Bonsoir!
Désolée c'est tard, j'ai pas mal tergiversé sur la publication de ce chapitre parce que je suis en panne totale sur le suivant… J'écris aussi vite qu'une tortue sous Xanax, c'est à dire une demi-page en deux jours à peu près… J'imagine que je vais avoir un éclair de génie à un moment qui va tout débloquer mais pour l'instant c'est un peu la sèche totale !
Et mes enfants commencent leurs vacances ce soir (chéri aussi) du coup ça veut dire moins de temps aussi !
Bref j'ai décidé que c'était pas de votre faute et pour me faire (un peu) pardonner en avance du délai pour le prochain j'allais mettre celui-ci à l'heure!
Donc le voilà ;)
Je vous laisse lire et je vous retrouve en bas !
Merci à toutes pour vos reviews (beaucoup en guest à qui je n'ai pas pu répondre, pensez à vous connecter^^). Mélodie oui je reçois bien tes messages, merci beaucoup, n'hésite pas à créer un compte c'est super pratique ;)
Bonne lecture^^
LA PROPHÉTIE D'ANTONIA
Chapitre 20
/-/-/
Allongée sur le côté, à moitié sur lui, je poussai un soupir de satisfaction qui le fit rire. Je le sentis trembler sous moi et je ne pus m'empêcher de ronronner lorsque le mouvement raviva de nouveau mon désir.
-Bella, prévint-il gentiment.
-Quoi ? feignai-je l'innocence.
Etait-ce ma faute si son corps me rendait insatiable ?
Il plia le coude sous ma tête et sa main vint s'enfouir dans mes cheveux, massant mon crâne agréablement.
-Mhumm, marmonnai-je en fermant les yeux.
-Peter ne va pas tarder.
Je sursautai en entendant la voix d'Antonia et j'ouvris les yeux pour voir qu'elle avait une main devant les siens pour éviter de nous regarder.
-Bella? demanda Jasper et je tournai la tête pour voir de l'inquiétude dans ses yeux.
-On doit s'habiller, soupirai-je à contre-coeur.
-Dieu merci, soupira Antonia et je ne pus m'empêcher de rire ce qui piqua d'autant plus la curiosité de Jasper.
-Je te promets de tout t'expliquer mais on doit se rhabiller au cas où Peter déciderait encore une fois que ce "n'est pas le moment".
Je m'étais levée et j'avais mimé les guillemets. J'enfilai mes sous-vêtements et lui tournai le dos pour mettre mon pantalon, malheureusement mon t-shirt était déchiré et la chemise que Peter m'avait filé n'était pas dans un meilleur état.
-Tiens, dit Jasper en arrivant derrière moi.
Je pris son t-shirt et l'enfilai sans poser de question. J'étais assez complexée qu'il ait pu voir ma cicatrice tout à l'heure je ne voulais pas être plus mal à l'aise encore en restant en soutien-gorge.
-Au fait, chuchota-t-il sensuellement dans le creux de mon oreille, joli tatouage, je regrette de ne le voir que maintenant sinon je l'aurais fait avec plaisir.
Je me mis à rire et je me rendis compte que c'était la première fois depuis mon réveil que je me sentais aussi bien.
Comme toujours, Char avait raison et le sexe aidait beaucoup à gérer les frustrations.
-C'est une promesse soldat ? le taquinai-je toujours à propos du tatouage sur le haut de ma fesse droite.
-C'est un serment, grogna-t-il en me retournant pour attaquer mes lèvres avec les siennes.
-Et c'est reparti… s'agaça Antonia.
Elle avait raison, si nous poursuivions dans cette voie, rien ne nous arrêterait et l'idée que Peter débarque et me voit nue calma mes ardeurs les plus puissantes.
Je n'eus aucun mal à le repousser étant donné que j'étais plus forte que lui et je me reculai pour laisser une distance règlementaire entre nous. Il était torse nu et je ne savais pas combien de temps j'allais tenir alors que mon désir de lui ne semblait jamais s'éteindre.
-Je comprends ce que tu veux dire, plaisanta Antonia en louchant sur le torse nu de Jasper et je grognai dans sa direction pour la prévenir d'arrêter son manège.
Elle leva les mains innocemment.
-Je parlais de Martiko ! déclara-t-elle avant de disparaître pour nous laisser seuls.
-Pourquoi cette jalousie tout à coup ? questionna Jasper en se rapprochant mais je levai un doigt pour lui faire comprendre de ne pas aller plus loin.
-Je ne sais pas par où commencer, dis-je ne prenant une grande inspiration.
Je commençai à faire les cent pas dans la clairière qu'il avait créée un peu plus tôt dans la journée tandis qu'il s'assit contre un tronc d'arbre pour me laisser le temps de mettre de l'ordre dans ma tête.
-Tu vas me prendre pour une folle, soupirai-je finalement avant de me lancer.
Et je lui racontais tout. Tout ce qui m'était arrivé après leur départ. Mon rapprochement de Jacob et l'attaque de Victoria, comment Sam m'avait sauvé la vie en marquant mon dos. Comment Léah était morte elle aussi peu après lui. Je lui racontai que j'avais atterri à LA et comment j'avais rencontré Patrick. Je sentis sa jalousie à plusieurs reprises au fil de mon récit mais je ne me laissai pas distraire, j'avais toute l'éternité pour le rassurer. Je lui parlai ensuite des rêves que j'avais d'une autre vie que la mienne, tellement différente et pourtant si familière. Je passai un moment à expliquer du mieux que je pouvais cette prophétie qui m'avait été révélée par Peter un an plus tôt sans réellement entrer dans les détails des marques.
-Tu veux dire que son esprit est en toi ?
-Quelque chose comme ça oui, grimaçai-je.
Y avait-il un bon moment pour dire à son âme-soeur qu'on voyait des esprits comme on le voyait lui ?
-A quel point est-elle en toi ? Et d'ailleurs y a-t-il toujours une toi ? demanda-t-il en se levant. Etait-ce elle qui m'évitait ? Ou bien toi ? A quel moment étais-je avec toi ? Ou elle ?
Je voyais bien qu'il luttait pour ne pas s'énerver mais je ne saisissais pas bien pourquoi ce sentiment. Il semblait… trahi ? Et je compris immédiatement ce dont il avait peur. Il craignait que je ne fusse pas pleinement moi depuis mon réveil et je ne pouvais pas le laisser croire ça.
-Jasper, l'appelai-je en me collant à lui. J'aimerais avoir l'excuse d'Antonia pour mon comportement depuis mon réveil mais ce n'est pas le cas. C'était moi, soufflai-je en passant mes bras derrière son dos, ça a toujours été moi.
Il mit quelques secondes avant de me rendre mon étreinte et j'étais au premier rang de son changement d'émotion, la peur laissa la place à l'incertitude qui disparut au profit du soulagement.
-Elle n'est pas en moi à proprement parler, essayai-je d'expliquer. J'ai ses souvenirs, je peux ressentir ses émotions comme si c'étaient les miennes mais elle est un être complètement à part. Je sais où elle termine et où je commence, précisai-je.
Je lui parlais alors de ce qu'il s'était passé au cours de ma transformation, ce qu'elle m'avait montré et les raisons qu'elle avait évoquées pour expliquer le fait que je n'avais pas souffert du changement.
-Au début de mon réveil, j'avais sa voix dans ma tête, mais au bout de quelques heures, je pouvais la voir, l'entendre et la toucher comme si elle était encore en vie, finis-je par conclure.
-Elle est là ? s'étonna-t-il et je savais qu'il scannait les alentours à la recherche d'un signe de sa présence.
-Non, elle nous a laissés seuls, mais elle était là tout à l'heure.
-Quand tu as sursauté, réalisa-t-il alors et j'acquiesçai. Quand tu as ri ?
-Oui, soupirai-je en attendant qu'il réalise à quel point j'étais cinglée et qu'il ne voulait pas d'une incapable déformée avec un grain dans la tête.
-Et la jalousie ? demanda-t-il en se décollant de moi pour pouvoir voir mon visage.
-Elle était en train de loucher sur ton torse d'un air rêveur ? avouai-je même si ça sonnait plus comme une question.
Il se mit à rire avant de m'embrasser passionnément et je ne pus m'empêcher de gémir lorsque ses lèvres touchèrent les miennes. Ses mains descendirent dans mon dos, puis mes fesses pour ensuite se poser sur mes cuisses pour m'aider à décoller les pieds du sol.
-Hum hum, toussa Peter.
Je savais que nous l'avions tous les deux entendu mais j'étais trop bien pour bouger. Je sentis Jasper sourire tout contre ma bouche mais il n'arrêta pas de m'embrasser pour autant et sa langue commença à caresser la mienne avec envie.
-Putain Major c'est ma petite soeur que tu molestes, chouina Peter.
Jasper grogna et je couinai à la sensation que le grondement provoquait dans tout mon corps. Il m'embrassa ensuite sur le menton et suivit la ligne de ma mâchoire jusqu'à mon oreille.
-Ignore-le, il finira par partir, chuchota-t-il avant de reprendre ses baisers humides sur ma peau.
Je jetai la tête en arrière pour lui donner plus d'accès et le geste anodin au départ, m'obligea à cambrer mon bassin ce qui donna une toute nouvelle dimension à nos caresses.
-Alice a eu une vision! hurla Peter.
Rien de tel que de parler de l'ex compagne de ton homme pour refroidir l'ambiance, pire qu'une douche glacée.
-Vraiment un coup bas, grondai-je Peter alors que Jasper posait son front contre le mien pour terminer de se calmer.
Je pris appui sur ses épaules pour démêler mes jambes autour de ses hanches et posai mes pieds au sol.
La seconde d'après, Charlotte était arrivée et avait mis une baffe derrière la tête de son mari.
-Merci Char, rigolai-je alors que Peter pestait dans son coin.
-Toujours Bella, me sourit-elle, toujours.
Elle m'examina de la tête aux pieds et je vis toute l'inquiétude dans son regard.
-Je vais bien, leur dis-je alors que Jasper baissait la tête honteux. Très bien même.
J'appuyai mes paroles par une caresse sur sa joue qui l'obligea à lever les yeux sur moi et je déposai un petit baiser sur ses lèvres pour finir de le rassurer.
-Le Major… commença Charlotte mais Peter la coupa immédiatement:
-Si elle te dit qu'elle va bien c'est qu'elle va bien.
Instinctivement il s'était placé un peu devant elle et je souris lorsque je me rendis compte que Jasper avait adopté la même position que lui devant moi.
-Le Major voulait seulement être sûr que je n'étais pas blessée, expliquai-je à mes amis tout en attrapant le bras de Jasper pour calmer la tension que son corps émettait.
Charlotte eut le mérite de lui faire un sourire repentant auquel il opina doucement avant de se détendre et de passer un bras autour de mes hanches. Je me laissai aller contre lui et posai ma tête sur son torse. Son odeur m'intoxiquait et j'avais du mal à me rappeler que nous n'étions pas seuls. Il sentait encore le parfum de nos ébats et son odeur mélangée à la mienne me rendait complètement folle.
-Pas le moment Bella, me prévint Antonia et j'ouvris les yeux, me rendant compte qu'ils me regardaient tous les quatre en attendant que je me reprenne.
Je pris une grande inspiration en regardant Jasper mais c'était la pire des idées à ce moment-là. Son regard était noir, j'étais sûre qu'il reflétait la même envie que le mien et je ne pus m'empêcher de fermer les yeux et de gémir lorsque nos odeurs mélangées mirent tous mes sens en alerte.
Antonia posa une main sur mon épaule et, bien que je n'aimais pas qu'elle se serve de son pouvoir sur moi, je lui envoyai un regard empli de gratitude lorsque je fus calmée grâce à elle.
-Qu'est-ce que…
-Antonia a un pouvoir similaire au mien, répondis-je à la question restée en suspens de Jasper qui avait dû sentir mon changement d'émotion.
-Elle est là ? demanda-t-il en regardant autour de nous.
-Juste là, montrai-je en me décalant pour prendre la main d'Antonia dans la mienne.
-Salut Jasper, ronronna-t-elle et je ne pus m'empêcher de lui grogner dessus en guise d'avertissement ce qui fit rire les trois vampires autour de moi.
Il est à moi, hurlai-je dans ma tête et elle s'amusa de ma réaction.
-Je sais Bella mais regarde à quel point il est fier de te sentir aussi jalouse et possessive, rit-elle en me montrant Jasper du menton.
Et elle avait raison, il avait un énorme sourire aux lèvres et les yeux brillants.
-Et ça te fait rire, toi, le taquinai-je gentiment.
Il resserra sa prise autour de moi et m'embrassa doucement.
-Rien qu'à toi, murmura-t-il finalement tout contre mes lèvres.
-Quand vous aurez fini on pourra peut-être parler de ce qui m'amène.
Peter avait parlé sèchement mais je le connaissais suffisamment pour savoir qu'il n'y avait rien de méchant dans ses paroles. Et lorsque je levai les yeux pour le regarder, je vis qu'il luttait contre le sourire qui menaçait d'apparaître au coin de ses lèvres. Char par contre ne retint pas du tout son enthousiasme et nous fonça dessus pour nous engouffrer, Jasper et moi, dans une énorme étreinte dont elle seule avait le secret.
-Comme je le disais avant que vous ne deveniez complètement niais tous les deux, commença Peter quelques minutes plus tard, Alice a eu une vision.
Nous étions revenus à la clairière où se déroulaient tous nos entraînements et nous étions assis tous les cinq en cercle . Bien que je sois la seule à pouvoir interagir avec Antonia, ils lui avaient laissé une place à mes côtés pour qu'elle puisse participer également. Et ce petit geste me faisait les aimer encore plus.
-Tu as une belle famille, me dit cette dernière en échos à mes pensées.
-Et tu en fais partie, répondis-je à haute voix pour la première fois depuis mon réveil.
Maintenant qu'ils étaient tous au courant je n'avais pas à me cacher ni à parler dans ma tête pour ne pas passer pour une folle. Antonia prit ma main dans la sienne et me sourit, reconnaissante de mes paroles. Même si elle savait ce que je ressentais pour elle, le fait de l'admettre à haute voix représentait beaucoup pour elle qui avait passé plus d'un siècle seule, son esprit incapable de rejoindre ceux qu'elle aimait à cause de la prophétie.
Parfois je me demandais si le sacrifice en valait la peine.
-Alice a eu une vision peu après que vous soyez partis, poursuivit Peter. J'attendais que tu lui expliques tout avant de venir vous… interrompre, grimaça-t-il. Les Volturi nous ont trouvés et seront là pour la prochaine pleine lune.
Dès qu'il eut fini sa phrase, je me raidis et levai les yeux sur lui.
-Non, déclarai-je d'un ton qui ne laissait pas de place à une quelconque argumentation.
-Bella…
-Il en est hors de question Peter, grondai-je sans le laisser continuer sa phrase. Je sais ce que tu vas me demander de faire et je ne veux pas !
-Quelqu'un peut m'expliquer ? demanda Jasper et je soupirai parce que j'avais volontairement omis de lui parler de ça.
-Tu ne lui as pas tout dit, s'étonna Peter.
-Non pas cette partie de la prophétie, elle ne me semblait pas si importante par rapport au reste, finis-je par avouer.
Comment lui expliquer maintenant ?
-Je t'ai déjà dit comment Antonia avait aimé trois êtres surnaturels, commençai-je à expliquer en me tournant vers lui.
-Un métamorphe, un loup-garou et un vampire, acquiesça-t-il.
-Le sortilège qu'Elaïa a lancé pour que son esprit renaîsse implique un être surnaturel portant la marque des trois. Tu étais là lorsque James m'a mordue...
Je lui laissai le temps de digérer l'information que je venais de lui balancer et, lorsqu'il opina, je poursuivis:
-Et tu as vu la marque des métamorphes, dis-je difficilement.
De nouveau il acquiesça non sans avoir pris le soin de me prendre la main avant en guise de soutien.
-J'ai aussi été mordue par un loup-garou, avouai-je finalement en levant mes cheveux pour lui montrer la fine ligne au niveau de mon épaule.
Cette cicatrice était très petite comparée aux autres et était difficilement visible si on ne savait pas ce que l'on cherchait.
-Un loup-garou ? s'emporta-t-il en se levant brutalement.
-Pourquoi tous les vampires les considèrent comme des bêtes viles et sanguinaires ? s'énerva Antonia à côté de moi.
-Parce ce qu'ils n'en ont jamais vus, tout ce qu'ils connaissent d'eux ce sont les rumeurs rapportées par les Volturi, soupirai-je sans quitter Jasper des yeux pour autant.
Je voyais qu'il essayait de se calmer pour éviter de reproduire la même scène que tout à l'heure et, même si je n'étais pas opposée à ce qu'il se change en homme des cavernes pour me faire l'amour des heures durant, ce n'était pas le moment. Il grogna lorsqu'il perçut mon désir et je m'excusai très vite avant que les choses ne dégénèrent.
-C'est Patrick n'est-ce pas ?
-Et Julia, confirmai-je.
-Peter a raison, si les Volturi les pensent exterminés, ils pourraient nous donner un énorme avantage tactique.
Peter renifla fièrement mais je n'en démordis pas pour autant:
-Il est hors de question que je les mêle à cette histoire. Ce ne sont pas des combattants, c'est une barista et un agent immobilier. Ils n'ont rien à faire dans cette guerre.
J'avais essayé de rester calme mais le simple fait qu'ils veuillent que j'utilise mes amis à des fins stratégiques m'obligea à hausser le ton sur la dernière partie de ma phrase.
-Est-ce qu'ils vivent en meute ? demanda Jasper pour personne en particulier mais je répondis quand même.
-Ils ne savent même pas que je connais leur existence, ils pensent que je suis morte, je n'ai aucune idée de la façon dont ils vivent !
-Si les Volturi nous battent, ils seront de toute façon exposés, essaya de rationaliser Peter.
-Pas si Charlotte les efface de nos mémoires, ce n'est que nous quatre, plaidai-je en regardant mon amie d'un air suppliant.
-Tu sais que je ne peux pas altérer ma propre mémoire Bella, grimaça-t-elle désolée.
-Bella, murmura Antonia pour attirer mon attention, si Vircolac avait eu l'opportunité de faire quelque chose pour moi, il n'aurait pas hésité une seule seconde. Tu détestes qu'Edward ait fait tous les choix pour toi à une époque, tu dois au moins à Patrick et Julia de décider pour eux-même ce qu'ils veulent faire.
Je râlai à la fin de sa tirade. Ca me coûtait ne serait-ce que d'y penser mais elle avait raison. J'avais toujours détesté qu'on prenne les décisions à ma place ou qu'on choisisse "de me protéger" malgré moi et j'étais en train de faire pareil pour Patrick et Julia. Je pouvais bien sûr argumenter que la situation était différente, que leurs vies étaient en jeu mais c'était exactement dans le même genre de circonstance qu'Edward m'avait quittée. Il craignait pour ma vie et pensait que m'abandonner était la meilleure des solutions.
Et à la lumière des événements d'aujourd'hui, de ce que me demandaient Peter et Jasper et des paroles d'Antonia, je voyais la décision d'Edward d'un tout nouvel oeil.
Pour la première fois, je me mettais à sa place et j'avais l'impression d'être acculée. Si j'écoutais mon coeur, je savais très bien ce que j'aurais fait si j'avais été lui et je réalisais maintenant qu'il était difficile de lui en vouloir alors que je fonctionnais de la même manière devant les mêmes cartes.
-J'irai leur parler, annonçai-je alors que Peter allait commencer son argumentaire pour me convaincre, mais je ne les obligerai pas à se battre à nos côtés s'ils ne le veulent pas.
-Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? demanda Peter après m'avoir fait un signe de tête pour me dire qu'il avait compris mes conditions.
-Antonia.
/-/-/
Depuis que je savais que j'avais réussi à abaisser complètement mon bouclier et permettre à Alice d'avoir une vision, j'essayais sans relâche. Evidemment, le cadre n'était pas le même, je n'étais pas nue dans les bras de Jasper mais bel et bien habillée dans le bureau de Carlisle face à la fameuse peinture des Volturi.
J'essayai de me rappeler ce que j'avais ressenti au moment où mon bouclier avait été relégué au second plan mais je n'arrivais pas à retrouver les sensations autre que le désir et l'envie.
Je le sentis arriver bien avant qu'il soit devant moi et ma concentration se brisa lorsque je me rendis compte que cette fois je n'échapperais pas à la conversation. Jasper n'avait pas été le seul que j'avais évité depuis mon réveil et aujourd'hui était apparemment la journée des confrontations.
J'ouvris les yeux et soupirai lorsque je le vis debout, droit comme un i, en face de moi.
-Alice ne peut pas voir les loups non plus, dit-il, sorti de nulle part et je fronçai les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir exactement. Tu te rappelles le soir où nous avons discuté du plan ?
-Tu veux dire le soir où vous avez saccagé mon café ? ironisai-je et il grimaça devant mon reproche.
-Ce soir-là oui. J'ai dit que l'odeur de ton sang était différente, comme teintée ?
-Je me rappelle oui mais je ne vois pas ce que ça a à voir avec les visions d'Alice.
-Ton sang avait l'odeur de Jacob, enfin pas lui exactement, mais celui de la meute, comme si toi aussi tu avais les gènes en toi.
-Je n'ai pas une once de sang Quileute en moi Edward, m'agaçai-je.
Ne pouvait-il pas être direct une seule fois dans sa vie et en venir au fait ? Pourquoi était-il toujours obligé de tourner autour du pot ?
-Alice ne voyait que des bribes de ta vie quand tu as commencé à fréquenter Jacob car elle ne peut pas voir les loups et ne te voyait pas quand tu étais avec eux. C'est aussi pour ça qu'elle a cru que tu étais morte, parce qu'elle n'a pas vu qu'il te sauvait la vie. Elle a vu le peu de ton futur qu'elle percevait disparaître et a pensé que tu venais de mourir.
Il me laissa quelques secondes pour réfléchir. Il s'avança vers moi et hésita avant de finalement s'asseoir à mes côtés sur le canapé que j'avais tourné pour qu'il soit en face de la peinture représentant les Volturi.
-Du coup elle aurait dû pouvoir me voir quand j'ai quitté Forks, les loups ne m'ont pas suivie à L.A.
-J'ai compris en voyant ta cicatrice, dit-il hésitant et je voyais qu'il prenait sur lui pour ne pas s'énerver comme il l'avait fait plus tôt dans la journée.
-Sam m'a sauvé la vie et cette marque ne sera jamais à la hauteur du sacrifice qu'il a fait pour moi ce jour-là.
J'avais besoin qu'il comprenne qu'il ne pouvait pas agir comme un être vengeur envers les loups. Si je portais les stigmates des griffes de Sam dans ma peau, c'était grâce à elles que j'étais restée en vie aussi longtemps.
-Je sais, soupira-t-il, Jacob m'a montré ce qu'il s'était passé ce jour-là. Une fois que tu nous as calmés, nous avons pu discuter sereinement et je te promets que je ne m'en prendrais jamais plus à eux sur un coup de sang. Je déteste avoir perdu le contrôle à ce point mais lorsque j'ai vu les marques, dit-il en grinçant des dents, j'ai vu rouge et je m'en excuse.
Je fis un mouvement de tête pour lui montrer que je comprenais et que son emportement était pardonné pour cette fois.
-Quel rapport entre les visions d'Alice et ma cicatrice ?
-C'est juste une théorie mais je pense qu'en te griffant, Sam t'a transmis un peu de son essence et c'est ce qui a bloqué Alice la plupart du temps toutes ces années et c'est ce qui a, je pense, dit-il en hésitant sur les mots à employer, terni ton sang ?
-Mhumm, marmonnai-je en tournant la tête vers la peinture.
-Mhumm ? demanda-t-il pour savoir ce que je voulais dire exactement et je ne pus m'empêcher de sourire sachant que mon manque d'élocution le déstabilisait toujours autant.
Et oui, difficile de décrypter le langage corporel lorsqu'on a pris l'habitude de se reposer sur ses capacités de télépathe.
-Tu es dure avec lui, s'amusa Antonia en s'asseyant sur l'accoudoir à côté d'Edward. Le pauvre, regarde-moi cette petite bouille adorable et cette moue qu'il fait avec sa bouche.
Je ne pus m'empêcher d'exploser de rire lorsqu'elle essaya de l'imiter en se pinçant l'arrête du nez comme il avait tant l'habitude de le faire.
-Content de t'amuser, se vexa-t-il en commençant à se lever mais je posai ma main sur son avant-bras pour le retenir.
-Je ne me moque pas de ta théorie, précisai-je.
-Mais tu te moques de moi.
Ce n'était pas une question alors je restai muette, ce qui l'agaça d'autant plus.
-Si tu veux les réponses Edward, il faut poser les questions.
-Pourquoi te moques-tu ? demanda-t-il réticent.
-Parce que tu t'énerves tout seul de ne pas pouvoir lire dans mes pensées et que ça me rappelle de bons souvenirs, souris-je en le sentant se détendre immédiatement à côté de moi.
Persuadée qu'il n'essaierait plus de partir, j'enlevai ma main de son bras.
-Tu en as ? questionna-t-il curieux.
-De quoi ? Des bons souvenirs ?
-Oui.
-Bien sûr, soupirai-je. Il n'y a que la fin qui craignait, avouai-je sans aucune amertume. Le reste était plutôt merveilleux.
Nous restâmes en silence quelques secondes puis je souris en rajoutant:
-A part le moment où un clan de vampire voulait ma peau.
-C'est un peu l'histoire de ta vie, souffla-t-il en me donnant un coup de coude et j'explosai de rire.
-Est-ce que tu viens de faire une blague ? demandai-je une fois calmée.
-J'ai mes moments, me sourit-il en haussant les sourcils.
C'était la première fois que je le regardais réellement depuis qu'il était revenu dans ma vie. Enfin, pour être honnête, c'était la première fois que je le regardais sans cette rancoeur qui me rongeait chaque fois que je pensais à lui. Je vis beaucoup de tendresse dans son regard et si mon coeur pouvait encore battre, il se serait serré à l'idée qu'il avait encore des sentiments pour moi. Des sentiments que je ne serai jamais capable de lui retourner. J'avais bon espoir après cette conversation, d'autant plus en réalisant qu'à sa place, six ans plus tôt, j'aurais pris exactement la même décision que lui, qu'on pourrait être amis un jour. On avait l'éternité pour apprendre à l'être mais ça n'irait jamais plus loin. Il y avait bien trop de vécu et de ressentiment de mon côté et bien trop d'amour du sien pour que ça devienne plus qu'une amitié entre nous.
Je repensai à la théorie d'Antonia sur les âmes soeurs, au fait que mon âme ait changé pour s'accorder avec celle de Jasper et je me demandai ce qu'il se serait passé si Edward ne m'avait jamais quittée. Mon âme se serait-elle façonnée pour être la parfaite moitié de la sienne ? Ou aurais-je tout de même trouvé ma place auprès de Jasper ?
-Pourquoi tu viens ici ?
-Je viens pour réfléchir, avouai-je. Tout le monde ici semble réticent à l'idée d'être dans la même pièce que ces trois-là, même en peinture, dis-je en montrant les Volturi sur le tableau, et j'essaie aussi de lever mon bouclier pour qu'Alice puisse voir quelque chose mais si je comprends bien, avec les loups impliqués, c'est peine perdue.
-Tu as tout compris, soupira-t-il en se tournant à son tour vers le tableau.
-J'ai mes moments, plaisantai-je en réutilisant ses propres paroles.
/-/-/
-Est-ce que tout va bien ? demanda Jasper en levant le nez de son livre lorsque j'entrai dans notre chambre.
-Ca va, soupirai-je en me dirigeant directement vers le lit pour m'y étaler de tout mon long.
Il resta assis dans son fauteuil de l'autre côté de la pièce mais je sentais son regard sur moi et je ne pus m'empêcher de sourire. Ma tête était enfouie dans le coussin qui portait son odeur, je l'avais pris dans mes bras sans même m'en rendre compte.
-Il avait besoin de cette conversation, annonça-t-il en sachant très bien que je comprenais ce qu'il voulait dire.
-Moi aussi, avouai-je plus à moi-même que pour lui. Je crois que la situation dans laquelle je me trouve avec Patrick et Julia a mis les événements avec Edward en perspective. Je lui en veux toujours d'être parti comme ça en emportant les êtres que je considérais comme ma famille avec lui, mais aujourd'hui, je peux comprendre son raisonnement.
Et ce fut la fin de cette conversation. Il se leva et s'avança vers le lit et je le sentis s'allonger à mes côtés. Je me tournai un peu pour coller mon dos contre son torse. Il put alors me prendre dans ses bras et je soupirai d'aise.
-Ca ne te manque pas de dormir ? J'ai l'impression que mon cerveau n'arrivera jamais à tenir pour toujours vu la façon dont je le malmène. J'ai besoin d'une pause mais il ne s'arrête jamais, j'ai l'impression de devenir folle, chuchotai-je alors qu'il passait un bras sous ma tête et l'autre vint s'enrouler autour de mon ventre.
-Je ne me souviens pas avoir dormi un jour mais je sais ce qu'on ressent, murmura-t-il avant de m'envoyer une dose de calme qui me fit sourire tendrement et fermer les yeux.
Mon cerveau trouva enfin un moment de répit et, même si mes sens étaient toujours en alerte, je savais où j'étais et avec qui, j'étais sereine et rien d'autre ne comptait à cet instant.
-Mmhmm, marmonnai-je en me laissant aller dans l'engourdissement du demi-sommeil qu'il provoquait volontairement.
-Repose-toi, je suis là, souffla-t-il à mon oreille et j'avais la sensation qu'il était loin mais je fus rassurée lorsque je sentis ses bras me serrer plus fort contre lui.
La sensation de somnolence se dissipa petit à petit et, doucement, je repris conscience du monde réel.
-Merci, marmonnai-je sans pour autant ouvrir les yeux.
-Je te promets de recommencer à chaque fois que tu en auras besoin mais là, nous devons descendre. Les Denali viennent d'arriver, dit-il en déposant de légers baisers dans mon cou et sur ma joue pour m'aider à me réveiller progressivement.
-J'ai un regret de ma vie d'humaine, avouai-je en m'étirant même si je n'en avais pas besoin, c'était plus par habitude qu'autre chose.
-Lequel ? demanda-t-il en souriant.
Il sentait très bien de par mes humeurs que ce n'était pas un grand regret à proprement parler. C'était plutôt quelque chose que j'aurais aimé faire avec lui mais que je n'avais malheureusement pas eu l'occasion.
-J'aurais aimé me réveiller au moins une fois à tes côtés en étant encore humaine.
Il grimaça et je ne pus m'empêcher de le questionner sur la raison:
-Qu'est-ce qui te dégoûte à ce point-là ?
-Bella, dit-il très sérieusement, j'ai déjà senti l'haleine humaine au réveil et ce n'est pas un souvenir de toi que j'aurais eu envie d'avoir pour le reste de l'éternité.
-Hey ! m'offusquai-je en lui donnant une tape sur l'épaule avant qu'il n'ait eu le temps de se lever.
Il se mit à rire et je ne pus qu'en faire autant. Il avait raison. L'haleine du matin n'était décidément pas quelque chose que j'avais envie qu'il se rappelle de moi pour l'éternité.
-Allez ma marmotte, on est attendu en bas, se calma-t-il en tendant son bras pour m'aider à me lever du lit.
Je grognai pour la forme et pris sa main. Il me réceptionna dans ses bras et m'embrassa avec fougue et passion.
-Je n'aurais jamais fait ça si tu avais été encore humaine et que tu venais de te réveiller.
-Aucun regret alors, marmonnai-je en souriant malicieusement avant d'approfondir notre baiser.
Emmett nous interrompit en frappant tellement violemment à la porte de notre chambre que je me demandai comment elle n'était pas tombée sous le choc.
-On arrive! grondai-je alors pour qu'il arrête et je l'entendis partir en riant, content de son petit effet.
Un vrai gamin, pire que Peter ! pensai-je en levant les yeux au ciel.
-Quand toute cette histoire sera terminée, dit-il en posant son front contre le mien, je t'emmène loin de toute civilisation, rien que toi et moi, nus de préférence et personne à des centaines de kilomètres à la ronde.
-C'est une promesse, soldat ? ris-je en repensant à notre moment d'intimité un peu plus tôt dans la forêt.
-C'est un serment Bella, sourit-il avant de m'embrasser de nouveau.
On devrait reprendre les choses sérieuses dans le prochain normalement mais même si on dirait qu'il ne se passe pas grand chose, il y a des points importants dans ce chapitre. Il est aussi un peu plus court que les autres, je sais pas trop comment je me suis débrouillée… m'enfin pas bien grave comme ça, vous avez le temps de me laisser un petit mot :D
Qu'en avez-vous pensé ? Je sais que vous n'aimez pas Edichou mais le pauvre faut se mettre à sa place un peu lol^^
Allez je vous embête pas plus, je vous souhaite un bon week-end, de bonnes vacances ou une bonne rentrée !
Bisous^^
