point positif cependant, est que le vingt-six juin, date à laquelle l'explosion eut lieu était la date précise du jour où dans le Futur de Dennis et Scorpius, Lucius aurait dû être enlevé.
Harry, même si la mission ne tua pas Voldemort, ne put s'empêcher d'en pleurer de joie. Enfin – enfin – le futur était changé et peut-être que cela entrainerait quelque chose de bien, de meilleur pour leur futur à eux. En tout cas, cela leur donna de l'espoir.
Lorsque deux mois plus tard, après que Voldemort se soit montré discret sur ses attaques et que chacun eu pu profiter de la grossesse de Harry et de Draco malgré l'inquiétude constante que le manque d'activité du Seigneur des Ténèbres leur infligeait, les trois Valeons disparurent, cet espoir latent qui les tenait tous disparut en un instant.
Harry, Draco, Rémus, Dennis et Scorpius s'étaient rendus sur le chemin de traverse accompagné d'Hermione, Ron et Severus. Ils souhaitaient absolument acheter des affaires pour les futurs bébés. C'était une journée ensoleillé et le chemin de traverse était très fréquenté malgré la menace du Seigneur des Ténèbres. Mais Severus et Rémus entouraient les plus jeunes comme si à chaque seconde, une attaque pouvait avoir lieu – ce qui, naturellement, pouvait bien être le cas.
Cependant, lorsqu'au bout d'une heure, Harry et Draco se furent extasiés devant un grand nombre de petit boddy, et de petits costumes, et de nounours, et de petites barboteuses, Scorpius gémit d'ennui et tira Severus derrière lui pour qu'il l'accompagne chez les frères Weasley. Et Severus, trop pris par les babillements du fils de son filleul, ne vit pas la silhouette sombre qui le croisa et entra dans la petite boutique pour enfant.
Draco était fourré au fond du magasin, posant mille questions à la vendeuse épuisée sur les différentes sortes de landau et de berceau, tandis qu'Harry, Rémus et Dennis repliaient avec soin les quelques dizaines de vêtements que les deux hommes enceints avaient sélectionnés.
L'homme – cette silhouette sombre et menaçante – fit quelques pas vers eux et se tint immobile un moment. Rémus fut le premier à s'apercevoir de sa présence et il se tendit brusquement et releva la tête, ses yeux s'écarquillant en apercevant la large capuche noire qui cachait le visage de l'individu. Il n'eut cependant pas le temps de sortir sa baguette qu'un sort l'atteint. Harry et Dennis se retournèrent alors brusquement vers lui avant de chercher la source du sort et de tomber à leur tour sur le mangemort – parce que ce ne pouvait être qu'un mangemort, et Harry eut à peine le temps de lâcher un cri de terreur lorsqu'un sort l'atteint également, puis en un instant Dennis fut à terre avec lui.
Des pas précipités retentirent sur le côté mais l'homme s'étaient déjà rapprochés d'eux, et avec un sourire malveillant à peine visible sous sa cape, il disparut avec les trois valeons, le cri de Draco les suivant dans la magie tourbillonnante.
Lorsque Severus avait surgit dans la boutique, tenant un Scorpius presque hystérique dans ses bras, la vision de Draco à terre, en train de hurler fut presque assez pour lui faire monter les larmes aux yeux. Parce que c'était son petit filleul adoré qui était là, se tenant le ventre et réclamant celui qui le maintenait en vie et le rendait heureux.
Et le perdre, ou perdre Scorpius, ou même Lucius et avec eux Harry, Dennis et Rémus – qui, même si il ne les aimait pas par principe étaient tout de même devenu sa famille – lui faisait terriblement mal au cœur.
Scorpius dans ses bras, Severus se laissa tomber à genoux devant Draco et posa une main sur son épaule, et sans un regard pour la vendeuse tétanisée, il transplana devant les portes de Poudlard.
Lorsqu'il réapparut, il se sentit immédiatement tiré en arrière et il aperçut Lucius se jeter pratiquement sur son fils et son petit-fils pour les prendre dans ses bras, et Severus put voir que l'homme tremblait mais il tentait tout de même vainement de les calmer avec sa magie de Veela.
Et en les voyant là, presque déjà détruit, Severus sentit une boule se coincer dans sa gorge et des larmes roulées sur ses joues pâles. Parce que c'était trop, maintenant. Et ils étaient tous fatigués et il fallait que cela cesse.
Le bruit terrible d'un éclair – et ce ne pouvait pas être un éclair normal – qui retentit au dessus de leur tête à cet instant fit craindre en un instant le pire au maître des potions.
Et il avait raison. Il vit Scorpius se redresser brusquement dans l'étreinte de Lucius, Draco se tendre, et Lucius amorcer un geste – quoique ce fut – puis en un autre instant ils avaient à disparu.
Et pour la première fois depuis des décennies, Severus laissa échapper un sanglot.
-O-
Dennis asséna un coup de poing violent au Mangemort lorsqu'ils réapparurent, la magie du transplanage ayant annihilé celle des Stupéfix et l'homme allait sans doute répliquer lorsqu'un rire retentit dans la pièce et Harry, Dennis et Rémus se figèrent d'effroi.
Ils tournèrent lentement leur visage vers le fond de la pièce et aperçurent le Seigneur des Ténèbres se lever de son trône et descendre les quelques marches. Il s'arrêta ensuite un instant, puis applaudit.
« Mon cher fidèle, tu as désormais toute ma confiance. » Dit Voldemort en approchant encore. Il posa une de ses mains translucides et trop maigres sur l'épaule de son mangemort et éclata de nouveau de son rire glacial. Puis de son autre main, qu'il tourna légèrement sur la droite, il activa un sort de magie noire et Dennis fut forcé de retomber à terre, et les trois valeons de s'agenouiller devant lui.
« Voilà, enfin. » Susurra-t-il de sa voix la plus froide. « Vous êtes à votre place, enfin. Et aujourd'hui, je gagne. » Murmura-t-il encore. Son mangemort s'éloigna alors légèrement de lui et baissa la tête. « Maître, mon Seigneur. » Se prosterna-t-il presque. Et Harry aurait voulu hurler, et le frapper – et prier, supplier pour que Voldemort ne le tue pas et ne tue pas Dennis et Rémus parce qu'il y avait le petit bébé de Draco qui ressemblerait à Scorpius.
Et c'était les hormones sûrement, parce que même si tout était terminé et qu'il avait peur de mourir, Harry n'aurait certainement jamais laissé ses larmes couler devant Voldemort, mais le valeon ne put empêcher un hoquet d'échapper à ses lèvres et il ferma fort les yeux pour tenter d'empêcher les nombreuses larmes qui roulaient déjà sur ses joues, de s'échapper encore.
« Oh Harry, » soupira le Seigneur des Ténèbres – et son soupir était jubilatoire – « Tu savais que tout finirait ainsi, je te l'ai dit. Mais ne t'en fais pas, tu ne mourras pas aujourd'hui – après tout, je ne voudrais pas condamner mon petit héritier si délicieux. » Et Harry pleura encore un peu plus et resserra ses bras sur son ventre.
Ce fut à cet instant que les trois Malfoys apparurent dans la salle, juste derrière Voldemort.
Le Seigneur des Ténèbres alerté par l'afflux de magie se retourna brusquement, et ne perdit pas de temps pour lancer un sort vers les nouveaux arrivants, et sur son visage était encore présent un grand sourire ravi.
Mais le sort rebondit sur un bouclier bleu, formé sans aucun doute par la magie des Veelas en colère et à cet instant-là, précisément, le mangemort maintenant en face de Voldemort fit glisser sa capuche, s'avança brusquement vers Lucius, Draco et Scorpius, ferma les yeux, et posa sa main sur leur magie.
Il y eut plusieurs éclairs, plusieurs bourrasques de magie qui firent trembler les fondations du Manoir Jedusor puis un silence presque solide envahit la pièce, comme si le temps s'était arrêté.
Voldemort tourna des yeux rubis fulminant sur son mangemort, qui rouvrit les yeux – des yeux bleus, plein de magie.
Puis il disparut brusquement et le temps reprit sa course. Le bruit des sanglots d'Harry, le bruissement des robes des Veelas debout, près à se jeter sur leur Valeons pour les protéger de tout mal, et le Mangemort, qui réapparut aussi brusquement qu'il avait disparut, juste derrière Voldemort.
Et d'un mouvement de bras, une force bleutée, presque comme une étoile, au creux de ses deux paumes, il abattit toute la puissance des Veelas en colère à l'intérieur de la poitrine de Voldemort.
Le temps s'arrêta alors encore une fois. Puis littéralement, Voldemort explosa en un feu d'artifice de magie noire et bleu.
Puis tout redevint calme, seul les respirations erratiques de chacun rompant le silence terrifiant – qui suivait la victoire.
« Et bien, c'était chaud. » S'exclama alors le mangemort – qui n'était plus un mangemort alors. Et Lucius fut le premier à s'approcher de lui et le prit brusquement dans ses bras.
« Espèce de stupide petit enfoiré. Si tu n'étais pas déjà si vieux, je t'aurais consigné dans ta chambre jusqu'à la fin des temps. » Murmura-t-il dans les cheveux du jeune homme, assez fort cependant pour que tout le monde entende. Les cinq autres, qui s'étaient tous jetés dans les bras les uns des autres, ouvrirent de grands yeux et s'approchèrent de l'étrange duo.
Le jeune homme inconnu laissa échapper un rire fatigué et entoura Lucius de ses bras, le serrant fort contre lui.
« Moi aussi je t'aime papa. » Dit-il enfin. Et Harry laissa échapper un hoquet de surprise, avant de se précipiter vers eux.
« Tu es… » Commença-t-il alors que Lucius et le jeune homme se séparaient et se tournaient vers lui. Le regard vert-gris de l'inconnu – de leur fils – se posa sur lui et un sourire envahit son visage – et oui, certainement était-il leur fils, parce que son visage fin et pâle criait son appartenance à la famille Malfoy tandis que ses petits lunettes rectangulaires et la masse de cheveux noirs partant dans tous les sens sur le haut de sa tête affirmait son héritage Potter.
« Wha, tu n'as pas du tout grandi, Papa. » Dit l'homme et Harry tendit à son tour les bras vers lui et se jeta presque dans ses bras.
« Comment tu t'appelles ? » Murmura-t-il contre son épaule – parce que son fils – Merlin c'était son fils ! – devait faire une tête de plus que lui.
Le jeune homme réfléchit un moment puis croisa le regard de Lucius qui hocha la tête. « Vous m'avez appelé Edward. Mais maintenant, je ne sais pas si en réalité ce n'est pas moi qui me suis donné mon prénom. » Rit-il. Et il avait si léger, si heureux, que Harry eut juste envie de rire contre lui.
Mais le cri de Draco, suivi de l'appel alarmé de Rémus le réduirent au silence et il se retourna brusquement vers eux.
« Draco ! » S'exclama Lucius en se précipitant sur son fils. « C'est le bébé. » Réussit à croasser Draco avant qu'un nouveau cri de douleur ne lui échappe.
« Il faut retourner immédiatement à Poudlard, je crois que le travail à commencer. » Fit Rémus, tentant visiblement de retenir sa panique – en vain.
« Ok, j'ai encore suffisamment de votre magie en moi, serrez-vous les uns aux autres, et je vous ramène. » Leur ordonna Edward d'une voix autoritaire. En un instant, tous furent en contact les uns avec les autres et dans un éclair de Magie Veela, ils transplanèrent, réapparaissant à Poudlard – directement dans l'infirmerie.
« Mettez le sur le lit ! » Cria presque Edward avant que l'un d'eux put en faire la remarque.
Rémus souleva rapidement Draco et le déposa aussi délicatement que possible sur le lit, le veela se roulant immédiatement en boule, ses bras autour de son ventre et des larmes de douleur roulant sur ses joues.
« Je vais chercher Pompom, » les informa Dennis. Mais personne ne l'écouta vraiment, car Edward écartait doucement Rémus avant de se pencher doucement vers Draco, une main caressant son front puis ses cheveux. « Allez Hamnet, c'est l'heure. » Chuchota-t-il. Et Draco ouvrit ses yeux gris sur lui et une petite lumière d'espoir y apparut
« Il s'appelle Hamnet ? » Demanda-t-il d'une voix rauque de douleur. Edward lui répondit par un sourire doux avant qu'une nouvelle contraction ne fasse crier Draco de nouveau.
Et un cri d'enfant, de tout petit nouvel enfant retentit dans l'infirmerie. Edward entendit Rémus soupirer de soulagement et s'approcher, mais le jeune homme ne lui laissa pas le temps de parler qu'il lui déposait déjà son fils dans ses bras – ce qui permit aux autres d'apercevoir le visage bien trop pâle de Draco, et le manque de mouvement de sa poitrine.
Et la magie – la joie veela – ressentit par Rémus se dissipa et le Valeon lâcha un cri rauque de désespoir. « Draco, oh non, non, non, non. » Dit-il, et il semblait près à se jeter sur son Veela mais Edward se retourna en un instant sur lui et le retint.
« Non, restes-là ! » Cria-t-il presque. Puis il se retourna de nouveau sur Draco, posa une main sur sa propre poitrine et murmura quelques mots en Veela. Et Lucius protesta, essaya de protester, de le retenir, de l'arrêter – mais son fils voulait sauver Draco, voulait sauver son demi-frère et – « Edward. »
Mais Edward avait déjà sorti cette petit boule de magie de vie de sa poitrine et la déposa contre celle de Draco.
Qui en un instant l'absorba.
Et avant même qu'Edward ait touché le sol, et que Draco ne reprenne sa respiration, le fils de Lucius et Harry disparut.
Et un nouveau silence – terrifiant, lourd – sembla comme envelopper le temps.
Merci à tous pour vos reviews et à bientôt,
BIZ
Blibl'
