Bonjour à toutes et à tous !
Après m'être octroyé une bonne semaine de vacances, je reviens comme promis avec le chapitre vingt-et-un. Je vous soumettrai un petit sondage en fin de chapitre, mais en attendant, je vous souhaite une bonne lecture !
Disclaimer : Pas à moi. Le monde d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling.
Avertissement : Ce chapitre contient de la maltraitance et est susceptible de déranger certains lecteurs.
Les amis sont la famille que l'on se choisit.
(Edna Buchanan)
SIRIUS :
Quand le hibou de l'école rapporta la lettre de Remus non lue et non ouverte, Sirius sut que quelque chose n'allait pas du tout. Soit Remus avait complètement ignoré le hibou — peu probable étant donné qu'ils avaient ordonné à l'oiseau de donner des coups de bec à Remus jusqu'à ce qu'il prenne la lettre et la lise —, soit il n'avait pas pu lui parvenir.
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » demanda James, fixant la lettre toujours close posée devant lui sur la table des Gryffondor.
« On va en parler à McGonagall », dit Sirius. « Voir si elle peut faire quelque chose. On n'a pas encore de nouvelles d'Anders ? »
James fit non de la tête. « Ça va bientôt faire deux semaines. Pourquoi est-ce qu'il ne répond pas ? »
Sirius haussa les épaules, abattu. « Allons voir McGonagall après le petit-déjeuner. »
« Qu'est-ce qu'elle va pouvoir faire ? » demanda Peter. « Je croyais qu'elle avait dit qu'elle ne pouvait rien faire. »
« Mais il faut bien qu'on fasse quelque chose ! » explosa Sirius. « Il pourrait être là-bas à souffrir le martyr, et tout ce qu'on fait, c'est rester assis les bras croisés ! C'est Noël dans deux jours. Je voulais lui offrir mon cadeau. »
« Détends-toi, mon vieux », dit James en tendant la main pour lui serrer l'épaule. « On ira après le petit-déjeuner, d'accord ? »
Jamais Sirius n'avait eu aussi peu faim. Il s'assit en faisant la moue et en s'agitant sans cesse jusqu'à ce que James pousse un soupir d'impatience et se lève. « OK, on y va. »
Peter émit un son étouffé en signe de protestation et fourra le reste de son muffin aux myrtilles dans sa bouche avant de se lever précipitamment pour les suivre. « Ve n'ahais bas figni hon 'etit déveugné ! » parvint-il à dire malgré ses joues bombées.
« Désolé, Pete », dit James, évitant les miettes postillonnées avec une aisance dénotant une longue pratique. « Je ne parle pas l'écureuil. Encore que Servilus pourrait peut-être me donner des cours. »
Sirius était trop inquiet pour ne serait-ce que ricaner à cette remarque. Peter lui jeta un regard pénétrant avant d'avaler avec difficulté et de répéter : « J'ai dit que je n'avais pas fini mon petit-déjeuner. »
« Ben, Sirius était sur le point d'exploser », dit James. « Ça n'aurait sûrement pas été beau à voir. »
Sirius ouvrit la bouche pour protester mais avant d'avoir pu dire quoi que ce soit, il percuta de plein fouet, au détour du couloir, quelqu'un de beaucoup plus grand que lui, et fut projeté en arrière sur James et Peter. Les trois garçons se retrouvèrent en un tas de membres douloureusement entremêlés tandis que deux visages inquiets se penchaient au-dessus d'eux.
« Désolés, les garçons », dit une voix familière. « Je ne vous avais pas vus arriver. »
Au son de la voix, Sirius s'assit très vite, sans tenir compte du fait que son coude entrait en contact avec le nez de Peter au passage. « Professeur Anders ? »
Leur ex-professeur se tenait au-dessus d'eux, l'air aussi juvénile que d'habitude, bien que son visage présentât des signes de tension qui ne s'y trouvaient pas l'année précédente. À ses côtés se tenait une femme d'à peu près le même âge, peut-être au début de la trentaine. Elle avait de grands yeux bleu marine et des cheveux blond platine qui formaient des boucles vaporeuses assez ridicules au sommet de son crâne.
« Sirius ? » Anders sembla très soulagé de les voir. « J'ai reçu ta lettre. J'étais en mission et elle m'attendait quand je suis rentré à la maison. Nous sommes venus dès que je l'ai lue. »
Sirius jeta un regard soupçonneux à la femme. Il ne voulait pas que les secrets de Remus soient divulgués à une inconnue. « Qui c'est ? »
« Sirius ! » siffla Peter en lui envoyant un coup de coude dans les côtes.
Mais ni Anders, ni la femme ne parurent particulièrement choqués par son impolitesse. En fait, Anders eut même un léger sourire. « Voici mon épouse, Angela. Elle sait pour Remus. »
Les trois garçons se remirent sur pieds tant bien que mal. « Vous allez partir au secours de Remus ? » demanda Sirius.
« Nous allons faire de notre mieux. Nous nous rendions justement chez le professeur McGonagall. »
« Nous aussi », dit James en prenant le relais. « Vous pouvez nous accompagner si vous voulez. »
« Euh… Peut-être serait-il préférable que vous attendiez un peu que nous en ayons discuté ? » dit Anders, l'air légèrement alarmé.
« Hors de question. » Sirius se redressa de toute sa taille avec un regard noir.
« C'est notre ami », dit Peter d'un air buté. « Vous ne seriez même pas là si on ne vous avait pas écrit. »
Anders parut sur le point de protester à nouveau, mais Angela posa une main apaisante sur son bras. « Laisse-les venir, mon amour. Peut-être peuvent-ils nous aider. »
« Ce ne sont que des enfants. »
« C'est faux ! » s'exclama Sirius, indigné. « Nous sommes des Maraudeurs ! Et nous allons secourir Remus, et peut-être qu'on vous laissera nous aider. »
Anders soupira, et Sirius le vit arriver à la conclusion que tout plan d'exfiltration qu'ils pourraient imaginer serait plus sûr s'il était modéré par les conseils d'un adulte. « Très bien. Venez avec nous. »
Les Maraudeurs suivirent avec suffisance Anders et Angela le long du couloir, en direction du bureau de McGonagall.
Le professeur McGonagall ne parut pas vraiment surprise de voir Anders et sa femme frapper à sa porte. Cependant, elle fronça les sourcils, étonnée, quand elle remarqua Sirius, James et Peter.
« N'êtes-vous pas censés être au petit-déjeuner, les garçons ? »
« Nous venions vous parler de Remus », dit Sirius, dégageant sa plus belle assurance de jeune Sang-Pur arrogant. « Nous avons dit au professeur Anders et à sa femme qu'ils pouvaient nous accompagner. »
Le professeur McGonagall haussa les sourcils en regardant Anders, qui haussa les épaules d'un air impuissant.
« Que vouliez-vous me dire au sujet de Remus, monsieur Black ? »
Sirius regarda les autres Maraudeurs et James s'avança, brandissant la lettre qu'ils avaient envoyée à Remus. « Elle est revenue. La lettre qu'on lui avait envoyée. Elle n'est même pas arrivée jusqu'à lui. On a peur que quelque chose lui soit arrivé. »
McGonagall soupira et s'écarta un peu de la porte, leur permettant d'entrer, avant de conduire Anders et Angela vers les sièges installés devant son bureau. Elle agita sa baguette et métamorphosa un morceau de parchemin en banc pour Sirius, James et Peter.
« J'ai bien peur de ne pas pouvoir faire grand-chose », dit-elle une fois que tous furent assis.
« Mais vous n'avez rien fait du tout ! » dit Sirius, parcouru d'un éclair de colère, de frustration et d'impuissance.
« Votre langage, monsieur Black, ou bien je vous exclurai de cette conversation. »
Sirius se renfonça sur le banc et lui jeta un regard noir.
« Contrairement à ce que vous semblez croire, Poppy Pomfresh et moi nous sommes rendues chez monsieur Lupin il y a une semaine, en prétextant vouloir vérifier l'état de santé de Remus car il était bouleversé quand il est parti. »
Sirius se redressa et la regarda avec insistance. « Et ? »
« Est-ce qu'il allait bien ? » demanda Peter.
Elle soupira et porta brièvement la main à son front. « Il n'était pas là. »
« QUOI ?! » Le cri sortit de leurs cinq bouches simultanément.
« Nous avons parlé à son père qui nous a dit que Remus était arrivé par Cheminette, l'avait assommé et s'était enfui. Il ne l'a pas revu depuis. »
Il y eut un long silence alors que tous essayaient d'intégrer cette nouvelle information.
« Il mentait », dit Sirius, soudain sûr de lui.
« Nous ne pouvons le prouver, monsieur Black. »
« Si Remus avait voulu prendre la fuite, il aurait pu le faire depuis la Cabane Hurlante et prendre le chemin de Pré-au-Lard. Pourquoi aurait-il fait l'effort de repasser d'abord par chez lui ? »
Le professeur McGonagall le regarda, la bouche grande ouverte sous l'effet du choc. « Comment êtes-vous au courant de cela ? »
Ce fut au tour de Sirius d'être confus. « Quoi ? »
« La Cabane Hurlante. »
Sirius sentit James se raidir dans son dos et il eut la sensation que son propre cœur lui tombait dans les talons. Ce qu'il pouvait être bête parfois ! Mais il voyait bien qu'il n'était plus temps de faire marche arrière. « On ne savait pas. Pas avant cette nuit-là, quand il s'est enfui. Il a couru jusqu'à la Cabane Hurlante et nous l'avons suivi. Il n'arrêtait pas de répéter qu'il était en train de se transformer. On a compris que c'était un loup-garou, mais il a pris la fuite avant qu'on ait pu lui dire que ça nous était égal. »
« Vous avez vu la pièce dans laquelle il se rend et ça vous est égal ? » demanda le professeur Anders d'une voix bizarrement étranglée.
« Enfin non, ce n'est pas comme si on s'en fichait », corrigea James. « La pièce était dans un état horrible. Les murs étaient couverts de son sang. On a promis de prendre soin de lui, mais on ne peut pas, n'est-ce pas ? Pas avec ça. Et pas avec ce que son père lui fait subir non plus. »
Sirius se rendit bien compte que les trois adultes les regardaient avec une expression très étrange sur le visage. Le professeur McGonagall reprit finalement la parole d'une voix douce. « Il a vraiment beaucoup de chance de vous avoir pour amis. Peu de gens sont capables de dépasser les préjugés du monde magique. »
« Euh… » Peter leva la main. « Je ne connais pas les préjugés du monde magique. Mais si vous me dites ce que c'est, je suis sûr que j'arriverai à les dépasser. »
« C'est pour ça qu'il faut qu'on l'aide ! » dit Sirius, ignorant son ami et essayant de ramener leur attention sur le sujet discuté. « Parce que nous sommes ses amis. »
« Que pouvons-nous faire de plus ? »
Angela s'éclaircit timidement la gorge. Jusque-là, elle n'avait pas dit grand-chose, se contentant d'observer attentivement les interactions entre les autres. « J'ai peut-être une idée. »
Elle eut l'air assez terrifié quand elle fut immédiatement assaillie par trois Maraudeurs qui se pressèrent tous autour de sa chaise.
« Est-ce qu'on va aller chez lui, enfoncer la porte, ligoter son père et le torturer jusqu'à ce qu'il nous dise où se trouve vraiment Remus ? » demanda James avec une avidité sauvage.
« Ou juste le tuer de façon très violente et douloureuse et trouver Remus nous-mêmes ? » suggéra Sirius.
« Ou le torturer pour obtenir des informations et ensuite le tuer de façon très violente ? » Peter eut l'ait fier de lui quand Sirius et James lui adressèrent des hochements de tête approbateurs.
Angela, de son côté, paraissait fortement perturbée et jeta un regard désespéré à son mari.
« Allez, les garçons, arrêtez de dire n'importe quoi », dit Anders avec lassitude.
« Dire n'importe quoi ? » Sirius se retourna pour le regarder. « Qui dit n'importe quoi ? »
« Mon idée », reprit Angela d'une voix forte, « n'a rien à voir avec des morts violentes. »
« Et pour la torture ? » demanda Sirius avec espoir.
« Monsieur Black, je vous prie de regagner votre siège et d'écouter dans le calme ou bien je vous bannirai définitivement de cette réunion. » Le regard assassin de McGonagall avait été perfectionné au cours de décennies d'enseignement et quand elle le leur jeta, ils retournèrent docilement à leurs places. « Veuillez poursuivre, Mrs. Anders. Et je ne veux pas entendre un seul mot de vous trois à moins que nous vous en ayons donné la permission au préalable. »
« Pourquoi ne se procure-t-on pas un mandat du Ministère nous autorisant à fouiller la maison pour suspicion de maltraitance infantile ? » dit Angela.
« C'est impossible, mon amour », fit remarquer Anders. « Remus est un loup-garou non déclaré. S'ils découvrent la vérité, le prix à payer sera terrible et s'il est assez chanceux pour ne pas se faire exécuter, ils ne trancheront certainement pas en sa faveur dans un cas de maltraitance infantile. »
« Ils n'ont pas besoin de l'apprendre » dit Angela en se tournant à nouveau vers McGonagall. « Anders peut faire partie du commando de sauvetage en sa qualité d'Auror, puisqu'ils sont requis pour la fouille d'un domicile. Et il a un ami Auror dont la sœur est elle aussi un loup-garou. Je suis certaine qu'il restera discret. Ensuite, nous aurons seulement besoin d'obtenir leurs témoignages, le vôtre en tant que professeur de l'école et un rapport médical de l'infirmière scolaire comportant des preuves de la maltraitance, et nous serons en mesure de faire sortir Remus de là et de traîner son père en justice dans le même temps. »
Il y eut une pause tandis que tous les occupants de la pièce méditaient la proposition. McGonagall s'éclaircit finalement la gorge. « Le père de Remus pourrait facilement informer le Ministère de la lycanthropie de son fils si nous tentons de lui intenter un procès. »
« Il doit y avoir une raison qui explique qu'il n'en ait jamais parlé avant », fit remarquer Angela. « Il n'a même pas déclaré Remus. Je le sais, j'ai vérifié nos registres au Département des Créatures Magiques. Nous devons juste nous assurer que cette raison tienne bon même s'il est confronté à une peine de prison à Azkaban. »
« C'est une bonne idée », dit finalement Anders. « Il faudra en parler avec Dumbledore. Il a beaucoup d'influence au Ministère et sera en mesure de nous aider. Plus les preuves de maltraitance que nous obtiendrons seront nombreuses, mieux ce sera. Comme ça, ils n'exigeront pas que Remus montre aux jurés du Magenmagot ses blessures en risquant de dévoiler ses cicatrices. »
Sirius les écoutait, admiratif. C'était exactement pour ça qu'il était bon d'avoir des adultes de son côté. Ses parents lui avaient raconté des histoires vraiment abominables sur la prison d'Azkaban et il songea que c'était vraiment l'endroit parfait pour le père de Remus. Il se prenait à apprécier de plus en plus cette Angela d'apparence si fragile. Elle avait un esprit véritablement fourbe derrière ses grands yeux bleus et ses boucles ridicules. Il comprenait pourquoi Anders l'aimait.
Profitant d'un blanc dans la conversation, il leva une main hésitante.
« Oui, Sirius ? » demanda Anders.
« Je… euh… je pourrais leur parler de ce que j'ai vu à la gare », dit-il. « Et leur raconter la façon dont il s'est évanoui à cause de ses blessures dans la diligence. »
« Ce pourrait être une bonne idée, en effet », acquiesça Anders en regardant les deux femmes. « Si Sirius faisait une déposition sous Veritaserum, cela donnerait beaucoup de poids à notre accusation. »
« Je ne peux vous autoriser à administrer du Veritaserum à l'un de mes élèves sans le consentement de ses parents », dit McGonagall à regret. « Ai-je tort de penser que vos parents n'y consentiraient pas, monsieur Black ? »
Sirius se renfrogna. « Non, ils ne voudront pas. »
« Peu importe », dit Anders. « Dans les cas de maltraitance infantile, seul le consentement de l'enfant lui-même est nécessaire — son libre consentement, notez bien. Nombreux sont les cas où les parents n'étaient pas ravis que leurs enfants soient impliqués dans ce genre d'affaire, alors ils ont modifié la loi. »
« Alors c'est parfait », dit McGonagall d'un ton satisfait. « J'ai peur que vous deviez partir tous les trois à présent. Il faut que nous allions nous entretenir avec le professeur Dumbledore. »
Sirius, James et Peter se levèrent et se dirigèrent vers la porte avec réticence. Juste avant de sortir, James se retourna et jeta un dernier regard à l'intérieur. « On aura le droit d'aller le chercher, hein ? » demanda-t-il d'une voix où l'inquiétude perçait.
Sirius se figea. Il n'avait pas envisagé qu'on puisse ne pas les admettre au sein de l'équipe de secours.
« Je ne crois vraiment pas qu'il serait approprié de… » commença McGonagall, mais elle fut interrompue par Angela.
« Si Remus est sérieusement maltraité et traumatisé, peut-être se sentira-t-il mieux si ses amis sont avec nous quand nous irons le secourir », dit-elle.
Anders et McGonagall semblaient tous les deux très incertains.
« Il est possible qu'on soit là-bas confrontés à des scènes très dérangeantes », dit Anders. « Des choses que des enfants ne devraient pas voir. »
Sirius ouvrit la bouche pour lui rétorquer que si Remus les vivait, d'autres pouvaient bien supporter de seulement les voir. Il fut cependant pris de court par Angela qui reprit la parole.
« Ils ont vu la pièce dans laquelle il se transforme et l'ont tout à fait supporté », dit-elle. « Je pense qu'on peut leur faire confiance pour ne pas agir inconsidérément. »
Anders et McGonagall soupirèrent en chœur et hochèrent brièvement la tête. Les Maraudeurs échangèrent de larges sourires avant d'en adresser un à Angela qui leur retourna un clin d'œil pendant qu'Anders et McGonagall avaient le dos tourné.
« Je l'aime bien », déclara Sirius sur le chemin qui les ramenait à leur Salle Commune.
« Évidemment », dit Peter en levant les yeux au ciel. « C'est comme une version adulte et féminine de toi et James. Très intelligente et sournoise. »
« Et extraordinairement belle, avec des cheveux pas-du-tout-ennuyeux », ajouta James avec sagesse.
« Si c'était un garçon, qu'elle avait trente ans de moins et n'était pas mariée à un professeur, elle aurait pu être un Maraudeur », approuva Sirius.
Une autre semaine passa, et Noël avec elle. Malgré les décorations et les célébrations aussi admirables que celles de l'année précédente, aucun des Maraudeurs ne se sentait d'humeur à faire la fête quand ils songeaient au fait que Remus aurait dû être avec eux. Aucun d'eux ne comprenait pourquoi obtenir un bout de papier du Ministère les autorisant à entrer dans la maison de quelqu'un, l'arrêter et rechercher un enfant maltraité prenait aussi longtemps.
Et cependant, presque un mois après la fuite de Remus, les garçons se retrouvèrent finalement groupés autour d'un Portoloin en compagnie d'Anders, Angela, McGonagall, Madame Pomfresh et un très jeune et très grand Auror noir du nom de Kingsley Shacklebolt qui avait promis, leur dit-on, de rester discret au sujet de la lycanthropie de Remus.
Shacklebolt avait protesté avec véhémence en apprenant que trois garçons de deuxième année se joindraient à une mission de sauvetage officielle du Ministère, mais un regard sévère de McGonagall avait suffi à le réduire instantanément au silence. Sirius se demanda si Shacklebolt avait un jour été l'un de ses élèves qui n'avait pas fait ses devoirs de Métamorphose.
Il sentit une forte traction juste en-dessous de son nombril et la scène autour de lui se troubla. Quand elle retrouva sa netteté, Sirius regarda autour de lui et découvrit qu'il se tenait dans le jardin d'une petite propriété en bordure de forêt. Les murs qui clôturaient le jardin étaient très hauts, beaucoup trop pour qu'on puisse les escalader, et la maisonnette devant eux paraissait un peu vieille et usée, comme tout ce qui appartenait à Remus. La peinture beige des murs s'écaillait là où le lierre avait poussé dans les fissures et le jardin semblait ne pas avoir été entretenu depuis très longtemps.
Les garçons suivirent les adultes tandis qu'ils s'approchaient de la porte. Shacklebolt toqua avec force et ils attendirent qu'on leur réponde dans un silence tendu. Après un moment, des bruits de pas se firent entendre et la porte s'ouvrit sur le visage suspicieux de l'homme bien charpenté que Sirius avait vu à la gare. Il avait les yeux de Remus, remarqua Sirius. D'un brun très clair, presque ambré. Sirius avait cru que leur couleur était partie intégrante de la malédiction de loup-garou, mais il s'était visiblement trompé.
« Monsieur Lupin », dit Anders gravement, « nous sommes venus suite à des signalements de maltraitance infantile prenant place dans cette maison. Nous avons un mandat de recherche du Ministère de la Magie, ainsi qu'un mandat pour procéder à votre propre arrestation. » Il brandit deux épais morceaux de parchemin et les yeux de Mr. Lupin s'élargirent. Il essaya de leur claquer la porte au nez, mais Kingsley et Anders se frayaient déjà un chemin à l'intérieur.
« Petrificus Totalus ! » prononça Anders en passant à côté de l'homme qui protestait violemment, et il regarda avec un plaisir sauvage et non dissimulé John Lupin basculer et tomber avec un bruit sourd sur le sol de pierre de l'entrée.
Les Maraudeurs suivirent nerveusement les adultes à l'intérieur. Ils avaient reçu pour consigne stricte de rester en dehors du passage autant que possible, mais Sirius ne put résister à la tentation de donner à John Lupin paralysé un discret coup de pied dans la tempe en l'enjambant. « Oups », marmonna-t-il quand Anders le remarqua et lui jeta un regard, sans faire aucun effort pour paraître désolé.
Angela s'arrêta au milieu du salon miteux et sortit de la poche de sa robe un étrange instrument métallique. Il était doté de deux minuscules clochettes d'argent à chaque extrémité d'une fine baguette du même métal, elle-même attachée à un arceau carré. Angela donna un petit coup aux clochettes et la mince baguette commença à osciller. À chaque fois que l'une des clochettes entrait en contact avec le sommet de l'arche, un tintement aigu et mélodieux emplissait la pièce.
« Qu'est-ce que c'est ? » osa demander James.
« Un détecteur de loup-garou », répondit-elle d'un air absent, penchant la tête alors qu'elle écoutait le tintement. « La baguette d'argent tourne de plus en plus vite à mesure que l'on se rapproche du loup-garou. C'est comme ça que notre Département trouve les loups-garous non déclarés. » Elle remarqua probablement leur expression horrifiée car elle s'empressa de les rassurer. « Je ne vais pas le dénoncer. J'ai juste pensé que ce serait le meilleur moyen de le trouver s'il était caché dans cette maison. » Elle cligna des yeux et se tourna vers la cuisine. « Là-dedans », ajouta-t-elle.
Tous les autres la suivirent dans la cuisine. Elle était très propre, mais comme le reste de la maison, chaque meuble semblait vieux et usé. Angela se dirigea vers un large buffet placé à un bout de la pièce. Puis elle s'arrêta en fronçant les sourcils.
« Ça dit qu'il est par là », dit-elle.
« Il est dans le buffet ? » demanda Peter d'un ton hésitant. « Je ne pense pas que même Remus soit assez petit pour tenir là-dedans. »
Pendant un moment d'horreur, Sirius eut une vision de Remus mort, découpé en morceaux et caché dans le buffet. Puis Angela reprit la parole. « On dirait qu'il est en-dessous de nous. »
« Il doit y avoir une cave », dit Shacklebolt en s'avançant. Il agita sa baguette et, avec un gros bruit de raclement, le buffet glissa sur le sol. Il y avait effectivement une trappe en bois dans le sol de la cuisine.
« Sa chambre », murmura Madame Pomfresh. « J'espère que cet homme pourrira à Azkaban. »
Shacklebolt s'agenouilla et ouvrit la trappe. Les autres se pressèrent autour de lui tandis qu'il descendait l'échelle qui menait au sous-sol.
« Merlin tout-puissant ! » l'entendirent-ils s'exclamer d'une voix horrifiée.
Aussitôt, Anders et Madame Pomfresh le suivirent. « Vous, les garçons, vous restez ici », leur dit sévèrement le professeur McGonagall. Les trois Maraudeurs la regardèrent avec incrédulité.
« Comme si ça allait arriver », dit Sirius.
Avant qu'elle ne puisse protester, il s'élança vers l'échelle et se précipita en bas. La première chose qu'il remarqua fut l'odeur. C'était la même que celle qui imprégnait la chambre de la Cabane Hurlante, une odeur de sang et de bête sauvage. L'air était épais et lourd, et quand les yeux de Sirius se furent habitués à la pénombre, il s'aperçut qu'ils se trouvaient dans une « chambre » encore plus abîmée que celle de la Cabane.
La pièce contenait une armoire, un lit, une table de chevet et la malle à présent très éraflée et déchirée de Remus. Comme dans l'autre chambre, les murs de pierre étaient ici aussi éclaboussés de sang — certaines taches à-demi effacées étaient anciennes, d'autres semblaient fraîches et poisseuses. Sirius sentit de la bile lui remonter dans la gorge et il déglutit rapidement.
« Qui ferait ça à un enfant ? » souffla Angela. Personne ne répondit, chacun étant trop occupé à examiner la pièce, à la fois incrédule et révulsé.
« Où est-il ? » demanda Madame Pomfresh avec des tremblements dans la voix.
« Remus ? » appela doucement Sirius. Au son de sa voix, un très faible gémissement se fit entendre sous le lit.
« Remus ? » répéta Anders en s'approchant du lit. Il n'y eut pas de réponse cette fois-ci. Anders releva les yeux et fit signe à Sirius, James et Peter d'approcher.
Sirius s'agenouilla à côté du lit et scruta l'obscurité en-dessous. L'odeur de sang, de sueur et de loup était encore plus forte et il pouvait à peine distinguer la petite forme recroquevillée dans un coin, contre le mur.
« Rem ? » Il tendit la main vers la forme sombre. « C'est Sirius. Nous sommes venus à ton secours. James, Peter et moi avons demandé à tous les adultes de nous aider à venir te chercher. »
Il y eut un autre gémissement, plus fort cette fois, mais il sonnait étrangement, comme si Remus luttait pour former des mots à travers sa plainte.
« Qu'est-ce que tu as dit ? »
« 'Ache d'arg'nt. »
Sirius se figea, se rappelant ce qu'Angela lui avait dit quelques jours plus tôt sur l'exécution des loups-garous.
« Il n'y a pas de hache d'argent », dit James d'une voix empressée en s'agenouillant auprès de Sirius. « On n'a pas dit au Ministère ce que tu étais, Remus. Ça nous est égal. Tu es toujours notre ami. »
« Tu es Remus », dit Peter. « Après qu'Anders m'a expliqué ce qu'étaient les préjugés du monde magique, j'ai su voir au-delà, je te jure. »
« Fo'ets ? » demanda à nouveau la voix ténue.
« Pas de fouets non plus, mon vieux », dit James, sa voix flanchant un peu. « On te le promet. Juste nous, Anders et McGonagall — qui a fait ''Le Regard'' toute la journée, d'ailleurs, donc ne te mets pas sur son chemin. Et la femme d'Anders, qui est presque un Maraudeur, tu sais. Oh, et Madame Pomfresh qui a des potions à l'aspect diabolique, comme d'habitude, donc je ne me mettrais pas sur sa route non plus, et ce type qui s'appelle Shacky-truc et qui a une sœur loup-garou qu'il adore. »
Alors un son étrange se fit entendre, comme un hoquet douloureux. Le cœur de Sirius bondit de peur jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il s'agissait d'un rire embué de larmes. « Tu p'rles trop, J'mes… »
« Je vois que le Maraudeur Intérieur est toujours avec toi, on dirait » dit sarcastiquement Sirius, souriant presque face à l'expression plutôt indignée de James. « Son inventivité en matière de farces nous manquait. »
Il y eut un très long silence pendant lequel tout le monde retint son souffle dans la pièce. Les adultes s'étaient éloignés du lit pour ne pas étouffer les garçons. Sirius faillit sursauter lorsqu'il sentit tout à coup une petite main chaude se glisser dans la sienne, qu'il avait tendue sous le lit. Il la serra doucement en retour.
« V'me d'testez pas ? » L'espoir qui habitait cette voix calme était la chose la plus déchirante que Sirius ait jamais entendue.
« Non, Remus. Pas du tout. Le fait que tu sois un loup-garou n'est pas une raison suffisante pour briser un vœu fait avec du sang et des ombres de lune. »
La main dans celle de Sirius tressauta. « Tu as vu ? »
« Oui, j'ai vu », répondit Sirius d'une voix posée en essayant de distinguer l'expression de Remus. Ses yeux s'habituaient à la pénombre et il parvenait juste à discerner l'éclat de deux yeux d'ambre qui l'observaient. « Je t'ai suivi cette nuit-là. Mais tu n'avais pas besoin de faire ça, tu sais. On voulait être tes amis avant ça. On avait juste un peu peur parce qu'on t'avait vu mettre une raclée à des Serpentard dans les cachots. Je ne sais pas pourquoi maintenant. C'était plutôt génial. »
Il y eut un autre bruit étouffé, puis encore un. Sirius sentit la main de Remus trembler et comprit que cette fois, l'autre garçon pleurait.
« Je c-c-croyais qu'vous m-m-me d'testiez ! »
Sirius échangea un regard bref avec James et Peter, puis s'agenouilla et étendit les deux bras sous le lit. « Sors de là, mon vieux. Il faut qu'on s'occupe de toi. »
Il y eut des bruits de frottements, puis la forme se rapprocha de lui. Quand Remus émergea de sous le lit, Sirius dut se retenir de pleurer sous le choc. Il était dans un état lamentable, couvert de brûlures et de sang qui avait presque entièrement imbibé de rouge son pyjama poisseux. Il était même impossible de dire de quelle couleur était ses cheveux. Tout en rampant, il serrait contre sa poitrine émaciée des boîtes très abîmées.
« Ah, Rem », souffla Sirius, incapable de trouver quoi que ce soit d'autre à dire.
Il attira doucement dans ses bras le garçon qui n'opposa pas de résistance, et sentit la maigre silhouette s'affaisser contre lui sans cesser de sangloter. Remus dégageait une odeur effroyable, un mélange de sang, de maladie et de plaies infectées, mais Sirius s'en fichait complètement. Il se contenta de s'accrocher à lui, tremblant et les yeux humides.
« Remus ? » chuchota James, s'approchant et prenant l'une des mains de Remus dans la sienne. « On est désolés. Vraiment. »
Peter les rejoignit lui aussi et tendit la main pour toucher les boîtes que Remus serrait sur sa poitrine. Sirius les reconnut immédiatement. Une boîte de Dragées Surprise de Bertie Crochue, une boîte de Fizwizbiz et une boîte de Chocogrenouilles. Sur l'une d'entre elles était toujours accroché un morceau de papier-cadeau. Le cœur de Sirius lui fit mal.
« Je t'ai trouvé un meilleur cadeau que celui-là cette année », murmura-t-il à l'oreille de Remus.
Voilà ! Ce chapitre n'était certes pas très joyeux, mais il marque la fin du calvaire pour Remus donc soyez rassurés. N'hésitez pas à laisser votre avis en review !
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Par ailleurs, je voulais vous demander votre avis concernant les SURNOMS DES MARAUDEURS. Une de mes gentilles revieweuses, Zeinab3397, m'a demandé si je comptais garder leurs pseudonymes en anglais ou si je les traduirais en français. Je vous pose donc la question. Préférez-vous :
1) La traduction officielle (Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue).
2) Les surnoms originaux (Moony, Wormtail, Padfoot et Prongs).
Sachez qu'ils vont être très utilisés par la suite (surtout celui de Remus), dont je vous laisse me DONNER VOTRE AVIS EN COMMENTAIRE.
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Sur ce, je vous laisse. À bientôt pour la suite !
