Chapitre 21 : Les prémices du réseau poudlarien

-Dis-moi, Drago, Dobby est bien l'elfe de maison personnel de ta mère ? demanda Vladmir près d'un mois après la rentrée.

L'héritier Malefoy observa son ami, fronçant le nez en une moue discrète mais flagrante quand on connaissait le sang-pur. Vlad n'avait malheureusement pas oublié l'incident de l'elfe de maison. Le bond avait pris soin de ne pas réintroduire le sujet dans leurs discussions, évitant d'aborder les sujets délicats de ce type. Le serpentard avait eu un franchement peur du jeune russe quand il s'était énervé, ce jour-là, mais il craignait surtout les répercussions si c'était bien un elfe de la famille Malefoy…

-Oui, finit-il par dire en observant le lac. Ma mère possède un elfe du nom de Dobby.

-Est-il à son usage exclusif ?

-Pas à ma connaissance… concéda le jeune noble.

Vladmir resta silencieux de longues minutes. Ils se tenaient tranquillement assis sur les rochers d'une petite plage, à l'embouchure de la rivière et du lac. Le site, hors de vue du château était également à la lisière de la Forêt Interdite. Pas grand monde osait s'aventurer aussi prêt des bois sombres, surtout aussi loin de Poudlard. Mais c'était un des lieux que les deux héritiers préféraient, au calme, face aux eaux noires du lac. Hermione avait ri quand elle avait découvert où ils se cachaient, annonçant que l'environnement était à l'image de Vlad. Mystérieux et sauvage. La lande d'Ecosse, aride, balayée par les vents d'un côté, la Forêt Interdite à l'ambiance pesante de l'autre et le miroir liquide, à la surface aussi sombre que leur magie naturelle au milieu.

-Peux-tu le convoquer s'il te plait ?

Drago reporta lentement son attention sur son ami. Il reconnaissait dans le ton de la voix et le visage du russe l'importance de sa demande et cela l'inquiétait, même s'il ne montrait rien.

-On ne peut pas transplaner à Poudlard, fit remarquer le blond.

Le jeune russe eut un sourire amusé mais qui ne se refléta pas dans ses yeux émeraude. Toutes comme ses homologues gris, ils étaient froids et sérieux.

-Les elfes de maison n'utilisent pas la même magie que nous, Drago. Poudlard leur ait accessible.

Drago soupira puis appela d'une voix ferme Dobby. A son grand regret, l'elfe de sa mère apparut, vêtu de la livrée de sa famille et s'inclina bien bas, ignorant Vlad qui se tenait dans son dos. Drago observa le regard de l'héritier Kemenov et souffla à nouveau. A la lueur présente dans les yeux du russe, Dobby était indéniablement l'elfe qui avait violé sa demeure familiale à Saint-Petersbourg.

-Dobby, tais-toi et reste immobile.

Vlad fit un petit mouvement de tête pour remercier Drago de son ordre et le vit frissonner en réponse. Il avait repris son masque froid et cela mettait indéniablement le blond mal à l'aise.

-Bonjour Dobby, susurra Vladmir en apparaissant devant la créature magique. Tu te souviens de moi ?

L'elfe de maison trembla mais ne prononça pas un mort et n'esquissa pas le moindre geste, sous la contrainte de l'ordre de son jeune maître. Toutefois, la terreur transpirait de tout son petit être. Drago eut un rictus peiné. Visiblement, le russe avait fait une forte impression sur Dobby lors de leur première rencontre et cela faisait mal au cœur. Même s'il n'était pas le plus compétent et un peu farfelu sur les bords, l'elfe était un bon serviteur et il faisait partie de sa maison. Il devait intervenir avant que Dobby ne soit traumatisé...

-Laisse-moi l'interroger, s'il te plait, finit par dire Drago, une touche de supplice dans la voix qu'il se maudit de détecter.

Vlad haussa un sourcil en l'observant puis acquiesça lentement avant de se rasseoir. Drago lui adressa un sourire tendu, réalisant qu'il venait de solliciter une faveur que son ami aurait pu la lui refuser. Dobby avait offensé le clan Kemenov en apparaissant sans blason et Vlad aurait pu invoquer le droit d'outrage et demander à s'occuper lui-même du responsable…

-Dobby, murmura le jeune Malefoy. Je te somme de répondre aux questions à mes questions. As-tu compris ?

-Mais… Si la maîtresse…

-Lady Malefoy est l'épouse de Lucius selon les anciennes lois ? le coupa Vlad, songeur.

-Oui, répondit Drago. Mais…

-Alors tes ordres en tant qu'héritier surpassent les siens. Seul ton père ou, s'il s'agissait d'une personne distincte, ton chef de famille te surpassent.

Vlad eut un sourire en voyant Dobby déglutir, mal à l'aise. Drago, lui, se contenta de le regarder avec surprise. Il n'était pas au courant de cette particularité de l'ancienne loi matrimoniale. Son esprit serpentard nota immédiatement tous les avantages que cela pouvait lui apporter et quel meilleur remerciement pour son ami que lui donner ce qu'il chercher ?

-Pourquoi t'es-tu introduit dans la demeure des Kemenov ?

-Je… Dobby a… commença le petit elfe larmoyant.

-J'exige par mon droit d'héritier de savoir la vérité, Dobby. Prends le temps de formuler ta réponse de manière claire et complète.

Vladmir eut une moue appréciatrice. Il se rappelait parfaitement les bégaiements de la créature magique et il ne voulait pas y faire face à nouveau. Ils étaient insupportables. Dobby inspira profondément plusieurs fois puis ouvrit ses yeux immenses et humides pour fixer son jeune maître.

-Lady Malefoy a introduit un artefact de magie noire dans Poudlard. Dobby ne sait pas de quoi il s'agit, mais les ténèbres étaient si présents autour de la maîtresse que ce ne peut être que mauvais. Elle veut la mort de Monsieur Harry Potter-Kemenov.

-Pourquoi souhaite-t-elle ma mort ?

-Réponds aux questions de Vladmir, Dobby, cela vaut mieux pour toi.

A nouveau, l'elfe prit le temps de réfléchir sa phrase puis osa enfin regarder Vladmir dans les yeux, une touche de respect et de méfiance dans les yeux.

-Son maître veut revenir. Vous êtes Harry Potter-Kemenov, le Garçon-qui-a-survécu.

Vlad vit immédiatement Drago pâlir à l'évocation d'un maître alors que lui grimaçait au surnom qui lui avaient donné les journaux anglais. Drago resta droit face à son elfe de maison, la fierté prenant le dessus de la peur qu'il ressentait. Ce nouveau fait ramena un souvenir de sa discussion avec ses amis lors de la rentrée et le serpentard pria intérieurement pour avoir une réponse négative.

-Dobby, mère est-elle allé en Russie cet été ?

-Oui, la maîtresse est partie pendant une semaine dans les pays de l'Est. Elle est allée rendre visite à des amis et a profité de son transit à Saint-Pétersbourg pour faire des achats.

-Quels amis ? demanda d'une voix blanche l'héritier Malefoy.

-Madame a rencontré Lady Dolohov et Lord Darerine.

-Ilyna Saprovna Dolohov et Felix Demetrovitch Darerine ?

Vladmir de plus en plus intéressé, s'était penché en avant, les bras fermement appuyés sur ses cuisses. Dobby se contenta d'hocher silencieusement la tête, alors que Drago fermait les yeux. Il connaissait vaguement un Dolohov, mangemort emprisonné à Azkaban, mais n'avait jamais entendu les deux noms. Vladmir par contre semblait vraisemblablement savoir qui étaient ces personnes et, à son regard sombre, le serpentard ne souhaitait même pas savoir pourquoi. Abattu, il hésitait à poser une question, la question, mais Vladmir s'en chargea pour lui.

-Lord Malefoy était-il au courant ?

-Non. La maîtresse m'a ordonné de ne rien dire aux maîtres s'ils ne me demandaient pas spécifiquement le lieu de ses vacances et le nom de ses amis.

-As-tu d'autres questions, Vladmir ? demanda faiblement Drago, priant pour que cette discussion prenne rapidement fin. A sa grande horreur, le russe hocha la tête et il se prépara à avoir une autre mauvaise nouvelle.

-Es-tu lié, d'une manière ou d'une autre, aux problèmes d'accès au quai 9 ¾ ?

-Non. Mais une perturbation magique de grande ampleur a été constatée par toutes les créatures magiques, Monsieur Harry Potter-Kemenov. Elle est la raison probable des dérèglements des transports sorciers.

Vlad observa son ami et fit un petit signe de la tête. Il n'avait plus rien à demander à l'elfe. Drago le congédia après lui avoir interdit de dévoiler à sa mère la teneur de cette discussion. Puis le serpentard perdit les rares couleurs qui lui restaient et s'effondra lourdement sur les pierres de la petite plage, les yeux fixés sur l'eau miroitante.

-Ma mère, Vlad… Qu'a fait ma mère par Merlin ?

Vladmir s'agenouilla à ses côtés et posa une main réconfortante sur l'épaule sur serpentard. Narcissa Malefoy avait rencontré deux des anciens lieutenants de Voldemort dans les pays de l'Est. Vlad devait prévenir sa tante des mouvements des fidèles de Voldemort et surveiller attentivement ce qui se passait dans l'école…

Il était temps de mettre en place son échiquier, mais en attentant, il avait son ami à rassurer. Cela lui prit de temps et il savait aussi que Drago était bien plus marqué que ce qu'il voulait le montrer. La rencontre avec le mage noir l'année dernière était encore fraîche dans la mémoire du blond et même si elle n'avait pas été traumatique, le danger existait vraiment. Le serpentard venait de perdre ses illusions. Seul Lucius était connu pour être mangemort et Drago découvrait que sa mère était bien plus impliquée ce que qu'il croyait.

Une bonne heure après, Drago avait fini par rendre contenance et était parti pour son cours de métamorphose avec les gryffondors tandis que Vlad rejoignait Kévin et sa classe pour deux heures de défense contre les forces du mal.

Son après-midi allait être définitivement pourrie, songea le russe en observant la porte de la salle de cour s'ouvrir. Vladmir serra les dents en rentrant. Il était déjà énervé avant même de rentrer en cours. Les futurs problèmes causés par Narcissa Malefoy, notamment la question de l'artefact de magie noire, tournaient et retournaient dans sa tête. Heureusement, il aurait le temps d'y penser sans être importuné…

Il avait pris la résolution de rester discret dès sa première rencontre avec Lockhart dans les serres pour éviter le moindre harcèlement. Depuis le début de l'année, il se cachait donc au fond de la salle de classe avec Kévin, aidés d'un sort discret mais efficace qui les faisaient quasiment disparaitre aux yeux du professeur. Grace à ça, il avait pu éviter l'attention flagrante de l'homme sur Harry Potter, bien que Flitwick ait eu vraisemblablement des mots durs avec Lockhart sur son nom. Quant à l'éviter dans les couloirs du château… heureusement que Vlad était doué pour se cacher. Dès qu'il apercevait une chevelure blonde ou un sourire éblouissant, il fuyait, couvert par tous ses amis.

C'était soit ça, soit il massacrait l'abruti fini qui leur servait de professeur et c'était d'autant plus vrai pour ce jour là.

Soupirant, Vladmir s'installa lentement aux côtés de Kévin, qui activa le sort d'un mouvement du poignet, soufflant la formule à voix basse. Merlin merci, Lockhart n'avait pas reproduit la catastrophe provoquée avec les gryffondors, et n'amenait plus de créatures magiques, mais cela rendint les cours très théoriques et assommants. A ses côtés, Kévin soupira et sortit l'ancien livre de défense, celui demandé pour les deuxièmes années avant qu'on ne leur demande la biographie complète de Gilderoy Lockhart.

Vlad, peu motivé, choisit de fermer les yeux et de se poser. Affalé sur la table, il s'efforça de songer à autre chose que Voldemort et Lady Malefoy et il avait heureusement de quoi faire. Il avait une mission pour la Cour des Mirages.

Un mois était passé depuis la rentrée. Un mois durant lequel ses amis avaient pris le temps d'accepter la réalité. Pas qu'ils ne l'avaient pas fait à l'instant où ils avaient découvert la Cour des Mirages. Non, mais ils avaient eu besoin de temps de comprendre tous les tenants et les aboutissants. Etre membre de la Cour des Mirages était synonyme de devoirs, même si jeunes. Neville et Vladmir étaient des membres actifs, ils avaient donc des missions, devaient respecter une certaine hiérarchie… Toutefois, tant qu'ils étaient scolarisés, leur travail était rare.

Sauf si ça concernait Poudlard.

Et ce matin, Vladmir avait reçu un ordre de mission, conjointement à Neville. Car si l'Underground était officiellement dissous, les anciens membres avaient été rattachés à d'autres Cours. Augusta Londubat avait fait le choix de la Cour des Miracles, branche française. Vraisemblablement, Neville avait reçu l'ordre de soutenir Vladmir dans ses démarches. Il n'était pas un politique, du moins pas dans la Cour des Mirages, et il avait reçu pour ordre de se tenir dans l'ombre de Vlad en tant que second, pour l'assister dans ses démarches et la mise en place du futur réseau.

Les deux membres n'étaient pas idiots. Cet ordre de mission ne voulait dire qu'une chose. Les prémices du renouveau de l'Underground, soutenu par les autres Cours. D'autres personnes allaient probablement se charger contacter les anciens membres tandis qu'ils rechercheraient au sein de l'école la relève. Et cela commençait par la création d'un réseau de renseignement dans Poudlard, au nez et à la barbe des professeurs. Ce qui arrangeait bien Vlad aux vues des nouvelles apportées par Dobby. Une fois le réseau en place, le moindre fait inhabituel serait détecté.

A la surprise des deux amis et membres de la mafia magique, Hermione, Kévin et Drago avaient proposé immédiatement leur aide, constituant sans réellement le comprendre les prémices du réseau poudlarien. Ils s'étaient retrouvés dans la salle de l'Alliance et les deux garçons avaient expliqués leurs ordres de mission.

-Je ne comprends pas, avait dit Hermione. Si ce réseau sert à terme de base pour un nouvel Underground, pourquoi ne serait-ce pas Neville qui dirigerait ?

-Pour la simple et bonne raison que je ne suis pas, dans la structure de la Cour des Mirages, un leader. Vlad est un prince de la Cour de Russie, un politique. Il est le plus apte pour ça. Je suis juste un mercenaire, bien que de lignée maîtresse. Les aspirations des Londubat ainsi que les miennes d'ailleurs, ne sont pas d'être une Triade. Je ne peux pas me présenter comme chef d'un réseau si à terme, je disparais dans la masse.

Les explications de Neville et son refus net de prendre la responsabilité de l'ensemble de la structure avaient convaincu leurs amis. Ils avaient commencé à chercher des noms potentiels et des activités intéressantes, comme le réseau de fourniture d'alcools ou certains clubs de l'école. Vlad, à leur surprise, avait alors choisi de commencer par l'abruti qui lui servait de professeur de défense, à la grande surprise de ses amis. Lockhart était peut être incompétent en cours et très narcissique, il avait cependant un talent très recherché et très utile que seul Vlad connaissait.

Alors que Lockart commençait à parler de son sujet préféré, à savoir lui-même, Vladmir réfléchissait donc à comment utiliser cet homme au mieux. Il avait déjà une bonne idée, dont les prémices consistaient simplement à le rencontrer à la fin du cours et dont l'aboutissement était dans sa poche. Vlad écouta d'une oreille distraite Lockhart expliquer comment gérer une colonie d'acromentules en se basant de son expérience professionnelle. D'après lui, il suffisait d'attirer ces charmantes bêtes avec des lapins et les piéger, mais de sa propre expérience, Vlad avait retenu une chose. Ces araignées géantes étaient insensibles à la plupart des sorts et il ne connaissait qu'une solution efficace. La fuite.

A quelques minutes de la fin, Vlad demanda à Kévin de lever son sort. Le jeune serdaigle obtempéra et immédiatement, le regard du professeur se posa sur le visage de Vladmir, notant les deux cicatrices de son visage, bien que son attention soit plus particulièrement concentrée sur celle en forme d'éclair.

-M. Kemenov, restez, s'il vous plait ! l'interpella Lockhart alors que la cloche sonnait. La plupart des serdaigles et poufsouffles lui adressèrent un regard compatissant tout en se dépêchant de fuir la salle, ce qui fit sourire Vlad. Depuis le début, ses camarades de classe avaient pu constater la médiocrité de l'enseignement dispensé et plus aucune fille ne souhaitait la moindre dédicace.

Kévin lui fit un clin d'œil et resta à ses côtés, s'installant tranquillement contre un mur. Lockhart, visiblement fasciné par la présence de Vlad, ne le remarqua même pas sortir sa baguette magique et se mettre à jouer du bout des doigts avec, sans quitter un seul instant l'homme blond des yeux. Il ne remarqua pas plus le sort de silence jeté sur la porte close. Par contre, le russe ne rata pas un seul geste de son ami et un sourire sinistre étira ses lèvres. Si, au début, il avait eu des remords à avoir dévoilé le monde souterrain de la Cour des Mirages, ses amis avaient admirablement bien intégrés les manières de son monde. Quoi que Hermione et Kévin avaient développé des traits plutôt serpentards au contact des trois héritiers bien avant tandis que Drago avait dû en voir d'autres dans sa famille…

-Vlad, Vlad, Vlad… sourit l'homme, dévoilant des dents blanches. Quelqu'un aussi important que toi ne devrait pas rester dans l'ombre! Tu as une notoriété et un standing à respecter en tant que célébrité !

Vladmir se contentant de hausser un sourcil narquois qui ne perturba pas plus que ça l'homme narcissique en face de lui. Il ne semblait même pas se poser la question sur le fait qu'il n'avait jamais remarqué Vlad avant aujourd'hui... Lockhart prit son jeune élève par les épaules, le guidant vers son bureau et un grand portrait de lui-même.

-Regarde-moi, ordre de Merlin et cinq fois lauréat du plus beau sourire ! Tout ça est une question de publicité. Si tu veux, mon jeune ami, je peux te guider et t'aider à assumer ta célébrité, d'initier aux interviews, te…

D'un geste sec, Vlad se dégagea de la poigne de l'homme pour lui faire face.

-Au cas où vous ne le n'aviez pas compris, Lockhart, je ne cherche pas la célébrité. Et comme je l'ai déjà fait remarquer à un autre professeur auparavant, nous n'avons pas élevé les hippogriffes ensembles… Je vous prierais donc de ne pas m'interpeller aussi familièrement.

-Voyons Vlad…

Le sourire de Vladmir suffit à le faire taire. Un sourire froid et sarcastique qui fit reculer le professeur de défense contre les forces du mal.

-Je sais qui vous êtes, Lockhart. Je sais que vous n'avez jamais réalisé le moindre exploit. Jeanne Laroche. Matthew Balcrow. Achmed Bensaoud… Ces noms vous disent quelque chose ?

Lockhart avait graduellement perdu son sourire alors que Vlad énonçait les noms. A chacun d'un était rattaché un des faits qu'il s'était attribué. D'un geste vif, extrêmement rapide, sa baguette jaillit de sa manche, mais un expelliarmus jaillit de sa droite.

L'air affolé du professeur lorsqu'il réalisa qu'il n'avait jamais fait attention à l'ami de Vladmir fut à lui seul suffisant une source de satisfaction. Même si Lockhart refusait de travailler avec lui, Vlad estimait avoir gagné cette journée. L'homme qui se targuait d'être si bon pour détecter les moindres faits et gestes anormaux autour de lui n'avait jamais remarqué la présence de jeune serdaigle au sourire innocent qui jouait maintenant avec deux baguettes.

-Ferme la bouche, Lockhart, tu vas gober les joncheruines, se moqua le serdaigle faussement innocent… Et Gilderoy écarquilla les yeux en constant qu'il ne se rappelait même pas le nom de cet enfant, ni même l'avoir déjà vu en cours.

-Vous… Vous….

-Nous, oui, s'amusa Vladmir en s'asseyant sur le bureau du professeur. J'ai un marché à te proposer.

-Quel est-il ? demanda d'une voix faible l'homme sans s'offusquer du soudain tutoiement.

-Tes services d'oubliator, sous serment, contre notre silence pour la source de tes… mérites.

-Comment… ?

-Comment ? Ton véritable nom est Marcus O'Balley, oubliator du département des accidents magiques irlandais. Officiellement disparu il y a 12 ans, tu es sorti major de ta promotion. Tu as changé de visage grâce à un ancien sort de magie noire, qui modifie non seulement ton apparence physique, mais aussi ton aura magique, ce qui fait que personne ne t'a jamais reconnu.

-Comment… répéta-t-il avant de pâlir. Vous êtes des leurs. Vous êtes de la cour des mirages.

Le sourire de Vladmir se fit carnassier, alors que Kévin riait doucement. Aucun des deux garçons ne chercha à le détromper, bien que Kévin n'y soit pas rattaché.

-Il n'est pas si idiot qu'il en a l'air, s'amusa Kévin.

-Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences, acquiesça Vladmir.

Ils pouvaient clairement voir le cheminement des pensées de Lockhart, bloquant d'abord sur leurs âges, puis leur visage souriant avant de se fixer sur le front du jeune russe. Il hésitait visiblement entre leur rire au nez et les prendre très au sérieux.

Gilderoy Lockhart, de son vrai nom Marcus, avait déjà rencontré des jeunes adolescents élevée par la Cour des Mirages en Irlande. Lorsqu'il avait sollicité la Cour Irlandaise pour changer de nom illégalement, c'était un garçon d'une quinzaine d'années qui l'avait contacté. Même s'il avait en face de lui deux enfants de 12 ans, il avait vite compris que l'âge ne faisait pas tout… Lockhart perdit son sourire et se fit plus grave quand il réalisa la portée des paroles de Vladmir. Il devait des comptes à la Cour Irlandaise et avoir une dette à leur encontre était très mauvais si leurs hommes mettaient la main sur lui. Son seul soulagement était de se savoir à Poudlard. La Cour des Mirages ne tenterait rien dans l'enceinte de l'école.

-Il parait que vous avez essayé d'arnaquer la Chúirt Ríoga. Vous connaissez le prix je pense.

Cette fois, le sang quitta le visage du professeur de Défense contre les Forces du Mal alors que les journaux évoquant la découvert du corps mort de Gregorovitch suspendu à la banque de Gringott's de l'année dernière lui revenait en mémoire. Lentement, Lockart essuya la sueur sur son visage et acquiesça.

-Je… je peux payer mes dettes, murmura-t-il en regardant les deux garçons de Serdaigle.

Seules les rondeurs de l'enfance permettaient de savoir qu'il avait affaire à des enfants. La lueur calculatrice dans le regard de Vladmir l'effrayait mais étrangement, il avait encore plus peur de l'autre… Les yeux bleu clair luisaient de malice et innocence, son sourire était joueur… Mais c'était lui qui s'amusait avec deux baguettes magiques, nonchalamment adossé sur le mur. C'était lui dont le visage ne lui évoquait rien à un point qu'il était persuadé ne l'avoir jamais vu auparavant. Un serdaigle de deuxième année… Ils n'étaient pas nombreux pourtant et il avait vraisemblablement assisté à tous ses cours !

-Comment ? demanda Vlad, coupant les pensées de Lockhart avec un sourire amusé… comme si…

Le sourire du jeune Kemenov s'accentua et le professeur déglutit. Le gosse lisait ses pensées.

-Je…

-Vous avez passé un contrat avec la Chúirt Ríoga. Une nouvelle identité et une nouvelle vie contre vos services d'Oubliator. Votre part n'a jamais été respectée.

-Je…

-Voici le nouveau marché que je vous propose, sourit Vladmir, sous contrat magique cette fois. Notre silence contre vos talents d'observateur et d'oubliator.

-Mais c'est…

-Vous préférez peut-être que nous contactions directement la Cour Irlandaise ? demanda Kévin sans le regarder. Le jeune né-moldu était impressionné par le côté serpentard de son ami même s'il ne le montrait pas. Bien qu'aller voir le professeur au culot comme ça faisait plutôt gryffondor… Vlad venait de proposer son silence contre ses services… sans lui assurer la moindre protection contre la Cour Irlandaise. Il se contenterait de ne pas parler de lui à ses contacts de la Chúirt Ríoga. Il n'était pas sûr de la signification du contrat magique par contre, mais il aurait le temps de lui demander après.

Vladmir, lui, retint son rire en voyant que son ami avait compris sa démarche alors qu'il ne l'avait pas informer de ses manœuvres au préalable. Kévin était indéniablement un serdaigle, son intelligence était plus que dangereuse et il avait une capacité d'adaptation incroyable.

Lockhart n'avait pas vraiment le choix et il ferma les yeux en se préparant à faire un serment inviolable. Lentement, il tendit la main, mais Vladmir eut un sourire moqueur.

-Oh non mon cher Marcus… Pas un serment inviolable, un contrat magique.

Il sortit de sa poche un parchemin et le lui tendit, ainsi qu'une plume de couleur écarlate.

-Mais c'est…

-Une plume de sang. Vous n'êtes pas sans savoir qu'un contrat magique se signe avec le sang des signataires, non ?

Lockhart acquiesça faiblement et commença à lire le contrat. Court, il était cependant parfaitement détaillé.

Contrat magique entre Gilderoy Julius Lockart, né Marcus Garry O'Balley et Vladmir Vassilievitch Kemenov, né Harry James Potter.

Témoin : Kévin Warren Entwhistle.

Monsieur G.J. Lockart s'engage à :

- Transmettre tout fait anormal, toute information primordiale liée à la sécurité de l'école et tout comportement suspect d'un élève ou professeur dans l'enceinte de Poudlard à V.V. Kemenov, et ce durant toute la durée de son contrat de professeur.

- Répondre à l'appel de V.V. Kemenov en toutes circonstances et dans les plus brefs délais, sauf incapacité physique ou morale grave.

- Conserver secrètes les identités de V.V. Kemenov et K.W. Entwhistle et leur implication dans la Cour des Mirages sauf autorisation verbale de V.V. Kemenov.

- Ne jamais attenter, de manière directe ou indirecte, à la vie et à la sécurité de V.V. Kemenov et K.W. Entwhistle.

Monsieur V.V. Kemenov s'engage à :

- Conserver secrète l'identité de naissance de G.J. Lockhart et sa localisation auprès de la Chúirt Ríoga, branche irlandaise de la Cour des Mirages.

-Mais c'est inéquitable ! s'offusqua Lockhart après avoir lu l'unique ligne de Vladmir.

-A combien estimez-vous votre vie ? demanda Kévin qui avait discrètement lu le contrat par derrière l'épaule du professeur.

Ce fut suffisant. L'homme attrapa la plume et signa vivement, criant de douleur lorsque sa signature de grava dans sa main.

Vladmir et Kévin signèrent à leur tour et le rouleau disparut immédiatement, envoyé par magie dans les voûtes de la famille Kemenov de la filiale russe de Gringott's. Puis, sortant une fiole de potions de sa poche, le russe soigna leurs plaies avant d'abandonner un professeur accablé.

A peine furent-ils sortis que Kévin se tourna vers son ami, souriant.

-S'il rompt le contrat, il meure ?

-Il perd sa magie. Mais les changes de survie d'une perte aussi brutale laisse rarement le sorcier indemne.

-Bien… Je ne crois pas qu'il ait réalisé que ta formulation laisse de nombreuses failles en ta faveur…

-Lesquelles ? s'amusa Vladmir.

-Tu ne dois pas le dénoncer directement à la cour irlandaise… par contre rien ne t'interdit d'en parler à Katya par exemple, qui peut le transmettre. Et je ne suis pas cité dans cette phrase. Je dois pouvoir, moi, aller donner son nom et sa localisation. Il était vraiment apeuré et il avait bien raison, rit le serdaigle.

-Tu sais, Kév, ce n'était pas de moi qu'il avait le plus peur.

-Hein ? dit fort élégamment l'interpellé en s'arrêtant dans le couloir.

-Tu l'as terrifié. Il était incapable de se souvenir de toi… d'ailleurs tu ne lui as pas rendu sa baguette magique.

Kévin sortit de sa poche la baguette plus claire que la sienne et sourit en se souvenant de quelque chose.

-J'ai lu un article des anciennes lois… Toute baguette retirée de la main de son sorcier par magie devient la propriété de l'attaquant. Il me semble aussi que seules les baguettes des enfants de moins de 17 ans ont la trace…

Vladmir eut un sourire très narquois. Son meilleur ami était un petit génie et un vrai roublard. Lockhart ne pouvait pas venir se plaindre auprès d'eux ni auprès du directeur, car le vieux fouineur demanderait la raison de sa tentative d'agression. Et il ne pouvait pas en parler, en vertu du contrat magique.

-Et bien félicitation Kev. Tu viens de gagner une nouvelle baguette magique.

Le petit serdaigle rangea dans sa manche sa nouvelle baguette, la glissant dans l'étui offert par Vlad, et fit disparaître sa baguette officielle dans la poche de son uniforme comme la plupart des étudiants le faisait. A cet instant, la cloche sonna la fin de la pose de l'après-midi.

-On a quoi, maintenant ?

-Potions.

Kévin grommela mais se laissa entraîner dans les sous-sols du château, pour en ressortir deux heures après encore plus démotivé. Rogue n'était toujours pas pédagogue, même s'il s'était nettement améliorer depuis le début de l'année et il venait de leur demander un exposé conséquent sur les propriétés magiques de 10 plantes.

Les deux serdaigles discutaient avec Terry et Mandy sur le devoir que venait de leur remettre le maître des potions quand Neville, qui les attendaient dans le couloir des cachots, leur fit de grands signes pour attirer leur attention.

-Salut Londubat, sourit Terry. Tu n'es pas avec Hermione ?

Les serdaigles avaient pris l'habitude de voir les deux lions traîner avec Vlad et Kévin, surnommés les Gemini par leur Maison en raison de leur complicité presque fusionnelle qui rappelait deux jumeaux. Ils avaient aussi noté présence régulière d'un serpentard, et pas importe lequel, juste Drago Malefoy, prince des deuxièmes années. A l'inverse des autres maisons, Serdaigle acceptait relativement bien cet étonnant groupe, notant les changements notoires comme la prise d'assurance de Neville, la tolérance grandissante de Drago, l'intégration des mœurs sorcières chez Kévin et Hermione…

-Non, elle aide Ronald pour son devoir de métamorphose, sourit doucement Neville. Elle est trop gentille avec lui.

Mandy acquiesça vivement.

-Parfaitement d'accord ! Il a passé la moitié de l'année dernière à la traiter de je-sais-tout et l'autre à lui demander de l'aide pour les cours. Si j'étais elle, Weasley aurait pris depuis longtemps une claque !

-En parlant de Weasley, vient Vlad, il faut que je te présente les jumeaux !

-A non ! s'écria Lisa en arrivant derrière le petit groupe. La serdaigle secoua la tête, mimant une fausse panique en retenant Vladmir et Kévin par le bras. Ils ne doivent surtout pas rencontrer les jumeaux !

-Pourquoi ? Fred et George sont…

-Je crois qu'elle parle des jumeaux de serdaigle, rit Terry.

-Vous n'avez pas de jumeaux dans votre Maison, s'étonna Neville, un peu perdu, avant de suivre le regard entendu des serdaigles sur Kévin et Vladmir.

-Noonnn ! Vous ?

Les deux concernés échangèrent un regard amusé et haussèrent les épaules en un même mouvement.

-Je ne vois absolument pas…

-…de quoi ils parlent.

-Non ! gémit Lisa en s'appuyant, fataliste, sur Terry. Voilà que les Gemini se mettent à compléter mutuellement leurs phrases. On ne va jamais s'en sortir !

Vladmir et Kévin éclatèrent de rire, vite suivis par leurs amis et ne virent pas la silhouette sombre s'approcher d'eux.

-J'aimerais savoir ce que font des serdaigles et un gryffondor encore dans les cachots à cette heure…

La voix laconique les tira de leur hilarité et ils s'excusèrent platement devant Rogue, qui venait de surgir derrière eux, avant de fuir rapidement les lieux sombres. Ils ne virent pas le regard sombre et pensif du professeur posé sur la petite bande.

Neville entraîna d'office ses deux amis dans la salle commune des gryffondors, leur expliquant qu'ils devaient absolument rencontrer les jumeaux Weasley pour leur projet. Les deux aigles, curieux, le suivirent à travers la moitié du château jusqu'à la tour des lions. C'est un peu essoufflés qu'ils atteignirent un tableau représentant une femme toute en rondeur qui chantait horriblement faux jusqu'à que Neville souffle le mot de passe.

Lorsque le panneau pivota, laissant place à l'antre des lions, les deux serdaigles découvrirent une pièce ronde et accueillante, aux couleurs de la maison des gryffondors. De nombreux poufs étaient installés devant une grande cheminée et les fenêtres, alors que le long des murs quelques tables d'études accueillaient des étudiants.

Fred et George Weasley se tenaient à côté d'une de ces tables, penchés au-dessus de leur frère et riaient de bon cœur. Ronald était attablé devant une pile de parchemins conséquente, le visage entièrement rouge, bouillonnant visiblement de colère. C'était probablement dû aux magnifiques oreilles d'âne dont il était affublé. Les trois complices s'approchèrent pour écouter la conversation.

-Allez Ronny, je suis sûr que…

-… tu serais parfait en petit ânon !

-La ferme Fred ! grogna Ron.

L'interpellé posa une main sur son cœur, touché par le commentaire de son frère.

-Ronny, voyons, Fred, c'est moi. Forge !

-Effectivement, mon cher Greg, je suis offusqué que ce manant ne sache nous différencier ! Et monsieur ose se dire notre frère ?

-Rha mais taisez-vous, je travaille !

-Et c'est à marquer…

-D'une croix rouge sur le calendrier ! conclurent les jumeaux Weasley en cœur.

-Ma chère Hermione, si cet abruti fini…

-… te cause encore des ennuis…

-…appelle nous à la rescousse !

-Oui, nous viendrons lui foutre la frousse.

Fred et George finirent à genou devant la jeune fille tels deux preux chevaliers venant de déclamer leur amour, alors qu'Hermione pleurait littéralement de rire, se tenant le ventre. Plusieurs autres lions riaient aussi de bon cœur face aux pitreries des jumeaux.

-Laissez un peu Ronald travailler ! intervint un nouveau rouquin, portant fièrement l'insigne de préfet sur sa robe. Et vous là, que faites-vous dans notre salle commune ?

La question ramena immédiatement l'attention sur les deux serdaigles perdus au milieu d'une marée rouge et or, alors qu'Hermione les saluait en essuyant les larmes aux coins de ses yeux. Neville se plaça devant ses amis, à la grande surpris de la majorité des gryffondors qui étaient habitués à voir Neville comme un jeune garçon timide et empoté.

-C'est moi qui les ai invité, Percy. Je voulais les présenter à Fred et George.

Le préfet hocha sèchement la tête et les jumeaux arrivèrent vers eux.

-Les fameux Gemini de Serdaigle, s'extasia le plus grand des deux en s'inclinant face aux deux aigles.

-Nous sommes enchantés… commença Kévin.

-… de rencontrer les grands….

-… jumeaux Weasley !

Fred eut une petite larme à l'œil devant la coordination parfaite de leurs paroles, ému de voir qu'ils faisaient comme eux, alors que Vlad et Kevin souriaient narquoisement.

-Et que nous voulez-vous ?

-Nous avons des réglisses malices en fabrication ou…

-Nous voulons parler affaire, souffla doucement le russe de manière à ce que personne ne les entende, encore moins Percy le préfet.

Les deux jumeaux jetèrent un regard à Neville, qui les rassura d'un signe de tête et tout en continuant leur discussion sur les réglisses malices, ils entrainèrent les invités dans leur dortoir, tout en rondeur à l'image de leur salle commune, sauf un petit coin. Sur les sept lits des quatrièmes années des lions, trois y étaient installés, en retrait dans un renforcement du mur. C'est dans cette direction que les jumeaux les poussèrent et ils découvrirent qu'un sort de camouflage protégeait le coin. Un bazar monstre y régnait. Des fioles de substances suspectes étaient empilées sur des piles de grimoires et un vieux chaudron bouillonnait tranquillement sous la petite fenêtre, les vagues de fumées orangées s'échappant par l'ouverture.

-Ici, nous serons tranquilles pour parler. Nous avons installés des sorts d'intimité, rassura un des rouquins. Au fait, puisque c'est la première fois que nous nous rencontrons réellement. Je suis Fred, le vrai, et voici George.

-Vladmir et Kévin, présenta rapidement Neville, même s'ils les connaissaient déjà de nom.

-Vous souhaitez parler affaires ? Qui vous a donné nos noms ?

-Oui, nous souhaitons parler affaires et les serpentards parlent, il suffit d'écouter, sourit Vladmir face à l'air sérieux des jumeaux, plutôt rare. Je sais que vous êtes à la tête du réseau de contrebande de l'école et je vous propose un partenariat.

-Que type ? demanda suspicieusement Fred.

-Je suis en capacité de vous fournir alcool, tabac et potions aux prix du marché. Je ne touche pas aux drogues par contre.

-J'ai bien du mal à te croire, dit lentement George. Aucun revendeur n'accepterait de à un mineur à des prix standards.

-Aucun vendeur officiel, sourit Vladmir.

-Mettons que nous acceptons, annonça lentement George après avoir regardé son jumeau, intrigués par l'offre de Vlad. Qu'est-ce qu'on y gagnerait, aussi bien toi que nous ?

-Beaucoup d'argent... Je sais que vous vendez le litre de pur-feu bas de gamme à 20 mornilles.

Les jumeaux acquiescèrent. C'était en effet les prix qu'ils proposaient et à la question de Vlad sur le prix d'achat, ils lui répondirent 25 mornilles, loin des 18 habituelles dans les magasins sorciers.

-Dans les grossistes professionnels, le litre est à 5 mornilles, je vous fais grâce des noises. Je peux l'avoir à ce prix, avec 10% pour le transport. En pratiquant les mêmes prix, vous gagnez près de 15 mornilles. En cas d'accord, je vous demanderais 33% du chiffre d'affaires, vu que nous serons trois associés, soit environ 5 mornilles. Vous gagniez sur une bouteille 10 mornilles au lieu de vos 5 actuelles. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

-Que serais-tu capable de nous fournir ? demanda avec curiosité Fred.

-Je l'ai déjà dis, quasiment tout, même des ingrédients de potions illégaux en Angleterre mais autorisés en Russie pour vos petites expériences. Tout, sauf les drogues, quelles qu'elles soient.

-Et à part l'apport financier, que veux-tu ?

Vladmir regarda le jumeau qui venait de parler. Ils n'étaient pas idiots et savaient parfaitement que Vladmir cherchait quelque chose derrière tout ça.

-Je demande deux choses George. Vos informations concernant les potins et les moindres renseignements sur les élèves, professeurs, parents d'élèves, bref, tout le monde. Et…

-Et…

-Et vos talents de potionnistes.

Peu après, Vlad, assis à la table des serdaigles, était plus que satisfait de sa journée. Il connaissait le nom du responsable des futurs problèmes de l'école, avait bâti les prémices du réseau de Poudlard et avait mis les pieds dans le système de contrebande du château quand les jumeaux Weasley avaient accepté son partenariat.

Il discutait donc tranquillement avec Luna du nouvel article du Chicaneur tout en finissant sa part de tarte à la mélasse. Vlad jetait quand même régulièrement des regards à Drago. Le serpentard, entouré de ses amis, restait malgré tout plus pâle que d'habitude ce qui inquiéta le russe. Il allait se lever pour le rejoindre quand la voix d'Albus Dumbledore surplomba le brouhaha général de la Grande Salle.

-Mes enfants, un peu de calme s'il vous plait, il semblerait que nous ayons des visiteurs !

Tous tournèrent la tête vers la porte de la grande salle où quatre hommes se dressaient, droits et fiers, dont un auror russe et un second anglais, à la robe rouge caractéristique. Vlad pâlit avant de prendre un visage glacial. Que faisait Karzkern ici ?

Le jeune russe se redressa, furieux que le firborg ose amener les affaires de son Clan dans l'école. Il pouvait voir Dumbledore s'arrêter sur l'insigne de mercenaire gravée dans le cuir du plastron de la créature magique, puis sur le sabre de l'auror russe.

-Que faites-vous ici, Karzkern ? demanda froidement Vladmir, sa voix raisonnant dans la salle, quasiment silencieuse.

Le firborg eut un sourire effrayant, dévoilant des dents trop pointues pour être humaines, et se tourna vers la table professorale. Il annonça d'une voix puissante, jubilant de satisfaction, la raison de sa venue.

-Au nom du clan Fedovir, moi, Boris Pietrovitch Karzkern, défie Vladmir Vassilievitch Kemenov, héritier du clan Kemenov et Lord Potter, selon les règles des anciens duels de l'Empire Russe.


Marie : Trois questions ? Et bien, pour la première, tu le sauras en temps voulue (dsl, mais je garde ça pour plus tard dans l'histoire^^). La seconde, tu dois avoir eu une partie de ta réponse dans ce chapitre et pour la dernière, comme Vlad, Neville a été initié avant de rentrer à Poudlard.

Cha910 : Merci pour ton petit mot ^^ J'espère que la suite t'a plu !

Moii : De rien, je suis heureuse de voir que tu suis toujours cette fic et que tu laisses un petit mot en passant =)